L’homme qui n’avait pas la conscience tranquille…

Non parce que pour penser avoir besoin de poster devant sa tombe pas loin de 8000 guerriers en terre cuite, autant de chars, de chevaux et de systèmes de défense machiavéliques contre d’éventuels visiteurs, faut quand même avoir quelque chose à se reprocher… Et être particulièrement mégalo.

Mais reprenons. Je suis donc allée à Xi’an (prononcer Chiiiane), dans la province du Shaanxi. Mais pourquoi donc aller là-bas ? Patrie de la dynastie Qin, dont l’empereur guerrier Qin Shi Huang entreprit d’unifier le pays pour la première fois (oui, avant c’était le grand n’importe quoi, tout le monde faisait ce qu’il voulait dans sa province, ce qui n’est pas du tout chinese style), le Shaanxi fut le berceau de la civilisation chinoise. Plus tard, Xi’an devint le point de départ de la route de la Soie et une capitale cosmopolite et affairée bien avant que quiconque n’ait entendu parler de Beijing. La ville et ses environs possèdent donc un fabuleux héritage historique qui a survécu à la Révolution Culturelle. Et l’un des sites, si ce n’est LE site le plus célèbre se situe à quelques kilomètres à l’est de la ville : l’Armée des Soldats de Terre Cuite. Ce qui m’a amenée jusqu’ici.

J’ai donc pu tester le train de nuit chinois. Pas mal. Mieux vaut être sur la couchette du bas où tu peux te tenir assis quand c’est pas l’heure de dormir parce que sur les 2 autres couchettes, ça ne passe pas (sauf si tu es vraiment un très petit Chinois).  Mais c’est plutôt bien organisé et c’est même rigolo. Ils diffusent des tubes de pop songs chinois à donf et de façon interrompue jusqu’à ce qu’ils jugent que c’est l’heure de dormir (soit jusqu’à 22h) et ils te réveillent en fanfare le lendemain matin (à 7h). Comme en Inde, y a une tripotée de vendeurs ambulants qui passent les uns à la suite des autres. Mais là, ça ressemble un peu plus à la Compagnie des Wagons Lits (amis de la SNCF, venez donc faire un stage en Chine, on va vous apprendre à être efficace…), petits uniformes, tabliers blancs et casquettes compris. Comme en Inde, je suis la seule Occidentale du train, et je suis une attraction. Mais c’est plus discret, les gens passent la tête au-dessus de ma couchette pour vérifier si la rumeur est vraie mais ils ne me prennent pas en photo. Et puis, comme ils ne parlent pas anglais, la conversation tourne court. Et ô consternation ! Pas comme en Inde, les trains chinois partent à l’heure mais n’arrivent pas à l’heure… Evidemment, ils font des annonces mais… comment dire… c’est en chinois. Je ne comprends donc rien et je passe de longues minutes à scruter anxieusement les rares panneaux en espérant que je vais pouvoir déchiffrer le nom de la gare. Heureusement, chaque wagon a son hôtesse qui te fait signe quand c’est ton tour de descendre (elle a récupéré ton ticket quand t’es monté dans le train et elle te le rend quand tu descends).

Bref, après 15 heures en sandwich entre un type qui ronfle et une mamie qui tousse, j’ai débarqué à Xi’an. J’ai pris le bus, bondé, avec mes 2 gros sacs sur les épaules ce qui faisait franchement rigoler une petite mamie qui m’a aidée à descendre au bon arrêt parce que là, dans le genre tu peux rien lire et encore moins comprendre les annonces que braille le conducteur, c’était le pompon !! Et je me suis retrouvée dans ma youth hostel, en plein cœur de la ville.

Du coup, j’ai passé la fin de l’après-midi à explorer le quartier musulman, un dédale de petites ruelles archi blindées d’échoppes en tout genre mais surtout plein de street food. Le pa-ra-dis… On croise plein d’hommes portant une calotte blanche et de femmes avec des voiles colorés et quelques mosquées habilement maquillées en temple chinois si ce n’est le croissant de lune sur le toit. Bon, j’ai pas pu tout tester mais autant vous dire qu’à 20h, c’était pas la peine d’aller dîner…

Le lendemain matin, j’ai déposé mon sac à la consigne de la gare et je suis partie me mesurer à la fameuse armée. Alors déjà, faut prendre un bus. Vert. Ça devrait pas être compliqué à repérer. En plus, la fille devant le bus te demande 3 fois si tu vas bien voir la Terracotta Army. Donc t’es plutôt confiant. Jusqu’à ce que le bus s’arrête au milieu de l’autoroute, que la fille se mette à crier des trucs en chinois, que tout le monde descende et que qu’au bout de la vingtième fois où tu lui poses la question, la fille te fasse signe d’attendre au bord de la route… Mouais, mouais, mouais… De toute façon, t’as pas le choix, t’attends. La confiance est descendue à 30%. Là, un autre bus vert arrive, la fille crie un truc au chauffeur et te pousse dans le bus. Le bus repart. Il s’arrête un quart d’heure plus tard, toujours au bord de l’autoroute. Quelques personnes descendent. Là, une fille qui était avec toi dans l’autre bus se retourne subitement et te dit un truc que tu ne comprends pas mais te fait signe de descendre. Au point où t’en es… tu descends. Et tu suis les quelques personnes qui traversent l’autoroute et rentrent dans un truc qui ressemblent à Disneyland mais désert. La confiance est quasi à zéro quand soudain… OUI !! un panneau en anglais qui dit « Terracotta Army –Ticket Office » !! Bon, faut encore marcher presque 10 minutes, acheter ton ticket, remarcher 10 minutes à travers des dizaines de stands de souvenirs pour atteindre l’entrée du site, faire valider ton ticket 2 fois ( ???) et remarcher 5 minutes mais CA Y EST !

Tu commences donc par visionner un petit film qui explique comment le site a été découvert (en 1974, des fermiers du coin creusaient un puits quand ils ont trouvé une tête en terre cuite, puis une autre, puis un bras, …), dans quel état (tout cassé), et comment les soldats ont été fabriqués et mis là (en terre cuite à taille réelle puis peints et disposés devant le tombeau du fameux Qin Shi Huang prêts à attaquer). Et enfin, dans un immense hangar pas du tout chauffé, tu te retrouves face aux 2000 premiers soldats. Ca fait déjà pas mal. Ils sont rangés dans des couloirs, par rangée de 4 à peu près, avec quelques chevaux à droite à gauche (y avaient des chariots mais ils étaient en bois et ils n’ont pas résisté au temps). Le truc le plus surprenant, c’est qu’ils sont tous différents. Chaque visage, chaque moustache, chaque tenue, chaque lacet de chaussures est différent. Ce qui veut dire qu’ils n’étaient pas fabriqués à la chaine mais un par un. Ca a dû leur prendre un temps de dingue…

Et puis derrière les 2000 premiers soldats, tu vois un gigantesque tas de soldats en morceaux. Un puzzle géant. Et des endroits où les fouilles n’ont même pas encore commencé. Et au milieu de tout ça, y a des gens qui essayent de retrouver et de recoller les morceaux. Ces gens supposent donc qu’il y a à peu près 6000 soldats dans ce hangar. Et pas un seul qui soit entier. Bref, si vous cherchez du boulot, ici, y a de quoi faire…

Il y a 2 autres hangars qui abritent 2 autres fosses d’excavation mais plus petites. L’une d’entre elles ne contient que 68 soldats qui seraient des généraux et autres colonels et qui constitueraient l’état-major de l’armée car ils ne sont pas en position de combat et ils sont face à face comme si ils étaient en train de discuter de la meilleure tactique à mettre en place. Dans ces 2 fosses aussi, il y a plein de morceaux cassés.

Quand tu t’es rassasié de terre cuite, tu refais le chemin dans l’autre sens (shopping souvenirs inclus), et tu te postes sur le bord de l’autoroute en espérant qu’un bus vert passe dans le coin. Et effectivement, un bus s’arrête. Bon, il est pas vert. Mais la fille t’assure qu’il va à la train station (niveau de confiance 60%). Il met 2 fois plus de temps que le bus vert et il s’arrête n’importe où (en fait, dès que quelqu’un lève le bras le long de la route) mais finalement, il arrive bien à destination.

Ce qui m’a laissé juste assez de temps pour filer dans le quartier musulman manger une Biang Biang Mian (une grosse nouille fraîche de 3 mètres de long dans un bouillon épicé… dé-li-cieux), faire des courses pour mon dîner et me réinstaller dans le train pour une autre nuit, direction Nanjing et la province du Jiangsu.

Moralité… Eh oh les Chinois ! Ça vous tuerait de baragouiner 3 mots d’anglais ? Non mais sans blague… Vous comptez survivre comment au XXIIème siècle ? Parce que, certes, vous allez être 2 milliards à parler le chinois, mais vous ne pourrez pas communiquer avec le reste du monde ! Mais bon, au moins, vous savez vraiment faire la cuisine, c’est déjà ça et ça met tout le monde d’accord…

Photos ici.

Pékin Express

Non, je ne fais pas de pub… mais mon inscription devient de plus en plus légitime et que je rappelle à certains d’entre vous que vous m’aviez promis qu’on s’inscrirait ensemble… J’attends… Mais bref ! En attendant, puisque je ne peux compter que sur moi-même, j’ai exploré Pékin en 4 jours.

J’ai donc couru aux 4 coins de la ville pour voir, dans l’ordre, la place Tien An Men, la Cité Interdite, le Lama Temple, la Tour des Tambours, le Palais d’Eté et le Temple du Ciel. Et traîner dans tout un tas de quartiers sympathiques.

Bon, le truc avec les sites touristiques à Pékin, c’est qu’ils n’ont visiblement pas besoin des touristes étrangers pour rentabiliser leurs affaires. Alors pour les explications en anglais, tu repasseras… Et même pour les audioguides, les Indiens étaient nettement meilleurs. Ici, ils font fonctionner ça au wifi. L’idée est bonne. Genre,  tu passes devant un bâtiment, le commentaire se déclenche. Le problème c’est que si tu te déplaces et que tu rentres dans la zone wifi du commentaire suivant, le premier s’arrête, le deuxième démarre et des fois, au bout de quelques secondes, le premier redémarre mais tu ne peux rien contrôler donc tu te tapes 3 ou 4 fois le même commentaire qui te donne monstre d’infos sur les dimensions de tout ce qui existe aux alentours mais pour les anecdotes historiques, niet ! Bref, ça m’a vite agacé…

Et puis, ici, je ne peux pas traîner discrètement derrière une visite guidée en glanant des infos à droite à gauche : ils sont tous chinois les guides… Parce que vous n’imaginez pas le nombre de Chinois qui sont en vacances au beau milieu de la semaine ! Impressionnant !

Mais bon, j’ai quand même compris que plus y a d’animaux sur le toit de la bicoque, plus le type qui habite dedans est important et qu’ils donnaient des noms à leurs palais tous plus alambiqués les uns que les autres (la Salle de la Paix Céleste, la Salle de l’Harmonie Terrestre, la Salle de la Nourriture de l’Esprit, la Salle de la Longévité et de la Bienveillance, etc…) mais que quand l’empereur changeait, il avait le droit de changer tous les noms (mais… pourquoi ???). Et que chaque empereur faisait construire 1 ou 2  ou 10 bâtiments supplémentaires dans l’enceinte du palais et que ça a fini par faire tout plein de bâtiments collés les uns ou autres avec un labyrinthe de couloirs de plus en plus étroits dans lesquels les intrigues de cour et les trucs pas très jolis devaient aller bon train.

Cela étant dit, c’étaient pas des enfants de cœur les empereurs chinois. Ils s’entretuaient avec leurs frères et sœurs pour arriver au pouvoir et se faisaient généralement assassiner par leurs ministres qui prenaient alors le pouvoir et créaient une nouvelle dynastie. Bref, c’est assez compliqué à suivre…

Oh, j’allais oublier. Je ne suis pas allée voir le petit Mao, congelé-momifié dans son cercueil de verre dans son mausolée. C’est pas que je ne voulais pas. C’est qu’il y avait près de 2 heures de queue tout ça pour l’apercevoir 30 secondes et en plus, t’as même pas le droit de faire de photos. Alors hein, bon. Faut pas pousser.

Comme avec tout ça, j’étais affamée, j’ai testé tous les stands de rue que j’ai trouvés : des brochettes de viande, des brochettes de fruits, des brochettes de scorpions (noooon… je rigole, j’en ai pas mangé ! Mais y en avait plein ! Empalés encore vivants sur les brochettes… Et des araignées ! Et des cigales ! Et des gros mille pattes juteux ! Mmmh…), des nouilles, des soupes, des beignets, des trucs aux couleurs improbables… Des gens qui passent autant de temps à manger et ont inventé des trucs aussi variés sont forcément fondamentalement mes amis. J’ai aussi été à un cours de cuisine de Imperial Dishes (je vous promets un buffet gargantuesque au prochain AL’s barbeuk, vous serez pas déçus !). L’indian food, c’était cool. Mais la chinese food, c’est carrément dément. C’est trooooop bon. Bon, il est possible que dans 15 jours, je me mette à rêver de tandoor chicken mais en attendant, je m’en mets plein les yeux et le ventre. Et oui, bien sûr, j’ai mangé du vrai canard laqué pékinois. Celui qui cuit pendant 8 jours et dont on sépare la peau de la chair et qu’on arrose régulièrement avec le jus de cuisson jusqu’à ce qu’elle devienne très croustillante. Et pour ceux qui ne sauraient pas, le canard est découpé en très fines lamelles qu’on roule dans une petite crêpe accompagné de condiments genre ananas, concombre, melon, salade verte, radis, … (t’inquiète, la serveuse te montre comment faut faire quand elle voit que tu ne sais pas à quoi sert tout ce qu’il y a sur la table et que tu restes à contempler tes assiettes avec tes baguettes en l’air…) Et sinon, t’as déjà essayé de rouler une crêpe avec des baguettes ? Mouais… c’est bien ce que je pensais…

Mais bien sûr, la question que tout le monde se pose (n’est-ce pas ?) c’est « Bah… et la Grande Muraille ? »

Bah évidemment que je suis allée sur la Grande Muraille !! Je me suis levée de bon matin, j’ai enfilé toute ma valise et en avant ! Je me suis tapée 3 heures de route pour aller jusqu’à Jinshanling (ne me demandez pas où c’est…) puis j’ai gambadé sur la muraille pendant 3 bonnes heures et je me suis refait 3 heures de route pour rentrer à Pékin

Alors oui, c’est merveilleux, c’est très impressionnant ce long serpent de pierre qui serpente (sans dec) dans les collines et même si certaines parties ont été restaurées façon Disneyland pour que ce soit plus facile pour les touristes de se prendre pour des guerriers Ming (aucun effort pour intégrer les parties restaurées au reste, tu vois bien que tout est neuf et ça brille à peine moins que le château de Cendrillon), ça vaut vraiment le coup. Et puis c’était vraiment trop joli avec la neige qui brillait au soleil (quand je vous dis qu’il fait froid…) et les petits piafs qui couraient dessus…

Et donc je suis fière de vous annoncer que je suis désormais un vrai homme… Parce que c’est Mao qui l’a dit : « Qui n’a pas gravi la Grande Muraille n’est pas un vrai homme… » Et sans blague, c’est pas pour les feignasses la grimpette de la Grande Muraille. Parce qu’une fois passée la partie restaurée, ce qu’on ne dit pas sur la Grande Muraille, c’est qu’elle est parfois en sale état. Et que des fois, il manque 1, 2 ou 3 marches, que les pentes sont parfois à près de 30° et que je vois pas comment ils imaginaient défendre la Chine dans des escaliers larges de 50 cm… Mais bon, peut-être qu’il y a 600 ans, les Chinois, ils étaient vraiment tout petits et ils passaient dans des couloirs de 50 cm… Cela étant dit, ça n’a pas été efficace, tout le monde a franchi cette satanée muraille : les Mongols, les Mandchous et bien d’autres. Même moi !

Alors ça y est, Pékin, c’est déjà fini. Maintenant, en route pour Xi’an (oui, bon, bah vous regardez sur Google Map si vous savez pas où c’est). Je vais découvrir les trains de nuit chinois et j’espère juste qu’ils tiennent la route parce que pour aller à Xi’an, il faut 15 heures… Finalement, l’Inde, c’était vraiment de la tarte !

Photos ici.

Premières impressions à Pékin…

D’abord, c’est complètement dingue, à Pékin, tu peux marcher sans regarder où tu mets les pieds, tu ne risques pas de tomber dans une bouse ou un tas de cendres encore fumantes.

A Pékin, quand tu traverses la rue, faut vraiment regarder des 2 côtés. Parce que personne ne va klaxonner et en plus, beaucoup de 2 roues sont électriques et ne font pas de bruit. Du coup, c’est fou, on entend les gens se parler dans la rue.

A Pékin, tu es obligé de mettre une écharpe, un bonnet et des gants : il fait 7°C au meilleur de la journée (mais je pense à une conspiration parce qu’honnêtement, j’ai l’impression qu’il fait -20°C).

A Pékin, les filles ont des vraies chaussures. Je veux dire, des trucs avec des talons, des bouts pointus et souvent parfois des trucs qui brillent dessus. Pas des tongs en plastique sans âge. Des trucs comme j’ai dû abandonner dans mon placard… (soupir…)

A Pékin, les mecs ont des sacs à main. Pas tous, mais beaucoup. Et souvent, une coupe de cheveux improbable (cela étant dit, les filles aussi). Et pas de petit pull en mohair sans manche qui pique les yeux à l’horizon. Nope.

A Pékin, les gens chantent de l’opéra dans les parcs. Comme ça. Pour se faire plaisir. Et c’est très beau.

A Pékin, les amoureux s’embrassent dans la rue. Comme ça. Même sur la place Tien An Men. Et personne ne les regarde comme si c’était bizarre. A part moi peut-être. Je suis déshabituée.

A Pékin, les dames mettent des petits chaussons à leurs caniches pour qu’ils aient pas froid aux pattes en sortant du métro. Elles leur filent pas des coups de pieds pour qu’ils aillent quémander à manger plus loin.

A Pékin, les squares sont plein de gens qui font du tai-chi. Ça leur donne un petit air gracieux, on dirait qu’ils vont s’envoler.

A Pékin, les gens ne te dévisagent pas, ne te demandent pas de photo, ne te demandent pas si tu veux un tuk-tuk, un guide, un mini Taj Mahal en plastique. A Pékin, les gens, ils s’en foutent que tu sois un touriste dans leur ville.

A Pékin, le soir dans les squares, les gens dansent la valse au son d’un vieux poste qui grésille. J’en suis restée comme 2 ronds de flan. Ca a failli me tirer une larme (mais je suis une princesse, je ne pleure jamais).

A Pékin, les Chinois mangent des barbes à papa. Et rien que ça, ça me les a déjà rendu extraordinairement sympathiques.

A Pékin, les Chinois mangent de la pizza en cornet, des boulettes multicolores fourrées à n’importe quoi et des brochettes de nèfles et de fraises enrobées dans du sucre. Et c’est trop bon.

Bref, à Pékin, y a comme une certaine douceur de vivre et moi, j’aime bien.

Photos ici.

Nihao Baby !!

Après 70 jours chez les Indiens, changement de décor et d’ambiance et je pose donc les pieds en République Populaire de Chine. Tadaaaaa !!

En 4 mois, j’aurais donc vu presque la moitié de l’humanité (ce qui fait un paquet de noms à retenir mais une bonne moitié d’Indiens avaient la bonne idée de s’appeler Kumar ou Sri et chez les Chinois c’est Li ou Tang, ça facilite les choses…).

Dès la descente de l’avion, pas moyen de confondre : plus personne ne parle anglais, y a pas de vache devant l’aéroport et… ah si… ils crachent ! Pfiou ! J’ai eu peur ! Perdre tous mes repères en même temps, ça aurait été traumatisant…  En fait, ça a plutôt commencé dans l’avion avec les plateaux repas…

2 ou 3 trucs à savoir sur la Chine :

  • C’est le pays le plus peuplé au monde : 1,34 milliard d’habitants avec des densités au km² fort variables entre les grandes villes à l’Est et le middle of nowhere à l’Ouest. En même temps, y a des gens qui habitent en Chine depuis -4 000 avant JC…
  • C’est en Chine que se trouve le Mont Everest, le toit du monde, qui culmine à 8 848m.
  • Tous les Chinois ne se ressemblent pas (même si on pourrait avoir tendance à le croire). La population est constituée d’une multitude d’ethnies : 90% de Han (d’où une certaine homogénéité tout de même) et viennent ensuite dans l’ordre, les Zhuang, les Mandchous, les Miao, les Ouïgours, les Tujia, les Tibétains, les Hui, les Mongols, les Buyi, les Dong, les Yao, les Coréens, les Bai, les Hani, les Li, les Kazakhs et les Dai. Et tout ce petit monde entretient des relations plus ou moins hiérarchiques relativement complexes qui aboutissent régulièrement à des heurts violents réprimés violemment par l’armée.
  • Non, les Chinois ne mangent pas de nems (ce sont les Vietnamiens) et ne mangent pas de chiens non plus (ils préfèrent les chats… je rigole, rhôlala…).

Petit récap de l’histoire moderne pour mieux comprendre la Chine d’aujourd’hui : au XXème siècle, la Chine n’a pas eu une vie facile. Le communisme a fait son apparition dans les années 20 mais à l’époque, c’était pas très bien vu (comme quoi, y a que les imbéciles qui changent  pas d’avis…). Y avait même des campagnes anti-communistes. Un peu avant la 2ème guerre mondiale,  suite à l’attaque du Japon qui n’a vraiment pas été très très gentil (mais on aura le temps d’en reparler plus tard), le gouvernement des « bourgeois » n’a pas vraiment eu le choix et a dû s’allier avec les communistes et un certain Mao. Comme c’est un malin, en 1949, le Mao, il accède au pouvoir après la fin de la guerre civile qui opposait les communistes et les autres (pour simplifier). Et là, c’est le début du grand n’importe quoi. Mao était un poète alors il baptisait ses campagnes avec des noms comme « la Campagne des 100 Fleurs » (qui était censée laisser les intellectuels et les artistes exprimer leurs critiques du pouvoir… mouais, mais en fait, Mao, il aime pas la critique), « le Grand Bond en avant » (qui était censé permettre à l’économie chinoise de rattraper le niveau de celle des pays industrialisés… mouais, ça a causé 30 millions de morts à cause d’une gigantesque famine) ou la plus célèbre « Révolution Culturelle » (qui était censé purger les milieux artistiques et intellectuels des dissidents « capitalistes ».. mouais, mais en fait ça a surtout permis à Mao de passer en revue des milliers de gardes rouges, des étudiants extirpés de leurs études, à qui on lavait le cerveau à grande eau et à coup de Petit Livre Rouge et qui cassaient la gueule de quiconque était vaguement soupçonné de critiquer le Grand Timonier) . En vérité, le père Mao, il changeait d’avis comme de chemise (ce qui voudrait dire que ce n’est vraiment pas un imbécile…) et comme il aimait pas vraiment qu’on le contredise, il a fait emprisonner un paquet de gens sous prétexte de les « rééduquer » (c’est comme ça qu’on dit quand on fait du lavage de cerveau à grande échelle) et en a terrorisé un autre paquet. Il finit par mourir en  1976 à l’âge de 83 ans (ce qui est pourtant un chiffre porte-bonheur… comprends pas). Son successeur suit alors l’opinion publique qui a enfin réussi à se faire entendre (enfin c’est juste qu’on leur a pas cassé la gueule quand ils ont ouvert la bouche) et fait emprisonner les potes de Mao en les déclarant responsables des « erreurs » de la Révolution Culturelle. Mais bon, c’est pas encore complètement la fête non plus et en 1989, un mouvement protestataire pacifique se finit en bain de sang sur la place Tien An Men (oui, celle de la photo de l’étudiant face au char). Mais là, l’opinion publique, elle est vraiment pas contente. Alors les communistes, ils sont bien obligés de lâcher du lest et de s’ouvrir un peu au monde. Ils misent tout sur le développement scientifique et les nouvelles technologies et envoient des milliers de jeunes étudier à l’étranger pour qu’ils rapportent leurs connaissances à l’intérieur du pays. Et aujourd’hui, la Chine est en passe de devenir la 1ère puissance mondiale avec des disparités énormes au sein de la population, un prisonnier politique qui est Prix Nobel de la Paix, un président qui est élu selon un processus que personne ne connait, un seul parti politique et pas d’opposition (remarque, ça évite de se couvrir de ridicule et de montrer au monde entier qu’on ne sait pas compter des bulletins de vote…) et un réseau Internet qui prétend que Google n’existe pas. Mais… la Chine change, et les jeunes générations (qui n’ont pas été traumatisées par l’idéologie communiste) font progressivement basculer le pays vers un peu plus de libéralisme même si exprimer franchement son opinion sur la liberté d’expression ou le Tibet reste un peu compliqué et même si les femmes n’osent toujours pas fumer en public.

Voilà ! On est prêt, on peut sortir de l’aéroport et tenter de conquérir le monde, Minus !! rencontrer ces extraterrestres que sont les Chinois.

前进!

PS : Hihihihi !! A l’heure de la globalisation de l’internet mondial, la censure chinoise, elle fait pas le poids face moi et mon ordinateur qui s’est fait reformaté par un indian computer doctor ! Mais ça, c’est une autre histoire…