PCT Day 79 : Worst cheeseburger ever…

du Mile 1748 à Medford en passant par le Fish Lake Resort (mile 1771)

Cette nuit, on a été réveillés par les hurlements des coyotes. Ils n’étaient vraiment pas loin…

Aujourd’hui on a prévu 25 miles. Rien de bien difficile encore et au bout du chemin, le Fish Lake Resort.

Le trail est encore complètement dans la forêt et on avance bien. Le paysage change complètement sur les 10 derniers miles : plus de forêt mais de la roche volcanique partout et du coup, quelques jolis panoramas sur les montagnes environnantes qui sont encore couvertes de neige.

On arrive au Fish Lake Resort bien crevés et avec la ferme intention d’avaler un gros burger. On croise quelques hikers qu’on connait et qui ont eux aussi, zappé plusieurs sections pour arriver là. On boit quelques bières ensemble et puis on commande ce fameux burger et… c’est le pire qu’on ait jamais mangé… La déception est immense…

On est samedi et le resort est plein de monde, weekend du 4 juillet oblige. Du coup, on se dit qu’on pourrait tenter de faire du stop jusqu’à Medford ce soir plutôt que demain matin. On se met donc au bord de la route et une dizaine de minutes plus tard, un type s’arrête. On se tasse dans sa voiture avec sa copine, son chien et tout un tas de sacs et on roule vers Medford à presque 50 miles de là. Le gars est rigolo, conduit comme un cinglé et fait un stop en route pour prendre un café couvert de chantilly mais il finit par nous déposer en centre-ville après nous avoir dit que Medford, c’était plutôt Meth-ford et qu’on devrait faire attention… Hyper rassurant. En attendant on commence à se chercher un motel mais ils sont tous complets. En plus du 4 juillet, il se trouve qu’il y a un gros match de baseball demain et visiblement, tout le monde a réservé depuis longtemps… On finit par faire pitié à un monsieur qui nous donne une chambre normalement destinée à ses propres enfants mais non utilisée. Faut qu’on fasse notre lit nous même mais on n’en peut plus et on accepte avec soulagement. On s’écroule de fatigue un peu plus tard, le climatiseur tournant à fond.

PCT Day 78 : Never do that again!

du Mile 1728 au Mile 1748

Je me réveille avec le soleil et je prends mon petit dej en me réchauffant avec les premiers rayons. J’ai bien loupé Spider hier soir. Il est resté à notre point de rendez-vous et s’était simplement éloigné du trail pour passer un coup de fil. Comme on a réussi à se contacter que vers 22h, on a campé chacun de notre côté. Je démarre donc doucement et il me rattrape quelques miles plus loin. « Never do that again! »

Aujourd’hui on a décidé de faire 20 miles. Le terrain est facile et y a même un camping au milieu du chemin où on sait qu’on pourrait manger un burger… La journée parfaite en somme !

Pourtant ce matin j’avance pas. On arrête pas de s’arrêter et on fait 5 miles en 3 heures. On arrive à une route et on croise un hiker qui nous dit qu’il y a un resto un peu plus loin. Au même moment, une voiture s’arrête et nous demande si on veut aller quelque part… le destin !!

On se retrouve donc à manger des oeufs et du bacon sans avoir rien demandé ou presque.

Une bonne heure plus tard, on se prépare à galérer pour retourner jusqu’au trail mais là encore, une voiture s’arrête presque immédiatement et nous propose de nous déposer. Décidément, c’était l’arrêt qu’on devait faire aujourd’hui.

Du coup, on décide de zapper le camping repéré le matin et de faire directement nos 15 miles jusqu’à un autre camping où on pourra trouver de l’eau.

Le trail est presque tout le temps dans la forêt et on ne souffre pas vraiment de la chaleur. Du coup, on avance bien et on arrive au camping vers 18h. On n’a pas l’intention de camper là mais un peu plus loin sur le trail. Pourtant, on a l’occasion de prendre une douche et on se fait pas prier. On se fait aussi à diner tant qu’on a l’eau à disposition et comme on meurt de faim, on avale la moitié de nos food bags. On espère secrètement que quelques campeurs qui sont là pour le weekend vont avoir pitié de nous et nous donner une bière mais c’est peine perdue ! 

Du coup, on retourne monter nos tentes sur le trail et on s’endort au son des moustiques.

PCT Day 77 : Ashland logistics nightmare 

de Ashland (mile 1716) au Mile 1728 en essayant de passer par la Californie

Ce matin, on se sent bizarrement en vacances. Pas de trail, pas de resupply, pas de miles… on peut traîner toute la journée, aller à la plage, on peut faire tout ce qu’on veut : on est en vacances !!

Mais pour commencer, il faut qu’on aille louer une voiture. Sauf qu’il y a un hic, il semblerait que pour louer une voiture en Oregon, il faille que le permis de conduire et la carte de crédit appartienne à la même personne. Or moi, j’ai laissé mon permis en France et Spider n’a pas de carte de crédit mais une carte de débit… Bref, c’est pas gagné. Pourtant, on a appelé un loueur de voiture et il nous a répondu que ça ne devrait pas poser de problème. Du coup on est super optimistes et on fait même les 3 miles qui nous séparent du loueur de voiture à pieds sous le soleil.

Mais malheureusement, quand on arrive, pas moyen. Le loueur comprend bien notre situation mais ne peut rien faire pour nous. On se retrouve donc coincés à Ashland…

On essaye d’imaginer une autre solution comme louer un pick-up de déménagement pour retourner en Floride (pas besoin de carte de crédit) et louer une autre voiture là bas pour pouvoir partir en road trip. Mais ça semble bien compliqué et on abandonne bien vite l’idée.

On finit par aller au Burger King à côté où on peut s’assoir sous l’air conditionné au lieu de s’arracher les cheveux sur le bitume brûlant. On retourne le problème dans tous les sens mais il semble qu’il n’y ait pas vraiment de solution. Je finis par dire : « Retournons sur le trail. On peut avancer vers le nord et je me débrouillerai pour prendre un bus et redescendre sur San Francisco la semaine prochaine. » Et enfin, on se sent libérés : c’est simple et ça semble être finalement la meilleure chose à faire.

Du coup, on retourne en ville car on a des colis à récupérer à la poste et en chemin, un type nous arrête au beau milieu de la rue en disant : « You’re PCT hikers ? » Il se trouve qu’il a fait une partie du trail et est prêt à nous ramener au trailhead d’ici 2 heures. Les étoiles s’alignent, retourner sur le trail, c’est évidemment ce qu’on doit faire.

Du coup, on s’offre une bière pour fêter ça, on passe par la poste et on retrouve notre bon samaritain qui nous redépose au pied du trail. A peine on pose le pied sur le trail qu’on se regarde en souriant. Voilà. C’était tout bête. 

On a repéré un campsite à 8 miles de là avec un point d’eau et on se donne rendez-vous là bas. La température est presque parfaite, la lumière magnifique, et ça fait du bien de transpirer un peu…

Quand j’arrive au point de rendez-vous… personne. Je me dis que vu qu’il est encore tôt et que le prochain point d’eau n’est qu’à 2 miles, Spider a probablement continué. Je me remets donc en route. Mais quand j’arrive au point d’eau suivant, je trouve un père et son fils qui ont déjà monté leur tente mais pas Spider… Je leur demande si par hasard ils ont vu passer un mec avec un t-shirt orange mais évidemment, ils n’ont vu personne. Formidable ! Première nuit à 2 sur le trail et on arrive déjà à se perdre… Il est 20h, j’en ai plein les pattes et je décide de m’arrêter là quand même. En plus, j’assiste à un des plus beaux couchers de soleil sur le trail. Je le retrouverai bien demain matin !

PCT Day 76 : Change of plans

de Weed à Ashland (mile 1716) en essayant de passer par Seiad Valley (mile 1653)

Quand les dieux du trail ne te veulent pas, ils ne te veulent pas…

Ce matin on traîne un peu avant de quitter le motel. On veut rejoindre Seiad Valley en stop et on en a pour un bon moment. On espère pas arriver trop tard et pouvoir faire quelques miles dès ce soir.

Mais on commence par aller boire un café et en discutant avec une section hiker, on apprend qu’il y a un bus qui nous amènerait à Yreka, la première étape de notre périple.

Le bus passe vers 12h30, on a donc un peu de tmps à tuer et on en profite pour faire quelques courses de dernière minute. 

Dans le bus, on rencontre un autre hiker qui est en train de zapper cette section aussi à cause de la neige et on échange quelques infos.

Arrivés à Yreka, on se pose au bord de la route direction Seiad Valley et on réalise vite qu’on va galérer : il y a très peu de traffic, on est en plein cagnard et personne ne fait même mine de s’arrêter… L’humeur de Spider s’assombrit de minute en minute. Au bout de 45 minutes, une voiture s’arrête. C’est un grand-père et son petit-fils. « Vous savez ce que m’a dit mon petit-fils ? » dit le papi. « Il a dit que vous étiez mignonne et qu’on devrait vous aider alors je me suis arrêté ! » 

Papi nous dépose quelques kilomètres plus loin, à une intersection au beau milieu de nulle part. Y a pas un demi centimètre carré d’ombre et surtout, y a pas une voiture. Enfin… y a pas une voiture qui va vers Seiad Valley. Par contre, y a quelques voitures qui passent dans l’autre sens. Et l’autre sens… c’est Ashland, à 30 miles de là. Spider fait maintenant carrément la tronche et on manque de justesse de se faire écraser par un camion transportant des troncs d’arbre. J’ai beau essayé d’y mettre de la bonne volonté, trop c’est trop. Au bout d’un moment, on change de côté de la route. Tant pis pour le trail pour cette semaine, on va aller à Ashland et s’offrir des vacances.

On marche un peu le long de la route et une dizaine de minutes plus tard, une voiture s’arrête et James nous emmène jusqu’à Ashland. Il nous dépose même devant une brasserie où on se pose quelques instants histoire de manger un morceau et passer quelques coups de fil pour se trouver un endroit où dormir.

Une fois qu’on a posé nos sacs, on retourne en ville faire quelques courses pour la soirée : snacks, bière et crème glacée, et on s’installe devant la télé pour regarder un dvd devant lequel je m’endors.

Demain, on ira louer une voiture et on partira vers la côte. Road trip time !

PCT Day 74&75 : Double zéro autour de Shasta

La nuit a été fraiche : le climatiseur a tourné à fond toute la nuit…

Ce matin, on commence par le commencement : on va prendre le petit dej à la boulangerie du coin. Une fois qu’on a remis notre glycémie à niveau, on retourne au motel où on commence à ranger nos affaires. On sait qu’on va passer une deuxième nuit en ville mais vu la fraîcheur de l’accueil, on n’a pas très envie de rester ici. Visiblement, les patrons n’ont pas très envie de nous voir rester non plus puisqu’ils nous appellent plus de 30 minutes avant le check-out pour nous rappeler qu’on doit libérer la chambre… Cerise sur le cupcake, j’ai besoin d’insister un peu lourdement pour récupérer la caution de 50USD que j’avais laissée. Clairement, on ne recommandera cette adresse à personne…

En attendant que Urs, Emily et Eike arrivent, on va s’installer dans un resto pour l’apéro. Une fois qu’ils sont là, on discute de la suite. On n’a pas trop envie de rester à Shasta car les motels sont très chers et on décide donc d’aller à Weed à une dizaine de miles de là. Ça nous éloigne du trail mais c’est vraiment moins cher. Et puis de toute façon, Spider ne veut pas faire la section suivante. Les infos qu’on a eu sont plutôt inquiétantes en ce qui concerne la neige (quelqu’un a du se faire évacuer 2 jours plus tôt) et il ne veut pas prendre le risque. Josh décide que cette nuit sera sa dernière nuit sur le trail et qu’il va rentrer chez lui dès le lendemain. Et moi… il faut que je trouve un moyen de me rendre à San Francisco dans 1 semaine car j’y ai un avion pour la France où mon frère se marie.

On fait du stop jusqu’à Weed et on trouve rapidement un motel beaucoup moins cher et beaucoup plus sympathique qu’à Shasta. Encore une fois, on s’entasse dans 2 chambres communicantes et on continue à parler logistique.

Finalement, après de longues discussions, Urs, Emily, Eike et Lucie décident de retourner sur le trail depuis Shasta tandis que Spider et moi allons faire du stop jusqu’à Seiad Valley et randonner jusqu’à Ashland. Le plan ensuite est de louer une voiture et que Spider me ramène jusqu’à San Francisco. Je peux pas louer la voiture moi-même, j’ai pas apporter mon permis… Josh, lui, prendra un bus demain matin pour Seattle. Pour la première fois depuis le début, le groupe explose.

Si Spider et moi avons bien l’intention de retrouver les autres une fois que je serai revenue de France, pour Josh, c’est la fin de l’aventure. Cette dernière soirée est donc pleine d’émotions et on finit en larmes dans les bras les uns des autres. C’est que ça créée des liens forts de marcher près de 1000 miles tous ensemble… Evidemment, on se promet de se revoir vite. Mais c’est tout de même la fin d’une époque…
Le lendemain matin, Josh quitte la chambre sur la pointe des pieds pour aller prendre son bus. Spider et moi avons décidé de rester une journée de plus à Weed pour que ses pieds se remettent plus vite et après avoir passé la journée à traîner, les autres nous quittent à leur tour. Pour ne pas déprimer, on sort boire une bière à la brasserie locale puis on va boire quelques verres dans un bar du centre-ville. Il n’y a que 4 autres personnes (Weed est assez dépeuplé) et c’est le dernier service de la barmaid. On lui paye quelques verres, on fait quelques parties de billard et on rentre se coucher en essayant de marcher droit…

Demain, on retourne là où doit être : sur le trail.

PCT Day 73 : Did someone pooped in Shasta water ?!?!

du Mile 1459 à Mount Shasta en passant par le Ash Campground (mile 1468)

La nuit a été calme : pas d’ours dans le coin ce matin, on peut recommencer à prétendre que les ours n’existent pas…

Spider a de plus en plus mal aux pieds, il a de nouvelles ampoules qui vont en train de s’infecter et on décide d’aller seulement jusqu’au Ash Campground à 9 miles de là et de faire du stop jusqu’à Shasta puisque le camping est accessible en voiture.

Il est encore tôt quand on arrive au camping et on comprend vite que pour le stop, c’est loin d’être gagné… C’est un tout petit camping et il n’y a que 3 voitures. On repère vite 2 gars qui sont visiblement venus pour pêcher mais qui ne semblent pas avoir l’air de vouloir rester et après quelques politesses d’usage, on grimpe à l’arrière de leur pick-up. Ils sont dans l’armée et l’un d’entre eux voudraient faire le PCT l’année prochaine. Ils vont nous déposer à McLoud, une petite ville un peu plus loin d’où on pourra tenter de rejoindre Shasta.

Arrivés à McLoud, on se pose à l’ombre d’un lavage de voitures pour d’abord avaler un bon litre de soda chacun avant de se remettre au bord de la route et tenter notre chance. Au bout de 20 minutes, un van s’arrête et une charmante dame nous amène jusqu’à Shasta. Les motels sont chers et on meurt de faim donc avant de prendre une décision, on se pose sur une terrasse et on s’empiffre de nourriture mexicaine. Alors qu’on demande de grands verres d’eau, on nous répond qu’à Shasta, on ne peut plus consommer l’eau du robinet depuis quelques jours car le réseau est contaminé… Did someone pooped in Shasta water?!?!

On finit par échouer dans un motel où les patrons nous dressent une liste longue comme le bras de tout ce qu’on n’a pas le droit de faire en nous regardant comme si on allait dévaster leur chambre… C’est bien la première fois qu’on est accueilli comme des chiens dans un jeu de quilles.

Je me dévoue pour aller faire la lessive et chercher des bières pendant que les 3 autres font la sieste sous le climatiseur. Je les retrouve couverts comme des oignons alors qu’il fait encore plus de 30°C dehors… Puis on traîne devant la télé et je sors mon attirail de chirurgien pour soigner les ampoules de Spider. Je n’oserai pas poser un diagnostic compte-tenu du fait de mon inexpérience médicale mais il me semble que quand ce qui sort d’une ampoule a la consistance du dentifrice… c’est pas très bon signe… On comprend mieux pourquoi il avançait plus.

On commande enfin des pizzas pour le dîner et on s’endort devant un énième épisode de Law&Order.

Demain, les autres vont arriver à Shasta et on verra comment on s’organise pour les prochains jours.

PCT Day 72 : Rencontre avec Teddy Bear

du Mile 1438 au Mile 1459

A la surprise générale, Emily, Urs et Eike réussissent à partir à 6h pour faire leurs 30 miles. Josh, Spider, Lucie et moi on prévoit plutôt de faire 20 miles, alors le départ sera à 7h.

Il fait déjà chaud, on avance pas vite et Spider a très mal aux pieds. Il met son petit short de running jaune fluo qu’il a acheté à Burney ce qui nous fait hurler de rire. À partir de 6000 pieds, on retrouve des plaques de neige de plus en plus importantes et puis c’est même une grosse galère pour finir l’ascension et comme on se perd à moitié, on est obligés de passer à travers des buissons pour retrouver le trail. C’est carrément dangereux à nouveau et je fais de nouveaux trous dans mon pantalon en essayant de passer à travers les branches.

L’après-midi est à nouveau super chaud et j’ai pris des médicaments contre l’allergie qui m’endorment. Le combo me laisse sans énergie et me ralentit énormément. 

Arrivés à la dernière rivière de la journée, on retrouve Emily, Urs et Eike. Ils pensent toujours faire 30 miles (il leur en reste 12 tout de même…) et attendent que la chaleur tombe. Ils partent peu de temps après et une petite biche pas farouche vient pointer le bout de son nez à quelques mètres de nous.

On se fait à dîner puis on repart pour nos derniers miles. On est sur un petit sentier balcon à flan de colline et je marche tranquillement derrière Lucie quand j’entends soudain Josh hurler : « Bear!!! On the trail !!! » Josh est devant nous à peut-être 300 mètres. Je relève la tête et je vois un ours qui effectivement court vers Lucie et moi. Pas de place à droite ni à gauche, le sentier est bien trop étroit et la colline bien escarpée. Lucie se jette dans les buissons alors que mon cerveau est toujours bloqué et que je me dis que l’ours va me passer dessus… Puis j’entends à nouveau Josh : « Screaaam!!! » L’ours est à 10m. Je lève les bras et me met à hurler. L’ours lève alors la tête, m’aperçoit, s’arrête, fait demi tour et disparaît dans les hauteurs. J’ai même pas eu le temps de réaliser ce qui vient de se passer quand j’entends la voix de Lucie : « Il est parti? » Elle sort alors des buissons où elle s’était caché. J’éclate de rire : « Merci de m’avoir laissé en première ligne !! » « Je te connais que depuis 2 mois, je vais pas te sauver la vie… » me répond elle. On rejoint Josh toutes tremblantes. L’adrénaline coule à flot dans nos veines. L’ours est arrivé derrière lui et il a juste entendu un peu de bruit dans son dos avant de comprendre que l’ours se dirigeait vers nous. 

Quelques mètres plus loin, on fait une autre rencontre : Flatfoot qui vient sobo ! On ne l’a pas vu depuis des semaines et pendant qu’on papote, Spider nous rejoint. Lui n’a pas vu l’ours mais nous a entendu rire nerveusement depuis 10 minutes et se demande bien ce qu’il se passe.

On laisse Flatfoot qui va camper à la rivière et on fait encore 2 miles pour finalement installer nos tentes à côté d’une rivière qu’on avait pas repérée. Il y a vraiment peu de place et on joue à Tetris pour caser nos 4 tentes là. Il y a encore pas mal de moustiques et on ne traîne pas avant de se réfugier dans nos moustiquaires. Lucie ricane encore nerveusement pendant un bon moment et moi j’essaye de ne pas penser au fait que l’ours est toujours dans les parages… F***ing nature !!

PCT Day 71 : Une autre journée classique en Northern California

des Burney Falls (mile 1416) au Mile 1438

Ce matin le démarrage est pas très rapide parce qu’on s’est couché bien tard. 

Je quitte le camping à 8h. Il fait déjà très chaud mais le trail est à l’abri dans la forêt et il y a de l’eau tous les 4 miles ce qui permet de boire beaucoup sans trop porter. Je rattrape Emily, Eike, Urs et Lucie qui étaient partis avant moi mais on a beau faire des pauses régulièrement, Spider et Josh ne nous rattrapent pas. On commence à se demander ce qu’ils font surtout quand Emily nous rejoint en disant qu’elle vient de voir un ours…

On décide pourtant de continuer à avancer et on va même jusqu’à faire 4 miles de plus que prévu en leur laissant un petit mot dans un sac congélation au dernier point d’eau.

On arrive en fin de journée sur une dirt road au bord de laquelle on monte nos tentes et on dîne. On est sur le point d’aller se coucher quand nos 2 retardataires pointent enfin le bout de leur nez. Pas de quoi s’inquiéter : ils ont passé la matinée à vider les fonds de bouteille de la veille avant de quitter le camping et ont bien pris leur temps, abusant de substances en « ine » (caféine, nicotine, …) pour se remettre…

Urs, Emily et Eike annoncent alors qu’ils veulent tenter de rejoindre Shasta en 2 jours et qu’ils ont donc l’intention de faire 2 journées de 30 miles sur les prochains jours. On échange un rapide regard avec les autres : NO WAY !!! On arrivera à Shasta un jour plus tard mais pas question de faire 30 miles ! On l’a déjà fait et on a mis plusieurs jours à s’en remettre. On se couche en se moquant d’eux et en leur disant qu’ils n’arriveront jamais à se lever à 5h…

PCT Day 70 : Burney Falls

de Burney (mile 1409) aux Burney Falls (mile 1416)

Ce matin c’est grasse mat’ jusqu’à 9h… c’est tellement bon de dormir dans un vrai lit…

On profite d’avoir une cuisine pour se faire un petit dej pancakes, oeufs et bacon maison. On profite du luxe de ne pas être harcelé par les moustiques ni crever de chaud dès 7h30…

Puis c’est la corvée de lessive et pour la première fois en plus de 2 mois, c’est Spider qui s’y colle. Obligé de circuler en ville avec sa veste de pluie, il jure que c’est bien la dernière fois…

On quitte enfin notre paradis climatisé sur les coups de midi et on part faire quelques courses : supermarché, pharmacie, outfitters… resupply classique.

Puis on se rejoint tous au motel où on traîne sur la pelouse à refaire nos food bags en attendant que la chaleur tombe (il fait plus de 45°C) et qu’on puisse retourner sur le trail faire les 8 miles qui nous séparent des Burney Falls où on va passer la nuit.

Soudain on réalise : les Burney Falls sont des chutes d’eau plutôt touristiques et le camping est parfaitement accessible en voiture. Du coup, on se poste au bord de la route le pouce levé et on trouve rapidement 2 voitures qui nous amènent au camping. On monte les tentes, on dîne, Josh se prend un nutshot pour avoir demandé une cigarette et puis on va voir les fameuses chutes. Il y fait presque frais comparé à ce qu’on a subi les derniers jours. On fait plein de photos de notre petite famille et c’est le moment que Josh choisit pour annoncer qu’il va bientôt arrêter le trail. Il est à court de budget et préfère revenir l’année prochaine. En tant que mère de cette famille, je peux pas dire que j’accueille la nouvelle avec plaisir. On était plutôt fiers d’avoir réussi à garder notre groupe ensemble depuis le premier jour. Mais on respecte sa décision et on veut profiter de sa bonne humeur pour les quelques jours qui restent.

On retourne au camp, il fait déjà nuit et on passe un bon moment à raconter des histoires et à rire ensemble. Et on est bien tous d’accord : c’est pour ces moments-là qu’on voulait faire le PCT…

PCT Day 69 : Burney

du Mile 1388 à Burney (mile 1409)

Aujourd’hui c’est une journée facile : 20 miles seulement et tout en descente ! Seulement il fait chaud. Très très chaud. Trop chaud. On croise beaucoup de routes et la tentation de faire du stop est grande. Je suis obligée de pousser Spider et Lucie qui essaye d’arrêter des voitures en douce…

En milieu d’après-midi, on passe une rivière et là, on ne résiste plus à la tentation : on plonge. C’est froid et ça fait tellement de bien. On en profite même pour rincer nos vêtements et les remettre aussitôt. 

Il ne nous reste ensuite que 3 miles avant d’arriver au Burney Ranch et le sentier contourne un lac. Mais le coin est infesté de moustiques et je me fais piquer plus de 15 fois alors que je fais une petite pause pipi…

Du coup, le reste du chemin se fait au pas de course !

On arrive au ranch vers 16h et on avait prévu de peut-être camper là pour ne pas aller jusqu’en ville mais les lieux et les gens déjà là ne nous plaisent pas trop. Spider, Lucie, Josh et moi décidons rapidement de quitter le ranch alors on appelle un taxi et 15 minutes plus tard, nous voilà à Burney où on négocie rapidement 2 chambres voisines dans un motel car pendant ce temps Urs, Emily et Eike ont fini par décider de nous rejoindre.

La chaleur irradie du bitume alors en attendant le reste du groupe, on se réfugie au bowling où on ne joue pas au bowling mais où on se réhydrate au bar, puis on va grignoter quelques chicken wings dans un bar un peu plus loin. Quand les autres arrivent, on est déjà bien shiny…

Lucie et Emily vont faire quelques courses pour le dîner et on se fait une soirée pizzas et perçage d’ampoules sous le porche. Quand les estomacs sont pleins et que les paupières commencent à se faire lourdes, on s’entasse tous sur les 2 lits devant la télé et on regarde le début de Bad Boys en mangeant de la crème glacée au chocolat à même le pot. Mais rapidement, la fatigue des derniers jours l’emporte et on s’endort avec le ronronnement des climatiseurs… Vers minuit, Josh ressort fumer une cigarette. Il avait arrêter de fumer depuis 3 jours…