Facilo l’espagnolo !

C’est ce que tout le monde m’a dit quand j’exprimais de vagues craintes sur ma capacité à communiquer avec les gens de ce côté-ci du monde alors que lors de ma longue scolarité, je n’avais jamais mis les pieds dans un cours d’espagnol.

Facilo, facilo, peut-être, mais en attendant, je me disais qu’avec mon anglais à son meilleur niveau, j’arriverai bien à me débrouiller. C’était sans compter qu’ici, c’est comme en Chine, les gens qui parlent anglais, ça se compte sur les doigts de la main. Il a donc bien fallu s’y mettre.

Et de façon surprenante, en 5 semaines, je me suis pas si mal débrouillée. A force de tendre l’oreille, j’ai fini par comprendre presque tout ce qu’on me disait (en même temps, je fais mes courses au marché, j’envoie pas des missiles nucléaires en orbite), j’ai appris à compter (très utile quand tu veux pas te faire arnaquer par le premier chauffeur de taxi qui klaxonne) et je sais demander mon chemin. Certes, c’est un bon début mais ça reste un peu frustrant quand j’essaye de creuser un peu la discussion. Du coup, j’ai donc décidé de m’y mettre sérieusement. J’ai donc signé pour une semaine intensive sur les bancs de la Amauta Spanish School : 4 heures de cours collectif le matin et 1 heure de cours individuel en fin de journée. Entre les deux… bah ! je fais la sieste , qu’est-ce que vous croyez ?

Et là, j’ai enfin compris ce que tout le monde disait. Effectivement, quand on parle français, l’espagnolo, c’est pas bien difficile. A 2 ou 3 exceptions près, un « o » ou un « a » bien placé et le tour est joué ! Bien sûr, c’est pas non plus aussi simple que ça. Ça se saurait. Mais mes nouveaux co-détenus camarades de classe sont, pour la majorité, anglophones et ils galèrent bien plus que moi.

Le côté poil à gratter, c’est que je me retrouve avec des devoirs. Des devoirs ! Moi ! La fille dont la religion lui interdit depuis 6 ans de travailler le week-end ! Dire que je m’inflige ça de ma propre volonté… un comble ! Mais après une semaine, j’ai tout de même multiplié mon vocabulaire par 100 et je suis capable d’avoir une vraie conversation avec la fille de l’hôtel qui me donne mon petit déj tous les matins. Et ça, ça fait plaisir.

Alors, vamos, reste plus qu’à mettre tout ça en pratique. Ce qui ne devrait pas être très compliqué vu qu’il me reste encore un peu plus de 6 semaines en Espagnolie (quoi ? on dit bien la Francophonie !).

Hasta luego muchachos !


Photos ici.

Vacances à Cuzco

Il me reste maintenant 2 semaines à tuer avant de m’envoler pour l’Equateur. Et pourquoi donc 2 semaines ? Pourquoi ne pas enchaîner ? Qu’est-ce qu’elle va faire la p’tite dame pendant ces 2 semaines ?

Wow, wow, wow. On se calme. D’abord, c’est pas si simple, les billets d’avion ont déjà été modifiés et si je voulais encore changer, faudrait que je me tranche un bras (oui, le billet tour du monde a aussi ses inconvénients mais j’en reparlerai plus tard). Donc, oui, mon prochain vol n’est que dans 15 jours. Ensuite après 9 mois de voyage à changer de maison tous les 3 jours et tout particulièrement après les 3 dernières semaines avec Gauliard Tour, je suis claquée. Oui, mesdames et messieurs, cla-quée. C’est pas parce que je ne passe pas 8 heures par jour derrière un bureau à répondre aux 120 mails quotidiens de mes clients préférés que j’ai pas le droit d’être fatiguée. La preuve. Alors je fais un break. Pendant 2 semaines, je ne fais… rien. Mais pas question de rien faire à Lima. On y mange bien, certes, tout le monde l’aura compris, mais la ville ne vaut vraiment pas le coup de s’y attarder aussi longtemps. Alors j’ai décidé d’aller passer mes vacances dans une petite ville fort sympathique… Cuzco.

Cette fois, comme j’ai du temps devant moi (et une politique budgétaire à respecter), je prends le bus. Alors, je vous confirme, faut avoir un peu de temps devant soi : le trajet dure 22 heures… Courageuse mais pas téméraire, je me suis quand même payé un billet chez Cruz del Sur, une des compagnies de bus les plus luxueuses du pays. J’ai donc droit à un siège immense, qui s’incline presque complètement, avec un écran perso comme dans l’avion (enfin… pas chez Air Europa, d’accord), des repas servis dans des boites en carton et un steward particulièrement attentionné qui m’offre un labourage massage gratuit des lombaires par coups de genoux. Bref, je ne vois presque pas passer le trajet.

Arrivée à Cuzco, j’ai des projets. Non parce que, c’est pas parce que j’ai dit que j’allais rien faire que je vais rester à végéter pendant 15 jours. J’ai contacté une association qui s’occupe d’enfants en difficulté et je dois donner quelques cours d’anglais et recevoir en échange quelques cours d’espagnol. Ah oui, parce que j’ai aussi décidé qu’il était temps de prendre le taureau par les cornes et de faire en sorte que ce voyage me permette de rajouter une ligne sur mon CV : « Espagnol – niveau baragouinage ». L’association gère aussi une auberge dans laquelle je décide d’établir mon campement. Evidemment, quand j’arrive, on m’explique qu’en fait, en ce moment, c’est vraiment extraordinaire, y a tellement de volontaires qu’ils ne savent plus quoi en faire et du coup, comme moi je ne reste que 10 jours, bah… je vais pas donner de cours. Du coup, pas de cours d’espagnol non plus. 22 heures de bus, ça vous ramollit les nerfs. Ça tombe bien parce que je crois que j’aurais pu m’agacer. Un tout petit peu, mais m’agacer quand même.

Bon, tant pis, je trouverai un autre moyen d’occuper mes journées. Occupons-nous d’abord des contingences matérielles. Je dois commencer par faire un petit tour au marché et au supermarché pour pouvoir me nourrir pendant les prochains jours. Ah oui, finie la grande vie, je vais rentabiliser la cuisine de ma nouvelle maison. A grands coups de pâtes et de riz, certes. J’ai pas postulé à Top Chef non plus. Et puis, je me dis que quand même, tout ça, c’est trop bête, l’idée des cours d’espagnol, ça me plaisait bien alors trouvons une école de langue qui puisse me rendre bilingue en 8 jours ! 48 heures plus tard, c’est chose faite, j’ai signé, la semaine prochaine, estoy una estudiante.

En attendant, je dors, je lis (la médiathèque de l’Alliance Française a tout un tas de bouquins que j’ai pas encore lus), je bois du Yop, je fais copain-copain avec le chien de la maison, je fais chaque jour un petit tour dans la ville et je vais admirer le défilé du jour. Parce que j’ai eu la bonne idée de revenir ici alors que c’est la fête de la ville. Et la fête dure 9 jours pour finir en apothéose le 24 juin par l’IntiRaymi, une fête inca qui célèbre le soleil et le début de la nouvelle année inca. C’est donc un festival de couleurs, de fanfares, de costumes, de chars, de confettis, de ballons, de danses et de gens qui marchent au pas toute la journée. Du délire.

Et la semaine s’écoule ainsi, lentement et sereinement. Demain, je retourne à l’école.

Photos ici.