Où il faut remettre son pull

Après avoir traînassé presqu’une semaine sur le sable et bondi (oui, désormais, je bondis) entre les rouleaux, je commençais à me lasser. Il était donc temps de remettre le cap à l’ouest, d’autant plus que la fin de mon séjour costaricain approchait. J’ai donc décidé de finir en beauté par un passage par les 2 villes les plus touristiques du pays : Monteverde et La Fortuna.

Mais reprenons l’épopée du début. Il a d’abord fallu quitter la délicieuse et bouillasseuse côte de la péninsule de Nicoya. Comme d’hab dans ce fichu pays, j’ai bien galéré côté itinéraire et il m’a fallu une bonne journée et 4 bus différents pour retrouver la civilisation : GuionesNicoya, NicoyaLiberia, LiberiaLas Juntas et enfin… Las JuntasMonteverde ! Tout ça pour m’apercevoir qu’en fait j’aurais pu faire directement NicoyaLas Juntas si mon niveau d’espagnol dépassait le minimum de survie… Enfin bref, 12 heures de transport plus tard, je débarque à Monteverde, le soleil est en train de se coucher et oh ! … mais va falloir ressortir son pull, là ! C’est qu’en plus d’avoir quitté la plage, j’ai aussi repris un peu d’altitude. Pas de quoi y laisser ses poumons mais j’ai la chair de poulette…

A Monteverde, y a des hordes de touristes. Ça pourrait vite être pénible mais après ma semaine au bout du monde, c’est presque sympa. Et en plus, c’est plein de Québécois. Et le Québécois est définitivement sympa. Et même s’il n’est pas vraiment sympa, tu ne peux pas t’empêcher de rigoler quand il parle. Du coup, je décide d’aller visiter la réserve Curi-Cancha le lendemain avec 2 de mes nouveaux amis. La réserve Curi-Cancha fait partie du ultra famous (si, si) Parque Nacional de Monteverde où tout le monde se précipite et où les jolis oiseaux deviennent du coup un peu difficiles à observer. Mais à Curi-Cancha, y a personne et en plus, il semblerait que ce soit notre jour de chance : on a LE guide qui tue (le gars qui te débusque un colibri à 600 mètres dans la forêt la plus touffue du monde), le temps qui tue (pas un nuage, le soleil qui passe à travers les arbres et qui nous permet de scruter la canopée) et les oiseaux qui tuent (non pas un, mais deux quetzals qui se prélassent dans les branchages, ma bonne dame !!). Bref, on s’amuse comme des p’tits fous !

Et comme je sens que je suis en veine, je ne m’arrête pas là. J’enchaîne avec une balade à cheval avec un guide qui ne parle pas 3 mots d’anglais et qui me raconte tout plein de trucs sur sa grande passion, le rodéo, et qui nous emmène galoper sans les mains (youhou ! je suis prête pour les grandes plaines du Montana !) dans la campagne environnante. Bon, évidemment, il faudra 2 jours à mon fessier pour s’en remettre…

Le lendemain, je quitte Monteverde et ses centaines de touristes pour La Fortuna et ses milliers de vacanciers… Pour rejoindre La Fortuna, il faut prendre un minibus où on entasse les sacs et les passagers au mieux, un bateau où on a 30 bonnes minutes pour se prendre en photo avec le fameux volcan Arenal en arrière-plan puis un autre minibus où on refait une partie de Tetris en essayant d’empiler intelligemment tout le chargement. C’est pourtant pas donné de faire le trajet de cette façon mais c’est beaucoup moins long que de prendre juste le bus. Alors tous les Québécois le font. Et les Français aussi… Ah, les Français… Pour mon plus grand plaisir, les revoilà en vacances. Du coup, y en a plein partout… Et devinez quoi ? … Ils trouvent qu’il y a trop de pluie, leurs ados tirent la tronche et tout ce petit monde râle en cœur… En grande forme, ces Français quoi ! Cela étant dit, à peine arrivée à La Fortuna, la météo leur donne raison : une pluie torrentielle transforme rapidement la moindre ornière en baignoire et ça va durer près de 20 heures d’affilée… Autant dire que ça ne va pas me laisser le temps d’y faire grand-chose et qu’en plus, je suis à 2 doigts de m’y mettre aussi à pester contre les nuages, les moustiques et tout le reste !!

Avec tout ça, le temps file et il est déjà temps de se remettre en route pour San José. Bah oui, demain, je prends mon avant avant dernier vol de ce looooong voyage et je rejoins Miami. Après avoir attendu une accalmie entre 2 déluges, je me dirige donc vers la estacion de bus. Et là… c’est le drame… un trottoir défoncé, une cheville vacillante, 30kgs de bagages sur le dos… je m’étale de tout mon long dans une immense flaque… Impossible de me relever, les sacs sont trop lourds, je gigote comme une tortue sur le dos quand un bon samaritain décide d’arrêter sa voiture pour venir m’aider. Outre la vague humiliation de m’être vautrée comme une crêpe a beau milieu de la rue et d’être trempée sur toute ma moitié gauche, j’ai surtout mal. Très mal. Ma cheville droite a sévèrement morflé. Oui, la droite. Celle-là même qui m’a valu le survol en hélico du parc des Ecrins il y a 2 ans… Et en plus, je me suis écorchée la main et je saigne… Bouhouhou, rien ne va plus.

Heureusement, le bon samaritain m’aide à porter mes affaires jusqu’au bus (20 mètres, j’étais à 20 mètres !) et là, j’essaye de constater plus précisément l’ampleur des dégâts. Ma cheville a déjà commencée à enfler et la paume de ma main est incrustée de petits graviers. Je règle le problème des petits graviers, je désinfecte avec un bon coup de salive (oui, maintenant j’ai un système immunitaire qui dézingue même la kryptonite) et je me mets à fixer ma cheville avec angoisse. Une belle entorse, voilà ce que je me suis fait ! Et évidemment, soigner une entorse quand on passe son temps à se balader à droite à gauche, qui plus est avec moults sacs à dos, … c’était parfaitement inclus dans mon programme !!

Du coup, mon retour à San José est assez lent… et claudiquant. Tout juste le temps d’envoyer un message à ma maman pour lui demander de m’apporter mon atèle de cheville. Parce que oui ! Demain, à Miami, je retrouve ma mère et mon frère qui viennent passer leurs dernières semaines de vacances sur les côtes de Floride… Mais ça, c’est l’histoire de demain !

Photos ici.

Et de 11 !

Hé hé hé… vous y croyez vous ? 11 mois que j’use mes tongs (et croyez-moi, elles sont usées) autour du monde… Ca commence à faire, hein ?

Et croyez-vous que je me lasse ? Et bien, non ! Pas du tout !

Figurez-vous qu’on m’a récemment proposé d’interrompre momentanément mon voyage pour faire un truc complètement dingue… travailler. Et bah, contre toute attente… j’ai refusé. Non pas que l’offre n’était pas alléchante (au contraire même…) mais soyons honnête, je ne suis pas vraiment in the mood.

Et ça tombe bien ! Parce que j’ai encore devant moi 5 jolis mois pleins de projets, de découvertes culturelles, gastronomiques et autoroutières… et oui mes petits ! la dernière partie de ce voyage, exclusivement réservée aux fantastiques Etats-Unis d’Amérique et à leur non moins extraordinaire cousin le Canada va se faire non seulement sur la route mais carrément au volant !

Stay tuned !

Comment choper un coup de soleil en pleine saison des pluies…

Ah les transports au Costa Rica… on n’en parle pas assez ! On parle des bus boliviens pourris, des trains indiens pleins de cafards, des ferrys thaïlandais over chargés, des bus péruviens ultra conforts… mais honnêtement, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu de souci à me déplacer d’un point A à un point B. Les trajets des compagnies de bus suivent une logique relativement simple (ils suivent les grand axes et s’arrêtent dans les villes touristiques) et au besoin, j’ai toujours trouvé quelqu’un disposé à jouer les taxis moyennant finance. Il était temps de tomber sur un os.

En cette belle matinée du 30ème jour du mois de juillet, j’ai l’intention de rallier Santa Teresa dans la péninsule de Nicoya. Sur la carte, à vol d’oiseau, je table sur un bon 100kms. C’est simple, y a 5 étapes : un premier bus de Manuel Antonio à Quepos, un deuxième bus de Quepos à Jaco, un speed boat de Jaco à Montezuma, un troisième bus de Montezuma à Cobano et un quatrième bus de Cobano à Santa Teresa. Easy…

Je démarre plutôt bien : je me hisse dans le bus pour Quepos après avoir attendu à peine 10 minutes et arrivée là, j’apprends que le bus suivant part à 9h30 pour Jaco, soit dans moins de 30 minutes. Impec. Sauf que. Ce petit bout de trajet qui ne devait durer « que » 1h30 va durer 3 heures… bah oui, quand on s’arrête tous les 300m pour faire monter ou descendre 2 sacs d’orange et 3 mamies, on n’avance pas. Moralité, en arrivant à Jaco, j’apprends que je viens de louper le SEUL bateau de la journée pour Montezuma… je suis donc condamnée à passer 24 heures ici. Alors certes, j’aurais pu prendre encore 8 bus différents, faire un détour de 450kms et espérer arriver à destination avant la nuit mais, que voulez-vous, il semblerait que je me ramollisse, je choisis donc de traîner 24 heures sur place. Officiellement, Jaco est LA grande ville de la région. Hum, hum… je boucle l’exploration du centre-bourg en 20 minutes, fais une découverte intéressante en la présence d’une libraire qui vend des bouquins en français (je suis un peu à court…) et vais m’échouer sur la plage qui, franchement, mérite à peine d’être mentionnée ici. Une demi-heure plus tard, des trombes d’eau s’abattent sur la ville et pof ! c’en est fini de ma séance bronzette. Après la pluie, le beau temps les moustiques finissent d’achever mon moral et je file me réfugier derrière une bonne moustiquaire et quelques épisodes de The Office.

Le lendemain matin, j’ai rendez-vous à 10h avec Tito qui doit m’emmener à la plage d’où part le fameux bateau. A 10h, pas de nouvelles de Tito. A 10h15 non plus. A 10h20, je commence à m’énerver (et pourtant, Dieu sait que c’est pas mon genre…) et j’appelle l’agence qui m’a vendu le billet. Ah ? Oui ? Non, pas de problème, Tito va venir. Mais si jamais il est pas là dans 10 minutes, faudrait mieux que je les rappelle, hein ? Grrr… Heureusement Tito déboule 2 minutes plus tard dans une grosse jeep au pare-brise tellement fendillé qu’il est obligé de regarder parfois par la fenêtre pour vérifier qui vient en face… Bon, Tito, il croit qu’il a 2 personnes à embarquer alors il passe un coup de fil à l’agence qui lui raconte je sais pas quoi et finalement, on repart direction la plage. C’est que j’ai pas l’intention de le laisser passer 2 fois, moi, ce bateau ! Là, un autre type vient m’annoncer que le bateau va avoir un peu de retard parce que la mer est assez mauvaise et qu’on est donc obligés de longer la côte pour ne pas se prendre d’énormes vagues en pleine face. Et puis aussi, du coup, on ne va pas nous déposer à Montezuma (entre temps, j’ai trouvé d’autres compagnons de transport) mais ailleurs. Où ? J’en sais rien… Bref, on ne s’affole pas, on emballe nos sacs à dos dans de grands sacs poubelles sur les ordres de l’équipage (moyenne d’âge 14 ans et demi…), on grimpe dans le speed boat et en route pour l’autre rive ! En chemin, on croise quelques dauphins qui jouent et sautent dans le sillage du bateau : des fois, je sais pas pourquoi je m’obstine à aller dans des endroits où je suis censée voir des bestioles alors qu’il est bien plus facile d’en voir là où ça n’est pas prévu… Et une bonne heure plus tard, le bateau s’échoue sur une plage. Là, tout le monde descend et on charge les sacs dans un minibus supposé nous conduire à Montezuma. Mais après avoir parlementé quelques minutes avec le chauffeur, il accepte de conduire certains d’entre nous jusqu’à Santa Teresa. Et bah voilà ! C’est pas si mal après tout !

J’arrive donc en début d’après-midi à Santa Teresa. Officiellement, le bout du monde. Dans la vraie vie… ça pourrait bien être le bout du monde. La seule et unique route qui s’étend derrière la plage n’est qu’une piste de terre creusée d’ornières et parsemée d’hôtels et de cabanes pour touristes plus ou moins dissimulés derrière des rangées de palmiers. Quelques vagues restos, 2-3 surf shops… de toute façon, on ne vient pas à Santa Teresa pour l’animation et la vie culturelle… on vient pour la plaaaaage. Oui. La plaaaaage. Parce qu’elle est longue. Très longue. Et que pour les surfeurs émérites (comme moi), on y trouve bon nombre des plus beaux rouleaux du Pacifique. Bon. J’ai pas voulu foutre la honte à tous les Kelly Slater en herbe qui se la jouaient en scrutant l’horizon alors je suis restée tranquille sur ma serviette à me contorsionner et à m’enduire de crème solaire. Parce que l’air de rien, entre 2 pluies diluviennes, le soleil tape. Fort. Même derrière les nuages. La preuve, j’ai pris une jolie teinte écrevisse en à peine 20 minutes. En pleine saison des pluies.

J’ai donc passé le reste de ma semaine à errer de plage en plage le long de la côte. Santa Teresa, Samara, Guiones… le plus compliqué n’étant pas de choisir un point de chute mais plutôt de rallier ces spots soi-disant ultra touristiques puisque les plages de la côte Pacifique du Costa Rica sont censées être parmi les plus belles plages du monde… Et bah je sais pas, je suis peut-être devenue un peu snobinarde (non pas que je ne l’étais pas déjà un petit peu avant mais pas tellement sur le rayon plage) mais moi, ces plages, je les ai pas trouvées si extraordinaires que ça. Je veux dire, Goa, la Thaïlande, l’Australie… c’est très nettement le niveau d’au-dessus !

Alors après avoir fait le plein de sable entre les orteils et avoir laissé 4 de mes 5 culottes à la laverie (oui, une petite erreur à la redistribution du linge… pas vraiment dramatique pour le gars qui était censé s’occuper de mes petites affaires mais clairement catastrophique pour moi !), j’ai décidé qu’il était grand temps de retourner là-haut… dans la montagn-euh ! Direction donc Monteverde.

Photos ici.