Cumulus Panyam 450

Bien sûr j’ai déjà fait du camping. Et bien sûr il m’est déjà arrivé de ne pas fermer un œil de la nuit parce que je me gelais dans ma tente. Pas de tapis de sol, sac de couchage bien trop léger, j’ai fait toutes les erreurs classiques du débutant.

Comme j’ai l’intention de passer près de 6 mois à dormir dans toutes les conditions possibles et imaginables (le PCT passe par le désert sud-californien puis par les sommets de la Sierra Nevada avec des altitudes allant de 43 à 4009m), il a fallu prendre le sujet au sérieux. Je me suis donc lancée dans de grandes recherches. Il me fallait un sac léger, de bonne qualité, avec une température de confort à 0°C (j’ai toujours froid la nuit) et évidemment pas hors de prix. J’ai très vite compris que dans le monde du matériel ultraléger, le moindre gramme de moins se paye cher, très cher. Je regardais les tests faits par les professionnels, les commentaires des PCTers des années précédentes sur leurs choix, je m’étais même fait un petit tableau comparatif. Je trouvais des sacs de couchage qui cochaient toutes les cases sauf celle du prix. Je commençais même à me dire que je ne trouverai rien de bien en dessous de 400 euros. Et puis je suis tombée sur Cumulus, une marque polonaise pas très connue mais avec de très bons retours des utilisateurs. Et avec des prix encore élevés mais beaucoup plus raisonnables que leurs concurrents. Je leur ai écrit, ils m’ont répondu et on s’est mis d’accord : ils m’offraient une réduction sur le prix du Panayam 450 contre un article honnête et objectif sur mon blog. J’ai signé.

Pourquoi le Panyam 450 et pas le Panyam 600 ? Et puis ça veut dire quoi ces chiffres ? Ces chiffres, c’est le nombre de grammes de duvet d’oies polonaises contenu dans le sac.
Des oies polonaises ? Mais pourquoi des oies polonaises ?  Bah je viens de vous dire que Cumulus est une marque polonaise ! Alors ils prennent le duvet des oies de chez eux, ça semble bien normal. Et puis il se trouve que les plus grands élevages d’oies sont en Pologne. La vie est bien faite.
Et pourquoi un sac de couchage en duvet et pas en synthétique ? Le duvet est un isolant deux fois plus efficace que le meilleur isolant synthétique. Il est plus chaud, plus léger et perd son pouvoir gonflant très lentement. Bref, c’est exactement ce qu’il me faut.
Mais est-ce que t’es sûre que toutes les oies, polonaises ou pas, se valent ? Bien sûr que non ! Le pouvoir gonflant du duvet qui est son paramètre de base se mesure en « cuin », en anglais cubic inches. Et chez Cumulus, le duvet qu’ils utilisent à un pouvoir gonflant de 800 cuin (norme européenne). Ce qui est vraiment très bon.
Et donc le Panyam 450 ? Et bah le Panyam 450 contient 450g de duvet pour un poids total de 835g, a une température de confort de 0°C et une température limite de -6°C. Et je me suis dit que ça devrait être suffisant.

Quand le colis est arrivé à la maison mais il était tout petit et tout léger. Et quand il a été ouvert, le sac de couchage a littéralement jailli du carton. Au fond du carton, il y avait aussi 2 sacs : un petit sac de compression en synthétique et un gros sac en maille pour le stockage. Car autant c’est génial de pouvoir ranger son sac de couchage dans un tout petit volume quand on a besoin de le fourrer dans son sac à dos, autant il vaut mieux le stocker pas trop compressé quand on ne l’utilise pas pour que le duvet conserve ses propriétés de gonflant et de chaleur.

Première impression

Le sac de couchage Panyam 450 ressemble à une grosse couette bien gonflée et bien moelleuse. Le tissu intérieur est synthétique donc un peu glissant mais rien de gênant. La longueur du sac est parfaite (je mesure 1m70), j’ai assez de places pour plier un peu les jambes (je dors généralement sur le côté) et le zip s’attrape facilement mais il faut faire attention en le remontant car il a tendance à se coincer facilement dans le boudin qui sert d’isolant afin qu’il n’y ait pas de perte de chaleur justement par le zip. La capuche est large et la collerette se ferme facilement même si on se retrouve avec beaucoup de bouts de ficelle dans les mains. Quand je me suis glissée dans le sac de couchage, j’étais dans ma chambre, sur mon lit. Au bout de 5 minutes, j’avais si chaud que j’ai dû m’extirper de là. J’étais super contente et j’avais hâte de le tester en conditions réelles.

Pendant la rando

Le premier soir au bivouac, on était à 2270m d’altitude et il faisait froid. Très froid. La température pendant la nuit est tombée sous les 5 degrés. Quand je me suis glissée dans mon sac de couchage, j’avais les pieds gelés. Et impossible de m’endormir tant que j’ai les pieds gelés. 10 minutes après avoir posé ma tête sur mon oreiller (ou le tas de vêtement qui me servait d’oreiller), je dormais à poings fermés. J’ai dormi presque d’une traite jusqu’à ce que le réveil me sorte de mon cocon. Je ne portais qu’un t-shirt et un pantalon en coton très léger et je n’avais pas eu besoin de fermer la collerette ou de resserrer la capuche. Autant dire que quand j’ai sorti la tête de ma tente, j’étais de super bonne humeur : ce premier essai était une réussite.

Pendant la semaine suivante, on a bivouaqué dans des conditions assez différentes en terme d’altitude et donc de température. Et je n’ai jamais eu froid, ni aux pieds, ni ailleurs malgré un pyjama très léger. J’ai resserré la capuche une ou deux fois mais la plupart du temps, j’étais vraiment bien et j’ai presqu’eu parfois trop chaud !

Conclusion

Je recommande vraiment fortement le Cumulus Panyam 450 pour le bivouac en moyenne voire haute montagne quand les nuits ne descendent pas en-dessous de -5°C. En deçà, je n’en sais rien, j’ai pas testé.
Il est très léger, hyper facile de le ranger dans son sac de compression et sèche hyper rapidement s’il est légèrement humide à cause de la condensation (respiration ou contact avec la paroi de la tente).
L’équipe Cumulus est extrêmement réactive et la livraison est rapide (4 à 5 jours).

En tout cas moi, je suis ravie de mon achat et je pense avoir fait le bon choix pour mes 6 mois sur le PCT. To be followed…

PCT Training 1 – de Allos à Menton

Parfois, je me lance des défis à la noix. Souvent, les gens me disent que je suis folle. Des fois, je crois qu’ils ont raison… Prenons un exemple.

Moi : « Hey ! Et si j’allais faire une rando de plus de 4000 kilomètres en 5 ou 6 mois, soit une moyenne de presque 30 bornes par jour ? »

Les gens : « Mais ma pauv’fille ! T’es complètement folle ! Pis comment tu vas faire pour t’entraîner ? »

Moi : « Ah ? Faut s’entraîner… ? »

Bref, je me suis dit que bien que la réussite d’un projet dépend à 90% du fait que tu y crois, il ne fallait peut-être pas complètement négliger le côté physique de l’affaire. Evidemment, je trouverai toujours des gens qui ont réussi le PCT sans avoir fait aucun entraînement particulier mais les experts sont tout de même relativement d’accord pour dire que s’entraîner un peu ne fait pas de mal…

Alors je me suis laissée convaincre. Bon. Sauf que pour s’entraîner à courir un marathon, on ne sort pas direct, courir un marathon. On fait de plus petites distances, on fait du fractionné (beurk !), on alterne les sorties courtes, les sorties longues, bref, on fait ça rationnellement, intelligemment, selon un planning bien établi. OK, mais concrètement, c’est quoi le plan pour s’entraîner pour le PCT ? Comment on fait pour s’entraîner à marcher 35 bornes par jour avec plus de 1000 mètres de dénivelé, en particulier quand on n’habite pas à la montagne et qu’avec un peu de chance, on n’a même pas le droit de mettre un pied à l’extérieur ? Bah voilà. En fait, on peut pas vraiment s’entraîner pour ça. Mais j’ai quand même essayé. D’abord parce que mon cerveau m’a dit que rester vautrée dans mon canapé, c’était quand même pas la meilleure idée et ensuite parce que je voulais tester mon matériel. Ou tout du moins une partie de mon matériel.

Cet été donc, comme tous les étés, je suis partie en rando avec les copains. Mais d’habitude, même si on fait pas de la rando de papis, on n’est jamais en autonomie complète à porter les tentes, les sacs de couchage, les réchauds et nos 3 repas par jour. D’habitude, on dort en refuge et on y prend nos dîners et petit-déjs. Ouais, peut-être qu’on fait un peu de la rando de papi en fait. Donc dans nos sacs, d’habitude, il n’y a que quelques fringues, des barres de céréales et les pique-niques de la semaine (et oui, on mange les melons en premier, on n’est pas complètement teubé). Et d’habitude, j’ai déjà parfois tendance à trouver mon sac lourd. Autant dire qu’à l’idée de porter ma tente et tout le reste pour jouer au parfait petit homme perdu dans la montagne, je me demandais si j’avais pas eu les yeux un peu plus gros que le ventre… Il a donc fallu élever le niveau.

D’abord, on a fait une boucle tous ensemble dans le Mercantour au départ d’Allos. On a fini la semaine en apothéose avec une nuit en bivouac au lac de Lignin à 2270m. D’abord, on a monté la tente. 5 minutes chrono ; un vrai succès. Ensuite on a fait chauffé de l’eau pour les nouilles chinoises. Le réchaud a fonctionné à merveille. Pas aussi rapide qu’un réchaud à gaz mais le pare-vent intégré est juste génial. Et puis la nuit a été bien froide mais roulée en boule dans mon Panyam 450, j’étais juste toasted comme on dit. Au petit matin, on a mis un peu de temps à faire sécher le double toit de la tente qui était tout mouillé à cause de la condensation. Mais malgré ça, l’expérience a été plus que réussie.

Du coup, une fois qu’on est redescendu de cette montagne-ci et qu’on a abandonné une partie des copains, on a pris un petit train, fait un peu de stop (toi aussi, fais du stop à 3 avec des gros sacs de rando…) et on est remonté sur cette montagne-là. Cette montagne-là, c’était Isola 2000 et le plan c’était d’aller mettre les pieds dans la Méditerrannée, sur la plage de Menton 8 jours plus tard. Sauf que cette fois, plus question de repas pantagruéliques et de la chaleur des dortoirs de refuge. Cette fois, c’était 8 jours tout seuls dans la montagne loin de la civilisation ou presque. Et ouais, sur le papier, ça me foutait les jetons…

On avait un peu préparé notre coup. J’avais été faire un tour à Auchan où j’avais rempli un caddie de sachets de semoule, de boîtes de thon, de soupes déshydratées, de muesli, de lait en poudre, de pâtes de fruits et de pom’potes. Vous auriez dû voir la tête de la caissière quand j’ai aligné tout ça sur son tapis. Elle a levé un sourcil et m’a jeté un regard perplexe genre : « mais tu vas nourrir un camp de vacances de gamins de moins de 5 ans ou quoi ? ». Ensuite, j’ai jeté tous les cartons, j’ai tout mis dans des sacs congélation (ah le sac congélation… le meilleur ami du randonneur… tu y mets ta bouffe, tes chaussettes sales, ton téléphone… pas tout dans le même sac, hein, évidemment…) et j’ai laissé ça mûrir une semaine dans un coffre de voiture pendant qu’on se promenait dans le Mercantour.

Quand on a quitté Isola 2000 après avoir fait un petit tour par le supermarché pour ajouter quelques produits frais (saucisson, jambon, pâté) à nos menus des prochains jours, j’avais un peu plus de 20kg sur le dos. C’était lourd. Tellement lourd que j’arrivais pas à soulever mon sac toute seule pour me le jeter sur le dos. Là, on était plus sur le papier et ça me foutait toujours les jetons. Mais c’était plus le moment de se poser trop de questions. Et la rando, c’est pas compliqué : tu mets ton pied droit devant ton pied gauche, puis ton pied gauche devant ton pied droit et tu recommences jusqu’à ce que mort s’ensuive… Alors lentement, j’ai soulevé mon pied droit, péniblement j’ai ensuite soulevé le pied gauche et puis j’ai recommencé. Et je suis pas morte. Je peux même dire que cette petite semaine, je l’ai grave kiffée.

Alors oui, on a vite réalisé qu’on aurait pu trouver une meilleure idée que la boîte de thon qui une fois vide prend autant de place que pleine ; oui, la pom’pote c’est lourd, super lourd ; oui, on a pris qu’une douche en 8 jours ; oui, y a un sac de muesli qui a explosé dans un sac et oui, récupérer du flocon de muesli dans un sac, c’est chiant ; oui, on a eu une chance de malade question météo puisqu’on a réussi à squatter un refuge la seule nuit où il y a eu de l’orage et oui, quand on est arrivé sur la plage de Menton, y a une petite fille qui s’est enfui en courant en criant : « Mais Mamaaannnnn, ils puent des pieds les gens !!! »

Et la morale de l’histoire c’est que je ne crois pas du tout que ces deux jolies semaines ont ressemblé de près ou de loin à ce qui m’attend sur le PCT. Mais je sais maintenant comment choisir un spot pour monter la tente, doser l’alcool à mettre dans le réchaud, vivre avec 2 t-shirts et 3 paires de chaussettes et surtout, j’ai plus les jetons. Je sais que je m’adapterai, que je trouverai ma routine et que je vais adorer ça. Et maintenant, j’ai hâte…