Nanjing

Me voici à Nanjing, dans la province du Jiangsu. Mais pourquoi donc Nanjing ? Bordant la côte orientale de la mer de Chine et surnommé depuis l’Antiquité « le pays du poisson et du riz », le Jiangsu s’est d’abord développé grâce aux voies navigables du Yangzi et du Grand Canal. La soie et le sel, extrait du littoral marécageux, participèrent également à sa prospérité. Nanjing, la capitale de la province qui borde le cours inférieur du Yangzi, est presqu’entièrement entourée d’un rempart datant de la dynastie Ming. Riche d’une longue histoire, Nanjing fut à 3 reprises la capitale du pays, au début de la dynastie Ming, de 1368 à 1420, avant que la capitale ne soit une première fois transférée à Beijing, puis dans les premières années du XXème siècle, de  1928 à 1937, sous la République de Chine, où elle fut le théâtre des pires atrocités commises pendant la guerre sino-japonaise, et enfin de 1945 à 1949 avant que les communistes ne s’emparent du pouvoir.

Moi, je croyais que Beijing était la capitale depuis super longtemps mais non, les Chinois, ils arrêtent pas de changer d’avis, ils transfèrent leur capitale n’importe où n’importe quand.

Bref, je suis donc allée voir à quoi ça ressemble une ancienne capitale. Et bien, y a de jolis temples, on peut faire des balades en bateau-mouche sur les canaux, y a des ruines de vieux palais Ming, un très joli parc avec un lac au milieu et bien sûr, le « poignant » mémorial du massacre de Nanjing.

Moi qui portais très haut dans mon cœur les Japonais pour leurs excellentes manières et leur art de vivre délicat… j’ai déchanté ! En 1937, c’était la guerre entre la Chine et le Japon. L’armée chinoise n’était pas au meilleur de sa forme et l’invasion de Nanjing semblait imminente alors l’armée a dit au peuple : « Tous ceux qui ont du sang dans les veines et assez de souffle pour respirer doivent savoir que mieux vaut être brisé comme du jade que rester entier comme une tuile. » (Je me suis toujours demandée pourquoi les chinois et les japonais, fallait toujours qu’ils parlent comme Yoda… Comme pour donner un sens profond à la moindre petite phrase ridicule.) Et pour être sûre que personne n’allait fuir, l’armée a fermé les portes de la ville, piégeant plus d’un demi-million d’habitants. Bien sûr, ça n’a pas tardé, les Japonais ont déboulé et pendant 6 semaines, ils ont massacré 200 à 300 000 personnes avec tous les cruels raffinements qu’ils connaissaient. On estime que pendant les 4 premières semaines, 20 000 femmes entre 11 et 76 ans ont été violées… Pas chouette, les Japonais, pas chouette… Oh ! les Chinois sont pas faciles à abattre, ceux qui ne sont pas morts se sont battus et ont réussi à résister aux Japonais.

Du coup, l’Histoire a baptisé cet épisode le « Massacre de Nanjing » ou plus prosaïquement, le « Viol de Nanjing ». Y a même une Chinoise qui a assisté à ces horreurs qui a écrit un bouquin (Le Viol de Nankin d’Iris Chang) et qui s’est suicidée après… Bref, ce douloureux passé a marqué les Chinois pour un moment.

Alors, j’avais trouvé le musée d’Hiroshima lourd (j’avais versé une larme… mais c’était à cause de la poussière…), mais là… on peut vite se mettre à détester les Japonais ! Des squelettes tout entassés, des photos (mais… quand est-ce que les soldats comprendront que prendre des photos souvenirs des types qu’ils ont flingués, c’est d’un goût franchement douteux ?), des témoignages vidéos larmoyants, bref… la panoplie complète du tire-larmes. Mais, du coup, je comprends un peu mieux pourquoi faut surtout pas confondre un Chinois et un Japonais… (enfin au premier coup d’œil, c’est quand même pas évident…) Cela étant dit, le musée est plein de panneaux du genre « N’oublions pas que notre pays a été envahi et qu’on n’a pas aimé ça, dont acte » et ils ont construit une immeeeeeeense statue représentant la Paix… Mouais, les Chinois, grands défenseurs de la Paix dans le monde… faudrait voir à pas oublier ce qui se passe au Tibet et qu’ils sont en train d’envahir une île qui appartient au Vietnam, mais à part ça, tout va bien !

Et puis sinon, à Nanjing, y a de très jolis arbres qui bordent les avenues, des quartiers piétons bien kitschouilles, de la street food partout, de délicieux restaurants… Bref, c’est vraiment une petite ville sympa.

Et j’adore ma youth hostel parce que les toilettes sont bouchés, y a des cheveux plein la douche, y a pas de fenêtre dans le dortoir, je me suis engueulée avec un type qui fumait dans la chambre y a 2 chats qui ronronnent dans les canapés et qui se laissent gratouiller le menton. Bah oui, c’est comme ça.

Photos ici.

PS : Vous devez vous dire que je passe mon temps à m’empiffrer ici mais faut vraiment que je vous fasse un post complet sur la bouffe… c’est crazy dingo !

Correction : on me dit qu’Iris Chang n’a pas assisté au Massacre de Nanjing (elle est née bien après) et qu’en plus, elle était américaine… J’ai donc rien compris au blabla qui était sous son portrait dans le musée… va falloir réviser mes bases de mandarin…

L’homme qui n’avait pas la conscience tranquille…

Non parce que pour penser avoir besoin de poster devant sa tombe pas loin de 8000 guerriers en terre cuite, autant de chars, de chevaux et de systèmes de défense machiavéliques contre d’éventuels visiteurs, faut quand même avoir quelque chose à se reprocher… Et être particulièrement mégalo.

Mais reprenons. Je suis donc allée à Xi’an (prononcer Chiiiane), dans la province du Shaanxi. Mais pourquoi donc aller là-bas ? Patrie de la dynastie Qin, dont l’empereur guerrier Qin Shi Huang entreprit d’unifier le pays pour la première fois (oui, avant c’était le grand n’importe quoi, tout le monde faisait ce qu’il voulait dans sa province, ce qui n’est pas du tout chinese style), le Shaanxi fut le berceau de la civilisation chinoise. Plus tard, Xi’an devint le point de départ de la route de la Soie et une capitale cosmopolite et affairée bien avant que quiconque n’ait entendu parler de Beijing. La ville et ses environs possèdent donc un fabuleux héritage historique qui a survécu à la Révolution Culturelle. Et l’un des sites, si ce n’est LE site le plus célèbre se situe à quelques kilomètres à l’est de la ville : l’Armée des Soldats de Terre Cuite. Ce qui m’a amenée jusqu’ici.

J’ai donc pu tester le train de nuit chinois. Pas mal. Mieux vaut être sur la couchette du bas où tu peux te tenir assis quand c’est pas l’heure de dormir parce que sur les 2 autres couchettes, ça ne passe pas (sauf si tu es vraiment un très petit Chinois).  Mais c’est plutôt bien organisé et c’est même rigolo. Ils diffusent des tubes de pop songs chinois à donf et de façon interrompue jusqu’à ce qu’ils jugent que c’est l’heure de dormir (soit jusqu’à 22h) et ils te réveillent en fanfare le lendemain matin (à 7h). Comme en Inde, y a une tripotée de vendeurs ambulants qui passent les uns à la suite des autres. Mais là, ça ressemble un peu plus à la Compagnie des Wagons Lits (amis de la SNCF, venez donc faire un stage en Chine, on va vous apprendre à être efficace…), petits uniformes, tabliers blancs et casquettes compris. Comme en Inde, je suis la seule Occidentale du train, et je suis une attraction. Mais c’est plus discret, les gens passent la tête au-dessus de ma couchette pour vérifier si la rumeur est vraie mais ils ne me prennent pas en photo. Et puis, comme ils ne parlent pas anglais, la conversation tourne court. Et ô consternation ! Pas comme en Inde, les trains chinois partent à l’heure mais n’arrivent pas à l’heure… Evidemment, ils font des annonces mais… comment dire… c’est en chinois. Je ne comprends donc rien et je passe de longues minutes à scruter anxieusement les rares panneaux en espérant que je vais pouvoir déchiffrer le nom de la gare. Heureusement, chaque wagon a son hôtesse qui te fait signe quand c’est ton tour de descendre (elle a récupéré ton ticket quand t’es monté dans le train et elle te le rend quand tu descends).

Bref, après 15 heures en sandwich entre un type qui ronfle et une mamie qui tousse, j’ai débarqué à Xi’an. J’ai pris le bus, bondé, avec mes 2 gros sacs sur les épaules ce qui faisait franchement rigoler une petite mamie qui m’a aidée à descendre au bon arrêt parce que là, dans le genre tu peux rien lire et encore moins comprendre les annonces que braille le conducteur, c’était le pompon !! Et je me suis retrouvée dans ma youth hostel, en plein cœur de la ville.

Du coup, j’ai passé la fin de l’après-midi à explorer le quartier musulman, un dédale de petites ruelles archi blindées d’échoppes en tout genre mais surtout plein de street food. Le pa-ra-dis… On croise plein d’hommes portant une calotte blanche et de femmes avec des voiles colorés et quelques mosquées habilement maquillées en temple chinois si ce n’est le croissant de lune sur le toit. Bon, j’ai pas pu tout tester mais autant vous dire qu’à 20h, c’était pas la peine d’aller dîner…

Le lendemain matin, j’ai déposé mon sac à la consigne de la gare et je suis partie me mesurer à la fameuse armée. Alors déjà, faut prendre un bus. Vert. Ça devrait pas être compliqué à repérer. En plus, la fille devant le bus te demande 3 fois si tu vas bien voir la Terracotta Army. Donc t’es plutôt confiant. Jusqu’à ce que le bus s’arrête au milieu de l’autoroute, que la fille se mette à crier des trucs en chinois, que tout le monde descende et que qu’au bout de la vingtième fois où tu lui poses la question, la fille te fasse signe d’attendre au bord de la route… Mouais, mouais, mouais… De toute façon, t’as pas le choix, t’attends. La confiance est descendue à 30%. Là, un autre bus vert arrive, la fille crie un truc au chauffeur et te pousse dans le bus. Le bus repart. Il s’arrête un quart d’heure plus tard, toujours au bord de l’autoroute. Quelques personnes descendent. Là, une fille qui était avec toi dans l’autre bus se retourne subitement et te dit un truc que tu ne comprends pas mais te fait signe de descendre. Au point où t’en es… tu descends. Et tu suis les quelques personnes qui traversent l’autoroute et rentrent dans un truc qui ressemblent à Disneyland mais désert. La confiance est quasi à zéro quand soudain… OUI !! un panneau en anglais qui dit « Terracotta Army –Ticket Office » !! Bon, faut encore marcher presque 10 minutes, acheter ton ticket, remarcher 10 minutes à travers des dizaines de stands de souvenirs pour atteindre l’entrée du site, faire valider ton ticket 2 fois ( ???) et remarcher 5 minutes mais CA Y EST !

Tu commences donc par visionner un petit film qui explique comment le site a été découvert (en 1974, des fermiers du coin creusaient un puits quand ils ont trouvé une tête en terre cuite, puis une autre, puis un bras, …), dans quel état (tout cassé), et comment les soldats ont été fabriqués et mis là (en terre cuite à taille réelle puis peints et disposés devant le tombeau du fameux Qin Shi Huang prêts à attaquer). Et enfin, dans un immense hangar pas du tout chauffé, tu te retrouves face aux 2000 premiers soldats. Ca fait déjà pas mal. Ils sont rangés dans des couloirs, par rangée de 4 à peu près, avec quelques chevaux à droite à gauche (y avaient des chariots mais ils étaient en bois et ils n’ont pas résisté au temps). Le truc le plus surprenant, c’est qu’ils sont tous différents. Chaque visage, chaque moustache, chaque tenue, chaque lacet de chaussures est différent. Ce qui veut dire qu’ils n’étaient pas fabriqués à la chaine mais un par un. Ca a dû leur prendre un temps de dingue…

Et puis derrière les 2000 premiers soldats, tu vois un gigantesque tas de soldats en morceaux. Un puzzle géant. Et des endroits où les fouilles n’ont même pas encore commencé. Et au milieu de tout ça, y a des gens qui essayent de retrouver et de recoller les morceaux. Ces gens supposent donc qu’il y a à peu près 6000 soldats dans ce hangar. Et pas un seul qui soit entier. Bref, si vous cherchez du boulot, ici, y a de quoi faire…

Il y a 2 autres hangars qui abritent 2 autres fosses d’excavation mais plus petites. L’une d’entre elles ne contient que 68 soldats qui seraient des généraux et autres colonels et qui constitueraient l’état-major de l’armée car ils ne sont pas en position de combat et ils sont face à face comme si ils étaient en train de discuter de la meilleure tactique à mettre en place. Dans ces 2 fosses aussi, il y a plein de morceaux cassés.

Quand tu t’es rassasié de terre cuite, tu refais le chemin dans l’autre sens (shopping souvenirs inclus), et tu te postes sur le bord de l’autoroute en espérant qu’un bus vert passe dans le coin. Et effectivement, un bus s’arrête. Bon, il est pas vert. Mais la fille t’assure qu’il va à la train station (niveau de confiance 60%). Il met 2 fois plus de temps que le bus vert et il s’arrête n’importe où (en fait, dès que quelqu’un lève le bras le long de la route) mais finalement, il arrive bien à destination.

Ce qui m’a laissé juste assez de temps pour filer dans le quartier musulman manger une Biang Biang Mian (une grosse nouille fraîche de 3 mètres de long dans un bouillon épicé… dé-li-cieux), faire des courses pour mon dîner et me réinstaller dans le train pour une autre nuit, direction Nanjing et la province du Jiangsu.

Moralité… Eh oh les Chinois ! Ça vous tuerait de baragouiner 3 mots d’anglais ? Non mais sans blague… Vous comptez survivre comment au XXIIème siècle ? Parce que, certes, vous allez être 2 milliards à parler le chinois, mais vous ne pourrez pas communiquer avec le reste du monde ! Mais bon, au moins, vous savez vraiment faire la cuisine, c’est déjà ça et ça met tout le monde d’accord…

Photos ici.

Pékin Express

Non, je ne fais pas de pub… mais mon inscription devient de plus en plus légitime et que je rappelle à certains d’entre vous que vous m’aviez promis qu’on s’inscrirait ensemble… J’attends… Mais bref ! En attendant, puisque je ne peux compter que sur moi-même, j’ai exploré Pékin en 4 jours.

J’ai donc couru aux 4 coins de la ville pour voir, dans l’ordre, la place Tien An Men, la Cité Interdite, le Lama Temple, la Tour des Tambours, le Palais d’Eté et le Temple du Ciel. Et traîner dans tout un tas de quartiers sympathiques.

Bon, le truc avec les sites touristiques à Pékin, c’est qu’ils n’ont visiblement pas besoin des touristes étrangers pour rentabiliser leurs affaires. Alors pour les explications en anglais, tu repasseras… Et même pour les audioguides, les Indiens étaient nettement meilleurs. Ici, ils font fonctionner ça au wifi. L’idée est bonne. Genre,  tu passes devant un bâtiment, le commentaire se déclenche. Le problème c’est que si tu te déplaces et que tu rentres dans la zone wifi du commentaire suivant, le premier s’arrête, le deuxième démarre et des fois, au bout de quelques secondes, le premier redémarre mais tu ne peux rien contrôler donc tu te tapes 3 ou 4 fois le même commentaire qui te donne monstre d’infos sur les dimensions de tout ce qui existe aux alentours mais pour les anecdotes historiques, niet ! Bref, ça m’a vite agacé…

Et puis, ici, je ne peux pas traîner discrètement derrière une visite guidée en glanant des infos à droite à gauche : ils sont tous chinois les guides… Parce que vous n’imaginez pas le nombre de Chinois qui sont en vacances au beau milieu de la semaine ! Impressionnant !

Mais bon, j’ai quand même compris que plus y a d’animaux sur le toit de la bicoque, plus le type qui habite dedans est important et qu’ils donnaient des noms à leurs palais tous plus alambiqués les uns que les autres (la Salle de la Paix Céleste, la Salle de l’Harmonie Terrestre, la Salle de la Nourriture de l’Esprit, la Salle de la Longévité et de la Bienveillance, etc…) mais que quand l’empereur changeait, il avait le droit de changer tous les noms (mais… pourquoi ???). Et que chaque empereur faisait construire 1 ou 2  ou 10 bâtiments supplémentaires dans l’enceinte du palais et que ça a fini par faire tout plein de bâtiments collés les uns ou autres avec un labyrinthe de couloirs de plus en plus étroits dans lesquels les intrigues de cour et les trucs pas très jolis devaient aller bon train.

Cela étant dit, c’étaient pas des enfants de cœur les empereurs chinois. Ils s’entretuaient avec leurs frères et sœurs pour arriver au pouvoir et se faisaient généralement assassiner par leurs ministres qui prenaient alors le pouvoir et créaient une nouvelle dynastie. Bref, c’est assez compliqué à suivre…

Oh, j’allais oublier. Je ne suis pas allée voir le petit Mao, congelé-momifié dans son cercueil de verre dans son mausolée. C’est pas que je ne voulais pas. C’est qu’il y avait près de 2 heures de queue tout ça pour l’apercevoir 30 secondes et en plus, t’as même pas le droit de faire de photos. Alors hein, bon. Faut pas pousser.

Comme avec tout ça, j’étais affamée, j’ai testé tous les stands de rue que j’ai trouvés : des brochettes de viande, des brochettes de fruits, des brochettes de scorpions (noooon… je rigole, j’en ai pas mangé ! Mais y en avait plein ! Empalés encore vivants sur les brochettes… Et des araignées ! Et des cigales ! Et des gros mille pattes juteux ! Mmmh…), des nouilles, des soupes, des beignets, des trucs aux couleurs improbables… Des gens qui passent autant de temps à manger et ont inventé des trucs aussi variés sont forcément fondamentalement mes amis. J’ai aussi été à un cours de cuisine de Imperial Dishes (je vous promets un buffet gargantuesque au prochain AL’s barbeuk, vous serez pas déçus !). L’indian food, c’était cool. Mais la chinese food, c’est carrément dément. C’est trooooop bon. Bon, il est possible que dans 15 jours, je me mette à rêver de tandoor chicken mais en attendant, je m’en mets plein les yeux et le ventre. Et oui, bien sûr, j’ai mangé du vrai canard laqué pékinois. Celui qui cuit pendant 8 jours et dont on sépare la peau de la chair et qu’on arrose régulièrement avec le jus de cuisson jusqu’à ce qu’elle devienne très croustillante. Et pour ceux qui ne sauraient pas, le canard est découpé en très fines lamelles qu’on roule dans une petite crêpe accompagné de condiments genre ananas, concombre, melon, salade verte, radis, … (t’inquiète, la serveuse te montre comment faut faire quand elle voit que tu ne sais pas à quoi sert tout ce qu’il y a sur la table et que tu restes à contempler tes assiettes avec tes baguettes en l’air…) Et sinon, t’as déjà essayé de rouler une crêpe avec des baguettes ? Mouais… c’est bien ce que je pensais…

Mais bien sûr, la question que tout le monde se pose (n’est-ce pas ?) c’est « Bah… et la Grande Muraille ? »

Bah évidemment que je suis allée sur la Grande Muraille !! Je me suis levée de bon matin, j’ai enfilé toute ma valise et en avant ! Je me suis tapée 3 heures de route pour aller jusqu’à Jinshanling (ne me demandez pas où c’est…) puis j’ai gambadé sur la muraille pendant 3 bonnes heures et je me suis refait 3 heures de route pour rentrer à Pékin

Alors oui, c’est merveilleux, c’est très impressionnant ce long serpent de pierre qui serpente (sans dec) dans les collines et même si certaines parties ont été restaurées façon Disneyland pour que ce soit plus facile pour les touristes de se prendre pour des guerriers Ming (aucun effort pour intégrer les parties restaurées au reste, tu vois bien que tout est neuf et ça brille à peine moins que le château de Cendrillon), ça vaut vraiment le coup. Et puis c’était vraiment trop joli avec la neige qui brillait au soleil (quand je vous dis qu’il fait froid…) et les petits piafs qui couraient dessus…

Et donc je suis fière de vous annoncer que je suis désormais un vrai homme… Parce que c’est Mao qui l’a dit : « Qui n’a pas gravi la Grande Muraille n’est pas un vrai homme… » Et sans blague, c’est pas pour les feignasses la grimpette de la Grande Muraille. Parce qu’une fois passée la partie restaurée, ce qu’on ne dit pas sur la Grande Muraille, c’est qu’elle est parfois en sale état. Et que des fois, il manque 1, 2 ou 3 marches, que les pentes sont parfois à près de 30° et que je vois pas comment ils imaginaient défendre la Chine dans des escaliers larges de 50 cm… Mais bon, peut-être qu’il y a 600 ans, les Chinois, ils étaient vraiment tout petits et ils passaient dans des couloirs de 50 cm… Cela étant dit, ça n’a pas été efficace, tout le monde a franchi cette satanée muraille : les Mongols, les Mandchous et bien d’autres. Même moi !

Alors ça y est, Pékin, c’est déjà fini. Maintenant, en route pour Xi’an (oui, bon, bah vous regardez sur Google Map si vous savez pas où c’est). Je vais découvrir les trains de nuit chinois et j’espère juste qu’ils tiennent la route parce que pour aller à Xi’an, il faut 15 heures… Finalement, l’Inde, c’était vraiment de la tarte !

Photos ici.

Premières impressions à Pékin…

D’abord, c’est complètement dingue, à Pékin, tu peux marcher sans regarder où tu mets les pieds, tu ne risques pas de tomber dans une bouse ou un tas de cendres encore fumantes.

A Pékin, quand tu traverses la rue, faut vraiment regarder des 2 côtés. Parce que personne ne va klaxonner et en plus, beaucoup de 2 roues sont électriques et ne font pas de bruit. Du coup, c’est fou, on entend les gens se parler dans la rue.

A Pékin, tu es obligé de mettre une écharpe, un bonnet et des gants : il fait 7°C au meilleur de la journée (mais je pense à une conspiration parce qu’honnêtement, j’ai l’impression qu’il fait -20°C).

A Pékin, les filles ont des vraies chaussures. Je veux dire, des trucs avec des talons, des bouts pointus et souvent parfois des trucs qui brillent dessus. Pas des tongs en plastique sans âge. Des trucs comme j’ai dû abandonner dans mon placard… (soupir…)

A Pékin, les mecs ont des sacs à main. Pas tous, mais beaucoup. Et souvent, une coupe de cheveux improbable (cela étant dit, les filles aussi). Et pas de petit pull en mohair sans manche qui pique les yeux à l’horizon. Nope.

A Pékin, les gens chantent de l’opéra dans les parcs. Comme ça. Pour se faire plaisir. Et c’est très beau.

A Pékin, les amoureux s’embrassent dans la rue. Comme ça. Même sur la place Tien An Men. Et personne ne les regarde comme si c’était bizarre. A part moi peut-être. Je suis déshabituée.

A Pékin, les dames mettent des petits chaussons à leurs caniches pour qu’ils aient pas froid aux pattes en sortant du métro. Elles leur filent pas des coups de pieds pour qu’ils aillent quémander à manger plus loin.

A Pékin, les squares sont plein de gens qui font du tai-chi. Ça leur donne un petit air gracieux, on dirait qu’ils vont s’envoler.

A Pékin, les gens ne te dévisagent pas, ne te demandent pas de photo, ne te demandent pas si tu veux un tuk-tuk, un guide, un mini Taj Mahal en plastique. A Pékin, les gens, ils s’en foutent que tu sois un touriste dans leur ville.

A Pékin, le soir dans les squares, les gens dansent la valse au son d’un vieux poste qui grésille. J’en suis restée comme 2 ronds de flan. Ca a failli me tirer une larme (mais je suis une princesse, je ne pleure jamais).

A Pékin, les Chinois mangent des barbes à papa. Et rien que ça, ça me les a déjà rendu extraordinairement sympathiques.

A Pékin, les Chinois mangent de la pizza en cornet, des boulettes multicolores fourrées à n’importe quoi et des brochettes de nèfles et de fraises enrobées dans du sucre. Et c’est trop bon.

Bref, à Pékin, y a comme une certaine douceur de vivre et moi, j’aime bien.

Photos ici.

Nihao Baby !!

Après 70 jours chez les Indiens, changement de décor et d’ambiance et je pose donc les pieds en République Populaire de Chine. Tadaaaaa !!

En 4 mois, j’aurais donc vu presque la moitié de l’humanité (ce qui fait un paquet de noms à retenir mais une bonne moitié d’Indiens avaient la bonne idée de s’appeler Kumar ou Sri et chez les Chinois c’est Li ou Tang, ça facilite les choses…).

Dès la descente de l’avion, pas moyen de confondre : plus personne ne parle anglais, y a pas de vache devant l’aéroport et… ah si… ils crachent ! Pfiou ! J’ai eu peur ! Perdre tous mes repères en même temps, ça aurait été traumatisant…  En fait, ça a plutôt commencé dans l’avion avec les plateaux repas…

2 ou 3 trucs à savoir sur la Chine :

  • C’est le pays le plus peuplé au monde : 1,34 milliard d’habitants avec des densités au km² fort variables entre les grandes villes à l’Est et le middle of nowhere à l’Ouest. En même temps, y a des gens qui habitent en Chine depuis -4 000 avant JC…
  • C’est en Chine que se trouve le Mont Everest, le toit du monde, qui culmine à 8 848m.
  • Tous les Chinois ne se ressemblent pas (même si on pourrait avoir tendance à le croire). La population est constituée d’une multitude d’ethnies : 90% de Han (d’où une certaine homogénéité tout de même) et viennent ensuite dans l’ordre, les Zhuang, les Mandchous, les Miao, les Ouïgours, les Tujia, les Tibétains, les Hui, les Mongols, les Buyi, les Dong, les Yao, les Coréens, les Bai, les Hani, les Li, les Kazakhs et les Dai. Et tout ce petit monde entretient des relations plus ou moins hiérarchiques relativement complexes qui aboutissent régulièrement à des heurts violents réprimés violemment par l’armée.
  • Non, les Chinois ne mangent pas de nems (ce sont les Vietnamiens) et ne mangent pas de chiens non plus (ils préfèrent les chats… je rigole, rhôlala…).

Petit récap de l’histoire moderne pour mieux comprendre la Chine d’aujourd’hui : au XXème siècle, la Chine n’a pas eu une vie facile. Le communisme a fait son apparition dans les années 20 mais à l’époque, c’était pas très bien vu (comme quoi, y a que les imbéciles qui changent  pas d’avis…). Y avait même des campagnes anti-communistes. Un peu avant la 2ème guerre mondiale,  suite à l’attaque du Japon qui n’a vraiment pas été très très gentil (mais on aura le temps d’en reparler plus tard), le gouvernement des « bourgeois » n’a pas vraiment eu le choix et a dû s’allier avec les communistes et un certain Mao. Comme c’est un malin, en 1949, le Mao, il accède au pouvoir après la fin de la guerre civile qui opposait les communistes et les autres (pour simplifier). Et là, c’est le début du grand n’importe quoi. Mao était un poète alors il baptisait ses campagnes avec des noms comme « la Campagne des 100 Fleurs » (qui était censée laisser les intellectuels et les artistes exprimer leurs critiques du pouvoir… mouais, mais en fait, Mao, il aime pas la critique), « le Grand Bond en avant » (qui était censé permettre à l’économie chinoise de rattraper le niveau de celle des pays industrialisés… mouais, ça a causé 30 millions de morts à cause d’une gigantesque famine) ou la plus célèbre « Révolution Culturelle » (qui était censé purger les milieux artistiques et intellectuels des dissidents « capitalistes ».. mouais, mais en fait ça a surtout permis à Mao de passer en revue des milliers de gardes rouges, des étudiants extirpés de leurs études, à qui on lavait le cerveau à grande eau et à coup de Petit Livre Rouge et qui cassaient la gueule de quiconque était vaguement soupçonné de critiquer le Grand Timonier) . En vérité, le père Mao, il changeait d’avis comme de chemise (ce qui voudrait dire que ce n’est vraiment pas un imbécile…) et comme il aimait pas vraiment qu’on le contredise, il a fait emprisonner un paquet de gens sous prétexte de les « rééduquer » (c’est comme ça qu’on dit quand on fait du lavage de cerveau à grande échelle) et en a terrorisé un autre paquet. Il finit par mourir en  1976 à l’âge de 83 ans (ce qui est pourtant un chiffre porte-bonheur… comprends pas). Son successeur suit alors l’opinion publique qui a enfin réussi à se faire entendre (enfin c’est juste qu’on leur a pas cassé la gueule quand ils ont ouvert la bouche) et fait emprisonner les potes de Mao en les déclarant responsables des « erreurs » de la Révolution Culturelle. Mais bon, c’est pas encore complètement la fête non plus et en 1989, un mouvement protestataire pacifique se finit en bain de sang sur la place Tien An Men (oui, celle de la photo de l’étudiant face au char). Mais là, l’opinion publique, elle est vraiment pas contente. Alors les communistes, ils sont bien obligés de lâcher du lest et de s’ouvrir un peu au monde. Ils misent tout sur le développement scientifique et les nouvelles technologies et envoient des milliers de jeunes étudier à l’étranger pour qu’ils rapportent leurs connaissances à l’intérieur du pays. Et aujourd’hui, la Chine est en passe de devenir la 1ère puissance mondiale avec des disparités énormes au sein de la population, un prisonnier politique qui est Prix Nobel de la Paix, un président qui est élu selon un processus que personne ne connait, un seul parti politique et pas d’opposition (remarque, ça évite de se couvrir de ridicule et de montrer au monde entier qu’on ne sait pas compter des bulletins de vote…) et un réseau Internet qui prétend que Google n’existe pas. Mais… la Chine change, et les jeunes générations (qui n’ont pas été traumatisées par l’idéologie communiste) font progressivement basculer le pays vers un peu plus de libéralisme même si exprimer franchement son opinion sur la liberté d’expression ou le Tibet reste un peu compliqué et même si les femmes n’osent toujours pas fumer en public.

Voilà ! On est prêt, on peut sortir de l’aéroport et tenter de conquérir le monde, Minus !! rencontrer ces extraterrestres que sont les Chinois.

前进!

PS : Hihihihi !! A l’heure de la globalisation de l’internet mondial, la censure chinoise, elle fait pas le poids face moi et mon ordinateur qui s’est fait reformaté par un indian computer doctor ! Mais ça, c’est une autre histoire…

Interruption momentanée de votre programme

Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous allons être dans l’obligation d’interrompre momentanément votre programme préféré car votre serviteuse va entrer en Chine… et qui dit Chine, dit… ah, ah, CENSURE !!!

Ce blog étant éminemment polémique, je ne pourrai y avoir accès au cours des 5 prochaines semaines (sauf si j’arrive me transformer en super geek qui nargue le grand ministère de la censure, niark, niark, niark !).

Je suis donc au regret de vous donner congé pendant ce temps. Mais rassurez-vous, je continuerai à écrire et je publierai tout d’un coup dès que j’aurai repassé la frontière !! Ça vous fera probablement pas loin de 15 heures de lecture… ne me remerciez pas…

See U les margoulins et souhaitez moi bonne chance au pays du canard laqué ! Nihao !

PS : Je suis une super geek… je suis en train de vaincre les chinois… niark, niark, niark ! Mais ne crions pas victoire trop vite…

Se frotter à l’administration chinoise en Inde ou… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

C’est vrai, après tout, pourquoi ?

J’aurais pu faire une demande de visa pour la Chine à Paris, où j’aurais eu accès à une photocopieuse, une imprimante, des fonctionnaires mal lunés mais qui parlent français, et trois fois moins de paperasse à remplir. Mais franchement, est-ce que ça aurait été rigolo ? Non.

Alors que là, j’ai dû entrer en contact avec l’ambassadeur de France en Inde, l’ambassadeur de Chine en Inde, trouver un endroit pour faire photocopier mon passeport sous toutes ses coutures mais en un seul exemplaire (oui, parce que si j’en avais voulu 100, ça aurait été un jeu d’enfant, mais pour une seule photocopie… faut chercher), me faire envoyer des attestations d’assurance en-anglais-s’il-vous-plaît, passer quelques heures sur internet et traverser tout Delhi pas moins de 4 fois. Bien plus amusant, tout ça !

Bon alors, pour commencer, j’avais un gros problème : je ne pouvais pas prouver que j’allais bien sortir de Chine à un moment donné. Mon vol suivant partait de Singapour et le billet de train pour le Vietnam n’était pas réservable depuis l’étranger ni par une tierce personne (merci HC pour avoir tenté le coup !). J’ai donc contacté l’ambassade de Chine en Inde en expliquant mon problème. Ils m’ont répondu en m’envoyant la liste des documents à produire pour la demande de visa et en me disant qu’ils comprenaient bien ma situation, que je devais expliquer tout ça dans la lettre de motivation que je devais rédiger à l’attention de l’ambassade et qu’au final, l’ambassadeur déciderait si oui ou non il m’accorderait le visa. Bref, je n’étais pas plus avancée. Si ce n’est qu’ils ont rajouté une petite ligne : pour les personnes demandant un visa depuis un territoire tiers (autrement dit, depuis un autre pays que leur pays de résidence… et devinez qui est dans ce cas ?), il fallait un courrier de ma propre ambassade expliquant ce qu’on faisait là et pourquoi on faisait la demande depuis un autre pays. Ni une, ni deux, j’ai contacté l’ambassade de France en Inde. Qui a commencé par me répondre qu’ils n’avaient jamais fait de courrier de ce type et qu’ils ne souhaitaient pas créer un précédent et que de toute façon, puisque j’étais résidente en Inde ( ???), je n’avais pas besoin de ce document. Après avoir dissipé le léger malentendu sur le motif de ma présence en Inde (hé ho ! je vis pas ici moi ! je vi-si-te !!),  ils ont finalement accepté de me faire ce fameux courrier que je devais passer chercher à l’ambassade (bah ouais, ils filent quand même pas des courriers racontant n’importe quoi à n’importe qui n’importe comment…). Sauf qu’évidemment, s’est posé un petit problème de timing : je comptais déposer ma demande de visa le 1er novembre à mon arrivée à Delhi. Mais mon ami de l’ambassade est un petit rigolo, il a posé des congés et n’est pas là avant lundi prochain. Ce qui faisait que je ne peux récupérer ce f***ing courrier qu’à partir du 5 ! Ce qui aurait potentiellement retardé le dépôt de mon dossier chez les Chinois d’autant et m’aurait obligé donc à rester à Delhi à pester contre l’administration…

Mais heureusement, l’histoire s’est déroulée tout autrement…

Après avoir rempli 2 formulaires (au stylo bic noir et en lettres majuscules s’il vous plaît !), fait des tas de photocopies de tout un tas de trucs différents, fais des tas de réservations d’hôtels que j’ai annulées dans la foulée et rédigé une très jolie lettre de motivation manuscrite, j’ai pris le métro, plein d’optimisme, direction Patel Chowk et le Chinese Visa Application Service Center (on l’appellera le CVASC, c’est son nom officiel, pour la suite de l’histoire). Le CVASC, donc, est censé se trouver au 2ème étage d’un building appelé Le Méridien (c’est un hôtel). En arrivant, je me fais refouler par le vigile concierge à l’entrée qui me dit que oui, oui, c’est bien là mais merci de passer par l’entrée de service parce que là, c’est pour les gens importants avec de belles voitures et pas pour les filles qui se sont pas brossées les cheveux le matin. Bref, je fais le tour de l’immeuble et là, je trouve un autre type qui fait la sécurité (très gentil celui-là) à qui je demande si c’est bien là, le CVASC ! Et il me fait un grand sourire en me sortant un papier qui dit… « Désolé, mais on a déménagé il y a 3 jours ! Notre nouvelle adresse c’est D-2, Satek District. A+ ! »

Je vous expliquerai plus tard comment fonctionnent les adresses à Delhi, ce n’est pas le sujet du jour et pourtant c’est infiniment intéressant… Donc reprenons. Toujours pleine de bonnes résolutions, je lève le bras en gesticulant au milieu de la rue hèle un rickshaw avec distinction et je lui donne la nouvelle adresse : D-2, Satek District. Là, il commence à chouiner négocier en m’expliquant que c’est à 25kms, qu’il va jamais trouver de client pour revenir et que donc, ça va me coûter un bras. Mouais… je commence à connaître la chanson… mais étant donné que je n’ai aucune idée de l’endroit où est Satek District et encore moins D-2… je grimpe dans le rickshaw. Et effectivement, c’est loin… En fait, je retraverse toute la ville dans l’autre sens pour finir par m’apercevoir que Satek District, c’est à 3kms de GK1 et que j’aurais pu y aller directement depuis la maison si j’avais vérifié l’adresse sur le site internet du CVASC !

Sauf que… arrivée là, je m’aperçois que j’ai oublié de coller une photo sur mon formulaire… Heureusement, les Chinois ont pensé à tout et ils me tirent le portrait vite fait bien fait. Résultat : les pires photos d’identité que j’ai jamais faites… Mais bon, tout ce que je veux c’est déposer ma demande donc, je ferme les yeux et je colle une de ces horreurs sur mon formulaire.

Je me présente ensuite au guichet. Un fonctionnaire indien (étrangement, y a aucun Chinois dans ce bureau…) commence à regarder mes papiers… La pression monte… Et là, c’est le drame : un de mes formulaires est en français ! Mais heureusement, il a un exemplaire en anglais sous le coude que je remplis illico presto. Puis il me fait signe qu’il va sortir de son guichet pour venir me parler directement… ooooh non ! qu’est-ce qui ne va pas encore ?

Bon, bah, c’est très bien ma p’tite dame mais la lettre de motivation, il nous la faut tapée à l’ordinateur et pas manuscrite et puis surtout… il vous manque la lettre de votre ambassade… J’essaye de jouer la blonde (Ah bon ? Une lettre de l’ambassade ? Mais pour quoi faire ? Non, ce n’est pas marqué sur votre site internet…) mais ça ne marche pas ! Il me fait un grand sourire et il me dit : « C’est pas grave ! Allez à l’ambassade et revenez demain ! » Aaaaargh ! Si, c’est grave ! Je viens de perdre une journée !

Bon, je me dis que je tente le coup quand même et je fonce à l’ambassade de France (… à l’autre bout de la ville, bien sûr, quoisiment à côté du Méridien…). Bien sûr, il est 14h, et la pause déjeuner dure jusqu’à… 15h !!!! Je poireaute donc, assise dans l’herbe devant la grille en compagnie d’un groupe de moines du Ladakh (Julley !!) qui reviennent de Grenoble (???) et on rigole en comparant nos points de vue sur nos 2 pays (ils en reviennent pas qu’on utilise des machines pour laver la vaisselle…) et Grenoble est si propre et si calme…

Bref, je finis par me retrouver dans la salle d’attente du service consulaire et là, devinez qui vient presque m’enguirlander de pas avoir prévenu que je passais ? Mon ami que j’avais eu par mail et qui était censé être en congé ! Oui parce qu’en fait, aujourd’hui, y a tournois de pétanque inter-services à l’ambassade (l’administration française… ça fait pas rêver ?) et du coup, il est venu quand même et j’ai bien de la chance qu’il soit passé par son bureau et bon, ben, puisque je suis là, il va me le faire ce courrier !!

Et comme en fait, c’est un gars sympa, il m’indique même qu’au fond du hall, bien cachée, y a une boulangerie qui vend des baguettes…

Et je repars donc de l’ambassade toute guillerette avec mon courrier tout bien tamponné et ma baguette sous le bras. Je suis tellement contente que j’en offre même un bout au rickshaw driver qui me ramène jusqu’au métro !

Le lendemain matin, avec mes tout nouveaux courriers et pleine d’assurance, je me repointe donc au CVASC. Et là… le même type qui m’a expliqué la veille que j’ai très bien fait de demander un visa double entrée puisque je compte passer par Hong-Kong (ce qui est considéré par les autorités chinoises comme une sortie du territoire… va comprendre !), m’explique alors que comme j’ai actuellement un statut de touriste en Inde, je ne peux pas postuler pour un visa double entrée mais seulement simple entrée et valable 1 mois… Je souris… Je ne dis rien, je souris… Et intérieurement, je fulmine… Mais extérieurement, je souris… JE L’AVAIS DÉJÀ HIER LE STATUT DE TOURISTE, TÊTE DE *** !!!

Mais mon dossier est déposé, je récupérerai mon passeport dans 5 jours et je vais pouvoir aller m’entraîner chez les moines Shaolin pour botter les fesses des fonctionnaires du monde entier !

Oh, j’oubliais ! Maintenant que je sais que je vais récupérer mon passeport le 7 novembre (qui est définitivement une date qui compte), j’ai voulu réserver mon billet de train pour aller à Varanasi. Bien sûr, tous les trains sont complets. Heureusement, il reste des places en quota touriste (ouais, là aussi, encore une bizarrerie indienne mais c’est vraiment très long à expliquer). Mais devinez quoi ? Bah… pour réserver un billet en quota touriste… FAUT MONTRER SON PASSEPORT AU GUICHET DES RÉSERVATIONS !! Mouahahahahaha…

PS : Désolée pour mes lecteurs fonctionnaires, mais là, trop… c’est trop !