Kovalam

Que Shiva, Vishnu et tous les autres bénissent l’inventeur de la clim… Contrairement à celui du crépi, celui-là a dû avoir le choix : mourir de chaud ou sauver ma peau l’humanité…

C’est donc fraîche (25°C… quel bonheur…) et dispose que je me réveille ce matin. Après un South Indian Breakfast (Poori masala et non masala pourri, ça change tout et chai tea), on pique une tête dans la piscine de l’hôtel dont l’eau est presque rafraichissante mais surtout curieusement huileuse (peut-être est-ce pour ça qu’ils ont mis un panneau nous indiquant d’éviter de mettre de la crème, y en a déjà dedans !).

On essaye ensuite d’aller se baigner dans la mer, la vraie. Mais la plage de Kovalam est furieusement déserte, les Indiens osent à peine mettre les pieds dans l’eau et pour cause : les vagues qui cassent à 20 mètres de la plage font plus de 2 mètres de haut et les courants sont particulièrement forts ! Les seuls à sauter dans les vagues sont les touristes occidentaux, prêts à tout pour voir se lancer à l’eau l’équipe de maîtres-nageurs en uniforme qui leur font signe depuis la plage.

Au programme du jour, un rendez-vous avec M., un ancien collègue indien de F., qui a fait construire un hôtel dans le coin et qui nous invite à y passer la nuit. Après le déjeuner, on part donc à la recherche d’un rickshaw pour nous emmener au point de rendez-vous. On négocie âprement notre course et le rickshaw nous dépose devant l’entrée du Taj Hotel, un palace sur-gardé avec régiment d’Indiens en uniforme qui inspecte même au miroir les dessous des voitures qui entrent…  Mais rassurez-vous, ce n’est pas là qu’on va, tout suants, poisseux et dégoulinants que nous sommes…

M.nous rappelle, nous demande de passer le téléphone au chauffeur de rickshaw qui nous surveille du coin de l’œil depuis 20 minutes et lui fournit les explications pour nous amener jusqu’à lui. On se retrouve donc chez M., au Golden Turtles Resort, fort charmant, à l’entrée des backwaters, avec des chambres immenses, un peu à l’écart de Kovalam mais tout à fait à notre goût !

Après avoir discuté une bonne partie de l’après-midi avec M., nous partons faire un tour dans le backwaters en face de l’hôtel. La langue de terre est partiellement aménagée mais surtout doucement mais sûrement grignotée par les hôtels de Kovalam qui y installent leurs terrasses. Le cadre est particulièrement joli : les vagues viennent se fracasser au pied de la digue de pierres et les palmiers se penchent vers la mer à perte de vue, une vraie carte postale !

On assistera d’ailleurs au coucher du soleil sur ce paysage : ma-gni-fi-que !

Comme je vous rappelle que nous sommes en lune de miel, nous nous offrons quelques plaisirs dignes de ce nom. Nous allons donc dîner dans le restaurant sea side du palace que nous avions vu un peu plus tôt. Au menu, fruits de mer, vin indien et surtout… gâteau au chocolat avec double sauce chocolat !!

En rentrant, une petite énoooooorme surprise m’attend dans ma chambre. Après avoir fait ma lessive quotidienne et cherchant un moyen quelconque d’accrocher mes vêtements pour les faire sécher, je lève innocemment le nez au plafond… AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! UNE ARAIGNEE !! NOIRE, ENORME (au moins 5 cm, pattes incluses), ET QUI SE DEPLACE !! Là, je prends mon courage à 2 mains et… je fuis !! Je pars chercher le manager de l’hôtel qui se mord les joues pour ne pas rigoler quand il comprend quel est mon problème… Il a carrément du mal à se retenir quand on retourne dans ma chambre accompagnés d’un 3ème complice et que… l’araignée a disparu ! Histoire de me montrer qu’ici, on sait s’occuper du client, ils vont déplacer tous les meubles de la chambre, grimper sur les fauteuils pour regarder sur les étagères, bref… me coller la honte ! Je finis par les remercier de s’être déplacés pour rien à 23h mais en fermant la porte, je garde avec moi le balai qu’ils avaient apporté pour déloger la coupable. Les 2 gars se tordent de rire en sortant et me disent qu’ils sont juste à côté, que je n’ai qu’à les appeler si besoin…

C’en est fini ! Je ne peux plus dormir… Je sais qu’elle est là, quelque part, en train de rigoler elle aussi… Quelqu’un m’a dit que j’exagérais peut-être un « chouïa » avec les araignées…

Photos ici.

Premiers pas en Inde

Après une bonne nuit entrecoupée par les coupures d’électricité, je me réveille sous une bonne douche froide (de toute façon, l’hôtel n’a pas d’eau chaude…).

Malgré l’heure tardive (midi), nous partons en quête d’un petit déjeuner. Ce sera un sweet lassi pour moi (on ne va pas se laisser impressionner par une potentielle tourista !).

On se met ensuite à déambuler dans les petites rues de la ville qui est plutôt touristique jusqu’à un temple où après nous être déchaussés et avoir acheté de l’huile et de la poudre rouge, nous circulons à travers un long couloir jusqu’à une salle où brûle une lampe à huile sacrée. Comme les gens  devant nous, nous versons notre huile dans la lampe puis un hindou verse notre poudre dans un grand plateau avant de nous en rendre un petit peu à s’appliquer sur le front. En ressortant du temple, nous décidons de prendre le ferry pour aller au Vivekananda Memorial, un gros caillou tout proche sur lequel un certain Monsieur Vivekananda est venu s’assoir pour méditer pendant 3 jours avant de partir à Chicago disserter de religion avec plein de confrères en 1893. Là aussi pieds nus, nous sautillons élégamment sur la pierre brûlante. En revenant en ville, nous faisons enfin un petit tour par le Gandhi Memorial, où un charmant monsieur moustachu (c’est une constante dans le coin) nous fait une visite guidée express s’arrêtant régulièrement pour nous demander « Understand ? ». Euh… yes, yes ! On ne comprend pas tout, accent indien oblige, mais il prend d’autorité mon appareil photo pour faire une dizaine de clichés, nous faisant poser à différents endroits du mémorial. Il nous extorquera pas loin de 150 roupies… malin, le p’tit vieux !!

La destination suivante est Kovalam à 80kms de là. Nous rejoignons donc la gare routière de Kanyakumari espérant trouver un bus qui nous amène directement à Kovalam. Mais c’est sans compter sur le fait qu’on change d’état : on passe du Tamil Nadu au Kerala, il n’y a pas de bus direct. Il nous faut donc repasser par Trivandrum, à 15kms de Kovalam. Après presque 4 heures de route, on commence à envisager de dormir à Trivandrum et ne repartir que le lendemain matin quand un moustachu (encore ???) nous fait une proposition qu’on ne peut refuser : il nous prend tous les 3 avec nos sacs dans son rickshaw pour 350 roupies… Allez hop ! on embarque ! Et c’est pliés en 3 entre les sacs qu’on file en zigzaguant sur la route jusqu’à Kovalam Beach. Y a pas à dire : le rickshaw c’est bien plus efficace que le bus, en 20 minutes on est à destination !

On tergiverse un peu pour choisir un hôtel mais nos goûts de luxe nous rattrapent et on choisit 2 grandes chambres avec clim et vue sur la mer. Le restaurant de l’hôtel est également très sympa : fruits de mer et vin, le tout au bord de la piscine… Ah… qui a parlé du choc de l’Inde ?

Photos ici.