AL cracheuse de cafards…

Après avoir bien profité du buffet du petit déj du Royal Orchid, on retrouve Raju, notre tuk-tuk driver préféré, qui nous emmène visiter la fabrique de soie de Mysore. Comme il a travaillé là quelques années auparavant, il nous présente à tous ses potes et nous fait une visite particulièrement détaillée. Et c’est franchement impressionnant : des dizaines de machines filent, tournent, tissent, colorent, rincent, essorent, repassent, … Ça fait un boucan d’enfer, certains ouvriers n’ont pas de protection auditive (ça doit faire longtemps que le coordinateur QHSE n’est pas passé…) mais ils sont tous très fiers de nous montrer leur travail et la qualité de la soie qui sort de leurs mains. Mysore est d’ailleurs très réputé pour sa production de soie et les prix de ses saris tissés au fil d’or.

Hormis le bruit, l’usine nous fait l’effet d’être hyper organisée et propre, ce qui contraste franchement avec l’extérieur. Parce que oui, je n’en ai pas encore parlé mais l’Inde est à la hauteur des espérances en ce qui concerne la saleté et les odeurs qui nous surprennent et nous prennent à la gorge de temps en temps au coin de la rue…

On enchaine ensuite avec la visite du Mysore Palace, un palais de maharajas digne des 1001 nuits. Bon, le premier palais en bois a brûlé et celui qu’on visite (pieds nus s’il vous plaît, c’est bien meilleur pour piétiner les crottes de pigeons…) date de 1912 mais le faste et la magnificence de la vie à l’époque du Raj se fait encore bien sentir. On est très impressionnés par les 2 têtes d’éléphants empaillés qui encadrent la porte principale et surtout par le nombre d’Indiens qui visitent l’endroit au pas de charge.

On termine notre circuit par un petit tour au bazar. A peine plus grand que celui d’Ooty, on sent pourtant qu’on est dans une ville bien plus touristique : les vendeurs nous interpellent constamment pour nous vendre des kum-kum, poudres colorées utilisées pour les bindi, des bracelets, des flûtes en bois, des têtes d’ail, … On résiste tant bien que mal à la tentation !

Mais c’est déjà l’heure de quitter Mysore et on saute littéralement du tuk-tuk dans un bus pour Bangalore. L’arrivée sur Bangalore est chaotique : les routes sont défoncées et les travaux créent des bouchons immenses. La pollution (et les tas d’ordures qui brûlent) nous pique les yeux et la gorge. Comme il est déjà tard, on décide de dîner au restaurant de l’hôtel. Et c’est le jour où… un cafard sort de ma bouche. Y en a, c’est des perles. Moi, c’est des cafards. Celui-là était caché dans la paille de mon Pepsi… Mais ne vous inquiétez pas ! Je ne lui ai fait aucun mal. Après être resté assommé quelques minutes sur la table où je l’avais craché, il s’est remis sur ses pattes et serait reparti vivre sa vie si le serveur ne l’avait pas délicatement emmené, écrabouillé dans une serviette en papier…

Moralité : ne plus JAMAIS boire à la paille…

Photos ici.

Raju, tuk-tuk driver

Nous voici donc à Mysore (c’est ici), dans le sud du Karnataka, cité royale au passé riche et fastueux, peuplée aujourd’hui de 800 000 habitants et 40 000 tuk-tuks.

(NDLR : nous vous rappelons que toutes les informations publiées sur ce blog sont véridiques et vérifiées…)

Dès notre arrivée à la gare routière, un rabatteur de tuk-tuks nous saute dessus et nous propose de nous emmener à notre hôtel. Bon, il veut nous entasser, nous 3 et nos 6 sacs, dans un tuk-tuk sans coffre donc, on s’énerve un peu et on finit par obtenir un 2ème tuk-tuk pour le même prix (je réfléchis à écrire un guide de la négociation en Inde…).

C’est l’avant dernière nuit de la lune de miel de F. et P. donc, on se fait plaisir et on descend au Royal Orchid Metropole, un très très chouette hôtel historique où le personnel est charmant et la piscine fantastique, nonobstant les paires d’yeux un peu trop curieux qui ne nous lâchent pas une seconde.

Il y a plein de choses à voir à Mysore et comme on n’a pas beaucoup de temps puisqu’on repart le lendemain, on cravache !

Notre chemin croise celui de Raju, tuk-tuk driver, qu’on embauche pour l’après-midi et qui nous promet de nous emmener partout où on voudra. On monte donc en fin d’après-midi à Chamundi Hill visiter un temple où le rouleau compresseur de l’Inde nous rattrape : comme c’est la fermeture, c’est un peu la cohue et on se fait harponner par un Indien bossu et édenté qui se charge de nous faire faire une visite guidée au pas de charge, nous extorquant quelques roupies au passage. Incredible India !, et puis il y a plein de singes partout et la vue sur Mysore est assez impressionnante malgré la brume de chaleur (ah oui, on est redescendu des montagnes, il fait à nouveau 40°C…).

La première mission de Raju était de nous ramener en centre-ville après la visite, mais il nous propose de faire un détour par le showroom gouvernemental de soie de Mysore (car la soie est fabriquée ici et est fort réputée dans le sud de l’Inde). C’est l’occasion de faire un peu de shopping et surtout de rapporter des souvenirs pas trop kitschouilles…

Comme Raju est encore là, on lui demande ensuite de nous emmener dans un bar qui sert de la Kingfisher bien fraîche. Et finalement, comme on le trouve sympa, on lui donne rendez-vous le lendemain matin pour finir la visite de Mysore et nous déposer en fin de journée à la gare routière.

40 000 tuk-tuks, c’est bien, mais la concurrence est rude et le prix de la course est ridiculement bas de ce côté-ci des montagnes. Va falloir trouver un autre marché pour mes investissements futurs…

Photos ici.