AL et la vie de château

Clairement, le rythme des derniers jours est au ralenti : 4 nuits au même endroit, c’est le genre de truc que j’ai pas fait depuis… bah presque depuis je suis partie ! Mais en même temps, ça fait du bien. Arrêter de courir, passer du temps à bouquiner devant des plages désertes pelotonnée sous 3 plaids ça reste vraiment sympa. J’ai bien l’impression que ça pourrait être le programme pour le reste de ma vie. Sauf que bien sûr, ça n’est pas le programme. Le programme c’est que dans 3 jours je vais devoir dire adieu à Flipper. On se rapproche un peu plus de notre ultime étape et c’est bête, mais je sens déjà qu’il va me manquer. C’est peut-être pour ça qu’on passe autant de temps ensemble ces derniers jours…

Mais trêve de sentimentalisme ! Après avoir passé quelques temps chez les riches, il est temps d’aller voir ce qui se passe du côté des vraiment très très riches. Nous voici donc dans le Rhode Island. Le plus petit des états et le refuge d’été des grands de ce monde. Je m’arrête donc à Newport, petit port de pêche plaisance. On se croirait dans Gatsby le Magnifique (le film). En fait la ville était la station balnéaire la plus en vue à la fin du XIXème siècle quand sont apparues les grandes fortunes de l’industrie. A cette époque, l’impôt sur le revenu n’existe pas et les petits « cottages » d’été construits face à la baie sont vite remplacés par des résidences de ouf malade somptueuses. Toujours face à la baie. Quand tous ces très très riches l’ont été un peu moins (quand ils ont commencé à payer des impôts quoi…), la plupart des familles ont été contraintes d’abandonner ces palaces de bord de mer et quelques uns ont même été détruits. Heureusement, certaines mansions ont été préservées et on peut aujourd’hui les visiter. Je n’ai donc visité que 2 manoirs : The Breakers et The Elms. De l’avis du type qui vend les billets, les 2 plus impressionnants. Et ça a marché, j’ai été impressionnée. Le billet est un peu cher (et on n’a pas le droit de prendre des photos à l’intérieur) mais l’audio-guide fourni avec est particulièrement bien fait.

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On aime ou on n’aime pas le style un peu très beaucoup surchargé mais on imagine très bien les dames en robes longues qui descendent les escaliers majestueux, les messieurs fumant le cigare en lissant leurs belles moustaches et en étant un peu attentif, on entendrait presque les échos des rires, des verres qui tintent et des orchestres sur les pelouses. Parce que oui, ces maisons n’étaient utilisées que l’été et pour recevoir le beau monde. C’était donc littéralement la fête tous les jours. Les femmes pouvaient changer de tenue jusqu’à 7 fois par jour : une fois pour le petit-déj, une fois pour aller jouer au tennis, une fois pour le lunch, une fois pour rendre visite à la voisine, une fois pour le thé, une fois pour la balade en calèche de fin d’après-midi le long de la falaise, une fois pour le dîner et une fois pour la soirée. Au moins, la lessiveuse avait du boulot ! Ça doit être mon côté midinette mais l’ambiance des années 20 (1920, hein, bien sûr), le champagne qui coule à flot et toutes ces robes…  je crois que c’est le genre de vie que j’aurais pu supporter le temps d’un été.

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Outre ces mini-châteaux, Newport aujourd’hui, c’est loin de ressembler à la Grande Motte. C’est même carrément hyper joli. Petites rues pavées, petites églises aux toits blancs, petits magasins de souvenirs où t’as besoin de casse ton PEL pour acheter un bibelot… La ville accueille aussi l’université du Rhode Island, elle aussi, au bord de la falaise. Quand je pense aux tours de Jussieu, même moi qui n’y ai jamais mis les pieds, je me dis que quand même, la vie est injuste…

Pour mon dernier jour de nomadisme, Flipper et moi, on a continué sur notre lancée et on est allés visiter l’université de Yale à New Haven, Connecticut. Enfin on voulait aller visiter Yale. Mais petite erreur de timing, j’ai loupé l’heure de la visite guidée alors je me suis juste baladée sur le campus. Et franchement, après le MIT et Harvard… bah c’était plutôt décevant. Mais c’est sûrement parce que j’ai pas eu le commentaire qui allait bien. Et puis New Haven après Newport c’était… comme manger une tablette de Lindt quand vous êtes habitués à du Patrick Roger… bref, pour rester polie, plutôt en demi-teinte.

Alors pour la dernière fois, j’ai déplié la banquette de Flipper, je me suis calfeutrée derrière ses rideaux, ai déplié mes 3 couvertures et, bercée par les gens qui promènent leurs chiens, les clodos qui trimbalent leurs caddies brinquebalants et les étudiants qui rentrent de soirée dans un sale état, je me suis endormie.

Photos ici.

Portland, OR

Je quitte donc Crater Lake sous un ciel encore plus bleu que bleu. Aujourd’hui, la route est longue, il faut atteindre les dunes de la côte à près de 4h30 de route de là.

Et d’ailleurs, rien de bien palpitant sur cette route. A part un ou deux petits lacs et un troupeau de rennes qui broute dans un pré, les miles s’enchaînent et se ressemblent peu ou prou. A la différence près qu’il faisait donc un temps magnifique le matin et que c’est sous la pluie que j’arrive à Dunes City.

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Le plan, c’était d’aller se balader dans le plus vaste ensemble de dunes côtières des Etats-Unis. Evidemment, là, le plan tombe à l’eau (c’est le cas de le dire…). Je m’installe donc le long d’une petite route tranquille avec Flipper et je passe la soirée comme on passe tous la soirée quand il pleut et qu’on est privé de télé : sous une couverture avec un bon bouquin.

Le lendemain matin, il fait toujours gris mais la pluie s’est arrêtée. Je vais donc m’enfoncer jusqu’aux genoux dans le sable des dunes qui sont en fait plus souvent parcourues en buggy qu’à pieds. Il y a des panneaux partout disant aux piétons de bien faire attention à pas se faire renverser par un des nombreux véhicules tous-terrains qui foncent à travers les dunes. Et malgré le temps, y en a du monde grimpé sur tout un tas d’engins à grosses roues ! Du coup, je fais un petit tour sur la plage mais les embruns et la bruine me découragent rapidement et je finis par me remettre en route.

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Et puis, je commence à en avoir marre de toute cette pluie le long de la côte. Depuis quelques jours, j’enfile les kilomètres pour admirer les falaises déchiquetées et je suis poursuivie par la pluie. Je décide donc de reprendre la direction de l’intérieur des terres. Mais avant, je passe quand même par Newport, petit port de pêche où les crevettiers sont légions et où je déguste un bon bol de clam chowder et un énorme fish & chips

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Et finalement, c’est à Portland que j’arrive en fin d’après-midi. Je me gare à l’extérieur de la ville, dans un Park & Ride, un parking situé le long d’une ligne de métro. 15 minutes plus tard, me voilà en plein cœur de Portland, sur la Pioneer Courthouse Square. Là, sur la place, une scène est en train d’être installée. Je me rends au Visitor Center pour récupérer quelques cartes et infos sur les trucs à ne pas rater et j’apprends que la scène, c’est pour Pink Martini qui va donner un concert ce soir parce que leur nouvel album sort la semaine prochaine. Timing impeccable, je me dis. Ce que je ne savais pas, c’est que Pink Martini est originaire de Portland et déplace des foules. Tout juste le temps de me dégotter une petite place en haut d’un escalier que la place est pleine à craquer. Le concert est très sympa, plein de chansons de styles différents, des ballons qui volent en veux-tu en voilà… je ne pouvais pas mieux tomber.

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En rentrant retrouver Flipper, je me fais une petite frayeur : alors que je suis tranquillement installée à l’abri de mes rideaux, une voiture de police fait lentement le tour du parking, s’arrête devant Flipper pendant un long moment et finit par repartir… ouf ! j’ai eu chaud ! C’est qu’évidemment, le squattage de parking n’est pas parfaitement autorisé…

Le lendemain, je pars découvrir Portland. J’ai découvert par hasard que sa banlieue abritait un gigantesque campus Nike mais à part ça, je n’ai aucune idée de ce qui s’y passe. Et la ville est très sympa. Pas très grande, facilement explorable à pieds, avec des grosses oies qui sont posées au milieu des pelouses comme si de rien était… plutôt agréable. Pour ne rien gâcher, à l’heure du déjeuner entrent en piste les food carts, des camions ou petites cabanes proposant de la street food. Je m’offre donc un bref retour en arrière en dégustant un petit poulet thaï avec une sauce vinaigre-cacahuètes… mmmh !

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Après le plaisir des papilles, le plaisir des yeux et des narines : je vais visiter le International Rose Test Garden, un jardin qui embaume le loukoum. Des milliers de roses de toutes les couleurs à perte de vue… très joli.

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Et pour finir mon petit tour à Portland, je vais dans un centre sportif où en plus de pouvoir profiter de la piscine (et de ses douches, oui…), j’ai accès à une salle de fitness, des cours collectifs et tout un tas d’activités. Malheureusement, pas le temps de profiter de tout ça : Flipper m’appelle. Il est temps de se remettre en route. Ce soir, on dort à Cannon Beach.

Photos ici.