Dernière ligne droite

Et voici le dernier virage… On aperçoit la concurrente émerger lentement de la mêlée… On peut lire la fatigue sur son visage, ses traits sont tirés mais elle sait que l’arrivée n’est pas loin ! Dans 15 dodos, elle sera accoudée au comptoir de la boulangerie de la Rue de la Roquette à lécher ses doigts luisants du beurre du croissant dont elle rêve depuis bientôt 6 mois… Il faut qu’elle reste vigilante. C’est la dernière ligne droite et une blessure est si vite arrivée.  Elle a plutôt bien négocié sa course jusqu’ici malgré les obstacles.  On l’a vu trébuchée une ou deux fois, d’autres concurrents n’ont pas été particulièrement fair-play avec elle mais elle n’a pas flanché, elle a gardé le cap, la tête dans le guidon, les yeux rivés sur l’objectif.

C’est tout dans la tête maintenant. Pas le moment d’avoir un mental de chips, pas le moment de craquer. Il lui serait facile de tout lâcher maintenant et de se laisser porter jusqu’à la ligne d’arrivée mais elle tient bon, elle sait que même les derniers moments comptent. Elle sait qu’on la regarde. Elle sait qu’on l’attend de l’autre côté. Et elle sait aussi que dans très peu de temps, cette course ne sera plus qu’un souvenir et que sa mémoire commencera à effacer les moments où elle a serré les dents pour ne conserver que les moments où elle sentait son cœur battre au même rythme que le reste de l’univers.

C’est la dernière ligne droite. On dirait qu’elle ralentit un peu.  Mais ce n’est pas parce qu’elle est épuisée. Ce n’est pas parce qu’elle lâche l’affaire. Non. C’est pour faire durer le plaisir…

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Cuenca

La nuit a été effroyable. Bon. OK. Peut-être que « effroyable » c’est un peu exagéré. Mais franchement, c’est une des pires que j’ai passées depuis longtemps. Le bus est bien parti à l’heure avec mon sac et moi dedans. Moi, je me suis dit alors : « Chouette, chouette, il est 22h, je vais dormir comme ça, je verrai rien passer du trajet ! ». C’est que y en a pour 9 heures quand même. Sauf que. D’abord, le chauffeur, il avait pas envie de dormir, lui. Alors il nous a mis de la musique. Genre à fond. Et puis au bout d’une heure il s’est dit : « Oh… mais ils doivent s’ennuyer les petits derrière ! Tiens, et si on leur mettait un film ? » De préférence avec le son à fond. Et avec plein d’explosions et de coups de feu dedans (normal, c’était Taken2). Et là, cerise sur le cupcake, le bouton de la clim s’est retrouvé coincé sur « Superfrost ». A fond lui aussi.

Et moi, comme j’avais fini par prendre l’habitude des bus luxe péruviens, j’étais pas du tout préparée. C’était à peine si j’avais pensé à prendre ma polaire… Je me suis donc congelée toute la nuit. Au point que j’ai discrètement piqué un petit bout de couverture à ma voisine qui, elle, avait eu la bonne idée d’en emporter une. Et j’ai même fini par me mettre mon sac dessus histoire d’avoir une épaisseur supplémentaire. Et puis j’ai attendu… attendu… attendu que le soleil se lève. Ce qu’il a fini par faire mais ça faisait déjà 2 heures que je ne sentais plus mes pieds… Bref. C’était mon dernier bus de nuit dans un pays où il fait moins de 30°C, j’ai survécu mais je m’en souviendrai !

De bon matin, je me retrouve donc sur le bord du trottoir à Cuenca. Qu’allait-elle donc faire à Cuenca la p’tite dame ? Et bien Cuenca est la deuxième ville coloniale du pays après Quito, il paraît même que c’est bien plus beau et c’est mas o menos sur la route de Guayaquil où je dois être ce week-end. Et comme j’avais clairement pas le temps d’aller visiter un parc national ou aller me perdre dans la jungle quelques jours, je me suis dit que l’argument « classé au patrimoine mondial de l’Unesco » était une raison suffisante pour s’y arrêter. Bien m’en a pris.

D’abord, la ville est effectivement très jolie. Des petites rues pavées, des églises de partout, des couvents, des chapelles et une jolie rivière qui coule dans le fond. Le tout entouré par les montagnes (ah oui, on est toujours dans la Sierra à 2500m) verdoyantes… enfin ça, c’est ce que j’aurais pu voir si les nuages avaient daigné s’écarter plus de 3 minutes d’affilée. A la place, je me suis prise l’averse du mois. Qui a duré près de 4 heures… Bon. Ça m’a donné une bonne raison pour me réfugier au café autrichien du coin où ils servaient une dééééliiicieuse mousse au chocolat… No comment. Et puis, soleil ou pas soleil, Cuenca est la capitale du panama. Non. Pas du pays, le Panama. Le chapeau. Qui d’ailleurs, ne devrait pas s’appeler un panama puisqu’il ne vient pas de là (il était juste exporté en Europe à partir du Panama… dont acte), mais un montecristi. Alors qu’à cela ne tienne, je suis allée chez le plus vieux chapelier de la ville et je me offert un nouveau couvre-chef. Certes, c’est très pratique à transporter mais quoi ? C’est pas tous les jours qu’on a la chance de se trouver un chapeau qui tue à un prix défiant toute concurrence (et puis zut ! c’est les soldes non ??!!).

Bref, Cuenca, c’est petit (enfin… la vieille ville), c’est tout mimi et ça vaut bien que l’Unesco l’ait classée sur sa liste. Et non, le fait que j’ai trouvé un café qui faisait de fabuleux petits déj avec toasts au pain complet et pancakes n’influence pas du tout mon avis… ou peut-être un tout petit peu.

Alors bien sûr, j’ai pas eu le temps d’aller me balader dans les environs et pourtant, il parait que c’est magnifique. Mais là, je suis un peu pressée. Je dois filer à Guayaquil. Alors hop ! je ressaute dans un bus et 4 heures plus loin… tadaaaaa ! me voilà dans la deuxième ville du pays. Et devinez quoi ? C’est déjà ma dernière étape équatorienne. Déjà ? Bah oui ! Mais je vous expliquerai ça la prochaine fois…

Photos ici.