La poisse : épisode n°2

Et oui mesdames et messieurs !! Voici venu le grand retour de La Poisse !! (ça faisait bien 15 jours remarquez, c’est déjà pas si mal…)

Bon alors, aujourd’hui le plan c’était d’aller au Ranthambore National Park, à 2 heures de train de Jaipur, pour faire un safari photo à la recherche des tigres du parc. J’avais réussi à réserver mon billet aller hier et j’étais number 1 sur la waiting list pour le billet retour.

Bon d’abord, on commence par le train. Je DETESTE les trains indiens, ils sont pleins de cafards… Mais genre PLEIN. Genre ils sortent de partout : sous la banquette, sur le mur derrière ta tête, les fenêtres, la banquette du dessus (qui est en fait la couchette du dessus)… bref c’est un cauchemar.  Dieu sait que je suis habituée à en voir, je veux dire, c’est pas comme si c’était la première fois de ma vie que je voyais plusieurs cafards en même temps mais là… Sur la banquette en face de moi, un monsieur dormait comme un bébé. Et ben, un cafard bien dodu a grimpé sur la banquette et s’est arrêté à 2 cm de sa joue ! Et pendant que j’étais scotchée par le spectacle, un de ses copains, bien dodu aussi, a grimpé sur mon sac. Sur MON sac !!! J’ai cru que j’allais m’évanouir… et j’aurais dû comprendre que La Poisse était en train de pointer le bout de son nez…

Bref, à peine remise de mes émotions, je débarque à la gare de Sawai Madhopur, petit village qui ne vit que par et pour le tourisme des tigres et du parc. Etant donné qu’il n’y aurait que 32 tigres dans le parc et qu’il n’est donc pas garanti d’en voir à tous les coups, je me dis que je vais décaler mon train du retour pour rester une matinée de plus sur place et donc avoir la possibilité de faire 2 safaris (au cas où La Poisse aurait été avec moi). Le gars du guichet annule donc mon premier billet et m’en sort un pour le train suivant et je passe gaiement de number 1 à number 42 sur la waiting list… Merci La Poisse ! Je me dis que c’est pas grave, que je vais quand même monter dans le train et que je viens de doubler mes chances de voir des tigres.

Mais bien sûr, ça ne s’arrête pas là ! J’arrive à l’hôtel (le Tiger Safari Hotel, j’ai mis toutes les chances de mon côté) et là… tadaaaaaaaaaaaa !!! le gérant me dit qu’il n’y a pas de safari parce que les gardes du parc n’ont pas donné l’autorisation de commencer la saison et qu’il n’y aura donc AUCUN safari avant le 10 octobre… Ouh là là… ça ressemble franchement à La Poisse, ça !!

Je me retrouve donc coincée pour 48 heures dans un trou paumé où il n’y a strictement rien à faire… Rien de chez rien. Et cerise sur le cupcake, l’hôtel n’a pas le wifi « It’s broken, Mam, but we call for repair and we will say to you if it’s ok ! ». Et pas question de revenir ici après le 10 octobre, je serai déjà loin et y a bien trop de cafards dans le train !!

Bon, pour me consoler, il y avait plein de gens qui trimbalaient des tas de trucs dans des carrioles attelées à des dromadaires et une piscine… un peu d’exotisme quoi !

La Poisse : épisode n°1

Chers lecteurs,

Vous qui me connaissez depuis maintenant des années (ou 10 jours pour les plus récents), vous savez que La Poisse est une de mes amies les plus fidèles et m’épargne rarement plus de quelques mois d’affilée. Laissez-moi donc vous raconter quelles ont été ses récentes incursions dans mon voyage depuis 10 jours…

Tout a commencé à l’aéroport de Londres, lundi 10 septembre… oui, oui, celui-là même, le lundi du grand départ…

Lors du contrôle des bagages à mains aux rayons X, j’ai sorti de mon sac mon ordinateur (celui-là même qui me permet de communiquer avec vous) et là… CRAC ! je laisse mon ongle de pouce gauche au fond de mon sac tandis que ma main, elle ressort victorieuse avec l’ordinateur… J’en conviens, c’est un détail, rien de bien grave, d’autant plus que La Poisse m’a appris qu’il faut toujours avoir une lime à ongles sur soi.

Quelques minutes plus tard, je constate avec désarroi que j’ai perdu mon seul et unique élastique à cheveux (évidemment, que j’en ai d’autres dans mon sac à dos, mais il est en soute, pas sous ma main !). Je me retrouve donc à acheter des élastiques à cheveux (article qui se vend rarement par moins de 20 exemplaires…) au duty free d’Heathrow. D’ailleurs, puisqu’on en parle, j’ai une réclamation à faire, ces élastiques sont tous pourris, ils cassent tous seuls.

Arrivée à Trivandrum après 28 heures de trajet, j’étais un peu pressée de sortir de l’avion, de mettre mon sac sur mes épaules et de partir conquérir le monde arpenter les sentiers. Dès l’atterrissage, j’avais donc à la main la clé du cadenas de mon sac à dos. Mais, regardant par le hublot, j’ai été subjuguée par les paysages du Kerala et hop ! je décide de ressortir mon appareil photo pour immortaliser l’instant. Arrivée devant le tapis à bagages, je réalise que j’ai délicatement posé la clé du cadenas sur le siège à côté du mien et que, bien sûr, je l’ai laissée là-bas…

La Poisse n’étant pas si méchante, j’arrive à récupérer ma minuscule clé alors que l’embarquement du vol suivant avait déjà commencé. J’ai entendu dire que « quand on n’a pas de tête, on a des jambes »…

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : la journée d’aujourd’hui ! Levés à 4 heures pour prendre le train pour Ooty, on débarque un peu dans le brouillard à la gare de Coimbatore pour acheter nos billets. Malheureusement, on ne peut acheter les billets que pour la première partie du trajet, jusqu’à Mettapulayam, mais pas pour Ooty, on ne sait pas bien pourquoi. Qu’à cela ne tienne, on grimpe dans le train pour Mettapulayam (dans le wagon réservé aux handicapés… no comment), et le train part pile à l’heure. 45 minutes plus tard, je réalise que j’ai oublié ma bague sur le rebord du lavabo de l’hôtel à Coimbatore… Evidemment, pas moyen de faire demi-tour ni même d’envisager un quelconque moyen de la récupérer. J’aurais tenu 8 jours avant de perdre l’objet le plus précieux que j’avais sur moi : merci La Poisse !

Et ce n’est que le début de la journée : arrivés à Mettapulayam, on apprend que le fameux train miniature qu’il-est-trop-bien-qu’il-faut-absolument-qu’on-le-prenne est déjà complet et le chef de gare nous dit « Try tomorrow ! ». Ah ça non, mon bon monsieur ! On n’a pas que ça à faire nous ! On a un programme de ministre et on compte bien s’y tenir ! On se met donc dans la queue des Unreserved seats et on attend que le contrôleur nous dise si il y a eu des désistements dans les places réservées pour pouvoir grimper dans le train. En observant ce qui se passe sur le quai, on constate qu’un des wagons du train est bien dédié aux Unreserved seats mais qu’il est déjà plein. On manque perdre tout espoir quand, à 5 minutes du départ du train, une dizaine de personnes se mettent dans la file d’attente mais devant tout le monde. Les Indiens s’engueulent entre eux mais personne ne bouge.

C’est là que La Poisse décide d’aller voir ailleurs si j’y suis. Au moment où le train se met à siffler pour le départ, un groupe de gens descend en courant du unreserved wagon et courent à l’autre bout du train. Ni une, ni deux, on enjambe la barrière de notre file d’attente et on saute dans le wagon à leur place, aussitôt rejoints par une tripotée d’Indiens qui s’entassent sur les banquettes (j’en ai même un quasiment sur les genoux). Et en avant Guingamp !

Bon La Poisse n’étant jamais très loin, le train s’arrête 5 minutes plus tard et le contrôleur monte dans notre compartiment en nous hurlant dessus en tamoul (la langue officielle du coin) et on finit par comprendre qu’on va devoir payer une amende pour être montés dans le train sans ticket. L’amende s’élève tout de même à 32 fois le prix du billet (iiiiirk !!) mais même comme ça, on atteint jamais que les 250 roupies (soit à peine 4 euros) donc on reste fermement accrochés à notre banquette et on paye sans rechigner. Et puis ça vaut vraiment la peine : l’ambiance dans le train est géniale, les gens chantent, crient et sifflent quand on passe dans un tunnel, nous demandent de chanter (on aura un succès fou avecIl était un petit navire et Santiago), on s’arrête toutes les 30 minutes pour remplir d’eau la chaudière de la locomotive à vapeur et on avance à 10 km/h. Mais les paysages sont magnifiques et 5 heures plus tard on arrive enfin à Ooty.

Réflexion personnelle : vous imaginez ça, vous, si quand on monte sans billet dans le TGV, on devait payer une amende de 32 fois le prix initial ? Ça en découragerait certainement plus d’un…

Photos ici.