La Poisse : épisode n°1

Chers lecteurs,

Vous qui me connaissez depuis maintenant des années (ou 10 jours pour les plus récents), vous savez que La Poisse est une de mes amies les plus fidèles et m’épargne rarement plus de quelques mois d’affilée. Laissez-moi donc vous raconter quelles ont été ses récentes incursions dans mon voyage depuis 10 jours…

Tout a commencé à l’aéroport de Londres, lundi 10 septembre… oui, oui, celui-là même, le lundi du grand départ…

Lors du contrôle des bagages à mains aux rayons X, j’ai sorti de mon sac mon ordinateur (celui-là même qui me permet de communiquer avec vous) et là… CRAC ! je laisse mon ongle de pouce gauche au fond de mon sac tandis que ma main, elle ressort victorieuse avec l’ordinateur… J’en conviens, c’est un détail, rien de bien grave, d’autant plus que La Poisse m’a appris qu’il faut toujours avoir une lime à ongles sur soi.

Quelques minutes plus tard, je constate avec désarroi que j’ai perdu mon seul et unique élastique à cheveux (évidemment, que j’en ai d’autres dans mon sac à dos, mais il est en soute, pas sous ma main !). Je me retrouve donc à acheter des élastiques à cheveux (article qui se vend rarement par moins de 20 exemplaires…) au duty free d’Heathrow. D’ailleurs, puisqu’on en parle, j’ai une réclamation à faire, ces élastiques sont tous pourris, ils cassent tous seuls.

Arrivée à Trivandrum après 28 heures de trajet, j’étais un peu pressée de sortir de l’avion, de mettre mon sac sur mes épaules et de partir conquérir le monde arpenter les sentiers. Dès l’atterrissage, j’avais donc à la main la clé du cadenas de mon sac à dos. Mais, regardant par le hublot, j’ai été subjuguée par les paysages du Kerala et hop ! je décide de ressortir mon appareil photo pour immortaliser l’instant. Arrivée devant le tapis à bagages, je réalise que j’ai délicatement posé la clé du cadenas sur le siège à côté du mien et que, bien sûr, je l’ai laissée là-bas…

La Poisse n’étant pas si méchante, j’arrive à récupérer ma minuscule clé alors que l’embarquement du vol suivant avait déjà commencé. J’ai entendu dire que « quand on n’a pas de tête, on a des jambes »…

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : la journée d’aujourd’hui ! Levés à 4 heures pour prendre le train pour Ooty, on débarque un peu dans le brouillard à la gare de Coimbatore pour acheter nos billets. Malheureusement, on ne peut acheter les billets que pour la première partie du trajet, jusqu’à Mettapulayam, mais pas pour Ooty, on ne sait pas bien pourquoi. Qu’à cela ne tienne, on grimpe dans le train pour Mettapulayam (dans le wagon réservé aux handicapés… no comment), et le train part pile à l’heure. 45 minutes plus tard, je réalise que j’ai oublié ma bague sur le rebord du lavabo de l’hôtel à Coimbatore… Evidemment, pas moyen de faire demi-tour ni même d’envisager un quelconque moyen de la récupérer. J’aurais tenu 8 jours avant de perdre l’objet le plus précieux que j’avais sur moi : merci La Poisse !

Et ce n’est que le début de la journée : arrivés à Mettapulayam, on apprend que le fameux train miniature qu’il-est-trop-bien-qu’il-faut-absolument-qu’on-le-prenne est déjà complet et le chef de gare nous dit « Try tomorrow ! ». Ah ça non, mon bon monsieur ! On n’a pas que ça à faire nous ! On a un programme de ministre et on compte bien s’y tenir ! On se met donc dans la queue des Unreserved seats et on attend que le contrôleur nous dise si il y a eu des désistements dans les places réservées pour pouvoir grimper dans le train. En observant ce qui se passe sur le quai, on constate qu’un des wagons du train est bien dédié aux Unreserved seats mais qu’il est déjà plein. On manque perdre tout espoir quand, à 5 minutes du départ du train, une dizaine de personnes se mettent dans la file d’attente mais devant tout le monde. Les Indiens s’engueulent entre eux mais personne ne bouge.

C’est là que La Poisse décide d’aller voir ailleurs si j’y suis. Au moment où le train se met à siffler pour le départ, un groupe de gens descend en courant du unreserved wagon et courent à l’autre bout du train. Ni une, ni deux, on enjambe la barrière de notre file d’attente et on saute dans le wagon à leur place, aussitôt rejoints par une tripotée d’Indiens qui s’entassent sur les banquettes (j’en ai même un quasiment sur les genoux). Et en avant Guingamp !

Bon La Poisse n’étant jamais très loin, le train s’arrête 5 minutes plus tard et le contrôleur monte dans notre compartiment en nous hurlant dessus en tamoul (la langue officielle du coin) et on finit par comprendre qu’on va devoir payer une amende pour être montés dans le train sans ticket. L’amende s’élève tout de même à 32 fois le prix du billet (iiiiirk !!) mais même comme ça, on atteint jamais que les 250 roupies (soit à peine 4 euros) donc on reste fermement accrochés à notre banquette et on paye sans rechigner. Et puis ça vaut vraiment la peine : l’ambiance dans le train est géniale, les gens chantent, crient et sifflent quand on passe dans un tunnel, nous demandent de chanter (on aura un succès fou avecIl était un petit navire et Santiago), on s’arrête toutes les 30 minutes pour remplir d’eau la chaudière de la locomotive à vapeur et on avance à 10 km/h. Mais les paysages sont magnifiques et 5 heures plus tard on arrive enfin à Ooty.

Réflexion personnelle : vous imaginez ça, vous, si quand on monte sans billet dans le TGV, on devait payer une amende de 32 fois le prix initial ? Ça en découragerait certainement plus d’un…

Photos ici.

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