PCT Day 57 : Back to town !

du Mile 788 (Bullfrog Lake Junction) à Bishop en passant par Kearsarge Pass

J’ai mal dormi. J’arrêtais pas de tourner et me retourner, mal à la tête et je sais que ma tente est pleine de condensation : il pleut sur mon sac de couchage… Really PCT ??? Is this the game we play now ??

La toile extérieure de ma tente est congelée. Je m’en fous, je fourre tout dans mon sac. Aujourd’hui, on sort de ces foutues montagnes, on quitte cette foutue neige et ce soir, on dormira dans un lit, au chaud et au sec. En attendant, y a encore 7 miles dans la neige et pas loin de 50 miles en stop…

Ca commence donc par grimper jusqu’à Kearsarge Pass à travers les sapins en essayant comme d’habitude de ne pas trop se perdre. Et ça grimpe dur. Mais on sert les dents : les burgers et les bières sont de l’autre côté de la montagne…

Quand j’arrive au col et que je découvre que de l’autre côté, bah… c’est aussi couvert de neige (en même temps… what did you expect ???), je ne peux pas m’empêcher de soupirer. La galère continue et comme le soleil brille, la neige ne tarde pas à se transformer en grosse slush bien glissante et bien mouillée. Non pas que j’avais les pieds secs. Non, non. Ca, ça fait bien 3 jours que c’est pas arrivé. Mais patauger dans la slush, perdre l’équilibre sans arrêt et essayer de ne pas se vautrer à chaque pas… c’est épuisant. Les 2 derniers miles avant le parking de Onion Valley sont probablement les plus longs depuis le début du trail. Alors qu’on aperçoit enfin le parking (et les garçons qui nous y attendent déjà depuis sûrement une bonne demi-heure…), on se rend compte qu’a choisi une mauvaise direction et on se retrouve sur une pente à plus de 45° juste au dessus d’une rivière/torrent carrément terrifiante. Demi tour, traversée de la sus-mentionnée rivière sur un pont de neige dont on a aucune idée de s’il va tenir alors qu’on entend l’eau rugir dessous et arrivée au parking à bout de nerfs… Reste plus qu’à trouver une voiture.

Sauf que. Sauf que tous les hikers sortent de la Sierra à Onion Valley (les conditions devant nous sont atroces : rivières folles, neige partout) et qu’on se retrouve donc à une petite vingtaine ce matin à chercher des voitures… Comme il y a une certaine déontologie qui règne, c’est premier arrivé, premier servi. On se dit donc qu’on va rester sur ce bout de bitume un petit moment. Mais c’est pas grave : y a pas de neige, y a des toilettes sèches et il nous reste quelques chips et barres de céréales pour tenir le coup. On en profite pour faire sécher les tentes, sacs de couchage, chaussures, chaussettes, semelles… Comble du bonheur, on découvre que quelqu’un a rempli une des bear box (des gros containers en métal où tu peux mettre ta nourriture et qui sont à l’épreuve des ours) avec des bières et du vin. Que demande le peuple ?

Il y a quelques day hikers qui sont venus se balader à Onion Valley ce matin mais souvent ils ne restent pas longtemps car les sentiers sont couverts de neige partout. Le parking se vide donc lentement et chacun finit par trouver une voiture pour descendre dans la vallée. 

Lucie, Eike et moi arrivons à Independance où on se fait déposer à la station service. Emily est montée dans une autre voiture et les garçons sont allés directement à Bishop. On retrouve Emily quelques minutes plus tard et nous voilà toutes les 4 au bord de la route le pouce levé. Au bout de 10 minutes, une dame s’arrête : « D’habitude, je prends jamais d’auto-stoppeurs mais là, vous êtes 4 filles, je veux être sûre que vous êtes en sécurité… » Ma brav’dame ! On vient de survivre à 5 jours dans la Sierra, je vois pas bien ce qu’il pourrait nous arriver de pire… Et la voilà qui nous amène jusqu’à Bishop alors qu’elle n’allait pas là du tout et que c’est à près de 35 miles de là. 

La priorité est de trouver un endroit pour dormir ce soir et il y a un hiker hostel à Bishop qui est très prisé. Seulement il ne leur reste que très peu de lits et ils ne prennent pas de réservation. Il faut se présenter en personne. Du coup, quand on arrive, c’est plein. Y a plein de motels donc on se dit qu’on va bien trouver une solution mais on est affamés et on commence donc par aller dévorer un burger. Une fois l’estomac plein, on se traîne dans les rues de Bishop jusqu’à un motel pas trop cher un peu à l’écart du centre-ville. J’arrive à négocier une gigantesque suite dans laquelle on peut dormir tous les 7 et aussitôt c’est explosion des sacs, allumage de télé et la ronde des douches commence. On a prévu de discuter sérieusement de la suite du programme mais pour l’instant y a un marathon Harry Potter à la télé alors on s’entasse tous sur un des lits, Urs va chercher des pizzas, moi des bières et on en revient à peine de tout ce confort… Demain, on fait un zéro.

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