Auckland

Après avoir survolé le néant total pendant près de 3 heures (le Pacifique sud de nuit… le noir absolu), les premiers spots apparaissent. C’est rigolo, c’est très découpé. Comme si la mer rentrait à l’intérieur des terres. Ah bah en fait c’est ça. La mer est partout et l’île n’est pas si large. Et puis, peu à peu, ça se densifie, ça s’intensifie et paf ! c’est Auckland !

Dans l’avion, on nous a distribué un petit formulaire qui s’intéresse de près à ce qu’on a dans nos bagages. Nourriture, animaux, produits dérivés d’animaux, … ils ont l’air bien suspicieux ces Néo-Zélandais… A peine descendu de l’avion, de grands panneaux avec des poubelles t’informent qu’il est encore temps de jeter tout ce que tu n’as pas déclaré avant que les douaniers ne tombent dessus… Hé ho ! C’est quoi le problème ? Je me trimballe depuis ce matin un sac plein de céréales, de lessive et de soupes en poudre, je vais pas tout jeter maintenant, hein ! Alors, je coche la petite case « Yes » à la question « Do you bring food ? » et je tends poliment ma petite carte au monsieur derrière son guichet. Lui, clairement, il s’en fout. Il jette à peine un œil dessus et puis il m’envoie au guichet suivant. Là, un autre monsieur me demande ce que j’apporte exactement comme food. Je prends mon air le plus aimable du monde (si, je sais faire, je le fais pas trop souvent pour pas que ça ait l’air suspect, c’est tout) et je lui ouvre mon sac pour qu’il puisse juger par lui-même. Idem, il s’en fout en fait. Par contre, il s’en fout pas du tout que j’ai des chaussures de randonnée. Il m’envoie illico prestissimo voir un 3ème gars qui va me faire déballer toutes mes petites affaires pour sortir les coupables et qui les emporte aussitôt derrière une porte où il y a écrit « Microbiology laboratory » (brrr… ça fait fliper) et me les rapporte 5 minutes plus tard, complètement trempées et emballées dans un sac plastique. Consternation… C’est qu’il ne faudrait pas apporter sur le territoire une petite graine indésirable. Par contre, les chaussures que j’ai aux pieds, celles-là, elles peuvent être truffées d’excréments de goanas, ça ne pose aucun problème… Curieux, curieux.

Bref, je sors de l’aéroport, je trouve le bus qui m’amène en centre-ville, je trouve mon hostel et là, en approchant, je me dis soudain… « Mais… il est 22h45 ! J’ai pas prévenu que j’arrivais tard, est-ce que la réception est encore ouverte ? » Mais ouiiiii… Aucun problème, mon lit m’attend et le wifi est gratuit, autant dire que ce séjour s’annonce sous les meilleurs auspices.

Après une bonne nuit de sommeil où j’ai eu besoin d’une couverture (une couverture ? non mais vous vous rendez compte ? il fait au moins -8000 ici !), je découvre qu’à Auckland, le ciel est bleu, le soleil brille et le magasin d’en face vend du Nutella. Je commence par découvrir la ville par sa face « hipster ». Des friperies vintage, des magasins de déco, des cafés où y a pas 2 chaises pareilles et assis dessus, des gens avec des coupes de cheveux improbables et des lunettes encore plus hallucinantes, des galeries marchandes avec des vitraux… Mais surtout, je découvre qu’Auckland n’est pas construite à plat. Oh que non ! La ville est en fait construite sur 50 volcans. Rien que ça. Et pas tous éteints en plus. Alors hormis le fait que tout ça pourrait péter à tout moment, ça grimpe. Bon, parfois ça descend aussi mais c’est pas de tout repos. La ville n’est pas vieille alors niveau architecture, rien de bien époustouflant. Ça ressemble un peu à Sydney : de grandes avenues taillées au cordeau, la marina et les ferrys au bout et je n’arrive toujours pas à regarder du bon côté de la rue pour traverser… Ici aussi, il y a des parcs où les pelouses me susurrent « Viens faire la sieste, viens… ». Alors, moi, j’obéis. Mais pas trop longtemps parce que le soleil ne chauffe pas assez. Je me culture un peu aussi : le musée d’art est gratuit, c’est pas parce que je comprends décidément rien à l’art moderne qu’il faut faire la fine bouche. Et puis je vais admirer les voiliers et les gros yachts au port. A propos du port, c’est ici que le 10 juillet 1985 fut saboté le Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace, par les services de renseignement français qui avaient peur que ces empêcheurs de tourner en rond ne contrecarrent leur projet d’essai nucléaire à Mururoa, ce qui donna lieu à un retentissant scandale et des tensions diplomatiques entre la France et la Nouvelle Zélande. Et là, surprise, je découvre que le quartier des docks a été rénové et est truffé de restos et de bars à vins très bobos. Très New York style. La vraie différence c’est qu’ici, il y a plein de Polynésiens. D’ailleurs Auckland est la ville au monde qui abrite la plus grande population d’origine polynésienne. Beaucoup moins d’Asiatiques qu’en Australie et plein de Maoris. Mais tout le monde ne se mélange pas. Ça sent un peu le « chacun chez soi et les veaux seront bien gardés ». Etrange. Et puis à 18h30, le soleil se couche, les boutiques ferment et les rues se vident.

Il est donc temps de faire quelques courses et de se faire à dîner. Ah oui, parce qu’ici, c’est comme en Australie, faut être multimillionnaire pour aller au resto. Pour acheter des fruits et des légumes aussi d’ailleurs. Alors, une bonne pasta et un film plus tard et c’est déjà l’heure de retrouver sa couette.

Le lendemain, je reprends la mer. Pas pour aller bien loin. Juste pour aller sur Maiheke Island à 35 minutes d’Auckland. Maiheke est célèbre pour son microclimat, ses maisons de milliardaires et ses vignobles. 17 en tout. L’occasion de manger des calamars et de goûter la production locale (un petit Sauvignon blanc pas mal du tout…) puis de se balader le long de la côte déchiquetée jusqu’à Palm Beach (ben… c’est juste une plage avec des palmiers). Du haut de la colline, la plage est magnifique. Un banc de sable où vient clapoter une eau cristalline. En arrivant sur la plage, j’ai la bonne surprise de me retrouver… au Layet ! Plein de vieux tout nus… Beurk ! En fait, je suis arrivée par le mauvais côté de la plage, de l’autre côté des rochers, c’est beaucoup moins le musée des horreurs. L’eau est bien trop froide pour y piquer une tête mais je me fais quelques copines mouettes et on ramasse des coquillages. Et en fin d’après-midi, quand le ciel commence à s’assombrir, je saute dans le bus qui me ramène au port où je reprends le ferry. Derrière moi, je regarde la pluie tomber sur Maiheke pendant que je m’éloigne vers Auckland.

Pour mon dernier jour dans la plus grande ville du pays (qui n’est pas la capitale, hein, la capitale c’est Wellington), j’ai décidé de prendre de la hauteur. J’ai donc escaladé (si, si, c’est le bon mot, 196m, c’est pas de la tarte !) le Mount Eden, le plus haut volcan du coin (en plein dans la ville) et dont le cratère est sacré pour les Maoris, faut donc pas marcher dedans. Depuis là-haut, on peut voir à des miles à la ronde. Le port, la skyline, toute la ville, les autres volcans et la One Tree Hill (celle de la chanson de U2, qui n’a bien sûr rien à voir avec la série). Impressionnant. J’ai pu aussi voir arriver une belle averse alors je suis redescendue avant que le cratère ne se remplisse. Et puis j’ai voulu aller au cinéma (c’est ce qu’on fait quand il pleut) mais y avait que GI Joe ou Jack le chasseur de géants… Pas vraiment in the mood. Alors je suis rentrée en slalomant à travers les gouttes et j’ai fait comme si on était dimanche… rien !

Et pour fêter mon 7ème mois-versaire de voyage, j’ai englouti un paquet entier de M&M’s au beurre de cacahuètes… Ca fait comme les vrais anniversaires. A la fin, t’es un peu écœurée par tout ce sucre… Et puis, voilà, c’est déjà  l’heure d’aller faire son sac parce que demain, moi, je reprends la route. Et oui, j’ai reloué un van. Même pas peur !

Alors je dis « Bye bye » à Auckland. Une petite ville sympathique mais pas ultra emballant. Pas le charme, pas l’effervescence qu’on s’attendrait à trouver dans la plus grande ville du pays (25% de la population habitent à Auckland). D’ailleurs, reste une inconnue. Où sont les vrais gens ? Ceux qui travaillent, ceux qui vivent là ? C’est presque trop calme, trop propre pour être vrai. Ça manque d’un petit je-ne-sais-quoi. Alors, pas de regret, en route, j’ai rendez-vous avec des moutons ! Et des kiwis !

Photos ici.

Et de 7 !

Ouh… bah dis donc ! Celui-là, on a bien failli passer à côté !

Faut dire que le temps défile sacrément vite en ce moment. J’en reviens pas que ce soit déjà le printemps (pour vous, hein, pas pour moi). J’en reviens pas d’être déjà en Nouvelle-Zélande et quand je regarde par dessus mon épaule, j’ai l’impression que j’ai atterri à Delhi dans une autre vie. Mais en même temps, est-ce que c’est pas un peu pour ça que je suis partie… ?

Heureusement, il m’en reste encore plein, des vies, ce qui tombe plutôt bien puisqu’il m’en reste encore plein, des pays, à découvrir…

Tu sais que ça fait 6 mois que tu es en voyage quand…

… tu commences à te demander si tu vas avoir assez de pages dans ton passeport.

… ton dentifrice est chinois, ton savon et ton shampoing sont thaïs, ta lessive cambodgienne et ton déo laotien.

… tu as des affaires qui ont changé de couleur (toujours ce petit problème de pantalon cambodgien qui déteint).

… Facebook pense que quelqu’un pirate ton compte à chaque fois que tu te connectes parce que ce n’est pas du même endroit que la fois d’avant.

… tu commences à arrêter de semer tes affaires un peu partout (croisons les doigts, rien n’est joué !).

… tu n’as plus besoin de réfléchir pour savoir combien de culottes propres il te reste.

… tu ne culpabilises pas une seconde quand tu décides d’aller manger une pizza 4 fromages.

… t’as compris que les meilleurs spots « toilettes » sont dans les hôtels de luxe et que tu n’hésites plus à y rentrer la tête haute et la sandale en avant.

… ta monnaie de référence n’est plus l’euro mais le dollar (ouais ben au moins là, tout le monde comprend).

… tu t’aperçois qu’en fait, il n’y a qu’en France où l’accès à Internet est compliqué. Ailleurs, y a le wifi partout, tout le temps et presque toujours gratuitement (même au fin fond de la cambrousse laotienne).

… tu sais dire « Bonjour » et « Merci » en presque 10 langues différentes (les interros surprises sont hors jeu).

… tu commences à te dire qu’un jour, prochainement mais pas tout de suite, la vie normale va te rattraper et que tu devras retourner au boulot… Ouh… que tu n’aimes pas ça ! Heureusement, il te reste encore un peu de temps.

Alors en attendant, profitons ! Et vivement les 6 prochains mois !

Et de 5 !

Ouh là là ! On a failli le laisser passer celui-là !

Faut dire que le temps passe de plus en plus vite, les drapeaux viennent s’ajouter sur mon sac et les tampons sur mon passeport tous les 15 jours et mon carnet de bal se remplit de rendez-vous aux 4 coins du monde pour les mois à venir.

Alors non ! Toujours pas envie de rentrer…

PS : Mon petit doigt me dit que certains ont eu une dure journée aujourd’hui… une certaine revue budgétaire peut-être… Du coup, pour vous changer les idées, j’ai envie de vous dire… « le dernier à l’eau prend les 100 000 de plus !! »

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Et de 4 !

Un quart, 25%, un trimestre appelez ça comme vous voulez mais ça y est, on y est.

Je dirais même plus : on s’approche dangereusement de la moitié !!

Petit récap’ des 4 derniers mois :

  • j’ai traversé 3 pays
  • j’ai 5 nouveaux tampons dans mon passeport
  • j’ai appris quelques mots de chinois, d’hindi et de vietnamien (« Bonjour » / « Merci » / « Au revoir », c’est déjà pas mal)
  • j’ai vu 3 « merveilles du monde » (liste établie par moi-même)
  • j’ai plein de nouveaux amis Facebook
  • j’ai pas réussi à jeter mon jean à la poubelle
  • j’ai envoyé 2 colis pour un total de 7kgs qui sont arrivés à bon port (+3kgs que j’ai refilés à ma mère en direct)
  • j’ai vu les plus gros cafards du monde (jusqu’à maintenant)
  • j’ai eu 4 jours de pluie
  • j’ai perdu un objet auquel je tenais dans chaque pays

et… j’ai toujours pas été malade !!

Vivement la suite !

Tu sais que ça fait 3 mois que tu es en voyage quand…

Le premier truc que tu checkes dans les chambres d’hôtel est « y a-t-il du papier toilette ? » (et si oui, tu le piques en partant).

Tu ne te demandes pas « que vais-je mettre ce matin ? » mais « que me reste t’il qui ne pue pas trop ? ».

Tu ne fais plus l’erreur de rincer ta brosse à dents sous le robinet (même par réflexe).

Tu prends ta douche avec ta lampe frontale (bah quoi ? faut anticiper les pannes d’électricité !).

Tu manges des masala dosa  ou des xiaolong bao au petit déj et ça ne te fait plus rien.

Tu es hyper content de rencontrer des Français et d’échanger quelques mots (même s’ils ont des chaussettes dans leurs sandales, un sac à dos Quechua et le guide du Routard sous le bras… oui, oui, oui, tu es open-minded, tu aimes tes semblables… le voyage, ça vous change quand même, hein !).

Tu as compris que plus l’hôtel est cheap, plus les matelas sont durs et là, tu as des bleus sur les hanches parce que tu dors en position fœtale.

Tu sais défaire et refaire ton sac les yeux fermés.

Tu connais ton numéro de passeport par cœur (facile !) mais aussi sa date d’émission, d’expiration et les numéros de tes visas.

Tu comprends du premier coup ce que le rickshaw driver te dit (peu importe la langue, il essaye de t’arnaquer…).

Tu n’oublies plus de prendre ton Doxypalu au dîner.

En dessous de 5 cafards dans la salle de bain tu dis « OK, I take it ! ».

Tes rêves sont peuplés de camemberts, saucissons, tomates mozza, chocolat…

Tu connais par cœur les numéros de pages du Lonely Planet des villes où tu vas.

Ton dentifrice est indien, ton shampoing chinois et ta crème de beauté française (ouais, courageuse mais pas téméraire…)

Tu t’en fous de suspendre tes petites culottes qui sèchent le long de ton lit même quand tu partages ta chambre avec 7 Chinois.

Quand on te parle boulot, tu te souviens vaguement de ce que c’est mais tu ne te sens vraiment pas du tout concernée…

Allez, encore 1 an !

« Ces grandes terres, ces odeurs remuantes, le sentiment d’avoir encore devant soi ses meilleures années multiplient le plaisir de vivre comme le fait l’amour. » L’Usage du Monde, Nicolas Bouvier & Thierry Vernet.

Et de 2 !!

Ayé ! Plus que 14 mois… Pfff ! Pour un peu, ça passerait trop vite…

Cette semaine, j’ai eu l’occasion de lire mon horoscope : ils disaient d’y aller mollo côté boulot… Ben, ça tombe bien, ça va encore durer un moment !