Et de 15 !

J’avoue que là, j’ai un peu le cœur lourd…

J’ai fait l’autruche tant que j’ai pu mais c’est officiel, la semaine prochaine, quelque chose comme « Bienvenue à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle… » sonnera à mes oreilles…

Et devinez quoi ? Non, j’ai pas vraiment envie de rentrer. Non pas que vous ne m’ayez pas manqué ! Bien sûr que si ! Et rien ne me fera plus plaisir de de vous revoir tous autant que vous êtes ! Mais… un petit morceau de moi est devenu nomade et va avoir bien du chagrin à défaire mon sac à dos. (Non, me balader à Paris avec mon sac sur le dos n’est pas une option réaliste…)

Malheureusement, il semblerait que la Banque Mondiale de Mes Economies a fait faillite… Des fois, même quand on veut pas, on se doit d’être un peu matérialiste…

Alors croyez moi, je profite bien bien bien des derniers jours, des dernières heures, des dernières minutes… comme si j’allais plonger en apnée pour une durée indéterminée. J’ai vécu une aventure extraordinaire, je ne suis même pas sûre d’avoir bien réalisé ce qui m’arrivait, j’en ai adoré chaque jour, chaque heure, chaque minute et si quelqu’un sait comment faire pour repartir pour un tour demain… dites moi où on signe !!!

Et de 14 !

Alors celui-là, je le savoure… D’abord parce que 14, c’est un peu le meilleur chiffre qui existe sur Terre, ensuite parce que je vis désormais dans la ville la plus extraordinaire du monde (et oui, merci, je sais, ça va durer 1000 ans !) et enfin parce qu’il n’en reste vraiment pas beaucoup à savourer. D’ailleurs, discrètement mais sûrement, ça commence à me faire mal à ventre quand j’y pense plus de 3 minutes d’affilée !

Alors pour éviter de me faire un ulcère à l’estomac, je ne pense pas, je marche. J’arpente les rues, j’apprends à repérer au premier coup d’oeil de quel côté est l’Hudson et je me remplis les poumons de cet air vicié, pollué et sale mais qui fait briller les yeux (et c’est pas à cause des gaz d’échappement…). Et encore une fois, je suis heureuse… Tellement. Je voudrais que ça dure toujours et je me demande si la beauté de l’instant ne vient pas du fait que justement, ça na va pas durer. En attendant, dans cette concrete jungle where dreams are made of, there’s nothing you can’t do…

Et de 13 !

Soyons honnêtes, maintenant, ça commence à plus être très marrant ce compteur ! Parce qu’après 13, y a 14, puis 15 puis… c’est le retour à la maison ! Et vu la vitesse à laquelle ça passe, je sens que je vais à peine avoir le temps de le voir venir !

En attendant, je profite. J’ouvre grand les yeux, le nez et les oreilles et j’essaye d’emmagasiner le plus possible. Encore plus maintenant que je sens la fin qui approche. Je voudrais me souvenir de chaque jour, chaque paysage, chaque rencontre…

Pourtant, je me rends compte que ma mémoire a déjà commencé son horrible travail de sélection. Les premiers mois, les premiers pays, ça semble si loin ! Alors tous les soirs, je refais le voyage… et je m’endors, la tête farcie d’images, de couleurs, de sourires et d’envies d’y revenir…

Tu sais que ça fait 1 an que tu es en voyage quand…

… c’est la rentrée pour tout le monde sauf pour toi. Pour la deuxième fois !

… on te demande depuis combien tu es parti et que tu réponds « Bah… ah ouais ! ça fait 1 an ! »

… plus rien n’est impossible : aller à la piscine juste pour se doucher, confier sa voiture à un garagiste dans un tout petit bled, jouer à cache-cache avec les flics pour urban camper…

… la plupart des affaires en ta possession aujourd’hui ne sont plus celles avec lesquelles tu es partie.

… tu t’aperçois avec horreur que ta mémoire est déjà en train d’entamer son travail de sélection et que tu ne vas pas pouvoir te souvenir précisément de chaque journée de cette formidable aventure.

… t’as changé d’agenda. Mais celui-là, tu l’aimes pas. Dedans, t’as dû écrire la date de ton retour à Paris. Quant à celle de ton retour au boulot… n’en parlons pas !

… tu ne sais plus quoi mettre dans la case « adresse » quand on te demande de remplir un formulaire.

… tu te réveilles tous les jours à 7h, sans réveil et avec le soleil qui frappe au carreau… et tu souris.

… tout le monde commence à te dire : « Hé… mais c’est bientôt fini ! »… Rabat-la-joie, va !

Hein ??? Ouat ??? 1 an ??? Déjà ??? C’est complètement fou, non ?

Quand je repense au 10 septembre de l’année dernière, j’ai l’impression que c’était hier et en même temps que j’ai vécu 1000 vies depuis.

Après une petite période un peu en creux (on ne peut avoir des atomes crochus avec TOUS les pays du monde), me revoici gonflée à bloc pour la dernière ligne droite. Enfin, ligne droite… j’me comprends.

Et même si une petite voix au fond de mon crâne me dit qu’il va falloir commencer à se préparer à retourner au boulot, la route est encore longue et je compte bien en profiter au maximum et me fabriquer encore plein de jolis souvenirs dans lesquels me perdre lors des longues soirées d’hiver…

Mais quand même, ça fait drôle. Je suis bientôt dans la catégorie des « ceux qui l’ont fait » et je sens poindre une petite jalousie pour « ceux qui vont le faire ». Alors du coup… est-ce que je ne pourrais pas être de « ceux qui vont le refaire » ? A suivre…

Et de 11 !

Hé hé hé… vous y croyez vous ? 11 mois que j’use mes tongs (et croyez-moi, elles sont usées) autour du monde… Ca commence à faire, hein ?

Et croyez-vous que je me lasse ? Et bien, non ! Pas du tout !

Figurez-vous qu’on m’a récemment proposé d’interrompre momentanément mon voyage pour faire un truc complètement dingue… travailler. Et bah, contre toute attente… j’ai refusé. Non pas que l’offre n’était pas alléchante (au contraire même…) mais soyons honnête, je ne suis pas vraiment in the mood.

Et ça tombe bien ! Parce que j’ai encore devant moi 5 jolis mois pleins de projets, de découvertes culturelles, gastronomiques et autoroutières… et oui mes petits ! la dernière partie de ce voyage, exclusivement réservée aux fantastiques Etats-Unis d’Amérique et à leur non moins extraordinaire cousin le Canada va se faire non seulement sur la route mais carrément au volant !

Stay tuned !

Et de 10 !

Bon bah là…

C’est vrai, parfois, les anniversaires, ça craint. Mais là, fêter mes 10 mois à travers le monde en sirotant un petit cocktail sur le pont de mon bateau entre 2 îles aux Galapagos… j’crois que j’aurais difficilement pu faire mieux ! Allez, arrêtez de faire la tête, chez vous au moins, c’est l’été !

10 mois, 14 pays, 2 vans, plus de 10 000 photos, 3 plongées, des tas d’endroits où j’ai envie de revenir et encore plus de nouveaux où j’ai envie d’aller…

Et doucement mais sûrement, la ligne d’arrivée qui se profile… Mais pour le moment, n’y pensons pas ! Le programme des prochains mois est en train de se mettre en place gentiment mais chut ! je vais pas tout vous raconter maintenant, je vous fais la surprise…

Allez, je retourne mettre un peu de crème solaire, faudrait pas gâcher ce délicieux bronzage…

Et de 9 !

Bon, là, c’est officiel. Le temps passe beaucoup trop vite.

Je me rappelle quand, en septembre dernier, je me disais : « L’Amérique du sud ? Wouah… c’est dans suuuuper longtemps… » J’avais l’impression que ça n’arriverait jamais. Et ça y est, ça fait déjà plus d’un mois que j’y suis… gloups !

Alors, non, j’ai toujours pas envie de rentrer, oui, j’ai semé toujours plus d’affaires sur mon chemin (même si on m’a un peu aidé) et oui, je commence à me dire qu’il ne me reste plus que 4 pays à traverser et que ça sent la fin. Mais en fait, non. Ça sent pas du tout la fin. Il ne me reste peut-être que 4 pays mais encore des tas de semaines et des tas d’aventures à vivre et à vous raconter. Et croyez-moi, pour ça, vous êtes sur la bonne chaîne.

Stay tuned !

Parque Nacional Pan de Azucar

A 5h du matin, le bus s’arrête, mes petits yeux collés s’ouvrent (pas trop grands) et le steward du bus (on va l’appeler comme ça puisqu’il travaille dans le bus mais que c’est pas le conducteur) annonce « Chañaral ! Chañaral ! ». Et m***, il est pas en retard, faut descendre…

Le plan, c’est d’acheter les billets de bus pour le trajet suivant et de squatter la gare routière jusqu’à ce que les hôtels ouvrent. Sauf qu’en descendant du bus, on s’aperçoit qu’on n’est absolument pas devant une gare routière mais devant une station-service et qu’il n’y a nulle part où squatter… Bon. La station-service étant en fait au bout de la rue principale de la ville, on se dit qu’on va essayer de repérer 2 ou 3 adresses et se poser sur un banc en attendant. En attendant quoi, on sait pas mais de toute façon à cette heure-là, y a rien d’autre à faire. Je sors mon bonnet et mes gants. Il fait pas chaud dans ce pays à cette heure-ci. A partir de 6h, on commence à voir quelques mineurs qui partent travailler dans des pick-ups avec de grands panneaux « EXPLOSIVES ». Parce que Chañaral est une ville minière à l’intérêt assez limité. Bah, qu’est-ce qu’on est venus faire là alors ? Et bah, d’après des sources plus ou moins fiables, Chañaral est la porte d’accès au Parque Nacional Pan de Azucar où on peut voir des pingouins de Humbolt, des renards gris, des guanacos (un genre de cousin du lama), des zorros (un renard gris kromeugnon) et tout un tas d’oiseaux.

Vers 7h, le soleil s’est levé et comme on commence à avoir mal aux fesses sur notre banc, on décide d’aller au terminal des bus acheter nos tickets pour la suite du voyage. Le terminal ouvre à 7h, on est les premiers clients de la journée. Il ne reste que 6 places dans le bus pour San Pedro de Atacama. On se dit qu’on a bien fait de ne pas attendre la fin de la journée pour s’occuper de ça ! En ressortant de là, on tombe sur un hôtel dont la porte est ouverte. On passe la tête et miracle ! y a quelqu’un. Le type nous fait visiter une chambre, on n’hésite pas longtemps, on n’a qu’une envie, c’est prendre une douche et finir notre nuit. On s’installe donc à la Residencial MiChica au milieu de la rue principale.

En fin de matinée, on décide de s’atteler à ce pourquoi on est là, la visite du parc. Je demande donc à la dame de l’hostal où est le bus pour se rendre au parc qui est tout de même à près de 30kms. Et là, je ne comprends pas grand-chose à ce qu’elle me répond mais je comprends l’essentiel : y a pas du bus pour aller là-bas. Quoi ??? Mais comment on y va alors ? Et bah… en taxi, mais ça risque de nous coûter pas loin de 30 000 pesos aller-retour. Je m’étrangle. Bon. Il nous faut un 2ème avis. On se rend donc à la mairie. Là, à peine on a passé la porte qu’un monsieur se précipite sur nous pour nous demander ce qu’on veut. Comme je lui demande s’il parle anglais, il part me chercher quelqu’un qui est supposé me comprendre. En attendant, il nous pousse dans un bureau de 9m3 où sont empilés 3 fonctionnaires dont un qui écoute de la musique à fond, 2 gros bureaux pleins de fouillis, 1 bureau d’écolier, 2 personnes qui sont venues demander des renseignements et nous qui ne savons pas trop où nous mettre pour ne pas gêner. Au bout de 15 minutes, on finit par demander à une des employés comment on peut se rendre à Pan de Azucar. Elle confirme : y a pas de bus, faut prendre un taxi. Bon. Bah vu qu’on est là pour 48 heures et qu’on est venus exprès pour ça, on va trouver un taxi, hein ? En ressortant, juste devant le trottoir, on tombe justement sur un taxi avec un petit panneau « Pan de Azucar » sur son tableau de bord. Un signe du destin. On tourne un peu autour de la voiture et on aperçoit un monsieur qui sort de la boulangerie d’en face et qui nous fait signe. C’est l’heureux propriétaire du taxi qui va devenir notre nouvel ami. On négocie donc les 2 allers-retours (bah oui, aujourd’hui et demain, ça fait 2) à 40 000 pesos et en voiture Simone ! 200 mètres plus loin, lorsque notre chauffeur apprend que demain, c’est notre anniversaire (ah oui, parce que demain, c’est notre anniversaire), il décide qu’avant de nous emmener au parc, on va passer par chez lui manger un morceau de gâteau. Bon bah… OK. Alors malgré le fait qu’il soit 11h et que franchement, la génoise à la crème c’est pas vraiment mon truc, on est polis et on mange. La conversation est un peu laborieuse entre notre espagnol et son anglais mais on s’en sort. Et puis Guisson décide que ce soir, on va fêter ça et il nous invite à venir manger des grillades sur sa terrasse. Nous, on dit pourquoi pas.

En attendant, il nous emmène au parc où on doit passer par la case CONAF pour s’enregistrer auprès des gardiens. Là, on constate qu’on est les premiers à entrer pour cette journée et qu’il n’y a pas eu plus de 5 touristes par jour toute la semaine précédente… Ceci expliquerait peut-être pourquoi il n’y a pas de bus pour se traîner jusqu’ici. Bref, maintenant qu’on est là, on part pour le Mirador. Les yeux vifs, les oreilles aux aguets, si la moindre bestiole bouge dans les 5kms à la ronde, on va la repérer. Mais les kilomètres s’écoulent et à part quelques nuages qui flottent au loin, on ne voit rien. Bon, certes les paysages sont impressionnants, la vue sur l’océan éblouissante, les cactus tout cramés et le soleil tape mais après 5 heures de balade, notre tableau de chasse ne comporte qu’un tout petit lézard gris qui a filé entre nos pieds… On finit donc sur la plage où Guisson vient nous rechercher comme prévu. Sur le chemin du retour, on croise 2 Français qui partent à pieds vers le parc. Eux, ils veulent camper dans les cailloux, alors on les laisse faire mais on leur donne rendez-vous le lendemain pour louer un bateau et aller voir les pingouins.

Il nous ramène à l’hostal à Chañaral et réitère son invitation pour la soirée. Comme on ne peut pas vraiment dire qu’on a autre chose de prévu, on accepte. Mais en fait, ça n’est pas vraiment une invitation. Il faut qu’on partage les frais pour les courses et Guisson nous extorque 15 000 pesos supplémentaires… malin l’ami Guisson ! En plus, il nous donne rendez-vous à 21h, heure à laquelle on avait plutôt prévu d’aller nous coucher vu qu’on est debout depuis 5h… Mais peu importe ! La perspective d’une soirée en compagnie de notre ami et de sa femme est bien trop tentante, alors après une petite sieste, on le retrouve devant l’hostal et on retourne chez lui où les braises sont déjà prêtes pour l’asado. Il nous livre alors son secret pour des grillades parfaites : une pincée de sucre sur les braises et une petite feuille de journal sur la viande en fin de cuisson… Et c’est vrai que c’est très réussi ! Après un micmac d’assiettes où on ne comprend pas grand-chose, on finit par se mettre à table. Là, il nous propose de couper notre vin rouge au Coca (une pratique courante dans les pays hispanophones) mais on n’est pas tellement fan. Madame est un peu réservée mais finit par se détendre et (avec l’aide de 2 ou 3 verres de pisco) on apprend plein de choses sur les Chiliens, la période Pinochet et le Chili d’aujourd’hui. Mais l’air de rien, il commence à se faire tard et Guisson nous ramène nous coucher (après un dernier verre).

Le lendemain matin, en rangeant mon sac, je m’aperçois que mon appareil photo de secours (celui que je suis censée utiliser si je me fais faucher celui que j’utilise tout le temps) n’est plus à sa place… Comme je ne l’ai pas touché depuis le début du voyage, il ne devrait pas avoir changé de place tout seul mais sait-on jamais, je vide l’intégralité de mon sac pour vérifier. Et là, une fois que toutes mes affaires sont étalées sur mon lit, je réalise qu’il manque ma veste. Mon manteau. Mon seul et unique manteau. Le seul truc qui puisse me protéger du vent et de la pluie. Panique. Consternation. Enervement.

Je refais mentalement l’inventaire de mon sac et je vérifie que rien d’autre ne manque. Il semblerait que non. A tout hasard, j’ouvre ma pharmacie. Elle est sens dessus dessous. Clairement, quelqu’un a ouvert mon sac, sorti toutes mes affaires, fouillé ma pharmacie, pris ma veste et mon appareil photo et remis le reste suffisamment bien pour que je ne m’aperçoive de rien Damned ! Mais où ? Qui ? Comment ? Ça ne peut être qu’ici, la veille pendant qu’on était en train de chasser le renard gris. Pourtant la chambre était fermée à clé. Incompréhension. Est-ce que c’est quelqu’un de l’hôtel ? Mon père avait fermé son sac avec un cadenas, rien ne lui manque à part un chargeur d’appareil photo. On nous l’avait dit : bienvenue en Amérique du sud et… joyeux anniversaires !!!

Bon. On avait prévu de laisser nos sacs à l’hostal pour la journée en attendant le bus de nuit, on va changer d’avis. En quittant l’hostal, je signale tout de même à la dame à qui on rend les clés que mes affaires ont disparu. Elle semble surprise et m’assure qu’il n’existe qu’une seule clé de chaque chambre. Mouais. On va quand même laisser nos sacs à la consigne du terminal des bus, hein ? On retrouve notre ami Guisson qui nous explique qu’il s’est couché très tard et qu’il est très fatigué et que tout ça, c’est de notre faute.

En tout cas, nous, aujourd’hui, on a prévu de faire le tour de la Isla Pan de Azucar en bateau pour voir les fameux pingouins de Humbolt (si, ils sont fameux). Sur la route, on croise 2 petits touristes qui font du stop. Guisson s’arrête et devinez quoi ? ils sont français ! On les convainc de monter avec nous en voiture, et comme eux aussi, ils veulent voir les pingouins, on se frotte les mains en se disant qu’à 6, la négociation sera plus facile. En arrivant à Caleta Pan de Azucar (c’est LE village du parc, 3 cabanes et 4 chiens), on trouve 2 pêcheurs qui sont prêts à nous emmener faire un tour mais pas à moins de 60 000 pesos. Comme les campeurs fous manquent à l’appel, on trouve quand même que ça fait cher le pingouin… On hésite, on hésite, on tente de faire baisser le prix, on arrive à 50 000 pesos mais honnêtement, ça ne fait pas une grande différence. C’est là qu’arrivent Arturo et Martin (les campeurs). Sauf qu’ils n’ont pas un rond et qu’à 6, le pêcheur ne veut clairement pas descendre en dessous de 60 000. On argumente, on la joue sympas, en colère, désespérés, compréhensifs… rien n’y fait, c’est 60 000 ou rien. On finit donc par accepter le deal. Statistiquement, quand il y a un plan pourri du genre visiter un parc hors saison avec 6 touristes sur toute la journée et galérer à mort pour trouver un bateau qui t’emmène voir des pingouins sous un ciel tout gris, tu peux être sûr que les touristes sont français. C’est statistique.

D’après le pêcheur, il faut y aller à 16h, c’est l’heure où les pingouins sortent de l’eau et regagnent leurs nids. Du coup, on part faire un petit tour à la plage et à force de se raconter des histoires de voyage, on arrive à tuer l’après-midi. Quand on se repointe devant la cabane du pêcheur (avec des cailloux au fond du jardin), il grimace… Non, là, c’est trop tard, la marée est trop haute, on ne peut plus y aller. Alors on veut bien se faire couillonner un peu mais là, faut pas abuser des bonnes choses. On arrive donc à convaincre cette feignasse de pêcheur de nous emmener quand même et à 16h pétantes, on est dans sa barque. La marée… non mais sans blague, il a pas trouvé mieux comme excuse ?

Maintenant qu’on peut enfin les approcher, on profite du spectacle de ces petits pingouins très énervés qui font des grands mouvements de moulinets avec leurs bras pour grimper tout en haut de l’île. Ceux qui arrivent jusqu’en haut sont considérés comme les plus forts et les femelles se battent pour venir dans leurs nids… On voit aussi des loutres, des pélicans, des tas d’oiseaux et un lion de mer qui bouffe un pingouin. Bah oui, normalement, les lions de mer, ça bouffe des poissons mais là, y a pas beaucoup de poissons alors ils se mettent au pingouin. Beurk.

Et puis, comme la veille, Guisson vient nous chercher et nous ramène en ville en fin d’après-midi. Il est temps de dire au revoir à Arturo et Martin qui continuent le stop vers le nord et on va dîner avec Justine et Josselin qui, eux aussi, prennent un bus le soir même, direction Calama. Comme ils pensent aller ensuite à San Pedro de Atacama qui est notre prochaine destination, on se dit qu’on se recroisera sûrement. Et à minuit, après avoir attendu loooooongtemps notre bus entre 2 courants d’air, on grimpe enfin dedans, direction San Pedro et le désert d’Atacama, notre dernière étape chilienne.

Photos ici.

Et de 8 !

Bon. Maintenant c’est officiel, je suis une voyageuse au long cours.

Alors non, je ne porte pas la barbe, les semelles de mes chaussures ne tiennent pas au scotch et je continue à prendre une douche par jour (dans la mesure du possible) mais je suis capable de tuer 5 giga cafards dans la même soirée sans même perdre le fil de la conversation, la notion de chez moi est en train de prendre une nouvelle dimension et j’ai plein de nouveaux amis aux 4 coins du monde. Et quand je rencontre d’autres voyageurs et que j’égrène la liste des pays par lesquels je suis déjà passée, je me surprends à me dire :  « Quoi ? Déjà tout ça ? »

 

Une pensée commence tout juste à s’insinuer… dans quelques temps, je serai dans le camp de ceux qui l’ont fait et déjà, je commence à être jalouse de ceux qui seront en train de le faire voire même même de ceux qui vont le faire…

Mais n’y pensons pas. En attendant, continuons d’avancer en terre inconnue…

Ouh ! Pinaise…

… ça y est, on y est !

Aujourd’hui est un jour important.

Depuis aujourd’hui, je rentre à la maison dans moins de jours que ceux passés depuis que je suis partie.

Autrement dit… ON EST A LA MOITIE DU VOYAGE !!!

Ca passe tellement vite, c’est à peine croyable… Je trouvais que les années filaient quand je travaillais mais là, y a une sévère accélération du chronomètre. Du coup, je sais plus quoi faire : travailler ou ne pas travailler, telle est la question…

Cela étant dit, fallait s’en douter, je suis sur le point de passer de l’autre côté du planisphère et je m’apprête à vivre 2 fois la même journée (je vous expliquerai ça plus en détail très bientôt), de quoi perturber mon horloge interne !

Allez, hasta luego amigos !

Oui, je vais devoir me mettre à l’espagnol aussi. L’aventure, toujours l’aventure !