Dans la poignée de la crêpière…

La Panhandle. C’est comme ça que les Américains appellent le petit bout de la Floride qui longe le Golfe du Mexique. Enfin, petit, petit, pas tant que ça !

Mais reprenons. Après un solide petit déjeuner à l’américaine comme on les aime (œufs, bacon, buttermilk biscuit, grits (un gruau de maïs… ), céréales, toasts, bagels…), on se roule jusqu’à la voiture. Aujourd’hui, on file toujours plus à l’ouest, direction Pensacola, notre dernière étape floridienne.

Mais avant ça, on commence par le Grayton Beach State Park. Le long du Golfe du Mexique s’élève une barrière de dunes d’un sable plus blanc que blanc, et derrière ces dunes se trouve un lac d’eau douce. Il n’y a que 2 lacs d’eau douce pris au piège dans des barrières de dunes au monde : un en Afrique du Sud et l’autre ici. Nous voilà donc partis pour une petite promenade qui, sur le papier, semble plus que facile. Dans la vraie vie, il en va tout autrement. Déjà, ça fait 2 jours qu’il pleut des hallebardes : par endroits, le chemin n’est plus qu’une gigantesque flaque d’eau et Dieu sait si, pour certains d’entre nous, marcher dans les flaques est loin d’être une chose aisée… Et ensuite, ce même sentier est censé nous conduire jusqu’à la plage. Or, on a beau chercher, aucun embranchement ne nous fait passer de l’autre côté des dunes. On finira donc par suivre des empreintes « hors sentier » (oui, y avait un panneau « Ne pas marcher sur les dunes » mais bon, on va pas rester coincés à tourner en rond pendant des heures alors qu’il y a clairement d’autres gens qui l’ont fait avant nous !) et rallier discrètement la plage. Pour nous remettre de nos émotions (ouh la la… marcher pieds nus dans des flaques… je sais pas si toute le monde va s’en remettre…), on pique-nique devant le lac et on partage même nos miettes avec un énorme rat une grosse musaraigne toute mignonne…

Encore quelques kilomètres plus à l’ouest, nous arrivons à la base militaire d’Eglin. C’est une base de l’Air Force. Ici, clairement, ça rigole pas. La base s’étend sur des kilomètres carrés : bien plus grand qu’une ville. Nous, on est venus visiter le musée de l’armement. Non pas qu’on raffole des armes mais c’est assez impressionnant d’être sur cette base et en plus, c’est gratuit. Quand on arrive à proximité du hangar qui sert de musée, on est accueilli par des dizaines d’avions. Des grands, des petits, des avec le nez pointu, des habillés en tenue de camouflage… Ce qui est certain, c’est qu’aucun d’eux n’a jamais servi à transporter des touristes. Que de l’avion de combat. Ou de reconnaissance. Remarquez bien que je ne suis pas tout à fait une experte dans le domaine de l’aviation militaire alors les petits détails m’échappent. Il semblerait que quand tu joues à des jeux vidéos, tu sois bien mieux renseigné. En tout cas, y en a un qu’on repère tout de suite. C’est un grand avion tout noir, tout plat, très allongé qu’on dirait tout droit sorti d’un Star Wars. Un Blackbird, ça s’appelle. C’est un avion de reconnaissance indétectable par les écrans radar. Moi, ça m’impressionne, ça m’a l’air d’être un truc ultra haute technologie supra moderne que tu dois être trop fier de piloter ça quand t’es dans l’Air Force. Mais en fait, pas du tout. Ce truc n’a plus volé depuis 1998 et depuis, on fait bien mieux, tenez le vous pour dit !

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En tout cas, même si le musée n’est pas franchement passionnant (à moins d’être un fan de bombinette en tout genre…), il se trouve qu’aujourd’hui, il s’y déroule une cérémonie de départ à la retraite d’un officier de la base. D’UNE officier plus précisément. Bon, on n’a pas tout compris à qui elle était vraiment et ce qu’elle faisait exactement sur cette base mais on a eu le droit à l’hymne américain la main sur le cœur et le discours super émouvant entrecoupé de sanglots qui disait combien ces 14 années au service de son pays avaient été les plus belles de sa vie. On n’a pas osé s’incruster au buffet après mais y avait un gâteau avec un glaçage dans les tons pastels du plus bel effet…

En repartant d’Eglin, à nouveau, le ciel nous est tombé sur la tête. Et comme d’habitude, pas à moitié. On ne voit plus à 4 mètres, les essuie-glaces à fond balayent le pare-brise mais rien n’y fait : on est obligé de rouler à 30. On finira quand même par arriver à Pensacola. Comme il n’est pas très tard, on en profite pour faire une petite lessive. Et au moment de ranger tout notre linge propre dans la valise, v’là-ti-pas que sort justement de la valise… un monstrueux cafard !! Une prise de karaté-cafard plus tard, le voilà qui disparaît dans la cuvette des toilettes non sans avoir traumatisé certains au passage (ce qui nous vaudra un « Ça sent bizarre, non ? Ça sent pas le cafard ? »). Et pour finir en beauté cette belle journée, on ira engloutir successivement, un burger, des frites de patate douce (notre nouveau péché mignon) et des donuts de chez Krispy Kreme… ah, la gastronomie américaine… y a qu’ça d’vrai !

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Photos ici.

AL et la Maman Cafard

Oui, bon bah là, Martine, elle va tourner de l’oeil alors c’est l’heure d’aller les coucher les enfants !

Donc, comment en suis-je arrivée là ?

Dimanche dernier, j’étais à Hanoi. Dernière journée dans la capitale avant de reprendre mon petit bonhomme de chemin plus au sud. J’ai donc profité de cette dernière journée pour me cultiver un peu (je suis allée au Musée Ethnologique du Vietnam qui présente les 54 minorités ethniques qui composent la population du coin), rigoler un peu (je suis allée me gondoler devant le cadavre empaillé et recouvert de métal d’une tortue géante… vous avez remarqué comme les Vietnamiens aiment conserver les corps des gens/animaux qui meurent ? c’est un peu étrange , non ?) et manger un peu (bah oui, je ne vis pas de l’air du temps !). Puis, je suis retournée à l’aéroport (pour la 3ème fois…) pour m’envoler pour Danang. So far, so good, jusque là, tout va bien.

Arrivée à Danang vers 20h, il faut pas trop traîner pour se trouver un hôtel parce que déjà qu’à Hanoi, tout était fermé à 22h mais alors en « province »… Je me dirige donc d’un pas confiant vers l’hôtel Vinapha (retenez bien ce nom et surtout, n’y allez pas !). Aucun problème, ils ont des chambres, ils vont me montrer… Bon, la cage d’escalier est plein de mégots et y a un couloir entier dédié aux « massages » mais faut peut-être pas trop faire la difficile… La chambre n’est ni propre ni sale et quand j’ouvre la porte de la salle de bain, un gros gecko s’enfuit derrière le lavabo mais ça pourrait aller (les geckos, c’est bon, ça mange les moustiques). Je redescends à la réception et j’essaye de négocier le prix en prétextant que c’est bruyant car la chambre donne sur la rue. Aucun problème, ils ont des chambres qui donnent sur la cour ! Je remonte visiter la deuxième chambre qui est dans le même état que la première donc je pose mes sacs et je m’apprête à redescendre donner mon passeport quand mon regard est attiré par un mouvement au fond de la salle de bain… Je m’approche prudemment et… je manque avoir une attaque : la Maman des Cafards est là, tâtant avec ses antennes le carrelage et nullement impressionnée de me voir là. Moi, par contre, je suis à 2 doigts de me sentir mal. For the record, Maman Cafard mesure 7cms et ses antennes au moins autant. Je prends donc mon courage et la poubelle de la salle de bains à 2 mains et d’un geste vif et précis, je l’abats sur Maman Cafard qui termine sa vie dans un craquement immonde…

Puis je réfléchis. Vite. Est-ce que je dors là ou est-ce que les millions d’enfants qui ont dû entendre le dernier soupir de leur mère ne vont pas venir m’attaquer pendant la nuit ? Ni une, ni deux, je remets mon sac sur mes épaules, je redescends la cage d’escalier et je dépose la clé de l’enfer sur le comptoir sous les yeux de la réceptionniste qui ne comprend rien (mais franchement, je prends pas le temps de lui expliquer).

Et me revoilà dehors. Avec le cœur qui bat à 100 à l’heure et la vision cauchemardesque de Maman Cafard qui danse devant mes yeux. Première pensée : « C’est vrai qu’il y en a des plus gros en Thaïlande ? Non c’est pas possible… ». Deuxième pensée : « Bon. On va où maintenant ? ». Troisième pensée : « Oh mon Dieu ce bruit horrible que ça a fait en craquant… ».

Bon, je reprends mes esprits et je trouve 2 rues plus loin un hôtel très moyen mais où rien n’est vivant dans la chambre à part moi. Et je peux vous assurer que j’ai vérifié. J’ai bien mis 2 bonnes heures à me détendre et j’ai même dormi avec la clim à fond et la lumière allumée juste par mesure de précaution.

Bon. Mais keskiya à Danang à part des trucs qui foutent les jetons ? Sous la domination française, Danang devint au XIXème siècle le principal port de la région (et l’est encore aujourd’hui). C’est ici que les 3500 premiers marines américains débarquèrent en mars 1965 et furent accueillis par de jeunes Vietnamiennes avec des colliers de fleurs. Pendant la guerre, c’est encore ici que les GIs seront envoyés en « repos » sur la plage. La ville et ses habitants ont alors fort mauvaise réputation. Dix ans plus tard, deux camions de combattants vietcongs, composés pour plus de moitié de femmes, pénétrèrent dans ce qui avait été la ville la mieux défendue du sud et, sans tirer le moindre coup de feu, décrétèrent la libération de Danang. La ville n’est pas belle mais le flux constant de voyageurs d’affaires et une communauté florissante d’expatriés (mais que sont-ils donc venus faire là ???) ont permis le développement de petites entreprises et de tout ce qui va avec (hôtels, restaurants, etc…).

Bref, y a pas grand-chose à voir à Danang. Mais comme y a un aéroport, c’est une halte pratique. Alors, puisqu’on y est, on va quand même en faire le tour !

Curieusement, il y a là un très très chouette musée de la sculpture cham. Les Chams, ce sont les gens qui habitaient au Vietnam avant même qu’on songe à appeler ça le Vietnam. Et comme ce sont de très proches cousins des Cambodgiens, leurs sculptures ressemblent assez à ce qu’on peut trouver dans les ruines cambodgiennes. C’est très joli. Et plein d’animaux imaginaires. J’aime bien.

Et puis, sinon, y a une église rose bonbon, une pagode avec un énorme Bouddha qui se fend la poire et un temple caodaïste (oui, bon, bah là, vous allez sur Wikipédia). Et ça y est, on a fait le tour de Danang !

Pour pas partir complètement fâchée, je me suis quand même offert un pantagruélique petit déj chez Bread of Life, un resto tenu par une association caritative pour les sourds. Ils sont sourds, en effet, mais ils sont pas manchots : les pancakes étaient dé-li-cieux ! Et oui, le petit déj a le droit d’être western style, ça compte pas. Et de toute façon le pho avant 11h30 c’est pas possible.

Voilà. Faut pas abuser des bonnes choses alors je reboucle mon sac et je me mets en quête d’un taxi direction Hoi An, 35kms plus au sud. Ces messieurs les taxis étant bien trop chers à mon goût et la gare routière bien trop loin, je rencontre Truong, un Easy Rider, qui sangle mon sac sur sa grosse bécane et en avant ! Finalement, Danang, ça se termine bien mieux que ça n’a commencé…

Photos ici.

Udaipur ou l’art de prendre son temps

Je quitte Pushkar de bon matin (et sans regret) et je grimpe dans un bus direction Udaipur. Enfin, dit comme ça, ça a l’air facile, mais en fait j’ai poireauté plus d’1h30 à la gare routière parce que le gras de l’hôtel ne savait pas lire l’heure et qu’au passage, je pense qu’il s’est octroyé une commission de 100 roupies sur mon ticket de bus… Bref, il était temps de quitter Pushkar

J’arrive donc à Udaipur en fin d’après-midi et installe mon camp de base au Minerwa Hotel, chaudement recommandé par Voyagesetc. L’emplacement est super (en plein milieu de la ville, à 2 pas de tout ce qu’il y a à voir et à faire) et la chambre est très bien. J’y découvre même une nouvelle espèce de cafard à rayures, très joli…

Bref, comme ça fait 2 semaines que j’ai pas mangé de viande et qu’on est tout de même des carnivores bordel ! il faut bien se faire plaisir de temps en temps, je m’offre un dîner à l’Ambrai, un resto plutôt chic au bord de l’eau avec vue sur le City Palace et surtout le fameux Lake Palace (qui ne se visite pas, c’est un hôtel pour gens qui ont une carte Gold…). Au menu : merveilleuses brochettes de poulet mariné et petit cocktail maison… Je suis une princesse !

Arrêtons-nous un instant sur Udaipur. Petite ville (à peine 400 000 habitants) occupant un des emplacements les plus romantiques du Rajasthan (voir même de l’Inde !!) sur les rives du lac Pichola (si pas pô mignon…), Udaipur abrite de fabuleux palais, temples et havelis, accessibles par une multitude de ruelles tortueuses. Fondée en 1568 par le maharaja Udai Singh II (d’où Udai-pur, la ville d’Udai…) sur un site beaucoup moins vulnérable que l’ancienne capitale Chittorgarh, la cité, devenue capitale du Mewar, a longtemps résisté aux envahisseurs avant de finir sous protection britannique au début du XIXème siècle et de devenir depuis une des principales destinations touristiques de l’Inde.

Le lac Pichola fut agrandi après la construction de la ville par l’inondation du village de Picholi (décidément, ils ont une imagination débordante ces Indiens…). Le lac est peu profond et s’assèche lorsque les pluies de la mousson sont trop faibles. Cependant, selon la légende urbaine, il hébergerait quelques crocodiles ce qui rend toute baignade impossible (mais impossible n’est pas un mot indien apparemment…).

L’ensemble du City Palace s’étend sur près d’1 km le long de la rive. Le maharaja Jagat Singh II (un descendant du susmentionné Udai) fit construire sur la totalité de l’île Jagniwas (1,5 ha tout de même…) une petite résidence d’été qui a fini par être transformée en palace dans les années 60. Le Lake Palace apparaît dans le film de James Bond, Octopussy, ainsi qu’une bonne partie d’autres édifices de la ville et toutes les bonnes guest-houses diffusent le film régulièrement sur leurs terrasses.

Le lendemain matin, je pars visiter le City Palace. Même genre que les Jaisalmer Fort et compagnie, avec un audio guide très bien fait mais là, c’est la foule (indienne et occidentale) des grands jours ! Un gentil Indien que je rencontre à l’entrée et qui parle français avec l’accent toulousain m’explique qu’on est dimanche et que tous les Indiens du coin viennent passer leur dimanche au bord du lac et visiter le palais. Je le recroise au pied de mon hôtel où, hasard ou coïncidence, il possède une boutique qui vend des vrais cachemires (aka pas ceux qu’on trouve partout ailleurs… lui seul vend les vrais cachemires que tu trouves chez Bompard… soi-disant). Du coup, il me raconte sa vie, qu’il a habité à Toulouse pendant 8 ans (ceci explique cela), qu’il a travaillé dans un restaurant d’abord comme plongeur puis comme sous-chef puis comme manager (ah la promotion interne… ça fait rêver !) mais que quand même, dans la restauration, on fait trop d’heures, c’est fatiguant, donc il a décidé de rentrer en Inde vendre des vrais cachemires, c’est mieux payé et comme c’est lui le patron, il décide quand il bosse ou pas. Il m’invite à boire le thé, à revenir plus tard, à aller dîner dans son resto (ah oui, il a ouvert un resto avec un ami aussi…), bref, j’arrive pas à m’en défaire ! Je suis obligée de prétexter un rendez-vous pour déjeuner pour qu’il me laisse partir mais en promettant de repasser pour discuter…

C’est malin, je me retrouve coincée parce que comme il est assis devant la porte de l’hôtel, je sais pas comment trouver le moyen de sortir sans me faire alpaguer…

Et puis, je me suis laissée prendre par la torpeur d’Udaipur… Rester des heures à paresser sur les coussins de la terrasse, lire un bouquin en sirotant un lassi… Comme j’ai décidé de jouer la princesse jusqu’au bout, je m’offre même un petit ayurvedic massage. Après avoir passé une bonne heure à me faire malaxer au point de penser que j’étais en train de passer sous un camion (d’ailleurs, j’ai beau être une princesse, il a failli m’arracher une larme ou deux ce bourrin de masseur !), je file jusqu’à la terrasse du Dream Heaven admirer le soleil couchant et surtout dîner avec B., que j’ai rencontré dans le Ladakh et qui passait dans le coin, et 2 de ses nouveaux amis.

Comme on est tous les 4 à Udaipur pour quelques jours, on décide de s’inscrire à un petit cours de cuisine 2 jours plus tard, histoire d’impressionner notre monde quand on rentrera à la maison.

En attendant, moi je me suis prévue un full day horse ride dans la campagne d’Udaipur. C’est l’occasion de rencontrer U. et V., un couple germano-indien très rigolo, installé à Udaipur depuis 10 ans et propriétaire de la ferme Princess Trails qui organise les horse rides. Ils élèvent des chevaux marwanis, une race spécifique du Rajasthan, qui ont de drôles d’oreilles biscornues qui se touchent et qui sont très jolis par ailleurs. U. m’expliquera d’ailleurs que c’est pas très difficile d’apprendre à conduire en Inde, il suffit de faire attention au informal traffic : vaches, chiens, poulets, enfants qui courent au milieu de la rue…

Comme je n’ai toujours pas compris la leçon concernant les chevaux, j’ai donc choisi de passer la journée entière au pas, au trot et au galop sur mon fidèle destrier Moumal (ma fidèle destrière en réalité) à arpenter les environs d’Udaipur qui sont extraordinairement verts et luxuriants par rapport à l’ouest du Rajasthan. C’est qu’ici, la mousson a été plutôt généreuse les 3 dernières années provoquant même des inondations, contrairement au reste du Rajasthan. Je rentre avec les dos, les genoux, les cuisses et les fesses en compote (je commençais tout juste à me remettre du chameau…) et en soupçonnant les poils de chevaux d’être responsables des 127 éternuements qui m’ont pris pendant la journée. Et puis entre vous et moi, j’ai toujours peur des chevaux en fait…

Bref, pour me remettre de mes émotions, je décide d’aller dîner dans le restaurant d’un hôtel très chic et de faire le plein de poulet (mange mon petit… tu sais pas quand les petits cochons te mangeront) avant de rentrer en me traînant et en marchant comme un cow-boy jusqu’à mon lit.

Pendant que je feuillette distraitement les pages de mes guides de voyage, je sens un petit chatouillis sur mon bras gauche. D’une main distraite, je chasse l’importun quand je m’aperçois que l’importun n’est autre qu’un… CAFARD !!!! Je bondis hors de mon lit, j’attrape une tong et je me mets à chasser l’imprudent qui a osé se risquer à grimper sur ma royale personne jusqu’à ce que je le coince contre un mur et abrège sa misérable existence. NON MAIS OH ! Il s’est cru où celui-là ? Ça va pas bien dans sa tête ou quoi ? Qu’il se promène dans la salle de bain autant qu’il veut si ça l’amuse mais sur MOU ? Ça, jamais !!

J’avoue que j’aurai un peu de mal à m’endormir, même après avoir inspecté ma chambre dans tous les recoins et que je serai réveillée en sursaut plusieurs fois dans la nuit par le bruissement du rideau soulevé par le ventilateur… Mais à part ça, tout va bien, je suis détendue…

Le lendemain matin, je traîne sur la terrasse de l’hôtel après le petit déjeuner et j’en profite pour commencer à préparer mon dossier de demande de visa chinois… Un chouette moment en perspective… Mais ça fera l’objet d’un prochain post, pas de panique ! En vérité, ça me prendra une bonne partie de la journée. Mais tout le monde vous le dira, Udaipur, c’est la ville où il fait bon prendre son temps en 2 verres de chaï.

Pour finir ce petit séjour au Rajasthan sur une note gastronomique, je me suis donc inscrite à un cours de cuisine. Je retrouve donc B. et M. au Sashi Cooking Class. Le rendez-vous est à 17H30 et c’est parti pour près de 5 heures de cuisine pour réaliser pas moins de 14 plats, et que du healthy et du végétarien s’il vous plaît !! Bon, on se retrouve parfois dans le noir (on est en Inde… l’électricité est… aléatoire !) mais malgré tout, on devient experts de la cuisson des naans et du pilonnage de graines de cumin et ça, c’est bien le plus important ! Sashi est un étonnant petit bout de bonne femme (qui connaît le nom de tous les légumes en 7 ou 8 langues) et elle nous mène à la baguette ! Elle ne donne des cours de cuisine qu’aux touristes étrangers parce que les Indiens seraient capables d’ouvrir un cooking class concurrent si elle leur apprenait ses secrets… On papote, elle nous demande ce qu’on fait dans la vie et elle éclate de rire quand je lui dis que je bosse dans la restauration… But I have nothing to do with cooking !!

On finira la soirée le ventre plein et les mains parfumées au garam masala, cardamome et autres épices. Je pense qu’il va se passer un peu de temps avant que je ne mette tout ça en application mais pour la prochaine animation « Inde », pas de problème, je vous fais le show !!

C’est donc à nouveau l’heure de boucler mon sac, de reprendre le bus et de quitter Udaipur et le Rajasthan. Direction le Gujarat et Ahmedabad, « mégacité » ultramoderne ayant à priori peu d’intérêt si ce n’est d’être sur la route de Mumbai et d’avoir abrité l’ashram du Mahatma Gandhi… Oui… un peu de méditation et de spiritualité ne nous feront pas de mal…

Photos ici.

AL cracheuse de cafards…

Après avoir bien profité du buffet du petit déj du Royal Orchid, on retrouve Raju, notre tuk-tuk driver préféré, qui nous emmène visiter la fabrique de soie de Mysore. Comme il a travaillé là quelques années auparavant, il nous présente à tous ses potes et nous fait une visite particulièrement détaillée. Et c’est franchement impressionnant : des dizaines de machines filent, tournent, tissent, colorent, rincent, essorent, repassent, … Ça fait un boucan d’enfer, certains ouvriers n’ont pas de protection auditive (ça doit faire longtemps que le coordinateur QHSE n’est pas passé…) mais ils sont tous très fiers de nous montrer leur travail et la qualité de la soie qui sort de leurs mains. Mysore est d’ailleurs très réputé pour sa production de soie et les prix de ses saris tissés au fil d’or.

Hormis le bruit, l’usine nous fait l’effet d’être hyper organisée et propre, ce qui contraste franchement avec l’extérieur. Parce que oui, je n’en ai pas encore parlé mais l’Inde est à la hauteur des espérances en ce qui concerne la saleté et les odeurs qui nous surprennent et nous prennent à la gorge de temps en temps au coin de la rue…

On enchaine ensuite avec la visite du Mysore Palace, un palais de maharajas digne des 1001 nuits. Bon, le premier palais en bois a brûlé et celui qu’on visite (pieds nus s’il vous plaît, c’est bien meilleur pour piétiner les crottes de pigeons…) date de 1912 mais le faste et la magnificence de la vie à l’époque du Raj se fait encore bien sentir. On est très impressionnés par les 2 têtes d’éléphants empaillés qui encadrent la porte principale et surtout par le nombre d’Indiens qui visitent l’endroit au pas de charge.

On termine notre circuit par un petit tour au bazar. A peine plus grand que celui d’Ooty, on sent pourtant qu’on est dans une ville bien plus touristique : les vendeurs nous interpellent constamment pour nous vendre des kum-kum, poudres colorées utilisées pour les bindi, des bracelets, des flûtes en bois, des têtes d’ail, … On résiste tant bien que mal à la tentation !

Mais c’est déjà l’heure de quitter Mysore et on saute littéralement du tuk-tuk dans un bus pour Bangalore. L’arrivée sur Bangalore est chaotique : les routes sont défoncées et les travaux créent des bouchons immenses. La pollution (et les tas d’ordures qui brûlent) nous pique les yeux et la gorge. Comme il est déjà tard, on décide de dîner au restaurant de l’hôtel. Et c’est le jour où… un cafard sort de ma bouche. Y en a, c’est des perles. Moi, c’est des cafards. Celui-là était caché dans la paille de mon Pepsi… Mais ne vous inquiétez pas ! Je ne lui ai fait aucun mal. Après être resté assommé quelques minutes sur la table où je l’avais craché, il s’est remis sur ses pattes et serait reparti vivre sa vie si le serveur ne l’avait pas délicatement emmené, écrabouillé dans une serviette en papier…

Moralité : ne plus JAMAIS boire à la paille…

Photos ici.