Udaipur ou l’art de prendre son temps

Je quitte Pushkar de bon matin (et sans regret) et je grimpe dans un bus direction Udaipur. Enfin, dit comme ça, ça a l’air facile, mais en fait j’ai poireauté plus d’1h30 à la gare routière parce que le gras de l’hôtel ne savait pas lire l’heure et qu’au passage, je pense qu’il s’est octroyé une commission de 100 roupies sur mon ticket de bus… Bref, il était temps de quitter Pushkar

J’arrive donc à Udaipur en fin d’après-midi et installe mon camp de base au Minerwa Hotel, chaudement recommandé par Voyagesetc. L’emplacement est super (en plein milieu de la ville, à 2 pas de tout ce qu’il y a à voir et à faire) et la chambre est très bien. J’y découvre même une nouvelle espèce de cafard à rayures, très joli…

Bref, comme ça fait 2 semaines que j’ai pas mangé de viande et qu’on est tout de même des carnivores bordel ! il faut bien se faire plaisir de temps en temps, je m’offre un dîner à l’Ambrai, un resto plutôt chic au bord de l’eau avec vue sur le City Palace et surtout le fameux Lake Palace (qui ne se visite pas, c’est un hôtel pour gens qui ont une carte Gold…). Au menu : merveilleuses brochettes de poulet mariné et petit cocktail maison… Je suis une princesse !

Arrêtons-nous un instant sur Udaipur. Petite ville (à peine 400 000 habitants) occupant un des emplacements les plus romantiques du Rajasthan (voir même de l’Inde !!) sur les rives du lac Pichola (si pas pô mignon…), Udaipur abrite de fabuleux palais, temples et havelis, accessibles par une multitude de ruelles tortueuses. Fondée en 1568 par le maharaja Udai Singh II (d’où Udai-pur, la ville d’Udai…) sur un site beaucoup moins vulnérable que l’ancienne capitale Chittorgarh, la cité, devenue capitale du Mewar, a longtemps résisté aux envahisseurs avant de finir sous protection britannique au début du XIXème siècle et de devenir depuis une des principales destinations touristiques de l’Inde.

Le lac Pichola fut agrandi après la construction de la ville par l’inondation du village de Picholi (décidément, ils ont une imagination débordante ces Indiens…). Le lac est peu profond et s’assèche lorsque les pluies de la mousson sont trop faibles. Cependant, selon la légende urbaine, il hébergerait quelques crocodiles ce qui rend toute baignade impossible (mais impossible n’est pas un mot indien apparemment…).

L’ensemble du City Palace s’étend sur près d’1 km le long de la rive. Le maharaja Jagat Singh II (un descendant du susmentionné Udai) fit construire sur la totalité de l’île Jagniwas (1,5 ha tout de même…) une petite résidence d’été qui a fini par être transformée en palace dans les années 60. Le Lake Palace apparaît dans le film de James Bond, Octopussy, ainsi qu’une bonne partie d’autres édifices de la ville et toutes les bonnes guest-houses diffusent le film régulièrement sur leurs terrasses.

Le lendemain matin, je pars visiter le City Palace. Même genre que les Jaisalmer Fort et compagnie, avec un audio guide très bien fait mais là, c’est la foule (indienne et occidentale) des grands jours ! Un gentil Indien que je rencontre à l’entrée et qui parle français avec l’accent toulousain m’explique qu’on est dimanche et que tous les Indiens du coin viennent passer leur dimanche au bord du lac et visiter le palais. Je le recroise au pied de mon hôtel où, hasard ou coïncidence, il possède une boutique qui vend des vrais cachemires (aka pas ceux qu’on trouve partout ailleurs… lui seul vend les vrais cachemires que tu trouves chez Bompard… soi-disant). Du coup, il me raconte sa vie, qu’il a habité à Toulouse pendant 8 ans (ceci explique cela), qu’il a travaillé dans un restaurant d’abord comme plongeur puis comme sous-chef puis comme manager (ah la promotion interne… ça fait rêver !) mais que quand même, dans la restauration, on fait trop d’heures, c’est fatiguant, donc il a décidé de rentrer en Inde vendre des vrais cachemires, c’est mieux payé et comme c’est lui le patron, il décide quand il bosse ou pas. Il m’invite à boire le thé, à revenir plus tard, à aller dîner dans son resto (ah oui, il a ouvert un resto avec un ami aussi…), bref, j’arrive pas à m’en défaire ! Je suis obligée de prétexter un rendez-vous pour déjeuner pour qu’il me laisse partir mais en promettant de repasser pour discuter…

C’est malin, je me retrouve coincée parce que comme il est assis devant la porte de l’hôtel, je sais pas comment trouver le moyen de sortir sans me faire alpaguer…

Et puis, je me suis laissée prendre par la torpeur d’Udaipur… Rester des heures à paresser sur les coussins de la terrasse, lire un bouquin en sirotant un lassi… Comme j’ai décidé de jouer la princesse jusqu’au bout, je m’offre même un petit ayurvedic massage. Après avoir passé une bonne heure à me faire malaxer au point de penser que j’étais en train de passer sous un camion (d’ailleurs, j’ai beau être une princesse, il a failli m’arracher une larme ou deux ce bourrin de masseur !), je file jusqu’à la terrasse du Dream Heaven admirer le soleil couchant et surtout dîner avec B., que j’ai rencontré dans le Ladakh et qui passait dans le coin, et 2 de ses nouveaux amis.

Comme on est tous les 4 à Udaipur pour quelques jours, on décide de s’inscrire à un petit cours de cuisine 2 jours plus tard, histoire d’impressionner notre monde quand on rentrera à la maison.

En attendant, moi je me suis prévue un full day horse ride dans la campagne d’Udaipur. C’est l’occasion de rencontrer U. et V., un couple germano-indien très rigolo, installé à Udaipur depuis 10 ans et propriétaire de la ferme Princess Trails qui organise les horse rides. Ils élèvent des chevaux marwanis, une race spécifique du Rajasthan, qui ont de drôles d’oreilles biscornues qui se touchent et qui sont très jolis par ailleurs. U. m’expliquera d’ailleurs que c’est pas très difficile d’apprendre à conduire en Inde, il suffit de faire attention au informal traffic : vaches, chiens, poulets, enfants qui courent au milieu de la rue…

Comme je n’ai toujours pas compris la leçon concernant les chevaux, j’ai donc choisi de passer la journée entière au pas, au trot et au galop sur mon fidèle destrier Moumal (ma fidèle destrière en réalité) à arpenter les environs d’Udaipur qui sont extraordinairement verts et luxuriants par rapport à l’ouest du Rajasthan. C’est qu’ici, la mousson a été plutôt généreuse les 3 dernières années provoquant même des inondations, contrairement au reste du Rajasthan. Je rentre avec les dos, les genoux, les cuisses et les fesses en compote (je commençais tout juste à me remettre du chameau…) et en soupçonnant les poils de chevaux d’être responsables des 127 éternuements qui m’ont pris pendant la journée. Et puis entre vous et moi, j’ai toujours peur des chevaux en fait…

Bref, pour me remettre de mes émotions, je décide d’aller dîner dans le restaurant d’un hôtel très chic et de faire le plein de poulet (mange mon petit… tu sais pas quand les petits cochons te mangeront) avant de rentrer en me traînant et en marchant comme un cow-boy jusqu’à mon lit.

Pendant que je feuillette distraitement les pages de mes guides de voyage, je sens un petit chatouillis sur mon bras gauche. D’une main distraite, je chasse l’importun quand je m’aperçois que l’importun n’est autre qu’un… CAFARD !!!! Je bondis hors de mon lit, j’attrape une tong et je me mets à chasser l’imprudent qui a osé se risquer à grimper sur ma royale personne jusqu’à ce que je le coince contre un mur et abrège sa misérable existence. NON MAIS OH ! Il s’est cru où celui-là ? Ça va pas bien dans sa tête ou quoi ? Qu’il se promène dans la salle de bain autant qu’il veut si ça l’amuse mais sur MOU ? Ça, jamais !!

J’avoue que j’aurai un peu de mal à m’endormir, même après avoir inspecté ma chambre dans tous les recoins et que je serai réveillée en sursaut plusieurs fois dans la nuit par le bruissement du rideau soulevé par le ventilateur… Mais à part ça, tout va bien, je suis détendue…

Le lendemain matin, je traîne sur la terrasse de l’hôtel après le petit déjeuner et j’en profite pour commencer à préparer mon dossier de demande de visa chinois… Un chouette moment en perspective… Mais ça fera l’objet d’un prochain post, pas de panique ! En vérité, ça me prendra une bonne partie de la journée. Mais tout le monde vous le dira, Udaipur, c’est la ville où il fait bon prendre son temps en 2 verres de chaï.

Pour finir ce petit séjour au Rajasthan sur une note gastronomique, je me suis donc inscrite à un cours de cuisine. Je retrouve donc B. et M. au Sashi Cooking Class. Le rendez-vous est à 17H30 et c’est parti pour près de 5 heures de cuisine pour réaliser pas moins de 14 plats, et que du healthy et du végétarien s’il vous plaît !! Bon, on se retrouve parfois dans le noir (on est en Inde… l’électricité est… aléatoire !) mais malgré tout, on devient experts de la cuisson des naans et du pilonnage de graines de cumin et ça, c’est bien le plus important ! Sashi est un étonnant petit bout de bonne femme (qui connaît le nom de tous les légumes en 7 ou 8 langues) et elle nous mène à la baguette ! Elle ne donne des cours de cuisine qu’aux touristes étrangers parce que les Indiens seraient capables d’ouvrir un cooking class concurrent si elle leur apprenait ses secrets… On papote, elle nous demande ce qu’on fait dans la vie et elle éclate de rire quand je lui dis que je bosse dans la restauration… But I have nothing to do with cooking !!

On finira la soirée le ventre plein et les mains parfumées au garam masala, cardamome et autres épices. Je pense qu’il va se passer un peu de temps avant que je ne mette tout ça en application mais pour la prochaine animation « Inde », pas de problème, je vous fais le show !!

C’est donc à nouveau l’heure de boucler mon sac, de reprendre le bus et de quitter Udaipur et le Rajasthan. Direction le Gujarat et Ahmedabad, « mégacité » ultramoderne ayant à priori peu d’intérêt si ce n’est d’être sur la route de Mumbai et d’avoir abrité l’ashram du Mahatma Gandhi… Oui… un peu de méditation et de spiritualité ne nous feront pas de mal…

Photos ici.

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