Du gumbo, du zydeco et des gens qui parlent… français !!???

Aujourd’hui, on quitte Pensacola et la Floride et dans la même journée, on va passer en Alabama (non, pas dans le comté de Grimbow…), dans le Mississippi (Tom Saw-yer ! C’est l’Amériqu-euh !) pour enfin arriver en Louisiane.

Juste avant de dire adieu à la Floride et pour continuer sur notre lancée US Army, on se rend au National Museum of Naval Aviation. En gros, c’est un peu leur Musée du Bourget à eux. Il faut savoir que Pensacola abrite elle aussi une base militaire et que tous les pilotes américains de la Seconde Guerre Mondiale sont venus s’entraîner ici. Aujourd’hui, la base est toujours en activité (et est gigantissime) et elle abrite notamment les Blue Angels, la crème de la crème des pilotes de l’aéronavale, ceux qui font des cabrioles en l’air pendant que tout le monde fait : « Wow… !! ». Et pour celles qui seraient nostalgiques de l’époque où être fan de Tom Cruise ne voulait pas forcément dire être has been, c’est évidemment là que se déroule le film Top Gun. Ah… Top Gun…

Mais reprenons nos esprits. Ce musée-là aussi est immense et même après 3 bonnes heures à déambuler entre les différents avions, planeurs, ballons et autres simulateurs de vols, on est loin d’en avoir fait le tour. Et puis, au bout de 2 jours, clairement, mon intérêt pour tous ces trucs qui volent commence à s’émousser. Nous revoilà donc sur la route, toujours sous des trombes d’eau (mais qui a dit qu’on allait crever de chaud en Floride au mois d’août ???).

De toute façon, on s’en fiche, aujourd’hui la route est longue. Après avoir suivi la A1A pendant près de 10 jours, nous voici maintenant sur la I10. La I10 traverse le pays d’est en ouest (ou dans l’autre sens, tout dépend toujours du sens dans lequel vous roulez…) de Tallahassee à Los Angeles. Moi, ça m’impressionne toujours de me dire que ce ruban d’asphalte se déroule sans discontinuer sur des milliers de kilomètres tout en traversant les marais de Floride, le pays cajun, les ranchs du Texas et le désert de Mojave pour arriver à Hollywood…

Heureusement, nous, on s’arrête bien avant. A Lafayette en Louisiane plus précisément. Il paraît que la vie nocturne de Lafayette n’a rien à envier à celle de la Nouvelle-Orléans alors comme on est clairement ce qu’on appelle des oiseaux de nuit (je rigole, bien sûr…), on ne pouvait pas laisser passer ça ! Et puis ça serait quand même dommage de se limiter justement à la Nouvelle-Orléans quand la Louisiane est loin de se résumer à ça. Ce soir, on va donc dîner chez Randol’s. En plus de pouvoir goûter à la spécialité du coin, le gumbo, et découvrir que le crawfish n’est pas un poisson mais de l’écrevisse, on a le droit à un orchestre de zydeco, la musique locale, qui fait danser les petits et les grands jusqu’à pas d’heure. Enfin, pas d’heure… à 22h, tout le monde fait une dernière révérence et se dit bonne nuit !

Le lendemain, nous voici donc à la découverte de la Louisiane. On commence par une immersion dans la Louisiane d’avant sa cession aux Etats-Unis quand c’était encore un territoire peuplé par les Acadiens qui s’étaient fait virer d’Acadie justement par les Canadiens. Et ces gens parlaient… français ! Au Vermillion Village, un village entier a été reconstitué afin de conserver le patrimoine cajun et on est accueillis par des gens qui parlent donc français. Enfin français… pas tout à fait le même que nous quand même. On passera un bon moment avec un vieux papi violoniste qui, à presque 90 ans, déplore que ses petits-enfants ne veuillent pas apprendre la langue de Molière… Cela étant dit, nous, on le comprend mieux quand il parle anglais que français !

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Après cette plongée dans l’Histoire, on continue notre exploration des curiosités locales. Et devinez donc ce qu’on trouve ici et nulle part ailleurs dans le monde ? L’usine Tabasco® ! Aussi dingue que ça puisse paraître, il n’y a qu’une seule usine Tabasco® dans le monde et elle est ici, à Avery Island. Alors oui, les piments viennent pour la plupart d’Amérique Centrale (de Colombie notamment) mais les petites bouteilles qu’on trouve partout dans le reste du monde sont remplies ici. Il en sort de la chaîne 700 000 par jour, 4 jours par semaine ! Malheureusement, aujourd’hui on est dimanche et l’usine ne tourne pas. Mais la boutique souvenir oui ! Et on découvre qu’il n’existe non pas 2 saveurs de Tabasco® (le rouge et le vert qu’on trouve chez nous) mais 7 ! Ils font aussi du soda au Tabasco®, de la crème glacée au Tabasco®, de la mayonnaise au Tabasco®, des sucettes au Tabasco®… bref, tout ce qui est humainement possible de faire avec du Tabasco® ! Et bien sûr, on peut goûter à tout. On repartira donc de là avec de sévères brûlures d’estomac…

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Et après la culture et la confiture (si, si, ils font aussi de la confiture au Tabasco®), un peu de nature ! Pour terminer notre journée en beauté, nous nous arrêtons au Lake Fausse Point State Park. Au moment d’emprunter le sentier de notre petite balade, on croise un alligator qui pense s’être bien camouflé entre les nénuphars et une famille qui revient vers le parking. Ils sont littéralement dévorés par les moustiques. On se vide donc sur la tête la moitié de notre spray anti-moustiques avant de s’engager d’un pas plus que sportif. Il fait chaud, très humide et dès qu’on ralentit le pas, on entend les nuées vrombir près de nos oreilles. Autant dire qu’on ne profite pas vraiment du paysage… Après une bonne heure à ce train d’enfer, c’est donc particulièrement poisseux qu’on revient au parking. Et là, à quelques mètres de la voiture, on aperçoit… un tatou !

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Mais on ne s’attarde pas : ce soir, on s’arrête à Baton Rouge, la capitale de la Louisiane. On y goûte d’ailleurs aux po’boys, les sandwiches typiques de la région. Ce sont des sandwiches faits dans un semblant de baguette et garnis de trucs frits. Le meilleur serait paraît-il aux huîtres… Nous, on se contente de crevettes et bien sûr, de frites de patate douce…

Le lendemain matin, on visite le capitole. Dans un style assez différent de celui de Floride, on retrouve pourtant les mêmes chambres du Congrès et celle des Représentants et un Observation Deck au dernier étage d’où on peut contempler le Mississippi et où on aperçoit notre premier bateau avec une roue à aubes. Et comme à Tallahassee, on se demande bien où sont tous les gens censés travailler ici…

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On prend ensuite la direction de Vacherie (oui, pas mal de villes ont des noms français dans le coin, témoignage du passé francophone de la région) pour aller visiter la Laura Plantation. En effet, l’attraction du coin, tout le long du Mississippi, c’est de visiter les anciennes plantations de canne à sucre. Pour la plupart d’entre elles, ce sont de grandes maisons très Autant En Emporte Le Vent. Pour un peu, on s’attendrait à voir Scarlett descendre l’allée de chênes en courant et en secouant ses bouclettes. Le seul problème, c’est que toutes ces visites sont payantes et à 20 dollars l’entrée en moyenne, faut faire un choix.

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Nous, on a donc choisi d’aller visiter la Laura Plantation qui est un peu différente de ces voisines. D’abord parce qu’elle était possédée par des Créoles. Les Créoles de Louisiane n’ont rien à voir avec les Créoles des Antilles. Ici, pour être créole, il faut être né en Louisiane, être catholique et parler français. Et des Créoles, y en avait des Blancs et des Noirs. Tout ça n’était pas un problème jusqu’à ce que, comme en Floride, les Etats-Unis récupèrent la Louisiane. La deuxième particularité de cette plantation c’est qu’elle a été dirigée uniquement par des femmes. Ça non plus, avant l’arrivée des Américains, ça n’était pas un problème. Heureusement pour nous, le déluge qui s’abattait encore ce matin s’arrête juste au moment où commence notre visite. On passe donc presque 2 heures sur le domaine à imaginer la vie de ces familles et de leurs esclaves, quand tout tournait autour des récoltes et du Mississippi. Une drôle de vie… On apprend entre autre qu’en dollars d’aujourd’hui, le prix moyen d’un esclave était de 25 000 dollars. Fallait donc pas trop en tuer, ça revenait cher… Et d’ailleurs, savez-vous comment on faisait pour avoir plein d’esclaves pour pas cher ? On achetait quelques hommes et le double de femmes et il suffisait d’être patient… quelques années plus tard, on avait une ribambelle de petits esclaves tout frais… Oui, fallait pas avoir trop besoin de se regarder dans la glace…

Et après la vie à la campagne, nous arrivons enfin à la Nouvelle-Orléans, dernière étape de notre voyage dans le sud-est du pays. Pour être au plus près de l’action, nous avons choisi un hôtel en plein dans le French Quarter. Et ça ne ressemble à rien de ce qu’on a pu voir jusque là : ce n’est qu’une succession de jolies maisons avec de magnifiques balcons en fer forgé dégoulinant de lierres et de plantes en tout genre et les rues ont de vrais noms (pas juste des numéros) inscrits en petits carreaux dans le trottoir. On est bien loin des images qu’on avait pu voir après le passage de l’ouragan Katrina. Même si on se doute que toute la ville n’a pas été si bien reconstruite : on est dans LE quartier touristique.

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On passe notre première soirée à se balader donc dans le quartier et dans la fameuse Bourbon Street où les bars à strip-tease côtoient les clubs de jazz et les boutiques de souvenirs kitschouilles avant d’aller manger un bon gumbo chez ACME, un resto réputé pour… ses huîtres (oui, on en a fait une petite cure…) !

Photos ici.

Dans la poignée de la crêpière…

La Panhandle. C’est comme ça que les Américains appellent le petit bout de la Floride qui longe le Golfe du Mexique. Enfin, petit, petit, pas tant que ça !

Mais reprenons. Après un solide petit déjeuner à l’américaine comme on les aime (œufs, bacon, buttermilk biscuit, grits (un gruau de maïs… ), céréales, toasts, bagels…), on se roule jusqu’à la voiture. Aujourd’hui, on file toujours plus à l’ouest, direction Pensacola, notre dernière étape floridienne.

Mais avant ça, on commence par le Grayton Beach State Park. Le long du Golfe du Mexique s’élève une barrière de dunes d’un sable plus blanc que blanc, et derrière ces dunes se trouve un lac d’eau douce. Il n’y a que 2 lacs d’eau douce pris au piège dans des barrières de dunes au monde : un en Afrique du Sud et l’autre ici. Nous voilà donc partis pour une petite promenade qui, sur le papier, semble plus que facile. Dans la vraie vie, il en va tout autrement. Déjà, ça fait 2 jours qu’il pleut des hallebardes : par endroits, le chemin n’est plus qu’une gigantesque flaque d’eau et Dieu sait si, pour certains d’entre nous, marcher dans les flaques est loin d’être une chose aisée… Et ensuite, ce même sentier est censé nous conduire jusqu’à la plage. Or, on a beau chercher, aucun embranchement ne nous fait passer de l’autre côté des dunes. On finira donc par suivre des empreintes « hors sentier » (oui, y avait un panneau « Ne pas marcher sur les dunes » mais bon, on va pas rester coincés à tourner en rond pendant des heures alors qu’il y a clairement d’autres gens qui l’ont fait avant nous !) et rallier discrètement la plage. Pour nous remettre de nos émotions (ouh la la… marcher pieds nus dans des flaques… je sais pas si toute le monde va s’en remettre…), on pique-nique devant le lac et on partage même nos miettes avec un énorme rat une grosse musaraigne toute mignonne…

Encore quelques kilomètres plus à l’ouest, nous arrivons à la base militaire d’Eglin. C’est une base de l’Air Force. Ici, clairement, ça rigole pas. La base s’étend sur des kilomètres carrés : bien plus grand qu’une ville. Nous, on est venus visiter le musée de l’armement. Non pas qu’on raffole des armes mais c’est assez impressionnant d’être sur cette base et en plus, c’est gratuit. Quand on arrive à proximité du hangar qui sert de musée, on est accueilli par des dizaines d’avions. Des grands, des petits, des avec le nez pointu, des habillés en tenue de camouflage… Ce qui est certain, c’est qu’aucun d’eux n’a jamais servi à transporter des touristes. Que de l’avion de combat. Ou de reconnaissance. Remarquez bien que je ne suis pas tout à fait une experte dans le domaine de l’aviation militaire alors les petits détails m’échappent. Il semblerait que quand tu joues à des jeux vidéos, tu sois bien mieux renseigné. En tout cas, y en a un qu’on repère tout de suite. C’est un grand avion tout noir, tout plat, très allongé qu’on dirait tout droit sorti d’un Star Wars. Un Blackbird, ça s’appelle. C’est un avion de reconnaissance indétectable par les écrans radar. Moi, ça m’impressionne, ça m’a l’air d’être un truc ultra haute technologie supra moderne que tu dois être trop fier de piloter ça quand t’es dans l’Air Force. Mais en fait, pas du tout. Ce truc n’a plus volé depuis 1998 et depuis, on fait bien mieux, tenez le vous pour dit !

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En tout cas, même si le musée n’est pas franchement passionnant (à moins d’être un fan de bombinette en tout genre…), il se trouve qu’aujourd’hui, il s’y déroule une cérémonie de départ à la retraite d’un officier de la base. D’UNE officier plus précisément. Bon, on n’a pas tout compris à qui elle était vraiment et ce qu’elle faisait exactement sur cette base mais on a eu le droit à l’hymne américain la main sur le cœur et le discours super émouvant entrecoupé de sanglots qui disait combien ces 14 années au service de son pays avaient été les plus belles de sa vie. On n’a pas osé s’incruster au buffet après mais y avait un gâteau avec un glaçage dans les tons pastels du plus bel effet…

En repartant d’Eglin, à nouveau, le ciel nous est tombé sur la tête. Et comme d’habitude, pas à moitié. On ne voit plus à 4 mètres, les essuie-glaces à fond balayent le pare-brise mais rien n’y fait : on est obligé de rouler à 30. On finira quand même par arriver à Pensacola. Comme il n’est pas très tard, on en profite pour faire une petite lessive. Et au moment de ranger tout notre linge propre dans la valise, v’là-ti-pas que sort justement de la valise… un monstrueux cafard !! Une prise de karaté-cafard plus tard, le voilà qui disparaît dans la cuvette des toilettes non sans avoir traumatisé certains au passage (ce qui nous vaudra un « Ça sent bizarre, non ? Ça sent pas le cafard ? »). Et pour finir en beauté cette belle journée, on ira engloutir successivement, un burger, des frites de patate douce (notre nouveau péché mignon) et des donuts de chez Krispy Kreme… ah, la gastronomie américaine… y a qu’ça d’vrai !

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Photos ici.

Tallahassee

Après un dernier petit déjeuner made in Denis-le-pirate, on quitte St Augustine. Sans payer notre hôtel. Non pas qu’on n’ait pas voulu payer. Mais ce matin, à l’hôtel, y a que Denis, et lui, il peut pas utiliser la machine à carte bleue. J’essaye de passer quelques coups de fil au propriétaire mais il est malade, il peut rien faire. Moralité, on part sans payer. Mais rassurez-vous, grâce à la technologie moderne et internet, les pirates vont quand même finir par me rattraper…

Aujourd’hui, direction donc Tallahassee, capital city of Florida. Oui, pour ceux qui croyaient que Miami ou Orlando était la capitale de la Floride, vous vous êtes fourrés le doigt dans l’œil. C’est Tallahassee. Evidemment, personne n’a jamais entendu parler de Tallahassee. Bah… c’est normal : y a rien à y voir. Mais avant donc de plonger plein ouest, on s’offre quelques derniers kilomètres le long de la A1A, notre route préférée le long de la côte atlantique. La route court littéralement tout le long de la côte floridienne du nord au sud (ou du sud au nord, tout dépend dans quel sens vous conduisez) et passe par toutes les petites îles ou presqu’îles si jolies qu’on voudrait s’arrêter tous les 500 mètres. C’est comme ça qu’on passe par la Kingsley Plantation, une ancienne plantation de canne à sucre tenue par M. & Mme Kingsley, des Gens de Couleur Libres. Oui parce qu’en Floride, y avait pas que des Blancs qui possédaient des esclaves et qui les faisaient trimer dans leurs plantations. Enfin ça, c’était avant que la Floride ne devienne américaine bien sûr. Parce qu’après, ça a été un peu plus compliqué pour les Gens de Couleur Libres. La ségrégation s’appliquait à eux aussi alors les Kingsley, ils se sont enfuis à Haïti. De la grande époque, il ne reste que la maison des maîtres, en pleine restauration à cause de l’humidité, des termites et des catastrophes naturelles, et quelques cases d’esclaves, en ruines. Et pourtant, avec un peu d’imagination, on s’attendrait presqu’à voir l’Oncle Tom sortir de la grange… Mais en fait, ce sont plutôt des nuées de moustiques qui nous sautent dessus alors on se dépêche de remonter en voiture et on file toujours le long de la A1A.

Un plus plus loin, on arrive à Big Talbot Island. Rien de spécial, c’est juste très joli, y a plein d’arbres morts couchés sur la plage parce que la marée les fait tomber un à un de la dune et avec le ciel au loin qui noircit un peu plus chaque minute (doit y avoir un sacré orage un peu plus loin), les couleurs sont magnifiques.

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Et enfin, ça y est, virage à droite et adieu l’Atlantique ! Enfin… pour cette fois !

Quelques heures plus tard, nous arrivons à Tallahassee. Non seulement, y a rien à voir mais la ville n’est vraiment pas très belle : comme partout, des kilomètres d’avenues le long desquelles s’alignent les fast-foods (faudrait pas que quiconque soit à plus de 10 minutes à pieds d’un McDo ou d’un KFC), les vendeurs de meubles et les stations-services. Du coup, on préfère profiter de la piscine de notre motel avant d’aller dîner dans un petit resto de poisson et fruits de mer. Sur le papier, ça a l’air plutôt sain et diététique. Dans la vraie vie, tout ce que j’avalerai ce soir-là sera frit… le poisson, les frites de patate douce, les okras (un genre de poivron)… tout ! Et tout a beau être très bon, ça finit par être un peu écœurant…

Le lendemain matin, avant de reprendre la route, nous allons visiter le Civic District. Dans chaque capitale d’Etat se trouve le capitole. C’est là que le Gouverneur… gouverne. Et en Floride, on peut rentrer dans le capitole comme dans un moulin (après une bonne fouille à l’entrée quand même). Et on peut se balader là-dedans comme bon nous semble. A tel point qu’on arrive devant le bureau du Gouverneur himself, Rick Scott. Là, juste devant la porte, y a le bureau de son assistante, Christine. Et Christine, ce matin, elle a pas grand-chose à faire alors on papote. Evidemment, elle est venue en honeymoon à Paris et elle a adoooooré… elle pense d’ailleurs accrocher des photos que son mari a prises sur les murs de son bureau, qu’est-ce qu’on en pense ? Bon, pour ce matin, elle est désolée mais on ne peut pas voir l’intérieur du bureau de son patron, il bosse. D’ailleurs, on entend des voix derrière la grosse porte en bois. C’est pas grave, j’étais pas vraiment in the mood pour aller en réunion de toute façon.

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Pour gouverner, Ricky, il est pas tout seul. Quelques étages plus haut, y a la chambre du Congrès (House of Congress) et la chambre des Représentants (House of Representatives). Bon, c’est sûr, ça a moins de gueule que notre Assemblée Nationale mais ils ont de sacrés fauteuils ! Pour finir, on grimpe à l’Observation Deck au dernier étage. De là, on se rend compte que Tallahassee, finalement, c’est pas bien grand et en plus, c’est perdu dans la forêt.

On ressort de là en se demandant à quelle heure ils commencent à bosser les fonctionnaires américains. Parce qu’il est 10h et à part nous et Christine, y a pas grand-monde dans ce building…

Tant qu’on est dans le quartier, on fait également un saut au Old Capitol State, celui qui était utilisé avant de devenir trop petit pour toute cet armée de fonctionnaires fantômes… et puis enfin, au Florida Historical Museum. Là, on apprend qu’il y a très longtemps, y avait des mammouths en Floride (sûrement les retraités qui venaient se mettre au chaud…) et que c’est ici qu’a été inventée la clim. En même temps, ça se comprend…

Cela étant dit, au moment où on reprend la route, il se met à pleuvoir. Et pas un petit crachin breton genre pipi de chat. Oh non ! Plutôt un déluge genre pluie tropicale. Si fort que les essuie-glaces peinent à tout essuyer et que la voiture soulève des gerbes d’eau plus haute qu’elle… impressionnant.

Et c’est toujours sous la pluie qu’on arrive au Wakulla Springs State Park. Ici, on a une chance d’apercevoir outre nos alligators préférés, des tas de jolis oiseaux et même, des lamantins. Mais pour ça, il faut prendre un bateau et vu ce qui tombe, les départs sont pour l’instant suspendus. Alors pour faire passer le temps, on pique-nique à l’abri dans le lodge du parc tout en allant régulièrement demander aux rangers s’ils remettent les bateaux à l’eau. Et la patience finit par payer : on embarque finalement avec tout un groupe de… retraités (sans blague !) et un capitaine à l’accent à couper au couteau. Mais peu importe, les lamantins sont là ! Et ils sont énoooormes ! Et probablement sourds vu qu’ils ne bougent pas à l’approche du bateau… ils sortent juste leur nez pour respirer de temps en temps. Dans l’eau un peu trouble de la rivière, on dirait de grosses quenelles…

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En fin de journée, sur la route de Port St Joe, notre étape pour cette nuit, on s’arrête à l’Indian Pass Raw Bar, un resto dont la spécialité est les fruits de mer et plus particulièrement les huîtres, ulrta réputées dans la région. Crues, au four ou grillées avec du parmesan, y en a pour tous les goûts. Et vu le monde qu’il y a dans cette petite gargote du bout du monde, on se dit que ça doit valoir le détour. Bon, moi, je mange pas d’huîtres mais il paraît que c’était très bon. En repartant, on a droit à un superbe coucher de soleil sur la baie…

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Photos ici.

St Augustine

Ce matin, on décide de creuser la question de Daytona Beach. C’est vrai, après tout, si c’est la World’s Most Famous Beach, on peut bien lui consacrer la matinée. Mais comme nous, les courses de voitures, on s’en fout, on décide d’aller visiter la Angell & Phelp’s Chocolate Factory. Ca au moins, ça nous parle. Quand on rentre dans la boutique, on pourrait se croire chez Willie Wonka. Sauf qu’ici, les chocolats sont en forme de tongs et que la spécialité semble être… les chips et le bacon enrobés de chocolat !!! Gardons l’esprit ouvert et allons visiter les laboratoires de production. En fait de visite, on regarde juste les 3 employés travailler à travers de grandes baies vitrées. Et la gentille dame qui fait le commentaire est très fière de nous expliquer comment fonctionne la machine qui recouvre les chips de chocolat ! Mouais… nous, on a bien vu que les chips, c’est des Lays et mon petit doigt me dit que l’HACCP version US, c’est pas tout à fait la même chose que chez nous… m’enfin bon, on n’est pas là pour faire la fine bouche, on est clairement là pour la dégustation à la fin de la « visite ». Verdict : le bacon au chocolat, bah… ça a le goût de bacon et les Américains, ils mettent bien trop de sucre dans leur chocolat…

Pour éliminer tout ça, on part faire un petit tour sur la plage. Et pour une fois, on trouve la mer… froide ! Enfin, non. Pas vraiment « froide ». Plutôt moins chaude que d’habitude. On se serait bien baignés, tiens ! Sauf qu’on n’a pas le temps. On doit filer un peu plus au nord, direction St Augustine.

St Augustine, c’est rien de moins que la première cité établie par les Espagnols sur le continent américain. Enfin, nord-américain. La ville a donc d’abord été espagnole, puis anglaise, puis à nouveau espagnole, puis finalement américaine quand les Espagnols ont fini par vendre la Floride aux Etats-Unis en 1821. Du coup, la ville a plus de 500 ans d’histoire et d’un point de vue américain, c’est énorme ! Le centre-ville est plein de petites rues étroites où s’alignent les maisons à colombage et avec de jolis balcons en bois. Très espagnol, quoi. Pour une fois, on laisse tomber les motels en périphérie pour s’installer dans la Pirate Haus, en plein dans la vieille ville. Parce que avec tous ces changements de mains et les Caraïbes pas très loin, les pirates aussi s’en sont donnés à cœur joie et font donc partie du folklore. On est d’ailleurs accueillis par Denis, un gentil pirate un peu dur de la feuille qui nous explique que lui, ici, il ne s’occupe que des pancakes du petit déj. Nous, des pancakes, on ne demande pas mieux. Sauf que là, il est 15h, c’est pas vraiment l’heure du petit déj. Plutôt celle de la sieste. Et après le rythme infernal des derniers jours, on s’écroule. On ressort quand même de notre repaire pour aller dîner dans un café cubain de bons sandwiches pleins de légumes et de poulet mariné. Mais ce qu’on ne voulait surtout pas rater, c’est la « meilleure glace du monde » ! Vous avez déjà remarqué comme, partout, ils ont toujours le meilleur truc du monde ? La meilleure plage, la meilleure glace, le meilleur bacon au chocolat… Ils sont forts ces Américains… En tout cas, pour la glace, faut avouer qu’ils se défendent bien. Chez Hyppo, on ne fait que des esquimaux. Mais à des trucs de dingue. Mangue-champagne, Nutella, concombre-citron-menthe… y a tellement de parfums qu’on se dit qu’on va être obligés de revenir avant de partir.

Le lendemain matin, on retrouve Denis pour le petit déjeuner. Quand il dit qu’il s’occupe des pancakes, Denis, il se paye pas notre tête. On a le droit à des pancakes personnalisés avec notre nom (ou presque) dessus et même un pirate !

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Le ventre plein, on part explorer les reliques du passé tumultueux de St Augustine. D’abord le fort. Où un ranger rigolo nous raconte l’histoire des murs en habits d’époque et en suant à grosses gouttes : il porte une veste en laine et il fait pas loin de 30°C ! Puis, le Colonial Quarter, un village reconstitué où des artisans, eux aussi en habits d’époque, continuent à travailler selon les méthodes d’antan. On rencontrera donc un forgeron et un armurier, tous les deux passionnés par leurs métiers et très fiers de l’expliquer aux visiteurs. Et enfin, une vielle école où la cloche continue de sonner et rappelle brusquement à certains que la rentrée, c’est pour bientôt…

Le seul hic, c’est qu’à l’époque, y avait pas la clim. Et que passé 11h, on n’est pas loin de la liquéfaction. On va donc se réfugier dans un resto pour dévorer des tacos et se réhydrater à grandes rasades de limonade. Puis, on repart pour, cette fois, le passé plus récent de la ville, en allant visiter l’université située dans des bâtiments plutôt impressionnants qui datent du début du siècle. Et on se dit que, décidément, les étudiants américains sont bien lotis… ils ont même une piscine !! Nous, on a les tours pleines d’amiante de Jussieu… chacun son style. En revenant vers l’hôtel, on craque pour un petit morceau de fudge chocolat-framboise chez Kilwin’s… on est obligés de le manger rapidement, il fait tellement chaud qu’il nous coule entre les doigts !

En début de soirée, on décide de revenir à la bonne gastronomie américaine : salades, sandwiches, y a que ça de vrai ! Et pour se finir, un petit esquimau de chez Hyppo !

Et après ces 2 jours où, contrairement à ce que vous pourriez croire, on n’a pas du tout passer notre temps à s’empiffrer, il est à nouveau l’heure de boucler nos valises : demain, on quitte la côte atlantique et on file plein ouest…

Photos ici.

Houston ? Où est ma fusée ?

Cette fois, on quitte Pompano Beach pour de bon.  Adieu la piscine plus bleue que bleu, adieu l’immense lit king size où on a failli se perdre et surtout merci Marc et Muriel pour votre accueil chaleureux pendant ces quelques jours. Et en route pour l’aventure !

L’aventure commence par une virée dans le 6ème plus grand mall des USA : Sawgrass Mills Mall. Près de 230 000m² et 350 boutiques. Et en plus, on est samedi. Entre les cadeaux à rapporter pour les uns, les garde-robes à refaire pour les autres et les goûts et les couleurs de chacun, on a beau être là dès l’ouverture, ultra organisés, le plan dans une main et la liste des courses dans l’autre, il nous faudra pas moins de 5 heures pour nous en sortir les bras chargés de sacs. Ex-té-nués. Du coup, on se refait une petite santé en dévorant une salade et une énooorme part de cheesecake avant de tracer la route. Pour de bon cette fois.

Notre première étape est Melbourne. D’abord parce que c’est juste à côté du Pelican Island National Wildlife Refuge et surtout parce que ça nous rapproche de notre objectif du lendemain : Cape Canaveral et le Kennedy Space Center (vous aurez donc compris qu’il ne s’agit pas du Melbourne en Australie…). Mais prenons les choses dans l’ordre. Quand on arrive au Pelican Island National Wildlife Refuge, il est déjà 18h. Pas l’ombre d’un ranger à l’horizon mais on trouve une petite plaquette qui nous indique les chemins où se balader. A vue de nez, on en a bien pour une heure. On enfile donc nos baskets, on se couvre d’anti-moustique (on n’est jamais trop prudent avec ces p’tites bêtes…) et on part d’un pas décidé. 20 mètres plus loin, je fais un bond : une grosse araignée a tissé sa toile entre les arbres qui bordent le chemin et à quelques centimètres près, je m’écrasais la tête dedans ! Courageuse mais pas téméraire, je pousse mon frère devant moi : si quelqu’un doit ouvrir le chemin, ça ne sera pas moi ! Seulement, voilà. L’intégralité des 2,5 miles de notre balade s’effectue entre les arbres et pas moins d’un bon milliard d’araignées a décidé d’élire domicile dans cette allée… Je marche donc, pliée en 2, sursautant au moindre courant d’air et surveillant le ciel d’un œil angoissé. Très reposant, cette balade… Surtout qu’au passage, il n’est pas exclu qu’un serpent ou un crocodile traîne dans le coin. Non, rien à dire, un vrai bonheur… je ne me remets à respirer que lorsque le parking est à nouveau en vue. Et à part ça ? Des pélicans ? C’est qu’on est un peu venus là pour ça quand même ! Et bah oui ! UN pélican ! Aperçu furtivement en plein vol pendant à peu près 2 secondes… J’me demande d’ailleurs bien pourquoi ils appellent ça le Pelican Island National Wildilfe Refuge et pas le Spider Island National Wildlife Refuge… Au moins, les gens sauraient à quoi s’en tenir !

Quand on arrive à Melbourne, il est pas loin de 20h. Le problème, c’est qu’aux Etats-Unis, on ne dîne pas à 20h… non, non, non. On dîne à 18h. Alors quand vous vous pointez dans un resto à 20h30, le regard de la serveuse affiche clairement : «  Non mais sérieux ? 20h30 ? En SEMAINE ? ». Heureusement pour nous, le resto qu’on a repéré est encore ouvert. Bon, y a plus que la moitié des plats à la carte mais l’ambiance est à son plein. C’est un petit resto cubain et ce soir, les clients se relaient à la guitare et chantent de bon cœur. Finalement, on finit plutôt bien la soirée.

Le lendemain, on se réveille aux aurores. On a rendez-vous avec l’Histoire… OK, elle a déjà été écrite mais quand même ! C’est tout de même de là qu’on a envoyé des gens marcher sur la Lune ! A notre arrivée au Kennedy Space Center, on est accueillis par un immense logo de la NASA… pour un peu, on aurait l’impression qu’on va apprendre des tas de trucs classés secret défense ! En fait, le premier truc qu’on apprend, c’est que l’entrée coûte 50 dollars par personne. Wow ! Ça coûte cher d’envoyer des types en orbite !! La vérité, c’est que finalement, ça les mérite. Entre les shows, les expos et toute l’histoire de la station spatiale internationale, il faudrait pouvoir y passer 2 jours. C’est vraiment bien fait, interactif avec des simulateurs d’entraînement pour petit astronaute deviendra grand, et quand on rencontre de vrais astronautes (du genre qui ont vraiment marché sur la Lune ou qui ont joué au ping-pong en apesanteur), le gars a beau l’air d’être tout normal (voir même un peu dégarni), la salle entière le regarde avec des yeux pleins d’étoiles… très chouette.

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En fin d’après-midi, on finit par le Astronaut Hall of Fame, une longue galerie avec tous les astronautes américains qui se sont fait envoyer là-haut. Y en a qui y sont allés jusqu’à 7 fois !! Ça doit devenir la routine, quoi ! Bon, clairement, si t’es américain, tu ressors de tout ça avec le patriotisme gonflé à bloc. Et si t’es français, bah… tu te dis que même si nous, on n’a envoyé personne sur la Lune, c’est quand même notre fusée Ariane qui envoie le plus de satellites en orbite ! Et toc !

Après s’être convaincu que décidément, l’univers est immense et on est tout petits, on a poursuivi notre route vers Daytona Beach. The World’s Most Famous Beach, qu’ils disent. Moi, je savais même pas que ça existait avant d’arriver là… En fait, y a une course automobile qui est née ici, sur la plage. Parce que la plage fait pas loin de 10kms. Une belle bande de sable blanc en ligne droite. Ça pourrait être assez sympa si ce n’est que tout le long de la plage se sont construits des hôtels plus hauts les uns que les autres et que ça finit par ressembler à La Grande Motte. Bon, nous, on s’en fout un peu. On est là juste pour la nuit. Et en plus, on trouve le plus parfait petit dinner qui soit.

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Du coup, on finit notre journée dédiée la gloire des USA par un burger, des frites et un énorme milkshake… yummy, yummy !!

Photos ici.

Robert, Ernest, Thomas, Tom et les alligators

Nous voici donc prêts pour le grand départ ! Enfin, le grand départ… appelons plutôt ça un galop d’essai. 3 jours pour faire le tour du sud de la Floride avant de revenir à Pompano.

Notre première étape est Key West. The southernmost point of continental USA. Evidemment, y a plein de choses intéressantes à faire sur la route des Keys. D’abord, y a Robert. Et il est où, Robert ? Et bah… Robert is here ! Here, pour être plus précis, c’est Florida City. A Florida City, soyons honnêtes, y a rien à voir. Mais y a Robert. Et ça doit franchement valoir son pesant de cacahuètes parce que des cars entiers de scouts s’arrêtent devant chez lui. Alors nous aussi.

Bon, en fait, Robert, il vend des fruits. Entiers, en morceaux, en confiture… t’as l’embarras du choix. Et puis, surtout, il fait des smoothies. Dont la réputation n’est plus à faire vu la longueur de la file devant le comptoir ! Ça tombe bien, on est morts de soif (il fait pas loin de 95°…) alors on opte pour un fraise-passion et un key lime. Parce que le key lime, c’est un peu la spécialité de la région. C’est un citron qui est tout petit, vert dehors, blanc dedans et avec un goût qu’on va avoir du mal à définir : « Non, c’est pas comme du citron vert mais c’est pas comme du jaune non plus… ah ! je sais pas ! y a trop de sucre, j’me rends pas compte ! ». Bref, 2 smoothies, 1 mangue et une photo avec Robert plus tard, nous voilà repartis. Direction la ferme d’alligators.

Bah oui, on est quand même dans la région des Everglades ! Je sais pas pour vous mais moi, quand on dit Everglades, mon cerveau se met à jouer le générique des Experts – Miami et je vois des air boats qui fendent les marais à 100 à l’heure en évitant les alligators et Horacio qui enlève ses lunettes en penchant sa tête sur le côté avant de dire… ouais, on sait pas bien ce qu’il va dire mais ce qui est certain, c’est qu’il va coffrer les méchants. Bref, autant dire qu’on est pas là pour cueillir des marguerites mais bien pour se frotter aux longues et sournoises dents (si, des dents aussi ça peut être sournois) de ces jolies bêbêtes… Mais comme on est en saison des pluies (encore ?? oui, encore…) les marais sont hauts et ces messieurs-dames les alligators se planquent assez facilement derrière les hautes herbes. Afin donc de se familiariser avec les bestioles pour mieux les repérer en milieu naturel, on va d’abord voir de quoi il retourne dans une ferme. Là, y en de toutes les tailles, de toutes les sortes (oui, y a plusieurs sortes) mais ils ont tous un point commun… on laisserait pas négligemment traîner sa main de l’autre côté de la clôture. C’est que ça n’a pas l’air bien vif posé là, au soleil, en pleine digestion, sans même battre des paupières. Mais suffit d’un pet de mouche mal placé et hop hop hop ! un grand coup de queue et un claquement de mâchoire plus tard, l’importun a disparu laissant place à un grand sourire plein de dents… A propos de bouches et d’alligators, vous connaissez l’histoire de la grenouille à grande bouche ? Je ne vais pas vous la raconter là mais à l’occasion, pensez à me la demander, je la fais super bien.

Bref, après s’être extasié devant les petits, les moyens et les gros et s’être fait bien peur devant la dépouille de près de 4 mètres d’un vieil alligator de près de 70 ans (c’est que ça vit longtemps ces p’tites bêtes si c’est bien nourri, hein !), passons à l’action. Et nous voilà à embarquer sur un des fameux air boats pour un petit tour sur le marais… Un peu attrape-couillon mais pour un peu, j’aurais cru que c’était Horacio himself qui conduisait le bateau. Et la chasse fut bonne : pas moins de 6 paires d’yeux qui émergent de l’eau suivies de leurs incomparables sourires et une démonstration de glissade sur hautes herbes accompagnée de rinçage complet à l’eau marécageuse… que demander de plus ?

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Mais c’est pas tout, on a de la route à faire et quelle route ! Près de 165kms de route et 42 ponts sur la mer reliant entre elles les îles des Keys… Le paysage est fabuleux et on se dit que ça a dû être un sacré chantier de construire ce ruban d’asphalte… et qu’avant ça, ça devait être une sacrée expédition de se rendre à Key West !

En tout cas, nous, on arrive just on time pour le coucher de soleil. Soi-disant un des must en terme de coucher de soleil. Mouais… certes, c’est pas mal, mais à cette époque de l’année, le soleil se cache juste derrière une petite île plutôt que de s’abîmer dans l’océan alors ça frustre un peu. Une fois le soleil disparu, la foule s’éparpille dans les rues le long du port où s’alignent les bars et les restos qui servent tous les meilleurs fruits de mer du coin : comment faire son choix ? On finit par trancher : ce soir, ce sera dégustation de key lime pie, LA spécialité de Key West.  On se rend donc chez Kermit’s (non, pas la grenouille), réputé faire la meilleure key lime pie du monde. Mais là, même la bouche pleine, toujours aussi difficile de savoir exactement quel est le goût du fameux key lime… trop de sucre, trop de crème fouettée, on reste sur notre faim. Enfin, pas vraiment, on n’en peut plus mais pour le key lime, ça reste un mystère.

Le lendemain matin, place à la culture. Parce qu’à Key West, y a pas que des vieux plein aux as, des kékés qui se la pètent et des gens bizarres qui veulent te tirer les tarots. Non, non, non. Fut un temps, y avait du beau monde… Ernest Hemingway y a passé une bonne dizaine d’années avec sa deuxième femme et ses 60 chats. Non, c’est pas une blague. 60. Et en plus, ces chats ont la particularité d’avoir 6 griffes à chaque patte. « Ont » parce que des chats, y en a toujours plein la baraque. Et pour ceux qui l’ignoreraient, un chat, normalement, ça a 4 griffes à chaque patte. Autant dire que quand il en a 6, il est un peu encombré. Enfin ceux-là, ils ont pas l’air malheureux à se vautrer sur tous les fauteuils et les lits de la maison alors qu’il y a plein de panneaux interdisant aux touristes épuisés de ne serait-ce que penser à poser une fesse sur une chaise…

Enfin pour nous, pas trop le temps de traîner. Il faut refaire toute la route dans l’autre sens puis traverser tous les marais jusqu’à Fort Myers. En route, on s’arrête quand même dans la Shark Valley qui fait partie du parc national des Everglades. Comme son nom l’indique, ici, y a pas l’ombre d’un requin mais plutôt un bon paquet de nos amis les alligators… Cette fois, c’est à bord d’un petit bus qu’on longe le marais. L’eau est à moins de 30cms, frisson garanti quand les hautes herbes se mettent à trembler  à notre approche ! Mais aujourd’hui, la chasse est moins fructueuse : on n’aperçoit « que » 3 bébés d’à peine 50cms de long. Par contre, on est gâtés côté oiseaux. De très grands hérons et des tas d’aigrettes de toutes les couleurs chassent en cette fin d’après-midi et surveillent le marais depuis le sommet des bosquets. Et pas l’ombre d’un moustique à l’horizon alors qu’on nous avait promis un massacre dans les règles !

En quittant la Shark Valley, notre œil affûté repère une masse sombre le long de la route. Un alligator a du essayer de faire du stop. Ça a foiré.

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Au matin du 3ème jour de notre périple, on continue notre tournée des grands hommes. Aujourd’hui au programme, les résidences d’hiver des Messieurs Edison et Ford qui étaient non seulement amis mais voisins. Ces 2 grands inventeurs avaient établi leurs quartiers d’hiver à Fort Myers parce qu’au début du siècle dernier déjà, on savait qu’il valait mieux passer l’hiver en Floride que dans le Montana (quoique je doute qu’ils aient jamais mis les pieds dans le Montana mais bon…). Du coup, ils se sont fait bâtir de charmants bungalows le long de la rivière et Edison, entre l’invention de l’ampoule et du phonographe, a mené tout un tas de recherches sur le caoutchouc pour que son pote Ford puisse fabriquer à grande échelle des pneus pour ses bagnoles. Il est pas trop sympa, cet Edison ?

Tant qu’on est dans le coin, on va ensuite faire un petit tour à la Six Mile Cypress Slough Reserve. On se dit qu’il est temps qu’on chasse l’alligator par nous-mêmes. Mais visiblement, on n’est pas encore suffisamment entraînés. On a beau fixer les marais à s’en crever les yeux en essayant de ne pas se liquéfier sous le cagnard, on n’y trouve que des tortues. Et un petit lézard tout rouge. Mais on ne se laisse pas abattre pour autant ! On file à Naples (oui, Naples) où on s’empiffre de frites de patate douce accompagnées, bien sûr, de nos premiers burgers. Et pas n’importe quels burgers ! Les burgers de chez Brooks Gourmet Burgers. Sur la carte, y a même un doughnut burger, un burger entre 2 doughnuts… mais on n’ose pas. C’est tout juste s’il ne faut pas nous rouler pour ressortir. Pourtant, on trouve encore le courage (si, c’est du courage !) d’avaler une petite (toute petite !) glace après avoir bavé sur la vitrine pleine de pommes au sucre et de fudge de chez Kilwin’s. Ah, le fudge… je sais pas avec quoi c’est fait mais à la 4ème bouchée, je pense qu’on est bon pour un triple pontage !

Avant de reprendre la route, on fait tout de même un petit tour sur la plage. Des kilomètres de sable blanc que viennent lécher les vagues du Golfe du Mexique… L’air est brûlant, le sable est brûlant, l’eau est plus que chaude, on se demande bien comment font les gens étalés sur leurs serviettes pour ne pas tirer la langue… Le temps de remonter en voiture et un énorme orage éclate faisant s’abattre des trombes d’eau jute derrière nous ! Des éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre roule au-dessus de nos têtes… impressionnant ! Mais on est déjà loin. On file vers Pompano où nous attendent la piscine et un bon dîner entre amis. Demain, on repart pour de nouvelles aventures…

Photos ici.

Maillami baby !!

Ce matin, le réveil sonne à 5h30. Non pas parce que j’ai un avion à prendre (quoique si, mais mon avion est à 12h30, pas la peine de s’énerver…). Non pas parce que c’est le réveil du voisin qui me jette hors de mon lit. Non. Simplement parce qu’à 6h, y a une coupure d’eau dans toute la ville et que si tu veux prendre une douche et te laver les cheveux, bah… c’est maintenant. Du coup, à 6h, je me retrouve prête pour le petit-déj sauf que, pas de bol, le petit déj, c’est pas avant 7h… Bon, de toute façon, aujourd’hui va être une journée consacrée à l’attente et à l’ennui donc autant s’y mettre tout de suite !

Parce que oui, au programme aujourd’hui, un vol pour Miami et de très longues heures à poireauter. Avant, après, pendant… on ne compte plus. Mais tout ça dans un but précis et ô combien exaltant ! Parce que ce soir, à Miami, je récupère mon frère et ma mère, je les embarque dans la voiture (oui, on a loué une voiture) et c’est parti pour presque 3 semaines à travers le sud-est des Etats-Unis ! Yeehaa !!

Alors pourquoi aller en Floride me direz-vous ? C’est vrai, c’est plein de retraités, de moustiques, d’alligators, j’en passe et des meilleurs, il y fait une chaleur à crever (particulièrement au mois d’août) et Maillami est la capitale du bling-bling… sur le papier, ça ne remplit pas tout à fait tous les critères auxquels je vous ai habitués. Mais justement, il était temps de voir quelque chose de différent. Et puis, ce côté des Etats-Unis, j’y ai jamais mis les pieds, c’était l’occasion. Alors adios Costa Rica, hello USA !

Mais avant de nous embarquer pour un road trip sur les chapeaux de roues (c’est bien le problème avec les gens « en vacances »… ils n’ont jamais que 3 semaines devant eux, pas de le temps de traînasser), on va profiter quelques jours de l’hospitalité d’amis de ma mère qui ont un appartement à Pompano Beach. Rarement entendu un nom de ville qui sonne plus soleil, plage et minettes en bikini et pourtant… c’est plutôt le Wisteria Lane de Maillami. A part un soupçon d’alligator qui rôde autour de la piscine, rien ne vient troubler la tranquillité de ce petit patelin. On y passe donc quelques jours histoire de se remettre du décalage horaire pour les uns, de faire un peu de lessive pour les autres et d’organiser un peu notre périple. On commencera doucement avec une petite balade le long de l’océan à Fort Lauderdale et un bon resto dans la marina à Lighthouse Point, puis on accélèrera franchement le rythme avec une grosse journée dans la fameuse Maillami, à arpenter la ville le nez en l’air pour admirer les buildings art déco (tout n’est pas moche à Maillami, loin de là et c’est plutôt une bonne surprise) tout en essayant de ne pas fondre sur place (quoi ? il fait 90 degrés ! c’est pas moi qui invente, c’est marqué partout !).  Et puis bien sûr, une fois qu’on aura bien mal aux pieds, on ira s’étaler sur le sable de South Beach (oui la South Beach de Maillami Beach), là où les mecs bodybuildés au point qu’ils ne peuvent plus marcher avec les bras le long du corps partagent le sable avec des minettes tatouées de la tête aux pieds et quelques familles suréquipées (parasol, chaises avec porte-gobelet, glacière… rien ne manque) et où l’océan est si chaud qu’on a du mal à croire que c’est bien l’Atlantique. L’Atlantique mes amis ! Une première dans le AL’s World Tour ! Cela étant dit, après une journée à crapahuter dans la fournaise, la baignade est loin d’être désagréable. Et pour finir notre journée en beauté, on ira s’offrir quelques bonnes tranches de bœuf chez Fogo de Chao, une steakhouse brésilienne qui ferait bien d’ouvrir une succursale à Paris

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Et déjà, il est temps de reprendre la route. Le sud de la Floride nous attend. Parce que de la faune extraordinaire du coin, nous, pour l’instant on n’a vu que la jeunesse dorée qui roule en Hummer limousine rose, les basses faisant vibrer le trottoir et une coupe pleine de bulles à la main. Alors certes, c’est déconcertant mais ça manque d’un petit « je ne sais quoi » comme ils disent par ici…

Photos ici.