Gauliard Tour in Perù !!

En ce lundi matin mon réveil sonne à 3h45. Mais pourquoi ? Et bien parce qu’à 4h15, je dois prendre le taxi pour aller à l’aéroport. Mais pour quoi faire ? Et bien pour aller accueillir comme il se doit Gauliard Tour qui débarque à Lima à 5h. Oui, effectivement, on n’a pas idée de prendre un vol qui arrive à 5h du matin…

Et ouiiiii ! Pour la première fois dans son histoire, Gauliard Tour s’exporte ! Bon, la logistique n’est pas encore complètement au point, le décalage horaire n’est pas encore complètement maîtrisé et le passage de la douane leur prend près d’une heure mais les voilà !! Gauliard Tour me rejoint au Pérou pour 3 semaines et on n’est pas là pour enfiler les perles.

Dans le Metropolitana - Lima

Dans le Metropolitana – Lima

D’ailleurs, à peine le temps d’avaler un café au Starbucks de l’aéroport, Jaime vient nous chercher. Jaime, c’est un contact d’Anne qui fait du business avec des asperges. Comme il est très sympa, il nous consacre sa journée et va nous emmener manger, visiter une plantation d’asperges et de clémentines où on fait aussi des tests de dynamite (oui, on peut tout faire dans le même champ, c’est pas un problème), visiter une usine de conditionnement d’asperges et d’avocat, manger, et nous ramener à la maison. Jaime, il est rigolo. Il passe son temps au téléphone, à acheter, expédier et vendre des asperges en même temps qu’il conduit d’une main à 160km/h et il boit de l’Inca Cola avec son ceviche. En tout cas, grâce à lui, on découvre que l’asperge est une spécialité du pays et mettre les asperges en bottes, c’est un métier.

Jaime, il a vécu dans le sud de la France quand il était jeune (il est pas très vieux, hein, il a 40 ans et du coup, il parle français, ça aide), puis il est retourné au Pérou, il a flairé le bon filon des asperges (parce que les Péruviens, eux, ils en mangent pas des asperges, ils les font pousser seulement) et il est devenu trafiquant d’asperges. Il nous raconte le Pérou d’il y a 20 ans, l’inflation galopante, le terrorisme, le Sentier Lumineux, comment l’industrie agro-alimentaire essaye aujourd’hui de se placer comme exemple au niveau mondial, et pourquoi on n’envoie pas les asperges par avion à l’autre bout du monde. On rigole bien, ça change des visites habituelles de musées et moi, ça me permet de me rappeler comment on met une blouse et une charlotte… souvenir, souvenir…

Bref, pour fêter l’arrivée de Gauliard Tour à Lima, le soir, on s’est fait un dîner de rois : saucisson fraîchement importé sous le manteau, camembert coulant à souhait et un peu d’avocat pour donner une touche exotique à tout ça… que du bonheur !

Le lendemain matin, on est allés visiter le centre (enfin re-visité en ce qui me concerne) de la ville et papoter avec les gardes qui s’ennuient devant le Palais du Gouverneur.

Devant le Palais du Gouverneur - Lima

Devant le Palais du Gouverneur – Lima

Puis, comme j’en n’avais pas encore marre du Punto Azul, on est allé manger des fruits de mer accompagnés d’une délicieuse plâtrée de riz. Et à force de traînasser, traînasser et traînasser encore, on a bien failli pas trouver de bus pour nous emmener à Paracas. Oui. Parce que Lima c’est bien mais pas tant que ça non plus. Alors on n’y a pas trop traîné et après avoir écumé les compagnies de bus, on a fini par en trouver une qui nous a conduit à Paracas, quelques 3 heures et 270kms plus au sud le long de la côte.

Et qu’allaient-ils donc faire à Paracas ? Ça, c’est l’histoire de demain…

Photos ici.

Où l’on fait de vieilles blagues sur le lac Titicaca…

Allez, on se la fait une fois, on rigole un bon coup et après on redevient sérieux, OK ?

« Qui c’est qui va faire un titi caca sur les rives du lac Titicaca ? » … Mouahahahaha ! Pfff… qu’est-ce qu’on s’marre, non mais j’vous jure…

Bon, allons, reprenons. On a donc pris le bus depuis La Paz direction Copacabana. Non, pas le Copacabana où les filles se baladent en string sur le sable et où les gars ne peuvent pas marcher avec les bras le long du corps à cause de leurs triceps hypertrophiés. Le Copacabana où tu ne sors pas sans ton bonnet et où seuls les canards barbotent dans l’eau. Le Copacabana bolivien, au bord du lac Titicaca, un village de 6 000 habitants à 5kms de la frontière péruvienne. C’est notre dernière étape bolivienne.

Pour se rendre à Copacabana, il faut donc prendre le bus pendant 3h30. A un moment, la route passe sur le lac. Et non, y a pas de pont. Il faut prendre un bac. Tout le monde descend donc du bus et grimpe sur un bateau. Et le bus fait pareil. Mais sur un autre bateau. Tout le monde a donc les yeux rivés sur le bus, un peu anxieux de voir le bus (et surtout son sac à dos) arriver à bon port. Puis tout le monde remonte dans le bus et colle son nez à la fenêtre pour admirer le lac. Rien que la route, c’est déjà très très joli.

IMG_9874

Mais c’est pas le tout de faire sa maligne, en fin de journée, je me fais rattraper par un bon petit mal des montagnes. Bah oui, crapahuter dans la capitale la plus haute du monde et venir poser son paquetage sur les rives du lac le plus haut du monde, fallait bien que je finisse par payer toute cette hauteur. Du coup, ma tête pèse plus d’une tonne et la soirée se déroule un peu au ralenti à ingurgiter du maté de coca jusqu’à plus soif.

Le lendemain matin, ma tête a retrouvé son poids normal et on a décidé d’aller visiter l’Isla del Sol. On prend donc un bateau à 8h du matin au bout d’un petit ponton branlant et dans les vapeurs d’essence, on prend le large. Le soleil brille, l’eau s’étend à perte de vue et ondule à peine, la traversée dure près de 2 heures, seuls le vent et la température nous rappellent qu’on n’est pas sur la mer mais bien sur le fameux lac.

En arrivant à l’Isla del Sol, on se fait conduire jusqu’au petit musée qui expose quelques découvertes faites par l’équipe du commandant Cousteau au fond du lac. Là, on doit payer un droit d’entrée pour pouvoir aller se promener sur le sentier qui traverse l’île : 10 bolivianos par tête. Bien, c’était pas prévu mais on peut considérer que ces 10 bolivianos sont un droit d’entrée sur l’île, soit. On part donc à l’assaut des 13kms de crêtes qui traversent l’île d’un bout à l’autre. Les criques sont fabuleuses, les paysages incroyables, c’est magnifique. Chaque côte est une petite épreuve à 3850m d’altitude mais ça vaut la peine. Arrivés au milieu de l’île, on tombe sur 2 gars qui nous barrent la route et nous demandent de payer 15 bolivianos par tête (une fortune, clairement) pour pouvoir continuer notre chemin. Soit disant, le ticket du début ne concerne que la partie nord de l’île, ici, il faut payer pour la moitié sud. Je m’énerve, les traite à moitié de voleurs ce qui ne les fait pas sourciller et puisque tout le monde s’exécute, je finis par faire pareil en râlant. De toute façon, y a pas le choix, on doit atteindre le port au sud de l’île pour reprendre le bateau.

Ce qui devait arriver arriva. A la pointe sud de l’île, un troisième péage nous attend. Là, c’est 5 bolivianos par personne. Trop c’est trop, marre d’être prise pour une pigeonne ! Là, question de principe, je ne paye pas. No mas bolivianos ! Finalement, la petite dame nous laisse passer, en râlant elle aussi. Non pas que j’ai des épines au fond des poches, la question n’est pas là. Mais payer juste pour marcher sur un sentier et se faire racketter 3 fois sous prétexte que l’argent ne va pas dans la poche de la même communauté, faut pas pousser le bouchon Maurice !! D’autant plus qu’aucune agence ni compagnie de bateau qui vous amènent sur l’île ne vous préviennent qu’il faut payer un droit d’accès pour le sentier des crêtes. Pour un peu, ça gâcherait la balade qui pourtant vaut vraiment le coup.

Le lendemain, on traîne dans le village qui est plutôt calme, et on fait un petit tour à la basilique, démesurée, avant de prendre le bus après le déjeuner pour Puno, côté péruvien. En arrivant au poste frontière bolivien, on s’aperçoit qu’il nous manque un petit papier vert qu’on aurait dû avoir en entrant dans le pays. Qu’à cela ne tienne, le douanier nous en fait un antidaté, change de tampon, signe des 2 côtés de la carte et voilà ! on est sortis de Bolivie ! Quelques minutes plus tard, rebelote côté péruvien et hop ! nous voilà entrés au Pérou !

En fin d’après-midi, on arrive donc à Puno, 100 000 habitants, 2 gares routières et des tas de rabatteurs qui vous tombent dessus à peine descendus du bus. Là, on se laisse convaincre par une petite dame qui nous propose un hôtel en plein centre à 40 soles la chambre avec eau chaude (oui, on a encore changé de monnaie, à peine eu le temps de s’habituer aux pièces boliviennes). Eau chaude mais pas chauffage, bien sûr. De toute façon, le chauffage, depuis bientôt un mois que je traîne de ce côté du monde, ça semble être un truc complètement délirant. Y en a nulle part. Pourtant, il fait froid voire très froid. Il neige même parfois. Mais à part moi, visiblement, tout le monde s’en fout. Bref, on s’installe et on passe de longues minutes à s’ébouillanter sous la douche. On va ensuite faire un petit tour dans le centre-ville très animé en ce vendredi soir. Les gens se promènent, mangent des glaces, font des courses, y a plein de vendeurs de rues, ça fourmille. On finit par aller dévorer un steak d’alpaga (pas mauvais du tout) avant de rentrer se glisser sous nos piles de couvertures.

Le lendemain matin on doit se rendre à l’aéroport de Juliaca, à 45kms de là, on a un vol pour Lima. Sur le papier, c’est simple, on doit prendre un colectivo (un taxi minibus) jusqu’à Juliaca et là-bas, prendre un autre colectivo jusqu’à l’aéroport. Pour prendre le colectivo pour Juliaca, faut aller au terminal terrestre (la gare routière). Oui, mais pas celui où on est arrivés hier. Non, le terminal zonal. Heureusement qu’on avait prévu un peu de marge… On finit par trouver le colectivo, on hisse nos sacs sur le toit et là, il faut encore attendre que le minibus soit plein avant de partir. Pas question de rouler à moitié vide !!

Au moment de décoller, on aperçoit une dernière fois le lac Titicaca par le hublot avant de disparaître dans les nuages…

Et 2 heures plus tard, nous voilà à Lima. En bus, le même trajet nous aurait pris plus de 24 heures… On grimpe dans un taxi qui nous amène jusqu’à Miraflores, le quartier riche de Lima, dans lequel on a réservé une auberge de jeunesse. En chemin, on observe la ville à travers les fenêtres. Une autre grande ville d’Amérique latine, grise, bétonnée, bordélique, aux installations électriques brouillonnes et à la circulation dantesque. Et soudain, la mer. L’océan plutôt. Qui déroule des vagues longues de plusieurs dizaines de mètres le long des plages de Miraflores. Et quelques grappes de surfeurs qui regardent l’horizon mais en combinaisons intégrales quand même…

On fait un petit tour dans le quartier et on tombe sur un petit resto de fruits de mer, le Punto Azul, qui nous semble bien sympathique. Il est 16h, pas vraiment l’heure de déjeuner mais le snack de l’avion est déjà loin alors… on se laisse tenter. Et bah, on regrette pas. De loin, le meilleur resto qu’on ait fait. Les portions sont gargantuesques mais surtout, c’est délicieux. On se partage un risotto à l’encre de seiche, aux crevettes et aux coquilles Saint-Jacques… mmmh ! L’assiette est tellement énorme qu’on arrive pas à finir et on aura même le droit d’emporter un petit doggy bag avec nos restes. On finit l’après-midi à se balader et à faire du lèche-vitrine dans le centre commercial qui domine la falaise de Miraflores et d’où on regarde le soleil tomber dans l’océan.

Dimanche matin, il fait gris. On a décidé d’aller visiter le centre du vieux Lima. On a pris le Metropolitana, un bus qui circule sur les grandes artères de la ville dans un couloir réservé et dont on n’a rien compris au plan mais qui nous a amenés à bon port. Pas grand-monde dans les rues, les magasins sont encore fermés, les cafés n’ont pas encore ouverts, on se demande un peu où sont les gens… Et après un grand tour à la Plaza de Armas, on a fini par les retrouver… à la messe ! Nous, on voulait simplement visiter l’église. On pouvait pas rentrer, c’était blindé. Du jamais vu. A la sortie, y avait même des camions de pompiers qui barraient la rue, des danseurs et une troupe de mariachis. Du coup, on s’est dit qu’il allait se passer quelque chose alors on a attendu. On était pas les seuls. La rue a commencé à se remplir jusqu’à ce qu’on se retrouve complètement coincés entre un immeuble et une voiture. Et quand enfin, la messe a été dite, la fanfare a éclaté et on a vu sortir Saint Dominique sur un char. Là, c’est devenu du délire. Les gens applaudissaient, lançaient des confettis, chantaient… et comme par magie, le soleil a fait son apparition. Divine, sûrement.

Comme toutes ces bondieuseries avaient fini par nous creuser, on est retournés manger dans le resto de la veille où cette fois, on a du faire la queue près d’une heure pour avoir une table. Mais encore une fois, on n’a pas regretté.

Et puis, il a fallu que je dise au-revoir à mon papa qui est reparti à Paris et comme tout bon backpacker qui se respecte, je suis allée à la laverie où j’ai passé le reste de l’après-midi à regarder mon linge tourner en observant les Limeños vaquer à leurs occupations.

Le Pérou s’annonce sous les meilleurs auspices, il fait même pas froid.

Photos ici et .