C’est une maison bleue…

Comme on est samedi matin, en quittant Santa Cruz je fais un petit tour par le marché. Le Farmers Market. Les producteurs des environs viennent y vendre leurs fruits et leurs légumes et il paraît que c’est à ne pas louper alors… Et en effet, c’est bien sympa. Déjà tout le monde fait goûter tout son étalage. C’est qu’il est hors de question d’acheter à l’aveuglette ! Bon, y a jamais qu’une dizaine de stands mais je me laisse tenter et une demi-heure plus tard, je repars avec, sous le bras, une barquette de framboises, quelques tomates, une baguette aux céréales (si, si, une VRAIE baguette) et un pot de ceviche. Il faut dire que mes occasions de manger du poisson sont plutôt rares (et puis, je veux pas vexer Flipper…).

A midi, je m’arrête donc à Pigeon Point où je déguste mon pique-nique de reine… Ah ! du vrai pain, du poisson frais, des tomates ultra goûtues et des petites framboises pour couronner le tout… qui a dit que je devais me farcir un régime déprimant ?

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Et après les kilomètres d’asphalte plutôt déserts de ces derniers jours, je me retrouve soudain dans les embouteillages qui annoncent San Francisco. En fait, les embouteillages sont plutôt dans l’autre sens. En ce début d’après-midi, les gens quittent la ville pour aller à la plage. Du coup, Flipper et moi on se débrouille pas trop mal et on arrive à notre adresse dans le quartier de Haight Ashbury. Parce qu’on est comme ça nous : on se dit que quitte à passer un peu de temps à San Francisco, on va pas aller se perdre en banlieue et encore moins se prendre un motel. Non, non. On s’installe directement au cœur de l’action !

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Bon, en fait, j’ai un peu cherché sur internet comment on pouvait faire et j’ai fini par trouver quelques adresses dans San Francisco où se garer la nuit ne gêne pas les voisins et où, si on est discret, on ne se fait pas déloger. Parce qu’il ne faut pas croire ! Passer la nuit dans son véhicule est toujours illégal ! Mais noyés dans le nombre de voitures de la ville, je pense qu’on a toutes nos chances.

Une fois installée, je m’occupe du plus pressé : la lessive. Et une fois que j’ai des affaires propres, je prends le chemin de la piscine. Non pas que je meurs d’envie de péter mon score au 100 mètres papillon… non. Disons plutôt que ça fait bientôt 4 jours que je n’ai pas vu une douche : il est grand temps de se décrasser ! Sauf que pas de bol : la piscine est déjà fermée. Je suis bonne pour revenir le lendemain matin. Parce que 5 jours sans shampoing… beurk !

Du coup, à 9h pétantes en ce dimanche matin, je suis à la piscine. Et c’est rigolo, y a que des Asiatiques dans le bassin. Même la maître-nageuse est asiatique ! Le temps de faire mes 40 longueurs (bah oui, tant qu’à être là, autant en profiter !) et d’user et abuser du savon sous la douche, il fait un soleil radieux quand je ressors. Par-fait !

Je me mets donc en route pour un petit tour en ville. Je suis déjà venue à San Francisco il y a 3 ans,  je me concentre donc uniquement sur ce qui me fait vraiment plaisir de voir ou de revoir. Je commence par une petite balade dans Castro pour arriver devant… une maison bleue. Oui mais pas n’importe quelle maison bleue. LA maison bleue. Celle adossée à la colline, où on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé…

C’est plutôt drôle parce que, à part cette petite plaque collée sur le mur, la maison n’a rien de vraiment spécial. Elle ressemble à toutes les autres dans cette rue. Et personne ne semble d’ailleurs vraiment s’y intéresser. A part moi. En tout cas, ça suffit à me coller la chanson dans la tête pour la journée ! Quelques rues plus loin, je grimpe dans un vieux street car poussif qui m’emmène jusqu’au Ferry Building. Là, on peut, évidemment, prendre le ferry, mais surtout… manger ! Y a plein de stands de bouffe tous plus appétissants les uns que les autres… Je craque pour un mixed salumi cone, un petit cône en papier dans lequel il y a du jambon, de la pancetta et tout un tas d’autres charcuteries italiennes en petits morceaux… mmmmh ! dé-li-cieux !

Un peu plus loin sur les docks, je tombe sur le village de l’America’s Cup. Si je comprends bien tout le remue-ménage autour, ça doit avoir lieu en ce moment. Moi, j’y connais pas grand-chose en compétition de voile : pour moi, la Coupe de l’America, ça a lieu en mer. Depuis les docks de San Francisco, je vois pas bien l’intérêt. Du coup, je continue mon chemin jusqu’au fameux Pier 39. Aux croassements (si, les otaries, ça croassent) et à l’odeur, je retrouve sans peine les otaries. Avachies en plein soleil, elles se donnent en spectacle sous les flashs de la bonne centaine de touristes qui se pressent sur le dock. Et tandis que je suis là, à contempler bêtement ces grosses quenelles, mon regard est attiré par quelque chose qui bouge dans la baie. Et qui bouge sacrément vite ! Deux immenses catamarans sont en train de finir une régate… la Coupe de l’América ! Ils sont suivis de toute une flottille de bateaux qui essaient tant bien que mal de les suivre. J’en ai jamais vu d’aussi grands ! Et surtout, jamais qui allaient aussi vite ! A peine le temps de les voir traverser la baie et hop, c’est fini, ils rentrent au port. Et ben dis donc… drôlement impressionnant !

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Et puis, parce que aller à San Francisco et ne pas traverser le Golden Gate Bridge ça serait un peu comme aller à New York et ne pas traverser le Brooklin Bridge, je retourne louer un vélo pour passer de l’autre côté du pont. Je dis « je retourne » parce qu’il y a 3 ans, on avait fait la même chose. Sauf qu’on était parties assez tard et qu’on avait fini la balade à la nuit tombée. Là, j’ai toute l’après-midi devant moi. Mais pour autant, je n’ai pas tiré de leçons du passé : comme il y a 3 ans, il y a un vent à décorner les bœufs et comme il y a 3 ans, les côtes qu’on avait eu tant de mal à grimper sont toujours là ! Par contre, pas comme il y a 3 ans, en arrivant au pied du pont… rien. Pas de pont. Pas même l’ombre du pont. San Francisco s’est embrumé et le pont a disparu. Même une fois dessus, je ne vois pas le sommet du premier poteau ! Le fameux brouillard de San Francisco… que je n’avais pas vu il y a 3 ans ! Bah là, j’y ai droit dans toute sa splendeur ! La corne de brume retentit sans arrêt, il fait un froid de canard et on n’y voit goutte !

Enfin ça, c’est du côté de San Francisco. Parce que dès que j’arrive du côté de Sausalito (de l’autre côté, quoi), d’un coup, tout s’éclaircit, le ciel redevient bleu, le pont rouge et c’est magnifique… De la vraie carte postale. Avec la brume qui s’écoule de derrière la colline, qui s’agrippe dans les haubans du pont et le soleil qui fait briller la baie… J’ai mal aux cuisses (oui, je sais, c’est une balade de débutants, je ne suis pas vraiment une adepte de la petite reine…) mais ça valait le coup !

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Reste quand même une dernière côte à grimper pour rejoindre le port… ce que je fais en pestant. A l’arrivée, j’ai 5 minutes avant le départ du prochain ferry. Parfait, juste le temps d’engloutir un smoothie mangue-passion et hop !  me voilà sur le pont à essayer de me réchauffer au soleil. C’est qu’on est en Californie du nord maintenant ! Et il fait pas bien chaud ! Et ça s’arrange pas quand le ferry retourne dans la purée de pois pour rejoindre San Francisco. Du coup, c’est quasiment frigorifiée que je rends mon vélo. Ce qui me donne une bonne excuse pour filer chez Boudin.

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Et non, Boudin ne fait pas du boudin. Sinon j’irais pas, j’aime pas ça. Boudin fait du pain. Et du très bon pain même. Avec ce petit goût qui pourrait presque faire croire que ça vient de chez nous. Et pour ne pas manger du pain sec, Boudin le remplit avec de la clam chowder. De la chaudrée de palourdes, quoi.

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Une fois réchauffée et le ventre plein, la nuit tombe. Il est donc temps de retrouver Flipper qui m’a attendu sagement toute la journée dans son coin, impatient de reprendre la route. Demain, on attaque la Californie du nord…

Photos ici.

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Santa Cruz

Ce matin je suis encore réveillée par un rayon de soleil qui passe entre les rideaux de Flipper. La nuit a été fraîche. Il va falloir trouver une solution parce qu’on est encore loin des températures que je vais trouver dans les montagnes canadiennes dans un mois ! Au programme du jour donc, acheter une couverture.

Après un bon petit déj, c’est l’heure de plier bagage. Je prends donc la route, direction le nord. L’étape du jour n’est pas bien longue mais il me faut près de de 4 heures pour parcourir la distance : la route est splendide, toute emberlificotée dans les falaises de la côte, et je m’arrête tous les 3kms pour prendre des photos où aller mettre mes pieds dans l’eau. Oui, juste mes pieds. Ils ressortent déjà bleus, pas la peine d’insister.

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Je m’arrête aussi à la Point Lobos State Reserve. Encore un des innombrables parcs qui bordent la côte. Dès que je sors de la voiture, je suis accueillie par les cris des loups de mer. Y en a vraisemblablement toute une colonie. En effet, ils se sont regroupés sur un gros caillou à quelques mètres de la plage et piaillent à qui mieux mieux. La réserve s’étale sur quelques kilomètres le long de la côte et on peut y observer un bon nombre d’animaux. Un ranger est d’ailleurs en train de régler sa longue vue et me laisse y jeter un œil : une loutre est tranquillement en train de faire la planche à quelques mètres du rivage et casse des coquillages sur son ventre avec un caillou ! Il me donne aussi quelques indications pour aller voir un daim qu’il a repéré un peu plus loin et me dit d’aller jusqu’à la pointe sud du parc : ils ont repéré des baleines… Quoi ? Des baleines ? Ça alors… Ma malédiction serait-elle en train de faiblir ? Le problème, c’est que pour voir des baleines qui sont au loin, faut essayer de repérer leur jet de vapeur quand elles viennent respirer en surface. Quand la mer est plate, c’est facile. Mais aujourd’hui, comme par hasard, y a plein de vagues et de vent, ça facilite pas la tâche. Mais à force de patience, je finis par apercevoir un petit « splash ». Est-ce que c’est vraiment ça, est-ce que c’est pas juste un autre paquet de mer qui bouge… va savoir ! Je plisse les yeux, j’essaye de ne même pas cligner et… OUIIII !!! C’en est une ! Pas de grands sauts périlleux mais clairement, c’est une baleine ! Je suis même tellement en veine qu’un peu plus tard, une deuxième vient rejoindre sa copine. Je suis hyper contente : enfin ! les baleines ! Bon, elles sont quand même un peu loin, difficile de vraiment apprécier la taille des monstres mais tout de même, j’ai vu des baleines !

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En début d’après-midi, j’arrive à Monterey, une jolie bourgade qui a connu son heure de gloire. Dans les années 50, les conserveries de sardine tournaient à plein régime dans le quartier de Cannery Row. L’ambiance et l’odeur de cette belle époque a été immortalisée par Steinbeck dans un de ses romans intitulé tout bêtement… Cannery Row. Du coup, évidemment, ça se visite. Enfin, y a pas grand-chose à voir : quelques vieilles bâtisses en ruines, d’autres retapées pour abriter des boutiques de souvenirs ou des restaurants… faut faire un peu travailler son imagination pour voir les ouvriers en salopette traverser les rues.

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L’autre attraction de Monterey, c’est son Fishermans Wharf. Comme dans toutes les villes de cette partie de la côte, les vieux ports de pêche ont, eux aussi, été reconvertis en pièges à touristes et sur quelques planches de bois, s’alignent les mêmes restaurants et boutiques de souvenirs… Mouais. Pas de quoi casser 3 pattes à un canard mais bon, ça me donne l’occasion de boire un chai latte au soleil tout en profitant de la connexion internet.

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La bonne nouvelle, c’est qu’à Monterey, j’ai réussi à me dégoter un petit bout de trottoir gratuit et sans panneau m’interdisant d’y passer la nuit. A la place, y a un panneau « Park at your own risk »… Faut dire que ledit bout de trottoir est juste en face du terrain de baseball. J’imagine qu’une balle envoyée un peu loin et crac ! c’est le drame. Mais pour ce soir tout est calme, j’y prends donc mes quartiers.

Le lendemain matin, je suis réveillée par les claquements de portière autour de moi. Les gens vont au boulot dites donc ! Bon, bah, puisqu’il n’y a pas moyen de faire la grasse mat’, autant se mettre en route ! Aujourd’hui, toujours plus au nord, j’atteins Santa Cruz. Santa Cruz est une autre très jolie petite ville de la côte pacifique. Très jolie et très riche aussi. Mais avant d’aller regarder ça d’un peu plus près, je commence par une petite session plage à la Natural Bridge Beach. Comme par miracle, il est possible de se garer gratuitement le long de la longue avenue qui arrive à la plage. Et en plus, pas de panneau « No overnight » en vue ! Bon, c’est quand même dans un quartier hyper résidentiel alors je trouve ça un peu louche mais bon, je me dis que si je trouve pas mieux, l’endroit est parfait pour la nuit. En attendant, après une nouvelle tentative de baignade ratée (mais comment c’est possible que cette eau soit si froide ???), je prends la direction du centre-ville en longeant la promenade au-dessus de la falaise. Les maisons qui bordent la rue sont de vrais châteaux, les pelouses sont de vrais terrains de golf et les gens se promènent en segway… ça donne le ton.

Sur la promenade, je croise un type qui regarde l’horizon fixement. Je m’arrête un peu plus loin et je me mets moi aussi à scruter l’océan en me demandant ce qu’il peut bien regarder. Et soudain… SPLAAAASH ! je la vois ! une baleine ! Et pas une petite ! Difficile de dire là aussi quelle pouvait bien être sa taille mais le petit bateau qui s’approche d’elle semble vraiment très très très petit… J’en reviens pas : 3 baleines en 2 jours sans même faire exprès et alors que c’est pas la saison ! Ma chance est à peine croyable…

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Et d’ailleurs, ça finit par se gâter… Alors qu’un petit tour en ville m’a révélé que je n’ai aucune chance de trouver un stationnement public m’autorisant à rester passé 22h, je finis par découvrir un tout petit panneau le long du trottoir de la plage : habiter dans son véhicule est interdit après 22h… Flipper a beau être beaucoup plus petit qu’un camping-car, difficile de se méprendre sur le fait que quelqu’un dort dedans. Dans l’absolu je pourrais prendre le risque mais me faire réveiller en pleine nuit par un shérif peu commode pour prendre une belle amende… non merci ! Et puis il commence à se faire tard, je tourne et je vire mas sans succès, je commence à me dire que je vais me rabattre sur un camping privé. Le GPS m’en trouve un juste à la sortie de la ville, j’en prends donc la direction. Et la poisse continue : il est plein ! Mais sur la route, j’ai repéré un parking où il y a d’autres voitures. En fait, ce sont des gens qui sont en train de se balader dans la forêt à côté. Pas vraiment discret mais bon, là au moins, je n’enfreins aucune loi. Enfin, pas en connaissance de cause en tout cas. Le parking se vide peu à peu avec la nuit qui tombe et Flipper finit par se retrouver tout seul. Bon, bah on verra bien : je ferme les rideaux, je me calfeutre et je finis par m’endormir….

… et par ne me réveiller que le lendemain matin ! Et encore par des portières qui claquent ! Non mais qu’est-ce qu’ils ont les gens ici ? Un rapide coup d’œil par-dessus mon rideau et ah ! ceux-là, ils viennent faire leur jogging ! Je me lève donc et me prépare un bon thé à l’arrière de Flipper. Mon installation attire la curiosité, les gens viennent me voir, me demandent si le van est à moi, comment tout fonctionne, où je vais avec… Y a même une fille qui me dit qu’elle pourrait quitter son appartement pour vivre dans mon Flipper ! Mouais… m’est avis que pour un temps, c’est amusant, mais pour toute la vie…

Après ces conversations matinales avec mes voisins, je me remets en route. Cette fois, c’est du sérieux, ce soir, Flipper et moi on dort à San Francisco. Et pas dans la banlieue éloignée là où on ne va pas se faire remarquer. Non, non, non. En plein centre-ville. Mais ça, c’est l’histoire de demain.

Photos ici.

Big Sur

Ce matin, Flipper et moi, on quitte notre petit camping douillet de Morro Bay. Avant de reprendre la route, on passe saluer les lions de mer qui se vautrent au soleil sur le port…

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Mais on reste pas trop longtemps : visiblement, ça fait longtemps qu’ils n’ont pas pris une douche ceux-là !

On reprend donc la route 1. La fameuse qui parcourt toute la côte de Seattle à San Diego. Et qui est particulièrement jolie juste ici. Tellement jolie qu’on s’arrête tous les 3kms. Tout le monde s’arrête d’ailleurs. Mais c’est bien fait, y a des parkings partout et tu peux prendre des photos sans risquer ta vie parce que ceux qui ne zigzaguent pas en admirant le paysage roulent comme des dingues.

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Cette partie de la côte s’appelle Big Sur. Et bien sûr, c’est un parc national. 4 parcs pour être plus précis. Et c’est tellement connu que c’est blindé même quand on est en pleine semaine.

Mais ce coup-ci, j’ai été maligne, j’ai réservé mon camping. Parce qu’il n’y a pas de ville où squatter discrètement et que comme c’est un parc, il est strictement interdit de faire du camping sauvage. Et le camping est drôlement joli. Tous les emplacements sont camouflés dans les arbres, on ne voit pas les voisins (y a quand même plus de 200 emplacements) et les écureuils et les petits oiseaux viennent picorer aux pieds de Flipper. C’est tout choupinou…

C’est tout choupinou et y a pas de réseau. Alors j’en profite pour bosser un peu. Enfin pour rédiger les articles des 3 dernières semaines de ce blog qui commence à prendre un sacré retard… Grâce à mon équipement de compét’, l’allume-cigare de Flipper me permet de recharger mon ordinateur même quand le moteur est éteint. A peine dérangée par les pépiements des oiseaux, je cravache…

Le lendemain, je pars arpenter les sentiers. Quelques heures de marche, de très grands arbres, de chouettes points de vue, une cascade ridicule (franchement, faudrait même pas appeler ça une cascade), l’odeur des eucalyptus pour se purifier les poumons, un ciel bleu sans nuage et le soleil… Quand je pense qu’il y a des gens qui me demandent si je commence pas à avoir envie de rentrer…

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Et c’est donc en pleine forêt avec un bon bouquin (… Game of Thrones, what else ?) que s’écoule la fin de la journée. Parce que j’ai décidé de profiter une dernière nuit du confort du camping avant de reprendre mes bonnes habitudes…

Photos ici.

Bienvenue au paradis

Ce dimanche matin quand je me réveille, c’est presqu’en sifflotant. Aujourd’hui, je prends l’avion pour les Galapagos ! Youhou !

Tranquillement, je boucle mon sac, je prends mon petit déj et je confirme à la réception qu’il faudra appeler un taxi à 9h… l’avion est à 11h30, facile, easy, j’ai le temps. J’ai même tellement le temps qu’à 8h45, je checke mes mails et que comme ça, par hasard et juste parce qu’en fait, je l’ai pas fait la veille, je vérifie l’horaire de mon vol… 9h30. Bien. Ne pas paniquer. Prendre une grande inspiration et… sprinter !!

De toute façon, il n’est juste pas envisageable de rater cet avion alors, peu importe la méthode, va falloir se débrouiller. D’un ton parfaitement calme, je demande donc à la réception d’appeler le taxi illico presto. Oui, j’en ai marre d’attendre, finalement, je vais y aller tout de suite. 7 minutes plus tard, le taxi est devant la porte, et à peine le chauffeur a-t’il ouvert sa portière que j’ai déjà claqué la mienne après avoir balancé mon sac dans le coffre. En voiture Simone ! La première bonne nouvelle c’est qu’on est dimanche matin. Le trafic est quasi nul, les chauffeurs de taxi sud-américain roulent comme des cinglés, en 12 minutes, on est à l’aéroport et il est tout juste 9h.

Je sais pas vous mais moi, on m’a toujours dit qu’il faut y être 2 heures avant à l’aéroport. Alors comme ça, là, tout de suite, on pourrait se dire, ouais bah… c’est mort. Et bah non. Je plonge dans la file d’attente réservée à la business class et je me mets à supplier la fille du guichet de me prendre en priorité puisque mon vol décolle dans 30 minutes. Et là, c’est le drame, elle me répond qu’elle est désolée mais qu’ils ont fermé le check-in pour ce vol… C’était sans compter sur mon pouvoir suraigu de chouinage persuasion : avec quelques larmes au coin de l’œil je lui dis : « Mais… c’est pas possible ! Il faut ab-so-lu-ment que je monte dans cet avion… ». Alors, elle hésite un peu et puis elle finit par dire : « Bon… ok, donnez-moi votre passeport et allez faire sceller votre sac là-bas. Et dépêchez-vous ! ». T’inquiète paupiette, je suis à 2 doigts de lui claquer une bise mais j’ai à peine le temps de jeter mon passeport sur son comptoir et je suis déjà devant le scanner. Ah oui. Parce que pour aller aux Galapagos, y a tout un tas de formalités que normalement tu ne fais pas quand tu prends un vol national. Faut faire scanner ta valise, faut qu’un petit monsieur y attache un petit bout de plastique pour que tu ne puisses rien mettre dedans après qu’il ait tout vérifié et faut que tu fasses la queue à un autre guichet pour payer une taxe de 10 dollars. Clairement, j’ai pas le temps d’aller payer cette foutue taxe. Alors la fille du guichet me dit : « Tant pis, c’est pas grave, vous n’aurez qu’à dire que vous avez perdu le papier en arrivant aux Galapagos et avec un peu de chance, ils vous feront payer là-bas sans vous mettre d’amende. » Pas besoin de me le dire 2 fois, je suis déjà en train de courir vers les portiques de sécurité. Là, je jette mon autre sac dans le tube à rayons X, j’arrache ma ceinture (quelle idée d’avoir mis une ceinture ce matin !), je récupère le tout de l’autre côté du tube et je vole littéralement jusqu’à la porte d’embarquement où les derniers passagers sont en train de faire la queue pour monter dans l’avion. Le cœur qui bat à 130 à l’heure, je tends ma carte d’embarquement au steward qui a du mal à comprendre pourquoi je suis hors d’haleine et qui me laisse passer en me souhaitant un bon vol. Ca y est, je l’ai fait, je vais bien prendre cet avion, je suis l’invinciiiiiiible ! Yeeeehaaaa !

C’est au moment de boucler ma ceinture que je réalise que dans la précipitation, j’ai laissé mon chapeau dans le tube à rayons X… Et m*** ! Il n’est évidemment pas question de ressortir pour aller le récupérer, de toute façon, on roule déjà sur le tarmac… Crotte de biquette ! Certes, je suis dans l’avion mais je viens de faire cadeau d’un splendide panama à 40 dollars à l’agent de la sécurité ! Ça m’apprendra à ne pas vérifier l’heure de mon vol la veille…

Deux heures plus tard, sous les nuages, on devine les côtes des Galapagos. Une pluie de confettis éparpillés au beau milieu de l’océan. Mais plutôt sauvages les confettis. Du genre, un tas de petits volcans pelés et désertiques. Brrr… pas accueillant pour un sou.

J’atterris à San Cristobal, le plus à l’est des 2 aéroports de l’archipel. Le plan est d’aller au port et d’embarquer sur le premier ferry à destination de Santa Cruz (oui, j’aurais pu atterrir directement à Santa Cruz mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). Mais avant de faire quoi que ce soit, il faut d’abord payer la taxe d’entrée aux Galapagos. 100 dollars. Et en cash, je vous prie. Oui, oui. En plus des 10 dollars qu’il fallait payer à Guayaquil. Mettons qu’il y ait en moyenne 150 passagers par avion et que chacun paye 100 dollars en cash… quel est l’âge du capitaine ? Non mais sans blague, ça fait un paquet de billets qui se promènent, non ?

Bref, toujours est-il que j’ai fini par me retrouver au port (enfin, le mot embarcadère conviendrait mieux) et que là, j’ai réalisé que j’avais beau être dans la capitale de l’archipel, on était dimanche matin et que tout était fermé. Et comble du bizarre, il n’y avait qu’un seul ferry dans la journée et il ne partait pas avant 15h. J’avais donc 4 belles heures devant moi à poireauter sur un banc en esquivant les lions de mer qui venaient se réchauffer sur les pavés. 4 heures, c’est long. Surtout quand il commence à faire faim. J’ai bien pensé à bouffer un iguane qui passait par là mais le problème aux Galapagos, c’est que t’as pas le droit de toucher à un cheveu de la moindre bestiole. Parc national oblige… Et puis le ferry est arrivé (un petit hors-bord, contenance maxi 30 personnes), on est monté dedans (moi et les rares pékins encore vivants en cette belle journée) et on est parti pour Santa Cruz. 2 heures à fond les ballons dans l’océan démonté à se prendre des paquets de mer en pleine face… Gé-nial… Je suis trempée jusqu’à la petite culotte et finalement, heureusement que j’avais rien mangé.

Et enfin, presque 10 heures après avoir quitté précipitamment Guayaquil, j’ai pu poser mon paquetage à l’hôtel à Puerto Ayora, LA ville de Santa Cruz. Et je suis aussitôt ressortie pour 1/ trouver quelque chose à me mettre sous la dent, 2/ commencer la tournée des agences de voyage pour dénicher une petite croisière en lastminute pas cher… Parce que c’est ce qu’on fait ici. Des croisières. Tout simplement parce que sur la quinzaine d’îles de l’archipel, seules 3 sont habitées. Pour aller voir ce qu’il se passe sur les autres, faut donc embarquer à bord d’un des 65 bateaux autorisés à naviguer dans les eaux de l’archipel. Oh ! Et quand je dis « pas cher », j’me comprends… Ici, le moindre hostel est à 20 dollars la nuit (contre 10 sur le continent) et une croisière pas chère veut dire qu’il faut compter environ 130 dollars par jour. Autant dire que les backpackers ne courent pas les rues. Cela étant dit, je finis par trouver une agence qui semble sérieuse et aux tarifs raisonnables mais en ce début de soirée, on n’arrive pas à se mettre d’accord sur l’itinéraire. En voyageant seule, j’ai toutes les chances de pouvoir profiter des annulations de dernière minute et d’obtenir de bons tarifs. Qu’à cela ne tienne, de toute façon, je réfléchis mal l’estomac vide et puis j’ai pas prévu de partir avant 2 jours, j’ai donc le temps.

Le lendemain matin, je retourne à l’agence. Cette fois, le gérant me trouve un itinéraire qui a l’air très intéressant (pleins d’animaux à aller chatouiller, des volcans, des petits poissons et des grosses baleines au menu) et après négociation, je m’en sors pour 900 dollars pour 5 jours / 6 nuits. Oui, je sais, vous avez failli tomber de votre chaise… Figurez-vous que si j’avais réservé cette croisière depuis Quito, j’aurais payé plus du double. C’est ça qui fait tomber de sa chaise… Le hic, c’est que le départ est prévu le soir même et qu’il faut donc que je négocie avec l’hôtel de décaler ma réservation pour la nuit prochaine et que je trouve 900 dollars en cash en moins de 3 heures (non, rien de chez rien ne se paye en carte bleue ici…). Heureusement, la vie est bien faite. Il se trouve que si tu te pointes au guichet de la banque avec ta carte bleue et ton passeport, ils peuvent te donner des montants faramineux en petites coupures… Petites coupures que tu t’empresses d’aller filer à ton agence de voyage et hop ! la boucle est bouclée ! En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, tu t’es soulagé de 900 dollars.

Quand je repasse pour payer, le guide naturaliste de la croisière (obligatoire pour toute excursion dans le parc) est là. Il me dit que puisque je ne fais rien cet après-midi, je n’ai qu’à venir à la visite des hautes terres de Santa Cruz. Et allez, c’est cadeau, c’est gratuit ! Du coup, j’ai à peine le temps de repasser à l’hôtel, de préparer mes affaires, de reporter la nuit déjà réservée à la semaine suivante et de revenir à l’agence pour sauter dans un taxi où m’attend déjà Maya, israélienne et préparateur physique dans l’armée (non, elle rigole pas), une de mes colocs de bateau de la semaine à venir. On nous dit qu’on va aller avec un autre guide et un autre groupe, on comprend pas tout mais on suit. On se retrouve donc avec toute une famille américaine (3 générations, la casquette rivée au front… amaaaazing !) à patauger dans la bouillasse à la recherche de tortues géantes, à ramper six pieds sous terre dans des tunnels de lave et à contempler d’immenses trous sans fond à s’en donner le tournis. En fin d’après-midi, on quitte nos Américains (sooooo nice to meet you !) et on retourne en ville où après avoir récupéré nos sacs, on fait la connaissance du reste de notre groupe et on embarque enfin sur notre yacht… Estrella de Mar qu’il s’appelle. Ca fait rêver, non ? En attendant, on découvre notre nouvelle maison. Plutôt une bonne surprise, les cabines ne sont pas trop microscopiques, la salle à manger est belle et on n’est que 8 alors que le bateau est dimensionné pour 16. On nous explique alors que finalement, on va retourner dîner en ville parce que… parce que quoi, d’ailleurs ? on sait pas, on comprend pas, c’est pas clair, mais en tout cas, on repart donc dans l’autre sens. Et après un festin de riz, de haricots et de poulet, on remonte à bord. L’équipage nous conseille d’avaler des pilules contre le mal de mer. C’est vrai qu’on n’est pas encore en mer et pourtant, le bateau tangue bien comme il faut… Cette nuit, on fait route vers Sombrero Chino, un îlot au sud de l’île de Santiago. C’est donc bercés par la houle et par le ronronnement des moteurs qu’on s’endort tout en s’éloignant de Santa Cruz

estrella de mar

Love…

Exciting and new…

Come aboard…

We’re expecting youuuuuu…

Photos ici.