Jaisalmer, la belle du désert

Après avoir passé presque 48 heures à glandouiller au bord de la piscine, à lire et à regarder des films (des vacances en fait !), j’ai donc quitté Sawai Madhopur et ses tigres invisibles pour retourner à Jaipur et prendre le train de nuit pour Jaisalmer, 350kms plus à l’ouest.

Jaisalmer, c’est comme Agraba, cité de la magie noire… et de l’enchantement… et des plus belles marchandises de ce côté du Jourdan en vente aujourd’hui, profitez-en… Jaisalmer, c’est les portes du désert, les méharées, un fort de 99 bastions bâtis sur le sable et de vieilles ruelles pleines d’échoppes multicolores et de havelis somptueux… Jaisalmer, c’est les 1001 nuits, c’est la belle du désert…

Commençons par le commencement : il me faudra pas loin de 11 heures de train pour arriver jusque là ! Après les trains de jour répugnants, j’expérimente donc les trains de nuit. Et bah c’est plutôt une bonne surprise : les draps sont propres, les couchettes sont de taille raisonnable (bon, évidemment, une fois que j’ai posé mes 2 sacs dessus, y avait plus de place pour que j’y dorme mais ça, c’est un détail…), personne n’a essayé de squatter ma place et en plus on peut rencontrer des gens sympas (D., québécois, en vacances, et ravi de trouver une française qui comprend son accent et ne lui fasse pas tout répéter 3 fois) .

Par contre, à la gare de Jaisalmer, c’est la guerre des rabatteurs de tuk-tuks ! Une nuée de types s’abat sur moi et manifestement, quelqu’un leur a dit que c’est celui qui crie le plus fort qui gagne… Mais c’est bien mal me connaître : je crie plus fort qu’eux. J’arrive donc à me faire déposer devant l’hôtel que j’ai choisi et gratuitement en plus ! Non mais oh ! On va pas se laisser bouffer par un petit milliard d’Indiens non ?

Bon alors en fait, Jaisalmer, c’est tout petit et la vieille ville à l’abri des remparts du fort encore plus. Mais qu’est-ce que c’est joli… Alors là, franchement, c’est plein de bouses de vaches sacrées mais c’est vraiment kromeugnon. Les petites ruelles étroites avec les façades et les balcons finement sculptés des havelis, le tout dans un joli grès doré… non, vraiment, bel effort… et même si marcher le nez en l’air relève de l’inconscience (à cause des vaches sacrées et de leurs sacrées bouses, mon pied droit peut vous en parler plus en détail si vous le souhaitez…), pour la première fois depuis que je suis en Inde, je suis émerveillée par la ville. Un des vendeurs de cartes postales me dit qu’en France, on a la même chose… à Carcassonne… Bon, il y est jamais allé à Carcassonne…

Pour ceux que ça intéresse, à Jaisalmer, il y a aussi le Bangh Shop. Oui, oui, oui. Autorisé par le Gouvernement, et tout, et tout… Et ils te vendent un bangh lassi qui fracasse (paraît-il…), des bangh cookies, des bangh pizzas… Avec un slogan du genre Get high in Jaisalmer ! Incredible India

Mais bon, on n’est pas là pour ça ! Non madame, moi je viens pour rider les camels ! La spécialité du coin c’est le camel safari et comme je me suis déjà faite sérieusement arnaquer sur les tigres 2 jours plus tôt, je compte bien en avoir pour mes roupies !!

Me voilà donc partie de bon matin à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Jaisalmer (non, je n’essaye pas de franchir en douce la frontière pakistanaise… de toute façon, c’est plein de indian soldiers partout !) en compagnie de J. et L., 2 étudiants en médecine allemands. La Jeep nous dépose au bord de la route au milieu de nulle part où nous attendent Gandhi (c’est pas une blague…) et Kunda, nos chameliers pour les 2 prochains jours ainsi que Johanna, Laloo et Pundi, nos 3 chameaux.

Et c’est partiiiiiiiiii ! Je me prends pour Lawrence d’Arabie, conduisant ma caravane de chameaux, mon turban sur la tête, au beau milieu du désert, le soleil implacable nous brûlant les yeux et le reste, les chiens errants venant parfois à notre rencontre… (oui, je sais, Lawrence n’était pas dans le même désert et si ma mémoire est bonne, il était à cheval, pas à dos de chameaux. Ça va, pas la peine d’être désagréable !)

Tout ça, c’est bien joli mais un chameau, ça n’a pas d’étriers. Au bout d’une heure, tu commences à bien sentir que tu vas perdre tes 2 jambes et au bout de 2 heures, tu pries pour qu’on s’arrête… Mais comme tu t’es un peu enflammé et que t’as signé pour 2 jours de safari, t’es pas prête de t’arrêter ! Heureusement, la pause déjeuner qui dure 4 heures à l’ombre du seul arbre du coin vient à ta rescousse. Bon évidemment, tu reprends ton régime lunch dhal / dinner dhal mais au milieu du désert, difficile de se faire livrer un Big Mac (et puis de toute façon, ils mangent pas les vaches ici…)

On en profite pour papoter avec Gandhi et on apprendra plein de trucs intéressants sur les chameaux (que les femelles, c’est pas bon pour le travail, ça a juste envie de courir dans le désert, qu’une chamelle ne peut pas avoir plus de 4 bébés chameaux, qu’au Pakistan, ils mangent les chameaux mais qu’ici, c’est interdit…), bref, tout ça pour finir quelques heures plus tard au milieu des dunes où on passera la nuit, à la belle étoile sur des lits de camp.

Comme on est des petits malins, on arrivera quand même à se dégoter quelques bières fraîches qu’on dégustera en admirant les étoiles filantes et la voie lactée particulièrement en beauté ce soir-là.

Le lendemain matin, on est réveillés par le lever du soleil et les milliers de scarabées qui font crisser le sable sous leurs pa-pattes… beurk ! Mais pas le temps de traîner, on remonte en selle ! Tes fessiers et tes jambes n’ont malheureusement pas oublié qu’ils ont fait la même chose la veille et te le font payer… cher ! Et c’est parti pour 3 bonnes heures au trot de chameau sous un cagnard encore pire que la veille. Là, tout est une question de volonté : tu oublies qu’un jour, tu as eu des fesses et des jambes et tout se passe bien.

On finit par s’arrêter sous un arbre, tu n’arrives même plus à descendre du chameau parce que tu as laissé tes cuisses quelque part sur le chemin et on se fait un petit lunch dhal d’adieu avant que la Jeep ne vienne nous récupérer pour nous ramener à l’hôtel.

Bref, Jaisalmer, le premier vrai coup de cœur indien (même si mes fesses jurent le contraire…)

Photos ici.

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