Ninh Binh

Quand on veut se rendre à Ninh Binh, il y a plusieurs options. Soit on peut prendre un taxi mais faut négocier fermement le tarif parce que y a quand même 93kms, soit on peut prendre le train mais y en a 3 par jour, soit on peut prendre un bus d’une compagnie privée qui ne part que le soir, soit on peut prendre le bus à la gare routière et en plus c’est moins cher. Je vous laisse deviner ce qu’on a choisi.

Non, je vous laisse pas deviner : on a pris le bus à la gare routière. Après avoir acheté les billets (30 000 dongs each, soit à peine plus d’1 euro… amis de la RATP si vous me lisez…), la petite dame du guichet me fait signe de suivre un petit gars qui a l’air d’avoir 17 ans (quoi ? c’est pas de ma faute s’ils sont tous petits !). Le petit gars nous fait traverser la gare, passe allégrement devant le bus avec un gros panneau Ninh Binh et nous fait grimper dans un minibus vide après avoir tassé nos sacs dans le coffre. Première réaction : « Wouah ! Génial ! On est toutes seules et le bus part direct ! On pouvait pas faire mieux question timing ! ». Trente minutes plus tard, on a ratissé toutes les rues autour de la gare, racolé tous les piétons qui font mine de poireauter le long du trottoir, le minibus est plein à craquer, y a même des gens assis sur des tabourets en plastique dans l’allée, les sacs en plastique s’entassent partout où il y a de l’espace et on s’éloigne enfin d’Hanoi. Le chauffeur allume alors son autoradio et les haut-parleurs se mettent à cracher alternativement des remix techno vietnamiens et des chansons traditionnelles. Y a comme un petit air indien dans ce bus… Ils font même une pause au bout d’une heure pour que les gens puissent se ravitailler ! Une petite mamie se plaque un mouchoir sur le nez. Je l’observe avec méfiance (maintenant que je sais que les gens peuvent se vomir sur les genoux sans signe précurseur, je suis vigilante), et puis soudain je réalise. Mais c’est pas du tout un mouchoir ! C’est du pain ! Genre un quart de baguette tout malaxé et tout étalé sur son nez ! Incrédulité puis incompréhension mais si, c’est bien ça, elle en mange même des petits morceaux par moment. Une coutume locale ? Je crois que je ne saurai jamais…

Bref, on arrive à Ninh Binh. C’est moche, y a rien à voir, c’est juste la ville la plus proche des sites de la « Baie d’Halong terrestre ». Après s’être installé dans notre hôtel (le Thanh Thuy Hotel), on réserve donc notre tour pour le lendemain et on va faire un petit tour au marché local. Sur le trottoir s’étalent tout un tas de légumes, de fruits, d’herbes, de poissons dont les ouïes baillent et qui sursautent encore un peu et quelques tranches de viande sanguinolentes. Et tout à coup, oui ! on tombe sur un stock de pattes… de chiens ! Pas moyen de confondre, y a plus les poils et elles sont grillées mais c’est bien du chien. Et pour bien nous écœurer, on trouve les têtes un peu plus loin. Apparemment, ça n’a pas beaucoup de succès les têtes… Bon, ça ne nous coupe tout de même pas l’appétit alors pour le dîner, on teste la spécialité de la ville, le pho ngan, une soupe de nouilles au canard. Mais le canard bouilli, ça casse pas 3 pattes à un canard justement et on est plutôt déçues.

Le lendemain, après le petit déj, on ajuste nos casques et on grimpe sur nos motos (avec chauffeurs hein, on n’est pas complètement cinglées), direction la grotte de Mua. Bon, la grotte est ridicule avec une statue de tigre en plastique toute moche mais le challenge c’est de grimper les 500 marches jusqu’au sommet de la colline pour admirer les alentours. Et ça vaut le coup ! Et des marches, y en a que 464 (à 2 près, j’ai compté). Du sommet, on voit les rizières et les villages jusqu’à Ninh Binh, la rivière et les dizaines de barques qui promènent les touristes à travers les pics karstiques (les fameux, d’où le nom de « Baie d’Halong terrestre ») et on peut en profiter pour faire des offrandes à la statue d’une déesse de la miséricorde qu’on se demande bien ce qu’elle fait là.

On redescend, on ré-enfourche nos bolides et on se rend aux grottes de Trang An. En chemin, ma mère casse sa moto (qui se met soudain à faire un bruit très très bizarre) mais ni une ni deux, on se retrouve à 3 sur la mienne et on poursuit la route. Trang An, c’est censé être encore plus beau et beaucoup moins touristique Tam Coc. Super, mais c’est quoi Tam Coc ? Ben c’est un endroit où la rivière serpente à travers les pics karstiques et rentre parfois dans des grottes sous les pics, ressort de l’autre côté et c’est très joli. Le problème à Tam Coc c’est que c’est devenu tellement touristique qu’il y a presque plus de vendeuses de nappes brodées que de touristes (c’est dire !) et toutes les barques se suivent à la queue leu leu. D’ailleurs, depuis le site de Mua, on avait bien vu qu’effectivement, y avait un paquet de barques sur la rivière. Donc, on a décidé d’aller à Trang An, un peu plus loin et réputé moins bondé. Réputé seulement. Parce que, quand on arrive sur place, il y a des dizaines de barques le long de l’embarcadère, les gens font la queue et ça ressemble furieusement à Disneyland. Manque juste la musique. Mais bon, on n’est pas là pour faire les snobinardes, on grimpe dans une barquette en bambou avec 2 autres Français et nous voilà à glisser sur la rivière au milieu des autres couillons. Si ça, c’est moins bondé que Tam Coc, je veux juste même pas savoir à quoi ça ressemble Tam Coc ! Mais au moins, ici, pas la moindre trace d’une nappe brodée ! Notre rameuse (ce sont majoritairement des femmes) nous met au boulot au bout de 15 minutes (ben ouais, t’as quand même pas cru qu’elle allait ramer toute seule pendant 2h ?) et malgré la foule et les quelques pagodes en carton (Disneyland je vous dis) disséminées le long du parcours, le paysage vaut vraiment le détour. Pour le coup, je m’y croirais presque dans Indochine !

Après cette balade bucolique, la dernière escale de la journée est le site de Hoa Lu, ancienne capitale impériale des années 1000 (ça date pas d’hier). Il ne reste quasiment rien à part 2 petits temples et une tombe perchée au sommet d’un pic karstique. Là, j’ai pas compté les marches mais elles étaient bien plus raides que le matin et la vue était moins belle. Bon, j’ai quand même eu droit à mon quart d’heure de gloire au milieu de tous les Vietnamiens (et surtout Vietnamiennes… bizarre) qui voulaient me prendre en photo.

Bref, Ninh Binh, ça vaut le coup mais c’est pas la peine d’y passer plus d’une journée. Ce qui tombe bien puisque le soir même, on grimpe dans le train le nuit direction Hué, 500kms plus au sud.

Photos ici.

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