Vietnam – le bilan

4 809kms parcourus et 1h30 d’avion, 53 heures de train, 41heures de bus, 17 heures de moto et 13 heures de bateau.
Prix d’une chambre (peu d’auberges de jeunesse) : $12 soit 250 000 VND
Prix d’un repas : 30 à 80 000 VND
Prix d’un McDo : PAS DE McDO au Vietnam !!
Prix d’une bouteille d’eau : 5 à 10 000 VND (selon ta tête)
Ce qui va me manquer : les longues balades à moto, la brume sur la baie d’Halong, les « hello, hello » des enfants le long de la route, le bun bo hué, les marchés, les robes colorées des Hmongs, les banh xeo, traverser la rue à 2 à l’heure en regardant ses pieds, la campagne, le vert fluo des rizières dans le sud, les fleurs et les fruits tropicaux, remonter le Mékong en bateau et trinquer à l’alcool de riz.
Ce que je ne vais pas regretter : Maman Cafard, les tours un peu trop bien organisés, les trajets en bus Open Tour (sûrement très bien si tu fais 1m20), le côté un peu trop business (à mon goût) des Vietnamiens, le café au lait concentré sucré (… beurk !), me faire attaquer par un singe et les nems (et bah non, j’aime toujours pas ça !).
La phrase qu’il fallait retenir : Nếu bạn muốn làm điều đó, đó là $ 2 thêm ! (Si vous voulez faire ça, c’est $2 en extra !)
Bien. Alors, le Vietnam.
Bon, autant être franche, j’ai été un peu déçue. Je ne sais pas, je m’attendais à des gens souriants, accueillants, aimables et ça a rarement été le cas. Les touristes sont vraiment pris pour des portefeuilles sur pattes, les prix sont multipliés par 2, 3 ou 4 selon ta tête et le sourire est en option (faut probablement rajouter $2 en extra…). C’est vraiment dommage car le pays est magnifique, il y a des tas de choses à voir aussi bien sur le plan culturel que pour les paysages et dès qu’on sort des villes, on arrive enfin à avoir ce contact avec les gens qu’il est quasi impossible d’établir dans les villes (où t’as l’impression que quand on vient te parler, c’est pour te soutirer du pognon). Le démon du tourisme de masse est en train d’accomplir son œuvre…
A côté de ça, j’ai passé des moments extraordinaires avec Chong à Sa Pa, avec Truong à moto dans les montagnes. Il ne faut donc pas généraliser. Mais la petite étincelle n’a pas eu lieu.
Le pays est pauvre et a longtemps souffert de la guerre puis de l’embargo américain. On ne peut donc sûrement pas en vouloir aux Vietnamiens de vouloir tirer un maximum de profit de la masse de touristes qui débarque chaque jour pour voir la baie d’Halong
ou les tunnels de Cu Chi. Seulement, le contact avec la population est limité au strict minimum (« How much… ? »). 
Dans les grandes villes, comme Hanoi ou Saigon, ce sont carrément des quartiers entiers de la ville qui sont ghettoïsés pour les touristes avec des rues uniquement bordées d’hôtels, de restos, de bars et de salons de massages (pas toujours très clean…) et clairement, le charme n’opère pas. On a atteint le summum de la ville transformée en camp de vacances à Nha Trang (où même la devanture de la pharmacie est écrite en russe…).
Reste la bouffe. Là aussi, malgré quelques chouettes découvertes (le bun bo hué, définitivement mon plat préféré), j’ai trouvé la cuisine un cran en dessous de la cuisine chinoise. Je sais, plein de gens disent le contraire. Mais j’ai pas trouvé que la street food était aussi variée, aussi appétissante qu’en Chine. Et quand tu veux manger autre chose qu’une soupe de nouilles, les prix deviennent parfois dingues.
Mais restons positifs. Il reste assez facile de sortir des sentiers battus, de faire de jolies rencontres et de découvrir des coins où il n’y a pas encore besoin de faire la queue une demi-heure pour acheter son ticket. Et finalement, est-ce que les nouilles ne sont pas meilleures slurpées sur un tabouret en plastique à hauteur des pots d’échappement des milliers de motos qui envahissent les rues jour et nuit ?
OK, ça n’a pas été le coup de cœur attendu mais tout n’est évidemment pas à jeter. Et malgré tout, de plus en plus de Vietnamiens comprennent que ce que les touristes viennent chercher chez eux, ce ne sont pas de longues heures de car climatisé mais un peu d’authenticité. Du coup, c’est encore timide (et hors de prix) mais des agences commencent à proposer des circuits un peu plus exclusifs et originaux. L’éco-tourisme se développe aussi (oui, parce qu’on ne peut pas dire que le développement durable soit aujourd’hui une préoccupation majeure).
Une autre chose qui m’a frappée, c’est le patriotisme aigu des Vietnamiens. Quand on arrive enfin à établir le contact, on découvre des gens qui sont si fiers de leur Histoire, d’avoir su conserver leur identité, leurs coutumes, leurs différences (54 minorités ethniques dans le pays et autant de dialectes et de costumes traditionnels différents) malgré les attaques plus que répétées des Chinois, des Khmers et les guerres contre les Occidentaux. Ils sont tous prêts à se battre pour leur pays. Et heureusement, parce que sinon, le Vietnam, ça n’existerait plus aujourd’hui. Un sentiment qu’il m’est difficile de comprendre, moi qui ai grandi dans un pays où planter un drapeau sur le toit de sa maison est considéré comme un acte nationaliste.
Les jeunes Vietnamiens souhaitent que les étrangers aient une bonne image de leur pays. L’image d’un pays qui avance, qui se relève, un pays qui est le 2ème exportateur mondial de riz et de café mais aussi, un pays où chaque année le niveau de vie augmente, avec des universités, des hôpitaux et des entreprises reconnues. Le chemin est encore long quand on voit dans quelles conditions vivent les gens dans les campagnes mais ce qu’on ne peut pas nier, c’est qu’ils en ont l’envie. Alors, la convivialité, je m’en fais pas, ça viendra. Et à ce moment-là, il sera toujours temps de revenir…

Le Mékong, long fleuve tranquille…

S’il est bien un fleuve mythique dont le nom fait rêver, c’est le Mékong. En tout cas moi, ça me fait rêver. Juste le nom déjà… Mé-kong… C’est chouette , non ?

Troisième plus grand fleuve d’Asie, il prend sa source dans les hauts plateaux himalayens tibétains et traverse le Laos, le Cambodge et la Thaïlande avant de finir par s’étaler au Vietnam en un immense delta.

Les terres du delta sont si fertiles que les rizières produisent jusqu’à 4 récoltes par an ce qui permet au Vietnam d’être le deuxième exportateur mondial de riz (derrière la Thaïlande). C’est également là qu’on trouve les plus grandes fermes piscicoles spécialisées dans l’élevage du bien connu panga (… beurk !). Et puis c’est aussi là qu’on trouve les derniers descendants des Chams, les seuls Vietnamiens musulmans. Et bien sûr, une tripotée de villages et de marchés flottants. Bref, il y a de quoi s’occuper dans le delta.

J’avais 2 options : soit je me débrouillais toute seule pour aller visiter 1 ou 2 villages et pagayer au milieu d’un marché puis je revenais sur Saigon pour repartir aussi sec vers la frontière cambodgienne (oui, mon visa arrive à expiration, faut s’en aller maintenant ma p’tite dame !), soit je passais par un tour organisé par une agence. Là encore, 2 sous-options : payer une fortune pour faire un truc un peu exclusif ou payer pas trop cher pour faire un circuit bien classique et bien touristique. Avec un peu plus de temps devant moi, j’aurais choisi l’option free-lance (et si c’était à refaire, je me débrouillerai pour avoir plus de temps), mais là, je n’ai plus de temps et le Ministre des Finances m’a lancé un regard noir donc… j’ai opté pour le circuit organisé de masse.

Tout n’est pas à jeter dans ces 3 jours. D’abord, j’ai rencontré un Anglais très rigolo avec qui j’ai eu une conversation surréaliste sur la téquenique et la taquetique footballistique. Un autre qui n’a jamais voulu croire que j’étais française (« But your english is so good ! »… pfiou ! gros enflage de chevilles !). J’ai vu les plus grosses araignées qui existent au monde (je peux pas croire qu’il en existe de plus grosses et si, par hasard, il en existe, je ne veux pas le savoir). J’ai eu l’occasion de déployer ma moustiquaire validée par l’OMS. J’ai mangé un sandwich au steak et au pâté (oui, dans le même sandwich). J’ai visité une fabrique de bonbons à base de noix de coco. Une fabrique à nouilles de riz. Changé 7 fois de bus. Pris 5 bateaux. Me suis réveillée 2 fois à 6h (quoi ? bah non, ça ne m’arrive plus tous les jours !). Ai négocié des ananas en gros (même si ce n’était pas LE plus gros marché flottant du Mékong et qu’il y avait probablement autant de touristes que de Vietnamiens, c’était très sympa). Mangé du crocodile. Nourri des pangas. Et j’ai fini par traverser la frontière.

D’ailleurs, c’était plutôt rigolo cette frontière. J’ai choisi la version maritime (j’ai remonté le Mékong jusqu’à Phnom Penh en bateau). En quittant le Vietnam, le poste frontière est une baraque en béton posée sur une dizaine de pilotis au bord de la rivière. Tu rentres, tu donnes ton passeport, on te le tamponne, ça y est, t’es sorti du Vietnam. En arrivant au Cambodge, tu descends du bateau sur un petit ponton en bois brinquebalant, tu traverses les roseaux sur une planchette vermoulue puis tu vas dans un petit bureau avec un seul guichet grillagé où des poules ont fait leurs nids sous les pieds du douanier et 3 coups de tampon plus tard… Welcome in Cambodia !

Alors, le Vietnam c’était déjà pas un pays riche mais le Cambodge… c’est mon Ministre des Finances qui va être content !

Bon, ils ont pas un rond pour construire un petit pont digne de ce nom mais par contre, le chef des douaniers, il a une voiture de sport… pour pourchasser les clandestins, sûrement…

Et donc, me voici à Phnom Penh, capitale du Cambodge. Mais ça, c’est l’histoire de demain… En attendant, je vous ai fait des centaines de photos sous un soleil de plomb et c’est par .

Ce soir j’ai dîné sur les genoux de Bill Clinton

Et pourtant, j’ai pas décroché de stage à la Maison Blanche…

J’avais choisi exprès un bus de nuit partant de Dalat à 23h pour arriver à Saigon entre 6 et 7h du matin, ce qui semblait être un horaire correct pour débarquer dans une grande ville. C’était sans compter sur le zèle exacerbé du chauffeur qui nous a jetés, moi et mes sacs, sur le trottoir à 4h30…

Mais il ne faut pas croire qu’à cette heure-là, Saigon dort… Oh que non ! Loin de là ! Les chauffeurs de taxi sont déjà au taquet pour récupérer les touristes qui, eux, ont encore les yeux collés. C’est l’heure où les Saigonais font leur jogging ou jouent au footminton, où les restos balaient leurs petits bouts de trottoir et où je me dis qu’un t-shirt, un pull et ma veste, c’est au moins 2 couches superflues vue la température extérieure (qui n’a rien à voir avec celle du bus où apparemment, la clim était coincée sur -20°C…).

Par chance, le bus m’a déposée dans la rue du MiMi Backpackers Hostel où j’avais prévu d’aller. Enfin, dans la rue… En fait à Saigon, les adresses ressemblent à ça : 219/38 Pham Ngu Lao. Alors la rue Pham Ngu Lao, OK. Le numéro 219, OK. Le numéro 219/38… désolée, ça n’existe pas. Bon, si, ça existe mais en fait, c’est pas dans la rue Pham Ngu Lao. C’est caché dans le pâté de maison derrière le numéro 219. Il faut donc s’aventurer au p’tit bonheur la chance dans les ruelles pour trouver le 219/38. Je m’aventure donc. Je tombe sur une petite dame en train de faire bouillir de l’eau qui m’indique vaguement une direction… Je m’enfonce dans un labyrinthe de ruelles étroites et j’essaye de mémoriser les couleurs des motos qui sont garées à chaque angle… De bons gros rats bien gras fuient en entendant mes pas. Bizarrement, j’ai pas peur des rats. Il paraît que soit t’as peur des rats, soit t’as peur des araignées. J’ai choisi mon camp. Tout à coup, je tombe sur un type en uniforme vert olive (c’est la couleur de l’armée normalement) qui me demande où je vais. Je lui réponds que je cherche le numéro 219/38 et il me dit de le suivre. (Je rappelle le contexte, il est 4h30 du matin, je suis dans un dédale de petites ruelles où y a pas un chat et j’ai 25kgs sur le dos…) Bon, bah… je le suis, hein ! J’essaye quand même de garder une idée générale de là où il m’emmène mais il faut faire confiance à ses semblables et j’arrive à bon port. Bon, sauf qu’il est toujours 4h30. 4h45, maintenant. Mais pas de problème, mon nouvel ami frappe à la porte de chez MiMi qui nous ouvre, les yeux tout collés, elle aussi. En fait, MiMi dort par terre dans le salon/réception. Elle m’explique que si je veux check-in maintenant, va falloir payer la nuit. Pas de problème, je dis. Je vais juste laisser mes sacs là et je vais aller faire un tour et puis je reviendrai pour le check-in. C’est à quelle heure au fait, le check-in ? A 14h !!! Ah oui, quand même… va falloir faire un grand tour… Pendant ce temps, mon ami n’a pas foutu le camp, il attend. Il attend que je lui file 2 dollars pour m’avoir conduite jusque là. Bon, bah là, j’ai peur de rien, je lui explique que j’ai pas un rond et que je le remercie chaleureusement mais maintenant, faut qu’il aille se coucher. Du coup, il râle mais il s’en va. Le temps de prendre mon sac à mains et hop ! me revoilà dans la ruelle, MiMi est déjà recouchée. Je retrouve mon chemin jusqu’à la sortie du labyrinthe (en vérifiant derrière moi que mon pote ne m’attend pas dans un coin pour me prendre de force ses 2 dollars…) et là, force est de constater que même si ça s’agite un peu, y a pas un café d’ouvert, que ça n’ouvrira pas avant 6h30, que j’ai quand même quasiment pas dormi et après avoir déambulé un quart d’heure, je reprends la direction de chez Mimi…

Je frappe à nouveau, MiMi me réouvre la porte (j’ose espérer qu’elle s’était pas rendormie…) et pas de problème, elle me file une chambre où je m’écroule après avoir allumé la clim. Mais il fait 600 000 000 de degrés ici ou quoi ?

Après quelques heures de sommeil entrecoupées de tout un tas de bip-bips (je dors sur la télécommande de la clim, mon portable n’a plus de batterie et le téléphone de l’hôtel se met à sonner) et une bonne douche, MiMi m’offre un petit déj et je pars à la découverte de Saigon-la-fumeuse-d’opium. Quoi ? C’est pas l’image qui vous vient à l’esprit quand on dit « Saigon » ? Moi oui.

Bon, c’en est bien fini de l’opium, certes. Et les principaux sites touristiques de la ville sont désormais en lien avec la guerre contre les Américains et le combat acharné des communistes pour « libérer » le pays. Faut dire qu’avec les kilos-tonnes de bombes qui sont tombées sur le pays, il ne reste pas grand-chose « d’avant »… Le Musée des Souvenirs de Guerre (anciennement nommé Musée des Crimes de Guerre causés par les Américains mais d’un point de vue marketing, c’était pas très bon) est particulièrement bien lourd, dans le même genre qu’Hiroshima mais avec des photos encore plus trash et s’ils avaient pu mettre en vitrine des restes de cadavres torturés pour montrer à quel point les Américains ont été méchants, on peut penser qu’ils l’auraient fait. Un directeur marketing a dû leur dire que là, fallait pas pousser le bouchon Maurice. A la place, ils ont mis dans le hall des vraies victimes de l’agent orange qui chantent ou vendent un peu d’artisanat. J’ai bien lu quelque part dans le musée que la firme qui avait fourni cette belle cochonnerie était  Monsanto (spécialisés dans les trucs dégueu ces gens-là…) ce qui ne m’a pas empêchée, 2 jours plus tard, de tomber sur leur congrès annuel en grande pompe dans un hôtel de luxe, quelques rues plus loin… Y en a qui ont la mémoire sélective… J’ai quand même assisté à une scène plutôt émouvante : un papi américain, visiblement vétéran de cette vilaine guerre, s’est mis à pleurer devant les photos de la section « Missing ». Comme ça, sans bruit, juste des grosses larmes qui roulaient sur ses joues… Ca a bien failli être contagieux dites donc.

Mais bon, la guerre est finie, Bill Clinton a levé l’embargo depuis 1994 (j’y reviendrai), il fait 30°C, j’ai sorti mon short, mes tongs et mes lunettes de soleil et c’est plutôt agréable de se promener dans la ville. Les rues sont larges, bordées de platanes (ou autres banians qui font plus couleur locale) et je finis même par tomber sur les Galeries Lafayette, Dior et Vuitton. Ah, enfin des repères ! Je commençais à me dire que les femmes des cadres corrompus du Parti ne devaient pas savoir où dépenser tout leur argent… Je manque me faire écraser par une Ferrari en traversant la rue (l’histoire ne dit pas qui a grillé le feu rouge) et y a même des salons de thé avec terrasse panoramique qui servent des glaces au jeune riz vert… faut bien tester ! Bref, j’ai enfin compris où sont planquées les richesses du pays.

Le lendemain, je pars visiter les tunnels de Cu Chi à 50kms de Saigon. Cu Chi, c’est la zone la plus bombardée, défoliée, rasée, gazée et re-bombardée du monde (c’est pas moi qui le dis, c’est l’Histouâââre…). Et pourquoi tant d’acharnement ? Tout simplement parce que la zone était contrôlée par les Viêt-Congs (oui, toujours eux), que les Américains savaient qu’il existait près de 250kms de tunnels reliant la zone au Cambodge et à la piste Ho Chi Minh et permettant aux Viêt-Congs de s’approvisionner mais aussi de leur échapper, et parce que la jungle (parce qu’ « avant », y avait la jungle) les empêchait de trouver les entrées. Du coup, aux grands maux les grands remèdes, les Américains ont balancé des bombinettes, du napalm et un peu d’agent orange puis ils sont venus virer ce qu’il restait à grands coups de bulldozer. Mais ça n’a rien changé. Ils n’ont pas réussi à trouver ni à détruire les tunnels.

Les Viêt-Congs se sont en fait servis d’anciennes galeries qui avaient été creusées pendant la guerre d’indépendance contre la France. Ils les ont prolongées, ont creusé d’autres niveaux (à 3m, 6m et 10m sous terre… pour info, les tunnels font 1,20m du haut sur 80cm de large et ça dans les parties les plus larges… donc au -3, on respire pas, c’est juste pour courir et ressortir plus loin), ont aménagé des salles de réunion, des salles de classe et des cuisines (oui, parce que les villageois aussi, ils se cachaient quand ça crépitait au-dessus de leurs têtes)  et ont imaginé tout un système de pièges machiavéliques anti-Américains à base de tiges de bambous empoisonnées. C’est le plus grand réseau de galeries souterraines au monde. Et c’est pas fait pour les claustros. Parce qu’en bon touriste, tu peux te glisser dans les tunnels. Enfin, dans un petit bout de tunnels qui fait 100m de long et où ils ont aménagé des sorties tous les 20m pour les petits malins qui paniqueraient une fois descendus. Oui, parce que c’est même pas la peine de penser à faire demi-tour. Les Viêt-Congs avaient bien compris qu’ils ne pouvaient pas courir plus vite que l’ennemi (quand un Gi fait 2 pas, un Viêt-Cong en fait 3) mais ils avaient surtout bien noté que si les Gi avaient les jambes plus longues, ils mangeaient déjà bien plus de burgers d’où l’étroitesse des tunnels. Malins les Viêt-Congs !

Enfin bon, la partie vraiment intéressante de la journée, c’était bien sûr la descente dans les fameux tunnels. Ça n’est arrivé qu’après 2 heures de visite où on nous a proposé de tirer avec des vrais fusils sur des cibles en forme de GI, fait asseoir devant un montage vidéo fait par ma grand-mère rappelant la bravitude et l’héroïsme des Viêt-Congs et baladé devant des poupées de cire censées être en train de fabriquer des bombes artisanales. 5 heures de route et 2 heures de visite pour 15 minutes dans les tunnels… efficacité limitée. Mais ça reste très impressionnant. C’est vraiment très étroit (faut marcher à 4 pattes), il fait chaud, il fait noir comme dans un four et t’as vraiment du mal à croire que des types ont joué à la guerre là-dedans.

Pour ma dernière journée à Saigon, j’ai testé pour vous le service postal. Je suis allée à la Poste Centrale (bâtiment datant de l’époque coloniale avec une structure Eiffel qui m’a bien rappelé un certain 56A) où j’ai fait emballer et expédier 3,5kgs de trucs qui encombraient mon sac. Un peu long (près de 45 minutes pour l’intégralité de l’opération) et quant à l’efficacité… je vous dirai ça dans 15 jours.

Et puis, on est quand même dans une grande ville. Et une grande ville digne de ce nom a un zoo. Et quand y a un zoo, je ne résiste pas. C’était pas mal. Les cages étaient grandes, propres mais les animaux… ils étaient tous en train de dormir. Même les lions ne bronchaient pas d’un poil de moustache alors que des centaines de gamins hurlaient à moins de 2 mètres de leurs oreilles (oui, à part moi, au zoo, la moyenne d’âge tourne autour de 4 ans). Je soupçonne les autorités compétentes de filer une bonne dose de somnifère à tout le monde… Y avait juste un tigre blanc qui avait pas dû avoir sa dose et qui était un peu énervé au point de bondir en rugissant sur la vitre qui le séparait d’un petit Russe avec une casquette ridicule. Ça l’a fait bien fliper, le petit Russe. Bien fait !

Enfin voilà, tout ça, ça m’a plutôt réconciliée avec le Vietnam, on peut même dire que Saigon, j’ai bien aimé. Et le fait que j’y ai mangé un sandwich jambon/camembert et une tarte au citron meringuée n’a rien à voir avec ça.

Pour finir en beauté, je suis allée assister (assister, hein, pas participer) à un cours de kung-fu sur la place du marché avant d’aller manger un dernier pho bo chez Pho 2000. Ils sont complètement dingues ces Vietnamiens, ils font 5 roues de suite sans poser les mains par terre ! Et pourquoi donc chez Pho 2000 ? Et bah tout simplement parce que Bill Clinton en a mangé un exactement à cet endroit quand il est venu à Saigon après avoir levé l’embargo en 1994. Et que les Vietnamiens, ils ont un sens aigu du marketing : Pho 2000 est devenu « Pho for the President ».

Et maintenant, ils pensent à le renommer « Pho for AL and the President ».

Photos ici.

AL, l’amie des bêtes…

Comment ça vous croyiez que j’aimais que les chats ? Mais pas du tout ! J’aime aussi les tigres, les lions, les panthères, les léopards…

Lundi matin, j’ai pris le bus pour Dalat en compagnie d’un couple de vieux retraités français ultra rigolo (70 ans chacun et ils voyagent toujours sacs au dos avec une patate qui fait plaisir !). Ils étaient déjà venus au Vietnam en 2004, ils avaient adoré et là, ils sont plutôt mitigés. Ils trouvent que le pays a beaucoup (trop ?) changé, que les gens ne sont plus aussi accueillants et que l’industrie du tourisme est en train d’accomplir son œuvre maléfique. Moi, je suis pas venue en 2004 mais j’avoue que j’ai du mal à tomber sous le charme. Je suis presque frustrée. C’est quasi mission impossible de « rencontrer » des Vietnamiens. Heureusement, il y a eu les quelques jours à Sapa ou le Easy Ride dans les montagnes du centre pour équilibrer tout ça mais c’est pas le coup de cœur attendu. Les paysages sont fabuleux, certes, mais il manque un petit je-ne-sais-quoi. Enfin, c’est pas une raison pour ne pas profiter de la dernière semaine donc…

Donc Dalat. Quoi donc est-elle venue y faire la p’tite dame ? Bah, en fait, en arrivant, je savais pas trop. Dalat, c’est une ville créée par les Français en 1912 sur les recommandations du docteur Yersin (celui-là même qui découvrit le bacille responsable de la peste qu’il baptisa donc modestement de son nom, Yersinia pestis…) après avoir poliment demandé aux montagnards autochtones de leur laisser la place. La ville se situe sur un plateau en altitude (1475m) où le climat est tempéré ce qui permet aux légumes de pousser et aux gens de survivre à la chaleur étouffante du sud du pays et les moustiques et les Russes ne connaissent pas encore la route. Bref, avec ses villas coloniales qui ressemblent à des chalets, son lac artificiel et son ciel bleu fluo, Dalat, on dirait la Suisse. Ici, les gens boivent du thé à l’artichaut, cultivent des fleurs et mangent des fraises confites. C’est plutôt sympa.

Sur les conseils avisés du patron du Thien An Hotel, je réserve un tour à moto (oui, encore…) dans les environs pour le lendemain et je pars explorer la ville.

D’abord, il y a le palais d’été de Bao Dai. Pour ceux qui n’ont pas suivi depuis Hué, Bao Dai c’était le dernier empereur du Vietnam, celui qui a régné jusqu’en 1945 et qui a ensuite laissé la place aux communistes. Avant que tout parte en cacahuète, il passait ses vacances à Dalat dans son palais d’été. Un palais, un palais… c’est un bien grand mot. OK, c’est une grande baraque (1000m²) mais c’est pas non plus Versailles. On y apprend que Bao Dai y a vécu d’abord avec sa femme, l’impératrice Nam Phuong, et ses 5 enfants, puis, quand sa femme a senti le vent tourner, elle a pris ses 5 enfants sous le bras et est partie en France. Bao Dai ne s’est pas démonté, il a alors vécu là avec une de ses concubines. Puis quand ça s’est mis à vraiment sentir le roussi, il est lui aussi parti en France où il a fini ses jours à Paris (en 1997) avec une autre femme, une Française ce coup-ci. Le palais a bien servi un temps au président du Vietnam-sud (avant qu’on l’exécute) et depuis, il est conservé en l’état et faut mettre des petites chaussettes grises pour entrer.

Après ça, je suis passée devant la cathédrale (je sais pas pourquoi ils appellent ça une cathédrale, une église ça suffirait) qui était fermée alors, comme j’étais à côté, je suis allée au Dalat Palace, le seul hôtel 5 étoiles du Vietnam, pour déguster un mille-feuilles aux fraises et un thé à l’artichaut sur la terrasse qui surplombe le lac… Des fois, je voyage dans des conditions à la limite du supportable vous savez…

Le lendemain matin, au petit déj, je fais la connaissance de 2 Australiennes, une mère et sa fille (qui m’invitent à venir faire du camping sur la plage quand je serai dans le coin : les Australiens, en voilà des gens qui sont accueillants !!) qui font aussi le tour à moto et on décide de passer la journée ensemble. Ca durera 5 minutes puisqu’une de leurs motos tombe en panne et qu’elles s’arrêteront près d’une heure pour réparer. Mais c’est pas grave, je discute avec mon guide-driver du jour, Humn (si, c’est vraiment son nom, il me l’a épelé), qui a étudié un peu de français à l’école et qui claironne à tue-tête « Aline » (oui, pour qu’elle revienne) tout le long du chemin. Je connais pas le ministre de l’Education Nationale vietnamien mais ça m’étonnerait que ça soit au programme… Enfin, je vous laisse imaginer ce que j’ai dans la tête depuis !

On visite plein de coins sympas, des serres de fleurs, une fabrique de soie (où tu peux goûter une larve grillée, il paraît que ça a le goût de noix… euh, non merci !), une plantation de café (où j’apprends qu’ici, un des meilleurs cafés est fait à partir des graines préalablement passées à travers le tube digestif de furets… oh bah oui, je vais bien goûter une tasse !), des chutes d’eau où tu peux passer dessous, une pagode avec un immense Happy Bouddha qui va me faire faire des cauchemars, une ferme de criquets (et c’est pour quoi faire ? les manger ? ah oui ? comme c’est intéressant…), un village habité par les montagnards susmentionnés qui ne parlent pas vietnamien puisqu’ils ont leur propre dialecte mais où j’ai eu une conversation en français avec 2 vieux papis (colonisation oblige…), une maison folle créée par une architecte vietnamienne ayant eu son diplôme à Moscou et ayant clairement abusé des psychotropes trop regardé Alice au Pays des Merveilles et la vieille gare ferroviaire construite par les Français et qui serait une réplique de celle de Deauville.

Et là, MESDAMES ET MESSIEURS… SCOOP-BUZZ-INCROYABLE-MAIS-VRAI… j’ai mangé un criquet !!! On a même pas atteint les 140 583 visiteurs sur ce blog, je me vois donc dans l’obligation de donner de ma personne pour faire augmenter l’audimat… Preuve à l’appui :

Je vous le dis tout net, même si ça n’avait aucun goût parce que c’était complètement grillé et que j’ai choisi le plus petit de toute l’assiette, je ne suis pas prête de recommencer l’expérience ! Vers 16h, j’ai retrouvé une petite patte coincée entre ma canine et ma pré-molaire…

Comme c’était la journée où je communiquais avec la nature, un singe m’a sauté sur la tête dans le village des montagnards et a tenté de m’arracher un scalp… Rassurez-vous, j’ai survécu, j’ai juste été un peu surprise quand, en passant sous un arbre, j’ai entendu les gens autour de moi commencer à crier au moment où, 2 kilos au bout desquels se crispaient 2 petites mains ont délicatement atterri sur mon crâne. L’endroit ne devait pas être très confortable, Abou est très vite reparti sur son arbre laissant mon brushing dans un état plus que pitoyable… Ca a fait beaucoup rire Humn. Il était rigolo ce Humn. Il trouvait que les Français, ils avaient plutôt apporté de bonnes choses au Vietnam : l’alphabet romain, les hôpitaux, les écoles, la culture des légumes ici à Dalat… bref, il trouvait que la colonisation, c’était plutôt sympa, il regrettait presque. Et puis, on a quand même de sacrés bons chanteurs…

Bon, comme je ne veux pas prolonger mon contact avec les animaux trop longtemps, ce soir je reprends le bus, direction Saigon (qu’il ne faut plus appeler Saigon mais Ho Chi Minh Ville même si tous les Vietnamiens disent Saigon), dernière étape du périple vietnamien avant le delta du Mékong et la frontière cambodgienne.

Photos ici.

Aujourd’hui, j’ai rencontré le cousin de Nemo

Oui. Parce qu’il était pas rouge et blanc mais bleu et jaune alors j’ai décidé de l’appeler Gaston.

Bah oui, aujourd’hui, 13 janvier, il fait 30°C, le soleil brille, la mer est chaude, le ciel et bleu et je suis obligée de remettre de la crème solaire toutes les 2 heures… Que voulez-vous ? C’est pas facile tous les jours…

Je suis donc à Nha Trang, LA station balnéaire du Vietnam. J’y suis arrivée de bon matin (6h15) après une nuit dans un bus Open Tour dimensionné pour les Asiatiques autant vous dire que déjà moi, je tenais pas dans la couchette (en longeur, hein, bien sûr…) mais le gars au-dessus de moi, qui devait faire 1m95 et 100kgs (tiens, tiens, ça me rappelle quelqu’un…), lui, il a passé une très mauvaise nuit. Mais peu importe ! Je débarque du bus après avoir assisté au lever du soleil sur la mer de Chine, il fait grand beau et déjà grand chaud et je dépose mon paquetage à la Camille Guest House, dont le propriétaire, breton, m’offre un thé avant de me montrer comment fonctionne la clim. Bref, une bonne douche plus tard et mes tongs sorties des profondeurs abyssales de mon sac, je suis prête à découvrir la fameuse Nha Trang.

Bon alors on s’enflamme pas. A Nha Trang, on n’y vient pas pour la culture, on y vient pour la plage. Et ça, les Russes l’ont bien compris. Un peu trop bien à mon goût d’ailleurs… C’est plus Nha Trang-Vietnam, c’est Russia-city. Les néons clignotent en cyrillique, les menus des restos sont en russe, les agences de tourisme ont des vitrines couvertes de russe et même la pharmacie fait de la pub en russe ! Et croyez-moi, c’est pas la famille Tolstoi qui vient passer ses vacances ici ! Les rues se remplissent peu à peu de bons gros joueurs de rugby (j’ai rien contre les joueurs de rugby, c’est juste pour que vous imaginiez le gabarit) aux crânes rasés et aux cous de taureaux, portant des débardeurs (mais QUI porte encore des débardeurs ??!!) et des claquettes en plastique, beuglant des trucs pas aimables (enfin, ça a l’air pas aimable) et traînant au bout de leurs bras des poupées Barbie d’occas’, mal peignées et toutes fardées (on est à la plage, je rappelle…). Pouah !

Bon, moi, je m’en fous, j’ai décidé de visiter les 3 « must see » du coin et comme j’ai toute la journée devant moi (il est encore 8h), j’ai décidé de tout faire à pied. J’avale donc un Banh Mi (un sandwich baguette avec des concombres et du pâté, mmmh ! délicieux ce petit déj !) pour prendre des forces et je traverse la ville du sud au nord pour aller admirer les tours chames de PoNagar. Dans le même genre que ce que j’ai vu 2 jours avant à MySon mais en meilleur état et surtout, en ce premier jour du mois du calendrier lunaire (… ???), remplies de tout un tas de Vietnamiens qui viennent déposer des offrandes et prier devant une statue de Shiva. Perplexitude : Shiva est hindoue, la statue est disposée dans un sanctuaire initialement musulman et les Vietnamiens sont plutôt bouddhistes… Mais apparemment, y a que moi que ça perturbe. Je retraverse la ville, ce coup-ci vers l’ouest, pour aller admirer un grand Bouddha blanc au sommet d’une collinette (ça y est, il fait 50 000°C, je suis à 2 doigts de l’insolation). Puis je repars, plein est, pour aller m’avachir me rafraîchir sur les bancs de la cathédrale construite par les Français vers 1930. Sauf que bien sûr, la cathédrale est fermée entre midi et deux et que devinez quoi ? … il est 13h ! Bon, après cette matinée fort spirituelle, je suis crevée et il est temps de s’occuper un peu de moi. Je décide donc de m’offrir une séance de massage dans un des spas qui pullulent en ville. Je vérifie d’abord qu’il s’agit bien de massages et non de « massages »… A peine les mains de ma charmante masseuse se posent elles sur mon dos que je me mets à craquer de partout. Du coup, elle s’en donne à cœur joie et m’enfonce ses coudes dans les omoplates en me disant « Good for you ! » Et bah, si c’est « good for me » alors… Mais, finalement, elle n’a pas tort, je vais bien mieux en sortant même si j’en aurai des bleus pendant les 2 jours suivants ! Du coup, je suis parfaitement opérationnelle pour une petite sieste avant le dîner. Dîner fort décevant par ailleurs parce que les Russes, ils doivent pas adorer la cuisine vietnamienne, y a pas un resto viet dans le quartier mais une bonne vingtaine de bars où les mojitos coulent à flot.

Le lendemain, j’ai prévu de faire LA balade en bateau autour des îles qui flottent devant Nha Trang. C’est LE truc à touristes par excellence (il doit y avoir 200 bateaux chargés en moyenne de 40 passagers qui quittent le port chaque matin) mais ça serait dommage de pas y aller parce que les îles ont l’air bien sympas, qu’on peut barboter dans une eau cristalline au milieu des coraux et des petits poissons alors ne soyons pas trop snobs, mêlons nous à la plèbe. Je quitte donc le port en compagnie d’une vingtaine de Coréens, de 3 Anglais, de 2 Finlandais et de 2 Canadiens (qui n’adresseront la parole à personne, même pas à eux-mêmes et qui n’ont pas apporté leurs maillots de bain). Au programme : visite d’un aquarium (c’est peu comme un zoo sous-marin donc j’aime d’avance) sur une première île, snorkelling autour d’une deuxième, visite d’une ferme à poissons sur une troisième, déjeuner et re-snorkelling sur une quatrième et retour au port.

Bien.

Bah…

C’est pas la journée du voyage dont je vais me souvenir toute ma vie, hein ! En comparaison, pour ceux celles qui y étaient, le snorkelling en dhaw du côté de Sharjah c’était 10 000 fois mieux (sans parler, évidemment, de nos rencontres avec les mérous de Porto Pollo). L’aquarium était aussi grand que celui de Bubulle (paix à son âme…), le capitaine de notre navire a essayé de nous vendre des trucs toute la journée, les Coréens avaient peur de l’eau, les Finlandais râlaient parce qu’ils pensaient qu’ils allaient picoler toute la journée (on leur avait promis la fiesta du siècle…) mais quand même, je suis tombée nez à nez avec Gaston et avec un de ses copains tout plat avec un nez jaune et pointu (Douglu) donc voyons le bon côté des choses, ça n’était pas complètement moisi.

Pour finir, j’ai fait une randonnée de 3 kilomètres le long de la plage de Nha Trang (oui, la plage est très longue, c’est comme ça), où mon appareil photo a failli finir dans une vague (c’est ce qui arrive quand on est trop occupée à cadrer…) et où j’ai pu observer des éléphants de mer russes sauter dans les rouleaux.

Alors voilà, Nha Trang, c’est déjà fini. Pas sûr que je pleure pour y revenir mais ça faisait quand même bien plaisir de lézarder au soleil et de barboter un 13 janvier. Bon c’était dimanche… Mais quand je pense que certains ont dû enlever la neige de leurs voitures ce matin…

Photos ici.

Je n’ai besoin de perrrrrsonne…

… en Harley Daviiiiidson !

Faut le savoir, le Vietnam est le pays des Easy Riders.

Keskecéssa les Easy Riders ? Ce sont des guides à motos (les étrangers n’ont officiellement pas le droit de louer une moto) qui vous emmènent sur des circuits de un à plusieurs jours hors des sentiers battus dans la campagne et les montagnes vietnamiennes. Comme on est quand même au royaume du fake, il existe une assez grande variété d’Easy Riders, Free Riders, etc… Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas bons, ni que les « vrais » Easy Riders sont tous exceptionnels : faut faire le tri.

Moi, j’ai pas eu besoin. Truong, un Easy Rider (un « vrai » en plus), m’est littéralement tombé dessus à la sortie de l’hôtel à Danang. J’avais pas tout à fait prévu de passer les 2 jours suivants avec lui mais son sens aigu du marketing a perturbé mes plans pour mon plus grand plaisir. Sur la route de Hoi An, il n’a pas cessé de me vanter les mérites d’une petite virée dans les montagnes pour aller voir des villages paumés habités par quelques minorités ethniques diverses et découvrir des paysages que je n’aurais pas pu voir depuis la fenêtre d’un bus. On se met bien d’accord sur l’itinéraire et en arrivant, je signais. Rendez-vous donc le lendemain matin à 9h pour 2 jours de balade dans un coin où Google Map ne sait même pas qu’il y a des routes (enfin des routes… des chemins… enfin… quand c’est pas inondé, ça ressemble à des chemins). Bref, en attendant, j’ai passé l’après-midi à flâner dans les rues de la petite Hoi An.

Hoi An, c’est assez différent des autres villes vietnamiennes que j’ai eu l’occasion de traverser jusque là. C’est une petite ville historique pleine de charme et donc de touristes.

Du IIème au Xème siècle, ce fut un important port maritime du royaume du Champa et les archéologues ont découvert aux alentours les ruines de nombreux monuments de cette époque. Du XVème au XIXème siècle, Hoi An, connue alors sous le nom de Faifo, devint un des principaux ports de commerce internationaux de l’Asie du sud-est. Chinois, Japonais, Néerlandais, Portugais, Espagnols, Indiens, Philippins, Indonésiens, Thaïlandais, Français, Britanniques et Américains vinrent tous s’y approvisionner en soie, étoffes, papier, porcelaine, thé, sucre, mélasse, noix d’arec, poivre, plantes médicinales chinoises, ivoire, cire d’abeille, nacre, laque, soufre et plomb. Au printemps, les navires étaient poussés au sud par les vents de mousson. Les marchands séjournaient alors à Hoi An jusqu’à l’été, reprenant la mer avec les vents du sud. Au cours de leurs quatre mois en ville, ils louaient sur le front de mer des maisons qui servaient à la fois d’entrepôt et de résidence. Certains d’entre eux y installèrent par la suite des représentants habilités à gérer leurs affaires sur place le reste de l’année : c’est ainsi que s’implantèrent les premières colonies étrangères.

Ce fut également par Hoi An que le christianisme pénétra au Vietnam. De tous les missionnaires du XVIIème siècle, le plus célèbre fut le père Alexandre de Rhodes, inventeur de l’écriture quoc ngu qui a romanisé la calligraphie de la langue vietnamienne (qui s’écrivait auparavant avec des signes chinois).

A la fin du XIXème siècle, l’ensablement du fleuve Thu Bon qui relie la ville à la mer commença à gêner la navigation et Danang éclipsa donc peu à peu Hoi An en tant que port et centre du commerce. Cependant, cet ensablement lui a permis d’échapper aux destructions de guerre américaine car les navires de guerre ne pouvaient pas s’y aventurer. La vieille ville a donc gardé son visage d’il y a 200 ans et a été classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1999. Depuis, l’Unesco s’efforce de préserver près de 800 bâtiments historiques dans Hoi An.

Donc voilà, ici, les maisons sont basses, peintes en jaune moutarde (une couleur qu’affectionnaient particulièrement les colons… les goûts et les couleurs…), les fils électriques sont relativement démêlés et des tas de lampions sont suspendus aux balcons, dans les arbres, sur les ponts… partout !

La ville a toujours été réputée pour la confection de vêtements mais aujourd’hui, la demande des touristes a fait surgir un nombre de boutiques de tailleurs fabuleux pour une si petite province (probablement plus de 500 juste dans la vieille ville). Du coup, on ne sait plus bien si les gens viennent à Hoi An pour admirer le patrimoine architectural ou se faire refaire une nouvelle garde-robe. La présence massive des touristes a également apporté tout un lot de restos et de bars branchés et tout ceci a donc un petit air de Disneyland mais l’ambiance est plutôt sympathique. En tout cas, après Danang, c’est plutôt agréable !

Je me suis donc baladée le nez en l’air (y a pas de motos et de voitures dans la vieille ville, tu ne risques pas de mourir à chaque changement de trottoir), entre les temples, les pagodes et les vieilles maisons dont certaines ont presque 200 ans et sont toujours habitées par la même famille.

Et bien sûr, j’ai testé pour vous les spécialités du coin : les white roses (des petites crevettes cuites à la vapeur dans une pâte de riz genre ravioli pas fermé) et le cao lau (des nouilles avec du porc, du soja, des herbes, des croûtons et un fond de bouillon qu’on ne sait pas ce qu’il y a dedans mais que c’est bon).

Le lendemain, c’est donc l’heure de retrouver Truong et ses câbles en caoutchouc pour fixer mon sac à l’arrière du bolide. On part d’abord pour MySon, considéré comme l’Angkor Wat du Vietnam (en 100 fois plus petit), un site sacré pour les Chams entre le IIème et le XIème siècle, où on peut déambuler à travers les ruines des temples et autres tours qui ont été découvertes par l’archéologue français Henri Parmentier à la fin du XIXème siècle. Rico avait réussi à convaincre suffisamment de gens qu’il fallait restaurer et préserver ces monuments quand les bombes américaines rasèrent les trois quarts de ce qui restait debout. Et pourquoi donc les Américains bombardèrent-ils intensément un tas de vieilles briques ? Parce que les Viêt-Congs avaient eu la bonne idée d’établir un quartier général à MySon… D’ailleurs, sur le site, on peut observer quelques beaux cratères et on se dit que les dernières reliques ont eu chaud aux fesses. Oh ! Quand je parle de reliques, je parle pas des cars de vieux croûlants qui se déversent à intervalles réguliers entre les ruines ! Ça tient d’ailleurs du miracle que je vous ai fait des photos avec à peu près personne dessus…

En tout cas, je confirme, j’aime bien les Chams. C’est sympa leurs petites constructions. Ca manque un peu de fenêtres à mon goût mais c’est joliment sculpté, les briques sont ingénieusement imbriquées et la jungle environnante donne un petit côté mystérieux à tout ça, c’est sympa.

Bon évidemment, dans cette forêt bien humide je suis tombée sur une de mes petites copines à 8 pattes préférées… Mais elle est restée sagement dans sa toile, et on s’est quittées en bon terme.

Après cet intermède culturel, j’ai sauté en selle derrière Truong et on a roulé, roulé, roulé en direction de Prao, à quelques kilomètres de la frontière laotienne. En chemin, j’ai vu des poules qui géraient un atelier de tissage, des maisons comme au musée ethnologique d’Hanoi (comme quoi, dans les musées, ils ne racontent pas n’importe quoi), des rizières vertes fluo, des mamies sans dent, tous les hommes du village au bar en train de picoler pendant que les femmes font tout le boulot (c’est la tradition, il paraît…), des enfants qui crient « Hello, hello ! » et moi, j’ai fini par me prendre pour la reine d’Angleterre à agiter la main et à sourire à tout ce petit monde le long de la route. C’était rigolo.

Le soir, on a dormi à Prao, où y a rien à faire à part manger des banh xeo (des crêpes de riz croustillantes avec du soja et de la crevette) et boire des bières… et c’est donc frais et dispos qu’on a repris la route le lendemain pour retourner vers la côte et revenir à Hoi An, non sans faire quelques stops en chemin pour visiter encore un ou deux villages et une école où comme tous les enfants du monde, les petites filles sautent à l’élastique pendant que les garçons jouent au foot.

Je soupçonne Truong d’avoir pris exprès les pires routes qui existent pour m’impressionner mais si vous connaissez des gens qui travaillent dans le goudron, j’ai découvert un marché d’avenir… Incroyable d’imaginer que les gens n’ont que ces petits chemins boueux et plein d’ornières (et encore, on n’est pas à la pire saison) pour se déplacer dans cette région ! Par chance, on n’a pas vu une goutte de pluie en 2 jours. Sinon, il paraît que les bains de boue, c’est très bon pour la peau…

Et puis, voilà, je suis descendue de mon cheval (oui, parce qu’après 2 jours sur une moto, tu marches comme un cow-boy…), j’ai dit au revoir à Truong et j’ai fait comme tout le monde : j’ai succombé à la folie du « sur-mesure » et je me suis fait faire un beau manteau en laine pour l’hiver prochain… En avais-je besoin ? Non. Cela m’encombre-t-il furieusement ? Oui. Vais-je devoir expédier un nouveau colis as soon as possible ? Oui. Pfff…

Mais peu importe. Si vous passez dans le coin, n’hésitez pas, contactez un Easy Rider, ça vaut vraiment le coup. Et si vous voulez traverser tout le pays à moto, c’est possible aussi. Mais là, il aurait fallu plusieurs jours à mon auguste postérieur pour s’en remettre alors j’ai opté pour la solution confortable de facilité : ce soir, je prends le bus de nuit pour Nha Trang, 550kms encore plus au sud (mais où cela s’arrêtera-t-il ?) où je vais passer quelques jours à profiter du micro climat de « la plus belle plage du Vietnam »…

Photos ici.

AL et la Maman Cafard

Oui, bon bah là, Martine, elle va tourner de l’oeil alors c’est l’heure d’aller les coucher les enfants !

Donc, comment en suis-je arrivée là ?

Dimanche dernier, j’étais à Hanoi. Dernière journée dans la capitale avant de reprendre mon petit bonhomme de chemin plus au sud. J’ai donc profité de cette dernière journée pour me cultiver un peu (je suis allée au Musée Ethnologique du Vietnam qui présente les 54 minorités ethniques qui composent la population du coin), rigoler un peu (je suis allée me gondoler devant le cadavre empaillé et recouvert de métal d’une tortue géante… vous avez remarqué comme les Vietnamiens aiment conserver les corps des gens/animaux qui meurent ? c’est un peu étrange , non ?) et manger un peu (bah oui, je ne vis pas de l’air du temps !). Puis, je suis retournée à l’aéroport (pour la 3ème fois…) pour m’envoler pour Danang. So far, so good, jusque là, tout va bien.

Arrivée à Danang vers 20h, il faut pas trop traîner pour se trouver un hôtel parce que déjà qu’à Hanoi, tout était fermé à 22h mais alors en « province »… Je me dirige donc d’un pas confiant vers l’hôtel Vinapha (retenez bien ce nom et surtout, n’y allez pas !). Aucun problème, ils ont des chambres, ils vont me montrer… Bon, la cage d’escalier est plein de mégots et y a un couloir entier dédié aux « massages » mais faut peut-être pas trop faire la difficile… La chambre n’est ni propre ni sale et quand j’ouvre la porte de la salle de bain, un gros gecko s’enfuit derrière le lavabo mais ça pourrait aller (les geckos, c’est bon, ça mange les moustiques). Je redescends à la réception et j’essaye de négocier le prix en prétextant que c’est bruyant car la chambre donne sur la rue. Aucun problème, ils ont des chambres qui donnent sur la cour ! Je remonte visiter la deuxième chambre qui est dans le même état que la première donc je pose mes sacs et je m’apprête à redescendre donner mon passeport quand mon regard est attiré par un mouvement au fond de la salle de bain… Je m’approche prudemment et… je manque avoir une attaque : la Maman des Cafards est là, tâtant avec ses antennes le carrelage et nullement impressionnée de me voir là. Moi, par contre, je suis à 2 doigts de me sentir mal. For the record, Maman Cafard mesure 7cms et ses antennes au moins autant. Je prends donc mon courage et la poubelle de la salle de bains à 2 mains et d’un geste vif et précis, je l’abats sur Maman Cafard qui termine sa vie dans un craquement immonde…

Puis je réfléchis. Vite. Est-ce que je dors là ou est-ce que les millions d’enfants qui ont dû entendre le dernier soupir de leur mère ne vont pas venir m’attaquer pendant la nuit ? Ni une, ni deux, je remets mon sac sur mes épaules, je redescends la cage d’escalier et je dépose la clé de l’enfer sur le comptoir sous les yeux de la réceptionniste qui ne comprend rien (mais franchement, je prends pas le temps de lui expliquer).

Et me revoilà dehors. Avec le cœur qui bat à 100 à l’heure et la vision cauchemardesque de Maman Cafard qui danse devant mes yeux. Première pensée : « C’est vrai qu’il y en a des plus gros en Thaïlande ? Non c’est pas possible… ». Deuxième pensée : « Bon. On va où maintenant ? ». Troisième pensée : « Oh mon Dieu ce bruit horrible que ça a fait en craquant… ».

Bon, je reprends mes esprits et je trouve 2 rues plus loin un hôtel très moyen mais où rien n’est vivant dans la chambre à part moi. Et je peux vous assurer que j’ai vérifié. J’ai bien mis 2 bonnes heures à me détendre et j’ai même dormi avec la clim à fond et la lumière allumée juste par mesure de précaution.

Bon. Mais keskiya à Danang à part des trucs qui foutent les jetons ? Sous la domination française, Danang devint au XIXème siècle le principal port de la région (et l’est encore aujourd’hui). C’est ici que les 3500 premiers marines américains débarquèrent en mars 1965 et furent accueillis par de jeunes Vietnamiennes avec des colliers de fleurs. Pendant la guerre, c’est encore ici que les GIs seront envoyés en « repos » sur la plage. La ville et ses habitants ont alors fort mauvaise réputation. Dix ans plus tard, deux camions de combattants vietcongs, composés pour plus de moitié de femmes, pénétrèrent dans ce qui avait été la ville la mieux défendue du sud et, sans tirer le moindre coup de feu, décrétèrent la libération de Danang. La ville n’est pas belle mais le flux constant de voyageurs d’affaires et une communauté florissante d’expatriés (mais que sont-ils donc venus faire là ???) ont permis le développement de petites entreprises et de tout ce qui va avec (hôtels, restaurants, etc…).

Bref, y a pas grand-chose à voir à Danang. Mais comme y a un aéroport, c’est une halte pratique. Alors, puisqu’on y est, on va quand même en faire le tour !

Curieusement, il y a là un très très chouette musée de la sculpture cham. Les Chams, ce sont les gens qui habitaient au Vietnam avant même qu’on songe à appeler ça le Vietnam. Et comme ce sont de très proches cousins des Cambodgiens, leurs sculptures ressemblent assez à ce qu’on peut trouver dans les ruines cambodgiennes. C’est très joli. Et plein d’animaux imaginaires. J’aime bien.

Et puis, sinon, y a une église rose bonbon, une pagode avec un énorme Bouddha qui se fend la poire et un temple caodaïste (oui, bon, bah là, vous allez sur Wikipédia). Et ça y est, on a fait le tour de Danang !

Pour pas partir complètement fâchée, je me suis quand même offert un pantagruélique petit déj chez Bread of Life, un resto tenu par une association caritative pour les sourds. Ils sont sourds, en effet, mais ils sont pas manchots : les pancakes étaient dé-li-cieux ! Et oui, le petit déj a le droit d’être western style, ça compte pas. Et de toute façon le pho avant 11h30 c’est pas possible.

Voilà. Faut pas abuser des bonnes choses alors je reboucle mon sac et je me mets en quête d’un taxi direction Hoi An, 35kms plus au sud. Ces messieurs les taxis étant bien trop chers à mon goût et la gare routière bien trop loin, je rencontre Truong, un Easy Rider, qui sangle mon sac sur sa grosse bécane et en avant ! Finalement, Danang, ça se termine bien mieux que ça n’a commencé…

Photos ici.

La Baie d’Halong

C’est donc le moment où je vous avoue mon petit secret inavouable… Si je suis particulièrement attirée par le Vietnam, c’est pas parce que je me sens liée d’une quelconque manière à ce pays mais parce que je suis tombée amoureuse de Vincent Perez dans Indochine quand j’avais 14 ans… et j’ai failli étrangler mes frères quand ils ont enregistré Street Fighter par dessus ma cassette VHS fétiche… (ça les a fait rigoler, ces imbéciles…) Oui, bon, bah tout le monde a traversé cette période un peu difficile où tu te maquilles dans les toilettes du collège et où tu effaces le tout avant de rentrer à la maison, où tu es fan des 3T et où tu achètes Star Club en cachette (Non ? Pas tout le monde ? Ah bon, je croyais…).

Bon bref, depuis cette belle époque, je me suis dit « Un jour, j’irai voir la Baie d’Halong, en vrai ! ». Et bah voilà, c’est aujourd’hui. Et histoire d’en profiter comme il faut, grâce à mes gentils collègues qui aiment que je leur envoie des cartes postales, je m’offre même une croisière sur une jonque « deluxe » !

Mais reprenons parce que pour l’instant, on n’est pas encore sur la jonque, il est 4h du matin, on vient de débarquer à Hanoi et le minibus qui nous emmène à Halong ne part qu’à 7h30 donc on est condamnées à se congeler traîner sur les bancs de la gare et à éconduire régulièrement les chauffeurs de taxi qui ne comprennent pas pourquoi on a élu domicile là.

La bonne et improbable surprise c’est qu’à la gare d’Hanoi, y a le wifi. J’en profite donc pour réserver un billet d’avion pour Danang parce que c’est le même prix qu’un billet de train mais ça dure 20 fois moins longtemps (une grosse heure d’avion contre 20 bonnes heures de train pour 35 euros… Vietnam Airlines a gagné !). C’est là que la Poisse refait une apparition éclair… Avant de partir j’ai désactivé le numéro de téléphone lié à ma carte bancaire parce que j’avais l’intention de suspendre mon forfait. Quand tu payes un truc sur internet, parfois, on te demande un code de vérification qu’on t’envoie sur ton téléphone. Si tu as suspendu ton forfait, tu ne reçois pas le code et donc, t’es coincé. Sauf que. Le site internet où tu fais ton achat, il s’en fout, il veut un code de confirmation. Mais heureusement, là, Vietnam Airlines me proposait de payer « plus tard » (dans les 12 heures), en allant à un distributeur Vietcombank. Je fais donc ma réservation et je me mets en quête d’un ATM Vietcombank. Sauf que. On est à la gare, il est 4h du matin, tout est fermé, les rues ne sont même pas éclairées. Je me dis, c’est pas grave, je vais avoir le temps d’en trouver tout à l’heure avant de partir pour Halong. Sauf que. En fait, non. J’en trouve pas. Je me dis, c’est pas grave, je vais perdre ma réservation et j’en referai une quand on reviendra à Hanoi samedi soir (oui, parce qu’elle a beau être « deluxe » la jonque, elle a pas le wifi).

En attendant, on part donc pour Halong où on embarque à bord du Victoria Star, où y a plus de personnel de bord que de touristes, où on mange des palourdes avec des baguettes, on boit des cocktails, on rêvasse devant les milliers de cailloux qui sortent de l’eau dans l’eau turquoise (oui, c’est bizarre, même sous les nuages, l’eau est turquoise…), on fait plein de photos, on reboit des cocktails, on s’endort en écoutant le clapotis de l’eau, on fait du tai-chi sur le sun deck (y a pas de sun de toute façon), on ré admire les cailloux et on finit par un brunch gargantuesque avant de retrouver la civilisation. Deux jours de luxe, calme et volupté. Fantastique. Non c’est vrai, j’ai l’air de passer vite, là, comme ça. Mais c’était vraiment ma-gni-fique. Moi, je pourrais y passer une semaine. Bon, ça deviendrait peut-être un peu lassant mais c’est une des plus jolies choses, si ce n’est LA plus jolie, que j’ai vues depuis que je suis partie. La prochaine fois, j’y vais au printemps, quand il fait suffisamment chaud pour se baigner dans la baie. Et la fois d’après, j’y vais quand il pleut pour faire des photos mélancoliques. Et la fois d’après…

Vraiment, ça vaut le coup, c’est bien plus beau que la carte postale.

Et puis finalement, j’arrive même à refaire une réservation pour mon vol pour Danang le samedi midi en attendant le minibus qui nous ramène à Hanoi. Bon, le billet a pris 500 000 dongs dans la vue mais de toute façon, j’ai refait tout mon planning des 15 prochains jours et je veux pas prendre le train donc…

Evidemment, à peine 20 minutes après être parties d’Halong, le minibus s’arrête sur le bord de la route, le chauffeur descend avec l’air soucieux… on a crevé, tout va bien. Il va mettre plus d’une heure à changer la roue qui est coincée et ça se finira avec un petit gars qui se glissera sous la voiture pour taper comme un sourd au marteau sur l’essieu. En arrivant à Hanoi, on se met donc en quête d’une Vietcombank. Qu’on trouve. J’insère donc ma carte bleue et là, la Poisse, je peux retirer de l’argent mais sûrement pas payer une quelconque réservation… Retour à l’hôtel, je reprends le mail de confirmation de la réservation et là, je découvre que… faut avoir une carte bleue vietnamienne pour pouvoir utiliser l’option « plus tard »… (je vous jure que c’était pas marqué sur la page Purchase). Donc, je fais une troisième réservation (le billet a encore pris 400 000 dongs supplémentaires, ça devient du délire), et là, je réactive mon numéro de téléphone parce qu’en fait, j’ai pas suspendu mon forfait (oui, bon, ça c’est débile aussi mais c’est une autre histoire) et je peux enfin payer ce fichu billet. Vous savez le pire ? J’aurais très bien pu faire ça la veille à la gare d’Hanoi… Bref, je suis un peu agacée.

Mais c’est la dernière soirée au Vietnam de ma mère, on n’est pas là pour ronchonner, on va donc fêter ça avec un délicieux Bun bo Nam Bo et une bière avant de prendre le taxi pour l’aéroport. Taxi honnête au premier abord puisqu’il me dit qu’il faut payer au compteur. Au premier abord… parce que le compteur défile, défile, défile et dépasse allégrement le tarif normal pour ce trajet (que j’ai déjà fait 2 fois donc je ne vais pas me laisser faire !). Je commence donc à lui dire que le prix n’est pas normal et là, il s’insurge. Il s’arrête sur le côté de la route (en fait, on est à 500 mètres de l’aéroport mais ça, je ne le découvrirai qu’après), coupe le moteur et appelle sa compagnie de taxi. S’ensuit un dialogue fort animé en vietnamien puis il me passe le téléphone. Là, une gentille madame m’explique que selon les compagnies de taxi les tarifs sont différents (du simple au double ? tiens, tiens, comme c’est intéressant…) et que je dois payer ce qui est indiqué au compteur. Je refuse, j’explique mais en fait, la petite dame ne connait que 3 phrases en anglais donc elle ne comprend rien de ce que je lui dis, donc je répète, plusieurs fois, puis ça finit par m’agacer donc le ton monte et elle finit par me dire de payer 350 000 dongs (ce qui est à peu de chose près un tarif correct bien qu’un peu élevé). Je lui repasse le chauffeur, on redémarre, on s’arrête 1 minute après (bah oui, on était à côté de l’aéroport en fait…), et là, le chauffeur va encore m’extorquer 30 000 de plus pour payer le péage qui est censé être inclus dans le prix de la course mais bon, là, je vais pas lui hurler dessus, on a un avion à prendre et j’ai déjà perdu assez de temps avec cet abruti. Je vais juste mettre un commentaire pourri sur sa compagnie de taxi sur Tripadvisor

Bref, je mets ma maman dans l’avion, je reprends le taxi dans l’autre sens (très gentil le chauffeur ce coup-ci mais ça tombe bien, j’étais pas d’humeur…) et je rentre me coucher parce que c’est pas tout mais demain, je retourne au boulot (mouahahahaha ! c’est toujours aussi drôle !) reprends ma routine, direction Danang, dans le centre du pays où j’espère bien que les températures vont recommencer à être supportables (au-dessus de 20°C j’entends).

Photos ici.

Impériale Hué

Finalement, les trains de nuit vietnamiens… ça craint. Les conducteurs de train ont dû aller passer leur permis en Inde parce que j’ai failli dégringoler de ma couchette plus d’un million de fois… (NDLR : si vous prenez le train de nuit le 31 décembre, à minuit, le train s’arrête et les hauts parleurs se mettent à grésiller des chants de bonne année du meilleur goût, genre remixés à la sauce 70’s. Du coup, les gens se souhaitent une « bonne année » puis chacun se retourne sur sa couchette et reprend là où il s’était arrêté.)

Enfin peu importe, nous voilà arrivées à Hué. Qu’allions-nous faire à Hué ? Et bien, se culturer un peu les zenfants, ça fait pas de mal !

Hué, capitale des empereurs Nguyen (la dernière dynastie, ceux qui nous ont vendu le pays), a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1993. La citadelle impériale, symbole de la ville, fût bâtie en 1804 par Gia Lang, le 1er empereur de la dynastie, sur un site choisi par ses charlatans géomanciens. Ses successeurs procédèrent à quelques aménagements pour loger comme il se doit leurs mères et leurs grand-mères mais sous le protectorat français, ils étaient écartés de toute décision nationale. Seul l’empereur Ham Nghi, âgé de 13 ans (… autant dire qu’il avait des conseilleurs de valeur…), osa contester la domination française. L’armée coloniale répondit en assiégeant la ville puis en brûlant la bibliothèque impériale et en dépouillant la cité de tous ses objets de valeur (ah ! la France… pays des Lumières…). Le petit Ham Nghi mourut subitement (comme c’est mystérieux…), fut remplacé sur le trône par Dong Khanh, bien plus conciliant et on n’entendit plus parler de Hué. Jusqu’au 31 janvier 1968. On est alors en plein conflit sud/nord. Hué est alors sous la domination de l’armée du sud et des Américains. Comme c’est le Têt (le nouvel an chinois), il y a un cessez-le-feu tacite. Mais comme c’est tacite et que rien n’a été dit officiellement, les Viêt-Congs (du nord) attaquent simultanément plus d’une centaine de villes, dont Hué, pour les « libérer ». Sauf que la population n’avait apparemment pas tant envie que ça d’être libérée (en tout cas à Hué). Et que les Viêt-Congs, vexés, vont tenir la ville pendant 3 semaines pendant lesquelles des milliers de citoyens, figurant sur des listes méticuleusement établies à l’avance, se retrouvèrent alors victimes de gigantesques rafles. Près de 2500 personnes (marchands, fonctionnaires, bonzes, prêtres, intellectuels) furent sommairement fusillés, tués à coups de gourdin ou enterrés vivants (oui, c’est la guerre, c’est pas joli-joli…). Comme l’armée du sud n’arrivait pas à déloger les Viêt-Congs de la ville et que le massacre commençait à bien faire, les Américains, comme d’habitude sauvèrent le monde bombardèrent la cité (et rajoutèrent par-dessus une bonne dose de napalm et d’agent orange) et reconnurent, quelques bonnes centaines de morts plus tard, qu’ils avaient dû « détruire la ville afin de la sauver ». Bien. Sauf que 7 ans plus tard, en 1975, les Viêt-Congs revinrent et reprirent la ville en 3 jours. Tout ça pour ça.

Beaucoup d’édifices portent encore les stigmates de la guerre ou d’un abandon délibéré car les communistes réprouvaient ces emblèmes du pouvoir impérial. La ville doit donc son charme en grande partie à sa situation sur la rivière des Parfums et a sa capacité à faire cohabiter le neuf et l’ancien sans problème. Tous les 2 ans, elle accueille le désormais célèbre « festival de Hué » (bien connu de tous…), durant lequel des artistes locaux et internationaux viennent se produire ou exposer leurs œuvres dans tous les sites historiques et les centres d’art de la ville.

Bien. On est donc venues contempler des ruines. Les weather forecasts n’étaient à priori pas de notre côté mais c’était sans compter sur ma notre chance légendaire. Après un premier après-midi bien gris foncé à explorer les ruines croulantes de la citadelle impériale (d’ailleurs, on a bien failli finir enfermées dedans), et malgré le froid de canard, on s’est offert un tour de cyclopousse (bien colonial, isn’t it ?) pour aller dîner dans un resto de fruits de mer (où, là aussi, on a fait la fermeture…) On espérait bien se réchauffer avec un bon hot pot mais c’était sans compter que le resto était… en terrasse (et que, quand même, on était le 2 janvier) ! Alors pour pas se ramollir (et surtout parce qu’on a trouvé personne pour nous ramener), on est rentrées à pieds jusqu’à l’hôtel (BinhMinh Sunrise 1, très bien), où on a réclamé des extra blankets parce que là, fallait pas pousser le bouchon Maurice.

Le lendemain matin, le soleil commence à pointer le bout de son nez. Alors on saute dans notre bateau dragon privé réservé la veille, direction les tombeaux impériaux qui sont disséminés le long de la rivière des Parfums. Il paraît qu’il y a fort fort longtemps, les berges étaient couvertes d’herbes et de plantes médicinales qui exhalaient moultes senteurs d’où la rivière des « Parfums ». Aujourd’hui, plus l’ombre d’une tige d’un truc qui sent bon mais quelques champs et surtout l’occasion de regarder vivre les Vietnamiens le long de la rivière.

Les circuits « classiques » font visiter 5 tombeaux, 2 villages de fabrication de bâtonnets d’encens et te ramènent à ton hôtel à 15h. Nous, on privatise, on joue les snobinardes (ça, on sait faire !), donc on en a visité 3, 1 pagode et on est revenues à Hué à 18h… Autant dire qu’on les a bien étudiés les tombeaux ! D’ailleurs, ça a passablement agacé notre captain et son skipper qui pensaient bien faire autre chose de leur journée et essayaient de nous faire changer d’itinéraire pour pas rentrer trop tard. Mais c’est qu’il y en a des trucs à regarder ! Des statues de soldats en pierre de taille variable (en fonction du complexe mal placé de l’empereur concerné), des stèles immenses, des pavillons de poésie, des obélisques monumentales supposées symbolisées le pouvoir et la puissance (hum, hum… de nos jours, on mettrait des grosses bagnoles j’imagine…), bref, de quoi épuiser les batteries de nos appareils photos. Et puis, comme il faisait 25°C et un grand soleil, on ne pressait pas trop.

Pour notre dernière journée à Hué, on est retournées à la citadelle (où j’ai réussi à ne pas repayer l’entrée en agitant mes billets de la veille sous le nez du portier qui ne comprenait pas pourquoi on était ressorties pour rerentrer…) pour voir un spectacle de danse et de musique traditionnelles (dont on a loupé la moitié mais ils offraient une bouteille d’eau alors que dire…). Et puis du coup, on a croisé 2 éléphants, on a fini d’examiner l’intégralité des ruines (bah oui, on traîne tellement qu’on n’avait pas eu le temps la première fois), et j’ai perdu mon pull (il faisait trop chaud, je l’avais enlevé et puis après tout, c’est normal, je perds un truc dans chaque pays).

Et puis, on a repris le chemin de la gare, où on est montées dans le train à 15h pour arriver à Hanoi à 4h du matin après s’être successivement cogné la tête contre le mur et la rambarde métallique un bon millier de fois…

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Ninh Binh

Quand on veut se rendre à Ninh Binh, il y a plusieurs options. Soit on peut prendre un taxi mais faut négocier fermement le tarif parce que y a quand même 93kms, soit on peut prendre le train mais y en a 3 par jour, soit on peut prendre un bus d’une compagnie privée qui ne part que le soir, soit on peut prendre le bus à la gare routière et en plus c’est moins cher. Je vous laisse deviner ce qu’on a choisi.

Non, je vous laisse pas deviner : on a pris le bus à la gare routière. Après avoir acheté les billets (30 000 dongs each, soit à peine plus d’1 euro… amis de la RATP si vous me lisez…), la petite dame du guichet me fait signe de suivre un petit gars qui a l’air d’avoir 17 ans (quoi ? c’est pas de ma faute s’ils sont tous petits !). Le petit gars nous fait traverser la gare, passe allégrement devant le bus avec un gros panneau Ninh Binh et nous fait grimper dans un minibus vide après avoir tassé nos sacs dans le coffre. Première réaction : « Wouah ! Génial ! On est toutes seules et le bus part direct ! On pouvait pas faire mieux question timing ! ». Trente minutes plus tard, on a ratissé toutes les rues autour de la gare, racolé tous les piétons qui font mine de poireauter le long du trottoir, le minibus est plein à craquer, y a même des gens assis sur des tabourets en plastique dans l’allée, les sacs en plastique s’entassent partout où il y a de l’espace et on s’éloigne enfin d’Hanoi. Le chauffeur allume alors son autoradio et les haut-parleurs se mettent à cracher alternativement des remix techno vietnamiens et des chansons traditionnelles. Y a comme un petit air indien dans ce bus… Ils font même une pause au bout d’une heure pour que les gens puissent se ravitailler ! Une petite mamie se plaque un mouchoir sur le nez. Je l’observe avec méfiance (maintenant que je sais que les gens peuvent se vomir sur les genoux sans signe précurseur, je suis vigilante), et puis soudain je réalise. Mais c’est pas du tout un mouchoir ! C’est du pain ! Genre un quart de baguette tout malaxé et tout étalé sur son nez ! Incrédulité puis incompréhension mais si, c’est bien ça, elle en mange même des petits morceaux par moment. Une coutume locale ? Je crois que je ne saurai jamais…

Bref, on arrive à Ninh Binh. C’est moche, y a rien à voir, c’est juste la ville la plus proche des sites de la « Baie d’Halong terrestre ». Après s’être installé dans notre hôtel (le Thanh Thuy Hotel), on réserve donc notre tour pour le lendemain et on va faire un petit tour au marché local. Sur le trottoir s’étalent tout un tas de légumes, de fruits, d’herbes, de poissons dont les ouïes baillent et qui sursautent encore un peu et quelques tranches de viande sanguinolentes. Et tout à coup, oui ! on tombe sur un stock de pattes… de chiens ! Pas moyen de confondre, y a plus les poils et elles sont grillées mais c’est bien du chien. Et pour bien nous écœurer, on trouve les têtes un peu plus loin. Apparemment, ça n’a pas beaucoup de succès les têtes… Bon, ça ne nous coupe tout de même pas l’appétit alors pour le dîner, on teste la spécialité de la ville, le pho ngan, une soupe de nouilles au canard. Mais le canard bouilli, ça casse pas 3 pattes à un canard justement et on est plutôt déçues.

Le lendemain, après le petit déj, on ajuste nos casques et on grimpe sur nos motos (avec chauffeurs hein, on n’est pas complètement cinglées), direction la grotte de Mua. Bon, la grotte est ridicule avec une statue de tigre en plastique toute moche mais le challenge c’est de grimper les 500 marches jusqu’au sommet de la colline pour admirer les alentours. Et ça vaut le coup ! Et des marches, y en a que 464 (à 2 près, j’ai compté). Du sommet, on voit les rizières et les villages jusqu’à Ninh Binh, la rivière et les dizaines de barques qui promènent les touristes à travers les pics karstiques (les fameux, d’où le nom de « Baie d’Halong terrestre ») et on peut en profiter pour faire des offrandes à la statue d’une déesse de la miséricorde qu’on se demande bien ce qu’elle fait là.

On redescend, on ré-enfourche nos bolides et on se rend aux grottes de Trang An. En chemin, ma mère casse sa moto (qui se met soudain à faire un bruit très très bizarre) mais ni une ni deux, on se retrouve à 3 sur la mienne et on poursuit la route. Trang An, c’est censé être encore plus beau et beaucoup moins touristique Tam Coc. Super, mais c’est quoi Tam Coc ? Ben c’est un endroit où la rivière serpente à travers les pics karstiques et rentre parfois dans des grottes sous les pics, ressort de l’autre côté et c’est très joli. Le problème à Tam Coc c’est que c’est devenu tellement touristique qu’il y a presque plus de vendeuses de nappes brodées que de touristes (c’est dire !) et toutes les barques se suivent à la queue leu leu. D’ailleurs, depuis le site de Mua, on avait bien vu qu’effectivement, y avait un paquet de barques sur la rivière. Donc, on a décidé d’aller à Trang An, un peu plus loin et réputé moins bondé. Réputé seulement. Parce que, quand on arrive sur place, il y a des dizaines de barques le long de l’embarcadère, les gens font la queue et ça ressemble furieusement à Disneyland. Manque juste la musique. Mais bon, on n’est pas là pour faire les snobinardes, on grimpe dans une barquette en bambou avec 2 autres Français et nous voilà à glisser sur la rivière au milieu des autres couillons. Si ça, c’est moins bondé que Tam Coc, je veux juste même pas savoir à quoi ça ressemble Tam Coc ! Mais au moins, ici, pas la moindre trace d’une nappe brodée ! Notre rameuse (ce sont majoritairement des femmes) nous met au boulot au bout de 15 minutes (ben ouais, t’as quand même pas cru qu’elle allait ramer toute seule pendant 2h ?) et malgré la foule et les quelques pagodes en carton (Disneyland je vous dis) disséminées le long du parcours, le paysage vaut vraiment le détour. Pour le coup, je m’y croirais presque dans Indochine !

Après cette balade bucolique, la dernière escale de la journée est le site de Hoa Lu, ancienne capitale impériale des années 1000 (ça date pas d’hier). Il ne reste quasiment rien à part 2 petits temples et une tombe perchée au sommet d’un pic karstique. Là, j’ai pas compté les marches mais elles étaient bien plus raides que le matin et la vue était moins belle. Bon, j’ai quand même eu droit à mon quart d’heure de gloire au milieu de tous les Vietnamiens (et surtout Vietnamiennes… bizarre) qui voulaient me prendre en photo.

Bref, Ninh Binh, ça vaut le coup mais c’est pas la peine d’y passer plus d’une journée. Ce qui tombe bien puisque le soir même, on grimpe dans le train le nuit direction Hué, 500kms plus au sud.

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