Khao Sok, the rain forest (tu m’étonnes…)

Après une petite nuit à Phuket (au passage on recommande l’Ananas Hotel et ses très gentils propriétaires), on a loupé le bus pour Khao Sok à 10 minutes près et on a passé la matinée à la gare routière où les hauts-parleurs nous ont empêchées de roupiller plus de 15 minutes d’affilée. Mais peu importe, ça n’est qu’une occasion de plus pour observer les coutumes locales et constater que quand on a moins de 5 ans, on peut porter une robe de princesse rose fluo même quand c’est pas Mardi Gras.

On s’est enfin entassées dans le bus vers 11h puis complètement compactées au fur et à mesure du trajet pour atteindre notre destination 4 heures plus tard (120kms à tout casser mais j’imagine que c’est même plus la peine de préciser). Là, après avoir extrait nos sacs de la soute, on découvre qu’on est au milieu de nulle part et que la seule piste en terre semble partir droit dans la jungle. Bon. En même temps, ça tombe bien, c’est là qu’on va.

Heureusement, un bon samaritain et son pick-up nous dépose quelques centaines de mètres plus loin où on fait la connaissance de Mathilde et Sylvain de l’agence Visiter Khao Sok, les 2 GO qui ont organisé notre stage de survie en milieu hostile séjour dans le coin. Il y a aussi Ja, notre guide thaï, chasseur émérite capable d’attraper des grenouilles à mains nues en pleine nuit (talent dont il nous fera la démonstration plus tard), qui va nous emmener camper dans la jungle. Après avoir déposé nos sacs dans notre cabane perchée en haut d’un arbre (oui, parce qu’on ne passe pas directement du dortoir climatisé aseptisé au hamac US Army qui se balance entre 2 banians en 24 heures, il faut un temps d’adaptation), on part pour une première balade en canoë sur la Sok River histoire de se familiariser doucement avec notre nouvel environnement. Le paysage est magnifique avec ses grandes falaises qui tombent dans la rivière, la jungle qui vibre et qui bruisse de tout un tas d’insectes hurleurs et on a même l’occasion de se prendre pour Tarzan (ou Jane si on préfère) et de se jeter dans l’eau en se balançant depuis les lianes… Rafraîchissant !

Pour fêter notre dernière soirée dans le monde civilisé (bah quoi ? on sait pas si on va en sortir de la jungle !), on va s’offrir quelques cocktails au bar du village avant de commencer notre guerre crépusculaire contre les moustiques (non, nous n’avons pas perdu, nous n’avons juste pas eu le cœur de commettre un génocide) puis de nous calfeutrer sous notre moustiquaire pour la nuit.

Au petit matin, on est réveillées par… les trombes d’eau qui s’abattent sur le toit en tôle ondulée !!! Ah non ! Ca, ça va pas être possible ! C’est pas du tout au programme ! Mais heureusement, le temps de se lamenter et de boucler les sacs, la pluie s’arrête et le ciel s’éclaire, laissant place à des nuages de vapeur qui montent de la forêt… Ah oui, parce qu’on a oublié de vous dire : Khao Sok, une des dernières forêts pluviales au monde… Alors c’est vrai que sans pluie, ça aurait été moins drôle… Du coup, après avoir récupéré nos hamacs et avoir fait un petit briefing avec Ja au visitor center du parc sur les différentes rencontres que nous sommes susceptibles de faire au cours des 2 prochains jours (king cobra, sangliers, éléphants sauvages, singes, caméléons, tigres, araignées monstrueuses et nos préférées… sangsues), on part d’un pas vif et mouillé arpenter les sentiers de Khao Sok.

On fait rapidement connaissance avec les sangsues qui grimpent sur nos chaussures et le long de nos chaussettes pour essayer de s’accrocher à nos mollets. Ces petites vicieuses sont particulièrement voraces et ne se laissent pas détacher facilement mais on aura quand même le dernier mot. Rapidement aussi, on ne fait plus la différence entre la sueur qui nous dégouline dans le dos et l’humidité ambiante qui nous ruisselle le long du visage… Pourtant, on ne se rappelait pas avoir pris l’option désencrassage des pores gratuit… A midi, on fait une pause au bord de la rivière et on en profite pour se rincer rafraîchir un long moment dans les piscines naturelles. Puis on repart pour établir notre campement pour la nuit.

Le temps étant incertain, Ja préfère nous installer sous un abri de rangers histoire d’éviter de nous rapatrier en pleine nuit sous l’orage… Il prépare ensuite le dîner à grand renfort de bambous (pour allumer le feu, pour faire cuire le riz dedans, pour sculpter des cuillères, pour servir d’assiettes… Mc Gyver à côté, c’est de la blague) et à la nuit tombée, c’est un vrai festin avec chicken massaman et sticky rice que les fourmis s’empressent de venir partager. Comme on est de vrais aventuriers, on ne frémit même pas quand on entend les branches craquer autour de nous ou les gibbons hululer (oui, le gibbon hulule, c’est comme ça) et que des IVNI (Insectes Volants Non Identifiés) viennent se crasher dans la flamme de nos bougies.  Mais bon, comme y a pas grand-chose à faire dans la jungle la nuit (et qu’il s’est remis à pleuvoir gentiment), on vide quelques bières et se réfugie dans nos cocons-hamacs-moustiquaires pour la nuit. Vider quelques bières… Erreur fatale quand on dort dans la jungle et qu’aller faire pipi au milieu de la nuit est un véritable défi… D’abord, sortir du cocon. Puis, vérifier que personne n’est venu s’installer dans ses chaussures avant de glisser ses pieds dedans. Traverser le labyrinthe que Ja a ingénieusement disposé pour empêcher les petits curieux de s’approcher trop près. S’éloigner à une distance convenable du campement (mais pas trop loin, hein…). Soulager sa vessie tout en expliquant aux moustiques que non, c’est pas open bar. Regagner son cocon et se réenrouler dedans précautionneusement. Pfff… crevant !

La bonne surprise, c’est qu’on dort très bien au milieu des bêtes sauvages. A tel point qu’on fait une grasse mat’ jusqu’à 9h, heure à laquelle les premiers touristes atteignent notre campement et s’étonnent de nous trouver là… Après un bamboo breakfast (une grosse crêpe cuite au feu de bambou dans un bambou), on repart explorer une autre partie de la jungle. Sauf que là, il a replu pendant la nuit, que c’est la fête à la sangsue et que chaque pierre, chaque racine, chaque feuille morte se transforme en patinoire potentielle ce qui nous vaudra quelques belles glissades. Mais comme Ja n’a peur de rien, il décide de nous faire traverser la rivière pour continuer de l’autre côté et aller voir une cascade haute de 120 mètres. Traverser la rivière relève déjà de la haute voltige (figures de danse artistiques et spectaculaires notées 5.8 par Candeloro himself) mais quand il faut sautiller de rocher glissant en rocher glissant, ça devient vite du n’importe quoi et ça se finit en « Bon, bah, puisque c’est comme ça, moi, je traverse à la nage ! » (toute habillée et avec tes baskets, oui, c’est bien plus marrant et en plus, après, ça fait « chpouitch, chpouitch » quand tu marches). Du coup, on se satisfera d’une cascade de 40 mètres (c’est bien, déjà) et on jouera à celui qui tombe en premier paye sa tournée sur le chemin du retour (personne n’est tombé, pas de tournée, fin de l’histoire).

En début d’après-midi, on retrouve enfin la civilisation (on fait toujours « chpouitch, chpouitch »). On dit au-revoir et kop koon kap (ça veut dire « merci ») à Ja, on enfile des vêtements secs et on saute dans un minibus direction Surat Thani, sur la côte du Golfe de Thaïlande (à l’est donc).

Et que va-t-on faire à Surat Thani ? Et bah rien ! Ou plutôt si. On va découvrir que chez les Thaïs, y a des abrutis finis et des bons samaritains. Parce que, Surat Thani, ça a beau être une ville où transitent des milliers de touristes, on a bien du mal à se dégoter un petit resto où dîner. Alors on finit par aller au centre commercial à 4kms du centre-ville. Mais au moment de rentrer, la pluie s’est gentiment invitée et il n’y a pas de taxi à l’horizon. Le premier qui s’arrête au centre commercial nous demande le double du prix normal, alors, nous, on refuse, évidemment. On en arrête un autre, 20 mètres plus loin. Lui accepte de nous prendre alors, trop heureuses, on saute à l’arrière. Mais le premier arrive, parle avec notre chauffeur et notre chauffeur change subitement d’avis, il ne veut plus nous emmener. Sauf que le premier non plus, ne veut plus nous emmener (enfin lui, il nous adresse même plus la parole ou alors en thaï, autant dire qu’on a du mal à se comprendre…). Du coup, nous voilà parties, à pieds, sous la pluie, à la recherche d’un taxi qui veuille bien ne pas nous arnaquer. Au bout d’une demi-heure sous le déluge, on finit par demander notre chemin à des types qui buvaient des coups en jouant aux cartes dans leur salon. On ne comprend pas tout mais l’un d’eux, le bon samaritain, décide subitement que lui, il va nous emmener dans sa voiture. OK, ma maman m’a toujours dit de ne pas monter dans la voiture d’un inconnu mais là, c’est un cas de force majeure… Et un bon millier de kop koon kar plus tard, le bon samaritain nous ramènera à l’hôtel tout en priant à chaque fois qu’on croisera un portrait du roi.

Heureusement, Surat Thani n’est pas une ville où nous avons décidé de rester. Demain matin à la première heure, on prend le ferry qui va nous emmener nous dorer la pilule à Koh Pha Ngan. Et devinez quoi ? Il se pourrait bien qu’après-demain, ce soit la pleine lune…

Photos de la juuuuuungle… ici !

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