A Lannister always pays his debts…

Je suis une série-addict, ce n’est un secret pour personne. Je crois que ça remonte au lycée. Quand je rentrais en fin d’après-midi, je me vautrais dans le canapé devant Sunset Beach. Ouais. Sunset Beach. Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est normal. C’est un genre de Feux de l’Amour en pire. Le lendemain matin, on discutai sans fin de l’épisode de la veille dans la cour du lycée. Puis y a eu la Trilogie du Samedi (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans…). A l’époque, j’avais pas encore la permission de minuit et les samedis soirs en compagnie de Buffy étaient de loin mes soirées préférées. Le temps a passé et les séries aussi. Hartley Cœur à Vif, Ally McBeal, Sex & The City… puis Friends bien sûr… Bien sûr, il a fallu se mettre à l’anglais pour pouvoir regarder tout ça en VO. C’était bien plus cool. Et il fallait être cool.

Aujourd’hui, dans mes phases d’hibernation, je suis tout à fait capable de passer 17 heures d’affilée à binge-watcher des saisons entières de Vikings, Suits, Homeland ou House of Cards. Je vais avaler 3 aspirines pour combattre la migraine menaçante puis je tomberai de sommeil sur mon écran mais personne ne m’empêchera de voir le season finale de Game of Thrones. Pour ne rien laisser au hasard, je me suis même fait un petit fichier Excel où je note tout ce que je regarde et quand seront diffusés les prochains épisodes. Oui, je suis maniaque et non, je me soigne pas, j’apprends aux autres à vivre avec.

J’ai des goûts plutôt éclectiques en la matière. Comme tout le monde, j’ai adoré Breaking Bad (je me suis d’ailleurs retrouvée avec la batterie de mon van à plat après avoir passé une nuit entière l’ordinateur branché sur l’allume-cigare…), je voue un culte à House of Cards (mais pourquoi est-il aussi méchaaaaaaaannnnnnnnnt… ?), je vendrais ma mère pour Game of Thrones (après la diffusion des 2 premières saisons, j’étais incapable d’attendre gentiment la suite, je me suis mise à dévorer les livres). Je suis évidemment  une fan des grands classiques : 24H Chrono, Desperate Housewives, How I Met Your Mother, The Office… Mais je m’autorise aussi des trucs bien moins avouables… Nashville, Awkard, American Wives… Que celui qui n’a jamais scotché devant un épisode de Gossip Girl me jette la première pierre. Et bizarrement, je suis passée à travers des succès notoirement intergalactiques : Mad Men, Dexter, Lost… Un je finirai bien par regarder tout ça, pendant ces longues soirées d’hiver où il n’y a rien de mieux à faire que rester sous un plaid avec un chat sur les genoux.

Mais revenons à nos moutons. Je suis toujours à Paoua. Certes internet est arrivé jusqu’au fond de la brousse mais le signal est à peine suffisant pour traîner sur Facebook alors c’est même pas la peine de penser à streamer quoi que ce soit. Ce qui tombe plutôt mal puisque je venais tout juste de voir le premier épisode de la 5ème saison de Game of Thrones quand j’ai dû partir. Me voilà donc privée de Game of Thrones jusqu’à mon retour en France. Et pendant ce temps, tous mes prétendus « amis » menacent de me spoiler… Game of Thrones c’est clairement ma préférée. Aucune morale, les gentils meurent avant les méchants, les méchants sont pas toujours aussi méchants qu’ils y paraissent et puis y a des dragons. J’écrirais bien une petite lettre à l’auteur pour lui demander de se grouiller d’écrire la suite de l’histoire avant de mourir (sérieusement, personne ne rajeunit et me laisser avec ce goût d’inachevé serait proprement scandaleux…) mais je ne sais pas encore comment formuler ça sans paraître offensante. Je n’arrive pas encore à décider quel est mon personnage préféré. Mais mon cœur balance du côté Lannister. Je sais, ils sont affreux. Pas un pour rattraper l’autre. Mais ils sont à mourir de rire. Comme quoi, finalement, c’est peut-être vraiment pas la beauté qui compte… Et la devise des Lannister c’est quoi ? « A Lannister always pays his debts ». Ce qui nous ramène à Paoua et à ce qui se passe ici ces derniers temps…

Je vous ai déjà beaucoup parlé des gens qui vivent ici et avec qui je travaille. Vous savez qu’ils sont globalement plutôt sympas à de très rares exceptions près et que bien qu’on ne danse pas la lambada sur les tables tous les soirs (personne ne fait ça de toute façon), l’ambiance est plutôt bonne. Malheureusement, on ne peut pas rester dans notre petit vase clos. On se doit de communiquer avec le monde extérieur. Et le monde extérieur commence à Bangui où se trouve la Coordination. Mais qui sont ces gens me direz-vous ? Et bien à Bangui, il y a des gens qui coordonnent les différents projets installés dans tout le pays. Ils coordonnent, ce sont des Coordinateurs et ils travaillent dans un bureau qu’on appelle la Coordination. Plus simplement, ces gens sont nos patrons. Et comme dans toute relation normale avec son patron, y a des fois ça va et des fois, bah… ça va pas. Bon, la plupart du temps, les phases de « ça va pas », ça dure pas très longtemps et c’est généralement parce qu’on s’entend pas très bien. Littéralement. Faut dire qu’avec 2 mails téléchargés par heure et un réseau téléphonique moins efficace que des signaux de fumée, ça aide pas. Mais parfois, le « ça va pas » se prolonge, le malentendu prend un tour d’incompréhension et la fatigue aidant, ça dégénère en conflit. Normalement, le conflit reste au niveau professionnel : on n’est pas d’accord sur une décision, une orientation, une procédure… bref, un truc qui concerne concrètement le projet et on reste chacun sur ses positions espérant faire plier l’autre partie à la longue. Au bout d’un moment, l’un des deux cède et fait la tronche mais on en reste là. Il arrive aussi de façon plus extraordinaire que le conflit prenne une tournure plus personnelle. C’est là que tout part en cacahuètes. Et c’est exactement là que je me trouve. Tout ça n’est parti que d’un petit incident, une divergence d’opinion. C’est devenu un orage puis une tempête puis un ouragan et c’est désormais une guerre nucléaire. Evidemment je ne raconterai pas les détails ici et je ne citerai aucun nom. Je ne viens pas régler mes comptes et je ne viens pas me faire plaindre non plus. Mais s’il y a bien une chose qui me met hors de moi c’est la mauvaise foi et le mensonge dans l’intention de nuire à quelqu’un. Quelqu’un qu’on ne connaît pas par-dessus le marché. J’ai déjà quelques années d’expérience derrière moi (je sais, on dirait pas, j’ai l’air si jeune…) et il m’est déjà arrivé de ne pas être d’accord avec mon patron. Mais aucun de mes patrons n’a jamais dérapé et essayé de me nuire de façon personnelle. Ja-mais. Avant aujourd’hui. Alors j’ai peut-être l’air gentille comme ça, mais au fond, je n’ai qu’une chose à dire… A Lannister always pays his debts

PS : Pas de méprise. MSF, en tant qu’organisation n’est malheureusement pas à l’abri de recruter un ou deux gros cons. C’est comme ça, ça arrive. Heureusement, c’est loin, très loin d’être la majorité…

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