Ninh Binh

Quand on veut se rendre à Ninh Binh, il y a plusieurs options. Soit on peut prendre un taxi mais faut négocier fermement le tarif parce que y a quand même 93kms, soit on peut prendre le train mais y en a 3 par jour, soit on peut prendre un bus d’une compagnie privée qui ne part que le soir, soit on peut prendre le bus à la gare routière et en plus c’est moins cher. Je vous laisse deviner ce qu’on a choisi.

Non, je vous laisse pas deviner : on a pris le bus à la gare routière. Après avoir acheté les billets (30 000 dongs each, soit à peine plus d’1 euro… amis de la RATP si vous me lisez…), la petite dame du guichet me fait signe de suivre un petit gars qui a l’air d’avoir 17 ans (quoi ? c’est pas de ma faute s’ils sont tous petits !). Le petit gars nous fait traverser la gare, passe allégrement devant le bus avec un gros panneau Ninh Binh et nous fait grimper dans un minibus vide après avoir tassé nos sacs dans le coffre. Première réaction : « Wouah ! Génial ! On est toutes seules et le bus part direct ! On pouvait pas faire mieux question timing ! ». Trente minutes plus tard, on a ratissé toutes les rues autour de la gare, racolé tous les piétons qui font mine de poireauter le long du trottoir, le minibus est plein à craquer, y a même des gens assis sur des tabourets en plastique dans l’allée, les sacs en plastique s’entassent partout où il y a de l’espace et on s’éloigne enfin d’Hanoi. Le chauffeur allume alors son autoradio et les haut-parleurs se mettent à cracher alternativement des remix techno vietnamiens et des chansons traditionnelles. Y a comme un petit air indien dans ce bus… Ils font même une pause au bout d’une heure pour que les gens puissent se ravitailler ! Une petite mamie se plaque un mouchoir sur le nez. Je l’observe avec méfiance (maintenant que je sais que les gens peuvent se vomir sur les genoux sans signe précurseur, je suis vigilante), et puis soudain je réalise. Mais c’est pas du tout un mouchoir ! C’est du pain ! Genre un quart de baguette tout malaxé et tout étalé sur son nez ! Incrédulité puis incompréhension mais si, c’est bien ça, elle en mange même des petits morceaux par moment. Une coutume locale ? Je crois que je ne saurai jamais…

Bref, on arrive à Ninh Binh. C’est moche, y a rien à voir, c’est juste la ville la plus proche des sites de la « Baie d’Halong terrestre ». Après s’être installé dans notre hôtel (le Thanh Thuy Hotel), on réserve donc notre tour pour le lendemain et on va faire un petit tour au marché local. Sur le trottoir s’étalent tout un tas de légumes, de fruits, d’herbes, de poissons dont les ouïes baillent et qui sursautent encore un peu et quelques tranches de viande sanguinolentes. Et tout à coup, oui ! on tombe sur un stock de pattes… de chiens ! Pas moyen de confondre, y a plus les poils et elles sont grillées mais c’est bien du chien. Et pour bien nous écœurer, on trouve les têtes un peu plus loin. Apparemment, ça n’a pas beaucoup de succès les têtes… Bon, ça ne nous coupe tout de même pas l’appétit alors pour le dîner, on teste la spécialité de la ville, le pho ngan, une soupe de nouilles au canard. Mais le canard bouilli, ça casse pas 3 pattes à un canard justement et on est plutôt déçues.

Le lendemain, après le petit déj, on ajuste nos casques et on grimpe sur nos motos (avec chauffeurs hein, on n’est pas complètement cinglées), direction la grotte de Mua. Bon, la grotte est ridicule avec une statue de tigre en plastique toute moche mais le challenge c’est de grimper les 500 marches jusqu’au sommet de la colline pour admirer les alentours. Et ça vaut le coup ! Et des marches, y en a que 464 (à 2 près, j’ai compté). Du sommet, on voit les rizières et les villages jusqu’à Ninh Binh, la rivière et les dizaines de barques qui promènent les touristes à travers les pics karstiques (les fameux, d’où le nom de « Baie d’Halong terrestre ») et on peut en profiter pour faire des offrandes à la statue d’une déesse de la miséricorde qu’on se demande bien ce qu’elle fait là.

On redescend, on ré-enfourche nos bolides et on se rend aux grottes de Trang An. En chemin, ma mère casse sa moto (qui se met soudain à faire un bruit très très bizarre) mais ni une ni deux, on se retrouve à 3 sur la mienne et on poursuit la route. Trang An, c’est censé être encore plus beau et beaucoup moins touristique Tam Coc. Super, mais c’est quoi Tam Coc ? Ben c’est un endroit où la rivière serpente à travers les pics karstiques et rentre parfois dans des grottes sous les pics, ressort de l’autre côté et c’est très joli. Le problème à Tam Coc c’est que c’est devenu tellement touristique qu’il y a presque plus de vendeuses de nappes brodées que de touristes (c’est dire !) et toutes les barques se suivent à la queue leu leu. D’ailleurs, depuis le site de Mua, on avait bien vu qu’effectivement, y avait un paquet de barques sur la rivière. Donc, on a décidé d’aller à Trang An, un peu plus loin et réputé moins bondé. Réputé seulement. Parce que, quand on arrive sur place, il y a des dizaines de barques le long de l’embarcadère, les gens font la queue et ça ressemble furieusement à Disneyland. Manque juste la musique. Mais bon, on n’est pas là pour faire les snobinardes, on grimpe dans une barquette en bambou avec 2 autres Français et nous voilà à glisser sur la rivière au milieu des autres couillons. Si ça, c’est moins bondé que Tam Coc, je veux juste même pas savoir à quoi ça ressemble Tam Coc ! Mais au moins, ici, pas la moindre trace d’une nappe brodée ! Notre rameuse (ce sont majoritairement des femmes) nous met au boulot au bout de 15 minutes (ben ouais, t’as quand même pas cru qu’elle allait ramer toute seule pendant 2h ?) et malgré la foule et les quelques pagodes en carton (Disneyland je vous dis) disséminées le long du parcours, le paysage vaut vraiment le détour. Pour le coup, je m’y croirais presque dans Indochine !

Après cette balade bucolique, la dernière escale de la journée est le site de Hoa Lu, ancienne capitale impériale des années 1000 (ça date pas d’hier). Il ne reste quasiment rien à part 2 petits temples et une tombe perchée au sommet d’un pic karstique. Là, j’ai pas compté les marches mais elles étaient bien plus raides que le matin et la vue était moins belle. Bon, j’ai quand même eu droit à mon quart d’heure de gloire au milieu de tous les Vietnamiens (et surtout Vietnamiennes… bizarre) qui voulaient me prendre en photo.

Bref, Ninh Binh, ça vaut le coup mais c’est pas la peine d’y passer plus d’une journée. Ce qui tombe bien puisque le soir même, on grimpe dans le train le nuit direction Hué, 500kms plus au sud.

Photos ici.

Chez Tonton Ho

Depuis vendredi dernier, je ne suis plus toute seule à crapahuter sur les chemins vietnamiens : ma mère est venue me rejoindre pour une petite dizaine de jours.

Après l’avoir laissée se remettre un peu du décalage horaire, nous avons donc arpenté la vieille ville d’Hanoi et le quartier des 36 corporations en essayant de se frayer un chemin entre les cyclos, les motos et les cages à oiseaux qui envahissent les trottoirs. Keskecéssa le quartier des 36 corporations ? Au XVème siècle, chaque rue de cette partie de la ville prit une spécialité professionnelle, représentant un seul métier ou corporation, souvent celle d’un village entier du delta (du Mékong). Les choses ont relativement peu évolué depuis et on peut déambuler dans la rue des peignes, celle des bols en bois ou encore celle de la soie. Plutôt intense autant sur les trottoirs que sur le bitume ! Nous avons aussi vu un spectacle de marionnettes sur l’eau (un art tout spécifiquement local, rigolo) et nous avons fini par déguster un des meilleurs bun bo nam bo du quartier (d’ailleurs si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à aller dans la gargote du même nom dans Hang Ga, la rue juste en face du marché Hang Da). En rentrant doucement jusqu’à notre hôtel (le Especen Hotel, à 2 pas de la cathédrale Saint Joseph, catégorie légèrement au-dessus de mon standard habituel mais très bonne adresse), nous avons fait du tour du lac Hoan Kiem où nous avons pu admirer les qualités artistiques insoupçonnées des Hanoiens : danse, fitness… les Chinois n’ont qu’à bien se tenir, ici aussi on sait s’amuser !

Le lendemain, nous avons sauté sur 2 motos taxis (le meilleur moyen de se déplacer en ville et puis c’est rigolo) pour aller visiter le Temple de la Littérature, la première université du Vietnam fondée en 1070 en et un must-see de Hanoi. Apparemment c’était un jour particulier pour les étudiants hanoiens parce qu’on en a vu une tripotée qui venaient se faire prendre en photos en toge de graduate dans le temple et on a même assisté à un discours devant un parterre de lycéens (enfin, un début de discours parce que sans les sous-titres, c’est vite devenu compliqué…). Du coup, pour nous joindre aux célébrations (du moins en pensée), nous sommes allées déjeuner chez KOTO, un resto plutôt chic créé par une association caritative, dont la vocation est de former des jeunes démunis aux métiers de la restauration. Canard aux épices délicieux et toilettes originales (je ne vous en dis pas plus, allez-y pour voir). Après cette petite pause gastronomique, nous avions la ferme intention d’aller claquer la bise à Tonton Ho dans son cercueil de cristal. Mais l’après-midi, Tonton Ho fait la sieste (encore plus profondément que le matin) alors on s’est contenté d’aller admirer sa maison (à la déco et au confort spartiate, le petit bonhomme aimait la sobriété), ses voitures de fonction (dont une Peugeot 404 offerte par les Vietnamiens de Nouvelle Calédonie) et son bassin à poissons (où les carpes ont un appétit féroce). Puis on a fait un peu de shopping souvenir (oui, ma mère voyage « normalement », elle) et on est rentré préparer nos sacs pour le lendemain parce qu’on quitte Hanoi pour Ninh Binh, le camp de base de la « Baie d’Halong terrestre ».

Mais quand même. Il n’était pas question de partir sans s’être recueilli solennellement devant Tonton Ho. Alors avant d’aller prendre le bus, on est revenu faire la queue de 300 mètres (non, vraiment, 300 mètres !) devant le mausolée, tout ça pour voir pendant 35 secondes montre en main le visage cireux et la barbichette d’un petit bonhomme qui voulait que ses cendres soient divisées en 3 et enterrées au nord, au centre et au sud du pays. Mais ici, pas question de faire des blagues. Un contingent de soldats tout de blanc vêtus vous fait sortir les mains de vos poches et vous réprimande sévèrement si vous n’avez pas l’air assez ému. Mais pas le droit non plus d’être trop ému et de s’arrêter devant la dépouille. On avance en file indienne et dans le calme et à peine de temps de se demander mais pourquoi donc dans notre civilisation qui se dit moderne et évoluée, on conserve les corps momifiées des dirigeants communistes dans des bâtiments aux dimensions gigantesques, on est déjà dehors.

L’émotion, ça creuse. Alors après ça, on s’est offert un vrai brunch (avec des eggs benedict, oui, oui) et on a pris le taxi pour la gare routière. En route pour l’aventure !

Photos ici.

La terre de nos ancêtres

Des miens hein, pas des vôtres bien sûr !

Oui, pour ceux qui ne le savent pas (parce que ça ne se voit pas spécialement sur ma figure…), mon grand-père maternel était à moitié vietnamien. Alors, venir ici, c’est un peu comme un retour aux sources. Bon, il n’a jamais vécu au Vietnam mais plutôt au Liban (avant d’arriver en France, de rencontrer ma grand-mère et que l’Histoire se charge de faire en sorte que je vous raconte ma vie aujourd’hui) ce qui fait que la recette de famille c’est plus le kebbé que les rouleaux de printemps mais ça n’empêche, c’est un peu émouvant d’être là.

J’avais dit « cours d’histoire sur le Vietnam ». Alors avant d’aller plus loin, je vais vous faire un petit résumé des 2 derniers siècles pour pas vous endormir.

En 1802, après près de 1000 ans de monarchie sous une bonne douzaine de dynasties différentes, le Vietnam est réunifié pour la première fois depuis 200 ans et gouverné par l’empereur Gia Long. Les Européens sont déjà présents depuis près de 300 ans mais plutôt concentrés dans la région de Danang dans le centre du pays. En 1825, l’empereur Minh Mang, le cousin de Ping Pong (pfff… qu’est-ce qu’on rigole…) promulgue un décret pour interdire l’activité missionnaire au Vietnam. Les prêtres européens sont alors emprisonnés et persécutés, ce qui donnera aux Français un prétexte pour une première intervention armée. En 1862, après les attaques françaises sur Danang et Saigon, l’empereur Tu Duc signe un traité cédant à la France le contrôle des provinces du delta du Mékong, rebaptisées alors Cochinchine. Mais comme ça ne leur suffit pas à nos petits Français, en 1883, ils imposent un deuxième traité marquant le début officiel de 70 ans de domination coloniale, et pour finir en 1887, ils proclament l’Union Indochinoise qui place le Laos, le Cambodge et le Vietnam en entier sous leur domination. Voilà, ça, c’est fait.

En 1897, Paul Doumer est Gouverneur Général de l’Indochine. Il lance un vaste programme de construction de routes et de voies ferrées à travers le Vietnam. Le petit Nguyen Tat Thanh (plus connu sous le nom de Ho Chi Minh) fait alors ses études à Hué. En 1911, il a 21 ans, il s’engage sur un navire français pour faire le tour du monde (comme quoi, c’est un truc de famille). Il finit par atterrir à Paris en 1920 où il participe à la fondation du Parti Communiste français. Puis, comme il a l’air d’avoir du potentiel, les Russes le font venir à Moscou pour être formé à l’Internationale Ouvrière et l’envoient en Chine où il fonde la Ligue de la jeunesse révolutionnaire vietnamienne.

On est maintenant en 1940, c’est la guerre. Les Français ne savent plus où ils habitent et les Japonais en profitent pour entrer au Vietnam et négocier l’utilisation des installations militaires. En contrepartie, ils laissent le pouvoir administratif aux Français. Ho décide de passer à l’action : il crée le Viet-minh (la Ligue pour l’indépendance du Vietnam) qui a pour objectif de mettre fin à la colonisation française et à l’occupation japonaise. Le terreau populaire est fertile : quelques inondations et les Japonais qui imposent alors des réquisitions de riz provoquent une terrible famine qui cause la mort de 20% de la population dans le nord. Du coup, à la fin de la guerre, le 2 septembre 1945, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam. Les Japonais sont repartis discrètement mais les Français, qui sont dans le camp des gentils maintenant, décident que finalement, ils vont pas laisser tomber l’affaire comme ça. Ils imposent à nouveau le régime colonial. Evidemment, les Viet-minhs sont pas contents et tout ça aboutit à des combats à Haiphong et Hanoi en 1946 qui vont marquer le début de la guerre d’Indochine. Huit ans plus tard, en 1954, dans la cuvette de Dien Bien Phu, au nord-ouest du Vietnam, les Français perdent la bataille et la guerre. Fin de la colonisation. Mais les problèmes sont loin d’être terminés. Le pays est alors divisé en deux, à hauteur du 17ème parallèle. Au nord, le Vietnam communiste dirigé par Tonton Ho et au sud, le Vietnam « libre » dirigé par Ngo Ding Diem, un catholique farouchement anti-communiste. Les Américains sont alors déjà présents dans le pays depuis plusieurs années parce qu’ils filaient un coup de main aux Français dans le sud pendant la guerre d’Indochine espérant lutter contre l’expansion communiste. En 1960, le Front national de libération (ou Viet-cong) entame une guérilla contre le gouvernement Diem dans le sud. Les Américains offrent alors leur aide à Diem mais 3 ans plus tard, ils orchestrent un coup d’état qui renverse (et tue par la même occasion) leur ex-copain parce qu’il commençait à faiblir dans la lutte contre le nord. Puis comme ça ne doit pas avancer suffisamment vite pour eux, ils prétextent une double attaque injustifiée contre des navires américains (en vérité il n’y a eu qu’une seule attaque et totalement justifiée) et balancent les premières bombes sur le nord du pays en 1964. C’est le début de l’horreur (napalm et compagnie), ça va durer 9 ans et Tonton Ho mourra avant de voir le pays libéré. En 1973, on arrête les dégâts, tout le monde signe les accords de Paris et les Américains rentrent à la maison. C’est le début de l’exode massif des Vietnamiens du sud qui ont collaboré avec les Américains, qui ne sont plus trop en odeur de sainteté et qu’on appellera les boat people. For the record, les Américains n’ont jamais déclaré officiellement la guerre au Vietnam…

On pourrait se dire, c’est bon, les Vietnamiens, ils en ont marre de jouer à la guerre, ils vont commencer à reconstruire leur pays. Mais non ! En 1978, ils envahissent le Cambodge, ravagé par les Khmers rouges et les chassent du pouvoir (donc quelque part, c’est pas si mal). Du coup, les Chinois sont pas contents (ils étaient copains avec les Khmers) et ils attaquent le nord du pays. Mais les Vietnamiens, ils sont supra entraînés, ils les renvoient à la maison aussi sec. Pendant ce temps, les Khmers rouges se sont réfugiés en Thaïlande. Pour être bien sûrs qu’ils reviennent pas traîner dans le coin, les Vietnamiens posent en 1984 le plus long cordon minier au monde, le K-5, qui s’étendra le long de la frontière thaïlando-cambodgienne. Et puis finalement, en 1989, ils laissent le Cambodge tranquille et pour la première fois depuis trèèèèèèèèèès longtemps, le Vietnam connaît la paix.

Et c’est donc enfin le début de l’épanouissement du pays, d’abord doucement puis de plus en plus vite à partir de 1994 avec la levée de l’embargo américain. Et nous voilà aujourd’hui, la réhabilitation du pays est quasi-totale, les habitants des petits villages au milieu de nulle part ont des iTrucs et les Porsche Cayenne commencent à fleurir dans certains quartiers de Hanoi.

Voilà ! Vous êtes maintenant parfaitement éclairés pour suivre la suite de l’histoire.

Alors, je suis donc revenue à Hanoi jeudi dernier. Mais pourquoi faire ? Et bah pour aller chercher ma mère à l’aéroport, pardi ! Et oui ! Sortez les violons : ma maman est venue passer 10 jours avec moi pour rendre visite à Tonton Ho et me tenir la main pour entrer en 2013… c’est kromeugnon, n’est-il pas ?

Sa Pa ou bien ?

Mouais… Sa Pa pas mal, merci ! (… ouais, je sais, c’est l’oxygène, en altitude, ça rend euphorique…)

Reprenons.

Le lendemain matin, je fais la connaissance de mon guide pour les 3 jours, Chong, Vietnamien (je veux dire par là, pas d’une ethnie du coin). Il était prof d’anglais mais finalement guide, ça paye bien mieux et puis il préfère vivre à la campagne, dont acte. Il est assez rigolo, très bavard et n’est pas avare d’informations sur la région et ses coutumes. Après avoir traversé le marché de Sa Pa (qui effectivement, est ridicule par rapport à celui de la veille), la balade commence à travers les chemins caillouteux et surtout bien bouillasseux grâce à la pluie des derniers jours… Il faut d’abord réussir à semer les vendeuses ambulantes qui sont prêtes à se farcir 4 heures de marche pour te vendre une housse de coussin faite main mais quelques glissades et pas de danse incontrôlés plus tard, on arrive au sommet d’une colline et la vallée de Muong Hoa se déroule sous nos yeux : des rizières en terrasse à perte de vue, quelques petits villages avec des maisons en bambou et en bois où de grands morceaux de tissus teintés d’indigo sèchent au soleil et des tripotées de canards qui se dandinent et pataugent dans les rizières. A cette saison, la récolte est finie, on attend le nouvel an pour planter le riz. Les quelques pousses qui émergent ne servent qu’à nourrir les animaux. En fin de matinée, on retrouve 2 autres guides et 4 autres touristes français (dont ceux que j’avais croisés à la gare d’Hanoi). Comme nous sommes tous passés par la même agence, nous allons tous dormir au même endroit et du coup, nous décidons de repartir ensemble pour l’après-midi. La balade est plutôt agréable, avec même parfois un rayon de soleil. De temps en temps, les hurlements d’un petit cochon qu’on égorge nous parviennent tandis qu’on essaye d’éviter les bouses de buffle, les innombrables poussins et les mamans cochons traînant derrière elles leurs portées. Oui, nous sommes à la campagne… En passant, on visitera une grotte où seuls les plus courageux s’aventureront (votre serviteuse en tête, évidemment): on a une seule lampe frontale. Au moment où on se disait qu’on allait faire demi-tour, la lumière s’allume et un groupe de Russes nous doublent (il suffisait de payer pour que la lumière fût). Du coup, on les suivra encore en peu plus loin avant de se dire que finalement, passer Noël coincer à 10 mètres sous terre à escalader des rochers suintants d’humidité, c’est pas si rigolo.

En milieu d’après-midi, on arrive dans notre « palais » pour la nuit (4 murs et un toit faits en bambou et en planches mal jointives mais quel charme !), la maison d’une famille Dao. Après avoir machouillé un peu de canne à sucre, on va prendre un bain aux herbes médicinales (une spécialité locale) dans le « spa » du village. On se retrouve donc chacun dans un tonneau, accroupi pour avoir de l’eau au-dessus des épaules, à barboter comme dans une tasse de thé géante. Je ne sais pas si l’effet médical de ces plantes est prouvé mais ça aura au moins eu le mérite de nous réchauffer parce qu’en attendant, nos guides n’ont pas installé le chauffage central. On se met ensuite tous à la cuisine (enfin, autour du feu) pour préparer un vrai festin qu’on arrose à grands coups d’alcool de riz. Sauf que les Vietnamiens, c’est pas rigolo, après 3 verres, ils sont couchés et à 22h, la maîtresse de maison nous fait comprendre qu’on est gentils mais qu’on consomme beaucoup de bois là maintenant, et que ça serait bien qu’on aille se coucher. Bon, de toute façon, y avait plus d’alcool de riz. Merry Christmas !

Le lendemain, après un petit déjeuner de champions (banana pancakes au miel), on nous a promis LE passage difficile de la balade : une grimpette avec 500 mètres de dénivelé. On se met en route doucement, la motivation en sourdine à cause de la bruine et du brouillard qui nous promettent une belle journée. Personne n’avait d’altimètre mais si ça, c’était 500 mètres, je veux bien le refaire à cloche-pied ! On finit par passer enfin au-dessus des nuages et on aperçoit les sommets environnants dont le Fansipan, le plus haut sommet d’Asie du sud-est à un peu plus de 3100 mètres. Enfin, on croit que c’était le Fansipan parce que nos 3 guides n’étaient pas d’accord sur le sommet à admirer…

Ils nous assurent ensuite une pause déjeuner avec une amazing view… On ne demande pas mieux ! On se retrouve assis sur une colline, les nappes de brouillard nous recouvrant les unes après les autres… Pour la vue, on repassera… Mais pour le sandwich ! McDo n’a qu’à bien se tenir ! De l’œuf, de la viande, de la Vache Qui Rit (oui, c’est tout ce qu’on trouve comme fromage ici), des tomates, du concombre et même une poudre de perlimpimpin qui assaisonne le tout : de la haute gastronomie !

Bref, l’estomac plein on entame la descente et là, c’est un festival de glissades et de rattrapages sur les mains dans la boue (il paraît que c’est très bon pour la peau…). On finit par arriver dans un petit village où un bus attend mes co-trekkeurs pour les ramener à la civilisation tandis que je prolonge mon immersion au milieu de nulle part. Mes hôtes pour la nuit sont une famille Dzai verte (la dame porte un foulard multicolore mais avec beaucoup de vert). On prend le thé, Chong me flanque une raclée aux échecs et on se met à la popotte (toujours autour du feu, hein !). Je suis donc officiellement la rouleuse de nems la moins rapide de tout l’Ouest le Vietnam… Après le dîner, on s’assoit tous devant la télé (y a pas le chauffage mais y a une antenne parabolique) et on regarde un film chinois traduit en vietnamien. C’est-à-dire que c’est pas doublé. C’est juste une dame qui parle par-dessus les acteurs chinois et qui décrit ce qui se passe en vietnamien. Le film a déjà l’air particulièrement mauvais mais alors avec la petite dame qui commente, ça doit vraiment pas être triste. La cerise sur le cupcake ce sont les coupures pub tous les quarts d’heure… Mais tout le monde est scotché et rigole, c’est donc que ça doit être bien ! Ou alors, c’est l’alcool de riz qu’on s’est encore envoyé à grandes lampées pour pas avoir froid…

Le lendemain matin (oui, ça fait 2 jours que je dors en manteau et que j’ai pas vu la couleur d’une douche, je sais…), on fait réchauffer les restes de la veille pour le petit déj et pendant que je suis chargée de surveiller le feu (c’est la meilleure place !), je vois soudain un gros cafard bien gras qui, devant trouver que ça commence à sentir le sapin, s’échappe d’une bûche et tente de fuir sous mon pied. Malheureux ! Il finira plat comme une galette et son cadavre ira se tordre au milieu des braises… Comme je commence à trouver que le pays est bien pourvu en bestioles de ce genre, je demande à Chong si les cafards c’est pas plutôt censés vivre dans les zones chaudes et humides (et là, certes, c’est humide, mais je vous jure que c’est pas chaud). Et avec un grand sourire, Chong répond : « Noooon. Au Vietnam, les cafards, y en a partout ! » Gé-nial…

Une fois le petit déj avalé, on se remet en route. Le soleil n’est toujours pas au rendez-vous mais Chong s’amuse à nous faire passer sur le bord des rizières et mon sens de l’équilibre étant ce qu’il est, je me concentre pour ne pas me remplir les chaussures de bouillasse… On traverse encore quelques villages où des enfants jouent à saute-buffle (y a pas de mouton), pieds nus, et nous courent après en chantant « Hello, hello ! », et on finit par retrouver la civilisation pour le déjeuner où on s’offre un grand bol de nouilles fumantes.

Le temps de rentrer à Sa Pa, dire au revoir à Chong (qui promet de m’inviter à son mariage), prendre une douche (oui, parce que là, comme qui dirait, y avait nécessité), refaire le sac et hop ! encore un minibus, direction la gare de Lao Cai. Comme je suis une petite chanceuse, dans le minibus, je me retrouve coincée entre la vitre et une très grosse dame, française, qui voyage avec son mari et son fils et tous les 3 passent l’heure suivante à se plaindre du temps, du froid, du guide qui ne parlait pas assez bien français, des motos qui n’avaient pas assez d’amortisseurs (en même temps, excusez-moi madame mais…), des montagnards qui essayaient de leur vendre 2 ou 3 babioles, de la route qui est pleine de trous (y a pas de route…), bref, c’est le genre de moment où je fais semblant que je ne comprends pas le français et je camoufle tant bien que mal tous les sigles Quechua qui apparaissent sur mes affaires…

Bref, retour dans le train (ce coup-ci, un peu moins luxueux qu’à l’aller) en compagnie de 3 autres Vietnamiens dont une dame charmante mais qui parle très très fort et surtout tout le temps (au point que les gens de la cabine d’à côté viendront lui demander de la mettre en sourdine !). Le train a de très mauvais amortisseurs (lui) et je manque plusieurs fois de tomber de ma couchette. Bien sûr, au milieu de la nuit, j’écrase encore un cafard qui pensait que se balader à moins de 30cms de ma tête ne me posait pas de problème (mais pourquoi c’est toujours sur moi que ça tombe ???) et au petit matin, me revoilà à Hanoi, à me battre avec un chauffeur de taxi qui a trafiqué son compteur qui tourne plus vite qu’une pompe à essence…

De retour dans la jungle !

Photos ici.

Le marché de Bac Ha

Alors…

J’ai donc pris le train de nuit samedi dernier depuis Hanoi pour rejoindre la région de Sa Pa dans les montagnes du nord-ouest. Et peut-on savoir ce qu’il y a de si intéressant à voir là-bas ?

« Sa Pa est une charmante station climatique fondée par les Français en 1922 et la ville est orientée de façon à profiter du cadre splendide par temps clair (… nous y reviendrons). Juchée sur un versant escarpé et entourée de hauts sommets, elle surplombe une vallée jalonnée de rizières en terrasses (… ah… des rizières en terrasses, ça me rappelle quelque chose…). Souvent noyée dans le brouillard (… ah non ! ça va pas recommencer !), Sa Pa offre plus fréquemment des aperçus de ce paysage magnifique qu’une vue panoramique. Cependant, même par temps couvert et humide (… hum, hum !), la cité conserve beaucoup d’atouts, notamment son grand marché, fréquenté par les ethnies montagnardes de la région. »

Bon… bah, on peut pas dire qu’on n’a pas été prévenus…

« L’Histoire n’a pas épargné Sa Pa qui a souffert des guerres successives contre la France, les Etats-Unis et la Chine au cours du siècle dernier (NDLR : vous faire un petit rappel sur l’histoire du Vietnam un peu plus tard…). Mais l’essor du tourisme a marqué la renaissance de la ville et hôtels, boutiques et restaurants ont surgi comme des champignons. Autre conséquence de cet essor, la culture des ethnies montagnardes, dont les revenus dépendent désormais du tourisme, a fondamentalement changé. Les Hmongs et les Dzao rouges sont présents à Sa Pa. Les Hmongs, auparavant la minorité la plus pauvre de la région, sont désormais vendeurs d’artisanat ou guides de randonnée. »

Merci Lonely !

Donc en fait, je viens dans le coin pour aller au marché de Bac Ha (un peu plus loin, parce que celui de Sa Pa est devenu un marché de souvenirs pour touristes) et pour faire un trek de 3 jours dans les rizières et les villages de la région. Pour organiser tout ça, je suis passée par l’agence VietnamNomadtrails, chère mais comme j’aime, c’est-à-dire sympa et surtout hyper flexible.

L’aventure commence dès la gare d’Hanoi ou je dois faire appeler un certain Mr Tan qui doit venir me donner mon billet de train. Je trouve un guichet où un petit monsieur qui ne parle pas anglais me prête son téléphone gentiment. Je découvre par la même occasion que je ne suis pas seule à chercher Mr Tan : un couple de Français, M. et F., qui sont allés passer un an en Australie, attendent également. Bon, eux, ils ont pas réussi à convaincre le type de téléphoner à Tan mais bon…

Bref, Tan me répond «  OK, pas de problème, je suis là dans 15 minutes ! ». Une heure plus tard, (d’où l’intérêt de se pointer avec 2h d’avance…), toujours pas de Tan en vue… On se débrouille pour le faire rappeler, on nous dit d’attendre, on le fait rappeler encore une fois et finalement, c’est une agence de voyage qui finira par nous donner nos billets. Je soupçonne Tan d’avoir été pris d’une flemmite mythomaniaque aigüe…

Bref, je monte dans le train et là… WOW !! l’Orient Express !! (tout du moins comme je l’imagine) Déjà, à l’entrée du wagon, y a un gars en uniforme qui déroule un petit tapis et qui t’aide à porter ton sac jusqu’à ta cabine… Ah c’est sûr, ça change des conditions dans lesquelles je voyage d’habitude !! La méga classe… Des vrais matelas avec des petits chaussons, un kit de toilette, des petites lampes de chevet, des petites bouteilles d’eau, un gros cafard…. aaaAAAAH !! Comment ça un gros cafard ? Bah ouais, faut croire que les cafards aussi, ça aime le luxe. Un bon frisson et un gros coup de bouteille d’eau sur la tête dudit cafard plus tard, je me glisse dans mon « lit » et le train se met à cahoter doucement.

C’est à peine si je vois passer la nuit. Y a rien à dire, les trains vietnamiens, ça déchire. Je sais pas comment seront les suivants mais celui-là, il claque. A l’arrivée à Lao Cai, un petit gars m’attend avec une pancarte à mon nom, m’emmène dans un resto pour un petit déj « baguette-beurre-confiture » (héritage colonial oblige) et me dit que quelqu’un viendra me chercher un peu plus tard pour m’emmener à Bac Ha. Im-pec (deux-pec, trois-pec, …) ! De temps en temps, se laisser conduire, c’est bien aussi…

Je grimpe donc à bord d’un minibus cosmopolite (Canadiens, Chinois, Allemands, Français, Singapourienne) direction Bac Ha, 2 heures de route plus loin.

J’ai choisi une place près de la fenêtre pour admirer le paysage… Je passerai donc les 2 heures suivantes à papoter avec mes voisins français parce que le paysage… bah… il est sûrement très beau mais là, il est très très très timide… Tellement timide que même la route a tendance à se cacher. Jamais vu une purée de pois pareille.

Heureusement en arrivant sur Bac Ha, le brouillard se lève un peu et après un premier tour du fameux marché mené au pas de course par Cha, notre guide Black Hmong en tenue traditionnelle s’il vous plaît, le feu vert est donné et on se disperse parmi les allées colorées. Le marché de Bac Ha est en fait un des plus importants marchés de la région et de nombreux montagnards descendent à cette occasion faire leurs emplettes mais aussi acheter un buffle, des oiseaux, un poney, mais surtout discuter et boire des coups. Malgré le ciel gris, les tenues des femmes de toutes les ethnies différentes réchauffent sacrément l’ambiance et je profite de l’occasion pour goûter quelques spécialités locales (beignets au gingembre, à la patate douce, riz gluant frit dans une feuille de bananier, …) et pour m’asseoir à 20cms du sol entre 2 Vietnamiens pour déguster un bon petit pho bien cuit et recuit (soupe de nouilles avec un peu de bœuf et surtout un chouette bouquet d’herbes qui parfume le tout). J’irai ensuite m’apitoyer sur le sort des chatons qui grelottent sur des bâches plastiques et attendent de finir en ragout (oui, cette fois, c’est confirmé, les Vietnamiens mangent les chats, les chiens, les oiseaux et parfois des chenilles).

A 14h, le marché remballe et les touristes aussi. La suite du programme c’est « découverte d’un village Hmong fleurs »… Bon, on voit 3 bicoques en bois, 3 Hmongs fleurs et surtout 200 touristes à la queue leu leu qui mitraillent le moindre épi de maïs… tout ce que j’aime… Quinze minutes plus tard, on remonte dans le minibus, direction Sa Pa et c’est reparti pour 3 heures… Sauf que. Certains (ou plutôt certaine) n’ont pas été raisonnables. Ils se sont empiffrés de tout un tas de trucs différents et 3 heures de route de montagne dans la purée de pois, ça finit par mettre leur estomac à rude épreuve. Ce qui devait arriver arriva : ma voisine singapourienne finira par se dégobiller sur les genoux à 10 minutes de l’arrivée. J’ai été héroïque : j’ai pas bronché, je lui ai tendu un paquet de mouchoirs, j’ai dressé une barrière de lingettes entre nous (Dieu soit loué l’inventeur de la lingette !) et je me demande encore comment j’ai évité le cataclysme.

Le temps de passer à l’agence faire le point pour le trek des 3 prochains jours, il fait nuit, et je m’installe dans un petit hôtel où je m’offre le « luxe » d’un petit chauffage d’appoint (parce qu’il fait 5°C dehors et que je suis une chochotte…). Evidemment, on est en toute fin de saison et Sa Pa qui est entièrement tournée vers le tourisme ressemble un peu à une ville fantôme en ce dimanche soir. Une ville fantôme mais avec le wifi partout, des salons de massage et des magasins qui vendent des vêtements de montagne à tous les coins de rue. On se croirait à Chamonix !

Photos ici.

Xin chao Vietnam !

 (qu’on prononce Sin Tchao parce que sinon, ça serait trop simple… Mais… pourquoi –euh ???)

Ca y est ! J’attaque la longue traversée de l’Asie du sud-est jusqu’à Singapour !

Oui alors, effectivement Nanning, y avait rien à y voir et de toute façon, c’était couvert de brouillard et j’en ai donc profité pour organiser un peu la suite. Vous ne verrez donc pas de photo de Nanning.

J’ai donc pris le bus, écrabouillé 10 personnes, récupéré mon visa au consulat, couru (enfin clopiné avec tous mes sacs) pour reprendre le bus, ré-écraser 10 personnes, sauté (enfin…) dans le train pour Hanoi et attendu impatiemment que le train démarre. Adieu les canards laqués !

A minuit, le train s’arrête à la frontière côté chinois. Tout le monde descend avec l’intégralité de son paquetage et fait la queue à la douane. Enfin la douane… Un petit fonctionnaire chinois tout seul qui ouvre consciencieusement toutes les valises, les vide sur une table et te voilà à devoir refaire ton sac au milieu de la gare. Oh non, faites que je n’ai pas à vider TOUT mon sac et à TOUT réemballer… Enfin bon, au bout du 30ème sac, il se détend un peu et jette juste un œil inquisiteur sur le contenu et son propriétaire. Je recommence à respirer et j’affiche mon air le plus aimable quand arrive mon tour. Sauf que. Finalement, je dois avoir l’air suspecte ou peut-être était-ce parce que j’étais la seule Occidentale du train, mais j’ai droit à un traitement spécial et il va jusqu’à ouvrir mon portefeuille et étaler mes petites culottes sur le comptoir… on sait jamais !

Bref, on fait tamponner nos passeports et hop ! nous voilà hors de Chine.

Une heure plus tard, on recommence le même cirque côté vietnamien sauf que là, il doit être trop tard et les gars doivent être fatigués, personne ne checke les sacs. Un nouveau tampon plus tard, on remonte dans le train et CA Y EST !! JE SUIS AU VIETNAM !!

A 5h, le train arrive à Hanoi, dans une petite gare de banlieue au milieu de nulle part… Grumpfff… Le plan, c’était d’aller à l’autre gare (celle dont part le soir même mon train pour les montagnes du Nord-Ouest), de mettre mes sacs à la consigne et de passer la journée à traînasser dans la ville. Sauf que là, il fait encore nuit, rien est ouvert et il pleut… Re-grumpfff… Bon bah finalement, ça sera taxi (le chauffeur, très rigolo, me fera la conversation en vietnamien pendant tout le trajet et me délestera de 10$…), hostel et après avoir dormi, on verra !

Mais en attendant… Chào mừng bạn đến với Việt Nam !!