Regarder passer les trains

Bon, allez, j’arrête de vous faire plaisir, c’est fini, il ne pleut plus à Bangkok (niark, niark, niark, niark !!).

C’est pas encore le soleil qui pique les yeux non plus mais ça tombe bien parce que de toute façon, hier, j’avais un programme qui n’en avait rien à faire qu’il pleuve, qu’il neige (ah non, ça par contre, ça n’est pas près d’arriver) ou qu’il vente. Hier, j’avais décidé d’avoir une vie normale. De faire des trucs que les gens qui sont en vacances (et qui sont pressés puisqu’ils n’ont que 15 jours de vacances) ne font pas.

Hier, après avoir fait une vraie bonne grasse mat’ (ouh que oui j’en avais bien besoin !), j’ai un peu organisé la suite de mon périple (kouaaaAAAAA ??? je change de continent dans 10 jours ? mais… j’ai même pas ouvert mon ami le Lonely !!) et puis je suis allée prendre un Afternoon Tea à la Tea Room du Grand Hyatt de Bangkok. Oui. Ch’suis comme ça, moi. Quand je peux pas aller manger chez Constant ou au Mandarin Oriental, je finis par atterrir au Grand Hyatt. Alors, j’ai embarqué toute ma bibliothèque et je me suis installée dans un grand fauteuil moelleux où une adorable serveuse (j’imagine qu’on dit maître d’hôtel dans ce cas précis) est venue déployer une serviette en lin sur mes genoux et m’a servi un thé à la rose qu’elle a remué avec une cuillère en argent et un Afternoon Tea Set.

Et alors ? C’est quoi un Afternoon Tea Set ? Et bah c’est bien. C’est très bien, même. C’est un assortiment de plein de petites choses, sucrées et salées, toutes bien présentées et parfaitement délicieuses. Tu grignotes le tout avec le petit doigt en l’air et pour un peu, tu leur dirais de mettre tout ça sur la note de ta chambre mais faut pas abuser, t’as pas de chambre ici, t’as pas gagné au Thaïmillion… Mais ça fait bien plaisir quand même !

Après ça, j’ai traversé une passerelle (tu peux tout faire sans mettre un pied au sol à Bangkok) et je suis allée au cinéma. Oui madame. Bon, malheureusement, pas de film thaï à l’affiche de ce multiplexe de ouf-malade de 22 salles (dont 2 spéciales pour les films en 3D et une avec que des poufs ultra-moelleux pour se coucher dedans). Du coup, j’ai choisi Flight. J’ai pu choisir ma place sur l’écran du type à la caisse qui m’a demandé si je voulais un supplément pop-corn (euh… no, thank you !) et un ouvreur m’a emmenée jusqu’à mon fauteuil avec dossier inclinable et immenses accoudoirs que tu ne peux pas frôler ton voisin… Bon, de toute façon, la salle était quasi-vide (mais y a quand même un type qui a choisi le siège juste derrière moi et qui a rigolé comme une baleine tout le long du film…). Avant le début du film, tout le monde se lève, l’hymne national retentit et sur l’écran passe un diaporama de photos du roi. Je crois que maintenant, si je croise le roi dans le métro, je ne pourrais pas ne pas le reconnaître.

Bon, je ne suis pas sûre qu’aller voir un film sur un crash d’avion moins de 48 heures avant d’aller à l’aéroport soit la meilleure idée que j’ai jamais eue mais c’était sympa de voir un film sur un écran de plus de 25cms pour changer…

Et pour finir cette belle journée, je suis passée dire bonjour à ma copine la vendeuse de chez Krispy Kreme (oui, c’est comme ça, il fait 35°C et je mange des donuts) après avoir englouti un demi-saumon cru (je vois pas pourquoi je serais toujours obligée de manger thaï !).

Et du coup, le lendemain, pour ma dernière journée thaïe, j’ai décidé d’aller regarder passer les trains.

Non, je ne prépare pas ma réincarnation en vache ! Je suis allée voir passer les trains sur le pont de la rivière Kwae. Ha ha ! Ça vous parle mieux là tout de suite ! Pour que vous ayez l’air futé dans les dîners, sachez qu’on ne dit pas la rivière « Kwaïïïï » (ça veut dire « buffle » en thaï, autant dire que les Thaïs, ça les fait bien rigoler) mais la rivière « Kwèèèè ». Je me suis donc levée à l’aube (j’ai même loupé le réveil, ça a failli être la catastrophe), je me suis écroulée dans un minibus et 2 heures de route plus tard, j’étais à Kanchanaburi. Oui, c’est là que se trouve le fameux pont. Quand on est à Kanchanaburi, on est à à peine 15kms de la frontière birmane. Mais évidemment, pas question d’y mettre les pieds. C’est fermé. A clés. Et on ne plaisante pas avec ces clés-là.

Donc voilà, y a une rivière, y a un pont, y a des trains qui passent en sifflant pour que les touristes dégagent du pont et y a un type qui joue du violon et qui joue quoi ? … Le pont de la rivière Kwae, évidemment ! Bon, comme c’est un peu un attrape-couillon, tu ne peux pas juste aller voir le pont. Tu dois aussi faire un tour sur un radeau en bambou et sur le dos d’un éléphant (pfff… déjà vu !). Et puis, après, tu fais le chemin dans l’autre sens et tu rentres à la maison à 19h parce que les bouchons du périph’, c’est de la blague à côté de la circulation à Bangkok.

Alors voilà, Bangkok, la Thaïlande, les petites plages qui tuent c’est fini. Là, c’est l’heure de faire son sac, de vérifier qu’on a bien son passeport et de dire au-revoir à Sa Majesté. Parce que, aujourd’hui, je monte dans l’avion (hé ho ! tu sais qu’il existe d’autres moyens de transport ? oui… je sais…) direction Penang (en Malaisie pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Penang… moi la première jusqu’au mois dernier). Enfin, moi, je monte dans l’avion. Mon sac, c’est moins sûr. Il semblerait que j’ai oublié de vérifier que mon billet incluait bien un bagage en soute… Je suis donc bonne pour payer une fortune pour pouvoir emporter toutes mes affaires, la poisse ! Alors pour mon dernier déjeuner thaï et parce que j’ai plus un rond, j’ai fêté ça avec ça…

Et je confirme, aller voir un film sur un crash d’avion y a 2 jours, c’était débile…

Photos ici.

I’m siiiiiinging in the rain…

… just siiiiiinging in the rain, what a gloooorious feeeeeling, I’m haaaaapy again… I’m singing, just singing, iiiiiin the rain… Papadapadapap ! Papadapadapap !

Ah bah ouais ! Ca pouvait pas durer éternellement. Ca fait 2 jours qu’il pleut à Bangkok. Pourtant la saison des pluies ne devrait commencer que dans 2 mois. Mais le global warming toussa-toussa… y’a plus d’saisons ma bonne dame ! Les Thaïs eux-mêmes n’y comprennent plus rien. Et puis, quand il pleut ici, c’est pas du crachin breton si vous voyez ce que je veux dire… Il pleut comme vache qui pisse ! Y a tout de suite 5cms dans la rue, tu noies tes tongs et vaut mieux raser les murs parce que les voitures font d’immenses gerbes qui achèvent de te rincer…

Alors voilà ! J’ai remis Stéphanie dans l’avion pour Paris (je connais bientôt l’aéroport de Bangkok mieux que le fond de ma poche), traînouillé dans Kao San Raod (bah ouais, mais c’était rigolo, à cause de la pluie et de l’élection du gouverneur de la ville en ce dimanche matin, y avait personne), acheté 3 t-shirts (je venais juste de faire de la place dans mon sac), mangé des xiao long bao (hmmm… un petit souvenir chinois), sautillé entre les flaques, fait une prière anti-pluie à Bouddha (ça marche pas), et retrouvé une collègue pour le dîner au sous-sol du Siam Paragon (mon préféré). Elle est venue passer ses vacances en famille en Thaïlande, on ne pouvait louper l’occasion. Et oui ! Faut croire que ça me manquait, on a passé la soirée à se raconter des histoires de machine à café et y a pas à dire, on s’amuse toujours autant au bureau !

Le lendemain, je me suis incrustée et je suis partie avec toute la petite famille direction Ayutthaya, ancienne capitale du royaume de Siam pleine de ruines de temples en tous genres. La Angkor thaïe en somme ! Mais bien plus en ruines et plus dans le style cham que khmer (ouais, maintenant, je peux sortir ce genre de phrases, j’me la pète grave !). Bon, pas de bol, il a fait bien gris et bien pluvieux toute la journée. Du coup, on s’est gelé les fesses sur le bateau (oui, parce que la clim’ marche toujours à fond, qu’il fasse 40°C dehors ou 20) et on a fait plein de photos sous un ciel de plomb (et vive la Thaïlande ! Youpi…), c’est pas comme ça qu’ils vont bronzer (et ils en ont bien besoin les p’tits Parisiens) !

Et puis tandis qu’ils continuaient leur route vers le nord et Chiang Mai où eux aussi, ils vont aller gratouiller les oreilles des éléphants, je suis rentrée à Bangkok que je commence tout juste à apprécier mais c’est le problème des grandes villes, faut y rester plus longtemps pour prendre ses marques et lever le nez du plan de métro.

Et puis, comme d’hab, je suis allée poursuivre l’exploration du sous-sol du Siam Paragon où j’ai découvert un genre de Grande Epicerie (et celle du Bon Marché n’a plus qu’à aller se rhabiller).

Allez, encore 2 jours à Bangkok avant de quitter définitivement la Thaïlande (par avion… encore…) et de poursuivre la route vers le sud, toujours plus au sud… là où il ne pleut pas.

Photos ici.

La folie Bangkok

Rien qu’à l’aéroport on comprend qu’on a changé de monde. Immense, l’aéroport est immense. Y a au moins 50 guichets à l’immigration, 12kms de couloir après la descente de l’avion et les 22 tapis à bagages. Bangkok… Moi, quand j’entends Bangkok, je pense sang de serpent, Australiens en Ray Ban Wayfarer, chaleur suffocante et moite, bref, La Plage. Le film, La Plage. Sans jamais y avoir mis les pieds, j’en parle déjà comme si j’en connaissais les moindres recoins. « Ko San Road ? Pfff… Jamais de la vie, trop surfait, trop touristique. Le marché de Chatuchak ? Of course ! Et puis le Wat Phra Kaew ? Evidemment ! ».  Y a ceux qui détestent, y a ceux qui adorent et y a moi, et j’ai hâte de pouvoir donner mon avis.

Mais commençons par le commencement. Je retrouve Stéphanie miraculeusement (miraculeusement parce que je n’avais ni l’horaire ni la provenance de son vol) entre 2 portes à la sortie de l’aéroport et on découvre avec joie les transports bangkokois. Bon, on est peut-être arrivées au pays du sourire mais pas au pays de l’efficacité. On va mettre près de 2 heures à rejoindre le centre-ville alors qu’on aurait pu mettre moitié moins de temps, juste parce que la gentille dame du guichet a omis de nous dire qu’on pouvait prendre un train direct plutôt qu’un omnibus… Mais c’est pas grave, on est trop contentes d’être là, tout est fantastique, c’est juste qu’on va arriver à l’hôtel (le Lub’d Siam Square, qu’on vous recommande chaudement) à 23h, qu’on a faim et qu’à cette heure-là, même à Bangkok, c’est compliqué de trouver un resto ouvert. Heureusement, y a un resto chinois pas loin qui lui, est ouvert 24/24 où on file avaler une soupe de nouilles avant de filer au pays des rêves.

Le lendemain matin, comme on est dimanche, on décide de s’armer de bienveillance envers nos prochains et on va arpenter les allées du marché de Chatuchak. Officiellement, c’est le plus grand marché du monde. Des milliers de stands qui vendent tout ce qui s’achète, des baskets second hand (ah ça, c’est sûr, c’est vraiment second hand) aux bébés écureuils. Le tout sous un immense toit de tôle ondulée surchauffée et littéralement envahi par la foule dès 8h du matin. Bon, nous, on est arrivées tranquillement à 10h30, alors forcément, on a été plongées dans l’ambiance dès la sortie du BTS (le métro bangkokois) où on nous avait dit « c’est facile, suffit de suivre la foule ». Mais Chatuchak n’a pas tenu toutes ses promesses : quelques chiots, 3 écureuils et une dizaine de chinchillas mais rien de vraiment exotique. Idem côté boustifaille où les stands de jus de fruits pressés se suivent et se ressemblent mais pas de véritables spécialités locales (OK, Stéphanie a failli défaillir devant une assiette de pattes de poulet mais c’était vraiment pour le folklore…). Alors, après 2 heures à se faufiler dans les allées minuscules et bondées, on a repris le BTS dans l’autre sens pour aller faire du lèche-vitrine se rafraîchir dans un des 700 malls de la ville. On a porté notre choix sur le Siam Paragon. Celui-là, sa spécialité, c’est qu’il concentre toutes les marques de luxe qui existent au monde. L’incontournable boutique Vuitton est à côté de Cartier lui-même à côté d’une concession Maserati, elle-même à côté de Chopard… Ce qui est bien, c’est qu’ici, on n’est même pas tentées de dépenser nos baths… Par contre, on a profité du sous-sol, entièrement consacré au Food Center, pour déjeuner dans un vrai resto (avec une nappe en tissu et des serveurs en uniforme). Et puis, quand on s’est mises à avoir presque froid, on est ressorties dans la fournaise pour aller visiter la maison de Jim Thompson. Jimmy est un type très mystérieux (était, plutôt). Ancien agent de l’OSS, il s’est installé en Thaïlande après la seconde guerre mondiale où, tombé amoureux de vers à soie, il s’est mis à jouer le commercial international et à développer un sacré business. Il a mystérieusement disparu lors d’un week-end chez des amis en Malaisie, l’année où sa sœur a été assassinée aux Etats-Unis… Etait-il toujours « de la maison » ? Trempait-il dans des affaires louches ? Nul ne le sait… Sa maison (constituée de 6 maisons thaïes traditionnelles mises bout à bout) a depuis été transformée en musée et c’est très sympa à visiter. Comme après tout ça ( ???), on était crevées, on a passé un temps infini à regarder la machine à laver tourner en philosophant sur la nature humaine et on a (encore !) loupé l’heure du dîner ce qui fait qu’on a dû retourner manger quelques chinoiseries tout en évitant quelques cafards volants. Oui, ici, ils volent, c’est bien plus marrant, enfin c’est surtout la tête de Stéphanie qui est marrante

Pour notre dernière journée à Bangkok, on a décidé de se la jouer « Culture & Confiture ». Enfin, surtout Culture. Alors on a démarré par la visite en règle du Palais Royal et du fameux Wat Phra Kaew (c’est d’ailleurs amusant comme chaque pays arrange l’Histoire à sa sauce à propos de cette petite statuette qui a beaucoup voyagé puisqu’elle est passée par le Laos, le Sri Lanka et la Thaïlande et appartient à tout le monde…). Puis, on s’est traînées (il fait 45°C et 80% d’humidité, l’Enfer doit probablement ressembler à ça…) jusqu’au Wat Pho et on s’est jetées dans la rivière Chao Praya… ou presque. On s’est plutôt laissées glisser lentement le long des canaux qui valent à Bangkok sa réputation de « Venise de l’Asie ». Vous avez remarqué comme chaque fois qu’une ville est traversée par plus de 5 canaux, elle devient la « Venise » de quelque part ? Pauvre Venise… Parce que Bangkok n’a vraiment rien de Venise… Certes, je n’y ai jamais mis les pieds (à Venise, la vraie) mais pas sûr qu’il y ait des auto-ponts bétonnés à 4 étages qui serpentent entre les buildings au point de cacher le ciel en plein cœur de la Cité des Doges… M’enfin bref ! Pour finir en beauté, on est allées se désaltérer dans un chouette bar en terrasse tout en regardant le soleil se coucher sur le Wat Arun.

Alors oui, Bangkok est folle. Folle de bruit, de pollution, de béton, d’immeubles en construction, de taxis aux couleurs qui mettent de bonne humeur, de McDo dans chaque station de métro, de murs de climatiseurs qui ronronnent 24/24, de jungle qui reprend ses droits dès que le béton se laisse aller, de cafards volants (ou rampants, on ne fait pas de discrimination), de 7-Eleven (mais ça, j’y reviendrai), de caissières du 7-Eleven qui ne sont pas vraiment des caissières mais plutôt des caissiers, de drôles de trucs à manger dans la rue (mes préférés), de chanteurs échappés de la StarAc, de rats gros comme des lapins et de durians qui puent (ça aussi, on y reviendra), bref, 2 jours, c’était bien trop court et Bangkok mérite qu’on s’occupe d’elle bien mieux que ça.

Ca tombe bien, il est prévu que j’y revienne.

En attendant, les photos, c’est ici.

PS : Oui, je sais, je suis très en retard. Vous attendez les bilans du Cambodge et du Laos et ne parlons même pas de votre cours d’histoire préféré sur la Thaïlande… Pas la peine de me le faire remarquer, je le sais. C’est tout le problème quand vous avez des invités, vous passez votre temps à en prendre du bon (temps) et vous procrastinez le boulot. Je suis sûre que vous voyez très bien ce que je veux dire…