Kirikou n’est pas grand…

Ça fait maintenant quelques semaines que j’ai pris mes quartiers dans la brousse centrafricaine. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, c’est plutôt calme. Y a bien un ou deux cabris qui changent de mains de façon plus ou moins volontaire de temps en temps mais rien de bien pire. De toute façon, il fait bien trop chaud pour jouer à la guerre. Pour l’instant. Parce que soyons réalistes, tout pourrait déraper d’un moment à l’autre. La brousse grouille de petits groupes armés qui ont tellement retourné leurs vestes qu’elles sont fort trouées et qu’ils ne se rappellent plus trop dans quel camp ils jouent. Et qui s’ennuient. Alors un petit braquage par ci, un petit feu de village par là, ça maintient en forme.

A l’hôpital aussi, c’est plutôt calme. On a les grands classiques : des petits palus, des gros palus, des morsures de serpent (si les gens arrêtaient de fourrer leurs mains dans n’importe quel trou pour chasser les rats aussi…), les enfants malnutris et les accidents de motos. Et évidemment, une ou deux blessures par balle ou à l’arme blanche pour faire bonne mesure. Evidemment. Tout ça fait une petite soixantaine de patients. Comme chaque patient a droit à un accompagnant H24 à ses côtés, ça fait donc un petit paquet de monde qui vaque à ses occupations dans la cour de l’hôpital. Certains font la sieste à l’ombre des manguiers, d’autres préparent la bouillie au-dessus d’un feu de bois, d’autres encore lavent quelques vêtements dans le lavoir, ça papote, ça rigole, ça vit… Les médecins et les infirmiers vont et viennent, passant d’un bâtiment à l’autre dans leurs blouses rendues plus blanches que blanches par le soleil aveuglant. Evidemment, de temps en temps, une femme sort en hurlant, en se jetant par terre et en s’arrachant les cheveux. On n’arrive pas à sauver tout le monde.

A la nuit tombante, les gens s’installent dehors sur des nattes à même le sol. Les lits sont réservés aux patients. Les enfants se regroupent autour de leurs mères, se recroquevillent sous leurs pagnes. Le murmure de toutes leurs voix diminue au fur et à mesure que les étoiles apparaissent. L’hôpital est un lieu sûr, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Quelquefois, le dimanche soir, si la torpeur de la journée ne nous a pas avalé tout cru, on prend la direction de l’hôpital avec un projecteur sous le bras. Ces dimanches soirs là, c’est cinéma. Devant le grand mur blanc de la pédiatrie, on déplie une grande bâche plastique par terre pour que les enfants viennent s’assoir. On apporte quelques bancs. On déroule quelques mètres de rallonge électrique. Tant d’agitation au coucher du soleil, ça attire les curieux. Les gens s’approchent, tout doucement. Ils nous regardent faire. Quand l’image apparaît enfin sur le mur et que les Mungus (c’est nous, les Mungus, les Blancs) s’assoient en tailleur, c’est le signal. Les enfants se ruent sur nous. C’est le concours de celui qui sera assis le plus près, qui tiendra une main, un genou, un pied, une mèche de cheveux, un bracelet, n’importe quoi ! On se retrouve avec une grappe de marmots soudée au corps. Par la chaleur qu’il fait, on aurait bien envie de leur dire d’aller voir un tout petit plus loin si on y est mais il faut voir leurs sourires édentés. Alors, on sue en silence.

Et puis le film commence. Un dessin animé généralement. Mais faut bien choisir. La Reine des Neiges, c’est sûrement très bien mais c’est un peu gigantesquement éloigné du contexte. Madagascar, c’est super. Mais ça parle vraiment beaucoup et beaucoup trop vite. Tout le monde ne parle pas français. Heureusement, il y a Kirikou. Kirikou qui aide sa mère à piler le manioc. Kirikou qui va chercher de l’eau avec les enfants du village. Kirikou qui court dans la brousse et qui fait hurler de rire tout le monde. Kirikou qui ne voit pas le serpent qui arrive derrière lui alors que tout l’hôpital lui hurle de s’enfuir et que les mamans se cachent les yeux. Et les enfants qui chantent en cœur « Kirikou n’est pas grand, mais il est vaillant ! Kirikou est petit, et c’est mon ami ! »

Alors oui, dans les grappes d’enfants collées à nos bras et à nos jambes, y en a quelques-uns qui n’ont pas vu l’ombre d’un savon depuis un bon moment et on suffoque, à deux doigts du malaise. Oui, ils nous tripotent les cheveux, les doigts, les orteils avec leurs petites mains qui ont traînées dieu sait où. Oui, ils viennent essuyer leurs nez morveux dans nos t-shirts poussiéreux. Oui, ils sont parfois plus intéressés par le nombre de grains de beauté sur mon bras que par les aventures de Kirikou. Oui, ils chantent, ils dansent, ils s’interpellent entre eux, ils se battent un peu parfois, au point que plus personne ne regarde l’écran. Parfois, y en a même un qui se retrouve debout dans le faisceau du projecteur sans comprendre que c’est son ombre que tout le monde se retrouve à contempler. Mais il se fait tirer bien vite en arrière par les autres qui lui crient dessus sans ménagement.

Et tout de même, c’est un chouette moment.

A la maison

Quand on vit à 7 100km de chez soi, il y a des petites choses, parfois, qui font plaisir. Trouver des « Petits Écoliers » au supermarché par exemple. Ou regarder le journal de 13H de TF1 le samedi. Si, Parfois, ça fait plaisir.

Quand on vit à 7 100km de chez soi dans un pays relativement en paix et qu’on a la chance d’avoir tout le confort moderne à la maison, on peut aussi, parfois, presque s’y croire. A la maison.

Parce que si on trouve des « Petits Écoliers » au supermarché, alors on peut aussi y trouver de la farine, des oeufs, de la levure et du lait. Et du bacon. Et de la confiture. Et du Nutella. Et du beurre de cacahuètes. Et avec tout ça quand ton coloc dit : « Dites donc, ça vous dit si dimanche matin je vous fais des pancakes ? », tu réponds : « Oh ouiiiii !!! ».

Bon, certes, les premiers sont pas cuits et les derniers sont brûlés mais ceux du milieu… c’est juste une tuerie !

Comme tu n’es pas égoïste, tu as invité tes voisins tout de même. Et comme les voisins sont polis, ils ne viennent pas les mains vides. Et chez les voisins, y a un Canadien. Et il apporte… du sirop d’érable !! Et tu connais quoi que ce soit de meilleur au monde qu’un dimanche matin qui sent le pancake au sirop d’érable ? Pour un peu, si tu fermes les yeux, tu pourrais croire que tu y es . A la maison.

Y aurait le carrelage froid sous tes pieds, le chat qui viendrait se frotter à tes jambes pour réclamer une miette de ton petit déj, des volutes qui monteraient de ta tasse de thé et les moineaux qui sautilleraient de branche en branche dans le jardin. Et la bouche pleine de pancake et une goutte de sirop d’érable au coin des lèvres, tu serais heureux.

Bon, là, le béton brut sous tes pieds est moyennement frais, le chat t’a déjà arraché la moitié de la main pour te voler ton petit dej, ton thé ne fait pas de volutes parce qu’ici, tu le bois froid (fait déjà bien trop chaud de toute façon) et dans le jardin, y a des corbeaux qui sont presque plus gros que le chat justement. Mais la bouche pleine de pancake et une goutte de sirop d’érable au coin des lèvres, t’es heureux.

Rendez-vous en brousse inconnue…

Aujourd’hui c’est dimanche. Et le dimanche à Bamako, c’est le jour de mariage-euh… à Lubum, c’est comme partout ailleurs… on ne fait rien. Je passe donc la journée à lire, boire du thé, faire la sieste, discuter avec F., manger, relire, reboire du thé, … Et ça pourrait continuer comme ça indéfiniment mais F. va voir un match de foot cet aprèm. C’est l’équipe de TP Mazembe, l’équipe de Lubumbashi, l’équipe du Katanga, qui affronte une équipe malienne. S’ils gagnent, ils vont en finale. De je sais pas quoi mais peu importe, il semble que ce soit important. Toute la ville se pare de rayures blanches et noires. Les gens, les voitures, les panneaux publicitaires, tout devient zébré. F. n’a pas réussi à trouver de billet pour moi, tout est vendu depuis bien longtemps ! Je suis un peu déçue, l’ambiance valait sûrement le coup d’œil (les gaz lacrymo aussi, il paraît que ça dégénère à chaque match…) mais à la place, je vais visiter un refuge pour chimpanzés avec N. Sa femme travaille là comme bénévole et toute la famille profite de l’occasion pour rendre visite aux singes. Ils ont vécu plusieurs années en Afrique et reviennent tout juste de vacances en Zambie. Les enfants ne se lassent pas de raconter leurs expériences à vélo au milieu de troupeaux de girafes ou comment ils ont accroché des vers de terre à leurs cannes à pêche pour attraper de tout petits poissons qu’ils n’ont même pas mangés !

Au refuge, les singes sont plutôt impressionnants ! C’est l’heure du dîner et ils hurlent à qui mieux mieux tout en se balançant dans les cages et en claquant les murs avec leurs grandes paluches. Le vacarme est assourdissant. Les soigneurs versent un mélange de lait et d’eau dans des gobelets métalliques qu’ils tendent aux animaux qui les attrapent et boivent avec dextérité à travers les barreaux. Puis c’est le tour des fruits, des épis de maïs, des oignons, des tomates… Les propriétaires du refuge, un couple de Français adorables et passionnés (elle est vétérinaire et lui prof de bio au lycée français de Lubumbashi), essaient de faire pousser un potager pour subvenir aux besoins de leurs pensionnaires et ne plus dépendre uniquement des donations. Mais c’est compliqué car les employés sont tentés de voler les légumes qui coûtent cher ici. Le refuge manque cruellement de place et de moyens. Mais en attendant, grâce à leur action, il n’y a plus de trafic de chimpanzés dans le Katanga et les autorités soutiennent désormais le programme de réinsertion des chimpanzés en milieu naturel.

C’est finalement dimanche soir. TP Mazembe a gagné, les voitures roulent à toute allure dans les rues en klaxonnant, des dizaines de bras sortant des toits ouvrants et des fenêtres. Mais le dimanche soir, c’est movie night. F. m’emmène chez M. qui travaille pour l’ICRC et qui héberge la soirée cette semaine. Au programme, Escape from Alcatraz. On regarde tomber la pluie dans la baie de San Francisco en mangeant du pop corn. Et puis la jeep MSF fait taxi et redépose chacun chez soi. Et je découvre qu’à Lubumbashi, dès qu’on sort des grandes artères bitumées, on se retrouve sur des petites pistes en terre avec des ornières de folie remplies d’eau (on est à la fin de la saison des pluies) et pour la première fois de ma vie, je me dis qu’avoir un 4×4 en ville, parfois, ça peut être utile.

Le lendemain, c’est officiellement ma première journée de boulot. Je place tous mes espoirs dans cette journée pour en savoir plus car les briefings à Paris ont été plutôt succincts et théoriques. Je commence par refaire un long point sur les logiciels de gestion de la comptabilité et des payes et sur les particularités spécifiques à cette mission. Puis j’enchaîne avec un briefing sécurité (aucune consigne particulière, la région est plutôt calme) et l’explication de l’organisation de l’équipe logistique. Je commence à voir un tout petit peu plus clair dans l’organigramme et à comprendre qui fait quoi. De toute façon, on n’apprend jamais aussi bien à nager que quand on saute dans le grand bain, n’est-ce pas ? Alors vivement demain qu’on saute !

En fin de journée, je vais avec F. chez Vodacom, l’opérateur de téléphonie local, pour acheter une carte SIM pour mon téléphone… Epique ! Le gars charge le crédit que F. est venue recharger pour elle sur un autre numéro puis il n’arrive pas à activer ma carte. Tout prend un temps infini. Comme on a le temps, on papote. Il apprend comme ça que je suis parisienne. Direct, LA question : « Tu connais Booba ? » Euh… personnellement ? Non… Je sens la déception dans son regard. On finit par repartir, chassées par la femme de ménage qui a jeté un grand seau d’eau savonneuse en travers de la pièce et serpille maintenant vaguement le tout. On y a passé plus d’une heure et je n’ai toujours pas accès à internet… Ef-fi-ca-ci-té…

On rentre enfin au bureau. F. a quelques trucs à finir alors je rentre à la maison me reposer. Quoi ? J’ai bossé au moins 6 heures d’affilée ! J’ai plus l’habitude moi ! F. rentre quelques heures plus tard avec N. le superlog. Le superlog, c’est le logisticien du desk. Le desk, c’est la cellule à Paris qui s’occupe de centraliser 3 ou 4 pays différents. Bref, le superlog est en visite en RDC et ce soir, il fait escale à Lubumbashi. Comme F. habite la guest house, c’est elle qui héberge tous ceux qui sont de passage. On dîne donc tous les 3 puis N. qui est fatigué va se coucher et je reste bavarder avec F. Ça ne fait que quelques jours qu’on se connaît mais le courant est vraiment bien passé. Je commençais tout juste à considérer Lubum comme ma nouvelle maison et il faut déjà repartir. En attendant, je profite de ma dernière nuit en pays civilisé. Demain c’est… rendez-vous en brousse inconnue !

San José

Si ce voyage m’aura appris quelque chose, c’est qu’il ne faut pas débarquer en pays étranger un dimanche. Le dimanche, c’est tout pourri. En particulier dans ces pays d’Amérique latine où le dimanche est vraiment le sacro-saint jour du Seigneur, où tout est fermé, et où les bus circulent comme si c’était un jour férié. En particulier si tu t’es choisi un hôtel bien loin du centre-ville et que ledit hôtel n’a même pas le wifi. Certes, t’as pas fait exprès mais moralité, tu te retrouves coincée. Du coup, tu te retrouves à reprendre tes bonnes vieilles habitudes du dimanche : tu glandouilles sur le canapé. Bon, c’est bien gentil 2 minutes mais rapidement, tu t’ennuies. Surtout quand t’as pas le wifi. Alors histoire de ne pas perdre plus de temps dans les jours à venir, je planifie la suite du voyage. Un peu de volcan, une bonne dose de plage, une ou deux balades à cheval, beaucoup de bons petits restos, quelques animaux à observer, à priori, ici, on ne devrait pas s’ennuyer.

Après donc une première journée plus que palpitante, il était temps de reprendre les choses en main. D’abord, changer d’hôtel. Et une fois mon paquetage déposé dans ma nouvelle maison, faire le tour de cette ville qu’on m’a dépeinte comme « pleine de drogués ». Pas très engageant dit comme ça mais j’ai bien l’intention de me faire ma propre opinion. Je pars donc arpenter les rues de cette ville parfaitement perpendiculaires les unes aux autres et sibyllinement nommées Avenida 1, 2, 3, etc… et Calle 1, 2, 3, etc… Comme qui dirait, j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça quelque part… Et moi, des drogués, j’en vois pas. Ou alors ils sont cachés. Par contre, je vois des galeries d’art, des petits restos un peu bobos où tu peux manger des toasts au saumon fumé et acheter des confitures (non merci, mon sac pèse déjà son pesant de confitures…) et des tas de gens qui donnent à bouffer à des pigeons idiots (sans leur donner des coups de pieds pour de faux). Bref, pas renversant mais tout de même plus folichon que Quito. Du coup, comme je me sens d’humeur généreuse (après tout ce saumon fumé, c’est bien normal), je vais même jusqu’à l’Alliance Française leur refourguer un Tour du Monde en 80 Jours qui est bien en train de le faire, le tour du monde, puisque je l’avais acheté à Cuenca.

En fin de journée, après avoir préparé la logistique des prochains jours en profitant d’une connexion internet enfin décente, je ressors de mon sac mes chaussures de randonnée.

Demain, direction San Gerardo de Rivas au sud du pays. Il est temps de reprendre les choses sérieuses.

Photos ici.

Finalement, Mumbai…

C’est pas si mal…

J’ai donc exploré cette immense cité un peu impressionnante à pieds malgré l’insistance des chauffeurs de taxi (oui parce qu’à Mumbai, y a pas de tuk-tuks en centre-ville, allez savoir pourquoi et non, ce n’est pas pour diminuer la pollution sonore…) et à l’heure où j’écris ces lignes, ils me le font payer (mes pieds). Genre sévèrement. Mais passons ! D’abord, c’est déjà la 3ème fois que je mets les pieds dans cette ville (décidément). Bon les 2 premières fois c’était juste en transit à l’aéroport mais quand même ! Je me permets donc d’asséner une bonne grosse généralité : à Mumbai, il fait toujours gris. Pas genre il va pleuvoir (quoique ça doit bien arriver entre juillet et septembre) mais plutôt genre c’est tellement pollué qu’on ne voit jamais le soleil et qu’on ne fait pas d’ombre sur les trottoirs. Déconcertant quand on vient de passer 1 mois sous un ciel bleu fluo sans voir un nuage… Mais rassurez-vous, il fait quand même 38°C…

J’ai donc démarré ma balade par le sud de la ville où se concentre le gros des activités économiques et culturelles et tous les jolis bâtiments néo-gothiques ex-coloniaux et tutti quanti qui bordent les grandes artères. Par moment, je me serais cru rue de Rivoli avec toutes les arcades le long de la rue ou boulevard Haussmann le long des grands magasins. Bon évidemment, la comparaison ne tient pas compte de l’état du trottoir, ce que je ne faisais pas une seconde puisque je marchais le nez en l’air et l’œil dans le viseur de l’appareil photo. Comme quoi je n’apprends pas grand-chose de mes erreurs : TOUJOURS GARDER UN ŒIL LÀ OÙ ON MET LES PIEDS !!! Parce que, bien sûr, ça n’a pas loupé, j’ai délicatement posé mon pied gauche dans une bouse… OK, ça porte chance mais là, c’est bon, j’ai de la chance pour les 3 000 ans à venir ! En plus c’est dingue, j’ai vu une seule vache en 2 jours (ou 2 mais franchement rien à voir avec la densité de population bovine citadine rencontrée jusqu’à maintenant !). Bref… j’ai donc arpenté la ville en long, en large et en travers et je suis même passée par Central Park (OK, c’est pas Central Park, c’est 100 fois plus petit mais même principe, les gens s’y retrouvent pour pique-niquer et faire du sport, jouer au cricket en l’occurrence).

Ah, j’ai oublié de vous dire qu’on est dimanche et qu’est-ce qu’on fait le dimanche ? On va au ciné et à la plage. Et oui ! Et puis on est quand même dans la capitale du cinéma indien ! Bollywood les gars ! Ce sont eux qui ont inventé les films qui durent 3 heures avec un script de 4 lignes et des acteurs qui dansent et qui chantent sans arrêt avec des chorégraphies dignes de la Star’Ac. Le tout avec un réalisme à toute épreuve. Bien sûr.

Je suis donc allée voir un film en hindi quoi s’appelle Student of The Year. Oui, je sais, ça laisse rêveur… Pour ceux qui connaissent (et je sais que vous êtes nombreux même si vous n’osez pas l’avouer), c’est dans le genre de Elle Est Trop Bien. Voui, voui, voui… L’histoire c’est donc : 2 copains de lycée qui sont amoureux de la même fille (mais y en a un qui-lui-a-pas-dit-et-qui-est-le-confident-du-couple-et-qui-souffre-en-silence, c’est bien plus dramatique) et qui se retrouvent à se battre pour gagner le titre de « Student of The Year ». On croit que ça va mal finir parce que celui-qui-souffre-en-silence finit par embrasser la fille et comme par hasard celui-qui-est-officiellement-le-boyfriend passait devant la porte à ce moment-là… MAIS… heureusement, ils se réconcilient à la fin parce qu’on ne laisse pas une histoire de filles séparer les meilleurs amis du monde. Si c’est pas bô… J’ai encore failli pleurer… Mais le plus drôle (à part les innombrables scènes de danse) c’est le nombre de gros plans sur les corps de ces 2 très très charmants acteurs (si, il faut le dire, ils sont tout à fait délicieux). Parce que comme le réalisateur ne peut pas faire de gros plans sur les filles (nan, c’est pas bien, bouh !), il se venge sur les mecs. Honnêtement, on se serait cru dans une pub Tahiti version testostérone.

Ou alors, le réalisateur était gay. Au choix !

Après ce divertissant intermède, j’ai repris ma balade et je suis allée à la plage. Quand je serai grande, j’habiterai dans une ville où il y a la plage, c’est trop la classe. Et Paris-plage ça compte pas.

Et comme LE truc à faire à Mumbai, c’est de manger une glace dans un café le long de la plage, je me suis pas laissée abattre. Alors accrochez-vous, voici le avant / après (comptez 12 minutes entre avant et après) :

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Avant…

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Après !

J’étais bien obligée de rentrer à pieds après ça… Je suis donc allée admirer le coucher de soleil sur le front de mer (… euh, correction : j’ai regardé le ciel gris s’assombrir progressivement…) et c’est là que je me suis perdue… NDLR : ne pas compter sur les cartes du Lonely Planet qui ne représentent que des micro-portions de quartiers et ne pas compter sur les autochtones qui ne connaissent pas les noms des rues même si c’est celui de la rue d’à-côté… D’où quelques kilomètres superflus en tongs (oui, ça se compte en kilomètres et non, je ne suis pas marseillaise, pas cette fois) et des orteils qui hurlent à la mort…

Le lendemain, direction Mahalaxmi Dhobi Ghat, the largest outdoor laundromat of the world ! Impressionnant : des centaines de blanchisseurs battent du linge en plein air. Il paraît que près de 80% du linge de la ville passe ici. Ensuite un petit tour dans une mosquée posée sur la mer (enfin « posée »… à marée haute, ils essaient de nous faire croire qu’elle est posée mais à marée basse, le petit chemin qui mène jusqu’à l’entrée ressemble plutôt à la Cour des Miracles (et kicéka pas de bras ? Et kicéka pas de jambe ? Et kicéka pas d’yeux ? Et kicéka aucun des trois ?) ! Et puis pour finir, encore une bonne balade le long de la mer d’Oman avant de monter dans le bus, direction Goa pour une bonne semaine de feignasserie sur la plage. 13 heures de bus quand même…

Oups, j’ai oublié de dire que j’ai relevé la 1ère manche du défi culinaire : manger un Mc Do caractéristique de chaque pays. Et un Mac Chicken Maharaja, un ! (Honnêtement ? C’est pas terrible…)

Moralité, Mumbai, c’est pas si horrible que ça. La misère, la pauvreté, je pensais me les prendre en pleine face puissance 1000 mais en fait, c’est pas pire qu’ailleurs. Les enfants qui essayent de te vendre des barrettes de cheveux multicolores sont peut-être un peu plus nombreux et un peu plus insistants qu’ailleurs mais rien qui m’ait renversé le cœur.

Mumbai, ça peut même être franchement sympathique le dimanche devant une bonne glace.

PS : En relisant ce dernier paragraphe, je me dis que je frôle le politiquement incorrect. Ce blog est tout à fait subjectif et ne tient compte exclusivement que de MON avis. Je sais que certains sont particulièrement impressionnés par ce qu’ils voient en Inde et je ne remets pas en question leur émotion. Je n’ai simplement pas été confrontée à des situations très choquantes jusqu’à maintenant.

Photos ici.

Un dimanche à Bangalore

Enfin seule !! 😉

Après 2 semaines avec F. & P., je les ai recollés dans l’avion direction Paris et me voilà, seule, un dimanche matin à Bangalore…

(Je rigole… c’était génial de commencer le voyage avec vous les chéris, la parfaite période d’adaptation, revenez quand vous voulez, vous me manquez déjà !)

Contrairement à la veille où la ville ne semblait être qu’un immense embouteillage, ce matin les rues sont plutôt désertes (enfin, j’me comprends, à l’indienne quoi !). Ma première mission est de trouver une boîte rouge (oui, ici, elles sont rouges) pour y mettre nos cartes postales. Mais apparemment, le dimanche, les tuk-tuk drivers sont au repos et les rares qui bossent ne connaissent pas la ville…

Pleine d’optimisme, je me dis que le Bengaluru Palace doit être ouvert même le dimanche et que ça vaut probablement le détour d’aller voir la résidence d’été des mahajaras de Mysore. Et comme ce matin il fait plutôt bon (30°C au bas mot), je décide d’y aller à pied. J’ai beau demander à des cow-boys qui font la circulation dans quelle direction se trouve le fameux Palace, personne n’est d’accord et je mets presqu’une heure à trouver l’entrée ! That’s India : quand tu poses une question à un Indien et qu’il ne sait pas répondre, plutôt que de te dire qu’il ne sait pas, il brode !

Ce qui est assez surprenant avec ces palais, c’est qu’ils sont assez récents et que même si ils ont conservé quelques tabourets en pieds d’éléphants et autres trônes couverts de feuilles d’or, un certain nombre de salles sont proposées en location pour des évènements privés. Ce matin, une trentaine de personnes s’affairait dans le hall du Bengaluru Palace pour réaliser la décoration d’un mariage pendant qu’un orchestre de musique indienne répétait dans le jardin.

Mais bon, un dimanche reste un dimanche et la majorité des boutiques sont fermées. L’occasion de m’offrir ma première après-midi de feignasserie avant le départ ce soir pour le Ladakh. A moi les nuits glaciales et les cols à 5000 mètres !

Photos ici.