AL, l’amie des bêtes…

Comment ça vous croyiez que j’aimais que les chats ? Mais pas du tout ! J’aime aussi les tigres, les lions, les panthères, les léopards…

Lundi matin, j’ai pris le bus pour Dalat en compagnie d’un couple de vieux retraités français ultra rigolo (70 ans chacun et ils voyagent toujours sacs au dos avec une patate qui fait plaisir !). Ils étaient déjà venus au Vietnam en 2004, ils avaient adoré et là, ils sont plutôt mitigés. Ils trouvent que le pays a beaucoup (trop ?) changé, que les gens ne sont plus aussi accueillants et que l’industrie du tourisme est en train d’accomplir son œuvre maléfique. Moi, je suis pas venue en 2004 mais j’avoue que j’ai du mal à tomber sous le charme. Je suis presque frustrée. C’est quasi mission impossible de « rencontrer » des Vietnamiens. Heureusement, il y a eu les quelques jours à Sapa ou le Easy Ride dans les montagnes du centre pour équilibrer tout ça mais c’est pas le coup de cœur attendu. Les paysages sont fabuleux, certes, mais il manque un petit je-ne-sais-quoi. Enfin, c’est pas une raison pour ne pas profiter de la dernière semaine donc…

Donc Dalat. Quoi donc est-elle venue y faire la p’tite dame ? Bah, en fait, en arrivant, je savais pas trop. Dalat, c’est une ville créée par les Français en 1912 sur les recommandations du docteur Yersin (celui-là même qui découvrit le bacille responsable de la peste qu’il baptisa donc modestement de son nom, Yersinia pestis…) après avoir poliment demandé aux montagnards autochtones de leur laisser la place. La ville se situe sur un plateau en altitude (1475m) où le climat est tempéré ce qui permet aux légumes de pousser et aux gens de survivre à la chaleur étouffante du sud du pays et les moustiques et les Russes ne connaissent pas encore la route. Bref, avec ses villas coloniales qui ressemblent à des chalets, son lac artificiel et son ciel bleu fluo, Dalat, on dirait la Suisse. Ici, les gens boivent du thé à l’artichaut, cultivent des fleurs et mangent des fraises confites. C’est plutôt sympa.

Sur les conseils avisés du patron du Thien An Hotel, je réserve un tour à moto (oui, encore…) dans les environs pour le lendemain et je pars explorer la ville.

D’abord, il y a le palais d’été de Bao Dai. Pour ceux qui n’ont pas suivi depuis Hué, Bao Dai c’était le dernier empereur du Vietnam, celui qui a régné jusqu’en 1945 et qui a ensuite laissé la place aux communistes. Avant que tout parte en cacahuète, il passait ses vacances à Dalat dans son palais d’été. Un palais, un palais… c’est un bien grand mot. OK, c’est une grande baraque (1000m²) mais c’est pas non plus Versailles. On y apprend que Bao Dai y a vécu d’abord avec sa femme, l’impératrice Nam Phuong, et ses 5 enfants, puis, quand sa femme a senti le vent tourner, elle a pris ses 5 enfants sous le bras et est partie en France. Bao Dai ne s’est pas démonté, il a alors vécu là avec une de ses concubines. Puis quand ça s’est mis à vraiment sentir le roussi, il est lui aussi parti en France où il a fini ses jours à Paris (en 1997) avec une autre femme, une Française ce coup-ci. Le palais a bien servi un temps au président du Vietnam-sud (avant qu’on l’exécute) et depuis, il est conservé en l’état et faut mettre des petites chaussettes grises pour entrer.

Après ça, je suis passée devant la cathédrale (je sais pas pourquoi ils appellent ça une cathédrale, une église ça suffirait) qui était fermée alors, comme j’étais à côté, je suis allée au Dalat Palace, le seul hôtel 5 étoiles du Vietnam, pour déguster un mille-feuilles aux fraises et un thé à l’artichaut sur la terrasse qui surplombe le lac… Des fois, je voyage dans des conditions à la limite du supportable vous savez…

Le lendemain matin, au petit déj, je fais la connaissance de 2 Australiennes, une mère et sa fille (qui m’invitent à venir faire du camping sur la plage quand je serai dans le coin : les Australiens, en voilà des gens qui sont accueillants !!) qui font aussi le tour à moto et on décide de passer la journée ensemble. Ca durera 5 minutes puisqu’une de leurs motos tombe en panne et qu’elles s’arrêteront près d’une heure pour réparer. Mais c’est pas grave, je discute avec mon guide-driver du jour, Humn (si, c’est vraiment son nom, il me l’a épelé), qui a étudié un peu de français à l’école et qui claironne à tue-tête « Aline » (oui, pour qu’elle revienne) tout le long du chemin. Je connais pas le ministre de l’Education Nationale vietnamien mais ça m’étonnerait que ça soit au programme… Enfin, je vous laisse imaginer ce que j’ai dans la tête depuis !

On visite plein de coins sympas, des serres de fleurs, une fabrique de soie (où tu peux goûter une larve grillée, il paraît que ça a le goût de noix… euh, non merci !), une plantation de café (où j’apprends qu’ici, un des meilleurs cafés est fait à partir des graines préalablement passées à travers le tube digestif de furets… oh bah oui, je vais bien goûter une tasse !), des chutes d’eau où tu peux passer dessous, une pagode avec un immense Happy Bouddha qui va me faire faire des cauchemars, une ferme de criquets (et c’est pour quoi faire ? les manger ? ah oui ? comme c’est intéressant…), un village habité par les montagnards susmentionnés qui ne parlent pas vietnamien puisqu’ils ont leur propre dialecte mais où j’ai eu une conversation en français avec 2 vieux papis (colonisation oblige…), une maison folle créée par une architecte vietnamienne ayant eu son diplôme à Moscou et ayant clairement abusé des psychotropes trop regardé Alice au Pays des Merveilles et la vieille gare ferroviaire construite par les Français et qui serait une réplique de celle de Deauville.

Et là, MESDAMES ET MESSIEURS… SCOOP-BUZZ-INCROYABLE-MAIS-VRAI… j’ai mangé un criquet !!! On a même pas atteint les 140 583 visiteurs sur ce blog, je me vois donc dans l’obligation de donner de ma personne pour faire augmenter l’audimat… Preuve à l’appui :

Je vous le dis tout net, même si ça n’avait aucun goût parce que c’était complètement grillé et que j’ai choisi le plus petit de toute l’assiette, je ne suis pas prête de recommencer l’expérience ! Vers 16h, j’ai retrouvé une petite patte coincée entre ma canine et ma pré-molaire…

Comme c’était la journée où je communiquais avec la nature, un singe m’a sauté sur la tête dans le village des montagnards et a tenté de m’arracher un scalp… Rassurez-vous, j’ai survécu, j’ai juste été un peu surprise quand, en passant sous un arbre, j’ai entendu les gens autour de moi commencer à crier au moment où, 2 kilos au bout desquels se crispaient 2 petites mains ont délicatement atterri sur mon crâne. L’endroit ne devait pas être très confortable, Abou est très vite reparti sur son arbre laissant mon brushing dans un état plus que pitoyable… Ca a fait beaucoup rire Humn. Il était rigolo ce Humn. Il trouvait que les Français, ils avaient plutôt apporté de bonnes choses au Vietnam : l’alphabet romain, les hôpitaux, les écoles, la culture des légumes ici à Dalat… bref, il trouvait que la colonisation, c’était plutôt sympa, il regrettait presque. Et puis, on a quand même de sacrés bons chanteurs…

Bon, comme je ne veux pas prolonger mon contact avec les animaux trop longtemps, ce soir je reprends le bus, direction Saigon (qu’il ne faut plus appeler Saigon mais Ho Chi Minh Ville même si tous les Vietnamiens disent Saigon), dernière étape du périple vietnamien avant le delta du Mékong et la frontière cambodgienne.

Photos ici.

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