Y a des fois…

… faut savoir se taire.

En me relisant, je me suis aperçue que je vous parle fréquemment de mes fessiers endoloris. Tâchons de remédier à ça. Je pourrais donc vous parler de mes pieds (dieu sait que nombres d’entre vous sont fascinés…) mais aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler des fesses d’une Autre. Qui ont eu drôlement chaud.

Ce matin, je suis donc partie en mission « allons au Laos ». Le minibus devait passer me prendre à 7h. Bon, il est arrivé à 7h30 (jusque là, tout va bien, so far, so good…). Blindé. Archi blindé. Le coffre était déjà plein (ça fermait pas  et les bagages étaient ficelés, sur-ficelés les uns aux autres, de vrais saucissons) et sans parler des sièges déjà occupés par plus de gens que ne l’a jamais imaginé l’ingénieur Renault. Mais rien n’arrête le chauffeur cambodgien. Un autre paquet de nœuds plus tard et après avoir forcé les gens à jouer à Tetris un peu mieux, je grimpe dans le minibus. Direction Stung Treng, 1ère étape du marathon « allons au Laos ».

Je me retrouve compactée entre un Allemand et un Américain, le cul entre 2 sièges (c’est vraiment le cas de le dire mais zut ! on avait dit qu’on n’en parlait plus !), évidemment pas à la même hauteur (les 2 sièges), un de mes sacs sur les genoux et agrippée au siège de devant pour pas m’étaler lamentablement au premier virage. Après moi, on arrive encore à encastrer 2 passagères supplémentaires et c’est parti pour 3 heures (2 sur le papier mais ça, vous vous en doutiez) !

Arrivé à Stung Treng, tout le monde descend, on démonte la pyramide de sacs (on s’est arrêtés 2 fois pour vérifier que tout était bien accroché, quand même !), ceux qui vont au Laos restent au bord de la route à attendre le bus suivant et ceux qui vont à Stung Treng remontent dans le minibus pour finir leur course 2kms plus loin. Là, on poireaute une bonne heure. On est censés attendre un vrai bus qui n’arrivera bizarrement jamais. En attendant, le GO du premier bus nous demande de remplir les papiers pour la demande de visa laotien et de lui filer 39$ et nos passeports. 39$ =35$ pour le visa + 2$ pour le tampon de sortie cambodgien + 2$ pour le tampon d’entrée laotien. Il t’explique que t’es pas obligé de payer pour le tampon mais que sans tampon, tu passeras pas la frontière… d’après moi, ça veut dire que t’es obligé et ça s’appelle de la corruption mais lui, il voit pas les choses de la même façon…

Bref, c’est là qu’entre en scène l’Autre. L’Autre est suisse (mais ça, on ne l’apprendra que plus tard). Elle clame à la ronde que c’est pas normal et qu’on devrait pas filer nos passeports à un inconnu (dans l’absolu, elle est pas complètement dans le faux). Elle rajoute que elle, elle s’en fout, elle a déjà un visa pour le Laos donc elle va pas filer son passeport à Paulo (l’histoire ne dit pas quel est le véritable prénom de Paulo). Bref, elle dit qu’elle a pas un bon feeling, que ça se voit que Paulo est un Cambodgien et qu’il essaye de faire son business avec nos visas mais qu’au Laos, les gens sont bien plus gentils et qu’elle compte pas se laisser avoir.

En attendant, nous (les autres couillons qui veulent aller au Laos et votre serviteuse ici présente), on file nos passeports et nos dollars à Paulo. Un autre minibus arrive, on charge la bête et tout le monde monte dedans, direction la frontière. En route, Paulo nous file des contremarques pour le minibus qui va nous amener de la frontière à Ban Nakasong, joli port de pêche point de départ des barques pour les 4000 îles (rappelez-vous, c’est là qu’on va). En échange des contremarques, Paulo, il veut qu’on lui file nos billets émis par nos guest houses respectives parce que ça lui permettra de se faire payer (oui, parce que nous, on a payé les guest houses). Là, l’Autre, elle refuse tout net. Elle prend la contremarque mais elle refuse de filer son billet à Paulo. Elle lui dit qu’elle lui fait pas confiance et qu’elle attend d’être côté laotien pour lui donner son billet. Là, Paulo, il voit rouge. Il commence par lui dire que si elle veut pas lui faire confiance, faut pas passer par ses services. L’Autre, elle répond qu’elle a pas eu le choix, qu’elle a été obligée de passer par une compagnie de bus mais qu’elle aurait préféré se débrouiller toute seule et qu’elle pense que Paulo essaye de nous arnaquer. Paulo passe alors au rouge foncé. Il lui dit que puisque c’est comme ça, elle n’aura pas de transfert de l’autre côté de la frontière et qu’il est sérieux. Et je vous jure, il était sérieux.

D’abord, à la frontière, pendant qu’on patiente à l’état semi-comateux (il fait au moins 50°C) que Paulo nous rapporte nos passeports, l’Autre, elle est obligée d’aller faire la queue en plein soleil pour faire tamponner son passeport. Ça prend un temps infini en plus parce qu’apparemment, des passeports suisses, il en passe pas tous les jours, et ça amuse fortement les douaniers.

Une fois nos passeports en poche (youpi ! encore 2 nouveaux tampons et 1 page entière de visa !), Paulo nous abandonne et on monte dans un autre minibus. Et là, c’est le début du psychodrame. Le chauffeur (qu’on va appeler Octave) nous explique qu’il est payé pour emmener 8 personnes et qu’on est 9 donc il ne veut pas partir. Nous, on répond en cœur que tout le monde a payé (même l’Autre) et que Paulo a dû se tromper mais qu’on va tous à Ban Nakasong. Là, Octave, il coupe le contact (et donc la clim), il sort du minibus et il va s’asseoir 10 mètres plus loin, le temps que l’Autre se décide à sortir du bus (il a clairement identifié la personne qu’il n’est pas censé emmener). Sans clim, on tient pas 3 minutes (Octave le sait) alors on dit à l’Autre qu’elle ferait bien d’aller filer 5$ à Octave histoire de calmer le jeu. Après quelques minutes d’hésitation, elle accepte. Elle sort du bus et elle se dirige vers Octave. On n’entend pas ce qu’ils se disent mais on comprend vite qu’au lieu d’arranger les choses, elle est en train de nous énerver Octave encore un peu plus. Du coup, Travis (lui, c’est son vrai prénom) intervient. Il revient 2 minutes après (on est cuits à point) suivi d’Octave (toujours très énervé) et de l’Autre (toujours avec son air hautain). Octave nous explique que même pour 1000$, il l’emmènera pas à Ban Nakasong parce qu’il a été payé pour 8 personnes, pas pour 9. C’est le moment où on est à 2 doigts d’admirer l’intégrité d’Octave. Sauf que là, ça devient ridicule et la pression monte dans la cocotte-minute. D’autant plus que 3 Allemands en rade à la frontière demandent alors à Octave s’il peut les déposer à Ban Nakasong et qu’Octave, sans même prendre le temps de réfléchir, accepte, charge leurs sacs sur le toit et les tasse sur les banquettes. Sauf qu’il veut toujours pas partir avec l’Autre à bord. Sa nouvelle excuse c’est de nous expliquer que dans son minibus, y a 11 places et qu’il n’est pas assuré pour 12. Là, c’est la goutte d’eau, on éclate de rire. Depuis le matin, on est entassés mieux que des sardines dans une boîte entre des sacs, des casseroles et des poulets, le coffre ouvert et les sacs menaçant de se vider sur la route et lui, il vient nous parler de nombre maximum de personnes autorisées ? C’est un rigolo en fait, Octave.

Sauf que lui, il voit pas ce qu’il y a de drôle. D’autant plus que l’Autre, elle commence à lui chanter le couplet de « Mais je suis la cliente et j’ai payé pour le trajet complet donc je vois pas où est le problème ». Bref, le ton monte, Travis intervient à nouveau et Octave finit par remonter dans la voiture, en claquant bien fort la portière pour nous faire comprendre qu’il est bien énervé mais on finit par quitter la frontière. Comme il est vraiment très énervé Octave, il roule à 110kms/h sur la piste à peine goudronnée, la main enfoncée sur le klaxon en continu. Mais on arrive à bon port.

Là, on est censés prendre un bateau. Pas tous le même. Certains vont à Don Det, d’autres à Don Khon (votre serviteuse, entre autre) et l’Autre va à Don Khong (oui, la différence est subtile, surtout prononcé à la laotienne). Evidemment, Paulo a transmis le message à son pote Marcel, celui qui gère les bateaux. Au moment de filer son ticket à l’Autre, Marcel lui explique que tous les bateaux pour Don Khong sont partis et qu’elle est coincée là jusqu’au lendemain. Mais l’Autre, au lieu de demander humblement combien il faut qu’elle racke pour pouvoir aller là où elle veut, elle en remet une couche ! « Ouiiiiii, j’ai payé, je comprends pas c’est quoi votre problème, vous essayez de m’arnaquer, blablabla… »

Y a rien de pire qu’un Asiatique qui croit qu’on essaye de lui faire perdre la face (question de culture). Au lieu d’être conciliant, il se braque et refuse toute négociation. Pire, il tourne les talons et il s’en va. Et c’est bien ce qui arrive. Du coup, l’Autre, elle se retrouve sans ticket de bateau. Mais comme elle ne veut pas perdre la face devant nous (ça, c’est plutôt une question d’ego mal placé), elle continue à chouiner et elle essaye de nous apitoyer sur son sort. Pas de bol, on n’en peut plus de ses scandales à répétition donc on la laisse bouder et elle finit par aller jusqu’à l’embarcadère pour essayer de se trouver un bateau toute seule. Quelques minutes plus tard, on se dirige tous vers l’embarcadère et au moment de partir, on réalise qu’on ne la voit plus. On en déduit qu’elle a dû arriver à ses fins et trouver un bateau pour Don Khong. On laisse donc aller nos langues de vipères (ce qui est sûrement une des choses qui permet aux gens de lier connaissance un peu partout dans le monde… autant dire que j’ai plein d’amis) et on se marre comme des baleines en se disant que quand même, Paulo, il est pas sympa d’avoir appelé tous ses potes pour lui pourrir son après-midi même si elle l’a bien mérité.

Là-dessus, votre serviteuse arrive à Don Khon, se vautre sur la plage en descendant descend élégamment de sa barque, récupère ses sacs, se met en quête d’une douche (oui, le toit, à ce moment-là, c’est vraiment accessoire) et s’installe dans un petit bungalow en bambou à 50 000 KIP la nuit (à peu près 5€ pour ceux qui ne sauraient pas ce que c’est qu’un KIP). Après m’être un peu rafraîchie, je ressors acheter de quoi paresser dans mon hamac le reste de l’après-midi et devinez un peu sur qui je tombe ? … Et bah oui ! l’Autre ! Son capitaine de barquasse n’a jamais compris qu’elle voulait aller à Don Khong et l’a donc amenée à Don Khon (je vous avais dit que c’était subtil !). Et comble de la mauvaise foi, elle me dit que finalement, elle est ravie parce qu’ici, « c’est très joli » !

Bon, sur ce dernier point, elle a raison, la preuve ici.

Mais quand même, heureusement que j’en connais d’autres (des Suisses) parce que sinon je me demanderais encore comment ils ont fait pour rester neutres avec des gens aussi hargneux et moches par-dessus le marché (mais ça, c’est pas fair-play).

Sabaidi Lav !

Ou si vous préférez : ສະບາຍດີລາວ !
… mouais !
Quelque chose me dit que vous ne préférez pas.
Bon, alors,
nouveau pays, nouveaux tampons sur mon passeport, nouvelle monnaie, nouvelle langue, nouvel alphabet, nouvelles spécialités culinaires… bref, la plus grande difficulté à changer de pays tout le temps c’est de se rappeler chaque matin où on se réveille.
Mais avant d’entamer le périple laotien, j’aimerais savoir qui connaît quelque chose (n’importe quoi, même un tout petit bout de quoi que ce soit) sur ce pays ? …
C’est bien ce qu’il me semblait. Personne. Même pas moi. Alors on va commencer par le commencement. D’abord, le Laos, c’est où ? Et bah c’est là.
Le Mékong, qui y serpente sur 1865kms, sert de frontière naturelle sur une grande partie ouest du pays. Autour du Laos il y a la Chine, le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande et le Myanmar. Vu le passé chargé des voisins, on peut se dire que le Laos n’a pas dû être épargné au cours des derniers siècles… Et on a raison !
Bon, là, j’espère que vous êtes concentrés parce que j’ai essayé de faire court mais c’est pas
simple…
Comme un peu partout en Asie du sud-est, le Laos était autrefois composé de plusieurs petits royaumes indépendants (au nord, au centre et au sud pour faire simple) qui essayaient de prendre l’avantage à tour de rôle. Parfois, ces petits rois étaient tellement occupés à jouer à qui pisse le plus loin s’entretuer que les voisins en profitaient pour débouler avec une grosse armée et calmer tout le monde. Le premier grand roi du Laos fut Fa Ngun (et non, pas Atchoum), armé par les Khmers pour reconquérir le pays alors aux mains des Thaïs. Il nomma son empire Lan Xang Hom Khao, ce qui signifie « un million d’éléphants et le parasol blanc ». Le million d’éléphants, on voit bien (il y avait vraiment beaucoup d’éléphants au Laos à cette époque) mais le parasol blanc… j’ai du mal à croire qu’il n’y en ait eu qu’un. Quoi qu’il en soit, le Laos est encore appelé aujourd’hui « le pays du million d’éléphants » même si, en vérité, il en reste à peine 2 000. Ce qui est bien mais pas top.
Mais reprenons le fil de l’Histoire… En 1867 (oui, l’Histoire va vite), les premiers membres
de l’expédition française du Mékong arrivent à Luang Prabang, à l’époque la capitale du royaume et la plus grande ville en amont de Phnom Penh (ah non, hein ! Faites pas semblant de pas savoir où se trouve Phnom Penh, on en vient !). Pendant les 20 années qui suivent, la cité est au cœur d’une lutte qui oppose les Siamois, les Français et des bandes de brigands chinois. En 1887, le roi prend la fuite en compagnie d’un explorateur français qui lui offre alors la protection de la France. Le roi accepte, les Français partent braquer leurs canons sur Bangkok et hop ! en 1893, les Siamois rendent aux Français tous
les territoires à l’est du Mékong (qu’ils avaient gaillardement annexés) et c’est ainsi que le Laos devint une colonie française et intégra l’Indochine. Dans l’esprit des autorités françaises, les territoires laotiens devaient servir de tremplins pour la poursuite de l’expansion coloniale et l’absorption du nord-ouest de l’actuelle Thaïlande (bah voyons… et pourquoi pas maîtres de l’Univers tant qu’on y est ?). Du coup, les Français déplacent la capitale à Vientiane et en 1907, un traité international fixe les frontières actuelles du Laos.
Le pays demeurait toutefois un coin perdu et une charge dans le budget de l’Indochine malgré les projets coloniaux d’exploitation. Dans l’entre-deux guerres, la
France mena notamment un projet qui visait à construire une voie ferrée à travers les montagnes qui séparent le Laos et le Vietnam afin de relier les villes laotiennes à la côte vietnamienne. L’idée était d’encourager la migration de paysans vietnamiens pour remplacer les laotiens jugés indolents par les colons. « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l’écoutent », joli slogan de l’époque. La crise de 1929 mit un terme au projet. Pourtant, dans toutes les villes à l’exception de Luang Prabang, les Vietnamiens étaient plus nombreux que les Laotiens car ils tenaient les postes administratifs que les Français ne voulaient pas.
C’était donc le moment pour que le mouvement nationaliste commence à se développer au Laos. Les élites locales étaient rassurées par la présence française même si elles désapprouvaient la trop forte présence vietnamienne. Le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale fragilisa la position de la France en Indochine. Un nouveau gouvernement farouchement nationaliste à Bangkok nomma le Siam Thaïlande et profita de l’affaiblissement de la France pour reprendre les territoires « perdus » 50 ans auparavant et les terres à l’ouest du Mékong repassèrent aux mains des Thaïs.
Pour contrer la propagande expansionniste de Bangkok, les Français encouragèrent le nationalisme laotien. On est alors en 1942 et comme le gouvernement de Vichy collabore avec les Allemands, l’administration de l’Indochine est encore contrôlée par la France malgré l’occupation japonaise. Mais dès le début de 1945, les Japonais sentent que la France est en train de retourner sa veste alors ils décident de frapper un grand coup et arrêtent tous les militaires et fonctionnaires français de l’Indochine. Quelques-uns arrivent à s’échapper dans la jungle et organisent alors la résistance laotienne. Les Japonais contraignent alors le roi du Laos à proclamer l’indépendance. Lors de la capitulation du Japon, un mouvement nationaliste, le Lao Issara, forme un gouvernement provisoire. Mais rien ne dure… le roi revient sur la déclaration d’indépendance et les Français reviennent en force, exilant fissa le gouvernement du Lao Issara. Les Vietnamiens présents en grand nombre repartent également et les Laotiens reviennent progressivement dans les villes. Quelque temps après, la Thaïlande rendit les territoires de la rive ouest du Mékong.
En 1949, laFrance octroie une indépendance partielle au Laos dans le cadre de la Fédération Indochinoise. Certains dirigeants du Lao Issara reviennent alors pour œuvrer à l’indépendance totale dans un cadre légal. Les autres choisirent de se joindre aux Viêt-Minhs (Hô Chi Minh et les vietnamiens communistes qui essayaient d’obtenir l’indépendance) et de poursuivre la lutte anticoloniale. Ceux-là formèrent un mouvement appelé Pathet Lao qui forma alors un gouvernement de résistance. Le prince Souphanouvong (bah oui, tout ça, c’était quand même aux mains de la famille royale… pfff, on n’y comprend plus rien) créa une alliance entre le Lao Issara et le Viêt-Minh et devint président du Front du Laos Libre, qui succédait au Lao Issara dissous. En 1953, un traité d’amitié franco-laotien accorde l’indépendance totale au Laos. Pendant ce temps, approvisionné en armes chinoises, le Viêt-Minh élargissait la guerre et les Français étaient sur la défensive. En 1953, le Viêt-Minh marcha sur Luang Prabang mais se replia devant l’arrivée de renforts français. Craignant une nouvelle incursion au Laos, les Français établirent une base importante dans la vallée de Dien Bien Phu (tiens, tiens… mais il me semble qu’on en a déjà parlé quelque part, non ?), tout ça se termina très mal et le 8 mai 1954 s’ouvrait la conférence de Genève mettant un terme à la guerre. Deux zones furent cependant octroyées aux forces du Pathet Lao (qui soutenait le Viêt-Minh, rappelez-vous). Le mouvement put alors y conforter son organisation et commença à négocier avec le gouvernement royal lao la réintégration de ces 2 provinces dans un état unifié.
La réunification du pays était une priorité majeure pour le gouvernement royal lao. Le Pathet Lao, isolé dans des bases reculées, dépendait entièrement des Nord-vietnamiens qui eux, était plutôt préoccupés par la réunification du Vietnam (oui, parce qu’à ce moment-là, le Vietnam était coupé en deux). Et le gouvernement royal lao dépendait de plus en plus des Etats-Unis qui avaient rapidement supplanté la France comme principal bailleur de fonds. Pour les Laotiens, la seule voie réaliste était celle de la neutralité et la seule manière de restaurer l’unité nationale passait par l’intégration du Pathet Lao dans un gouvernement de coalition, ce qui fut fait en 1957. Les Etats-Unis suspendirent leurs aides à la suite de la nomination de ministres du Pathet Lao (bah oui, ils étaient communistes quand même et le Laos connut alors une grave crise politique et financière. Fin du premier gouvernement de coalition, remplacé aussi sec et avec l’aide des Etats-Unis par un gouvernement de droite qui abandonna la politique de neutralité. L’intégration dans l’armée des unités du Pathet Lao échoua et la guerre civile reprit.
En 1960, un modeste officier qui en avait marre de tuer ses compatriotes s’empara du pouvoir à Vientiane alors que la quasi-totalité du gouvernement était à Luang Prabang pour les obsèques du roi. Il annonça au monde que le Laos revenait à une politique de neutralité et exigea le retour du premier ministre du gouvernement de coalition. Un général de l’armée refusa de participer à ce nouveau gouvernement et partit dans le centre du pays organiser l’opposition, soutenu par la CIA et le gouvernement thaïlandais qui lui fournissait argent et armes. Pendant ce temps, le gouvernement neutraliste recevait des armes de l’Union Soviétique via le Vietnam. De vastes secteurs du pays tombèrent alors aux mains des communistes et les Etats-Unis envoyèrent des soldats en Thaïlande pour empêcher toute tentative de traversée du Mékong par les forces communistes. Il semblait alors que l’intervention américaine aurait plutôt lieu au Laos. Mais finalement, les Etats-Unis firent volte-face et soutinrent la neutralité du Laos. Une nouvelle conférence fut organisée à Genève en 1962 et un nouveau gouvernement de coalition fut établi avec une majorité pour les neutralistes.
Pour autant, dans le centre du pays, chaque camp continuait à approvisionner son allié en armes. Les Nord-vietnamiens prirent bientôt position dans la plaine des Jarres et en 1964, les Etats-Unis entamèrent leurs offensives aériennes en bombardant les positions communistes. Puis, à mesure qu’augmentaient les infiltrations communistes par la piste Hô Chi Minh, ils étendirent leurs pilonnages d’un bout à l’autre du pays. Sur place, le Pathet Lao se battait pour les Viêt-congs et l’armée royale pour les Etats-Unis. Les combattants des 2 camps étaient totalement financés par leurs soutiens extérieurs et cette guerre par procuration dura jusqu’en 1973. En 1974, le cessez-le-feu au Vietnam mit un terme aux combats au Laos et permit la formation d’un troisième gouvernement de coalition mais cette fois ci, avec un seul neutraliste. En 1975, après la chute de Phnom Penh puis de Saigon, le Pathet Lao (les communistes, hein, vous suivez toujours ?) mit la pression et finit par prendre le pouvoir lorsque le premier ministre accepta de coopérer pour éviter un nouveau bain de sang. Le nouveau régime mit fin à la monarchie et instaura la République démocratique populaire lao. Le Parti s’employa alors à restreindre la liberté d’expression et de réunion et organisa des séminaires pour que la population assimile sa
nouvelle vision du monde. Toutes les élites fuirent le pays, direction la Thaïlande. L’économie du pays s’effondra alors puisqu’elle dépendait uniquement de l’aide américaine qui s’arrêta immédiatement. Malgré un soutien certain de l’URSS et de tout le bloc communiste, le Laos ne s’en sortait pas. Dès 1979, il fallut opérer de nouvelles réformes et la propriété ainsi que les entreprises privées furent rétablies. Cependant, ça n’était pas suffisant et en 1986, le Laos se mit à suivre l’exemple chinois : ouvrir l’économie aux mécanismes du marché et le pays à l’aide étrangère et aux investissements occidentaux mais tout en conservant le strict monopole du pouvoir politique. Le début des années 90 s’annonça alors comme une période de faste économique avec l’afflux de capitaux étrangers notamment de Bangkok. Mais la crise asiatique de la fin de ces mêmes années et l’effondrement de la monnaie provoqua de fortes tensions dans la population qui furent réprimées violemment. Le régime, redoutant l’effet de ces incidents sur l’économie touristique naissante, mit un tour de vis sécuritaire.
Depuis 2000, le montant des investissements chinois au Laos ne cessent d’augmenter, devenant une importante source de recettes pour l’état. Cependant, la majorité de ces richesses atterrissent dans les poches des cadres du Parti et la corruption est présente à tous les niveaux, au grand mécontentement des Laotiens. Cependant, l’opposition reste quasi inexistante et le Parti ne voit guère son autorité remise en question (et pourtant, ils ne censurent pas Facebook).
Et maintenant ? Et bah, le Laos continue d’exploiter ses ressources et réalise de nouveaux investissements hydroélectriques et miniers. Le tourisme se développe et Luang Prabang a été classée au 1995 au patrimoine mondial de l’Unesco (quoi ? pas de « merveille du monde » au Laos ? je repars…). Et le fossé ne cesse de s’élargir entre Laotiens des villes et Laotiens des champs qui ne voient jamais la couleur des promesses faites par le gouvernement et qui ont des structures de soin et d’éducation désastreuses… Bref, c’est pas la fête politico-économiquement parlant mais il paraît que ça vaut le coup d’œil et que
les gens sont d’une gentillesse inégalée. Alors… entrons !

Kratie

Bon. Bah dans la vie, des fois, tout ne se passe pas exactement comme on l’avait prévu, hein !

Arrivée à Kratie, je me suis rendue au CRD (Cambodia Rural Development) qui est censé t’aider à organiser des séjours en homestay et accessoirement t’expliquer comment t’y rendre tout en parcourant le « sentier de découverte du Mékong ». Censé. Parce qu’en fait, ils ont pas trop envie de bosser là-dedans. Déjà, ils t’expliquent que comme tu es toute seule, ça va te coûter un bras et une jambe. Comme tu es curieuse, tu pousses un peu et tu leur demandes quel est le cours actuel de chacun de ces membres. Bon, là, le gars, il réfléchit. Il se demande où il peut mettre la barre pour que tu lâches l’affaire rapidement. Alors très convaincu, il te balance « 100$ pour le transport et 20$ la nuit en homestay ! ». 20$ la nuit, OK, passe encore si y a une piscine et un jacuzzi et un masseur. Mais 100$ le transport !!! Il a fumé un « happy » tuk-tuk ou quoi ? Bah oui mais Madame, la jeep faut la ramener après, donc faut payer l’aller et le retour. Bon, là, il t’explique que si tu veux moins cher, tu peux aussi louer un vélo… C’est c’làààà oui ! Les vélos asiatiques n’ont pas de freins (une spécialité du coin), et le gars, il croit que toi et tes 25kgs de sacs vous allez aller pédaler sur plus de 200 bornes en 3 jours… Mais bien sûr ! Et la marmotte…

Bref, tu comprends vite que ton super plan tombe à l’eau. Mais tu ne t’avoues pas vaincue ! Tu lui demandes quand même si y a pas des trucs sympas à faire sur une journée. Ah bah là oui ! Vu qu’il aura rien besoin de faire, là, il te sort des tas d’itinéraires à pied, à vélo, bref, tu vas quand même pouvoir t’occuper.

Alors pour commencer (et vu qu’il est déjà 16h…), tu décides d’aller visiter Koh Trong (ça y est, toutes les îles s’appellent déjà Koh kekchoz, on se croirait en Thaïlande). Alors tu prends le ferry (enfin, la barge), tu files 2$ à la fille qui surveille les bicyclettes et hop là ! tu te mets à pédaler joyeusement… les 50 premiers mètres. Parce qu’au bout de 50 mètres, une certaine partie de toi te rappelle douloureusement que t’as déjà fait du vélo la veille et qu’en plus de pas avoir de freins, ces satanés tas de ferraille n’ont pas non plus de ressorts (ou de trucs qui pourraient jouer le rôle d’amortisseurs…) et que tu ne roules pas sur une belle route bien bitumée mais sur des pistes en terre pleines de nids de poule. J’ai beau être matinale… j’ai fort mal.

Mais qu’importe ! Tu n’es pas une chochotte, tu ne vas pas te laisser abattre par 2 fessiers endoloris ! Alors tu pédales, le nez au vent et t’essayes de ne pas te vautrer élégamment pendant que tu fais coucou à tous les enfants qui te courent après en criant « Hello ! Hello ! ». Pour un peu, tu te prendrais pour la British Queen. (M’étonnerais que la British Queen s’use la santé à vélo en suant à grosses gouttes mais bon…)

La dernière traversée de la barge étant à 17h30 (s’agirait de pas la louper quand même !), tu rends ta monture à la fille qui a déjà fermé la boutique et tu assistes à un magnifique coucher de soleil orange fluo derrière Koh Trong tout en sirotant un p’tit jus de citron pressé… Ha ! Des fois, j’te jure, c’est pas facile cette vie…

Le lendemain matin, t’as oublié que tu peux plus vraiment t’asseoir t’as décidé de te la jouer warrior ultra. Tu reloues un vélo (bah oui) et tu pars pour une boucle de 50kms. 50kms. 50. Oui, oui. Bon, à l’hôtel, le gars t’a dit de prendre un mountain bike dans la cour. Alors t’as choisi le plus beau. T’as testé les freins et t’as bien réglé la selle. Et tu pars. Fière. Et en plus, t’as même pas mal. Enfin presque. Tu suis donc d’abord la rive est du Mékong. C’est joli, le fleuve est tellement large qu’on dirait la mer, tout le long il y a des maisons sur pilotis et y a plein de petits îlots qui affleurent (normal, on est en saison sèche, le niveau de l’eau est au plus bas). Au fur et à mesure de la matinée, les perles de sueur qui apparaissaient délicatement dans ta nuque se transforment en rivière qui dévale le long de ta colonne vertébrale. T’as beau faire des pauses tous les quarts d’heure, l’ombre se raréfie (tiens donc ? mais comment cela se fait-il ?) et tu te demandes qui a allumé les radiateurs. Tu pédales plus le long du Mékong, tu pédales dans un four. Heureusement, tu sais que pas très loin, il y a la barge qui va te transporter sur la rive ouest et que tu vas pouvoir te rafraîchir sur l’eau. Hum, hum… Déjà, tu loupes 2 fois « l’embarcadère »… Faut dire qu’en fait, y en a pas. Y a juste une bande de sable sur laquelle la barge s’échoue, on descend une planche pour que les motos puissent monter, on charge tout ce qui est humainement possible de charger et voilà. Et puis, dans le coin, ça parle pas vraiment anglais (et mon niveau de khmer est plus que lamentable) alors autant vous dire que pour demander son chemin, c’est tout un poème. Mais bon, j’arrive quand même à monter à bord. Autant vous dire que je suis l’attraction du siècle. Une touriste ? A vélo ? Sans moteur son vélo ? Et avec des vrais freins et même des boutons pour passer les vitesses ? Et en plein cagnard ? Complètement dingue… Y a même un monsieur qui m’offre des légumes (un truc qui ressemble à un navet mais tout blanc et qui se mange cru après avoir pelé la première couche pleine de terre). Ça les fait hurler de rire de voir que je ne sais pas comment on épluche ce truc alors tout le monde me montre comment faire, on rigole, tout le monde regarde si je ne vais pas tout cracher par-dessus bord mais non, je sais me tenir et puis, c’est plein d’eau (ça, j’en ai bien besoin) et ça n’a pas vraiment de goût en fait.

Après ce petit intermède divertissant, je repars dans l’autre sens. Là, la route goudronnée a fait place à une piste en terre et j’ai beau faire semblant de ne rien entendre depuis ce matin, mes fesses commencent à me maudire d’avoir choisi la boucle de 50kms plutôt que la balade de 10kms. Mais de toute façon, je suis coincée sur la rive ouest, j’ai pas le choix, faut bien revenir au point de départ (principe de la boucle, oui, je sais, merci). Heureusement, des tas d’enfants me donnent un prétexte pour m’arrêter régulièrement et chanter des comptines ou faire des photos. Je pense qu’on n’est pas loin de 1 adulte (au-delà de 15 ans je veux dire) pour 10 gamins. Ils ont pas la télé ou quoi ? Et ça joue dans la poussière, ça court après les poussins, ça joue à la guerre avec des épées en bambou, à la marchande ou à la coiffeuse mais surtout, ils ont les plus beaux sourires (un peu édentés parfois) que j’ai vus jusque là. Un vrai bonheur. Alors moi, je continue à jouer à la reine d’Angleterre.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Je finis par trouver la barge qui me ramène sur l’autre rive et comme j’en peux plus le soleil est déjà en train de se coucher, je n’ai plus le temps d’aller voir les fameux dauphins. Pas grave, je pourrais aller les voir au Laos. Et oui ! Parce que le Cambodge c’est (déjà ???) fini ! Demain, mission « traversons la frontière et entrons au Laos ». Premier arrêt, les 4000 îles. Rien que le nom, ça a l’air bien, non ?

Dernières photos du Cambodge, ici.

Kompong koi ?

Le hasard du voyage fait que, sur les conseils d’un Australien avec qui j’ai discuté 10 minutes montre en main, j’ai décidé de ne pas repasser par Phnom Penh pour gagner le nord-est du pays mais plutôt de faire un stop à Kompong Cham.

Oucétidonkecéssa Kompong Cham ? Bah… quelque part au bord du Mékong entre Siem Reap et Kratie (qui est donc, vous l’avez deviné, la prochaine étape).

Et… koidonkaphère à Kompong Cham ? Bah… il paraît qu’il y a un pont en bambou. Voilà.

Mais bon de temps en temps, faut se laisser porter. De toute façon, Phnom Penh, j’ai déjà vu (et puis là, tout est fermé parce que c’est enfin les funérailles royales) alors, si le gars dit que Kompong Cham, ça vaut le coup, pourquoi pas ?

Du coup, j’ai pris le bus pour Kompong Cham. 5 heures sur le papier, 7 dans la réalité mais ça, je commence à connaître la musique. Mon nouveau credo ? Ne jamais laisser passer une occasion d’aller faire pipi, tu sais pas quand sera la prochaine. (Oui, le voyage, ça rend poète n’est-ce pas ?)

Et puis, finalement, les trajets en bus, c’est aussi un moyen d’observer certaines coutumes locales. Au Cambodge dans les bus, les chauffeurs ont toujours plein de petits sacs en plastique qu’ils distribuent généreusement parce que les Cambodgiens sont médaille d’or des malades en transport. Les adultes arrivent à peu près à se gérer mais alors les enfants… c’est un cauchemar… Faut rien laisser traîner par terre (même pas tes pieds), tu sais jamais ce qui va arriver… L’autre truc qui met des nerfs à rude épreuve c’est justement les enfants. Il doit y avoir une règle qui dit « Pas besoin d’acheter de ticket pour les moins de 10 ans ». Parce que tous les enfants de moins de 10 ans sont assis sur les genoux de leurs mères. Et s’ils sont plusieurs, c’est pas grave, on entasse. Si t’es assis sur le siège d’à côté, ne crois pas que la mère va faire attention à ce que ses rejetons ne s’étalent pas sur toi. De toute façon, elle est bien trop occupée avec tous ses petits sacs en plastique… Mais là encore, tu peux supporter. Le meilleur moment c’est quand y en a un qui se met à pleurer (oui parce que y en a, ce sont vraiment des mini-bébés et les mini-bébés, ça pleure et des fois, pendant trèèèèèèès longtemps, on n’y peut rien). Et là, ce sont les dominos. Ça se met à brailler dans tous les sens, les mères parlent donc plus fort pour se faire entendre (quoique le niveau sonore de base soit déjà bien suffisant) et le tout est, bien sûr, couvert par les clips de karaoké qui défilent pendant tout le voyage. Heureusement, t’as ton iTruc et tes écouteurs bien enfoncés dans les oreilles, tu tentes de survivre.

C’est comme ça que je suis arrivée à Kompong Cham. Fatiguée. Mais bon, je ne suis là que pour 24 heures, on va pas se laisser abattre par 3 pleurnichards et 2 vomis, hein ?

Alors après avoir posé mes affaires dans une chambre d’hôtel sans fenêtre (oui, avec, c’est 5$ de plus, y a pas de petites économies ma bonne dame !), et avalé un sandwich au contenu non identifié (la dame du marché me parlait khmer… j’ai rien compris), j’ai loué un vélo et je suis partie à la recherche du pont en bambou. Vous ai-je précisé qu’il faisait 45°C ? Vous avez déjà fait du vélo dans un sauna ? Bah, c’est pareil…

Bon, heureusement, Kompong Cham c’est plat. Et le pont en bambou était facile à trouver. Ce drôle de pont relie la ville à une petite île sur le Mékong qui s’appelle Koh Paen. A la saison des pluies, on ne peut rejoindre l’île qu’en bateau. Mais à la saison sèche, chaque année, les habitants construisent à la main un pont en bambou qui, de loin, ressemble à un pont en allumettes. Sur l’île, quelques petits villages, des champs, des poules et des carrioles à chevaux. Et surtout, des dizaines d’enfants qui jouent dans la poussière, te font d’immenses sourires et se mettent en rang pour te taper dans la main quand tu passes sous les yeux de leurs parents qui rigolent en criant « Hello ! ». Tout ça, à l’ombre des bananiers et des bambous (bah oui, faut bien les trouver quelque part pour tricoter le pont) et sous le regard vaguement surpris des vaches qui font la sieste au bord du chemin. Bref, une super balade.

En fin d’après-midi, j’ai repris le petit pont en bambou (je sais pas comment il tient et je veux pas savoir mais n’empêche que quand tu croises une voiture, ils plient dangereusement les bambous…) juste au moment où le soleil se décidait à aller se coucher derrière le Mékong sur lequel des enfants faisaient une course à la rame dans des bassines : fan-tas-tique…

Comme quoi, de temps en temps, faut écouter les Australiens et pas hésiter à changer son fusil d’épaule.

Le lendemain, j’ai repris le bus (encore ??? oui, quand on aime…) mais cette fois, sur le papier, seulement pour 3 heures. Et étonnamment, 3 heures aussi dans la vraie vie. On ne peut jamais savoir…

Direction Kratie (prononcez Kra-tché) qui va me servir de camp de base pour organiser la remontée du Mékong jusqu’à la frontière laotienne. Là, le plan, c’est de se dégoter 1 ou 2 nuits chez l’habitant, de trinquer à l’alcool de riz, de faire des balades à vélo, en bateau et surtout d’aller voir les dauphins de l’Irrawaddy…

Photos ici.