Cuzco

Après toutes ces marches, on a décidé… qu’on allait pas s’arrêter en si bon chemin ! On décide donc de visiter Cuzco. For the record, Cuzco est à 3400m d’altitude. Mais après tout ce temps à crapahuter à plus de 3000m, c’est tout juste si on s’en rend compte… (enfin… si, on s’en rend compte un peu quand même…)

Il y a fort fort longtemps, Cuzco était la capitale de l’empire inca. L’endroit était hautement symbolique en terme d’astrologie (et les Incas, l’astrologie, ça les connaît) et de mythologie (là aussi, ils sont assez balèzes). Quand les Espagnols sont arrivés sur leurs chevaux, ils ont mis la ville à sac et puis ils ont décidé que c’était bien joli mais c’était pas bien pratique d’avoir une capitale en plein milieu de la montagne. Eux, ils voulaient un port pour pouvoir expédier tout l’or qu’ils piquaient à la mère patrie. Du coup, ils ont déplacé la capitale à Lima. Et Cuzco a doucement mais sûrement sombré dans l’oubli (enfin pas non plus complètement, mais clairement, la ville n’avait plus grande importance). A l’époque, les Espagnols sont passés à côté du Machu Picchu. Difficile à croire mais personne ne leur a dit qu’il y avait peut-être un truc à aller voir de ce côté. Le Machu Picchu, c’est un Allemand, en 1911, guidé par un gamin du coin qui a fini par mettre les pieds dedans. Depuis, les Péruviens ont construit un train et Cuzco est devenue la ville la plus touristique au monde du pays. La différence, c’est que les Cuzqueños (les habitants de Cuzco, hein, pas ceux qui boivent de la Cuzqueña…) sont assez fiers de leurs racines incas et perpétuent un certain nombre de traditions. De même, le patrimoine architectural de la ville est bien protégé et du coup, Cuzco ne ressemble à aucune autre ville péruvienne. C’est plein de petites ruelles pavées en pente à 45° (si, à 45°, quand il pleut, j’ose même pas imaginer comme ça doit glisser), d’escaliers, de places, de placettes et d’églises. Alors là, des églises, y en a par milliers (… ou tout du moins par dizaines) ! Et puis, tout autour, c’est truffé de ruines incas qu’on sait plus ou moins bien ce qu’elles font là. Oui parce que les Incas, ils étaient peut-être très forts en astrologie mais en écriture… c’est une autre histoire. Et ils ont pas laissé de mode d’emploi.

Mais nous, des ruines incas, on vient déjà de s’en farcir un petit bout alors pour commencer, on descend sur la Plaza de Armas avec la ferme intention de visiter les 4 églises (oui, 4, faut ce qui faut) qui bordent la place. En fait, ces églises ont été construites sur les anciens palais des Incas (ah oui parce qu’en fait l’Inca, celui avec un grand « I », c’était le roi des Incas. Les autres… je sais pas comment on les appelait) quand les Espagnols ont décrété que c’en était fini du dieu du soleil et de la lune et que maintenant, fallait faire des courbettes devant un type cloué sur une croix. Notre ami le Lonely nous recommande chaudement de faire le tour de ces églises si particulières qui mêlent la tradition chrétienne espagnole, un peu d’art maure et bon nombre de références aux croyances andines. Bah oui, comme les prêtres n’étaient pas complètement débiles, ils ont bien compris que pour attirer leurs nouveaux fidèles dans leurs églises, il allait falloir s’adapter. Mais pour pouvoir admirer tout ça avec nos petits yeux de touristes, il faut avoir le porte-monnaie bien rempli ! Et oui, ici, faut payer pour rentrer dans les églises. Toutes les églises. Et nous, on est des rapiats pas Crésus. On se dit : « Quitte à en visiter une, autant visiter la cathédrale. A 25 soles l’entrée, ça fait ch*** mais bon, c’est quand même dommage de rien voir du tout. » Et puis, je tente le coup dit « de la carte vitale ». C’est-à-dire que je demande un tarif étudiant pour tout le monde et que je tends ma carte vitale comme justificatif… Et emballé, c’est pesé ! On ne paye plus que 12,5 soles par personne ! Alors oui, je sais, c’est mal, faut pas tricher. Mais franchement, même à Saint Pierre de Rome, ils font pas payer l’entrée et je ne me suis jamais sentie l’âme d’un grand sponsor de l’église… En plus, on a même droit à un audioguide en français qui nous raconte tout plein de choses sur la Señorita Linda, pourquoi y a plein de miroirs partout et comment les Incas ont intégré leurs références à cette nouvelle religion. Ça valait le coup de s’offrir la visite (surtout à moitié prix).

Toutes ces bondieuseries, ça creuse. Alors on file s’assoir dans un petit resto caché dans une ruelle derrière la place après avoir slalomé entre les rabatteurs qui veulent nous faire manger des sushis, de la pizzas et autres burgers. Et là, chez Victor et Victoria, pour la modique somme de 18 soles, on engloutit le menu especial : salade de crudités, chaudron de soupe, truite ou porc à l’ananas et petite part de tarte, le tout arrosé de maté de coca. Faudra nous rouler dehors…

La suite de la journée consiste à digérer déambuler calmement dans la ville, à contempler les murs incas (ah oui, ils étaient aussi très fort en maçonnerie, ils arrivaient à tailler jusqu’à 12 angles presque droits dans une seule pierre), à faire un peu de shopping souvenir et à grimper jusqu’à un Christ Rédempteur illuminé avec le meilleur goût alors que le soleil tombe derrière les montagnes et que le ciel vire au violet…

Le lendemain matin, c’est dimanche. Et le dimanche…on va à la messe. Encore ? Oui… encore… En ce dimanche matin, on aperçoit depuis la terrasse de l’hôtel que la Plaza de Armas est bien animée. Y a des défilés qui passent avec force lever de gambettes, chars, statues de saints portées à bout de bras, fanfares et danseurs. Quand on arrive sur la place, on assiste même au lever des couleurs incas et péruviennes. Le tout avec force armée et police locale. Comme on y comprend rien (bah oui, c’est pour quoi tout ce cirque ?), on commence par demander à un des policiers qui fait la sécurité. Mais entre les coups de feu et les trompettes, on n’entend pas un mot de ce qu’il raconte et on est toujours aussi perplexes.

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Et puis, on demande à une petite dame qui s’est assise sur un banc un peu à l’écart et qui nous offre des quartiers de mandarine et elle, elle nous explique que tous les dimanches, c’est pareil. Y a une école ou une institution qui défile et puis, y a toujours une bonne occasion pour faire prendre l’air aux saints qui décorent les églises. En tout cas, ils font pas les choses à moitié ces Cuzqueños ! Mais comme le spectacle dehors est finalement plus rigolo que le spectacle dedans, et que la messe, faut pas en abuser, on préfère suivre les processions dans les rues plutôt que d’aller se tanner les fesses sur un banc à écouter chanter les enfants de chœur…

A midi, on veut retourner chez Victor et Victoria. Mais c’est le jour du Seigneur… et Victor a décidé que les fourneaux resteraient éteints. Du coup, on se rabat sur une polleria, un resto qui sert surtout du poulet grillé, une grande spécialité péruvienne. Hormis une rencontre imprévue avec un piment qui n’avait pas annoncé son nom, c’est plutôt bon. Et on savoure… parce que notre prochain repas sera servi dans une boîte en carton.

Et oui, parce que cet après-midi, on prend l’avion pour Lima et on enchaîne avec un bus de nuit pour Huaraz. C’est la dernière étape du Gauliard Tour et pas des moindres : on va se mesurer à la Cordillera Blanca…

Photos ici.

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