La croisière s’amuse

Au petit matin, tout le monde est sur le pont pour le petit déj. Et on fait bien : french toasts, assiettes de fruits, œufs brouillés, bacon, jus de fruits frais… mmmh ! les vacances commencent bien ! Et oui. Les vacances. Parce que quand quelqu’un s’occupe de mon emploi du temps au point de planifier les heures des repas, j’appelle ça des vacances… D’ailleurs, à propos du quelqu’un en question, il s’agit du guide naturaliste, indispensable à toute expédition dans les Galapagos, qui dans notre cas s’appelle Christian. La veille, Christian a été très clair : il faut être très respectueux des horaires car ce sont les autorités du parc qui valident les itinéraires et nous autorisent l’accès à certains endroits à certaines heures. Et puis il nous a aussi énuméré les règles essentielles du parc : 1/ ne RIEN toucher, ni les plantes, ni les animaux, ni rien du tout et 2/ toujours rester groupés.

En attendant, à 7h30 pétantes, toute la troupe est sur le pont, prête pour notre première escale à Chinese Hat. Tout le monde ? Noooon… Christian manque à l’appel… et il ne se pointera qu’une bonne heure plus tard avec visiblement ce qu’on appelle une sacrée gueule de bois. Bien. Après nous avoir distribué nos équipements de snorkeling, il nous fait grimper dans un petit zodiaque pour débarquer sur la plage de Chinese Hat. L’eau est turquoise, le sable blanc et fin comme de la farine et quelques lions de mer font la sieste au soleil… les Galapagos tiennent toutes leurs promesses ! Après un petit tour sur l’île à contempler les coulées de lave et les bébés lions de mer qui tètent leurs mères, c’est l’heure de se jeter à l’eau pour aller voir de plus près ce qui se passe là-dessous. Malheureusement, la visibilité est plutôt réduite et l’eau est gelée (oui, 16°C, c’est gelé). Ça n’empêche pas deux de mes nouveaux copains d’apercevoir un requin qui barbote tranquillement le long du rivage…

Quand on ressort de l’eau, on constate que Christian n’est plus sur la plage. Le zodiaque non plus. Bon. De toute façon on est sur une île déserte, y a rien d’autre à faire qu’attendre, alors on étale nos serviettes en rang d’oignon et on bronze. Une demi-heure plus tard, le zodiaque revient nous chercher. Le déjeuner nous attend à bord. Mais pas de trace de Christian. A peine les assiettes débarrassées, le bateau reprend la mer. Selon le programme qui nous a été présenté la veille, on est censés faire route vers l’île de Baltra pour récupérer d’autres passagers. On demande confirmation à l’équipage parce que vu l’heure, on risque d’être bien en retard pour la suite de la journée si on va jusqu’à Baltra. Alors, soit on est tous très mauvais en espagnol, soit la situation est assez confuse pour tout le monde parce qu’on obtient une demi-douzaine de réponses différentes. En fait, en milieu d’après-midi et au beau milieu de l’océan, un zodiaque nous rejoint avec à son bord 4 nouveaux passagers et… Christian ! Du coup, on est quand même plus que sacrément en retard pour notre deuxième étape de la journée, Rabida. Pareil, on accoste sur la plage et on fait un petit tour sur l’île en admirant quelques oiseaux et de jolis cactus. D’ailleurs, Christian ramasse par terre un morceau de cactus et s’amuse à faire des oreilles de Mickey… OK… je croyais qu’on devait RIEN toucher… ah non, en fait Christian nous dit qu’on peut toucher ce qui est par terre. Très bien. On en déduit donc que les lézards qui sont par terre, c’est OK, les lions de mer qui sont par terre, OK aussi…

Après le dîner, Christian nous annonce que finalement, c’est cette nuit qu’on va faire route vers Baltra, qu’on doit encore récupérer d’autres passagers. Très bien. De toute façon, l’excuse initiale pour aller à Baltra, c’était d’y faire le plein d’essence alors j’imagine que ça, on en a toujours besoin…

Le lendemain matin, ô surprise, pas de nouveaux passagers à bord… et Christian est d’une humeur de chien. En fait, il n’est pas seulement guide à bord, il est aussi associé au propriétaire et il était tout à fait dans son intérêt que le bateau soit plein. Malheureusement pour lui, on doit continuer notre itinéraire et on va bientôt être trop loin pour pouvoir récupérer qui que ce soit. Cela étant dit, nous, on s’en fout. On profite du soleil sur le pont, on scrute les profondeurs pour essayer d’apercevoir des requins, des baleines et des orques (oui, tout ce joli petit monde barbote dans les eaux bleues des Galapagos mais par un malencontreux hasard, on ne verra personne…) et on commence à fomenter une rébellion contre notre chaperon. Parce qu’en plus d’être limite sympathique, il se trouve que ces connaissances de naturaliste sont également limitées. Voire complètement fausses. On lit des informations contradictoires dans les guides sur la faune et la flore qui sont à bord. Et quand on essaye de poser des questions, on se fait carrément rembarrer. Le problème c’est qu’on ne peut pas se débarrasser de lui et que l’affronter risque de compromettre l’ambiance pour la fin de la semaine. Alors on rumine. A voix basse. Et dans son dos, bien sûr.

Et d’ailleurs, la semaine se passe plutôt bien. Plutôt très bien même. Le beau temps est au rendez-vous presque tout le temps, les lions de mer viennent jouer avec nous durant nos séances de snorkeling (ouais, finalement, 16°C, c’est comme tout, on s’y habitue…), les iguanes s’entassent par centaines dans une atmosphère nauséabonde, les fous à pieds bleus dansent joyeusement sur les rochers, les tortues géantes broutent au fond de l’eau et les requins m’évitent prudemment. M’évitent moi. Parce que les autres, ils en voient. Mais moi pas. En même temps, pas si sûr que ça que j’ai tellement envie d’en voir… en particulier quand on se trouve dans l’eau en même temps. Bref, c’est vraiment très chouette. En plus, tout le monde s’entend très bien (faut dire qu’on a un point commun évident, on est tous remontés comme des coucous contre Christian) et la semaine défile donc gentiment.

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Alors… de l’intérêt de faire une croisière quand on vient aux Galapagos, oui ? non ? Moi, je dirai oui. Pas à tout prix mais quand même, on en voit beaucoup plus que si on se cantonne aux sites accessibles depuis les îles principales. Moi, j’ai appris que lorsqu’une maman lion de mer a son premier petit, la gestation ne dure que 7 mois alors que quand elle a les suivants, ça dure 9 mois. Et puis que les raies mantas ont beau faire jusqu’à 9 mètres d’envergure, ça ne les empêche pas de bondir hors de l’eau pour faire des sauts périlleux. Et qu’il ne faut pas croire que les tortues c’est lent pour tout. Quand ça veut te bouffer un doigt, ça mord plus vite que son ombre. Ou qu’il ne faut pas se coucher sur la plage à moins de 3 mètres qu’un papa lion de mer… Par contre, si il y a moyen de checker le niveau du guide avant de partir, faut pas hésiter. Je pense que de très bien, la croisière serait devenue génialissime.

Question budget, oubliez tout ce que vous croyez savoir avant d’arriver. Ici, on mange dans la rue pour 12$ et on trouve ça « pas cher »… Idem pour les croisières. Les premiers prix démarrent à 1400$ la semaine quand on réserve depuis Quito ou Guayaquil. Ça vaut donc vraiment la peine de débarquer à Santa Cruz et de faire le tour des agences pour trouver un last minute deal. Je m’en suis sortie pour 900$ la semaine sur un bateau première classe. Et comme je n’ai pas donné de pourboire au guide…

Photos ici.

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