AL et les aéroports

Il y a fort fort longtemps, quand j’avais le cœur pur et plein de bonnes résolutions, j’avais décidé que pendant ce voyage, je ne prendrai l’avion que lorsque ce serait absolument nécessaire. Et puis, j’ai voyagé et j’ai constaté que parfois, prendre le train, c’est sympa mais prendre l’avion, ça fait gagner du temps et même parfois de l’argent.

Seulement parfois, prendre l’avion, c’est n’importe quoi. Ce vendredi soir, quand j’arrive à l’aéroport de Quito, je me dirige tout droit vers le comptoir d’enregistrement du vol pour… Lima. Oui mesdames et messieurs. Sachez que pour faire QuitoSan José, le chemin le plus court est apparemment de faire QuitoLimaMiamiSan José. Y a visiblement un détail qui m’échappe…

Sachez également que la vie étant généralement bien faite, ce trajet va me prendre au bas mot 27 heures. Pour rallier 2 villes séparées d’un millier de kilomètres à vol d’oiseau, c’est un record. Finalement, on peut se dire que j’aurais aussi bien fait de prendre le bus. Mais non ! Figurez-vous que la Panaméricaine, cette fameuse route censée traversée tout le continent est en fait coupée au nord de la Colombie. Non pas qu’elle soit en travaux, elle n’a jamais existée. Elle devrait en fait traverser une forêt remplie de narcotrafiquants et de plantations de trucs qui font un effet bizarre et bouzillent le cerveau et bizarrement, bah… y a pas de route. Il ne m’était donc pas possible de faire le trajet en bus. D’où mon marathon aérien.

Quand on sait qu’on va passer les prochaines 24 heures dans des aéroports, on met son pantalon-pyjama-passe-partout et prend son mal en patience. Et on prie pour que les zones de duty free ne soient pas trop pourries. Bon, à Quito, c’est plutôt raté. Mais bon, à peine le temps de me parfumer et de refuser poliment les avances mercantiles de la vendeuse qu’il est déjà l’heure de grimper dans l’avion. Et hop ! 2 heures et un sachet de chips de bananes plantin plus tard, me revoilà Lima. Si la vie était bien faite (et on sait qu’elle l’est, généralement), je n’aurais eu qu’à sautiller à travers le terminal pour regrimper aussi sac dans l’avion suivant. Mais non. Il se trouve que ce n’est pas la même compagnie aérienne qui effectue la suite de mon parcours. Et que mon escale à Lima dure plus de 7 heures. Je suis donc bonne pour remplir un petit formulaire, faire tamponner mon passeport, récupérer mon sac, passer la douane, passer la nuit sur un banc de l’aéroport en me ligotant mes sacs aux chevilles, réenregistrer mon sac, refaire tamponner mon passeport et retourner en zone duty free. Heureusement, l’aéroport de Lima est une catastrophe sur le plan logistique (mes sincères excuses à Roissy que j’ai maudit si souvent…) et il me faudra près de 2 heures pour enfin m’échouer sur un banc devant le panneau qui annonce les départs. Il est alors presque minuit et mes chips de bananes sont loin. Quelques épisodes de la saison 5 de The Big Bang Theory plus tard, la batterie de mon ordinateur rend l’âme et j’en suis quitte pour un Big Mac et des vraies frites. Il est 2 heures du matin et c’est pas aujourd’hui que je vais dormir…

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A 4h30, les feignasses d’hôtesses d’American Airlines ouvrent enfin le check-in. Au moment de me donner ma carte d’embarquement, l’hôtesse me demande si j’ai bien fait mon vaccin contre la fièvre jaune. Ca par exemple ! Je savais bien qu’à un moment ou un autre ce petit carnet jaune finirait bien par me servir ! Normalement, c’est pas du tout nécessaire pour le Costa Rica. Mais en fait, il paraît que quand on vient du Pérou, ça l’est. Moi, je me dis que puisqu’entre temps je passe par les Etats-Unis, y a une chance sur un milliard pour que le type de la douane à San José me pose la question mais bon. C’est sûrement ma seule chance de sortir mon petit carnet jaune.

Un muffin et un chai latte du célébrissime Starbucks de l’aéroport de Lima plus tard (oui, il est 6h30, mon dîner n’est pas si loin mais mieux vaut tenir que courir…), je monte enfin dans l’avion. Direction Miami à 6 heures de là. J’eus pu en profiter pour dormir me direz-vous. Mais non ! Dormir c’est triché. Du coup, je flotte un peu quand j’arrive à destination. Tellement que quand le douanier me demande dans quel quartier il peut trouver un hôtel pas trop cher à Paris, je lui réponds : « Heu… dans le 15ème ? ». Cela étant dit, ça fait longtemps que j’y ai pas mis les pieds, peut-être que c’est plus très cher ? Bref, je complète ma collection de tampons dans mon passeport (ah oui, parce que, aux Etats-Unis, même quand vous n’y êtes que pour une connexion, vous vous tapez le tampon dans le passeport, le bagage à récupérer, la douane à passer, le bagage à refourguer et les rayons X qui vont bien) et je me mets à faire le pied de grue devant le tapis à bagages. Et j’attends… j’attends… Bon, le côté rassurant c’est que je suis pas toute seule à attendre. En fait, y a un petit problème avec nos bagages qui se sont visiblement égarés sur le tarmac (un jour, faudra que quelqu’un m’explique comment fonctionne un aéroport parce que des bagages qui s’égarent, c’est un truc qui m’échappe). Certains commencent à s’impatienter, faut dire que tout le monde n’a pas la chance d’avoir à nouveau 5 heures d’escale devant soi… Mais tout vient à point à qui sait attendre, mon sac à patates préféré se met à tourner sur le tapis et quelques rayons X plus tard, j’atteins enfin une zone duty free digne de ce nom. J’en profite pour avaler une salade et je me mets en quête d’une prise électrique pour ressusciter mon ordinateur. Me voilà donc à tourner autour de tous les poteaux du terminal, mon adaptateur à la main. Finalement, je trouve que l’aéroport de Miami n’est pas très computer friendly : 4 prises dont 2 qui ne marchent pas et le wifi est payant. Bof. J’arrive quand même à confirmer le transfert de l’aéroport à l’hôtel à San José (oui c’était pour ça que j’avais besoin de l’ordi, pas pour The Big Bang Theory !) et enfin, je remonte dans l’avion. Pour arriver enfin, 3 heures et un sachet de cookies plus tard à San José, Costa Rica, où, tout est bien qui finit bien, mon sac m’a suivie.

Une si belle journée ne pouvait finir qu’en apothéose, le type supposé venir me chercher n’est pas là et devant les supplications des taxis, je finis par abdiquer et laisse un de ces malheureux porter mon sac jusqu’à sa voiture. Il est 21h, j’arrive enfin à l’hôtel après une conversation plus qu’approximative en espagnol avec mon chauffeur (contrairement à l’anglais, il semblerait que quand t’es très fatigué, tu parles un espagnol tout pourri). Mais mes nouveaux colocs de chambrée sont français et eux aussi, en tour du monde alors au lieu de me rouler en boule sous mon drap, c’est reparti pour quelques heures de bavardage jusque l’un d’entre nous s’écroule donnant (enfin !) le signal que j’attends depuis près de 24 heures… c’est l’heure du dodo !

Demain, j’attaque le Costa Rica.

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Retour au purgatoire

Me revoilà donc à Quito. Après presque 2 semaines en short et les pieds dans l’eau, je reprends un peu de hauteur et je retrouve les volcans qui encerclent la ville. Le taxi qui est venu me chercher à l’aéroport est plein. Bah oui, ici, c’est aussi les vacances scolaires et quoi de mieux quand on a 9 ans et que Papa est taxi que de l’accompagner au boulot ? Et du coup, comme Maman ne veut pas s’ennuyer toute seule à la maison, elle est venue aussi. C’est donc un véritable comité d’accueil qui m’attend à la sortie de l’aéroport. Ma nouvelle copine Martha avec qui je partage la banquette arrière est drôlement bavarde. Le fait que je ne comprenne qu’un mot sur cinq de ce qu’elle raconte ne semble pas la déranger le moins du monde. Elle parle, elle parle, elle parle, elle me pose un million de questions, je baragouine de vagues réponses qu’elle trouve plus ou moins à son goût et c’est avec un début certain de migraine que j’arrive à l’hostel. Tout juste le temps de faire quelques courses à l’épicerie du coin pour le dîner et ça y est, il fait déjà nuit et comme dans tout bon purgatoire qui se respecte, on ne sort pas la nuit dans Quito

Le lendemain matin, après moultes tergiversations sur mon programme de la journée, j’opte pour… ne rien faire. Et bah oui ! D’abord Quito, c’est pas New York (ça se saurait), ensuite j’ai pas fini la saison 4 de The Big Bang Theory (oui, c’est pas parce qu’on est à l’autre bout du monde qu’on ne peut pas se cultiver) et en plus, y a des nuages et donc ça sert à rien de se taper 3 heures de marche pour ne pas voir la vue sur les alentours. Pourtant, Fourchette & Sac à Dos oblige, à l’heure du déjeuner, je me dis que je me ferais bien un dernier petit ceviche. Grâce à mon ami le Lonely je repère donc une bonne adresse et d’un pas léger puisqu’affamé, je me rends à l’autre bout de la ville (de la vieille ville, j’entends). Et bah devinez quoi ? Le resto en question vend désormais des télés et des machines à laver… Du coup, d’un pas léger et courroucé, je me rabats sur une plâtrée de riz et de poulet frits. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Et puis ça y est, c’est l’heure de dire Adios Ecuador ! Après 3 semaines à jouer à cache-cache avec la fameuse ligne, il est temps de repasser dans l’hémisphère nord. Mais pas aussi simple à dire qu’à faire… Pour atteindre San José, Costa Rica (ma prochaine destination, donc), le RTW ticket me fait faire un véritable marathon aérien. Mais ça, c’est l’histoire de demain !

Photos ici.

AL et les requins

Après cette petite semaine de rêves à m’empiffrer de pancakes et à suivre à la lettre le programme qui m’avait été donné, me revoilà à terre, livrée à moi-même. Dur. N’ayant pas eu le temps de faire le tour de Santa Cruz avant de m’embarquer sur mon rafiot, j’en profite pour aller jusqu’à Tortuga Bay, une immense plage de sable fin sur laquelle viennent s’écraser les vagues, les surfeurs et quelques tortues (d’où son nom). Evidemment, en ce dimanche après-midi, pas une tortue à l’horizon… Bon, bah puisqu’on est là, on va pas se laisser abattre, hein ! En fait, derrière la plage principale se trouve un autre petit banc de sable tout aussi joli mais protégé par une grande dune et où la mer ressemble du coup plutôt à un lac. L’occasion de se baigner avec un bébé raie et d’essayer de rattraper mon bronzage « Tour de France ». Bah oui, une semaine en short en t-shirt sur un bateau et hop ! vous pouvez faire croire à tout le monde que vous savez monter le col du Galibier en danseuse…

Et puis, le temps file, le temps file, je fainéante, je tente de tenir à jour ce blog (no comment) malgré une connexion wifi désastreuse et hop ! c’est déjà mardi, faut changer d’île. Bah oui, parce que mon vol de retour (si, un jour, il faut quitter le paradis) ne part pas de Baltra mais de San Cristobal. Alors hop ! encore un petit tour sur un hors-bord lancé à pleine balle qui se fracasse contre les vagues du Pacifique, encore une occasion de prouver que j’ai bien le pied marin (non mâdâme, j’ai pas eu besoin d’un petit sac plastique, môa !) et 2 heures plus tard, me voilà de retour à San Cristobal. De retour parce que souvenez-vous, c’est aussi là que j’avais atterri il y a une petite dizaine de jours. Sauf que là, on n’est plus dimanche et ça change tout. Les boutiques sont ouvertes, les gens sont en terrasse et même si les lions de mer meuglent (ou un lion de mer, ça meugle, ça ne rugit pas) toujours à qui mieux mieux, on est quand même très très loin de ghost town. Du coup, je me trouve même une petite chambre à 15$ (seulement ! oui, on est aux Galapagos toujours…) sur le front de mer et alors que je suis sortie admirer le coucher du soleil, sur qui tombe-je ? Janice et Philippe, 2 de mes copains de rébellion de la semaine dernière. Eux, ils ont fait encore plus fort, ils n’avaient pas payé la croisière avant de monter à bord (ils avaient été harponné à peine descendus de l’avion) et du coup, vu la « qualité » de notre guide bien-aimé, ils n’ont pas payé la totalité du prix convenu. Ce qui leur a valu une engueulade mémorable mais ils ont tenu bon. Alors, on papote, on papote, on rigole et on finit par comprendre que c’est l’heure du dodo puisque les lions de mer ont envahi les rues et se mettent à ronfler.

Le lendemain, j’ai décidé d’affronter ma peur (il ne sera pas dit que je suis une poule mouillée) et je pars donc en bateau pour Leon Dormido, une roche qui émerge de l’océan à quelques centaines de mètres de l’île. Ce rocher aurait vaguement la forme d’un lion endormi d’où son nom. Mouais. Elle dit qu’elle voit pas bien le rapport… Et de quoi donc aurais-je la trouille près de ce gros caillou ? Bah des requins, pardi ! Ils viennent nager ici par centaines puisqu’il se trouve que tout autour du rocher viennent se nourrir tout un tas de petits poissons. Alors non, ils ne font pas 4 mètres de long (quoique… ça peut arriver si t’es sage il parait) mais plutôt 1 mètre, ce sont des bébés. Je me retrouve donc jetée du bateau en pleine mer (y a pas loin de 50 mètres de fond quand même), ballotée dans les vagues avec mon masque, mon tuba, mes palmes et ma combinaison ridicule qui n’est même pas en côte de maille… Et v’là ti pas qu’en plus, faut mettre la tête dans l’eau pour chercher les petites bêtes… Et en même temps battre des pieds pour traverser le couloir formé par le rocher. Je ne sais pas ce que j’entends le plus fort : l’alarme qui vrille mon cerveau en hurlant : « AAAAAaaaaah ! C’est infesté de requins et on n’y voit pas à 3 mètres ! Dépêche-toi de remonter sur le bateau, idiote ! » ou l’autre voix bien moins virulente qui répète constamment : « T’inquiète ! Y a des gens qui font ça tous les jours, y a aucun risque et en plus, t’es venue là exprès pour ça, t’es une grande fille, tout va bien se passer… »  Je vous laisse deviner…

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Heureusement, c’était mon jour de chance (d’autres diraient de malchance mais bon… tout est une question de point de vue, hein ?), je n’ai vu qu’une dizaine de petits requins. Et j’ai pas trainé quand on nous a fait signe de remonter sur le bateau. Mais je l’ai fait ! J’ai nagé avec des requins. Certes, j’ai pas beaucoup respiré. Certes je tremblais comme une feuille (et non, ça n’était pas à cause de la température de l’eau…). Certes, je ne recommencerai pas demain. Mais peu importe ! J’ai nagé avec des requins !! Hi hi !! Au moment de repartir, histoire de fêter ça, un requin bondit hors de l’eau en frétillant… clairement pour saluer mon exploit !

Et puis voilà. Ce soir, c’est encore déjà l’heure de refaire mon sac. Le paradis, c’est fini, demain, je reprends l’avion direction Quito. Encore ? Oui, encore. Mais là, c’est juste une escale de 24 heures.

Photos ici.

La croisière s’amuse

Au petit matin, tout le monde est sur le pont pour le petit déj. Et on fait bien : french toasts, assiettes de fruits, œufs brouillés, bacon, jus de fruits frais… mmmh ! les vacances commencent bien ! Et oui. Les vacances. Parce que quand quelqu’un s’occupe de mon emploi du temps au point de planifier les heures des repas, j’appelle ça des vacances… D’ailleurs, à propos du quelqu’un en question, il s’agit du guide naturaliste, indispensable à toute expédition dans les Galapagos, qui dans notre cas s’appelle Christian. La veille, Christian a été très clair : il faut être très respectueux des horaires car ce sont les autorités du parc qui valident les itinéraires et nous autorisent l’accès à certains endroits à certaines heures. Et puis il nous a aussi énuméré les règles essentielles du parc : 1/ ne RIEN toucher, ni les plantes, ni les animaux, ni rien du tout et 2/ toujours rester groupés.

En attendant, à 7h30 pétantes, toute la troupe est sur le pont, prête pour notre première escale à Chinese Hat. Tout le monde ? Noooon… Christian manque à l’appel… et il ne se pointera qu’une bonne heure plus tard avec visiblement ce qu’on appelle une sacrée gueule de bois. Bien. Après nous avoir distribué nos équipements de snorkeling, il nous fait grimper dans un petit zodiaque pour débarquer sur la plage de Chinese Hat. L’eau est turquoise, le sable blanc et fin comme de la farine et quelques lions de mer font la sieste au soleil… les Galapagos tiennent toutes leurs promesses ! Après un petit tour sur l’île à contempler les coulées de lave et les bébés lions de mer qui tètent leurs mères, c’est l’heure de se jeter à l’eau pour aller voir de plus près ce qui se passe là-dessous. Malheureusement, la visibilité est plutôt réduite et l’eau est gelée (oui, 16°C, c’est gelé). Ça n’empêche pas deux de mes nouveaux copains d’apercevoir un requin qui barbote tranquillement le long du rivage…

Quand on ressort de l’eau, on constate que Christian n’est plus sur la plage. Le zodiaque non plus. Bon. De toute façon on est sur une île déserte, y a rien d’autre à faire qu’attendre, alors on étale nos serviettes en rang d’oignon et on bronze. Une demi-heure plus tard, le zodiaque revient nous chercher. Le déjeuner nous attend à bord. Mais pas de trace de Christian. A peine les assiettes débarrassées, le bateau reprend la mer. Selon le programme qui nous a été présenté la veille, on est censés faire route vers l’île de Baltra pour récupérer d’autres passagers. On demande confirmation à l’équipage parce que vu l’heure, on risque d’être bien en retard pour la suite de la journée si on va jusqu’à Baltra. Alors, soit on est tous très mauvais en espagnol, soit la situation est assez confuse pour tout le monde parce qu’on obtient une demi-douzaine de réponses différentes. En fait, en milieu d’après-midi et au beau milieu de l’océan, un zodiaque nous rejoint avec à son bord 4 nouveaux passagers et… Christian ! Du coup, on est quand même plus que sacrément en retard pour notre deuxième étape de la journée, Rabida. Pareil, on accoste sur la plage et on fait un petit tour sur l’île en admirant quelques oiseaux et de jolis cactus. D’ailleurs, Christian ramasse par terre un morceau de cactus et s’amuse à faire des oreilles de Mickey… OK… je croyais qu’on devait RIEN toucher… ah non, en fait Christian nous dit qu’on peut toucher ce qui est par terre. Très bien. On en déduit donc que les lézards qui sont par terre, c’est OK, les lions de mer qui sont par terre, OK aussi…

Après le dîner, Christian nous annonce que finalement, c’est cette nuit qu’on va faire route vers Baltra, qu’on doit encore récupérer d’autres passagers. Très bien. De toute façon, l’excuse initiale pour aller à Baltra, c’était d’y faire le plein d’essence alors j’imagine que ça, on en a toujours besoin…

Le lendemain matin, ô surprise, pas de nouveaux passagers à bord… et Christian est d’une humeur de chien. En fait, il n’est pas seulement guide à bord, il est aussi associé au propriétaire et il était tout à fait dans son intérêt que le bateau soit plein. Malheureusement pour lui, on doit continuer notre itinéraire et on va bientôt être trop loin pour pouvoir récupérer qui que ce soit. Cela étant dit, nous, on s’en fout. On profite du soleil sur le pont, on scrute les profondeurs pour essayer d’apercevoir des requins, des baleines et des orques (oui, tout ce joli petit monde barbote dans les eaux bleues des Galapagos mais par un malencontreux hasard, on ne verra personne…) et on commence à fomenter une rébellion contre notre chaperon. Parce qu’en plus d’être limite sympathique, il se trouve que ces connaissances de naturaliste sont également limitées. Voire complètement fausses. On lit des informations contradictoires dans les guides sur la faune et la flore qui sont à bord. Et quand on essaye de poser des questions, on se fait carrément rembarrer. Le problème c’est qu’on ne peut pas se débarrasser de lui et que l’affronter risque de compromettre l’ambiance pour la fin de la semaine. Alors on rumine. A voix basse. Et dans son dos, bien sûr.

Et d’ailleurs, la semaine se passe plutôt bien. Plutôt très bien même. Le beau temps est au rendez-vous presque tout le temps, les lions de mer viennent jouer avec nous durant nos séances de snorkeling (ouais, finalement, 16°C, c’est comme tout, on s’y habitue…), les iguanes s’entassent par centaines dans une atmosphère nauséabonde, les fous à pieds bleus dansent joyeusement sur les rochers, les tortues géantes broutent au fond de l’eau et les requins m’évitent prudemment. M’évitent moi. Parce que les autres, ils en voient. Mais moi pas. En même temps, pas si sûr que ça que j’ai tellement envie d’en voir… en particulier quand on se trouve dans l’eau en même temps. Bref, c’est vraiment très chouette. En plus, tout le monde s’entend très bien (faut dire qu’on a un point commun évident, on est tous remontés comme des coucous contre Christian) et la semaine défile donc gentiment.

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Alors… de l’intérêt de faire une croisière quand on vient aux Galapagos, oui ? non ? Moi, je dirai oui. Pas à tout prix mais quand même, on en voit beaucoup plus que si on se cantonne aux sites accessibles depuis les îles principales. Moi, j’ai appris que lorsqu’une maman lion de mer a son premier petit, la gestation ne dure que 7 mois alors que quand elle a les suivants, ça dure 9 mois. Et puis que les raies mantas ont beau faire jusqu’à 9 mètres d’envergure, ça ne les empêche pas de bondir hors de l’eau pour faire des sauts périlleux. Et qu’il ne faut pas croire que les tortues c’est lent pour tout. Quand ça veut te bouffer un doigt, ça mord plus vite que son ombre. Ou qu’il ne faut pas se coucher sur la plage à moins de 3 mètres qu’un papa lion de mer… Par contre, si il y a moyen de checker le niveau du guide avant de partir, faut pas hésiter. Je pense que de très bien, la croisière serait devenue génialissime.

Question budget, oubliez tout ce que vous croyez savoir avant d’arriver. Ici, on mange dans la rue pour 12$ et on trouve ça « pas cher »… Idem pour les croisières. Les premiers prix démarrent à 1400$ la semaine quand on réserve depuis Quito ou Guayaquil. Ça vaut donc vraiment la peine de débarquer à Santa Cruz et de faire le tour des agences pour trouver un last minute deal. Je m’en suis sortie pour 900$ la semaine sur un bateau première classe. Et comme je n’ai pas donné de pourboire au guide…

Photos ici.

Bienvenue au paradis

Ce dimanche matin quand je me réveille, c’est presqu’en sifflotant. Aujourd’hui, je prends l’avion pour les Galapagos ! Youhou !

Tranquillement, je boucle mon sac, je prends mon petit déj et je confirme à la réception qu’il faudra appeler un taxi à 9h… l’avion est à 11h30, facile, easy, j’ai le temps. J’ai même tellement le temps qu’à 8h45, je checke mes mails et que comme ça, par hasard et juste parce qu’en fait, je l’ai pas fait la veille, je vérifie l’horaire de mon vol… 9h30. Bien. Ne pas paniquer. Prendre une grande inspiration et… sprinter !!

De toute façon, il n’est juste pas envisageable de rater cet avion alors, peu importe la méthode, va falloir se débrouiller. D’un ton parfaitement calme, je demande donc à la réception d’appeler le taxi illico presto. Oui, j’en ai marre d’attendre, finalement, je vais y aller tout de suite. 7 minutes plus tard, le taxi est devant la porte, et à peine le chauffeur a-t’il ouvert sa portière que j’ai déjà claqué la mienne après avoir balancé mon sac dans le coffre. En voiture Simone ! La première bonne nouvelle c’est qu’on est dimanche matin. Le trafic est quasi nul, les chauffeurs de taxi sud-américain roulent comme des cinglés, en 12 minutes, on est à l’aéroport et il est tout juste 9h.

Je sais pas vous mais moi, on m’a toujours dit qu’il faut y être 2 heures avant à l’aéroport. Alors comme ça, là, tout de suite, on pourrait se dire, ouais bah… c’est mort. Et bah non. Je plonge dans la file d’attente réservée à la business class et je me mets à supplier la fille du guichet de me prendre en priorité puisque mon vol décolle dans 30 minutes. Et là, c’est le drame, elle me répond qu’elle est désolée mais qu’ils ont fermé le check-in pour ce vol… C’était sans compter sur mon pouvoir suraigu de chouinage persuasion : avec quelques larmes au coin de l’œil je lui dis : « Mais… c’est pas possible ! Il faut ab-so-lu-ment que je monte dans cet avion… ». Alors, elle hésite un peu et puis elle finit par dire : « Bon… ok, donnez-moi votre passeport et allez faire sceller votre sac là-bas. Et dépêchez-vous ! ». T’inquiète paupiette, je suis à 2 doigts de lui claquer une bise mais j’ai à peine le temps de jeter mon passeport sur son comptoir et je suis déjà devant le scanner. Ah oui. Parce que pour aller aux Galapagos, y a tout un tas de formalités que normalement tu ne fais pas quand tu prends un vol national. Faut faire scanner ta valise, faut qu’un petit monsieur y attache un petit bout de plastique pour que tu ne puisses rien mettre dedans après qu’il ait tout vérifié et faut que tu fasses la queue à un autre guichet pour payer une taxe de 10 dollars. Clairement, j’ai pas le temps d’aller payer cette foutue taxe. Alors la fille du guichet me dit : « Tant pis, c’est pas grave, vous n’aurez qu’à dire que vous avez perdu le papier en arrivant aux Galapagos et avec un peu de chance, ils vous feront payer là-bas sans vous mettre d’amende. » Pas besoin de me le dire 2 fois, je suis déjà en train de courir vers les portiques de sécurité. Là, je jette mon autre sac dans le tube à rayons X, j’arrache ma ceinture (quelle idée d’avoir mis une ceinture ce matin !), je récupère le tout de l’autre côté du tube et je vole littéralement jusqu’à la porte d’embarquement où les derniers passagers sont en train de faire la queue pour monter dans l’avion. Le cœur qui bat à 130 à l’heure, je tends ma carte d’embarquement au steward qui a du mal à comprendre pourquoi je suis hors d’haleine et qui me laisse passer en me souhaitant un bon vol. Ca y est, je l’ai fait, je vais bien prendre cet avion, je suis l’invinciiiiiiible ! Yeeeehaaaa !

C’est au moment de boucler ma ceinture que je réalise que dans la précipitation, j’ai laissé mon chapeau dans le tube à rayons X… Et m*** ! Il n’est évidemment pas question de ressortir pour aller le récupérer, de toute façon, on roule déjà sur le tarmac… Crotte de biquette ! Certes, je suis dans l’avion mais je viens de faire cadeau d’un splendide panama à 40 dollars à l’agent de la sécurité ! Ça m’apprendra à ne pas vérifier l’heure de mon vol la veille…

Deux heures plus tard, sous les nuages, on devine les côtes des Galapagos. Une pluie de confettis éparpillés au beau milieu de l’océan. Mais plutôt sauvages les confettis. Du genre, un tas de petits volcans pelés et désertiques. Brrr… pas accueillant pour un sou.

J’atterris à San Cristobal, le plus à l’est des 2 aéroports de l’archipel. Le plan est d’aller au port et d’embarquer sur le premier ferry à destination de Santa Cruz (oui, j’aurais pu atterrir directement à Santa Cruz mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?). Mais avant de faire quoi que ce soit, il faut d’abord payer la taxe d’entrée aux Galapagos. 100 dollars. Et en cash, je vous prie. Oui, oui. En plus des 10 dollars qu’il fallait payer à Guayaquil. Mettons qu’il y ait en moyenne 150 passagers par avion et que chacun paye 100 dollars en cash… quel est l’âge du capitaine ? Non mais sans blague, ça fait un paquet de billets qui se promènent, non ?

Bref, toujours est-il que j’ai fini par me retrouver au port (enfin, le mot embarcadère conviendrait mieux) et que là, j’ai réalisé que j’avais beau être dans la capitale de l’archipel, on était dimanche matin et que tout était fermé. Et comble du bizarre, il n’y avait qu’un seul ferry dans la journée et il ne partait pas avant 15h. J’avais donc 4 belles heures devant moi à poireauter sur un banc en esquivant les lions de mer qui venaient se réchauffer sur les pavés. 4 heures, c’est long. Surtout quand il commence à faire faim. J’ai bien pensé à bouffer un iguane qui passait par là mais le problème aux Galapagos, c’est que t’as pas le droit de toucher à un cheveu de la moindre bestiole. Parc national oblige… Et puis le ferry est arrivé (un petit hors-bord, contenance maxi 30 personnes), on est monté dedans (moi et les rares pékins encore vivants en cette belle journée) et on est parti pour Santa Cruz. 2 heures à fond les ballons dans l’océan démonté à se prendre des paquets de mer en pleine face… Gé-nial… Je suis trempée jusqu’à la petite culotte et finalement, heureusement que j’avais rien mangé.

Et enfin, presque 10 heures après avoir quitté précipitamment Guayaquil, j’ai pu poser mon paquetage à l’hôtel à Puerto Ayora, LA ville de Santa Cruz. Et je suis aussitôt ressortie pour 1/ trouver quelque chose à me mettre sous la dent, 2/ commencer la tournée des agences de voyage pour dénicher une petite croisière en lastminute pas cher… Parce que c’est ce qu’on fait ici. Des croisières. Tout simplement parce que sur la quinzaine d’îles de l’archipel, seules 3 sont habitées. Pour aller voir ce qu’il se passe sur les autres, faut donc embarquer à bord d’un des 65 bateaux autorisés à naviguer dans les eaux de l’archipel. Oh ! Et quand je dis « pas cher », j’me comprends… Ici, le moindre hostel est à 20 dollars la nuit (contre 10 sur le continent) et une croisière pas chère veut dire qu’il faut compter environ 130 dollars par jour. Autant dire que les backpackers ne courent pas les rues. Cela étant dit, je finis par trouver une agence qui semble sérieuse et aux tarifs raisonnables mais en ce début de soirée, on n’arrive pas à se mettre d’accord sur l’itinéraire. En voyageant seule, j’ai toutes les chances de pouvoir profiter des annulations de dernière minute et d’obtenir de bons tarifs. Qu’à cela ne tienne, de toute façon, je réfléchis mal l’estomac vide et puis j’ai pas prévu de partir avant 2 jours, j’ai donc le temps.

Le lendemain matin, je retourne à l’agence. Cette fois, le gérant me trouve un itinéraire qui a l’air très intéressant (pleins d’animaux à aller chatouiller, des volcans, des petits poissons et des grosses baleines au menu) et après négociation, je m’en sors pour 900 dollars pour 5 jours / 6 nuits. Oui, je sais, vous avez failli tomber de votre chaise… Figurez-vous que si j’avais réservé cette croisière depuis Quito, j’aurais payé plus du double. C’est ça qui fait tomber de sa chaise… Le hic, c’est que le départ est prévu le soir même et qu’il faut donc que je négocie avec l’hôtel de décaler ma réservation pour la nuit prochaine et que je trouve 900 dollars en cash en moins de 3 heures (non, rien de chez rien ne se paye en carte bleue ici…). Heureusement, la vie est bien faite. Il se trouve que si tu te pointes au guichet de la banque avec ta carte bleue et ton passeport, ils peuvent te donner des montants faramineux en petites coupures… Petites coupures que tu t’empresses d’aller filer à ton agence de voyage et hop ! la boucle est bouclée ! En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, tu t’es soulagé de 900 dollars.

Quand je repasse pour payer, le guide naturaliste de la croisière (obligatoire pour toute excursion dans le parc) est là. Il me dit que puisque je ne fais rien cet après-midi, je n’ai qu’à venir à la visite des hautes terres de Santa Cruz. Et allez, c’est cadeau, c’est gratuit ! Du coup, j’ai à peine le temps de repasser à l’hôtel, de préparer mes affaires, de reporter la nuit déjà réservée à la semaine suivante et de revenir à l’agence pour sauter dans un taxi où m’attend déjà Maya, israélienne et préparateur physique dans l’armée (non, elle rigole pas), une de mes colocs de bateau de la semaine à venir. On nous dit qu’on va aller avec un autre guide et un autre groupe, on comprend pas tout mais on suit. On se retrouve donc avec toute une famille américaine (3 générations, la casquette rivée au front… amaaaazing !) à patauger dans la bouillasse à la recherche de tortues géantes, à ramper six pieds sous terre dans des tunnels de lave et à contempler d’immenses trous sans fond à s’en donner le tournis. En fin d’après-midi, on quitte nos Américains (sooooo nice to meet you !) et on retourne en ville où après avoir récupéré nos sacs, on fait la connaissance du reste de notre groupe et on embarque enfin sur notre yacht… Estrella de Mar qu’il s’appelle. Ca fait rêver, non ? En attendant, on découvre notre nouvelle maison. Plutôt une bonne surprise, les cabines ne sont pas trop microscopiques, la salle à manger est belle et on n’est que 8 alors que le bateau est dimensionné pour 16. On nous explique alors que finalement, on va retourner dîner en ville parce que… parce que quoi, d’ailleurs ? on sait pas, on comprend pas, c’est pas clair, mais en tout cas, on repart donc dans l’autre sens. Et après un festin de riz, de haricots et de poulet, on remonte à bord. L’équipage nous conseille d’avaler des pilules contre le mal de mer. C’est vrai qu’on n’est pas encore en mer et pourtant, le bateau tangue bien comme il faut… Cette nuit, on fait route vers Sombrero Chino, un îlot au sud de l’île de Santiago. C’est donc bercés par la houle et par le ronronnement des moteurs qu’on s’endort tout en s’éloignant de Santa Cruz

estrella de mar

Love…

Exciting and new…

Come aboard…

We’re expecting youuuuuu…

Photos ici.

Guayaquil

Le trajet vers Guayaquil doit être fantastique quand il fait beau. La route serpente à flan de montagnes et dévale les 2500m de dénivelé en plongeant dans des vallées verdoyantes parsemées de petits villages… quand la visibilité est de plus de 2 mètres, ça doit vraiment être spectaculaire. Bon, pas de bol, moi, comme d’habitude, j’avais la tête dans les nuages… Genre noyée dans des paquets de coton. On voyait à peine les voitures qui arrivaient en face ce qui nous a valu quelques jolis coups de frein parce que, bien sûr, c’est pas parce qu’on n’y voit rien que le chauffeur roule plus prudemment que d’habitude… Noooon, pourquoi faire ? En plus, au bruit que font les freins, on peut vraiment avoir toute confiance… Enfin bref ! Dès que le bus arrive dans la plaine, la température remonte de près de 10 degrés et on retrouve la moiteur si agréable des tropiques… ah ! ça faisait longtemps que j’avais pas sué à rien faire !

C’est plutôt rigolo d’arriver à Guayaquil. Le paysage se transforme tout à coup : on passe des petits lacets de montagne aux gigantesques plantations de bananiers. Ça s’étale à perte de vue… impressionnant. Et puis d’un coup, paf ! la ville ! Genre énorme, tentaculaire, grise, polluée… mmmh ! tout ce qu’on aime ! Et finalement, assez dépaysant après avoir passé tout ce temps dans la cambrousse ou dans des villes coloniales à l’architecture un poil plus soignée. Le terminal terrestre (la gare routière quoi !) est énooorme… avec un vrai centre commercial à l’intérieur, pas moins de 20 quais différents, du carrelage partout, des néons… je me sentirais presque perdue, dis donc ! Je retrouve vite mes réflexes : direction la sortie et les taxis. J’ai définitivement renoncé à comprendre comment fonctionnent les bus dans cette partie du monde, y a jamais moyen de savoir où ils vont ! Et puis ils sont systématiquement bondés et après mon sac sur le dos, c’est vite un calvaire. Alors c’est confortablement vautrée sur la banquette d’un taxi que je file vers le centre-ville. Et c’est vraiment en plein centre que j’ai décidé de poser mon paquetage, au Manso Hotel. Situation idéale, prix en parfait accord avec mon budget, insonorisation catastrophique et retour en fanfare des cafards dans la salle de bain mais bon… on est en zone tropicale et puis c’est vraiment des tout petits cafards…

Après une bonne douche, je m’installe sur la terrasse de l’hôtel qui surplombe le Malecon. Le Malecon c’est l’immense promenade des Anglais qui longe la berge du Rio Guayas (qui donne son nom à la ville) sur près de 3kms. Guayaquil est située sur le delta de la rivière et quand on regarde l’horizon, on se croirait plutôt en bord de mer. Cracra la mer. Genre bien boueuse avec des trucs qui flottent dedans mais ça fait quand même bien plaisir. C’est vrai, j’aime bien la montagne toussa toussa mais la mer… c’est pas pareil. Bref, de mon perchoir, j’observe les Guayaquiliens (quoi ? et pourquoi pas ?) qui sortent du bureau et viennent se balader sur le Malecon en ce vendredi soir. Y a toujours une ambiance un peu particulière dans les villes qui ont un front de mer ou de rivière… j’aime bien. Après les avoir bien regardés, je finis par les rejoindre. Le Malecon est ponctué de cafés, restos, jeux pour enfants… y a même un centre commercial où faudrait me payer pour que j’achète quoi que ce soit et dieu sait que ça fait un bout de temps que j’ai pas fait de shopping mais… pourquoi ont-ils aussi mauvais goût ? N’empêche, avec un seul pull et une petite glace à la main, ça aurait bien un petit parfum de vacances tout ça… (oui, je sais, c’est tous les jours les vacances, vous allez pas me le répéter à chaque fois !)

En rentrant à l’hôtel, j’ai le plaisir de découvrir que la salle juste à côté de ma chambre fait office de piste de danse pour un groupe de seniors du coin… Et vas-y que ça tangotte, valsotte et s’écrabouille les pieds jusqu’à pas d’heure !

Le lendemain matin, je pars à la recherche d’un petit déj décent. C’est-à-dire qui ne soit pas à base de maïs, de viande grillée et de tortilla. Bah non, la gastronomie sud-américaine, j’arrive pas à m’y faire… Et là, miracle, je tombe sur un joli café où ils vendent des mini-croissants tout chauds et tout croustillants… que du bonheur ! D’autant plus que 2 pâtés de maison plus loin, je trouve une jugueria (un bar à jus de fruits en quelque sorte) qui fait des jus frais au litre… La journée commence bien !

L’estomac réjoui, je pars me balader dans la ville. Je suis toujours surprise de constater qu’ici, même dans les grandes villes, les boutiques ouvrent rarement avant 10h et les gens ne commencent à bouger qu’après le déjeuner. Je fais donc le tour des églises de la ville (oui, je vais bientôt passer un master en églises sud-américaines, je crois que je commence à avoir un certain niveau), je manque écrabouiller un iguane terrestre qui faisait une pause au beau milieu de l’allée d’un parc (le parc en question est en fait plein d’iguanes terrestres, c’est rigolo, on dirait des dinosaures) et je finis par aller grimper les 444 marches du Cerro Santa Ana pour contempler la ville d’en haut. Clairement, je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée, la moitié de la ville fait la même balade… Mais c’est vraiment joli, toutes ces petites maisons colorées qui couvrent la colline malgré le ciel qui est toujours gris (c’est officiel, le soleil en Equateur c’est une énorme publicité mensongère…).

En fin de journée, les pieds en feu et la gorge desséchée, je finis par me crasher sur la terrasse de l’hôtel. Et après une petite chupe de camarones, encore une fois, je refais mon sac. Parce que demain… je vais où ? Haha ! Demain, je vais… aux GALAPAGOS !!! A moi les îles paradisiaques, la plage, les tortues géantes, les raies mantas et les bébés requins qui jouent dans les vaguelettes ! A moi les petits poissons grillés, les petits poissons crus, les petits poissons frits ! Haha ! Je vois vos têtes d’ici ! Et bah quoi ? Faites un tour du monde ! C’est pas compliqué tout de même !

Photos ici.

Cuenca

La nuit a été effroyable. Bon. OK. Peut-être que « effroyable » c’est un peu exagéré. Mais franchement, c’est une des pires que j’ai passées depuis longtemps. Le bus est bien parti à l’heure avec mon sac et moi dedans. Moi, je me suis dit alors : « Chouette, chouette, il est 22h, je vais dormir comme ça, je verrai rien passer du trajet ! ». C’est que y en a pour 9 heures quand même. Sauf que. D’abord, le chauffeur, il avait pas envie de dormir, lui. Alors il nous a mis de la musique. Genre à fond. Et puis au bout d’une heure il s’est dit : « Oh… mais ils doivent s’ennuyer les petits derrière ! Tiens, et si on leur mettait un film ? » De préférence avec le son à fond. Et avec plein d’explosions et de coups de feu dedans (normal, c’était Taken2). Et là, cerise sur le cupcake, le bouton de la clim s’est retrouvé coincé sur « Superfrost ». A fond lui aussi.

Et moi, comme j’avais fini par prendre l’habitude des bus luxe péruviens, j’étais pas du tout préparée. C’était à peine si j’avais pensé à prendre ma polaire… Je me suis donc congelée toute la nuit. Au point que j’ai discrètement piqué un petit bout de couverture à ma voisine qui, elle, avait eu la bonne idée d’en emporter une. Et j’ai même fini par me mettre mon sac dessus histoire d’avoir une épaisseur supplémentaire. Et puis j’ai attendu… attendu… attendu que le soleil se lève. Ce qu’il a fini par faire mais ça faisait déjà 2 heures que je ne sentais plus mes pieds… Bref. C’était mon dernier bus de nuit dans un pays où il fait moins de 30°C, j’ai survécu mais je m’en souviendrai !

De bon matin, je me retrouve donc sur le bord du trottoir à Cuenca. Qu’allait-elle donc faire à Cuenca la p’tite dame ? Et bien Cuenca est la deuxième ville coloniale du pays après Quito, il paraît même que c’est bien plus beau et c’est mas o menos sur la route de Guayaquil où je dois être ce week-end. Et comme j’avais clairement pas le temps d’aller visiter un parc national ou aller me perdre dans la jungle quelques jours, je me suis dit que l’argument « classé au patrimoine mondial de l’Unesco » était une raison suffisante pour s’y arrêter. Bien m’en a pris.

D’abord, la ville est effectivement très jolie. Des petites rues pavées, des églises de partout, des couvents, des chapelles et une jolie rivière qui coule dans le fond. Le tout entouré par les montagnes (ah oui, on est toujours dans la Sierra à 2500m) verdoyantes… enfin ça, c’est ce que j’aurais pu voir si les nuages avaient daigné s’écarter plus de 3 minutes d’affilée. A la place, je me suis prise l’averse du mois. Qui a duré près de 4 heures… Bon. Ça m’a donné une bonne raison pour me réfugier au café autrichien du coin où ils servaient une dééééliiicieuse mousse au chocolat… No comment. Et puis, soleil ou pas soleil, Cuenca est la capitale du panama. Non. Pas du pays, le Panama. Le chapeau. Qui d’ailleurs, ne devrait pas s’appeler un panama puisqu’il ne vient pas de là (il était juste exporté en Europe à partir du Panama… dont acte), mais un montecristi. Alors qu’à cela ne tienne, je suis allée chez le plus vieux chapelier de la ville et je me offert un nouveau couvre-chef. Certes, c’est très pratique à transporter mais quoi ? C’est pas tous les jours qu’on a la chance de se trouver un chapeau qui tue à un prix défiant toute concurrence (et puis zut ! c’est les soldes non ??!!).

Bref, Cuenca, c’est petit (enfin… la vieille ville), c’est tout mimi et ça vaut bien que l’Unesco l’ait classée sur sa liste. Et non, le fait que j’ai trouvé un café qui faisait de fabuleux petits déj avec toasts au pain complet et pancakes n’influence pas du tout mon avis… ou peut-être un tout petit peu.

Alors bien sûr, j’ai pas eu le temps d’aller me balader dans les environs et pourtant, il parait que c’est magnifique. Mais là, je suis un peu pressée. Je dois filer à Guayaquil. Alors hop ! je ressaute dans un bus et 4 heures plus loin… tadaaaaa ! me voilà dans la deuxième ville du pays. Et devinez quoi ? C’est déjà ma dernière étape équatorienne. Déjà ? Bah oui ! Mais je vous expliquerai ça la prochaine fois…

Photos ici.

Nous n’verrons pas le Cotopaxi…

Ce matin, je me lève et je m’habille sans faire de bruit. Il est 6h, mes colocs dorment encore… Mais pour moi, c’est pas l’heure de traîner. Ce matin, je pars voir le Cotopaxi, le volcan qui domine Quito à près de 5897m. Bon, pour l’heure, j’entends surtout la pluie qui tambourine sur les tôles ondulées du toit…

J’ai rendez-vous devant l’hôtel avec 3 Belges, Roxanna, Steven et Jorun, mes co-aventuriers du jour, et Marco, notre guide. On commence tout de suite par les choses sérieuses, on se jette sur un pantagruélique petit déj… Salade de fruits frais, pancakes, sirop d’érable… pas très équatorien tout ça mais tellement bon ! Et puis, le temps de monter les vélos sur le toit de la jeep et en voiture Simone ! Ah oui… je vous ai pas dit : le Cotopaxi, on va y monter à pieds et redescendre à vélo, c’est bien plus rigolo…

Mais avant de se lancer dans le grand n’importe quoi, on a d’abord une grosse heure de route pour rejoindre l’entrée du parc national Cotopaxi. Tout le long du trajet, Marco nous cite tous les volcans qu’on est censés voir et qui sont bien emmitouflés dans les nuages… Les essuie-glaces battent la cadence sans discontinuer, nous, on sert les dents, ça promet… Après un énième virage, Marco, qui pourtant nous promet depuis le début que le Cotopaxi va être dégagé, finit par abandonner : « Non les gars, désolé, c’est pas aujourd’hui qu’on verra le sommet… ». Bon. Bien. Bah… de toute façon, maintenant qu’on est là, on va quand même grimper dessus, hein ! Encore une grosse demi-heure de piste après être entrés dans le parc et enfin, nous y voici ! On est au pied du volcan. Et il est dans la purée de pois. Mavéis bon, au moins, il a arrêté de pleuvoir…

Alors que ceux qui croient que ça y est, j’ai viré accro aux sommets et aux crampons, se détendent… Aujourd’hui, je ne grimpe pas au sommet. Je n’essaye même pas. On monte juste jusqu’au glacier, y a à peine 350m de dénivelé depuis le parking. Quoiqu’à plus de 4500m, ça compte ! Et dans les petits graviers de lave qui roulent sous les pieds aussi ! D’ailleurs, on va bien mettre une heure et demie mais au bout du compte, on se retrouve nez à nez avec une grosse crevasse qui vient mourir devant nos pieds… wow ! énorme ! Et en plus, on a touché les 5000m ! Mais comme il se met à grêler (oui parce qu’à 5000m, il ne pleut pas, il grêle…), on reste pas longtemps, on fait demi-tour et on va se mettre à l’abri au refuge qui sert de camp de base à l’ascension du sommet. Et là, c’est la meilleure partie de la journée : on a droit à un chocolat chaud brûlant qui nous fait presque oublier qu’on a même pas aperçu ce foutu volcan…

Mais la journée n’est pas finie ! Il nous faut encore redescendre au parking et de là, dégringoler toute la montagne jusqu’au lac Limpiopungo, ou tout du moins ce qu’il en reste après que les éruptions successives aient remplies le trou. Et oui ! Parce que le Cotopaxi est un volcan actif, messieurs-dames ! Et qu’il entre en éruption tous les 100 ans. A peu près. Et là, il se trouve qu’il a pas loin de 28 ans de retard… Ça pourrait donc bien arriver aujourd’hui… Mais comme on ne peut pas non plus tout le temps avoir la poisse, on va s’épargner ça pour cette fois. Non, cette fois, on va juste se concentrer sur les freins arrières de nos montures qui sont plus que fatigués. La descente de la piste gravillonnée et défoncée pendant 45 minutes les doigts crispés sur les freins, la tête rentrée dans les épaules et des sueurs froides nous coulant dans le dos chaque fois que nos roues arrières s’approchent un peu trop près du ravin sera un vrai cauchemar… Et encore moi, j’ai pas le mal des montagnes contrairement à mes petits camarades qui eux, ont la tête à 2 doigts d’exploser et les joues pleines de feuilles de coca ! Non vraiment, ce fût un véritable enchantement ! Et pourtant, juste au moment où on remonte les vélos sur la voiture et où on s’apprête à mettre les voiles, un coup de vent bienheureux nous dévoile un tout petit bout du volcan. C’est magique : la lave rouge, les roches grises, la glace étincelante… pfff ! qu’est-ce que ça doit être quand le ciel est bleu !

Et puis c’est pas le tout mais il commence à faire faim ! Marco nous ramène en ville et nous emmène déjeuner dans un petit resto où on tombe sur nos assiettes comme si on n’avait pas mangé depuis 15 jours. Un vrai régal ! Du coup, on s’autorisera même une micro-sieste sur le trajet du retour…

Et puis, comme d’habitude, la nuit tombant, on se retrouve cantonnés à l’hôtel mais après une journée pareille, on ne fait pas durer la veillée très tard…

Le lendemain, je décide que puisque je suis en Equateur, je vais aller le voir. L’équateur. A 22kms de Quito se trouve la cité de la Mitad del Mundo (la moitié du monde pour ceux qui n’ont pas mon niveau en espagnol) où est matérialisée la fameuse ligne. Ça fait partie des « à ne pas manquer » du Lonely. C’est donc que ça vaut le coup… et puis ça a intérêt parce que je mets pas loin de 2 heures pour y aller. Bon en même temps j’avais le choix : 2 heures et 50 centimes en bus ou 30 minutes et 40 dollars en taxi. Des fois, dans la vie, faut faire des choix. Bref, je manque louper l’arrêt (en même temps, tout le monde monte et descend n’importe où n’importe comment, parfois même sans que le bus ne s’arrête alors…) et je me retrouve sur un énorme rond-point au milieu de nulle part. Et là, je vois ça…

Alors je me dirige vers cette étrange sculpture, je paye mes 3 dollars d’entrée et… rien ! Y a rien d’autre ! Enfin si. Toute une panoplie de boutiques de souvenirs toutes plus kitsch les unes que les autres et deux restos déserts et hors de prix. Je hurle au scandale. Dans ma tête. Et d’un pas furieux, je prends la direction de la sortie. Tout en me demandant comment je vais bien pouvoir attraper le bus pour rentrer. Heureusement, en arrivant sur le rond-point, un bus s’arrête et il va dans la bonne direction : sauvée ! Là, allez comprendre pourquoi, le trajet retour me coûte 40 centimes contre 15 à l’aller. Désolée, j’ai pas compris les explications du type qui collecte les sous… Et puis après ça, je reprends encore un autre bus qui me ramène en centre-ville. Il est 13h, je viens de perdre 4 heures de ma vie… Et je suis franchement agacée. Du coup, je me venge, je vais manger une bonne grosse pizza pleine de fromage et d’origan ! Et na ! « A ne pas manquer » ? Pfff… j’t’en collerais du « à ne pas manquer », moi… Histoire de ne pas partir fâchée, j’irai quand même visiter la Basilica del Voto Nacional, une des plus grandes églises de la ville, ornée de tortues et d’iguanes… une petite touche locale.

Et puis je trouve refuge dans les canapés de l’hôtel pour laisser filer la fin de l’après-midi en attendant d’aller prendre le bus. Quito, c’est déjà fini. Cette nuit, direction le sud. Demain matin, je serai à Cuenca.

Photos ici.

Arrivée à Quito

J’étais donc à Cuzco, je devenais parfaitement bilingue en espagnol et malheureusement, pour des motifs aéroportuaires, j’ai dû interrompre tout ça. Je me suis donc refarcie 22 heures de bus jusqu’à Lima (là, je vous passerai les détails olfactifs mais pas de bol, mon voisin n’avait pas un anti-transpirant 48 heures…) où, j’ai tout juste eu le temps d’aller à la laverie et me chercher à dîner dans mon resto préféré avant de refaire mon sac (non, je ne compte plus les fois) sans oublier de mettre dedans tout ce qui ne va pas dans le bagage à mains. D’ailleurs, saviez-vous qu’en fonction des pays, les briquets vont ou ne vont pas en soute ? C’est assez compliqué, ça m’oblige régulièrement à tout démonter et tout remonter juste sur le tapis de l’aéroport et ça agace passablement les gens qui attendent derrière moi mais je ne comprends pas pourquoi y a pas une seule règle pour tout le monde ? Et évidemment, idem pour les liquides ou des fois, ils s’en foutent et des fois, ils en profitent pour te piquer ta crème solaire que tu avais oublié dans une poche… Mais passons !

J’ai donc dit au-revoir à Lima et à ma copine Irina de l’hôtel et comme j’étais un peu en avance ce dimanche matin, j’ai décidé d’aller à l’aéroport en bus. Sur le papier, c’est simple. Tu prends le Metropolitana, tu descends à l’arrêt Thomas Valle et là, tu prends un bus qui va à l’aéroport. Si tu vas prendre l’avion avec un sac en plastique, pas de problème. Si t’y vas avec un sac à dos qui ressemble à une carapace de tortue et qui pèse 20kgs… tu rigoles moins. Et encore, dans le Metropolitana, ça va. Tu poses ton sac par terre, tu t’assoies dessus, tu rabats un peu des sangles pour que les gens ne marchent pas dessus, bref, tu t’en sors. Mais après, le fameux « bus » pour l’aéroport… bah, c’est pas vraiment un bus. C’est un collectivo. Du genre de celui dans lequel on entasse le plus de monde possible. Alors quand toi tu débarques avec ta carapace, la petite madame qui gère les montées et les descentes, elle te regarde avec un œil mauvais. Mais bon, elle te laisse monter quand même. Mais tout de suite après, elle se met à te hurler dessus parce que ton sac, il prend la place de quelqu’un ! Bon alors pour la calmer un peu, tu lui réponds que c’est pas grave, tu paieras pour 2 ! A une sole le trajet, t’es même prêt à payer le double pourvu qu’elle te demande pas de prendre le sac sur tes genoux ! De toute façon, tu peux pas : sur tes genoux, y a déjà l’autre sac (oui, le petit, celui qui pèse 10kgs parce qu’il contient tous les gadgets électroniques sans lesquels vous et moi ne pourrions pas communiquer… snif !). Mais ça n’empêche. Au bout d’un moment, à force de regards noirs, elle finit par te demander de prendre ton sac sur les genoux. Même les autres passagers du bus râlent, ils voient bien que je peux pas. Mais rien n’y fait, elle est intraitable. Au fur et à mesure des arrêts, je me retrouve coincée contre la fenêtre avec pas loin de 3 rangées de passagers à franchir pour atteindre la porte. Le tout avec un sac de 20kgs sur les genoux. Alors évidemment, quand on arrive à l’aéroport, c’est tout un cirque pour m’extraire de là. Heureusement, les autres passagers sont sympas et balancent mes affaires sur le trottoir m’aident. Et là, je m’aperçois que de toute façon, j’ai soit une pièce d’une sole, soit un billet de 100. Et autant vous dire qu’ils rendent pas la monnaie sur 100 dans les collectivos. Du coup, sans remord, je paye mon trajet et uniquement le mien toujours sous les mitraillettes des yeux de ma nouvelle copine… Mais peu me chaut ! Je suis devant l’aéroport, à l’heure et avec toutes mes affaires.

Quelques heures plus tard, me voici à Quito. Là, c’est la douche froide. On est censé être en Equateur, le pays où il fait toujours beau et chaud puisqu’il est à l’équateur… Et bah non ! Il fait gris, il fait froid (tout du moins, autant qu’à Lima) et à peine dans le taxi, il se met à pleuvoir… « Bienvenido in Ecuador ! » qu’il arrête pas de répéter mon chauffeur… Ah, et oui, ici, j’ai un chauffeur. D’abord parce que c’est loin et qu’il y a un trafic monstre (on mettra plus d’une heure à rejoindre le centre-ville alors en bus, j’imagine même pas) et ensuite parce qu’il est compliqué de se faire amener dans le bon hôtel par les chauffeurs de taxi normaux. Une petite histoire de commission…

Bref ! le temps de poser mes affaires dans ma nouvelle chambre et de faire le tour du propriétaire, il commence déjà à faire nuit. Et là, je prends ma deuxième douche froide : il est plus que fortement déconseillé de sortir dans la ville après le coucher du soleil, y a une invasion de vampires… Non, je rigole. Mais honnêtement, on n’en est pas loin. Tout le monde te met tellement en garde contre l’insécurité dans les rues de la ville que t’oses pas mettre un pied dehors. D’ailleurs, c’est bien simple, depuis la terrasse sur le toit de l’hôtel, j’entends les parents qui rappellent les enfants qui jouaient dehors et les rues se vident. Bientôt, il n’y a même plus de voitures. Bien. Nous n’irons donc nulle part. Ou alors, si tu veux sortir, faut impérativement que tu appelles un taxi. Et le type qui fait la sécurité à la porte de l’hôtel (et qui porte un gilet pare-balles) note le numéro de la plaque du taxi qui t’emmène. Tout de suite, ça met dans l’ambiance… Je pense sincèrement que oui, y a un problème d’insécurité dans Quito mais est-ce que ça vaut la peine de psychoter comme ça, j’en sais rien. Toujours est-il que pour ce soir, je me contente d’admirer la ville qui s’illumine doucement depuis la terrasse…

Le lendemain matin, je pars donc explorer les petites ruelles sombres qui ne le sont plus puisqu’il fait jour. Je dévore un petit déjeuner fait de jus de fruits frais, de tortillas, de yaourt et de céréales, je me balade dans la vieille ville (c’est très joli, c’est plein de petites rues pavées et d’églises à chaque coin), j’en profite pour m’offrir une épilation digne de ce nom (hourra ! les esthéticiennes latinos ne sont pas myopes !) et je finis par arriver sur la Plaza Grande, la place centrale de Quito, où la foule commence à s’amasser. Mais pourquoi donc ? Et bien parce qu’on est lundi ! Et que le lundi, c’est raviolis ! la relève de la garde devant le Palacio del Gobierno, l’équivalent de notre Elysée. Très bien, me dis-je, assistons au spectacle ! Mais c’est pas tout ! Quand le président des Equatoriens est en ville, il préside la cérémonie. Il se peut donc qu’il fasse une apparition sur le balcon. Alors à 11h pétantes, quand les trompettes se mettent à résonner, tous les yeux sont rivés sur le balcon et… ouiiii ! le voilà ! Hyper détendu, hyper à l’aise, genre « Hey ! Salut ! Qu’est-ce que vous faites là ? », il sourit et il salue la foule qui l’acclame. Parce que oui, mesdames et messieurs, ici, on acclame son président. On a la larme à l’œil quand il fait un geste dans sa direction. On porte des k-ways affreux aux couleurs de son président. On scande son nom. Ici, on fait pas semblant. Et moi, j’ai jamais vu ça. Et je peux dire que je suis grave impressionnée. La cérémonie démarre enfin, les soldats marchent au pas, font des petits tours et puis s’en vont et moi, j’en reviens pas que le président passe 45 minutes tous les lundis matins à agiter la main depuis son balcon. Hallucinant. Par contre, en terme d’image et de popularité, c’est un carton !

Et puis les émotions, ça creuse, alors je vais grignoter un sandwich au jambon (si, c’est une spécialité du coin, j’y peux rien) et je pars en expédition à l’autre bout de la ville m’acheter un ticket de bus pour dans 2 jours. La première compagnie que je tente ne dessert pas ma destination (pas de bol, c’est supposé être la plus confortable), je trouve mon bonheur quelques kilomètres plus loin. Parce que oui, Quito fait pas loin de 65 kms de long sur 10 de large (2 dans les parties les plus étroites). Alors quand on te dit : « C’est à l’autre bout de la ville. », t’as intérêt à savoir précisément où tu vas… Je repars donc avec mon précieux billet et je me mets en tête de rentrer à l’hôtel avec les transports locaux (mes pieds sont fatigués). A Quito, il y a 3 lignes de trolley-bus. Vous savez, ces machins qui sont comme des trams mais qui roulent sur des pneus. Sur le plan de la ville qu’on m’a donné, leurs trajectoires sont claires et bien distinctes. Et bah dans la vraie vie, c’est pas tout à fait pareil. Du coup, je me retrouve quasiment à l’opposé de là où je voulais aller et je finis par rentrer à pieds. Eux, au moins, ils vont là où je leur demande d’aller… Une petite soupe, une bonne douche et au lit ! Demain, le réveil sonne à 6h. Demain, je vais encore tutoyer les sommets. Demain, je vais chatouiller la glace du volcan Cotopaxi.

Photos ici.

Ola Ecuador !

Chers lecteurs, il est grand temps pour nous de découvrir l’Equateur. Certes, vous avez tous déjà entendu parler de ce petit pays parce qu’il a la bonne idée de se trouver sur l’équateur mais à part ça, que savez-vous réellement de l’Equateur ?

… Rien ! C’est bien ce que je pensais. Et bah moi non plus figurez-vous ! Alors culturons nous un peu ensemble, voulez-vous ?

L’histoire moderne du pays commence avec l’empire inca. Jusqu’au début du XVème siècle, les Incas se cantonnaient au Pérou et plus précisément à la région de Cuzco. Et on ne parlait pas vraiment d’empire inca à cette époque. Et puis, un beau matin, l’Inca Pachacuti décida qu’il était grand temps de soumettre ses petits voisins et vlan ! il entra en guerre contre les tribus alentours. C’était le début de l’Empire… Au moment d’arriver en Equateur, Pachacuti était déjà mort et c’était son successeur, Tupac Yupanqui, qui menait les troupes. Mais les tribus équatoriennes ne se laissèrent pas faire et opposèrent une résistance farouche. Il fallut donc plusieurs années à Tupac pour imposer sa loi, ce qu’il finit par faire lors d’une bataille où les Incas massacrèrent des milliers de Caras (la tribu du coin) qu’ils jetèrent dans un lac près d’Otovalo (un peu au nord de l’actuelle Quito), dont les eaux, dit-on, devinrent rouges. Le lac prit le nom de Yaguarcocha, le lac de sang… Sympa !

Pendant les années où il était occupé à guerroyer dans le nord, Tupac eut un fils avec une princesse équatorienne qu’il prénomma Huayna Capac (pas facile à porter tous les jours mais bon, on choisit pas son prénom). Huayna grandit en Equateur et succéda à son père sur le trône de l’empire inca. Comme on choisit pas non plus sa famille, Huayna dût passer sa vie à aller réprimer des révoltes d’un bout à l’autre de l’empire. Quand il avait le temps, il se mariait, ce qui lui valût d’avoir 2 fils : Atahualpa qui grandit à Quito et Huascar élevé à Cuzco. Apparemment, il a eu 2 fois le temps…

A sa mort en 1526, les derniers mots de Huyana furent : « Argh… je divise mon empire entre mes 2 fils qui régneront chacun de leur côté… argh… » Il n’eût pas le temps d’ajouter : « Hey ! C’était une blague ! » et hop ! l’empire inca fût divisé. Evidemment, les 2 frères ne l’entendaient pas de cette oreille et commencèrent à se crêper les tresses (oui, les incas portaient des tresses, pas des chignons, du coup, on peut pas dire qu’ils se crêpaient le chignon). Et ceci coïncida avec l’arrivée d’étranges hommes barbus et montés sur des chevaux dans le nord du pays… Hum, hum… mais qui cela peut-il donc bien être ? Malheureusement, les 2 excités capillaires ne s’inquiétèrent pas vraiment de l’arrivée de ces nouveaux venus et se lancèrent dans une guerre civile qui déchira l’empire et se solda par la victoire d’Atahualpa en 1532.

Les Incas étaient donc un peu à bout de souffle quand Pizarro et ses troupes décidèrent de s’emparer de leur empire. Ces cavaliers en armure munis d’armes à feu furent assimilés à des dieux et malgré leur faible nombre, terrifièrent les populations locales. Fin 1532, une rencontre au sommet devait réunir Pizarro et Atahualpa qui était prêt à négocier pour avoir la paix. Mais quand il arriva, précédé de sa suite, les conquistadors massacrèrent tout le monde et le prirent en otage, exigeant une rançon pour sa libération.

D’incalculables quantités d’or, d’argent et de tout un tas d’autres trucs furent alors acheminées vers Cajamarca, au Pérou, où était retenu l’empereur. Mais après paiement de la rançon, ces petits traîtres de conquistadors lui firent un simulacre de procès et le condamnèrent à mort après l’avoir accusé d’inceste, de polygamie, d’idolâtrie et de crime comme le roi pour faire bonne mesure. Ils le décapitèrent le 29 août 1533 et poursuivirent leur chemin jusqu’à Cuzco. Un des généraux d’Atahualpa, le loyal Rumiñahui, poursuivit la lutte contre les envahisseurs pendant 2 ans. Il était si chagriné qu’on lui ait décapité son empereur qu’il aurait mis à mort un émissaire espagnol en brisant tous les os de son squelette puis en les extrayant de la dépouille par un petit trou avant de tendre sa peau, tête et organes génitaux intacts, pour en faire un tambour… Qui a dit que les Incas n’étaient pas des gens raffinés ?

Quand Sebastian de Benalcazar entra finalement dans Quito fin 1534, il trouva la cité rasée car Runiñahui avait préféré la détruire plutôt que de la voir tomber aux mains des conquistadors. C’était le dernier coup d’éclat du brave (et raffiné) Rumiñahui qui fût capturé et tué en janvier 1535. Quito rejaillit de ses cendres et en 1540, Pizarro nomma à sa tête son frère Gonzalo. L’Equateur n’était alors qu’une simple province du vice-royaume du Pérou. Mais en 1563, elle accéda à un statut plus important en devenant l’Audiencia de Quito et fût finalement transférée au vice-royaume de Colombie. Et ce fût de la temps de la paix pendant plusieurs siècles…

La première tentative sérieuse pour libérer l’Equateur fût menée par un groupe de partisans conduit par Juan Pio Montufar le 10 août 1809. Il parvint à prendre Quito où il installa un gouvernement qui dura seulement 24 jours, les troupes royalistes fidèles à l’Espagne sonnant immédiatement la fin de la récré.

Le véritable héros de l’indépendance fut Simon Bolivar, le libérateur vénézuélien (et pas bolivien, hein, bien sûr !) qui, partant de Caracas (oui, c’est au Venezuela), libéra la Colombie en 1819 et continua sa marche vers l’Equateur. Il fallut près de 2 ans pour que l’Equateur se libère totalement du pouvoir espagnol. La bataille décisive eût lieu le 24 mai 1822 quand le maréchal Antonio José de Sucre vainquit les royalistes et prit Quito. Bolivar vit alors son rêve d’union de tout le sud du continent américain prendre forme. Le Venezuela, la Colombie et l’Equateur ne formèrent plus qu’une nation indépendante : la Grande-Colombie. Cette utopie dura 8 ans puis hop ! chacun reprit ses clics et ses clacs et l’Equateur devint complètement indépendant en 1830.

Après l’indépendance, le cœur de l’Equateur balança entre libéraux et conservateurs pendant des années, comme la plupart des pays d’Amérique latine. La lutte entre ces partis atteignit souvent des sommets de violence et président devint un métier à risques. En 1875, le président Garcia Moreno, dictateur conservateur soutenu par l’Eglise, fut assassiné à la machette devant le palais présidentiel (on n’est pas les petits-enfants des Incas pour rien !). En 1912, le président libéral Eloy Alfaro fut tué et brûlé par la foule conservatrice de Quito. Et puis, lentement mais sûrement, l’équilibre finit par se faire entre en les conservateurs de Quito au nord et les libéraux de Guayaquil au sud. Durant l’essentiel du XXème siècle, la sphère politique se caractérisa par son instabilité mais l’Equateur ne connut pas les effusions de sang ni la violence des coups d’état dont souffrirent d’autres pays du continent. Il y eut pourtant presqu’autant de gouvernements militaires que civils : le président José Maria Velasco Ibarra fut élu 5 fois entre 1934 et 1972 mais ne termina pas un seul de ses mandats, étant démis par l’armée. Il ne fut pas le seul : entre 1930 et 1940, 17 présidents différents arrivèrent au pouvoir mais pas un seul ne parvint au terme de son mandat.

Jusqu’en 1970, l’Equateur était ce qu’on appelle une république bananière : ce fruit était quasiment la seule exportation du pays et sa seule richesse. En 1950, une maladie ayant décimé les plantations d’Amérique centrale, l’Equateur devint même le premier producteur mondial de bananes avec des exportations passant de 2 à 20 millions de dollars entre 1948 et 1952. Et en 1967, on découvrit du pétrole dans la jungle d’Oriente, à l’est du pays. Alors là, c’est l’emballement. Dès 1973, l’exportation des barils avait largement dépassé celle des bananes et en 1980, elle représentait plus de la moitié des revenus d’exportation. Mais curieusement, ces revenus ne tombaient pas dans la poche du petit peuple qui continuait à vivre dans la misère…

La fin des années 80 et le début des années 90 furent marquées par les luttes perpétuelles entre libéraux et conservateurs émaillées de quelques scandales de corruption bien placés. Les Equatoriens firent également quelques choix électoraux intéressants avec notamment l’élection à la présidence de Abdala Bucaram dit El Loco (le Fou) qui, après avoir fait campagne en chantant sur scène et en récitant des discours enflammés ponctués de jurons, se mit à parader dans les discothèques la nuit pendant qu’il dévaluait la monnaie le jour (tiens, tiens… cela nous rappelerait-il quelqu’un ? Noooon… faut pas pousser quand même !). Il fut déclaré « mentalement inapte » par le Congrès qui le destitua. Quelques temps plus tard, ce sont les nerfs du président Jamil Mahuad qui furent mis à rude épreuve. Les conséquences d’El Niño et le recul du marché du pétrole en 1997 projetèrent l’économie du pays dans une spirale infernale. En 1999, les exportations de crevettes chutèrent de 80% à la suite d’une épizootie (c’est une épidémie mais chez les animaux) qui décima les élevages. Et pof ! plus de crevettes ! L’inflation dépassa alors les 60%, battant tous les records d’Amérique latine (et pourtant, y avait de la concurrence !) et le président prit des mesures drastiques : le sucre, la monnaie équatorienne, bien trop instable, fut remplacé par le dollar américain après toute une série de grèves, de manifestations et, au passage, la démission de Mahuad. Alors qu’un an plus tôt, le dollar s’échangeait à 6 000 sucres, la population fut obligée d’acheter ses nouveaux dollars à 25 000 sucres, s’appauvrissant considérablement.

Le début du XXIème siècle vit défiler pas moins de 3 présidents en moins 8 ans (faut ce qui faut), tous remerciés les uns après les autres à la suite de larges mouvements de grève provoqués par les mesures d’austérité dictées par le FMI (tiens, tiens, tiens… ça aussi, ça me rappelle quelque chose…). En 2005, Alfredo Palacio, nommé par le Congrès, nouveau venu en politique et se définissant comme « simple médecin », se concentra sur les problèmes sociaux que son prédécesseur avait négligés. Afin de financer des programmes de santé et d’éducation et de relancer l’économie, Palacio annonça qu’il allait réaffecter les profits du pétrole au paiement de la dette extérieure. La part des revenus gouvernementaux sur le pétrole brut est alors passée de 13 à 87%. Son ministre des Finances et acteur principal de cette réforme, Rafael Correa fut ensuite élu lui-même à la présidence en 2006 et d’ailleurs, il y est toujours.

Rafael Correa lança un train de réformes après son élection. Une nouvelle Constitution, votée en 2008, a jeté les bases d’un modèle social qui a augmenté les dépenses en faveur de la santé et des démunis, accordé plus de droits aux Indiens, renforcé la protection de l’environnement et même autorisé le mariage civil homosexuel (décidément…). Ainsi, plus de 5 500kms de route ont été construits ou réparés, 300 000 personnes ont pu bénéficier d’un nouveau programme d’aide aux handicapés et le taux de pauvreté a baissé de 9% entre 2006 et 2011. Tout ça grâce à l’argent du pétrole. Le pétrole qui, justement, est devenu un sujet brûlant en Equateur. Notamment depuis qu’un tribunal a condamné en 2011 la compagnie américaine Chevron à une amende de 18 milliards de dollars pour avoir déversé des millions de litres de déchets toxiques dans la jungle équatorienne entre 1972 et 1992. Par ailleurs, le Parque Nacional Yasuni, un secteur vierge de l’Amazonie, renferme d’immenses réserves pétrolières que le gouvernement souhaite laisser inexploitées. Le président Correa a proposé à des investisseurs étrangers soucieux de leur image la bonne santé de la planète de rassembler une somme équivalent à la moitié de la valeur estimée de ces réserves sur une période de 13 ans  et de consacrer ces fonds aux énergies alternatives, aux programmes sociaux et aux infrastructures essentielles telles que les écoles et les hôpitaux.

Malgré toutes ces bonnes actions (j’en connais un qui s’est acheté des points de karma bonus !), Correa est la cible de critiques et a même été brièvement pris en otage lors d’une mutinerie de policiers. Autre sujet d’inquiétude, le manque de diversification de l’économie : tant que le prix du baril est à la hausse, tout va bien. Mais s’il devait chuter de manière significative, quid des ambitieux programmes sociaux équatoriens ?

Alors voilà. Tout ça a l’air tout à fait intéressant et puisqu’à moi, l’Equateur a autorisé l’entrée sur son territoire sans promesse d’extradition, je vais donc de ce pas voir à quoi ça ressemble. En voiture Simone, direction Quito !