Les Thousand Islands

Avant de rejoindre la capitale canadienne, je traînasse le long du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Oui, le même Saint-Laurent dans lequel frétillent des baleines. Sauf que là, on n’est quand même vraiment trop loin de la mer pour que les baleines passent dans le coin.

Y a donc pas de baleines mais des îles. Tout plein d’îles même. Tellement, qu’on appelle cette région les Thousand Islands. C’est la campagne, y a des champs, le fleuve, des herbes folles et les fameuses îles. Et tu n’as pas le droit de rouler à plus de 60km/h ce qui est parfait pour admirer le paysage et puis de toute façon, je ne suis pas pressée.

Moi non, mais ceux qui roulent derrière moi, visiblement, oui. Je me serre à droite pour qu’ils puissent me doubler mais personne ne double. Je finis par m’arrêter sur le bas-côté pour prendre des photos, les petits pressés poursuivent leur chemin et v’là-t’y pas qu’au loin, apparaît un stroboscope bleu et rouge.

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Je suis sur le point de remonter dans Flipper et de reprendre ma route quand le susmentionné stroboscope vient se garer juste derrière moi. A moins que lui aussi veuille faire des photos du paysage, je pense plutôt qu’il est là pour me parler. Je baisse donc obligeamment ma fenêtre et me colle un grand sourire sur le visage.

– Bonjour Mademoiselle. Comment allez-vous aujourd’hui ?
– Euh… bah bien. Y a un problème M’sieur l’agent ?
– En effet. Nous avons reçu une plainte parce que vous rouliez très lentement et sur le côté de la route. Avez-vous consommé de l’alcool ?
– Euh… non. Il est 10h du matin vous savez… Mais je croyais que la vitesse était limitée à 60, non ?
– Ah non, pas ici. Depuis le virage là-bas, vous pouvez rouler à 80.
– Ah désolée, je n’ai pas vu le panneau, je regardais le paysage.
– Ah oui ? Vous êtes touriste ?

S’ensuit une charmante discussion sur la région, le fait que ce soit complètement dingue que j’ai fait toute la route depuis la Californie et blablabla…

– Mais… pourquoi rouliez-vous sur le côté de la route ?
– Bah je voulais les laisser me doubler en fait…
– Ah… je comprends. Bon c’est pas bien grave. Je vais quand même vérifier vos papiers mais vous inquiétez pas, tout va bien.

Et pendant que Monsieur le Shérif va checker mon passeport, je réalise qu’en fait, sur les 800 derniers mètres (parce que le dernier virage n’est pas plus loin que ça), un des imbéciles qui me suivaient n’a rien trouvé de mieux à faire que d’appeler les flics pour dire que je ne roulais pas assez vite… Moi ! Pas assez vite ! Quand on sait le nombre de fois où je me suis fait arrêter dans ce pays parce que je roulais trop vite, c’en est risible… Enfin bref, Monsieur le Shérif me rend mes papiers, me conseille d’aller manger des chocolats, me souhaite un bon voyage et je reprends ma route. A 80km/h.

Un peu plus loin, j’atterris dans un parc où les trois-quarts des sentiers sont fermés (on est hors saison, hein, maintenant, c’est clair…) mais où on peut encore aller se perdre dans les dunes. C’est joli et y a des drôles de chenilles toutes poilues qui traversent la route.

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Et puis je continue ma route et je finis par arriver à Kingston, une charmante petite ville qui héberge le dernier collège militaire du pays mais également pas moins de 7 pénitenciers dont plusieurs de haute sécurité. En plein milieu de la ville. Rassurant. Du coup, ils ont un musée, le musée pénitentiaire du Canada, où on trouve de tout : des instruments de torture, des uniformes de gardiens, des énooooormes clés, des trucs rigolos qui ont été confisqués dans les cellules des détenus comme un arc et des flèches (pas vraiment pour jouer) ou un poignard fait avec un double-décimètre (j’ai toujours su que ce truc-là était dangereux…) et même des tentatives improbables d’évasions comme ce type qui s’est caché dans une pile de plateaux de cantine sales qui étaient envoyés ailleurs pour être lavés.

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Et puis, finalement, j’ai décidé de passer la nuit là. C’est pas tous les jours qu’on peut dormir à côté du plus grand nombre de détenus du pays ! Et en plus, y a un resto qui fait de monstrueux et délicieux burgers, difficile de ne pas se laisser tenter.

Le lendemain matin, après un petit tour au marché où l’on trouve désormais des citrouilles de toutes les tailles en quantité hallucinante, j’ai quitté mes prisons préférées (je crois qu’il ne faut pas y passer plus de temps que nécessaire…) et j’ai continué à suivre le Saint-Laurent. Parfois, sur les îles, y a des maisons. Juste comme ça, posées au milieu du fleuve. Et parfois, l’île est à peine plus grande que la maison. Alors y a un petit ponton, une petite barque et en général, une voiture sur la berge. T’as pas intérêt à avoir oublié le beurre…

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En fin d’après-midi, je suis arrivée à Ottawa. Et ça a beau être la mousson à l’extérieur, je suis allée prendre une douche à la piscine en intérieur.

Photos ici.

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