Complètement à l’Est…

Dans cette nouvelle vie que j’ai adoptée, je ne suis jamais « à la maison ». Enfin, si, chaque fois que je change d’endroit, c’est comme si j’avais une nouvelle maison. J’ai une capacité d’adaptation qui frôle le caméléonisme.. Mais du coup, je ne passe plus beaucoup de temps en France. On est fin juillet et depuis le début de l’année j’ai dû passer à peine un mois au pays du camembert de Molière…

Alors c’est super parce que je découvre tous ces nouveaux pays, ces nouvelles cultures, ces nouvelles personnes qui deviennent parfois des amis mais clairement, quand on me dit : « Ah c’est génial ! Tu connais le Congo ! », je rigole doucement. Je connais le Congo comme je connais Bordeaux. J’y suis passée quelques fois, j’y ai une flopée de souvenirs mais je ne connais pas Bordeaux. Ni le Congo. Parce que, breaking news, aller dans un pays pour y travailler c’est loin mais alors vraiment très loin d’être la même chose que d’y aller pour voyager. Oui on tisse de vrais liens avec des gens qui vivent là. Oui on s’y crée une routine, on y apprend plus de choses qu’on ne ferait si on était simple touriste et oui on se sent « à la maison ». Mais on n’est pas libre de ses mouvements (reminder : je travaille pour Médecins Sans Frontières, je vais donc dans des endroits où la sécurité est parfois une préoccupation bien réelle et où je suis tenue de suivre certaines règles. Ce n’est évidemment pas le cas de tous les expatriés du monde, heureusement…) et l’air de rien… on y bosse ! On n’a donc pas tout le temps du monde pour flâner le nez en l’air sur les marchés, aller visiter les musées et les sites archéologiques et profiter des plages de sable blanc… Alors, quand je suis en vacances (enfin… quand je ne travaille pas), bah… j’ai toujours envie de voyager !

Mais c’est vrai que les destinations exotiques sont un peu redescendues dans le classement de ma bucket-list. A la prochaine Jordanie, Argentine, Myanmar ! Welcome Norvège, Pays Baltes, Bulgarie ! Oui c’est-à-dire que j’ai eu ma dose de soleil et chaleur pour 2016. Là, j’ai envie de forêts, écharpes et roulés à la cannelle… Du coup, pour ce premier voyage de l’été (oups, j’ai vendu la mèche, il y en aura évidemment plusieurs…), j’ai choisi… l’Estonie !!

Alors d’abord l’Estonie, c’est où ? Très facile, l’Estonie, c’est là.

Et pourquoi ça l’Estonie ? Tout simplement parce que personne n’y va. Je passe ma vie à voir des gens, à parler à des gens, à vivre avec des gens. Quand c’est les vacances, j’ai envie de calme luxe et volupté et de solitude. Et puis aussi parce qu’en Estonie, y a des grands espaces. Des forêts, des plages, des centaines de kilomètres de paysage où tu peux laisser ton regard se perdre à l’horizon. Quand tu passes ta vie derrière 4 murs, de temps en temps, t’as besoin que tes yeux se souviennent comment faire pour regarder « au loin ». Mais bon, je me suis quand même un peu renseignée avant. En Estonie, y a plein de choses à voir, à faire et à manger.

J’ai donc acheté un billet d’avion pour Tallinn (encore un bon point pour l’Estonie, pas besoin d’être milliardaire pour aller y faire un tour), j’ai calé ma mère sous mon bras et en avant Guingamp !

On a commencé par explorer l’aéroport d’Helsinki. Oui parce que pour aller à Tallinn, globalement, faut passer par Helsinki. Paris-Tallinn en direct, ça n’existe pas. En tout cas, ça n’existait pas cet été. Helsinki c’est sympa mais faut pas rester trop longtemps sous peine d’en ressortir ruiné. Du coup, on grimpe dans un petit coucou d’à peine 20 places qui traverse le bras de mer qui sépare les 2 pays en pas plus de 25 minutes et nous ici voici !

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Arrivées à destination, on récupère la voiture qu’on avait louée pour 10 jours. Oui parce que l’Estonie, c’est bien y a personne mais du coup, c’est pas blindé en transport en commun non plus. Et comme je n’avais pas l’intention de rester à Tallinn mais bien d’arpenter les sentiers perdus, il nous fallait un moyen de locomotion. On a donc jeté notre sac dans le coffre, allumé le GPS et 20 minutes plus tard, on s’est garé par une belle fin d’après-midi aux pieds des remparts de la vieille ville. On y a donc fait un petit tour au hasard des ruelles pavées et Tallinn s’est montrée sous son meilleur soleil couchant.

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Ne sachant pas trop à quoi s’attendre gastronomiquement parlant, on a demandé son avis à notre ami le Lonely Planet. Et bingo ! On a atterri dans un petit resto à moitié bio, vegan ou je-sais-pas-quoi où on a pu goûter à la bière de la maison et à tout un tas de petits trucs très très sympas et très très délicieux.

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Autant dire que pour une première impression, Tallinn a mis le paquet !

Le lendemain matin, on a taillé la route. Déjà ? Oui, déjà. On a bien prévu de passer un peu plus de temps dans la capitale estonienne plus tard mais j’avais bien trop soif de grands paysages pour m’attarder en ville. On a donc pris la route de Saaremaa, une jolie petite île à l’Ouest du pays. Sur la route, on ouvrait grand nos yeux, on nous avait dit qu’on pouvait voir des cigognes. La circulation n’est pas dense (on est seules…), on peut se démancher le cou pour regarder le ciel. Et tout à coup, au sommet d’un poteau électrique, les voilà ! Perchées sur leur nid-plateforme, deux cigognes surveillent leur territoire… Elles sont énormes ! Enfin… elles doivent avoir une taille de cigogne moyenne mais moi, c’était la première fois que j’en voyais et je les ai trouvées énormes. Soudain, l’une d’elles s’envole. Deux battements d’aile et elle se laisse planer jusqu’au champ voisin. Avec son long bec orange, elle fouille le sol. J’en aurais presque oublié de garder les mains sur le volant. Mais le long de cette route, on s’est vite aperçu que c’était la fête à la cigogne. Presque tous les poteaux électriques étaient coiffés d’un nid et les grosses bestioles ne semblaient pas du tout effrayées par les voitures qui passaient dessous. On a fini par arriver au bout de la route. Après, c’était la mer. Et pour atteindre Saaremaa, il fallait prendre le ferry. Il y avait un vent à décorner les bœufs mais c’était tellement bon de laisser ses yeux courir sur les vaguelettes jusqu’à l’horizon…

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Et enfin, on est arrivé à Kuressaare. C’était l’après-midi, c’était calme. On a repéré notre abri pour la nuit (une petite guesthouse en dehors de la ville) puis on est parti se balader. Ah Kuressaare… son château épiscopal, ses moulins à vent… et c’est tout ! C’est pas bien grand mais c’est joli. Y a des géraniums aux fenêtres, des chats qui se dorent au soleil et des gens qui se promènent doucement. Cerise sur le gâteau, on peut dîner dans un des moulins. Une soupe, une goulash (un goulash ?) emmitouflées dans des gros plaids sur la terrasse puis au lit !

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Le lendemain matin, le ciel était gris. La pluie du matin n’arrêtant pas le pèlerin, on retourne faire un petit tour en ville avant d’aller d’explorer les forêts alentours. Au beau milieu de la forêt, il paraît qu’il y a une tour d’observation. On s’était dit que ça se serait chouette de prendre un peu de hauteur et d’avoir un joli point de vue. Alors ni une, ni deux, on a suivi le petit sentier qui menait à la fameuse tour. Et là…

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… voilà voilà… Bon, on n’est pas des mauviettes puis ça faisait jamais que XX mètres de haut… Certes, on aurait dit que toute la structure allait s’envoler au premier coup de vent mais y avait pas de vent alors c’était pas grave… Enfin ça, c’est ce qu’on croyait quand on était au pied de la tour, à l’abri des arbres. Une fois là-haut, on avait un peu les genoux qui s’entrechoquaient. Parce qu’il faisait froid, évidemment. Eventuellement parce qu’il y avait du vent et qu’on sentait la tour bouger. Et que tout ça n’avait quand même l’air que d’un gigantesque château d’allumettes. Alors on a pris deux ou trois photos et on est redescendu fissa. On s’est baladé encore un peu et puis on a repris la route. Direction Parnü.

Parnü, c’est LA station balnéaire estonienne. Quand je préparais l’itinéraire, j’hésitais un peu parce que je me disais qu’il y aurait peut-être trop de monde… Mouahahahaha !! On y est arrivé en fin d’après-midi sous un ciel gris foncé. Alors certes, c’est une grosse ville par rapport à toute la campagne qu’on avait traversée jusqu’à maintenant mais pour la foule, faudra repasser. J’avais réservé un petit bungalow dans une auberge un peu en dehors du centre-ville. Sur le site internet, y avait marqué « Biker Friendly ». Je confirme. D’abord y avait plein de grosses motos rutilantes garées devant. Et dedans c’était plein de gros bikers norvégiens. Tendance vikings. Cheveux longs, moustaches et barbes incluses. Avec en extra, les bandanas, les gros tatouages et les gilets en cuir… Comme les bungalows étaient organisés un peu comme au camping, y avait des douches communes. Et fallait passer avec sa petite serviette devant les gros vikings qui boivent des bières sur leurs terrasses… rigolo.

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Dans le centre-ville, on s’est trouvé un petit resto de spécialités presque locales : blinis et saumon. Faut dire qu’on n’était pas très loin de la Russie. Et d’ailleurs, on sent bien qu’en dehors des centre-villes plutôt mignons, les amis russes ont eu une influence certaine dans le coin. Les banlieues architecturées soviétique sont légions. Mais pour le moment, on profitait de l’air du soir en sirotant une bière locale. Il faisait assez froid mais les restos ont la bonne idée de mettre des couvertures à disposition des clients qui souhaitent rester en terrasse. C’est qu’on est tout de même très au nord, le soleil ne se couche pas de bonne heure et c’est plutôt agréable de pouvoir profiter de la soirée dehors. Et puis, je le confesse, ça me faisait plaisir d’avoir froid…

Le lendemain matin, il faisait encore bien gris. Ça mettait assez bien en valeur l’architecture soviétique mentionnée plus haut… Mais la ville de Parnü regorge de choses à voir et comme on n’était quand même pas venues dans la première station balnéaire du pays pour rien, on est allé jusqu’à la plage. Le sable était magnifique. Blanc, fin, il s’étendait à perte de vue et glissait entre mes orteils à moitié frigorifiés. Mais ne faisant jamais les choses à moitié, je suis allée les mettre carrément dans la Baltique. Je crois d’ailleurs qu’ils y sont restés…

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Puis on a repris la route. Cette fois, direction Viljandi. En route, on a fait une petite balade dans les tourbières du coin. Les sentiers sont bien aménagés et c’est agréable de marcher sur les palettes de bois en entendant floc-floc sous ses pas.  Encore une fois, on est arrivé à Viljandi en fin d’après-midi. On a posé nos affaires dans notre petit bungalow (avec sauna intégré… mais on a jamais compris comment le mettre en route…) puis on est allé au supermarché du coin pour faire des courses. Aller au supermarché à l’étranger, c’est un peu comme ouvrir le frigo de quelqu’un. Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. Ou si je peux éventuellement habiter chez toi. Là en l’occurrence, ça n’a pas été simple. De la lentille en veux-tu en voilà, de la mayonnaise à toutes les sauces (ou dans toutes les sauces) et pas un chat qui parle un mot d’anglais pour nous aider à comprendre ce qu’on était en train d’acheter pour le dîner… On s’est retrouvé avec des graines non identifiées (comestibles mais pas terribles) et du salami de provenance inconnue. Par contre, j’ai carrément fait la découverte du siècle : des barres de crème aromatisée et gélifiée enrobées de chocolat. Le tout emballé de façon individuelle et conservé au rayon frais. L’expérience prouvera effectivement que les garder plus de 3 heures dans la voiture n’était pas l’idée du siècle. Mais en attendant… une tuerie !

Au petit matin, on s’était mis en tête de trouver une laverie. Plus facile à dire qu’à faire… Pas de laverie à Viljandi. Y avait bien un pressing qui pouvait s’occuper de notre linge mais la dame ne voulait nous le rendre qu’à 14h et nous, à 14h, on comptait bien être loin d’ici. L’histoire dira qu’on aurait dû laisser notre baluchon au pressing mais prenons les choses dans l’ordre. Dans notre quête effrénée de la laverie parfaite (ou juste existante), nous étions passées à l’office de tourisme. Et nous y avions trouvé un petit itinéraire découverte de la ville qui avait l’air sympa et pas trop long. Comme on ne rappelait plus trop pourquoi on avait atterri à Viljandi, on s’est dit que ça serait une bonne idée. Et c’en était une ! Sauf qu’on n’avait pas super bien évalué ni les distances ni le temps passé dans les petits musées et autres boutiques d’artisanat mis sur notre chemin.

Moralité, à 14h, on revenait tout juste au centre-ville et on mourait de faim. Alors on s’est installé en terrasse (toujours) en face de la mairie pour déguster des petits plats avec de la citrouille, de la rhubarbe et tout un tas de graines magiques. Dé-li-cieux. Et pour ne rien gâcher, comme on était samedi, c’était jour de mariage et toutes les demi-heures sortait de la mairie un cortège festif avec mariée meringuée à souhait et moult tenues qui nous réjouissaient au plus haut point.

Lorsque le spectacle a eu l’air d’être terminé, on est remonté en voiture et on a quitté Viljandi pour aller découvrir le couvent de Kuremae. Sur la route, on a longé le lac Peipus. Le lac Peipus est le 5ème plus grand lac d’Europe et se déverse dans la rivière Narva qui sert de frontière entre l’Estonie et la Russie. Autant dire qu’on était maintenant complètement à l’Est. D’ailleurs, les gens ne parlaient même plus estonien ici mais russe. Le long du lac, il y avait plein de petits stands de SUITSUKALA (poisson fumé). Et quel meilleur souvenir à rapporter dans nos bagages qu’un petit morceau de poisson fumé à moitié russe… ?

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Une fois qu’on a quitté le lac, la route s’est mise à tournicoter dans la campagne. Et puis soudain, au sommet d’une colline, on l’a vu.

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Le couvent de Pühtitsa. Un des derniers couvents de l’Eglise Orthodoxe estonienne dans lequel vivent aujourd’hui 161 nonnes. Russes. Ne demandez pas pourquoi. Merci. Bien qu’on n’ait pas très bien compris le pourquoi du comment de ce couvent (y a une histoire de source sacrée quelque part), le couvent en lui-même est très impressionnant. Les nonnes sont toutes de noir vêtues. Y en a des jeunes, des vieilles, des très très vieilles. Beaucoup de femmes entraient dans l’église de laquelle s’échappaient des volutes d’encens et des chants religieux. Alors on a mis un foulard sur notre tête pour essayer de passer inaperçues et on est entrées. Il nous avait échappé un micro détail. Toutes les femmes étaient en jupe longue. Nous, en jean. Mais dans le tas, on a réussi à se faire oublier un moment. On a rien compris à l’office qui était en train de se dérouler (c’est pas qu’on soit des grandes adeptes des offices religieux de façon plus générale) mais le spectacle était amusant. Les gens se déplaçaient dans un grand ballet savamment orchestré pour aller embrasser les idoles, les livres et les mains des prêtres à barbes (qui doivent sûrement avoir un nom bien plus savant que « prêtres à barbes»). En consultant notre ami le Lonely, on a appris que le couvent était bien connu pour ses petits gâteaux et son miel. Il était un peu tard, il n’y avait plus rien. Alors on s’est promis de revenir le lendemain. En attendant, on a essayé de faire sécher nos chaussettes et nos petites culottes qu’on avait enfin réussi à jeter dans une machine à laver en les suspendant du mieux qu’on pouvait un peu partout dans notre chambre d’hôtel.

Le lendemain matin, on est donc retourné au couvent. Et on a acheté tout ce qu’il était possible d’acheter : du pain, des petits gâteaux bizarres avec une croix dessus et du miel. On aurait pu croire qu’il était possible d’acheter des cartes postales aussi puisqu’il y en avait plein derrière la nonne qui semblait les surveiller mais quand je me suis adressée à elle avec ce que je croyais être mon plus aimable sourire, elle m’a regardé par-dessous son gros sourcil broussailleux et elle m’a aboyé : « Niet !!! ». J’ai pas insisté…

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Après un dernier petit tour autour du couvent, on est donc reparti de Kuremae. Cette fois, on allait à Viitna. Mais avant d’aller à Viitna, on voulait aller voir une petite ville qui promettait de chouettes découvertes. Sillamae ça s’appelle. Sillamae fait partie de ces endroits qui depuis des milliers d’années ont subi les invasions successives de tous leurs voisins. Ici, on parle des Vikings dans les temps fort anciens, puis des Allemands et des Russes dans les temps plus récents. Pendant la période soviétique, Sillamae produisait 40% de l’uranium russe. Alors pour des raisons évidentes de sécurité, les Russes ont rayé Sillamae de la carte. Littéralement. Ils ont prétendu que ça n’existait plus. La ville n’apparaissait plus sur les cartes. Si tu habitais à Sillamae et que tu voulais aller voir ta Babouchka dans un village un peu plus loin, fallait un permis. Et t’avais intérêt à pas raconter ce que tu fabriquais à Sillamae. Sinon… bah ceux qui en ont parlé ne sont plus là pour dire ce qu’il leur est arrivé… Bref, Sillamae aujourd’hui c’est une ville fantôme. Avec des immenses avenues bordées de palmiers (incongruité certes, mais c’est joli) et des balançoires vides. Et quelques Babouchkas qui papotent sur les bancs en bas de leurs immeubles qui ont été désertés depuis longtemps…

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Une fois qu’on a été bien déprimées par l’ambiance de Sillamae, on est allée se remonter le moral en allant se balader le long de la mer en regardant les oiseaux.

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Notre destination du jour était le parc de Lahemaa à l’entrée duquel se trouve la petite ville de Viitna. Qui existe bien, elle. Et dans laquelle se trouve une taverne fort réputée à des kilomètres à la ronde et où on a pu se réconforter à coup de grandes cuillères de gruau et de viande grillée avant de rentrer se pelotonner sous nos couettes dans une datcha tout confort.

Au petit matin, on est donc allé se promener dans le parc de Lahemaa. Bon, on s’y est peu perdu pour être honnête… Mais c’était joli. Y avait plein de champignons, des petites fleurs, des petites baies multicolores… et on était pas dérangé par les voisins (y avait personne). Un peu plus tard dans la journée, on s’est mis en tête de faire une petite balade facile au bord de l’eau. Et puis encore un peu plus tard, une autre balade dans les tourbières. On a fini la journée avec près de 25 kilomètres dans les pattes. Il était temps de retrouver la civilisation et de rentrer à Tallinn.

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A Tallinn, cette fois, on avait loué un petit appartement pour les quelques jours qu’il nous restait. Au 8ème étage d’une tour Popovienne de première classe, on se fondait parfaitement dans le paysage. Au pied de l’immeuble se tenait tous les matins un marché où on allait acheter des kilos de fruits rouges qu’on avalait au petit-déjeuner. Et puis on allait se balader. Comme souvent, on a suivi un Free Tour. C’est sympa les Free Tour. On n’y apprend pas toujours plein de trucs intéressants sur la ville mais on se balade tout de même pas mal et en général, le guide est un gentil cinglé qui raconte des histoires rigolotes. Et puis en plus, ce jour-là, miraculeusement, il faisait grand beau.

Bref, on a mangé des glaces, on est allé voir la mer, on a fait le tour des remparts, des églises et des palais et on est même retourné dans le petit resto vegan du premier jour qui nous avait tant plu.

Alors, l’Estonie ? Ça valait le coup /coût ?
Et bah oui ! Carrément même ! Y a de très jolis villages, de très affreuses banlieues (mais il n’y a rien à y voir donc à priori c’est pas là que tu vas passer la majorité de ton temps), de très chouettes balades (faut aimer marcher seul dans la nature mais les sentiers sont très bien balisés), de très très belles plages (tu peux pas trop te baigner… à moins d’être breton de naissance… la mer doit être à 10°C) et plein d’extrêmement bonnes choses à manger (et quelques surprises déroutantes aussi parfois mais c’est bien ça qui fait le charme du voyage, non ?). Le coût de la vie n’est vraiment pas très cher et les hébergements tournent autour de 30€ par nuit pour 2 personnes. Et last but not least, les gens sont vraiment très gentils et ont envie de faire découvrir leur pays.

Alors ? Vous y allez quand en Estonie ?

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Start spreading the news…

Ce matin, je me réveille une dernière fois au son matinal des promeneurs de chiens qui passent sur le trottoir à quelques centimètres de ma tête. Mais ce matin, c’est un peu spécial : dans quelques heures, ce sera le moment de faire mes adieux à Flipper. Après plus de 2 mois de bons et loyaux services, de longues journées dans des régions les plus variées et de nuits dans des endroits les plus insolites, notre aventure commune s’achève. Je sais pas pour lui, mais moi, ça me fait des papillons dans le ventre…

Mais avant de laisser Flipper nager vers de nouveaux horizons, je lui offre un grand ménage et surtout, je remballe tout mon barda. C’est qu’en 2 mois, on s’étale ! Et une fois tout empaqueté, je réalise qu’il y a un problème : je suis montée dans Flipper avec 3 sacs et je vais en redescendre avec 5… Mais bon, dans la vie, c’est bien connu, y a que des solutions et puis j’ai pas vraiment le temps de m’appesantir sur la multiplication des p’tits pains. Il nous reste quelques kilomètres à parcourir avant d’atteindre notre dernière étape… Manhattan.

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Et d’ailleurs, la voilà. Au détour d’un virage, alors que je n’avais pas la moindre idée de l’endroit où on était, tout à coup, à l’horizon se dessine ma skyline. Oui, c’est la mienne. Et cette vision annonce subitement quelque chose que je voyais se profiler depuis un moment déjà sans vraiment en prendre conscience : c’est la fin. La fin de ce road-trip de dingue et de ces milliers de miles de bitume avalés jour après jour mais aussi la fin de ce voyage. De tout ce voyage. Parce que New York, même si je vais y rester un petit moment, c’est la dernière étape. Le point final. De là, il ne me restera plus qu’à rentrer à Paris et la boucle sera bouclée. Et ça aussi, ça me rend tout chose… Mais comme on est pas du genre à se laisser abattre Flipper et moi, on tourne le son de l’auto-radio à fond, on se prend pour Franck Sinatra et on se met à hurler à tue-tête (enfin moi surtout)…

Start spreading the news…

I’m leaving today…

I want to be a part of it…

New York, New Yooooooork !

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AL et la vie de château

Clairement, le rythme des derniers jours est au ralenti : 4 nuits au même endroit, c’est le genre de truc que j’ai pas fait depuis… bah presque depuis je suis partie ! Mais en même temps, ça fait du bien. Arrêter de courir, passer du temps à bouquiner devant des plages désertes pelotonnée sous 3 plaids ça reste vraiment sympa. J’ai bien l’impression que ça pourrait être le programme pour le reste de ma vie. Sauf que bien sûr, ça n’est pas le programme. Le programme c’est que dans 3 jours je vais devoir dire adieu à Flipper. On se rapproche un peu plus de notre ultime étape et c’est bête, mais je sens déjà qu’il va me manquer. C’est peut-être pour ça qu’on passe autant de temps ensemble ces derniers jours…

Mais trêve de sentimentalisme ! Après avoir passé quelques temps chez les riches, il est temps d’aller voir ce qui se passe du côté des vraiment très très riches. Nous voici donc dans le Rhode Island. Le plus petit des états et le refuge d’été des grands de ce monde. Je m’arrête donc à Newport, petit port de pêche plaisance. On se croirait dans Gatsby le Magnifique (le film). En fait la ville était la station balnéaire la plus en vue à la fin du XIXème siècle quand sont apparues les grandes fortunes de l’industrie. A cette époque, l’impôt sur le revenu n’existe pas et les petits « cottages » d’été construits face à la baie sont vite remplacés par des résidences de ouf malade somptueuses. Toujours face à la baie. Quand tous ces très très riches l’ont été un peu moins (quand ils ont commencé à payer des impôts quoi…), la plupart des familles ont été contraintes d’abandonner ces palaces de bord de mer et quelques uns ont même été détruits. Heureusement, certaines mansions ont été préservées et on peut aujourd’hui les visiter. Je n’ai donc visité que 2 manoirs : The Breakers et The Elms. De l’avis du type qui vend les billets, les 2 plus impressionnants. Et ça a marché, j’ai été impressionnée. Le billet est un peu cher (et on n’a pas le droit de prendre des photos à l’intérieur) mais l’audio-guide fourni avec est particulièrement bien fait.

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On aime ou on n’aime pas le style un peu très beaucoup surchargé mais on imagine très bien les dames en robes longues qui descendent les escaliers majestueux, les messieurs fumant le cigare en lissant leurs belles moustaches et en étant un peu attentif, on entendrait presque les échos des rires, des verres qui tintent et des orchestres sur les pelouses. Parce que oui, ces maisons n’étaient utilisées que l’été et pour recevoir le beau monde. C’était donc littéralement la fête tous les jours. Les femmes pouvaient changer de tenue jusqu’à 7 fois par jour : une fois pour le petit-déj, une fois pour aller jouer au tennis, une fois pour le lunch, une fois pour rendre visite à la voisine, une fois pour le thé, une fois pour la balade en calèche de fin d’après-midi le long de la falaise, une fois pour le dîner et une fois pour la soirée. Au moins, la lessiveuse avait du boulot ! Ça doit être mon côté midinette mais l’ambiance des années 20 (1920, hein, bien sûr), le champagne qui coule à flot et toutes ces robes…  je crois que c’est le genre de vie que j’aurais pu supporter le temps d’un été.

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Outre ces mini-châteaux, Newport aujourd’hui, c’est loin de ressembler à la Grande Motte. C’est même carrément hyper joli. Petites rues pavées, petites églises aux toits blancs, petits magasins de souvenirs où t’as besoin de casse ton PEL pour acheter un bibelot… La ville accueille aussi l’université du Rhode Island, elle aussi, au bord de la falaise. Quand je pense aux tours de Jussieu, même moi qui n’y ai jamais mis les pieds, je me dis que quand même, la vie est injuste…

Pour mon dernier jour de nomadisme, Flipper et moi, on a continué sur notre lancée et on est allés visiter l’université de Yale à New Haven, Connecticut. Enfin on voulait aller visiter Yale. Mais petite erreur de timing, j’ai loupé l’heure de la visite guidée alors je me suis juste baladée sur le campus. Et franchement, après le MIT et Harvard… bah c’était plutôt décevant. Mais c’est sûrement parce que j’ai pas eu le commentaire qui allait bien. Et puis New Haven après Newport c’était… comme manger une tablette de Lindt quand vous êtes habitués à du Patrick Roger… bref, pour rester polie, plutôt en demi-teinte.

Alors pour la dernière fois, j’ai déplié la banquette de Flipper, je me suis calfeutrée derrière ses rideaux, ai déplié mes 3 couvertures et, bercée par les gens qui promènent leurs chiens, les clodos qui trimbalent leurs caddies brinquebalants et les étudiants qui rentrent de soirée dans un sale état, je me suis endormie.

Photos ici.

Cape Cod

Après avoir passé les derniers jours en environnement urbain et donc avoir laissé Flipper se morfondre dans un Park & Ride, on s’est dit qu’on n’était pas des pouilleux et qu’on allait donc aller faire un petit tour du côté de chez les Kennedy. Ouais, Jackie, JF et cie. Ces Kennedy-là.

A l’époque, c’est en effet à Cape Cod que JF et Jackie venaient passer leurs vacances. Autant dire que d’un coup, ça s’est plutôt mis à avoir la cote. Et comme JF était un gars plutôt sympa somme toute, il a classé toute la péninsule en parc naturel (le Cape Cod National Seashore) ce qui fait que la côte n’est pas défigurée. Bon, y a quand même des petites villes tout le long de cette jolie bande de terre et faut bien que les gens vivent et que la montagne de touristes qui vient s’agglutiner sur les plages se loge quelque part alors de temps en temps, y a des alignements de bungalows sur plusieurs miles mais à part ça, c’est vrai que c’est joli.

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Le premier truc surprenant quand j’arrive, c’est tous les motels et campings qui affichent « No Vacancy ». Quoi ? Tout est plein ? C’est ouf ! Et puis finalement, en y regardant de plus près, c’est pas tout à fait ça. C’est qu’en fait, c’est fermé. Bah oui, ça y est, on est en novembre, la saison est plus qu’over et un peu partout y a des petits panneaux qui disent « Thank you for the season, see you in May ! ». J’arrive quand même à attendrir la gérante d’un camping qui me laisse prendre une douche (j’ai bien fait de passer aujourd’hui, c’est le dernier camping ouvert et ils ferment ce soir…) mais en traversant la péninsule, y a quand même une atmosphère un peu lugubre… Pour ne rien arranger, le ciel est bien gris et ça pleut même un peu. Grumpff…

Je décide d’établir le campement à Provincetown, tout au bout du bout du monde. Me demandez pas pourquoi, Provincetown c’est devenu LE rendez-vous de vacances de la planète gay. C’est un peu moins mort qu’ailleurs mais y a une ambiance bien particulière. Pas un enfant dans les rues, un couple hétéro pour 50 couples homos et quelques boutiques interdites au moins de 18 ans qui jouxtent les galeries d’art et les confiseries. L’océan est juste derrière la toute petite rue principale et j’ai beau me bourrer de fudge, niveau charme, j’accroche pas. Je préfère me balader dans les dunes.

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Mais bon, on est dans un parc naturel, on peut pas faire du camping sauvage n’importe comment alors je retourne à Provincetown pour passer la nuit.

Le lendemain, il pleut franchement. Alors avec le côté hors-saison-tout-mort, c’est bien déprimant. Je me balade quand même un peu entre les gouttes et j’observe les gens qui pêchent à pieds.

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D’un coup, y a un truc qui me redonne le sourire.

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Ayé ! Flipper et moi, on a fait 8 000 miles ! La vérité, ça devrait pas me faire sourire parce que j’avais le droit à 100 miles par jour et ça veut donc dire qu’on les a bien dépassés et que je vais encore me faire racketer mais quand même ! 8 000 miles ! 12 875kms ! C’est pas un p’tit pays hein !

Après une deuxième nuit à Provincetown, je décide de changer de décor. On est encore là pour 2 nuits, on va pas continuer à se morfondre dans ce trou à rats. L’idée c’est de prendre le ferry pour aller faire un tour à Nantucket, une petite île bien prometteuse à quelques heures de là mais là, avec le temps qu’il fait… pfff ! ça vaut vraiment pas le coup. On traîne donc dans Hyannis, LA grosse ville du coin (puisque c’est là que se trouve la maison du clan Kennedy… que j’irai même pas voir en plus). Mais c’est un peu comme dans le reste de la péninsule… Thank you for the season, see you next year… Du coup, c’est le long d’une petite plage de la Lewis Bay qu’on trouve refuge. Flipper le nez au vent et moi le nez enfoui sous mes plaids à bouquiner. Et puis, le miracle se produit. D’un coup, je trouve que la luminosité est vachement bizarre. Je lève le nez et je vois ça.

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Je sors en courant du van mon appareil à la main. Et là, au milieu de nulle part, alors que je me disais que franchement, Cape Cod, ça fait partie des endroits qui valent pas la peine que je le grave sur le disque dur de ma mémoire, j’ai droit au plus beau coucher de soleil que j’ai jamais vu. Celui où tu comprends enfin ce que veut dire l’expression « le ciel s’embrase ».

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Je suis époustouflée. J’ai presqu’envie d’applaudir quand c’est fini. A la place je retourne en courant dans le ventre de Flipper parce que maintenant qu’il n’y a plus de soleil, fait carrément froid. Mais j’ai grave le sourire. Parce que les 20 dernières minutes rachètent facilement les 3 derniers jours un peu pourris.

J’espérais que pour le lever de soleil ça serait tout aussi magique mais bon, on gagne pas à tous les coups… Pour cette dernière journée au Cape, la météo n’est pas suffisamment sûre pour se risquer à Nantucket alors je traîne encore un peu sur les plages, je fais un peu de lèche-vitrine (oui parce que Hyannis, c’est pas dans les limites du National Seashore et les centres commerciaux y ont poussé comme des champignons) et vers 18h30 (si, c’est une information importante, vous allez voir), je pousse par curiosité la porte du cinéma. Y a Last Vegas qui passe à 19h10, je dis banco. J’achète donc un billet et je vais me faire faire les ongles (oui dans ce pays merveilleux, la manucure coûte 10 dollars, c’est un luxe que je m’offre plutôt 2 fois qu’une) avant de revenir pile à l’heure pour la séance.

Bon, on n’oublie pas qu’on est à Hyannis, super hors saison, y a personne qui contrôle l’entrée du cinoche alors je rentre dans la salle indiquée sur mon billet. C’est marrant, il fait déjà noir, y a des trucs sur l’écran pourtant j’ai 10 bonnes minutes d’avance. Quelques personnes dans la salle mais y a pas vraiment foule. Je m’installe et je commence à m’intéresser à ce qui se passe sur l’écran. Et là… je commence à me poser des questions. Parce que ce qui passe sur l’écran, c’est mon film. Pourtant, c’est bien la bonne salle, j’ai vérifié en entrant et le film est bien programmé à 19h10, c’était aussi marqué. Bon, le gars m’avait dit d’arriver 20 minutes à l’avance alors est-ce que j’ai bien compris et est-ce que le film a démarré plus tôt ? Ça serait plutôt bizarre mais dans ce cas, j’ai loupé que les 10 premières minutes, c’est pas la mort. Bizarre quand même…

30 minutes plus tard… générique de fin ! Alors là, je comprends plus rien du tout… Les lumières se rallument, tout le monde sort, moi aussi. Je croise un gars du ciné dans le couloir, je lui montre mon ticket en lui demandant ce qu’il se passe, le gars comprend rien et me fait signe que si, si, c’est bien dans cette salle et puis s’en va. Je suis perplexe. Décontenancée. Déconcertée. J’y comprends rien. Et puis… subitement, je me dis… mais, avec tous les changements de fuseaux horaires, est-ce que j’en aurais pas loupé un quelque part ? Je demande alors l’heure à 2 personnes qui sont plongées dans leur seau de pop-corn dans le hall (ouais ici, tu peux commencer à creuser dans ton pop-corn depuis le hall, de toute façon, t’arriveras pas à voir le fond de ton seau même après avoir vu Titanic…). « 18h20 ! » OK… C’est donc bien ça, je vis sur un autre fuseau horaire… En creusant un peu, je me rends compte que c’est pas un fuseau horaire que j’ai loupé, c’est juste que la nuit dernière, on est passé à l’heure d’hiver. Bon, la bonne nouvelle, c’est que je vais pouvoir retourner voir le début du film. Puisque personne checke les tickets, y a pas de raison !

Photos ici.

Boston, les baleines, le président et moi

En descendant le long de la côte du Maine tout en m’empiffrant de lobster rolls, je décide de m’arrêter à Portland. Et pourquoi ça me direz-vous ? Et bah d’abord parce que c’est joli et qu’en plus, je ne suis pas vraiment pressée. Après avoir revu l’itinéraire pour la 173ème fois, j’ai finalement décidé de ne pas pousser jusqu’à Philadelphie et Washington. Ça sera pour une autre fois ! Du coup, je prends mon temps.

Bon, en cette première après-midi à Portland, j’observe surtout la pluie qui ruisselle le long des murs de brique… Alors je fais ce que je sais faire de mieux : je file m’enfoncer dans les banquettes d’un Starbucks pour siroter à petites gorgées mon Grande Chai Latte… (et je commence à me demander comment je vais faire pour m’en passer dans quelques temps)

Le lendemain matin, c’est grand soleil. Bon c’est aussi dimanche matin alors on peut pas dire que la ville déborde d’animation mais ça reste sympa ce petit port de pêche. Des jolies petites rues pavées bordées de maisons en brique, non, vraiment, ça ne ressemble à rien que j’ai pu voir jusque-là.

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Et c’est sympa de constater que toutes les villes américaines ne sont pas copiées/collées. Et pour la 1000ème fois, y a rien à faire, c’est quand même mieux avec le soleil. Y a beau avoir un vent à faire valdinguer les mouettes, ça met le sourire.

Histoire d’en profiter encore un peu plus avant de rejoindre Boston, je vais faire un tour au Fort Williams Park pour admirer les vestiges dudit fort et le phare.

En poursuivant la route, je fais aussi un petit détour par Salem. Le Salem des sorcières. Dans cette petite ville sans histoires, à la fin du XVIIème siècle, des gens se mettent à agir de façon plutôt étrange. On est en pleine période coloniale, la religion tient une place plus qu’importante et long story short, ces personnes frappées d’hystérie sont accusées et reconnues coupables de sorcellerie. 19 personnes sont donc purement et simplement pendues le 22 septembre 1692. Aujourd’hui, on pense qu’une explication plausible de ce phénomène resté inexpliqué serait en fait que tous ces malheureux ont pu ingérer de l’ergot du seigle, un champignon qui attaque les céréales et contient une substance proche du LSD. Ils n’étaient pas possédés par le démon mais juste sooooo high

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Evidemment, j’ai la bonne idée de me pointer alors qu’on est le dimanche d’avant Halloween… Oui, pour nous, ça serait pas tellement un problème vu qu’Halloween, on s’en fout globalement comme de notre dernière chaussette mais ici, on rigole pas avec ça. Et comme on est dans la ville des sorcières, on rigole encore moins. Du coup, c’est blindé de monde partout, déguisé avec plus ou moins (et plutôt moins) de bon goût, le cimetière est envahi de visites guidées et y a même un parc d’attractions qui s’est installé pour l’occasion. J’arrive à naviguer entre les stands de tirs et les baraques à épis de maïs mais rapidement, je suis saoulée de monde et plutôt que de passer la nuit ici à attendre que les esprits se manifestent, je préfère continuer mon chemin jusqu’à Boston où j’arrive à la nuit tombée.

Boston, LA ville historique du pays. Enfin la ville qui a joué un rôle tout à fait particulier lors de la révolution et de la guerre d’indépendance. Et les Bostoniens ne sont pas peu fiers de leur passé. Le long des trottoirs court un ruban rouge traçant le Freedom Trail, un circuit de découverte des principaux monuments de la ville. Ça évite d’avoir le nez tout le temps dans le guide, c’est sympa. Et puis la ville en elle-même est sympa. On dit de Boston que c’est un mini-New York. C’est clair qu’on sent bien qu’on est sur la côte Est mais de là à comparer la ville à Manhattan… faut pas pousser non plus ! Mais c’est vraiment agréable, on voit le ciel, y a plein de boutiques organic (bio quoi !) et en plus, du port, on peut prendre un bateau pour aller voir les baleines. Me faites pas dire ce que j’ai pas dit mais ça pourrait en fait être presque mieux que Manhattan ! (j’rigole, y a rien de mieux sur terre que Manhattan. Et croyez moi, j’ai fait le tour…)

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En tout cas, voici donc venue l’heure de mon rendez-vous avec les baleines. Comme je l’ai déjà raconté  et , j’ai une fâcheuse tendance à faire fuir les cétacés. Mais cette fois, je suis bien décidé à ce qu’on se regarde dans le blanc des yeux ! Me voilà donc à bord du bateau de l’Aquarium de Boston à fixer l’horizon à m’en brûler les yeux. J’ai réussi à me caser à l’avant du bateau et ni le froid ni la marmaille qui braille ne me feront bouger d’un pouce. Pendant 4 heures. Enfin si. En rentrant, j’ai craqué, je sentais plus mes pieds alors je suis rentrée dans la cabine. Mais en attendant… quel spectacle !!

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Avec un total de 7 baleines à bosses différentes, la naturaliste nous explique qu’on est sacrément chanceux parce que c’est la fin de la saison et que c’est plutôt rare d’en voir autant. Bon, elles s’approchent pas trop trop près et j’ai du mal à me rendre vraiment compte de la taille totale des bestiaux mais rien qu’à la queue qui fouette l’air… pfff ! impressionnant !

Je rentre au port congelée mais ravie : enfin ! j’ai vu des baleines ! La prochaine fois, ce sera dans un plus petit bateau pour pouvoir s’approcher vraiment près…

Le lendemain, c’est journée « rhaaa… comment c’était bien d’être étudiant… ». Ouais, je sais, quand t’es étudiant et que t’entends des gens te dire que ce sont les meilleures années de ta vie, en général, tu te dis que c’est des vieux cons. M’enfin rappelle-toi, quand t’avais 15 ans, tu croyais que les gens qui en avaient 30, c’étaient des vieux cons. L’un dans l’autre… on s’y retrouve. En attendant, clairement, maintenant t’es dans la catégorie de ceux qui sont nostalgiques. Et pourquoi donc ces considérations philosophiques ? Et bah tout simplement parce qu’à Boston se trouvent 2 des plus prestigieux établissements universitaires du pays. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) dont sont issus rien de moins que Benyamin Netanyahou et Howard Wolowitz (oui, j’ai des références moi, môsieur…) et l’immensément prestigieuse Harvard avec son festival d’anciens présidents, de prix Nobel et accessoirement Marc Zuckerberg. Et les 2 campus se visitent. Gratuitement. Accompagné d’étudiants. Ce qui rend en fait la visite particulièrement intéressante puisque du coup, on a un peu l’impression d’y être soi-même étudiant pendant 1 heure ou 2. Oui, 1 heure ou 2 parce que si tu veux rester plus longtemps et connaître l’immense privilège de profiter des infrastructures de malade (non mais vraiment de malade) ou simplement te faire un bon bizutage d’une fraternité quelconque, va falloir casquer près de 100 000 dollars l’année… Ouais. Ça refroidit. Et ça pose la question de l’accès à l’enseignement. Comme quoi, en France, on râle mais quand même, le système n’est pas si mauvais…

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Après cette petite journée revival où je me suis dit que malgré tout, l’expérience universitaire aux Etats-Unis, ça n’a rien à voir (mais alors rien de chez rien) avec ce qu’il y a chez nous, j’avais prévu de reprendre la route. Mais le destin en a décidé autrement. En lisant les gros titres de Métro dans le métro (oui, ils ont aussi Métro aux US), j’apprends que le lendemain, l’ami Barack vient justement à Boston faire un petit discours pour défendre l’Obamacare. Comme j’ai pas encore eu le temps de goûter la clam chowder du coin, je décide donc de rester une journée supplémentaire. Evidemment, ce jour-là, il pleut.

Le discours n’étant qu’en fin de journée, je vais d’abord traîner sur les quais où sont amarrés des bateaux de la Marine. Un très très vieux, l’USS Constitution, très joli avec tous ses haubans, ses canons et ses petits hamacs qu’on se dit qu’on n’aurait pas aimé d’être un marin ayant le mal de mer dans ces conditions, et un beaucoup plus récent, tout gris et assez moche (comme ceux qu’on voit à Toulon quoi !) et où j’arrive à me faire choper parce que je me retrouve dans un coin où y a pas le droit d’aller. En même temps, c’est pas de ma faute, y a quelqu’un qui n’a pas remis la chaîne…

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Pendant ce temps, autour du Quincy Market, on sent qu’il va se passer un truc important.

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J’arrive un peu à la dernière minute et y a plein de monde partout mais ça ne m’empêche pas de jouer des pieds et des coudes pour me frayer un chemin jusqu’aux barrières de sécurité pour apercevoir l’Homme-qui-dirige-le-monde. Bon, évidemment, grosse déception. D’abord la police a bouclé tout le quartier et il est impossible d’approcher l’entrée du bâtiment dans lequel le président s’exprime. N’est admis qu’une liste d’invités triés sur le volet. Le reste des curieux (dont votre serviteuse bien évidemment) est parqué à l’arrière du bâtiment dans l’espoir de l’apercevoir à la sortie. Mais comme il ressort par là où il est entré, bah… on ne voit rien du tout. Bon, j’ai quand même réussi à l’apercevoir à travers les vitres teintées de sa grosse voiture mais en fait… il est comme à la télé. Sauf qu’à la télé, tu le vois en plus grand.

Barack

En général, tu vois pas non plus les pancartes des anti-Obama qui réclament que son prix Nobel soit donné plutôt à Poutine… Ah, ces Américains…

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Après toutes ces émotions, j’ai fini ma journée en tutu. Je suis allée voir La Bayadère, un ballet par le Boston Ballet. Alors autant chez nous (en France je veux dire), aller voir un ballet, c’est un peu un truc classe, autant ici, tu peux arriver dans la salle avec un gobelet de bière dans chaque main (acheté 1 millier de dollars au bar quand même), ça gène personne. En tout cas, heureusement qu’il y avait l’histoire imprimée dans les programmes parce que sinon, je suis pas sûre que j’aurais tout compris… Mais les danseurs étaient vraiment bons. Les solistes en tout cas. Parce que je suis toujours un peu déçue du corps de ballet aux Etats-Unis (oui, je sais, j’me la raconte grave, c’est pas la première fois que je vais voir un ballet et pas la première fois non plus aux Etats-Unis mais là n’est pas la question). Ils manquent de synchronisation. Ça fait un peu brouillon. Mais à part ça, c’était plutôt chouette.

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Et c’est donc sur cette note élégante et raffinée (hormis les effluves de bière…) que j’ai achevé mon séjour bostonien. Demain, Flipper et moi, on se prend pour les Kennedy, on file à Cape Cod.

Photos ici.

Tous les Acadiens, toutes les Acadienn-euh !

Honnêtement, je ne connais même pas cette chanson ! Mais depuis ma rencontre avec le petit papi de Lafayette (souvenez-vous, c’était ), je me dis que si tous les gens y sont aussi gentils, ça ne peut qu’être fantastique. La promesse des couleurs éblouissantes des feuilles d’automne n’est pas non plus complètement étrangère à mon enthousiasme.

Mais avant de mettre le pied en Acadie, faut déjà y aller. Et de Montréal, c’est pas complètement la porte à côté. D’abord, faut repasser la frontière…

– Bonjour Monsieur !
– Bonjour Mademoiselle ! Oh dites donc ! Il est sympa votre van ! C’est vous qui l’avez peint ?
– Ah non, c’est une location, j’ai pas choisi le design mais je l’aime bien !
– Ah ouais, il est cool. C’est un camper ? Vous pouvez dormir dedans ?
– Ouais, ouais, y a même un évier et un frigo, c’est super bien.
– Ah ouais super ! J’en ai jamais vu un comme ça avant !

(NDLR : le poste frontière se situe dans le Vermont au milieu de… rien, doit y avoir une voiture toutes les 6 heures…)

– Bon, allez, donnez-moi vos papiers. Vous venez faire quoi aux Etats-Unis ?
– Bah, je finis mon voyage, je dois rendre mon van dans 2 semaines à New York.

Il feuillette les pages de mon passeport.

– Bah dites donc ! Vous en avez des tampons là-dedans ! Vous voyagez beaucoup ?
– Bah cette année oui. Je suis en voyage depuis plus d’un an, vous êtes ma dernière frontière. Après ça, je rentre à la maison.
– Ah bon ? Et vous rentrez quand ?

– Bah le 18 décembre. Et justement…
– Ah oui, je vois. Votre visa ne sera plus valide, il vous en faut un nouveau.
– Oui ! Exactement !
– Pas de problème. Garez-vous là, je vous rapporte vos papiers.

Je souris de toutes mes dents, je fais ce qu’on me dit (si, ça m’arrive) et j’attends. Quelques minutes plus tard, mon nouveau copain revient.

– Bon, y a un petit problème.
– Ah bon ? Qu’est-ce qu’il y a ?
– Bah en fait, je peux pas vous donner un nouveau visa parce que ça reviendrait à prolonger l’ancien et ça, c’est interdit.
– Oh… mais comment je vais faire alors ?
– Bah, ce que vous pouvez faire c’est attendre la fin de votre visa, revenir au Canada puis repasser dans l’autre sens. De cette façon, vous aurez un nouveau visa.
– Vous êtes sûr ?
– Oui oui. Y aura pas de problème. Mais là, je peux pas vous en donner un nouveau.
– Mais… c’est que ça m’arrange pas parce que je dois rendre le van le 6 et mon visa expire le 8 et…
– Je comprends bien mais je n’y peux rien, c’est comme ça.
– Bon… bah, merci quand même.
– Bon voyage ! Et… drive safely !

Bon, me revoilà donc aux Etats-Unis mais avec l’obligation d’en ressortir le 8 novembre. Le coup du tour de poteau au Canada pour récupérer un nouveau visa me semble louche tout de même. Mais d’un autre côté, j’ai pas vraiment le choix. J’ai passé toutes les autres frontières sans encombre et il est hors de question de rentrer en France plus tôt que prévu ! Me v’là donc bonne pour acheter un aller-retour New York / Montréal pour dans quelques jours. Quand je disais que je reviendrais à Montréal, je pensais pas si tôt ! Et en plus, va falloir chouiner à la frontière pour qu’on me laisse rerentrer, chouette programme en perspective…

Après une étude de marché approfondie sur le moyen de faire mon petit aller-retour au meilleur rapport qualité-prix, je décide donc d’acheter un ticket de bus, départ le 8 novembre de New York, retour le 9 novembre. C’est qu’entre-temps, j’ai versé un acompte pour la location de mon refuge in the city et qu’il commence à être temps d’arrêter de jeter l’argent par les fenêtres…

Une fois ces petits problèmes logistiques réglés, je reprends donc la route et après le Vermont, Fipper et moi découvrons le Maine… C’est… boisé, dirons-nous ! Les feuilles mortes se ramassent à la pelle (sur les trottoirs du boulevard La Chapelle, oui, chacun ses références…) et le soleil danse dans ce qu’il reste des branches dénudées. Ne serait l’ombre planante de ma potentielle expulsion vers la France, avec Flipper, on sautillerait presque d’émerveillement…

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En fin de journée, on arrive enfin à Ellsworth, la dernière ville avant d’entrer dans le Acadia National Park. Il est tard, il faut que je me connecte à internet pour cette histoire de visa, je décide donc qu’on passera la nuit sur le parking d’un McDo.

Au beau milieu de la nuit (si, 3h du matin, c’est carrément le milieu de la nuit), on frappe violemment à ma portière. Ah bah tiens ! ça faisait longtemps ! La puissance de la lampe torche qui essaye de deviner ce qui se cache derrière mes rideaux me laisse deviner qu’il s’agit bien d’un shérif de passage… Je ne bouge pas, je respire à peine, j’attends… Le shérif fait le tour de Flipper, frappe encore au carreau mais ne dit rien. Bon. S’il ne parle pas, je ne vais pas lui parler non plus, je me dis. Mais c’est là qu’il se met à essayer d’ouvrir mes portières. Et évidemment… j’ai oublié d’en fermer une. Au moment où la portière s’ouvre, je hurle. Quoi ? Et si jamais c’était pas un shérif ? Bon, en l’occurrence, c’en est bien un. Un peu surpris par mes vociférations. « What’s wrong ? » que je lui aboie dessus. « You’re trespassing Miss. You’re on a private property, you don’t have the right to park here. » Je change alors subitement de tactique (déstabilisation de l’adversaire) et je fais celle qui parle pas trop anglais et qu’a rien compris. « What ? Sorry, I’m french, I didn’t understand what you just said. Anyway, I asked them if I could stay here and they said yes ! » Ah oui, par-dessus le marché, je rajoute un beau mensonge. Mais balancé avec les paupières encore un peu collées, ça passe. Bon, le shérif se radoucit, il m’explique que si quelqu’un est garé sur la parking, normalement, quand le premier employé arrivera, il devra appeler les flics par souci de sécurité mais bon, là, vu que j’ai demandé la permission (hum, hum…), il vérifie mes papiers et on convient que je peux rester là. En fait, qu’ON peut rester là. Parce que comme je vois bien qu’il ne s’en va pas, je finis par réaliser que le shérif va passer le reste de la nuit dans sa voiture, à côté de Flipper en attendant le premier employé du McDo. Apparemment, dans le coin, il se passe pas grand-chose la nuit… Moi, je retourne sous mes couvertures et j’essaye de retrouver le fil de mes rêves.

Les 3 jours suivants, je me balade donc dans le Acadia National Park. Encore une fois, on est un peu hors saison, y a pas grand-monde et je peux profiter de l’océan Atlantique presque pour moi toute seule. Y a plein de sentiers, des points de vue, des écureuils, des petits oiseaux et de délicieux lobster rolls au village. Quand on peut se retrouver la bouche pleine de homards pour moins de 10 dollars, on dit rien, on mastique.

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3 jours, c’est vrai, c’est un peu long. Mais il faisait beau, j’ai fait ma feignasse et j’ai failli saigner Flipper à blanc. Un matin, après avoir passé la nuit à enchaîner les épisodes de la saison 5 de Breaking Bad (j’ai peut-être pas la télé mais ça ne m’oblige pas à être coupé du monde pour autant…), la batterie de Flipper a fait… pschitt ! A peine pschitt d’ailleurs… J’ai donc pris mon air le plus aimable et suis allée demander de l’aide au magasin d’à côté où un très gentil monsieur est venu avec tous ses câbles ressusciter mon Flipper. Et après avoir remercié le bon samaritain, on a repris la route. Cap au Sud moussaillon !

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Montréal

Nom d’un bébé caribou, me v’là arrivée dans le seul endroit pendant ce long voyage où les autochtones parlent français. Enfin français… Québécoué plutôt ! Mon Dieu cet accent… ! Moi je n’arrive pas à ne pas rigoler. Comment est-il possible de s’engueuler quand on parle comme ça !!??

Cela étant dit, heureusement qu’ils ont cet accent qui réchauffent le cœur parce que côté météo, j’arrive sous un beau petit crachin bien froid qui mouille…

La capuche rabattue jusqu’aux yeux, j’entame mon exploration de Montréal par un petit tour au marché Jean Talon. S’il y en a un qu’il ne faut pas louper, c’est celui-là m’a-t-on dit. Mouais. Bah alors soit il était encore trop tôt, soit c’était à cause des travaux mais y avait à peine une vingtaine de marchands de citrouilles et franchement, pas une ambiance de malade…

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Mais heureusement, les Québécois, ils ont non seulement ce parler incroyable mais encore un solide sens de l’humour. Dans la rue, je tombe fréquemment en arrêt devant ce genre de panneaux.

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A part ça, Montréal, comme dirait quelqu’un que je connais, c’est plus une ville qui se vit qu’une ville qui se visite. Comprenez qu’il n’y a pas de quoi occuper follement le touriste mais que la bonne chère et les bars sympas y pullulent. Et comme vous le savez, dans ce domaine, y a pas besoin de me forcer la main… J’enchaîne donc le sandwich à la viande fumée, la crêpe au gruyère et le brownie au chocolat et je décrète dans la foulée que cette ville a du potentiel.

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Heureusement, dans la journée, les nuages finissent par laisser place au soleil et me laissent déambuler dans le quartier Latin et le Vieux Montréal le nez en l’air et les cheveux au vent. Parce que les nuages ne se sont pas évaporés, non. Y a plutôt un mistral force 17 qui les a virés fissa. Même les mouettes le long du Saint-Laurent ont du mal à garder le cap.

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Je me retrouve donc avec une impression contrastée. Montréal ? Mouais. C’est sûrement très sympa et sûrement en grande partie grâce aux Montréalais mais finalement, je n’ai pas plus envie que ça de m’y attarder. Ça doit valoir le coût en hiver, quand la neige recouvre la ville, qu’on peut faire du patin sur le fleuve et boire du cidre chaud.

C’est décidé, je reviendrai à Montréal… (air connu)

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Ottawa

Pour ma première soirée dans la capitale canadienne, je me rends en centre-ville. Erreur. Je me suis visiblement mal renseignée, par ici, tout est mort. Il est 20h et même les restos sont fermés. Pourtant, on est samedi soir ! C’est bizarre… Bon, on verra demain, en attendant, je vais au cinéma m’imaginer aux prises avec des pirates le long des côtes somaliennes.

Le lendemain matin, je comprends mieux pourquoi dans ce coin, y a personne. En fait, je suis dans le quartier des bureaux. Et le samedi soir, dans les bureaux, y a pas grand-monde en règle générale… Pour une fois, le soleil brille et je pars donc me balader. Très vite, je sors mon bonnet et mes gants : c’est que c’est bientôt l’hiver, nom d’un caribou !

Alors, il faut le dire, Ottawa, c’est bien gentil, mais y a pas grand-chose à y voir. Enfin si. Y a plein de musées. Mais je suis rassasiée des musées, merci, je préfère le grand air. Je visite quand même la colline du Parlement, une collinette sur laquelle sont perchés tous les bâtiments du gouvernement canadien. Et au milieu de tout ça, la plus belle bibliothèque du monde. Qu’on en aurait presqu’envie de devenir un sénateur canadien dites donc !

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Puis je sautille sur les écluses du canal Rideau et je file au marché. Bah oui, nourrissons le corps à défaut de l’esprit. Les cookies Obama, du fromage, des saucisses, des soupes de nouilles, de la choucroute… je ne sais plus où donner de la langue tête. Et en plus, c’est l’Oktoberfest, y a des types en culottes de cuir qui dansent en se tapant les cuisses… quel spectacle !

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Je passe le reste de l’après-midi à faire du lèche-vitrine et à profiter du soleil. Et puis je retourne retrouver Flipper et on va se cacher pour la nuit. Demain, on va à Montréal.

Photos ici.