Cape Cod

Après avoir passé les derniers jours en environnement urbain et donc avoir laissé Flipper se morfondre dans un Park & Ride, on s’est dit qu’on n’était pas des pouilleux et qu’on allait donc aller faire un petit tour du côté de chez les Kennedy. Ouais, Jackie, JF et cie. Ces Kennedy-là.

A l’époque, c’est en effet à Cape Cod que JF et Jackie venaient passer leurs vacances. Autant dire que d’un coup, ça s’est plutôt mis à avoir la cote. Et comme JF était un gars plutôt sympa somme toute, il a classé toute la péninsule en parc naturel (le Cape Cod National Seashore) ce qui fait que la côte n’est pas défigurée. Bon, y a quand même des petites villes tout le long de cette jolie bande de terre et faut bien que les gens vivent et que la montagne de touristes qui vient s’agglutiner sur les plages se loge quelque part alors de temps en temps, y a des alignements de bungalows sur plusieurs miles mais à part ça, c’est vrai que c’est joli.

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Le premier truc surprenant quand j’arrive, c’est tous les motels et campings qui affichent « No Vacancy ». Quoi ? Tout est plein ? C’est ouf ! Et puis finalement, en y regardant de plus près, c’est pas tout à fait ça. C’est qu’en fait, c’est fermé. Bah oui, ça y est, on est en novembre, la saison est plus qu’over et un peu partout y a des petits panneaux qui disent « Thank you for the season, see you in May ! ». J’arrive quand même à attendrir la gérante d’un camping qui me laisse prendre une douche (j’ai bien fait de passer aujourd’hui, c’est le dernier camping ouvert et ils ferment ce soir…) mais en traversant la péninsule, y a quand même une atmosphère un peu lugubre… Pour ne rien arranger, le ciel est bien gris et ça pleut même un peu. Grumpff…

Je décide d’établir le campement à Provincetown, tout au bout du bout du monde. Me demandez pas pourquoi, Provincetown c’est devenu LE rendez-vous de vacances de la planète gay. C’est un peu moins mort qu’ailleurs mais y a une ambiance bien particulière. Pas un enfant dans les rues, un couple hétéro pour 50 couples homos et quelques boutiques interdites au moins de 18 ans qui jouxtent les galeries d’art et les confiseries. L’océan est juste derrière la toute petite rue principale et j’ai beau me bourrer de fudge, niveau charme, j’accroche pas. Je préfère me balader dans les dunes.

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Mais bon, on est dans un parc naturel, on peut pas faire du camping sauvage n’importe comment alors je retourne à Provincetown pour passer la nuit.

Le lendemain, il pleut franchement. Alors avec le côté hors-saison-tout-mort, c’est bien déprimant. Je me balade quand même un peu entre les gouttes et j’observe les gens qui pêchent à pieds.

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D’un coup, y a un truc qui me redonne le sourire.

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Ayé ! Flipper et moi, on a fait 8 000 miles ! La vérité, ça devrait pas me faire sourire parce que j’avais le droit à 100 miles par jour et ça veut donc dire qu’on les a bien dépassés et que je vais encore me faire racketer mais quand même ! 8 000 miles ! 12 875kms ! C’est pas un p’tit pays hein !

Après une deuxième nuit à Provincetown, je décide de changer de décor. On est encore là pour 2 nuits, on va pas continuer à se morfondre dans ce trou à rats. L’idée c’est de prendre le ferry pour aller faire un tour à Nantucket, une petite île bien prometteuse à quelques heures de là mais là, avec le temps qu’il fait… pfff ! ça vaut vraiment pas le coup. On traîne donc dans Hyannis, LA grosse ville du coin (puisque c’est là que se trouve la maison du clan Kennedy… que j’irai même pas voir en plus). Mais c’est un peu comme dans le reste de la péninsule… Thank you for the season, see you next year… Du coup, c’est le long d’une petite plage de la Lewis Bay qu’on trouve refuge. Flipper le nez au vent et moi le nez enfoui sous mes plaids à bouquiner. Et puis, le miracle se produit. D’un coup, je trouve que la luminosité est vachement bizarre. Je lève le nez et je vois ça.

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Je sors en courant du van mon appareil à la main. Et là, au milieu de nulle part, alors que je me disais que franchement, Cape Cod, ça fait partie des endroits qui valent pas la peine que je le grave sur le disque dur de ma mémoire, j’ai droit au plus beau coucher de soleil que j’ai jamais vu. Celui où tu comprends enfin ce que veut dire l’expression « le ciel s’embrase ».

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Je suis époustouflée. J’ai presqu’envie d’applaudir quand c’est fini. A la place je retourne en courant dans le ventre de Flipper parce que maintenant qu’il n’y a plus de soleil, fait carrément froid. Mais j’ai grave le sourire. Parce que les 20 dernières minutes rachètent facilement les 3 derniers jours un peu pourris.

J’espérais que pour le lever de soleil ça serait tout aussi magique mais bon, on gagne pas à tous les coups… Pour cette dernière journée au Cape, la météo n’est pas suffisamment sûre pour se risquer à Nantucket alors je traîne encore un peu sur les plages, je fais un peu de lèche-vitrine (oui parce que Hyannis, c’est pas dans les limites du National Seashore et les centres commerciaux y ont poussé comme des champignons) et vers 18h30 (si, c’est une information importante, vous allez voir), je pousse par curiosité la porte du cinéma. Y a Last Vegas qui passe à 19h10, je dis banco. J’achète donc un billet et je vais me faire faire les ongles (oui dans ce pays merveilleux, la manucure coûte 10 dollars, c’est un luxe que je m’offre plutôt 2 fois qu’une) avant de revenir pile à l’heure pour la séance.

Bon, on n’oublie pas qu’on est à Hyannis, super hors saison, y a personne qui contrôle l’entrée du cinoche alors je rentre dans la salle indiquée sur mon billet. C’est marrant, il fait déjà noir, y a des trucs sur l’écran pourtant j’ai 10 bonnes minutes d’avance. Quelques personnes dans la salle mais y a pas vraiment foule. Je m’installe et je commence à m’intéresser à ce qui se passe sur l’écran. Et là… je commence à me poser des questions. Parce que ce qui passe sur l’écran, c’est mon film. Pourtant, c’est bien la bonne salle, j’ai vérifié en entrant et le film est bien programmé à 19h10, c’était aussi marqué. Bon, le gars m’avait dit d’arriver 20 minutes à l’avance alors est-ce que j’ai bien compris et est-ce que le film a démarré plus tôt ? Ça serait plutôt bizarre mais dans ce cas, j’ai loupé que les 10 premières minutes, c’est pas la mort. Bizarre quand même…

30 minutes plus tard… générique de fin ! Alors là, je comprends plus rien du tout… Les lumières se rallument, tout le monde sort, moi aussi. Je croise un gars du ciné dans le couloir, je lui montre mon ticket en lui demandant ce qu’il se passe, le gars comprend rien et me fait signe que si, si, c’est bien dans cette salle et puis s’en va. Je suis perplexe. Décontenancée. Déconcertée. J’y comprends rien. Et puis… subitement, je me dis… mais, avec tous les changements de fuseaux horaires, est-ce que j’en aurais pas loupé un quelque part ? Je demande alors l’heure à 2 personnes qui sont plongées dans leur seau de pop-corn dans le hall (ouais ici, tu peux commencer à creuser dans ton pop-corn depuis le hall, de toute façon, t’arriveras pas à voir le fond de ton seau même après avoir vu Titanic…). « 18h20 ! » OK… C’est donc bien ça, je vis sur un autre fuseau horaire… En creusant un peu, je me rends compte que c’est pas un fuseau horaire que j’ai loupé, c’est juste que la nuit dernière, on est passé à l’heure d’hiver. Bon, la bonne nouvelle, c’est que je vais pouvoir retourner voir le début du film. Puisque personne checke les tickets, y a pas de raison !

Photos ici.

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