Vacances lushoises

Me voici revenue à la civilisation depuis près de dix jours maintenant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça fait mal aux fesses. Littéralement. C’est que ça se mérite la civilisation ! Pour y revenir, faut d’abord se faire 24 heures de piste. Et comme on n’a pas le droit de rouler de nuit, ce sera donc deux fois 12 heures. De petits chemins caillouteux. De pistes pleines de nids de poule. Ou d’autruche plutôt. Le tout entassés à quatre à l’arrière de la jeep avec les valises et les cartons de poisson séché. La voiture est tellement pleine qu’on a décidé de se passer du kit de désembourbement. Ouais… on est des malades, on se dit que de toute façon, c’est la saison sèche, y a aucun risque…

Deux jours donc, ballotée comme un sac de patates. On pourrait croire que puisqu’il faut deux jours, c’est que Malemba est à des milliers de kilomètres de Lubumbashi. Mais non. C’est à 430 kms. C’est vous dire l’état des pistes. Le premier jour, on roule 12 heures. On s’arrête à peine pour les « pauses humanitaires ». C’est comme ça qu’on dit « j’ai envie de faire pipiiiii !!! » chez MSF. Manger ou boire, t’oublies. D’abord parce que t’as la nausée toute la journée et que si t’essayes de boire, faut arrêter la voiture sinon tu risques de t’étouffer. Quand on finit par arriver à Mitwaba à 18h, je ne sens plus mes fesses. Et quand le chauffeur coupe le contact et annonce dans un soupir « 190… », je sens que je suis à deux doigts de pleurer… 190, c’est bien le nombre de kilomètres qu’on a fait dans la journée, oui oui…

On est tellement morts qu’après avoir avalé une poignée de riz et de sombe, on file se coucher. On passe la nuit au monastère de Mitwaba. C’est plutôt spartiate mais dormir sur des planches de bois après avoir passé deux mois à creuser la mousse de mon matelas, ça ressemble presqu’au paradis…

Le lendemain, dès 6h, c’est belote, rebelote et dix de der… Sauf que là, je perds mon fessier au bout de 45 minutes. Autant vous dire qu’à 19h, … bref, tout ça pour dire que c’est douloureux…

Et puis voilà, on arrive enfin à Lubum et comme je suis officiellement en « break », j’ai le droit de passer la semaine dans un hôtel 4 étoiles. Ma chambre est immense, la salle de bain fait la taille de mon ancien appartement et j’ai une vue direct sur la piscine. Alors oui, hein, je vous entends déjà… « Ouais, bah bravo Madame la grande humanitaire, on se la coule douce, hein ! » Bon. Alors mettons les choses au point tout de suite : un hôtel 4 étoiles à Lubumbashi, ça veut dire que des cafards de 20kgs rampent sous ta porte toute la nuit, qu’il n’y a que 3 des 15 jets de la douche qui laisse couler un filet d’eau (tiède en plus) et que comme partout ailleurs, tu n’as l’électricité que 4 heures par jour. Bah oui, qu’est-ce que vous croyez ? C’est pas facile tous les jours…

Et puis j’ai beau être officiellement en vacances, je suis au bureau de 8h à 18h. Voire plus si affinités. Avoir changé de boulot pour bosser 4 fois plus et être payée 4 fois moins, en voilà une idée qu’elle est originale !! Mais attention, hein, je me plains pas. La vérité, c’est que j’adore ça. Je m’amuse. Oui, je sais, j’ai des problèmes…

Bon, je m’amuse bien pendant quelques jours et puis, comme je n’ai pas grand-chose à faire ici, je commence à m’ennuyer sévère. Du coup, je fais des gâteaux que j’apporte au bureau. Forcément, très vite, je me fais plein de nouveaux amis. Et avec mes nouveaux amis, le samedi, on va à Kamalondo. Kamalondo, c’est le quartier des bars et des petits restos de michopo qui s’anime à la tombée de la nuit. Le michopo c’est de la chèvre découpée en petits morceaux, salée, épicée et grillée sous tes yeux, mélangée avec des petits oignons et que tu grignotes en avalant des litres de bière. Bon esprit quoi !

Y a quelques années, les expatriés n’avaient pas le droit de mettre les pieds à Kamalondo. Trop populaire, trop de petites ruelles, pas assez de lumière, … Mais aujourd’hui, c’est sans problème. C’est même hyyyyper sympa. Du coup, je me dis que je pourrais bien passer un peu plus de temps que prévu dans le coin…

Enfin pour l’instant, ce qui est prévu c’est que je reparte à Lwamba. Quand ? Mystère et boule de gomme, nul ne sait… Faut que la logistique se mette en ordre de marche et elle est déjà bien occupée avec le démarrage de Mukanga. Certains jours, je vois passer des montagnes de papier toilette (1500 rouleaux pour 2 mois… aurait-on prévu une recrudescence de choléra ou quoi ?), des batteries de casseroles, des kilos de paracétamol… Moi, j’attends sagement mon tour. Patiemment. Ou presque…

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