J’ai un rencard…

On est le 24 janvier 2017, je suis à Benghazi. Il est 20h25 et je m’excuse, je sors de table. De toute façon, j’ai pas faim. Et puis je suis attendue. J’ai attendu ce rendez-vous toute la journée. Depuis 8h ce matin, j’y pense. A ce moment précis, il y a près de 2000 hikers connectés sur le site de la Pacific Crest Trail Association. Dans 5 minutes, à 10h30 Pacific Standard Time, soit 20h30 ici, chacun d’entre eux va se mettre à cliquer frénétiquement dans l’espoir de réserver un permis pour la saison 2017.

5… 4… 3… 2… 1… Crash… Le site internet a planté, impossible de charger le formulaire d’inscription. Tachycardie. Actualise, actualise, actualise… Rien à faire, on est bien trop nombreux, c’est planté. Les minutes passent. Mon index droit convulse sur ma petite souris.

Subitement, sur la page Facebook de la PCT Class of 2017, quelqu’un poste un message : « Ca y est ! Je l’ai ! ». Les convulsions redoublent.

Pour doubler mes chances, de ma main gauche, je convulse également sur mon téléphone. Quelques heureux gagnants affichent leur bonheur crânement à la Facebook du monde. Et à 20h53, le miracle se produit. Sur mon téléphone, subitement, après un énième clic, le petit cercle qui tourne sans fin cède la place au formulaire d’inscription. J’en ai le souffle coupé.

Seules 35 personnes peuvent s’inscrire par jour. Les permis s’envolent. Fébrilement, je rentre mon nom, quelques infos et le plus important : ma date de départ. Il ne reste déjà plus que 6 places. Quelques instants plus tard, un mail de confirmation arrive dans ma boite mail. La pression retombe, je recommence à respirer. Pfff…

Le 14 avril prochain, j’ai un rencard dans un petit coin de désert californien. J’irai toucher de mes mains et de mes pieds le monument du terminal sud du PCT à Campo, Californie. Je mettrai un pied devant l’autre et quelques 150 jours plus tard, peut-être plus, j’atteindrai l’autre, celui du terminal nord à Manning Park, Canada. 150 jours… çe ne sera sûrement pas qu’une partie de plaisir. Il y aura des jours, je suis sûre, qui seront aussi frustrants et qui feront battre mon cœur de façon aussi chaotique qu’aujourd’hui. Et puis il paraît que ce n’est pas tant la destination que le chemin qui compte. Et celui-là, croyez-moi, j’ai hâte de le fouler.

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