PCT Day 134 : Manquait plus que la grêle…

du Mile 803 au Mile 819

Quand on se réveille à 6h, le soleil est à peine levé. Il a plu une bonne partie de la nuit et les tentes sont bien mouillées. La mienne prend l’humidité par le dessous façon éponge et tout ce qui est posé au sol est donc mouillé. Il fait froid !

Aujourd’hui on a donc 2 cols au programme : Pinchot Pass et Mather Pass. On ne veut pas traîner car on sait que la fin d’après-midi risque d’être orageuse et on espère pouvoir être déjà à l’abri quand ça arrivera. On se dépêche donc de grimper les 4 miles jusqu’à Pinchot Pass. C’est pas trop difficile sauf sur la fin où on arrive sur la roche et les switchbacks deviennent bien raides et bien serrés. On fait donc une pause bien méritée au soleil une fois arrivés au col. Comme il y a pas mal de vent, j’en profite pour étaler toutes mes affaires trempées. J’ai mis des pierres pour que rien ne s’envole mais je suis aux aguets : une rafale un peu plus forte que les autres et adieu le sac de couchage…

La descente n’est pas plus facile que la montée : c’est encore bien raide. Il y a des équipes de volontaires qui travaillent sur le trail. Ils entretiennent le sentier, déplacent des cailloux, renforcent les bas côtés. Ce sont eux les cinglés : ils campent bien plus bas et tous les jours, ils montent jusqu’ici avec pelles, pioches et autres trucs qui pèsent 12 tonnes ! J’essaye de ne pas trop les déranger et je les remercie du fond du coeur. C’est grâce à eux qu’on se balade depuis 4 mois.

Progressivement, on rentre à nouveau dans la forêt. Tout en bas, y a Kings River. C’est là qu’une hiker est morte en juin en essayant de traverser, seule. La rivière aujourd’hui est assez large mais le courant n’est pas très violent. C’est impressionnant mais pas dangereux. Lucie n’hésite pas longtemps : elle enlève ses chaussures et traverse pieds nus. Spider commence à chercher un endroit pour passer à pieds secs mais je ne me sens pas d’humeur à sautiller de cailloux mouillés en troncs d’arbres glissants et j’enlève mes chaussures à mon tour pour traverser. L’eau est gelée et m’arrive au-dessus du genou… je ne m’attarde pas !

On croise quelques hikers depuis ce matin qui parlent de l’orage de la veille. Apparemment, on était du bon côté de la montagne car eux ont eu de la grêle et des tonnes de pluie.

On commence à remonter vers Mather Pass avant de faire une pause pour le déjeuner. On a beau ne pas traîner, les nuages reviennent déjà en force et commencent à être menaçants. On force donc un peu l’allure. Mather Pass est assez impressionnant : super exposé, la roche complètement nue. On passe donc le col sans traîner. Spider est confiant : de l’autre côté, le ciel est toujours bleu. On se dit donc qu’on redescendre au moins 3 miles avant de s’arrêter.

Soudain, le ciel s’emplit de nuages gris foncés puis noirs puis noirs fluo qui viennent de partout et le tonnerre commence à gronder. J’accélère encore un peu la cadence pour atteindre la limite des arbres et un campsite où plusieurs tentes s’entassent déjà. Je me dépêche de monter ma tente pendant que Spider reste un peu derrière pour attendre Lucie. Ils sont à peine arrivés que la pluie commence à tomber et se transforme aussitôt en grêlons de la taille de pois chiches qui font franchement mal quand ils nous tombent dessus ! On aide Lucie à monter sa tente en catastrophe et on se réfugie sous nos abris en priant pour que les grêlons ne déchirent pas la toile… Spider creuse des tranchées avec sa cuillère autour de la tente pour éviter l’inondation mais elles se remplissent aussitôt et le sol de ma tente se retrouve vite trempé. Du coup, on gonfle nos matelas pour ne pas geler.

Au bout de 45 minutes, la grêle s’arrête enfin et la pluie prend le relais. Je suis gelée. J’ai enfilé tous mes vêtements et je me suis mise dans mon sac de couchage mais je n’arrive pas à me réchauffer. Spider nous fait du chocolat chaud et je me brûle les mains sur le pot mais ça fait du bien !

La pluie finit par s’arrêter et le ciel bleu réapparaît. On a même du mal à croire que c’était l’apocalypse une demi-heure plus tôt ! On décide de tout de même s’arrêter ici pour aujourd’hui car même si le ciel se dégage progressivement c’est pas super et on n’est pas sûrs de se trouver un endroit aussi abrité sur les prochains miles.

J’ai toujours très froid et je vais me préparer à dîner sans quitter ma tente ni mon sac de couchage. D’autres hikers sont arrivés et installent leurs tentes comme ils peuvent : cet endroit est le seul un peu abrité et on essaye de tous se mettre à l’abri. A la nuit tombée tout le monde se couche en essayant de ne pas toucher les parois de la tente. Tout est mouillé…

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