Kochi

Après avoir passé la nuit au Golden Turtles Resort, nous avons rendez-vous le lendemain matin à la gare routière de Trivandrum (encore ??? ça fait déjà 3 fois que j’y passe dans celle-là !) avec M. pour le petit déjeuner. Un petit déjeuner keralais s’il vous plaît ! Au menu : chappattis et une espèce de purée de fèves ou de haricots… bref, pas trop mal mais un peu épicé et on est déjà à 2 doigts de la nostalgie d’un bon café-croissant-jus d’orange…  Une fois tout ça englouti, on saute littéralemnt dans un bus pour aller passer la journée dans le village de M., quelque part au nord de Kottaraka (si, si, si, ça existe, je vous assure…). Entre 2 averses torrentielles (ah oui… dans le Kerala, la mousson n’est visiblement pas tout à fait finie…), on visite la région (forêt de tecks, plantations d’hévéas) et on déjeune chez M. … toujours keralais ! Alors là, la femme de M. nous a préparé un festival de plats locaux qui nous arrachent tous la gueule plus les uns que les autres mais comme on est polis, on sourit, la larme au coin de l’œil et on finit nos assiettes…

Comme je suis une petite chanceuse, tout le monde le sait…, il nous faut repartir de chez M. avant la fin de la journée car le lendemain, c’est grève nationale dans le Kerala.

Arrêtons-nous 2 minutes… vous y croyez, vous, qu’il peut y avoir une grève nationale en Inde ?? Je veux dire, dans tout le Kerala, pas un bus, pas un tuk-tuk, pas un resto, rien du tout qui fonctionne pendant 24 heures ? Non… vous n’y croyez pas… Et bien si !! Ça existe !! Et heureusement, il y a votre serviteuse pour se retrouver coincée dans tout ça !! Pour info, tout ce joli petit monde proteste contre les taxes sur le diesel, bien trop chères à leur goût. Tiens, tiens… aurait-on plus de points communs avec les Indiens que ce qu’on pense ?

Reprenons… donc ! une fois de plus nous revoilà dans le bus (je vous passe les détails des correspondances improbables au fin fond de nulle part sans aucun panneau déchiffrable par nos soins…) et nous arrivons à Allepey en fin de journée.

Allepey… une petite bourgade (283 000 habitants à la louche donc un village quoi !) qui se targue d’être rien de moins que « la Venise indienne » car située aux portes des Backwaters, un réseau de canaux, lacs, lagunes et rivières qui suivent le littoral occidental et sinuent à l’intérieur des terres. Bien avant l’apparition des routes, ces cours d’eau servaient de voies de circulation et pour beaucoup de villageois, la barque reste encore le principal moyen de transport. L’activité principale d’Allepey est la visite desBackwaters en house-boat ou en canot.

C’est d’ailleurs bien pour ça qu’on se retrouve là. Nous espérons trouver un house-boat qui nous amènera jusqu’à Kochi, à une 50aine de kilomètres au nord d’Allepey, en 1 jour et 1 nuit. Bien évidemment, rien ne se déroulera comme prévu…

Tout d’abord, on se fait accoster en descendant du bus par un certain Antony (oui, oui, sans « h »), genre qui-a-raté-sa-carrière-à-Bollywood, cheveux en arrière, lunettes de soleil sur le crâne alors qu’il fait nuit, qui nous propose de venir dormir dans son home-stay, « very clean, hot and cold shower, 5 minutes walk, blablabla… » Comme on a rien réservé et qu’on n’a pas d’option plus alléchante, on accepte d’aller voir de quoi il s’agit. Au premier abord, la maison est sans charme mais plutôt propre, la roof-top terrasse bien sympathique et les chambres plutôt grandes. Il est tard, on a faim et on n’a pas que ça à faire, on dit BANCO !

Antony y va lui aussi de son petit couplet sur la grève du lendemain… on ne trouvera rien à manger, rien à faire, surtout pas de bateaux maiiiiiiiiiis… heureusement, il est là, il peut nous proposer de faire un tour en canot (ça ne consomme pas de diesel…) ou en kayak et en plus, son capitaine de bateau peut nous emmener déjeuner chez lui, et en plus il nous fournit des bouteilles d’eau et en plus… y a un show de strip-teaseurs pendant la sieste il nous fait un prix vraiment pas cher parce qu’il nous trouve sympas !! Si ce n’est l’impression qu’on se fait légèrement forcer la main, on préfère aller voir par nous-mêmes si il n’y a vraiment pas moyen de maintenir notre programme et on décline poliment la proposition.

Tout ça c’est bien gentil mais on se retrouve à 22H sans avoir mangé et tous les restos sont déjà fermés… Ce sera donc festin de cashews et de Kingfisher sur la terrasse en écoutant un des Gustaves d’Antony chanter à tue-tête Lemon Tree jusqu’à pas d’heure… (and all that I can see…)

Le lendemain matin, on laisse F. (qui croit que quelqu’un a allumé un feu de joie dans son estomac) à la guest-house et on part avec P. en quête de nourriture et d’activité pour la journée. Malheureusement, il semble que ce kéké d’Antony n’a pas menti : la ville est morte, tous les rideaux de fer sont baissés et je suis à 2 doigts de réussir un véritable défi : une photo d’une rue déserte en Inde…

On en profite pour faire le tour de la ville à la recherche d’un autre endroit où dormir où l’eau qui sortirait de la douche ne serait pas jaune et ne sentirait pas la vase… (oui, oui, oui, il est mignon le Antony, mais son eau sent la vase…). Après 2 bonnes heures de marche sous un cagnard d’enfer et avoir perdu pas loin de 3 litres de sueur chacun, on rentre bredouilles.

Mais nous sommes des winners, on ne s’avoue pas vaincus ! On cède à la pression et on décide d’aller faire un tour en canot avec Antony dans les Backwaters. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà entassés à l’arrière de 2 motos qui filent à 50km/h à travers les ruelles défoncées pour rejoindre un tout petit embarcadère où le capitaine-rameur-en-chef vient nous chercher à bord d’un tout petit canotkromeugnon et en avant Guingamp !!

Alors OK, la balade dans les Backwaters, c’est le « promène-couillons » par excellence mais qu’est-ce que c’est joli… Et finalement, on se dit qu’on n’aurait pas pu choisir un meilleur jour parce que comme tous les gros bateaux à moteur sont restés à quai, on est seuls au monde, c’est hyper calme et même quand on se prend 2 ou 3 averses sur la tronche, on trouve ça romantique… (à moins que ce soit quand je me suis mise à chanter Laisse les gondoles à Venise… N’oublions pas que F. et P. sont en lune de miel et qu’on n’est pas là pour cueillir des marguerites !!)

Bref, on rentre à la guest-house en fin de journée et on décide d’aller dîner dans un petit resto au bord de la plage où la cuisine est multi-culturelle (entendez par là qu’ils ont des spaghettis bolognese à la carte), ce qui convient aux estomacs délicats que sont les nôtres…

Du coup, après cette journée un peu au ralenti, on redémarre ce matin avec une patate d’enfer… on se lève à 10H et on décolle d’Allepey (si, si, quand le bus quitte la gare routière, on peut croire qu’il « décolle ») vers 12H, direction Kochi.

Kochi, 1,36 millions d’habitants, 600 ans d’Histoire et des vestiges portugais, hollandais, français et britanniques à n’en plus finir… Après l’arrivée à la gare routière d’Ernakulam, on décide d’aller se trouver un endroit où dormir dans le quartier historique de Fort-Cochin. Et pour compenser nos 2 dernières nuits qui sentent encore la vase, on ne fait pas dans la demi-mesure : on choisit une vieille demeure hollandaise, Bernard Bungalows, ayant autrefois hébergé un diplomate du même nom, avec 2 très grandes chambres hyper jolies et avec des salles de bain gigantesques et de l’eau toujours non potable (faut pas rêver hein !!) mais transparente et inodore…

En plus, la propriétaire est hyper gentille et aux petits soins. Comme on compte rester 2 nuits, elle nous organise tout le séjour : spectacle de kathakali (théâtre traditionnel), cinéma, massage ayurvédique… bref, on se demanderait presque pourquoi on n’est pas venus plus tôt !!

Avant d’entamer ce programme chargé, et comme il est 17H et qu’on meurt de faim, on va grignoter une pizza au basilic dans le jardin d’une galerie d’art… Ben oui, l’Inde, la saleté, les épices qui t’arrachent la gueule, c’est bien joli mais un peu de douceur dans ce monde de brutes, c’est pas mal non plus… On file ensuite au Kerala Kathakali Centre pour assister au maquillage des comédiens avant le spectacle. Rien de bien transcendant mais plutôt amusant et surtout, on est très impressionnés par les mouvements d’yeux des comédiens.

En ressortant, on passe devant une église dans laquelle se déroule visiblement le concours de qualif’ pour la StarAc locale : une salle pleine à craquer, des chanteurs qui se déhanchent et s’égosillent dans le micro et un jury très concentré… On ne comprend pas toutes les blagues mais ça a l’air d’être complètement du goût du public ! Mais… qu’est ce qui a bien pu se passer pour que les Indiens aiment tellement le kitsch : cols pelle-à-tarte, cheveux longs gominés, … ? Incompréhensible…

Photos ici.

Kovalam

Que Shiva, Vishnu et tous les autres bénissent l’inventeur de la clim… Contrairement à celui du crépi, celui-là a dû avoir le choix : mourir de chaud ou sauver ma peau l’humanité…

C’est donc fraîche (25°C… quel bonheur…) et dispose que je me réveille ce matin. Après un South Indian Breakfast (Poori masala et non masala pourri, ça change tout et chai tea), on pique une tête dans la piscine de l’hôtel dont l’eau est presque rafraichissante mais surtout curieusement huileuse (peut-être est-ce pour ça qu’ils ont mis un panneau nous indiquant d’éviter de mettre de la crème, y en a déjà dedans !).

On essaye ensuite d’aller se baigner dans la mer, la vraie. Mais la plage de Kovalam est furieusement déserte, les Indiens osent à peine mettre les pieds dans l’eau et pour cause : les vagues qui cassent à 20 mètres de la plage font plus de 2 mètres de haut et les courants sont particulièrement forts ! Les seuls à sauter dans les vagues sont les touristes occidentaux, prêts à tout pour voir se lancer à l’eau l’équipe de maîtres-nageurs en uniforme qui leur font signe depuis la plage.

Au programme du jour, un rendez-vous avec M., un ancien collègue indien de F., qui a fait construire un hôtel dans le coin et qui nous invite à y passer la nuit. Après le déjeuner, on part donc à la recherche d’un rickshaw pour nous emmener au point de rendez-vous. On négocie âprement notre course et le rickshaw nous dépose devant l’entrée du Taj Hotel, un palace sur-gardé avec régiment d’Indiens en uniforme qui inspecte même au miroir les dessous des voitures qui entrent…  Mais rassurez-vous, ce n’est pas là qu’on va, tout suants, poisseux et dégoulinants que nous sommes…

M.nous rappelle, nous demande de passer le téléphone au chauffeur de rickshaw qui nous surveille du coin de l’œil depuis 20 minutes et lui fournit les explications pour nous amener jusqu’à lui. On se retrouve donc chez M., au Golden Turtles Resort, fort charmant, à l’entrée des backwaters, avec des chambres immenses, un peu à l’écart de Kovalam mais tout à fait à notre goût !

Après avoir discuté une bonne partie de l’après-midi avec M., nous partons faire un tour dans le backwaters en face de l’hôtel. La langue de terre est partiellement aménagée mais surtout doucement mais sûrement grignotée par les hôtels de Kovalam qui y installent leurs terrasses. Le cadre est particulièrement joli : les vagues viennent se fracasser au pied de la digue de pierres et les palmiers se penchent vers la mer à perte de vue, une vraie carte postale !

On assistera d’ailleurs au coucher du soleil sur ce paysage : ma-gni-fi-que !

Comme je vous rappelle que nous sommes en lune de miel, nous nous offrons quelques plaisirs dignes de ce nom. Nous allons donc dîner dans le restaurant sea side du palace que nous avions vu un peu plus tôt. Au menu, fruits de mer, vin indien et surtout… gâteau au chocolat avec double sauce chocolat !!

En rentrant, une petite énoooooorme surprise m’attend dans ma chambre. Après avoir fait ma lessive quotidienne et cherchant un moyen quelconque d’accrocher mes vêtements pour les faire sécher, je lève innocemment le nez au plafond… AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! UNE ARAIGNEE !! NOIRE, ENORME (au moins 5 cm, pattes incluses), ET QUI SE DEPLACE !! Là, je prends mon courage à 2 mains et… je fuis !! Je pars chercher le manager de l’hôtel qui se mord les joues pour ne pas rigoler quand il comprend quel est mon problème… Il a carrément du mal à se retenir quand on retourne dans ma chambre accompagnés d’un 3ème complice et que… l’araignée a disparu ! Histoire de me montrer qu’ici, on sait s’occuper du client, ils vont déplacer tous les meubles de la chambre, grimper sur les fauteuils pour regarder sur les étagères, bref… me coller la honte ! Je finis par les remercier de s’être déplacés pour rien à 23h mais en fermant la porte, je garde avec moi le balai qu’ils avaient apporté pour déloger la coupable. Les 2 gars se tordent de rire en sortant et me disent qu’ils sont juste à côté, que je n’ai qu’à les appeler si besoin…

C’en est fini ! Je ne peux plus dormir… Je sais qu’elle est là, quelque part, en train de rigoler elle aussi… Quelqu’un m’a dit que j’exagérais peut-être un « chouïa » avec les araignées…

Photos ici.

Premiers pas en Inde

Après une bonne nuit entrecoupée par les coupures d’électricité, je me réveille sous une bonne douche froide (de toute façon, l’hôtel n’a pas d’eau chaude…).

Malgré l’heure tardive (midi), nous partons en quête d’un petit déjeuner. Ce sera un sweet lassi pour moi (on ne va pas se laisser impressionner par une potentielle tourista !).

On se met ensuite à déambuler dans les petites rues de la ville qui est plutôt touristique jusqu’à un temple où après nous être déchaussés et avoir acheté de l’huile et de la poudre rouge, nous circulons à travers un long couloir jusqu’à une salle où brûle une lampe à huile sacrée. Comme les gens  devant nous, nous versons notre huile dans la lampe puis un hindou verse notre poudre dans un grand plateau avant de nous en rendre un petit peu à s’appliquer sur le front. En ressortant du temple, nous décidons de prendre le ferry pour aller au Vivekananda Memorial, un gros caillou tout proche sur lequel un certain Monsieur Vivekananda est venu s’assoir pour méditer pendant 3 jours avant de partir à Chicago disserter de religion avec plein de confrères en 1893. Là aussi pieds nus, nous sautillons élégamment sur la pierre brûlante. En revenant en ville, nous faisons enfin un petit tour par le Gandhi Memorial, où un charmant monsieur moustachu (c’est une constante dans le coin) nous fait une visite guidée express s’arrêtant régulièrement pour nous demander « Understand ? ». Euh… yes, yes ! On ne comprend pas tout, accent indien oblige, mais il prend d’autorité mon appareil photo pour faire une dizaine de clichés, nous faisant poser à différents endroits du mémorial. Il nous extorquera pas loin de 150 roupies… malin, le p’tit vieux !!

La destination suivante est Kovalam à 80kms de là. Nous rejoignons donc la gare routière de Kanyakumari espérant trouver un bus qui nous amène directement à Kovalam. Mais c’est sans compter sur le fait qu’on change d’état : on passe du Tamil Nadu au Kerala, il n’y a pas de bus direct. Il nous faut donc repasser par Trivandrum, à 15kms de Kovalam. Après presque 4 heures de route, on commence à envisager de dormir à Trivandrum et ne repartir que le lendemain matin quand un moustachu (encore ???) nous fait une proposition qu’on ne peut refuser : il nous prend tous les 3 avec nos sacs dans son rickshaw pour 350 roupies… Allez hop ! on embarque ! Et c’est pliés en 3 entre les sacs qu’on file en zigzaguant sur la route jusqu’à Kovalam Beach. Y a pas à dire : le rickshaw c’est bien plus efficace que le bus, en 20 minutes on est à destination !

On tergiverse un peu pour choisir un hôtel mais nos goûts de luxe nous rattrapent et on choisit 2 grandes chambres avec clim et vue sur la mer. Le restaurant de l’hôtel est également très sympa : fruits de mer et vin, le tout au bord de la piscine… Ah… qui a parlé du choc de l’Inde ?

Photos ici.

Qui veut gagner des miles ?

C’est donc avec le cœur un peu serré que je suis montée dans ce premier avion direction Londres… Le premier d’une longue série avant d’entendre à nouveau « Bienvenue à Paris. La température extérieure est de -15°C, il fait gris et les gens râlent… mais c’est normal ! »
Bon, pas la peine de faire la maline, c’est pas si simple ce départ et peut-être encore moins que ce à quoi je m’attendais mais en tout cas, voilà, c’est parti ! En route pour 461 jours de voyage, à moi le monde !!

Une heure plus tard… « Welcome to London Heathrow. La température extérieure est de 10°C et il pleut… » WTF !

La journée va être longue : 5 heures d’escale à Londres puis 6 heures à Delhi… A l’embarquement pour Delhi, c’est une sorte de bande-annonce : plein de jolies indiennes en sari multicolores et de très chouettes messieurs à moustaches avec des turbans…

Sept heures et demi plus tard… « Welcome to Delhi. Blablabla… »

Et c’est le premier contact avec l’Inde ! Je récupère mon sac comme une fleur (qui l’eut cru ?) et me voici lancée pour me réenregistrer au terminal des vols domestiques. Visiblement, ils sont un peu fâchés avec les panneaux les Indiens… Je monte donc 2 fois à l’étage des départs où des gardes armés me répondent monosyllabiquement en dodelinant de la tête et en me regardant fixement mais je ne suis pas plus avancée ! Il fait 100 000°C, le taux d’humidité doit friser les 80% et il n’est que 7h du matin !! Finalement, un garde ayant pitié de moi plus gentil que les autres m’explique que je dois prendre un bus pour me rendre au terminal des vols domestiques. La navette est affichée à 7h20, la suivante à 7h40, elle part donc à… 7H30 ! That’s India !

Pour l’instant, on ne peut pas dire que je sois confrontée à la circulation indienne, la vraie. Les rues sont quasi-désertes et le chauffeur du bus ne klaxonne que toutes les 10 secondes.

J’arrive finalement au bon terminal (notons tout de même que le bus me dépose devant les arrivées et non devant les départs et que je dois retraverser tout l’aérogare…) et après mon premier petit déjeuner indien (Heu… One masala dosa ? Please ?), je me mets à compter les heures… Les décollages et atterrissages se suivent et se ressemblent… Mumbai… Thiruvananthapuram (Trivandrum pour les feignasses comme moi qui ne savent pas prononcer les mots de plus de 4 syllabes)…

Vers 17h heure locale soit 13h30 heure de Paris soit plus de 28 heures après quitter la maison et après avoir parcouru près de 11300kms… « Welcome to Trivandrum !!! »

Enfin, je suis debout devant le tapis à bagages et je trépigne… C’est que la route n’est pas finie ma bonne dame ! J’attrape mon sac (qui a dit que c’était le chaos en Inde ?), je manque m’écrouler par terre quand je me retrouve avec mes 23kgs sur les épaules, et je me lance à l’assaut du guichet des pre-paid taxispour filer à la gare routière.

Somme toute, c’est assez facile et malgré les propositions insistantes du chauffeur qui voudrait m’emmener directement jusqu’à Kanyakumari pour la modique somme de 1300 roupies (20€ for the record), je reste ferme et je débarque à la gare routière.

En fait, je me retrouve sur un bout de trottoir avec plein d’indiens qui attendent le bus et là, première surprise, aucune destination n’est écrite en alphabet lisible par le commun des mortels (moi, en l’occurrence) mais en hindi ou un tamoul… Heureusement, il y a un très gentil monsieur moustachu derrière son guichet qui me rassure : « Kanyakumari ? Yes ! It’s coming ! ». Bon, it’s coming on sait pas vraiment quand mais it’s coming… Et pendant que je prends mon mal en patience (j’en suis à la 31èmeheure de voyage…), deuxième surprise, je constate que les bus ne « s’arrêtent » pas vraiment devant mon bout de trottoir mais ralentissent et les gens montent en courant dedans et s’entassent comme ils peuvent dans les bus déjà surchargés… Grimper dans un bus en courant avec mes 2 énormes sacs va être sport…

Bref, je vous passe les détails mais je réussis à monter dans le bon bus qui par miracle s’est gentiment garé devant le trottoir et visiblement la destination n’est pas très courue vu le peu de monde qui prend place à bord.

Mais ça y est ! Je suis dans un bus indien ! Pas d’amortisseurs, pas de fenêtres, 2 klaxons différents que le chauffeur presse de façon totalement hystérique et cette délicieuse moiteur qui enveloppe le tout !! Je jubile !

Il me faudra tout de même 3 heures pour parcourir les 80 derniers kilomètres et retrouver, plus poisseuse que jamais, F. et P. au Maadhini Hotel. Enfin, le bout de l’Inde, le bout de la route, le bout du monde !

Photos ici.

Départ…

D’aussi loin que je me souvienne, mon cœur bat toujours plus fort quand je suis devant un planisphère… ou quand je vois un avion dans le ciel et que je me demande où il va, d’où il vient… ou devant le panneau d’un aéroport avec les destinations de tous les avions au départ qui s’alignent sous mes yeux… c’est comme ça que j’ai compris que c’était ça, ce que je devais faire : faire un très très grand voyage pour découvrir, rencontrer, prendre en pleine tête rien de moins que le monde !

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Alors aujourd’hui, quand j’attrape mon sac, que je le sangle sur mes épaules et je referme la porte en me disant que cette fois, c’est la bonne… je peux vous dire que j’ai des papillons dans le ventre et que mon petit cœur bat fort… très très fort !
L’adrénaline est à bloc, j’ai à la fois envie de hurler, d’éclater de rire et de pleurer, c’est la confusion totale !
Les « au-revoirs » ont été rudes les derniers jours même si tout le monde a fait bonne figure et je sais que m’attendent à l’autre bout du monde des amis que j’ai hâte de rejoindre.
Je ne parle pas beaucoup dans la voiture jusqu’à l’aéroport, j’essaye de graver dans ma mémoire l’ordre des portes du périphérique, si familières et bientôt si lointaines…

Mais ce voyage… je l’ai tellement rêvé, tellement raconté, tellement imaginé… malgré la vague de nostalgie qui essaye de passer par dessus mes paupières, je fonce d’un pas assuré vers le check-in, l’air calme et détaché et le ventre retourné… Je n’ai qu’une hâte : plonger dans le capharnaüm indien et me faire bousculer par les rencontres, les couleurs, les odeurs, les découvertes…
Il ne faudrait pas que l’hôtesse de British Airways me regarde de travers parce que je pense que je serais capable de tomber dans ses bras et de fondre en larmes mais là, c’est vraiment plus de moment de penser, … just go !

J-3…

AAAAAAAAAAAh !! Ca y est, cette fois, c’est panique à bord, l’échéance approche à grands pas !!
Déjà, j’arrête pas de dire « au revoir » à plein de gens et parfois c’est un peu triste quand même… Et puis des fois dans la vie, y a quand même des trucs qui arrivent pas, mais alors vraiment pas, au bon moment…

J’entends les mauvaises langues qui disent : « Mouais… bah t’es pas bien réactive ma grande… depuis le temps que tu nous pompes l’air avec ton tour du monde, il serait peut-être temps de te rendre compte de ce que qui va se passer !! »

Bon en tout cas, les choses les plus importantes sont faites : j’ai un polisseur à ongles, j’ai porté une dernière fois des chaussures très très jolies qui font très très mal aux pieds, j’ai visité Limoges, j’ai créé au moins 12 playlists sur mon iPod, j’ai changé 14 fois d’avis concernant la taille idéale du petit sac à dos et ma collection de vomi-bags s’enrichit… Comme qui dirait, je suis prête !

Let’s go fillette !!!

J-30… mais qu’est ce que j’ai bien pu oublier ?

Alors voilà, J-30 et je me retrouve face à l’éternelle question : mais… qu’est-ce que j’ai bien pu oublier ?
J’ai rayé une à une toutes les lignes de ma TO DO liste mais j’ai la vague impression d’avoir oublié quelque chose… Et puis de toute façon, il est statistiquement impossible que je sois prête avec 1 mois d’avance !!!

Je n’ai toujours pas fait l’essai du remplissage du sac à dos et donc je ne l’ai toujours pas pesé : les bonnes surprises pour la fin… J’ai encore plein de dilemmes impossibles à trancher : vraies baskets ou chaussures de marche légères ? duvet ou pas duvet ? jean ou pas jean ? Bref… je m’en sors pas !

Pour l’instant pas encore de vraie montée d’adrénaline mais quelques bouffées de nostalgie en disant « au revoir » à certains amis et collègues que je ne reverrai pas avant mon départ… C’est vrai que ça commence à faire bizarre…
M’enfin ! Toujours pas la trouille et même plutôt excitée et enthousiaste… Espérons que ça dure le plus longtemps possible !!

Premières formalités : le visa indien

Ca y est ! Je commence les démarches administratives, les vraies !

J’ai d’abord rempli consciencieusement mon petit formulaire sur le site internet du centre de demande de visa pour l’Inde : tout un poème, le lien qui ne marche pas, les questions dont je ne connais pas les réponses, …
Et puis j’ai fait très soigneusement la photocopie de tous les documents demandés (liste ici).
J’ai ensuite imprimé mon petit formulaire tout frais et j’ai voulu coller mes photos d’identité. Et là, surprise ! je n’avais pas le bon format… Et oui, faut surtout pas se gourer : les photos doivent être conformes aux normes établies par le gouvernement indien et bien sûr les photos établies dans les machines automatiques déployées sur le territoire français ne sont pas compatibles… En même temps, ça aurait été trop facile !!
J’ai donc eu le choix : faire des photos au centre de demande de visa parce que eux, ils ont les machines adaptées… (comme par hasard…) ou aller chez un photographe. J’ai choisi la 2ème option parce que j’avais peur de me faire piquer ma place dans la file d’attente des demandes de visa si je m’en échappais pour aller m’asseoir dans le photomaton… L’histoire dira plus tard que c’était une angoisse totalement exagérée…

Lundi après-midi, je vais d’un pas dynamique chez le photographe dont j’avais pris soin de vérifier les horaires d’ouverture sur internet. En arrivant devant la porte, je tombe nez à nez avec une petite feuille A4 m’indiquant « Horaires d’été – fermeture le lundi »… Seulement, j’avais prévu de déposer ma demande mardi matin avant d’aller au boulot et pas de photo… pas de visa, pas de visa… pas de voyage ! Hé ho, ça va pas non ?
Donc… mardi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince, je suis retournée chez le photographe qui n’a pas pu s’empêcher de me faire une délicieuse remarque sur les milliers de petits cheveux qui flottent autour de ma tête et qui créaient un halo bizarre sur les photos… Bref, j’ai récupéré mes photos, j’ai foncé au centre de demande des visas et je me suis préparé psychologiquement à faire la queue pendant des heures…
Sauf que… il n’y avait que 12 personnes devant moi, c’était super bien organisé et ça ne m’a pris que 20 minutes ! J’étais presque déçue…

Évidemment, avant d’y aller, j’avais vérifié que ce n’était pas un jour férié indien. Bah oui, l’avantage de bosser dans les ambassades ou autres institutions de ce genre, c’est qu’on bénéficie des jours fériés du pays dans lequel on est ET de ceux du pays qu’on représente… à méditer pour plus tard…

Stage photo

Ce week-end c’est STAGE DE PHOTOGRAPHIE.
Bah oui, c’est pas le tout d’aller faire ma maline à l’autre bout du monde si je peux pas rapporter quelques jolis souvenirs et quelques belles images…
Comme je ne fais pas les choses à moitié, je me suis fait offrir 12 heures de cours (voilà à quoi servent les anniversaires…) avec au programme : profondeur de champ, capture du mouvement et lumière et exposition.
Pour ceux que ça intéresse, je suis passée par jeveuxetrephotographe.com, ça n’est pas donné mais j’ai bon espoir que ça me soit fort utile ! En plus, Thierry, le photographe qui donnait le cours, était vraiment très sympa, même si un peu désespéré quand il m’a vu sortir mon appareil de touriste…
Et voilà quelques exemples de ce que ça donne :

 

C’était vraiment très intéressant même si techniquement, j’ai été assez rapidement frustrée de ne pas pouvoir expérimenter les mêmes choses que mes petits camarades qui avaient des reflex…
Moralité : on peut vraiment faire de très chouettes images avec un reflex quand on connait 2 ou 3 « trucs » techniques et obtenir des effets vraiment sympas, mais je maintiens mon départ avec mon petit appareil d’amateur et je me ferai offrir un appareil de pro plus tard, quand je serai grande… A bon entendeur…