Mais quelle mouche l’a piquée ?

C’est ce que vous avez dû vous demander en lisant mon dernier post.

Je l’avoue, j’étais un peu remontée. Comme une pendulette.

Et puis, on le sait tous, réagir à chaud, ça n’aide pas à faire dans la nuance… (et c’est étrange parce que d’habitude… ah non ? bon…)

Alors, c’est officiel, j’ai légèrement forcé le trait. Je veux dire, j’ai rien inventé. Mais peut-être qu’en se donnant un peu de temps et en essayant de rester open-minded, on peut voir le côté gris clair du tableau.

Bon, je suis pas tombée amoureuse de Varanasi non plus, hein ! Mais je reconnais que l’ambiance de cette ville est particulière et que c’est un des rares endroits en Inde où on peut s’assoir et juste observer les gens sans créer un embouteillage au milieu du trottoir. Et qu’en plus, ils sont intéressants ces gens.

Je pense surtout que je me suis laissée emporter par une espèce de nervosité liée à tous les trucs angoissants qu’on m’avait raconté sur cette ville. Cette ville où la mort est une entreprise qui fait vivre des centaines de familles mais qui sont considérées par le reste de la communauté comme pire que des Intouchables (les morts sont transportés par les doms, des Indiens hors caste, qui gèrent toutes les crémations). Cette ville où ça ne choque personne de voir passer un cadavre sous ton nez pendant que tu mords dans ta pizza. Cette ville où les gens se lavent dans une rivière où tu vois passer une vache noyée. Cette ville où les plus pauvres des mourants s’entassent dans des bâtiments en ruines sans eau ni électricité juste au-dessus du ghat des crémations et attendent la fin. En fait, mon problème, c’est toute cette mort qu’il y a partout et que je suis si habituée à voir cachée. Et de constater que les touristes (moi y compris) viennent finalement observer tout ça avec une pointe de curiosité malsaine. C’est vrai quoi ? Est-ce que vous allez vous balader le dimanche après-midi au crématorium municipal histoire de « voir » comment ça se passe ? Non ! Et bah là, vous faites des milliers de kilomètres pour voir des gens se réduire en cendres. C’est un peu étrange, non ?

Mais en fait. Y a pas que ça à Varanasi. C’est pas non plus le mouroir de l’Inde.

La spécialité du coin, c’est plutôt les soieries. Rien à voir.

Et les gens qui viennent se baigner dans le Gange, ils sont pas tous sur le point de faire leur dernier voyage. Y a des bébés, des mamans, des papas, des ribambelles d’ados qui font des concours de sauts périlleux, bref, c’est plutôt joyeux tout ça.

Et dans la vieille ville, OK, c’est crado. Mais y a des tas de gens qui vendent les mêmes trucs que partout ailleurs, c’est-à-dire un immense bric-à-brac de trucs que tu te demandes bien à quoi ça sert. Et eux non plus, rien à voir avec la Grande Faucheuse.

Non, finalement, le problème, c’était plutôt moi qui me faisais une montagne de tout ça parce qu’en fait, j’avais jamais vu un mort en vrai, avant. Ce qui est plutôt normal vu que chez nous, on cache les morts. Je ne dis pas que l’un est mieux que l’autre, je dis simplement que du coup, j’avais les chocottes. Et en fait, un mort, bah c’est comme un vivant qui dort mais en plus raide. Et on voit bien que bah, à l’intérieur, y a plus personne. Alors du coup, la réincarnation, le paradis-tout-ça, t’y crois, t’y crois pas, tu fais comme tu veux, si ça peut t’aider à te dire que ton mort est mieux là où il est, pourquoi pas.

En attendant, Varanasi, c’est une ville magnifique (la rive du Gange est splendide) où tu sens bien qu’il se passe quelque chose de pas-comme-ailleurs pour les hindous. Et surtout, ça reste indien : un joyeux bordel organisé où le réparateur de lunettes travaille à côté du vendeur de samossas qui lui-même a posé son tréteau contre la porte du temple devant lequel des dizaines de gens font la queue pour poser une offrande en contournant soigneusement une vache qui cherche quelque chose à se mettre sous la dent dans un tas d’ordures… Indian style, quoi !

Bon y a vraiment beaucoup de touristes et pas que ceux que j’aime mais bref, Varanasi et moi, on est réconciliées.

Photos ici.

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