Et un riz cantonais, un !

On aurait tendance à se dire à Guangzhou-Canton, tu trouves du riz cantonais à tous les coins de rue… Et bien non ! C’est même plutôt difficile à trouver. Au point que j’ai fini par me dire que le riz cantonais, c’est encore une invention de nos restos franco-chinois (comme les nems, hein, les Chinois ne mangent pas de nems). En fait, ici, la spécialité c’est plutôt le poisson. D’eau douce. Et moi, la feignasse, éplucher son poisson avec des baguettes… pfff ! ça me fatigue rien que d’y penser !

Mais passons ces considérations gastronomiques. Comment donc ça se passe à Guangzhou ? Bah, bien. Plutôt bien, même. En t-shirt plus précisément. Ha ha ! Je vous l’avais dit ! Fini l’hiver ! On est le 15 décembre, il fait 25°C, c’est la fête.

Guangzhou est située dans le delta de la Rivière des Perles, la 3ème plus grande rivière de Chine longue de près de 2200kms. La ville est donc à cheval sur plusieurs îles reliées entre elles par tout un tas de ponts aériens et souterrains et tout un tas de ferrys. Autant dire que pour la balade au bord de l’eau, c’est la ville idéale. Je continue donc mon entraînement intensif à la marche nordique (ça va pas non ? j’aurais pas l’air débile à agiter mes bras comme une forcenée !) parce que la meilleure façon de découvrir une ville, c’est de s’y promener et de s’y perdre. Le truc c’est que je dois être en train d’acquérir un nouveau super pouvoir (je vous ferai la liste des autres une autre fois…) parce que je ne me perds plus. Ou plus vraiment. Je sais toujours où est la rivière, le plan du métro rentre dans ma tête en 3 minutes et je suis quoisiment capable de faire les correspondances les yeux fermés au bout d’une demi-journée. C’est étrange… mais ça va sûrement pas durer !

Bon alors, inventaire. J’ai donc vu :

  • une charmante petite île (Shamian) où les Anglais et les Français avaient installé des entrepôts au XIXème siècle et qui était alors interdite aux Chinois. Depuis, ils se sont bien vengés et c’est devenu LE spot de la photo de mariage kitschissime du coin, notamment devant l’église Notre Dame de Lourdes (bah c’était bien la peine de venir jusqu’ici pour voir Notre Dame de Lourdes…).
  • un très joli jardin des orchidées ou je me suis fait la réflexion que c’était bizarre quand même, y avait pas d’orchidée… Normal, on est en décembre, elles ne sont pas en fleurs à cette saison… Mais y avait de très jolies tortues qui jouaient à cache-cache sous les nénuphars et avec qui j’ai eu une longue conversation…
  • la nouvelle ville de Zhujiang avec des tours toutes plus hautes et plus extraordinaires les unes que les autres (ils ont même un Guangzhou Empire State dites donc !).
  •  le nouveau musée de Guangzhou (dans la nouvelle ville bien sûr) avec une expo hyper rigolote sur l’histoire, les ressources et la culture du Guangdong (avec des squelettes de dinosaures et des personnages en cire).
  •  l’Institut du Mouvement Paysan… Alors là, perplexité. C’est censé être une école dans les locaux d’un temple confucéen qui n’a fonctionné que 2 ans (entre 1924 et 1926). Et… who cares ??? me direz-vous. Bah, c’est un endroit important parce que Mao y a enseigné et qu’on peut y voir son bureau et son lit (enfin, en temps normal parce que, évidemment, quand je suis passée, il était fermé…). Je maintiens : perplexité.
  •  le marché au thé de Fangcun où se regroupent des grossistes en thé sous toutes les formes possibles (en feuilles, en poudre, en fleurs, …) et où on peut trouver tout le nécessaire et le superflu pour conserver, préparer, servir et boire du thé.
  • le parc Liwan, un peu Disneyland mais rigolo avec plein de Chinois qui jouent à s’envoyer un volant de badminton au pied… du « footminton » ?
  •  un Chinois qui menaçait de sauter d’un pont. Il brandissait une feuille de papier qu’il montrait aux badauds qui le prenaient en photo (non, ils n’essayaient pas de le faire repasser de l’autre côté de la barrière, ils faisaient plutôt des paris sur est-ce que le gars va vraiment sauter ou pas…). Et je ne sais pas comment s’est fini l’histoire (il a mis trop de temps à se décider) mais même s’il a sauté, y avait que 5 mètres, il a pas dû se faire très mal.

Et puis je me suis encore fait des copines chinoises dont une (Fanny, oui, elle a un prénom chinois, un prénom anglais et un prénom français, ça permet de s’adapter à son environnement) qui parlait un français plus qu’honorable et qui me dit « Oui, j’apprends le français à l’université depuis 2 ans, c’est ma spécialité ! » WHAT ??? 2 ans ??? Et elle est bilingue ??? Hum hum. Môsieur le Ministre de l’Education Nationale (je ne sais pas comment tu t’appelles, tu changes tout le temps), viens donc faire un tour en Chine, ils ont l’air efficaces dans l’enseignement des langues étrangères… Et devinez quoi ? Elle adooooooore Paris. Bon, elle y a jamais mis les pieds. Mais elle était rigolote et bien meilleure au billard que moi (mon dernier entraînement devait remonter à un certain bar corse… c’est pas tout récent).

Oh ! Et je vous ai pas parlé de ma youth hostel, située en plein milieu de la « rue des bars » (c’est pas moi qui le dis, c’est un énorme néon à l’entrée de la rue) et face à la Rivière des Perles, où j’ai trouvé une famille entière de chats, c’est donc devenu officiellement ma youth hostel préférée (et en plus, y a pas de cheveux dans la douche !).

Non, mais pour en revenir à Guangzhou-Canton… c’est moche. Je vais pas vous raconter ô combien les berges sont magnifiques : les immeubles sont tout gris, tout pourris, tout moches. La rivière est marron foncé et un tas de trucs flotte dedans (j’ai même vu un Chinois y barboter). Il a beau faire beau, la ville n’a vraiment aucun charme si ce n’est peut-être du côté « moderne » mais encore faut-il aimer les tours de verre.

Pour finir, la pollution maintient la ville sous un ciel bien blanc toute la journée. Alors du coup, sans regret, je quitte Guangzhou-Canton et je file (enfin je file… aussi vite qu’un train de nuit) à Guilin, dans le Guangxi.

PS : Je dois vraiment avoir une tête à acheter une montre. Non parce que, que ce soit en Inde ou ici, y a des types à l’air de conspirateur qui s’approchent de moi dans la rue et qui me susurrent à l’oreille « Watch ? watch ? ». Du coup, je me pose des questions…

Photos ici.

« BREAKING NEWS » : En fait, Guangzhou, c’est Chicago. Avant de prendre le train, je suis allée faire un dernier tour dans un quartier particulièrement animé (comprendre, une enfilade de magasins sur 500 mètres et 40 personnes au m²) en ce samedi après-midi. La foule est relativement compacte mais tout le monde déambule dans la bonne humeur et les odeurs de pattes de poulet grillées. Tout à coup, je remarque 2 filles larmoyantes pendues aux bras d’un type qui fend la foule rageusement, le visage couvert de sang. Et là, sorti de nulle part, un deuxième type se retrouve devant eux, hurlant et brandissant une barre de fer. Panique générale. Les poussettes volent, les gens se mettent à courir et se réfugient dans les magasins et les 2 types commencent à se taper dessus (enfin, recommencent parce qu’apparemment, ils s’étaient déjà rencontrés plus tôt). La police est là mais n’intervient pas. Très rapidement, c’est 1 puis 2 puis 20 autres types qui se mèlent à la bagarre pendant que des filles essayent de les retenir. Les coups pleuvent, les barres de fer se multiplient (j’arrive même pas à comprendre d’où elles sortent), des types tombent par terre, se font lyncher par d’autres, des enfants se mettent à pleurer, ça saigne. Tout ce petit monde se déplaçant dans la rue, c’est un beau bordel. La police finit par intervenir mais ils ne sont visiblement pas assez nombreux pour contenir durablement tous ces gentlemen très énervés. Moi, j’ai profité de l’accalmie pour m’éclipser… Ils sont fous ces Chinois !!

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