Sydney, « comme à la maison »

(Oui, je sais, c’est n’importe quoi ce blog, depuis 1 mois j’ai pris un retard pas croyable, promis, ça va s’arranger… je sais pas quand, mais ça va s’arranger…)

Naaaan, je rigole, c’est pas vraiment « comme à la maison ».

D’abord, y a des vieux qui dorment dans ma chambre et puis les gens sont sympas. Tout le contraire des Parisiens, c’est bien connu.

Mais pour autant, Sydney, ça a quand même un petit côté « comme à la maison ».

Bon alors pas en ce qui concerne l’hôtel, hein, bien sûr… J’ai passé 6 mois à déjouer les arnaques des plus vicieux chauffeurs de tuk-tuk et là, je me fais avoir au premier nom d’hôtel pas assez copyrighté… Du coup, je me retrouve dans une espèce de pension pour retraités désargentés et déprimés. Bonjour l’ambiance…

Mais de toute façon, je suis pas là pour étudier la décoration du papier-peint, je suis là pour me remplir les yeux. On pourrait dire aussi pour me vider le portefeuille mais ça, c’est une autre histoire…Non, d’ailleurs à ce sujet, crevons l’abcès tout de suite.

Après un vol de nuit pendant lequel j’ai eu la bonne idée de ne pas dormir (quoi ? y avait James Bond à la télé !), j’ai donc poireauté à la douane, fait mettre un millième tampon sur mon passeport et récupéré mon barda. Comme d’habitude, je suis hyper bien organisée, je sais exactement quelle ligne de métro je dois prendre pour arriver jusqu’à ma douche salvatrice, c’est donc d’un pas franc et assuré que je me dirige vers le ticket office pour prendre mon billet. « Hi ! How are you today ? » (aaaah ! qu’est-ce qu’ils sont sympas ces Australiens…) « 17 dollars s’il vous plaît ! » (euh… je retire ce que je viens de dire) IIIIIIIIIRK ! WHAT ? Nan-mé-ô, ça va pas la tête ou quoi ? 17 dollars ? Tu sais combien de familles on peut nourrir avec 17 dollars au Laos ? Tu sais depuis combien de temps j’ai pas sorti 17 dollars en une seule fois de ma poche ? Alors je m’exécute… péniblement… Je me dis qu’à ce prix-là, le métro australien, il doit y avoir des masseuses thaïes dedans. Mais non ! Bon, c’est sûr, c’est pas le RER B (tu sais ? le premier truc que tous nos touristes voient quand ils arrivent à Paris… Paris ! So romantic city…). Mais ça casse pas 3 pattes à un canard non plus… Et comble du comble, j’ai que 5 stations à faire, j’ai même pas l’impression d’en avoir pour mon argent ! Pfff…

Bref, j’arrive dans le centre de Sydney. Je vous passe le moment d’incompréhension totale quand je me suis pointée à la réception de l’hôtel et que la fille ne trouvait pas ma réservation ce qui était bien normal vu que j’avais en fait réservé dans un hôtel qui avait le même nom mais qui se trouvait à 300m de là. Le moment d’agacement total quand la réceptionniste de l’autre hôtel m’annonce du bout des lèvres (oui, elle, c’est l’exception qui confirme la règle, c’est la seule Australienne pas sympa du pays) que le check-in, c’est à partir de midi, que là, il est 9h et que donc, je peux laisser mon sac là mais je dois revenir plus tard… Et le moment de consternation parfait quand je finis par atterrir dans un café les yeux au milieu des joues, que je commande un café (justement) et que la serveuse m’annonce « 4 dollars ! ». Scrogneugneu ! 4 dollars ! C’est de l’Or de Maison du Café, celui-là ou quoi ? Qu’est-ce qu’ils ont tous ce matin ?

Et puis, lentement, je réalise qu’en fait, tout n’est pas extrêmement cher, tout est simplement « comme à la maison »… Sauf que moi, je suis un peu déconnectée, j’ai des repères tout chamboulés et j’ai du mal à me dire que dans ce nouveau monde, le prix du jus de fruits frais est indexé sur le cours de l’or…

Voilà, vous l’aurez compris, on va pas passer la journée là-dessus mais ça fait tout drôle au début.

Reprenons. Après un vrai petit déj comme il ne m’avait pas été permis d’en déguster (oui, c’est le mot) depuis des lustres (œufs délicatement brouillés et toasts parfaitement grillés) et en attendant de pouvoir me noyer sous une douche, je me mets à errer comme une âme en peine déambuler dans les rues de Sydney. Et c’est plutôt joli. De grandes avenues, des bâtiments en pierre, une cathédrale monumentale, des parcs, des promenades et partout, la mer… ou plutôt, l’océan. Et du coup, l’air est… léger. Facile à respirer. Pas noir. D’ailleurs, l’océan est d’un beau bleu profond et le ciel d’un joli bleu ciel. Et le soleil fait briller les bateaux qui se balancent dans les marinas. On s’enflamme pas sur le soleil non plus. Il fait beau mais mon dieu ! qu’est-ce qu’il fait froid ! Et qu’est-ce qu’ils font en t-shirt et en tongs les Australiens ? Ah non, hein. Là, faut mettre un pull. Et une écharpe. C’est qu’il fait 25°C ma bonne dame ! Et ça aussi, j’ai perdu l’habitude… D’ailleurs, ça ne fait pas un pli, je finis la journée avec un rhume… Aaaatcha !

Bon, j’ai quand même fini par prendre une douche puis la fatigue m’a rattrapée sur la pelouse des Royal Botanical Gardens, face à l’opéra. J’ai donc dormi 2 bonnes heures au soleil, à peine dérangée par les milliers de joggeurs qui passaient en petites foulées.

Parce que, dites donc, qu’est-ce qu’il y a comme nouvelles choses à observer ici… Des gens qui courent (beaucoup de gens qui courent, j’en n’ai jamais vu autant ailleurs dans le monde), des gens qui promènent des chiens (non, ici, les chiens n’ont pas la gale, ils ont le poil brillant, bien peigné et des fois, ils ont un petit nœud dedans), des gens tout court. Bah oui. Parce que des gens comme ça, j’en n’ai pas vu depuis longtemps (enfin, pas autant en même temps). D’abord, y a des grands. Je ne mange plus la soupe sur la tête de mes voisins dans le métro. Y a des gros. Des très gros même parfois. Ça, ça n’existait purement et simplement pas en Asie, dans les magasins de fringues, j’avais l’impression d’être un hippopotame. Y a des blonds. Des roux. Des châtains. Des avec des cheveux bouclés. Bref, une diversité capillaire captivante. Des mecs qui vont un peu trop à la gym. Avec des biceps plus gros que les cuisses. Pas toujours très fins et élégants. Et y a des vieux. Je veux dire, des vieux avec des cheveux blancs, les joues qui tombent et des dentiers branlants. Bah je vais vous avouer un truc. L’ethnie à laquelle j’appartiens, les « Blancs », on a les plus moches vieux de la terre… Les vieux Noirs ou les vieux Asiatiques, ils ont beau être tout rabougris, tout fripés, ils gardent une certaine classe. Les nôtres, parfois, ils font peur aux petits enfants.

Mais heureusement, en Australie, il y a une espèce qu’on ne trouve nulle part ailleurs. En Australie, il y a les surfeurs… Tâchons de vous expliquer de quoi il s’agit. Le surfeur a la classe. D’abord parce qu’il sait se tenir debout sur une planche en polystyrène au milieu des vagues et ensuite parce qu’il peut marcher pieds nus dans la rue en combinaison de plongée et ne pas avoir l’air ridicule. Le surfeur a le cheveu plus long que la moyenne (étude menée hier sur un panel testeur de 50 personnes, statistique imparable). Légèrement plus clair aux pointes parce que le surfeur passe beaucoup de temps dans l’eau de mer et sous le soleil, assis sur sa planche à scruter anxieusement l’horizon au cas où se pointerait LA vague de sa vie. Le surfeur est plutôt fin. Parce que hisser son propre poids sur une planche en polystyrène et en mouvement au milieu de l’océan, c’est plus facile quand tu pèses pas 110kgs (et croyez-moi, je sais de quoi je parle…). Et bien sûr, le surfeur est beau. De toute façon, toi t’es sur la plage, de là où t’es, tu ne vois pas son visage, tu peux donc tout à fait te dire qu’il est beau, ça ne gêne personne. Evidemment, tout ceci pour se décliner au féminin si besoin.

Mais le truc rigolo, c’est que des surfeurs, t’en croises pas qu’à la plage. T’en croises dans le métro, leur planche sous le bras, sur le ferry, au supermarché… partout ! Faut dire que c’est un peu le sport national ici. Alors je suis obligée de réviser mes conseils boursiers, adieu Cartier et bienvenue Billabong !

Enfin voilà, je viens donc de passer 4 jours à me balader le nez au vent à travers la jolie Sydney et ses environs. L’opéra bien sûr, le Harbour Bridge évidemment, Bondi et ses surfeurs (Bondaaaaaïï !! En fait, je crois que le type qui a décidé du nom de cette plage était un surfeur japonais qui a hurlé « Bonzaaaaïï ! ». Sauf qu’il était enrhumé. Parfois, l’Histoire se joue à pas grand-chose.), Manly et ses résidences plus que cossues cachées au fond de criques paradisiaques, les Blue Mountains et leur atmosphère imprégnée d’huile d’eucalyptus (c’est ce qui les rend « blue »). J’ai joué avec les mouettes qui essayaient de me voler mon fish & chips à Circular Quay, failli poser le pied sur un dragon à Manly (vous auriez vu le regard qu’il m’a lancé…), caressé des kangourous, des koalas et une espèce de chouette très chouette, pleuré comme une madeleine en écoutant Carmina Burana par le Sydney Symphonic Orchestra (une vraie claque, un moment de toute beauté, des fois, ça fait du bien) et conclu un accord avec un serpent qui pensait qu’on pouvait se trouver lui et moi au même endroit au même moment. Bref, Sydney vient d’entrer en fanfare dans mon top 3 des villes dans lesquelles je pourrais vivre (naaaan, pas de panique, New York est encore devant mais pour une fois, la question s’est vraiment posée). A bon entendeur…

Photos ici (mais je vous préviens, mettez vos lunettes de soleil).

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