Sauter dans les flaques

Quand le réveil sonne à 5h30, Ben et moi, on sursaute. Je file une bonne claque à cette saleté de truc qui chante et je remets aussi sec le bras sous la couette où il fait bien meilleur que dehors… Malheureusement, si je m’inflige cette punition, c’est pour une bonne raison. Ce matin, on prend le ferry pour traverser le détroit de Cook, on va sur l’île du sud.

Alors, on se fait violence et après avoir avalé un bol de céréales, s’être lavé le visage à l’eau glacée (ça, c’est hyper violent…) et avoir à peu près rangé l’intérieur de Ben, on se met en route. Direction le quai d’embarquement du ferry.

Quand on arrive, y a déjà la queue. Y a des gens qui laissent tourner leur moteur alors qu’ils savent pertinemment qu’ils vont rester là au moins 20 minutes. Résultat : ça pue l’essence. A 7h, avoir la tête dans les vapeurs d’essence… c’est que du bonheur.  Heureusement, y a le soleil qui se lève. Ça fait un joli spectacle d’autant plus qu’il joue à cache-cache derrière les nuages et qu’il y a des troupeaux de mouettes qui complètent le tableau. Et puis, la file de voitures, vans, caravanes, camping-cars, camping-bus (c’est comme un camping-car mais en énorme) se met en branle et tout le monde se dirige doucement vers la bouche du monstre de fer qui nous avale un par un. Bon, c’est pas un énooooorme ferry mais c’est un assez gros ferry quand même. Et moi, c’est la première fois que je monte dans un ferry avec une voiture. Mais en fait, ça n’a rien de bien compliqué. Y a des tas de gars qui t’indiquent où aller, où te garer, quand c’est le moment de mettre ton frein à main, bref, je m’en sors comme une chef. Après ça, je me dis « Bien, je vais profiter du paysage (il paraît que c’est joli cette croisière), je vais me trouver une petite place sur le pont supérieur ». Alors je grimpe les 7 étages (oui, quand même) et je me retrouve à l’air libre. Là, je m’installe et j’attends, paupières mi-closes, que le bateau quitte le port.

A 8h15 pétantes, on largue les amarres (je connais quelques gars de la SNCF qui pourraient venir en stage dans le coin…). Et accompagnés par les braillements des mouettes, on se met à glisser sur la baie. Et c’est vrai que c’est joli. Passé Wellington et les grues du port, la côte n’est qu’une suite de criques et de baies, couvertes de forêts de fougères et l’océan a creusé quelques plages où des vaguelettes viennent lécher le sable blanc. Pfff… qu’est-ce que c’est beau… Et puis le soleil perd la partie de cache-cache et le ciel nous tombe sur la tête. Il est temps de se rapatrier à l’intérieur.

Malheureusement, ça ne va pas aller en s’améliorant. Le ciel, qui était blanc, devient gris puis gris foncé puis il fait nuit. Sauf qu’il est midi. Et que je découvre que mes essuie-glaces n’ont pas passé le dernier contrôle technique. Le temps de débarquer, de faire un petit tour au visitor center (y a toujours un visitor center, c’est bien pratique) et de se trouver un petit camping, il est déjà 14h. Et il fait faim ! Ça tombe bien, au menu on a… sandwich jambon/fromage comme tous les jours… Oui, parce que si je me suis fait bien plaisir en Asie, ici, il est juste impensable d’aller au resto. Alors je fais les courses et globalement, même si j’ai un petit réchaud et un paquet de pâtes, je ne peux décemment pas manger une plâtrée de pasta deux fois par jour. Bien sûr, j’alterne avec quelques soupes en poudre, mais le régime n’est pas folichon. Les fruits et les légumes sont hors de prix et la viande et le poisson ne sont pas conditionnés en portion single. Alors je carbure au sandwich. Le seul truc vraiment sympa, c’est les yaourts. Yoplait leur fait de très très bons yaourts en pot de 1kg vraiment pas chers et leur fait croire que « Yoplait » c’est le mot français pour « yaourt ». N’importe quoi !

Bref, je suis donc coincée dans Ben sous la pluie. Du coup, on s’offre une petite après-midi off à mater des films et à mettre à jour le blog et les photos. Je m’inquiète un peu des prévisions météo pour la suite aussi. Parce que quand tu vis dehors (enfin, que ta maison ne fait que 6m3), faut bien trouver de quoi s’occuper même les jours de pluie.

Le lendemain matin, le plafond est toujours très bas et très gris mais il ne pleut pas. Je décide donc d’aller trottiner sur un bout du Queen Charlotte Track, un sentier côtier de 71kms qui se perd dans le Queen Charlotte Sounds (évidemment). Alors je vais au port et je trouve un bateau-taxi qui m’emmène jusqu’à Ship Cove. Ship Cove, c’est là où le capitaine Cook (encore ??? oui, encore…) a jeté l’ancre du Endeavour la première fois qu’il est arrivé sur les côtes néo-zélandaises. En chemin, on croise des dauphins Hector (oui, c’est leur nom, j’y peux rien) qui sautent dans le sillage du bateau. Il paraît même que parfois, on peut croiser des baleines.

Ship Cove, c’est une jolie petite crique où tu peux presque te dire que rien n’a changé depuis que Cook est passé. Rien sauf l’immonde mémorial dédié à Cook justement, qui défigure la plage… Beurk ! Toujours est-il que le sentier part de là et se perd dans les collines. Mais là, à peine ai-je posé le pied sur la plage qu’il se met à pleuvoir… Heureusement, le sentier est partiellement abrité par la forêt. Ce qui n’empêche qu’au bout de 3 heures, je suis trempée, mes chaussures sont trempées, mon pantalon est trempé et fait 30cms de plus qu’au début de la matinée, du coup, je marche dessus donc en plus, il est plein de boue. Alors arrivée au Furneaux Lodge 14kms plus loin (là où doit venir me chercher mon bateau-taxi), j’essaye tant bien que mal de faire sécher ce que je peux. Et devinez quoi ? la pluie s’arrête…

Le trajet du retour est très sympa. Je suis à bord du mail boat, le bateau qui distribue le courrier. Le bateau fait la tournée des maisons qui bordent le Queen Charlotte Sounds et qui n’ont pas forcément d’accès par la route pour leur distribuer le courrier, filer des gâteaux aux enfants et aux chiens et prendre des nouvelles de tout le monde. Certains enfants sont scolarisés à domicile et attendent leurs devoirs assis sur le ponton. Le bateau circule tous les jours mais ne fait pas tout le temps la même tournée. Les gens ne voient donc passer le bateau que 2 fois par semaine grand max. Quelle drôle d’idée de venir s’installer là… Le paysage a beau être fabuleux, on doit se sentir un peu seul des fois quand même…

En revenant à Picton, il fait nuit (pour de vrai cette fois). Alors, je saute dans des vêtements secs et j’emmène Ben à Kaikoura, à 150kms de là. Demain, on va voir des baleines…

Photos ici.

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