AL et les requins

Après cette petite semaine de rêves à m’empiffrer de pancakes et à suivre à la lettre le programme qui m’avait été donné, me revoilà à terre, livrée à moi-même. Dur. N’ayant pas eu le temps de faire le tour de Santa Cruz avant de m’embarquer sur mon rafiot, j’en profite pour aller jusqu’à Tortuga Bay, une immense plage de sable fin sur laquelle viennent s’écraser les vagues, les surfeurs et quelques tortues (d’où son nom). Evidemment, en ce dimanche après-midi, pas une tortue à l’horizon… Bon, bah puisqu’on est là, on va pas se laisser abattre, hein ! En fait, derrière la plage principale se trouve un autre petit banc de sable tout aussi joli mais protégé par une grande dune et où la mer ressemble du coup plutôt à un lac. L’occasion de se baigner avec un bébé raie et d’essayer de rattraper mon bronzage « Tour de France ». Bah oui, une semaine en short en t-shirt sur un bateau et hop ! vous pouvez faire croire à tout le monde que vous savez monter le col du Galibier en danseuse…

Et puis, le temps file, le temps file, je fainéante, je tente de tenir à jour ce blog (no comment) malgré une connexion wifi désastreuse et hop ! c’est déjà mardi, faut changer d’île. Bah oui, parce que mon vol de retour (si, un jour, il faut quitter le paradis) ne part pas de Baltra mais de San Cristobal. Alors hop ! encore un petit tour sur un hors-bord lancé à pleine balle qui se fracasse contre les vagues du Pacifique, encore une occasion de prouver que j’ai bien le pied marin (non mâdâme, j’ai pas eu besoin d’un petit sac plastique, môa !) et 2 heures plus tard, me voilà de retour à San Cristobal. De retour parce que souvenez-vous, c’est aussi là que j’avais atterri il y a une petite dizaine de jours. Sauf que là, on n’est plus dimanche et ça change tout. Les boutiques sont ouvertes, les gens sont en terrasse et même si les lions de mer meuglent (ou un lion de mer, ça meugle, ça ne rugit pas) toujours à qui mieux mieux, on est quand même très très loin de ghost town. Du coup, je me trouve même une petite chambre à 15$ (seulement ! oui, on est aux Galapagos toujours…) sur le front de mer et alors que je suis sortie admirer le coucher du soleil, sur qui tombe-je ? Janice et Philippe, 2 de mes copains de rébellion de la semaine dernière. Eux, ils ont fait encore plus fort, ils n’avaient pas payé la croisière avant de monter à bord (ils avaient été harponné à peine descendus de l’avion) et du coup, vu la « qualité » de notre guide bien-aimé, ils n’ont pas payé la totalité du prix convenu. Ce qui leur a valu une engueulade mémorable mais ils ont tenu bon. Alors, on papote, on papote, on rigole et on finit par comprendre que c’est l’heure du dodo puisque les lions de mer ont envahi les rues et se mettent à ronfler.

Le lendemain, j’ai décidé d’affronter ma peur (il ne sera pas dit que je suis une poule mouillée) et je pars donc en bateau pour Leon Dormido, une roche qui émerge de l’océan à quelques centaines de mètres de l’île. Ce rocher aurait vaguement la forme d’un lion endormi d’où son nom. Mouais. Elle dit qu’elle voit pas bien le rapport… Et de quoi donc aurais-je la trouille près de ce gros caillou ? Bah des requins, pardi ! Ils viennent nager ici par centaines puisqu’il se trouve que tout autour du rocher viennent se nourrir tout un tas de petits poissons. Alors non, ils ne font pas 4 mètres de long (quoique… ça peut arriver si t’es sage il parait) mais plutôt 1 mètre, ce sont des bébés. Je me retrouve donc jetée du bateau en pleine mer (y a pas loin de 50 mètres de fond quand même), ballotée dans les vagues avec mon masque, mon tuba, mes palmes et ma combinaison ridicule qui n’est même pas en côte de maille… Et v’là ti pas qu’en plus, faut mettre la tête dans l’eau pour chercher les petites bêtes… Et en même temps battre des pieds pour traverser le couloir formé par le rocher. Je ne sais pas ce que j’entends le plus fort : l’alarme qui vrille mon cerveau en hurlant : « AAAAAaaaaah ! C’est infesté de requins et on n’y voit pas à 3 mètres ! Dépêche-toi de remonter sur le bateau, idiote ! » ou l’autre voix bien moins virulente qui répète constamment : « T’inquiète ! Y a des gens qui font ça tous les jours, y a aucun risque et en plus, t’es venue là exprès pour ça, t’es une grande fille, tout va bien se passer… »  Je vous laisse deviner…

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Heureusement, c’était mon jour de chance (d’autres diraient de malchance mais bon… tout est une question de point de vue, hein ?), je n’ai vu qu’une dizaine de petits requins. Et j’ai pas trainé quand on nous a fait signe de remonter sur le bateau. Mais je l’ai fait ! J’ai nagé avec des requins. Certes, j’ai pas beaucoup respiré. Certes je tremblais comme une feuille (et non, ça n’était pas à cause de la température de l’eau…). Certes, je ne recommencerai pas demain. Mais peu importe ! J’ai nagé avec des requins !! Hi hi !! Au moment de repartir, histoire de fêter ça, un requin bondit hors de l’eau en frétillant… clairement pour saluer mon exploit !

Et puis voilà. Ce soir, c’est encore déjà l’heure de refaire mon sac. Le paradis, c’est fini, demain, je reprends l’avion direction Quito. Encore ? Oui, encore. Mais là, c’est juste une escale de 24 heures.

Photos ici.

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