La terre de nos ancêtres

Des miens hein, pas des vôtres bien sûr !

Oui, pour ceux qui ne le savent pas (parce que ça ne se voit pas spécialement sur ma figure…), mon grand-père maternel était à moitié vietnamien. Alors, venir ici, c’est un peu comme un retour aux sources. Bon, il n’a jamais vécu au Vietnam mais plutôt au Liban (avant d’arriver en France, de rencontrer ma grand-mère et que l’Histoire se charge de faire en sorte que je vous raconte ma vie aujourd’hui) ce qui fait que la recette de famille c’est plus le kebbé que les rouleaux de printemps mais ça n’empêche, c’est un peu émouvant d’être là.

J’avais dit « cours d’histoire sur le Vietnam ». Alors avant d’aller plus loin, je vais vous faire un petit résumé des 2 derniers siècles pour pas vous endormir.

En 1802, après près de 1000 ans de monarchie sous une bonne douzaine de dynasties différentes, le Vietnam est réunifié pour la première fois depuis 200 ans et gouverné par l’empereur Gia Long. Les Européens sont déjà présents depuis près de 300 ans mais plutôt concentrés dans la région de Danang dans le centre du pays. En 1825, l’empereur Minh Mang, le cousin de Ping Pong (pfff… qu’est-ce qu’on rigole…) promulgue un décret pour interdire l’activité missionnaire au Vietnam. Les prêtres européens sont alors emprisonnés et persécutés, ce qui donnera aux Français un prétexte pour une première intervention armée. En 1862, après les attaques françaises sur Danang et Saigon, l’empereur Tu Duc signe un traité cédant à la France le contrôle des provinces du delta du Mékong, rebaptisées alors Cochinchine. Mais comme ça ne leur suffit pas à nos petits Français, en 1883, ils imposent un deuxième traité marquant le début officiel de 70 ans de domination coloniale, et pour finir en 1887, ils proclament l’Union Indochinoise qui place le Laos, le Cambodge et le Vietnam en entier sous leur domination. Voilà, ça, c’est fait.

En 1897, Paul Doumer est Gouverneur Général de l’Indochine. Il lance un vaste programme de construction de routes et de voies ferrées à travers le Vietnam. Le petit Nguyen Tat Thanh (plus connu sous le nom de Ho Chi Minh) fait alors ses études à Hué. En 1911, il a 21 ans, il s’engage sur un navire français pour faire le tour du monde (comme quoi, c’est un truc de famille). Il finit par atterrir à Paris en 1920 où il participe à la fondation du Parti Communiste français. Puis, comme il a l’air d’avoir du potentiel, les Russes le font venir à Moscou pour être formé à l’Internationale Ouvrière et l’envoient en Chine où il fonde la Ligue de la jeunesse révolutionnaire vietnamienne.

On est maintenant en 1940, c’est la guerre. Les Français ne savent plus où ils habitent et les Japonais en profitent pour entrer au Vietnam et négocier l’utilisation des installations militaires. En contrepartie, ils laissent le pouvoir administratif aux Français. Ho décide de passer à l’action : il crée le Viet-minh (la Ligue pour l’indépendance du Vietnam) qui a pour objectif de mettre fin à la colonisation française et à l’occupation japonaise. Le terreau populaire est fertile : quelques inondations et les Japonais qui imposent alors des réquisitions de riz provoquent une terrible famine qui cause la mort de 20% de la population dans le nord. Du coup, à la fin de la guerre, le 2 septembre 1945, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam. Les Japonais sont repartis discrètement mais les Français, qui sont dans le camp des gentils maintenant, décident que finalement, ils vont pas laisser tomber l’affaire comme ça. Ils imposent à nouveau le régime colonial. Evidemment, les Viet-minhs sont pas contents et tout ça aboutit à des combats à Haiphong et Hanoi en 1946 qui vont marquer le début de la guerre d’Indochine. Huit ans plus tard, en 1954, dans la cuvette de Dien Bien Phu, au nord-ouest du Vietnam, les Français perdent la bataille et la guerre. Fin de la colonisation. Mais les problèmes sont loin d’être terminés. Le pays est alors divisé en deux, à hauteur du 17ème parallèle. Au nord, le Vietnam communiste dirigé par Tonton Ho et au sud, le Vietnam « libre » dirigé par Ngo Ding Diem, un catholique farouchement anti-communiste. Les Américains sont alors déjà présents dans le pays depuis plusieurs années parce qu’ils filaient un coup de main aux Français dans le sud pendant la guerre d’Indochine espérant lutter contre l’expansion communiste. En 1960, le Front national de libération (ou Viet-cong) entame une guérilla contre le gouvernement Diem dans le sud. Les Américains offrent alors leur aide à Diem mais 3 ans plus tard, ils orchestrent un coup d’état qui renverse (et tue par la même occasion) leur ex-copain parce qu’il commençait à faiblir dans la lutte contre le nord. Puis comme ça ne doit pas avancer suffisamment vite pour eux, ils prétextent une double attaque injustifiée contre des navires américains (en vérité il n’y a eu qu’une seule attaque et totalement justifiée) et balancent les premières bombes sur le nord du pays en 1964. C’est le début de l’horreur (napalm et compagnie), ça va durer 9 ans et Tonton Ho mourra avant de voir le pays libéré. En 1973, on arrête les dégâts, tout le monde signe les accords de Paris et les Américains rentrent à la maison. C’est le début de l’exode massif des Vietnamiens du sud qui ont collaboré avec les Américains, qui ne sont plus trop en odeur de sainteté et qu’on appellera les boat people. For the record, les Américains n’ont jamais déclaré officiellement la guerre au Vietnam…

On pourrait se dire, c’est bon, les Vietnamiens, ils en ont marre de jouer à la guerre, ils vont commencer à reconstruire leur pays. Mais non ! En 1978, ils envahissent le Cambodge, ravagé par les Khmers rouges et les chassent du pouvoir (donc quelque part, c’est pas si mal). Du coup, les Chinois sont pas contents (ils étaient copains avec les Khmers) et ils attaquent le nord du pays. Mais les Vietnamiens, ils sont supra entraînés, ils les renvoient à la maison aussi sec. Pendant ce temps, les Khmers rouges se sont réfugiés en Thaïlande. Pour être bien sûrs qu’ils reviennent pas traîner dans le coin, les Vietnamiens posent en 1984 le plus long cordon minier au monde, le K-5, qui s’étendra le long de la frontière thaïlando-cambodgienne. Et puis finalement, en 1989, ils laissent le Cambodge tranquille et pour la première fois depuis trèèèèèèèèèès longtemps, le Vietnam connaît la paix.

Et c’est donc enfin le début de l’épanouissement du pays, d’abord doucement puis de plus en plus vite à partir de 1994 avec la levée de l’embargo américain. Et nous voilà aujourd’hui, la réhabilitation du pays est quasi-totale, les habitants des petits villages au milieu de nulle part ont des iTrucs et les Porsche Cayenne commencent à fleurir dans certains quartiers de Hanoi.

Voilà ! Vous êtes maintenant parfaitement éclairés pour suivre la suite de l’histoire.

Alors, je suis donc revenue à Hanoi jeudi dernier. Mais pourquoi faire ? Et bah pour aller chercher ma mère à l’aéroport, pardi ! Et oui ! Sortez les violons : ma maman est venue passer 10 jours avec moi pour rendre visite à Tonton Ho et me tenir la main pour entrer en 2013… c’est kromeugnon, n’est-il pas ?

Chine – le bilan

4 250kms parcourus et 78 heures de train, 7 heures de bus, 11 heures de voiture et 4 heures de vélo.

Prix d’un lit dans un dortoir : 50 yuans (soit 6 euros)

Prix d’un repas : 10 yuans dans la rue et 100 yuans dans un vrai resto (entre 1 et 10 euros quoi !)
Prix d’un McDo : 27 yuans (soit à peu près 3 euros)
Prix d’une bouteille d’eau de thé vert : entre 3 et 5 yuans



Ce qui va me manquer : la lumière du soleil d’hiver, les brochettes de nèfles caramélisées, les biang biang lamiàn, la cuisine ouïgoure, la street food en général, les chats chinois, les jardins, les tortues, les pics karstiques (mais je vais en voir plein d’autres), la musique dans les trains, les hommes qui chantent de l’opéra, la Grande Muraille, les bols de nouilles déshydratées à emporter dans le train.



Ce que je ne vais pas regretter : l’odeur du chou dofou (traduction littérale de tofu qui pue…) qui te prend par surprise au coin de la rue, le frisson dans le dos quand quelqu’un vomit se racle la gorge derrière moi, les bonnes manières des Chinois (celui qui se tripote les orteils à table, celle qui se cure le nez et s’essuie les doigts sur le rayon des dentifrices, ceux qui éternuent, bâillent, rotent sans mettre leurs mains devant leurs bouches, celui qui se rase dans le train au milieu du wagon, celle qui crache ses coques de graines de tournesol par terre dans la chambre de la youth hostel), l’épais brouillard du Sud.

 
La phrase qu’il fallait retenir : 油炸饺子吗 ? (Frits ou bouillis vos raviolis ?)
 
Bon alors, quoi penser de la Chine ?
En ce qui me concerne, ça a super bien démarré. Faut dire qu’après 3 mois chez les Indiens, ça avait un petit côté simple et reposant qui n’était pas pour me déplaire… Puis au bout de quelques temps, le manque de contact avec les Chinois a commencé à peser un peu. C’est vrai, ils sont pas envahissants, pas agaçants, limite, c’est à peine s’ils te regardent. Mais, du coup, on a du mal à communiquer.  Je crois sincèrement que les Chinois parlent beaucoup plus anglais qu’ils ne laissent le penser. C’est juste que comme il est hors de question de perdre la face (question de principe), ils n’osent pas parler et du coup, ils préfèrent ignorer le lawai.


Les Chinois sont surprenants. Enfin, plein de choses sont surprenantes en Chine. Du bon comme du moins bon. Par exemple. Ils dansent dans les parcs. Il y a 15 vendeurs dans chaque minuscule boutique alors qu’un seul suffirait. Les bébés portent des pantalons fendus aux fesses et donc se les gèlent (les fesses). Ils adorent les pattes de poulet. Les femmes portent des manchettes avec des élastiques à chaque bout sur leurs manteaux. Les filles sont en micro-short partout tout le temps. Les coiffeurs sont tous des hommes. Ils peignent  les troncs d’arbres en blanc. Ils hurlent (littéralement) dans leurs téléphones portables. Ils installent  des machines à rayons X à l’entrée des gares mais y a personne pour regarder l’écran.
 
Pour le côté un peu décevant je dirais… les sites touristiques (excepté la Grande Muraille). Peu de choses à voir (en même temps, ils ont tout démoli pendant la Révolution Culturelle) et peu de sites adaptés aux non-chinese speakers. Cela étant dit, je ne suis pas beaucoup allée à la campagne et je ne suis pas allée partout, y a peut-être des trucs très intéressants à voir dans les autres provinces. Parce que c’est ça le problème en Chine. C’est tellement grand et tellement varié du Nord au Sud qu’il faudrait 6 mois pour en faire le tour. Et j’ai vraiment pas l’impression d’en avoir eu une vision exhaustive.
 
Et puis y a eu LA révélation. La cuisine chinoise… Je veux dire, la vraie cuisine chinoise. Pas celle que tu manges à Paris. Non, non. Celle-là, j’aime toujours pas. Mais ce que tu manges ici… c’est juste fantastique. Et c’est fantastiquement pas cher aussi. D’ailleurs, ça aussi, c’est surprenant. Comme se fait-il que la nourriture soit si peu chère ? Et surtout, pourquoi ne peut-on pas avoir la même chose chez nous ?

Bref, c’était bien sympathique cette petite virée chez les canards laqués. On en referait bien une, tiens ! Maintenant que je sais compter sur mes doigts (jusqu’à 10 hein, après, c’est foutu !), je suis sûre de pouvoir me débrouiller partout !

Et puis j’ai entendu dire que dans 50 ans, la France aura été rachetée par les Chinois. Aucun problème. S’ils viennent avec leur street food, je les accueille à bras ouverts.

 
Allez, en cette période festive, je vous fais un petit cadeau : 5 minutes pour vous donner envie de venir chatouiller le menton du Grand Timonier…



Hé… je crois que j’ai fait du bon boulot avec celle-là, je vais en parler à l’Office National du Tourisme chinois, non ?

Sa Pa ou bien ?

Mouais… Sa Pa pas mal, merci ! (… ouais, je sais, c’est l’oxygène, en altitude, ça rend euphorique…)

Reprenons.

Le lendemain matin, je fais la connaissance de mon guide pour les 3 jours, Chong, Vietnamien (je veux dire par là, pas d’une ethnie du coin). Il était prof d’anglais mais finalement guide, ça paye bien mieux et puis il préfère vivre à la campagne, dont acte. Il est assez rigolo, très bavard et n’est pas avare d’informations sur la région et ses coutumes. Après avoir traversé le marché de Sa Pa (qui effectivement, est ridicule par rapport à celui de la veille), la balade commence à travers les chemins caillouteux et surtout bien bouillasseux grâce à la pluie des derniers jours… Il faut d’abord réussir à semer les vendeuses ambulantes qui sont prêtes à se farcir 4 heures de marche pour te vendre une housse de coussin faite main mais quelques glissades et pas de danse incontrôlés plus tard, on arrive au sommet d’une colline et la vallée de Muong Hoa se déroule sous nos yeux : des rizières en terrasse à perte de vue, quelques petits villages avec des maisons en bambou et en bois où de grands morceaux de tissus teintés d’indigo sèchent au soleil et des tripotées de canards qui se dandinent et pataugent dans les rizières. A cette saison, la récolte est finie, on attend le nouvel an pour planter le riz. Les quelques pousses qui émergent ne servent qu’à nourrir les animaux. En fin de matinée, on retrouve 2 autres guides et 4 autres touristes français (dont ceux que j’avais croisés à la gare d’Hanoi). Comme nous sommes tous passés par la même agence, nous allons tous dormir au même endroit et du coup, nous décidons de repartir ensemble pour l’après-midi. La balade est plutôt agréable, avec même parfois un rayon de soleil. De temps en temps, les hurlements d’un petit cochon qu’on égorge nous parviennent tandis qu’on essaye d’éviter les bouses de buffle, les innombrables poussins et les mamans cochons traînant derrière elles leurs portées. Oui, nous sommes à la campagne… En passant, on visitera une grotte où seuls les plus courageux s’aventureront (votre serviteuse en tête, évidemment): on a une seule lampe frontale. Au moment où on se disait qu’on allait faire demi-tour, la lumière s’allume et un groupe de Russes nous doublent (il suffisait de payer pour que la lumière fût). Du coup, on les suivra encore en peu plus loin avant de se dire que finalement, passer Noël coincer à 10 mètres sous terre à escalader des rochers suintants d’humidité, c’est pas si rigolo.

En milieu d’après-midi, on arrive dans notre « palais » pour la nuit (4 murs et un toit faits en bambou et en planches mal jointives mais quel charme !), la maison d’une famille Dao. Après avoir machouillé un peu de canne à sucre, on va prendre un bain aux herbes médicinales (une spécialité locale) dans le « spa » du village. On se retrouve donc chacun dans un tonneau, accroupi pour avoir de l’eau au-dessus des épaules, à barboter comme dans une tasse de thé géante. Je ne sais pas si l’effet médical de ces plantes est prouvé mais ça aura au moins eu le mérite de nous réchauffer parce qu’en attendant, nos guides n’ont pas installé le chauffage central. On se met ensuite tous à la cuisine (enfin, autour du feu) pour préparer un vrai festin qu’on arrose à grands coups d’alcool de riz. Sauf que les Vietnamiens, c’est pas rigolo, après 3 verres, ils sont couchés et à 22h, la maîtresse de maison nous fait comprendre qu’on est gentils mais qu’on consomme beaucoup de bois là maintenant, et que ça serait bien qu’on aille se coucher. Bon, de toute façon, y avait plus d’alcool de riz. Merry Christmas !

Le lendemain, après un petit déjeuner de champions (banana pancakes au miel), on nous a promis LE passage difficile de la balade : une grimpette avec 500 mètres de dénivelé. On se met en route doucement, la motivation en sourdine à cause de la bruine et du brouillard qui nous promettent une belle journée. Personne n’avait d’altimètre mais si ça, c’était 500 mètres, je veux bien le refaire à cloche-pied ! On finit par passer enfin au-dessus des nuages et on aperçoit les sommets environnants dont le Fansipan, le plus haut sommet d’Asie du sud-est à un peu plus de 3100 mètres. Enfin, on croit que c’était le Fansipan parce que nos 3 guides n’étaient pas d’accord sur le sommet à admirer…

Ils nous assurent ensuite une pause déjeuner avec une amazing view… On ne demande pas mieux ! On se retrouve assis sur une colline, les nappes de brouillard nous recouvrant les unes après les autres… Pour la vue, on repassera… Mais pour le sandwich ! McDo n’a qu’à bien se tenir ! De l’œuf, de la viande, de la Vache Qui Rit (oui, c’est tout ce qu’on trouve comme fromage ici), des tomates, du concombre et même une poudre de perlimpimpin qui assaisonne le tout : de la haute gastronomie !

Bref, l’estomac plein on entame la descente et là, c’est un festival de glissades et de rattrapages sur les mains dans la boue (il paraît que c’est très bon pour la peau…). On finit par arriver dans un petit village où un bus attend mes co-trekkeurs pour les ramener à la civilisation tandis que je prolonge mon immersion au milieu de nulle part. Mes hôtes pour la nuit sont une famille Dzai verte (la dame porte un foulard multicolore mais avec beaucoup de vert). On prend le thé, Chong me flanque une raclée aux échecs et on se met à la popotte (toujours autour du feu, hein !). Je suis donc officiellement la rouleuse de nems la moins rapide de tout l’Ouest le Vietnam… Après le dîner, on s’assoit tous devant la télé (y a pas le chauffage mais y a une antenne parabolique) et on regarde un film chinois traduit en vietnamien. C’est-à-dire que c’est pas doublé. C’est juste une dame qui parle par-dessus les acteurs chinois et qui décrit ce qui se passe en vietnamien. Le film a déjà l’air particulièrement mauvais mais alors avec la petite dame qui commente, ça doit vraiment pas être triste. La cerise sur le cupcake ce sont les coupures pub tous les quarts d’heure… Mais tout le monde est scotché et rigole, c’est donc que ça doit être bien ! Ou alors, c’est l’alcool de riz qu’on s’est encore envoyé à grandes lampées pour pas avoir froid…

Le lendemain matin (oui, ça fait 2 jours que je dors en manteau et que j’ai pas vu la couleur d’une douche, je sais…), on fait réchauffer les restes de la veille pour le petit déj et pendant que je suis chargée de surveiller le feu (c’est la meilleure place !), je vois soudain un gros cafard bien gras qui, devant trouver que ça commence à sentir le sapin, s’échappe d’une bûche et tente de fuir sous mon pied. Malheureux ! Il finira plat comme une galette et son cadavre ira se tordre au milieu des braises… Comme je commence à trouver que le pays est bien pourvu en bestioles de ce genre, je demande à Chong si les cafards c’est pas plutôt censés vivre dans les zones chaudes et humides (et là, certes, c’est humide, mais je vous jure que c’est pas chaud). Et avec un grand sourire, Chong répond : « Noooon. Au Vietnam, les cafards, y en a partout ! » Gé-nial…

Une fois le petit déj avalé, on se remet en route. Le soleil n’est toujours pas au rendez-vous mais Chong s’amuse à nous faire passer sur le bord des rizières et mon sens de l’équilibre étant ce qu’il est, je me concentre pour ne pas me remplir les chaussures de bouillasse… On traverse encore quelques villages où des enfants jouent à saute-buffle (y a pas de mouton), pieds nus, et nous courent après en chantant « Hello, hello ! », et on finit par retrouver la civilisation pour le déjeuner où on s’offre un grand bol de nouilles fumantes.

Le temps de rentrer à Sa Pa, dire au revoir à Chong (qui promet de m’inviter à son mariage), prendre une douche (oui, parce que là, comme qui dirait, y avait nécessité), refaire le sac et hop ! encore un minibus, direction la gare de Lao Cai. Comme je suis une petite chanceuse, dans le minibus, je me retrouve coincée entre la vitre et une très grosse dame, française, qui voyage avec son mari et son fils et tous les 3 passent l’heure suivante à se plaindre du temps, du froid, du guide qui ne parlait pas assez bien français, des motos qui n’avaient pas assez d’amortisseurs (en même temps, excusez-moi madame mais…), des montagnards qui essayaient de leur vendre 2 ou 3 babioles, de la route qui est pleine de trous (y a pas de route…), bref, c’est le genre de moment où je fais semblant que je ne comprends pas le français et je camoufle tant bien que mal tous les sigles Quechua qui apparaissent sur mes affaires…

Bref, retour dans le train (ce coup-ci, un peu moins luxueux qu’à l’aller) en compagnie de 3 autres Vietnamiens dont une dame charmante mais qui parle très très fort et surtout tout le temps (au point que les gens de la cabine d’à côté viendront lui demander de la mettre en sourdine !). Le train a de très mauvais amortisseurs (lui) et je manque plusieurs fois de tomber de ma couchette. Bien sûr, au milieu de la nuit, j’écrase encore un cafard qui pensait que se balader à moins de 30cms de ma tête ne me posait pas de problème (mais pourquoi c’est toujours sur moi que ça tombe ???) et au petit matin, me revoilà à Hanoi, à me battre avec un chauffeur de taxi qui a trafiqué son compteur qui tourne plus vite qu’une pompe à essence…

De retour dans la jungle !

Photos ici.

Mais où vais-je garer mon traîneau ?

Bah dites donc… je crois bien que c’est la première fois de ma vie que je loupe Noël…

Ce qui est bien, c’est que cette année, j’ai pas eu besoin de me torturer la cervelle pour trouver des idées de cadeaux originales et différentes de l’année dernière… Youpi !!

Notez bien que je ne suis pas une immense fan de Noël en soi. Tout le blabla, la magie de Noël, tout ça… très peu pour moi ! Mais, à quelle autre occasion peut-on manger des blinis maison ?

Allez, n’abusez pas de la purée de marrons, faites rigoler vos petits frères et ne revendez pas tous vos cadeaux sur eBay, ça vous fera des trucs à offrir à vos petits-enfants !

noël chinois1

JOYEUX NOËL !!!

Le marché de Bac Ha

Alors…

J’ai donc pris le train de nuit samedi dernier depuis Hanoi pour rejoindre la région de Sa Pa dans les montagnes du nord-ouest. Et peut-on savoir ce qu’il y a de si intéressant à voir là-bas ?

« Sa Pa est une charmante station climatique fondée par les Français en 1922 et la ville est orientée de façon à profiter du cadre splendide par temps clair (… nous y reviendrons). Juchée sur un versant escarpé et entourée de hauts sommets, elle surplombe une vallée jalonnée de rizières en terrasses (… ah… des rizières en terrasses, ça me rappelle quelque chose…). Souvent noyée dans le brouillard (… ah non ! ça va pas recommencer !), Sa Pa offre plus fréquemment des aperçus de ce paysage magnifique qu’une vue panoramique. Cependant, même par temps couvert et humide (… hum, hum !), la cité conserve beaucoup d’atouts, notamment son grand marché, fréquenté par les ethnies montagnardes de la région. »

Bon… bah, on peut pas dire qu’on n’a pas été prévenus…

« L’Histoire n’a pas épargné Sa Pa qui a souffert des guerres successives contre la France, les Etats-Unis et la Chine au cours du siècle dernier (NDLR : vous faire un petit rappel sur l’histoire du Vietnam un peu plus tard…). Mais l’essor du tourisme a marqué la renaissance de la ville et hôtels, boutiques et restaurants ont surgi comme des champignons. Autre conséquence de cet essor, la culture des ethnies montagnardes, dont les revenus dépendent désormais du tourisme, a fondamentalement changé. Les Hmongs et les Dzao rouges sont présents à Sa Pa. Les Hmongs, auparavant la minorité la plus pauvre de la région, sont désormais vendeurs d’artisanat ou guides de randonnée. »

Merci Lonely !

Donc en fait, je viens dans le coin pour aller au marché de Bac Ha (un peu plus loin, parce que celui de Sa Pa est devenu un marché de souvenirs pour touristes) et pour faire un trek de 3 jours dans les rizières et les villages de la région. Pour organiser tout ça, je suis passée par l’agence VietnamNomadtrails, chère mais comme j’aime, c’est-à-dire sympa et surtout hyper flexible.

L’aventure commence dès la gare d’Hanoi ou je dois faire appeler un certain Mr Tan qui doit venir me donner mon billet de train. Je trouve un guichet où un petit monsieur qui ne parle pas anglais me prête son téléphone gentiment. Je découvre par la même occasion que je ne suis pas seule à chercher Mr Tan : un couple de Français, M. et F., qui sont allés passer un an en Australie, attendent également. Bon, eux, ils ont pas réussi à convaincre le type de téléphoner à Tan mais bon…

Bref, Tan me répond «  OK, pas de problème, je suis là dans 15 minutes ! ». Une heure plus tard, (d’où l’intérêt de se pointer avec 2h d’avance…), toujours pas de Tan en vue… On se débrouille pour le faire rappeler, on nous dit d’attendre, on le fait rappeler encore une fois et finalement, c’est une agence de voyage qui finira par nous donner nos billets. Je soupçonne Tan d’avoir été pris d’une flemmite mythomaniaque aigüe…

Bref, je monte dans le train et là… WOW !! l’Orient Express !! (tout du moins comme je l’imagine) Déjà, à l’entrée du wagon, y a un gars en uniforme qui déroule un petit tapis et qui t’aide à porter ton sac jusqu’à ta cabine… Ah c’est sûr, ça change des conditions dans lesquelles je voyage d’habitude !! La méga classe… Des vrais matelas avec des petits chaussons, un kit de toilette, des petites lampes de chevet, des petites bouteilles d’eau, un gros cafard…. aaaAAAAH !! Comment ça un gros cafard ? Bah ouais, faut croire que les cafards aussi, ça aime le luxe. Un bon frisson et un gros coup de bouteille d’eau sur la tête dudit cafard plus tard, je me glisse dans mon « lit » et le train se met à cahoter doucement.

C’est à peine si je vois passer la nuit. Y a rien à dire, les trains vietnamiens, ça déchire. Je sais pas comment seront les suivants mais celui-là, il claque. A l’arrivée à Lao Cai, un petit gars m’attend avec une pancarte à mon nom, m’emmène dans un resto pour un petit déj « baguette-beurre-confiture » (héritage colonial oblige) et me dit que quelqu’un viendra me chercher un peu plus tard pour m’emmener à Bac Ha. Im-pec (deux-pec, trois-pec, …) ! De temps en temps, se laisser conduire, c’est bien aussi…

Je grimpe donc à bord d’un minibus cosmopolite (Canadiens, Chinois, Allemands, Français, Singapourienne) direction Bac Ha, 2 heures de route plus loin.

J’ai choisi une place près de la fenêtre pour admirer le paysage… Je passerai donc les 2 heures suivantes à papoter avec mes voisins français parce que le paysage… bah… il est sûrement très beau mais là, il est très très très timide… Tellement timide que même la route a tendance à se cacher. Jamais vu une purée de pois pareille.

Heureusement en arrivant sur Bac Ha, le brouillard se lève un peu et après un premier tour du fameux marché mené au pas de course par Cha, notre guide Black Hmong en tenue traditionnelle s’il vous plaît, le feu vert est donné et on se disperse parmi les allées colorées. Le marché de Bac Ha est en fait un des plus importants marchés de la région et de nombreux montagnards descendent à cette occasion faire leurs emplettes mais aussi acheter un buffle, des oiseaux, un poney, mais surtout discuter et boire des coups. Malgré le ciel gris, les tenues des femmes de toutes les ethnies différentes réchauffent sacrément l’ambiance et je profite de l’occasion pour goûter quelques spécialités locales (beignets au gingembre, à la patate douce, riz gluant frit dans une feuille de bananier, …) et pour m’asseoir à 20cms du sol entre 2 Vietnamiens pour déguster un bon petit pho bien cuit et recuit (soupe de nouilles avec un peu de bœuf et surtout un chouette bouquet d’herbes qui parfume le tout). J’irai ensuite m’apitoyer sur le sort des chatons qui grelottent sur des bâches plastiques et attendent de finir en ragout (oui, cette fois, c’est confirmé, les Vietnamiens mangent les chats, les chiens, les oiseaux et parfois des chenilles).

A 14h, le marché remballe et les touristes aussi. La suite du programme c’est « découverte d’un village Hmong fleurs »… Bon, on voit 3 bicoques en bois, 3 Hmongs fleurs et surtout 200 touristes à la queue leu leu qui mitraillent le moindre épi de maïs… tout ce que j’aime… Quinze minutes plus tard, on remonte dans le minibus, direction Sa Pa et c’est reparti pour 3 heures… Sauf que. Certains (ou plutôt certaine) n’ont pas été raisonnables. Ils se sont empiffrés de tout un tas de trucs différents et 3 heures de route de montagne dans la purée de pois, ça finit par mettre leur estomac à rude épreuve. Ce qui devait arriver arriva : ma voisine singapourienne finira par se dégobiller sur les genoux à 10 minutes de l’arrivée. J’ai été héroïque : j’ai pas bronché, je lui ai tendu un paquet de mouchoirs, j’ai dressé une barrière de lingettes entre nous (Dieu soit loué l’inventeur de la lingette !) et je me demande encore comment j’ai évité le cataclysme.

Le temps de passer à l’agence faire le point pour le trek des 3 prochains jours, il fait nuit, et je m’installe dans un petit hôtel où je m’offre le « luxe » d’un petit chauffage d’appoint (parce qu’il fait 5°C dehors et que je suis une chochotte…). Evidemment, on est en toute fin de saison et Sa Pa qui est entièrement tournée vers le tourisme ressemble un peu à une ville fantôme en ce dimanche soir. Une ville fantôme mais avec le wifi partout, des salons de massage et des magasins qui vendent des vêtements de montagne à tous les coins de rue. On se croirait à Chamonix !

Photos ici.

Xin chao Vietnam !

 (qu’on prononce Sin Tchao parce que sinon, ça serait trop simple… Mais… pourquoi –euh ???)

Ca y est ! J’attaque la longue traversée de l’Asie du sud-est jusqu’à Singapour !

Oui alors, effectivement Nanning, y avait rien à y voir et de toute façon, c’était couvert de brouillard et j’en ai donc profité pour organiser un peu la suite. Vous ne verrez donc pas de photo de Nanning.

J’ai donc pris le bus, écrabouillé 10 personnes, récupéré mon visa au consulat, couru (enfin clopiné avec tous mes sacs) pour reprendre le bus, ré-écraser 10 personnes, sauté (enfin…) dans le train pour Hanoi et attendu impatiemment que le train démarre. Adieu les canards laqués !

A minuit, le train s’arrête à la frontière côté chinois. Tout le monde descend avec l’intégralité de son paquetage et fait la queue à la douane. Enfin la douane… Un petit fonctionnaire chinois tout seul qui ouvre consciencieusement toutes les valises, les vide sur une table et te voilà à devoir refaire ton sac au milieu de la gare. Oh non, faites que je n’ai pas à vider TOUT mon sac et à TOUT réemballer… Enfin bon, au bout du 30ème sac, il se détend un peu et jette juste un œil inquisiteur sur le contenu et son propriétaire. Je recommence à respirer et j’affiche mon air le plus aimable quand arrive mon tour. Sauf que. Finalement, je dois avoir l’air suspecte ou peut-être était-ce parce que j’étais la seule Occidentale du train, mais j’ai droit à un traitement spécial et il va jusqu’à ouvrir mon portefeuille et étaler mes petites culottes sur le comptoir… on sait jamais !

Bref, on fait tamponner nos passeports et hop ! nous voilà hors de Chine.

Une heure plus tard, on recommence le même cirque côté vietnamien sauf que là, il doit être trop tard et les gars doivent être fatigués, personne ne checke les sacs. Un nouveau tampon plus tard, on remonte dans le train et CA Y EST !! JE SUIS AU VIETNAM !!

A 5h, le train arrive à Hanoi, dans une petite gare de banlieue au milieu de nulle part… Grumpfff… Le plan, c’était d’aller à l’autre gare (celle dont part le soir même mon train pour les montagnes du Nord-Ouest), de mettre mes sacs à la consigne et de passer la journée à traînasser dans la ville. Sauf que là, il fait encore nuit, rien est ouvert et il pleut… Re-grumpfff… Bon bah finalement, ça sera taxi (le chauffeur, très rigolo, me fera la conversation en vietnamien pendant tout le trajet et me délestera de 10$…), hostel et après avoir dormi, on verra !

Mais en attendant… Chào mừng bạn đến với Việt Nam !!

Croisons les doigts !

Après avoir passé une bonne partie de ma journée dans le train, me voici arrivée à Nanning, toujours dans le Guangxi, dernière étape avant la frontière vietnamienne.

Enfin dernière étape… SI tout va bien. Parce que. SI je récupère bien mon visa vendredi et SI j’arrive à avoir une place dans le train pour Hanoi demain soir et SI j’arrive à avoir une place dans le train pour Sapa après demain, je passerai Noël à dans une grotte humide dans la montagne vietnamienne. Youpi !

Sinon, SI j’arrive à avoir une place dans un train pour Hong-Kong, j’irai m’empiffrer au soleil…

Cruel dilemme…

Donc le visa. Que je vous raconte. En arrivant à la youth hostel, je constate (c’est marqué sur le mur) qu’ils peuvent s’occuper de porter mon passeport au consulat vietnamien et de me le rapporter avec le précieux sésame. Je demande donc à Natacha, la fille de la youth hostel (si, si, Natacha, c’est chinois), comment on procède. Sauf que. Natacha est pleine de bonne volonté mais son anglais l’est moins et y a pas moyen de comprendre si oui ou non je vais bien récupérer mon passeport en temps et en heure. Elle finit par me dire qu’il vaut mieux que j’aille moi-même au consulat du Vietnam, d’ailleurs, elle m’écrit (en chinois) l’adresse sur un bout de papier et me dit que tous les chauffeurs de taxi de la ville connaissent l’endroit donc… no worry ! Mouais.

En attendant, je passe la soirée à discuter avec le seul autre occupant de l’hostel, L., un Australien en vadrouille en Asie et qui prend un vol le lendemain pour Bangkok. Ici, c’est plutôt low season. L’hostel est en fait un grand appart et on est un peu comme à la maison, dans les canapés du salon à jouer à la Playstation. On fête son anniversaire, on boit quelques bières, on papote, on se couche tard et le lendemain matin, L. rate son avion. Voilà ce qui arrive quand on passe trop de temps au pays des gens qui ne supportent pas l’alcool…

En attendant, moi je suis pas là pour cueillir des marguerites donc, après avoir quand même jeté un œil sur Google Map, je pars pour la gare acheter mon billet de train pour Hanoi parce que y a besoin du passeport pour acheter le billet de train donc vaut mieux le faire avant d’avoir déposé son passeport au consulat… Etonnamment, ils se foutent complètement de savoir si t’as bien un visa vietnamien et si tu vas pas te faire refouler à la frontière… Déconcertants, ces Chinois.

Donc, mon billet en poche, je remonte dans le bus pour aller au consulat. Google Map m’induit en erreur de façon grotesque et me voilà à descendre du bus et à marcher 8 kms pour rien avant de finir par me dire que je vais bien prendre un taxi et montrer le petit papier de Natacha. Les 2 premiers me font comprendre qu’ils ne savent pas où est l’endroit et le 3ème, qui est au téléphone en même temps qu’il baisse la vitre, jette un œil sur mon papier et me fait signe de monter. En voiture Simone !

Il me dépose devant un petit immeuble (je suis supposée aller au 27ème étage…) qui va s’avérer être la Chambre de Commerce vietnamienne mais pas du tout le consulat. Heureusement, là, une petite dame va me donner un autre papier avec une autre adresse (toujours en chinois) et je repars à la recherche d’un taxi. Une chauffeuse s’arrête, lit mon nouveau papier, dit « OK », je grimpe et on est reparties ! Bon elle galère un peu, elle demande le chemin à 2 ou 3 autres taxis qui traînent dans le coin et là, comble du comble du n’importe quoi, elle me ramène quasiment à l’endroit où j’ai laissé tomber la marche à pieds ! Grâce à Google Map, j’ai juste pas pris la rue dans le bon sens (et puis y avait des travaux et des palissades mais bon)…

Bref, il est 12h30, j’arpente la ville depuis 4 heures et je dépose enfin mon passeport au consulat. Hy-per simple, d’ailleurs. Un seul formulaire, sur un vieux papier tout photocopié, une seule photo. Ea-sy ! La fille au guichet me tend un reçu avant même que j’ai eu le temps de dire quoi que ce soit. Je lui demande quand même si je vais bien récupérer mon passeport le lendemain. Elle répond « OK », elle griffonne un truc sur mon formulaire et elle rajoute « 5 PM » ! WHAT ??? 5 PM ??? Mais mon train est à 6:20 PM !!! Bon, bah va falloir jouer serré mais avec un peu de chance (et y a rien à dire, la chance, c’est mon truc), ça va être nickel… hein ?

Reste plus qu’à confirmer la suite du programme au Vietnam ! Croisons les doigts de mains et les doigts de pieds ! (Et le premier qui dit que je ne suis pas capable de croiser mes doigts de pieds, je lui fais avaler des graines de baobab…)

AL sur le Dos du Dragon

On dirait la version trash des aventures de Martine, non ? AL crache un cafard, AL chez les Chinois bastonneurs, AL et le dragon…

Bon, plus sérieusement, c’est quoi cette histoire de dragon ?

Vous vous souvenez que maintenant, je suis à Guilin (vous vous souvenez, hein ?). Guilin, dans le Guang de l’ouest, célèbre pour sa campagne et ses paysages de pics karstiques émergeant du brouillard. Ah oui, ici, pas la peine de se demander de quel côté le soleil se lève, y a pas moyen de savoir. Pour ceux qui ne sont pas géologues, c’est quoi un pic karstique ? Et bien, très simplement, c’est la roche qui a été façonnée par l’érosion due à l’acide carbonique dégagé par la réaction des eaux de pluie au dioxyde de carbone ambiant. En gros, il pleut, ça bouffe la roche qui est calcaire et paf ! ça fait des chocapics ! de grandes fissures qui s’élargissent avec le temps, finissent par former des trous de gruyère et puis au bout d’un moment, le plafond s’effondre (bah oui, y a plus rien en dessous) et il ne reste que les croûtes du gruyère pics karstiques. Et les eaux pluviales étant ici moins riches en acide carbonique que le sol, la base des pics continue à s’éroder lentement mais sûrement. Voilà. Et y en a pas mal dans le coin. Y en a pas mal dans toute cette partie de l’Asie du Sud-Est puisque c’est le même genre de phénomène qui a créé la baie d’Halong au Vietnam, mais là n’est pas le sujet, nous en reparlerons pas plus tard que dans 15 jours (hiiiiiiiii !!).

DONC… tous ces pics karstiques nappés de brouillard forment un paysage enchanteur et poétique chanté par… les poètes (pardi !) depuis quelques milliers d’années. Mais comme la poésie n’a jamais fait vivre son homme (non, jamais), les types du coin (qui sont pour la plupart issus des minorités Zhuang et Yao) ont fait pousser du riz à flanc de pic karstique (véritable prouesse agricole et je m’y connais !). Ils ont donc étagé les rizières, parfois jusqu’à près de 1000 mètres d’altitude, en parsemant le tout de villages on ne peut plus bucoliques. Quand il pleut en été (… bah oui, c’est comme ça, j’y peux rien, ici, il pleut en été), les rizières sont inondées et le soleil se reflète sur les terrasses, donnant l’impression des écailles sur le dos d’un dragon D’OÙ… les rizières en terrasse du Dos du Dragon !! Tadaaaaa !!

Pfiou ! Toute cette mise en scène pour vous raconter que je suis montée dans un minibus pour aller voir des rizières dans un trou paumé chinois…  Enfin, que je suis allée « voir »… j’ai fait 5 heures de minibus (oui, j’ai fait ma touriste sur ce coup, j’ai pris un tour organisé), ai rencontré des femmes Yao (qui ne se coupent les cheveux qu’une fois dans toute leur vie, pour leur 18 ans, et qui ont de très jolies coiffures), ai grimpé en haut d’une colline dans la bouillasse pour… ne rien voir. Enfin, rien. Quoisi rien. Brouillard à couper au couteau et bon petit crachin breton. Pour vous donner une idée, voilà ce que j’étais censée admirer :

rizières

et  voilà ce que j’ai vu…

IMG_3311

No comment.

C’était plutôt rigolo de voir les Chinois grimper jusqu’au sommet de la colline et se prendre en photo devant un poster géant de ce qu’ils auraient dû voir. Y a quand même le photographe officiel qui te demande 2 yuans pour te laisser te prendre en photo devant une grande toile décolorée et fripée avec ton propre appareil photo. Business is business. Et là, c’est la low season alors faut pas se laisser aller !

Bon. Au moins j’ai rencontré des gens sympas : L. la guide chinoise, F. et S. un couple sino-américain en lune de miel (j’ai un truc avec les lunes de miel je vous dis), S. australienne et Y. espagnole (avec un anglais plein de « o » et de « a » à la fin des mots) et on s’est bien marré. En fait, la meilleure partie du tour finalement, c’est quand sur la route du retour, on s’est arrêté acheter des mini-clémentines et qu’on s’en est empiffrés jusqu’à Guilin. Oui je sais, d’habitude, j’aime pas ça les clémentines. Mais là, elles sont vraiment toutes petites, elles s’épluchent toutes seules et y a pas de « blanc » dessus. Enfin avec tout ça, le dragon, hein… Martine repassera !

Mais comme je ne m’avoue pas vaincue, aujourd’hui j’ai décidé d’aller à Yangshuo faire du vélo le long de la rivière Li. J’ai donc pris le bus, loué mon petit vélo, demandé conseil au gars pour trouver une boucle sur terrain plat (oui, je suis une feignasse, j’assume, mais je fais du vélo quand même), attaché mon casque et en avant ! La balade était impeccable, très jolie malgré le ciel tout gris et je suis quand même restée 4 heures sur mon vélo donc… je ne peux plus m’asseoir… mais c’était super. Enfin, j’ai touché de la pédale du doigt la campagne chinoise. Du bout du doigt mais quand même.

Et enfin, j’ai trouvé une ville chinoise vraiment chouette. Yangshuo, c’est franchement touristique mais ça se comprend : c’est vraiment hyper joli. Le centre-ville est entièrement piéton avec de jolies maisons en bois et la rivière s’enroule autour des pics à perte de vue. J’ai failli pousser jusqu’à la balade en radeau en bambou sur la rivière Li mais il était déjà tard et grelotter pendant 1 heure même en regardant défiler les pics karstiques, ça ne me tentait pas tant que ça. Alors à la place, j’ai testé pour vous le Mc 培根和奶酪.

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Pas de quoi s’évanouir et franchement, ça vaut pas une bonne assiette de fried dumplings, mais bon, étude sociologique oblige…

Et puis je suis donc rentrée à Guilin, préparer mon sac pour ma dernière étape chinoise (déjà ???), Nanning, la ville où je dois me débrouiller pour obtenir un visa pour le Vietnam.

Photos ici.

Avis de recherche : Si quelqu’un trouve un clavier et un bouton « envoi » bien distinct, qu’il n’hésite pas à me faire signe, je connais quelqu’un qui a perdu le sien…

Et un riz cantonais, un !

On aurait tendance à se dire à Guangzhou-Canton, tu trouves du riz cantonais à tous les coins de rue… Et bien non ! C’est même plutôt difficile à trouver. Au point que j’ai fini par me dire que le riz cantonais, c’est encore une invention de nos restos franco-chinois (comme les nems, hein, les Chinois ne mangent pas de nems). En fait, ici, la spécialité c’est plutôt le poisson. D’eau douce. Et moi, la feignasse, éplucher son poisson avec des baguettes… pfff ! ça me fatigue rien que d’y penser !

Mais passons ces considérations gastronomiques. Comment donc ça se passe à Guangzhou ? Bah, bien. Plutôt bien, même. En t-shirt plus précisément. Ha ha ! Je vous l’avais dit ! Fini l’hiver ! On est le 15 décembre, il fait 25°C, c’est la fête.

Guangzhou est située dans le delta de la Rivière des Perles, la 3ème plus grande rivière de Chine longue de près de 2200kms. La ville est donc à cheval sur plusieurs îles reliées entre elles par tout un tas de ponts aériens et souterrains et tout un tas de ferrys. Autant dire que pour la balade au bord de l’eau, c’est la ville idéale. Je continue donc mon entraînement intensif à la marche nordique (ça va pas non ? j’aurais pas l’air débile à agiter mes bras comme une forcenée !) parce que la meilleure façon de découvrir une ville, c’est de s’y promener et de s’y perdre. Le truc c’est que je dois être en train d’acquérir un nouveau super pouvoir (je vous ferai la liste des autres une autre fois…) parce que je ne me perds plus. Ou plus vraiment. Je sais toujours où est la rivière, le plan du métro rentre dans ma tête en 3 minutes et je suis quoisiment capable de faire les correspondances les yeux fermés au bout d’une demi-journée. C’est étrange… mais ça va sûrement pas durer !

Bon alors, inventaire. J’ai donc vu :

  • une charmante petite île (Shamian) où les Anglais et les Français avaient installé des entrepôts au XIXème siècle et qui était alors interdite aux Chinois. Depuis, ils se sont bien vengés et c’est devenu LE spot de la photo de mariage kitschissime du coin, notamment devant l’église Notre Dame de Lourdes (bah c’était bien la peine de venir jusqu’ici pour voir Notre Dame de Lourdes…).
  • un très joli jardin des orchidées ou je me suis fait la réflexion que c’était bizarre quand même, y avait pas d’orchidée… Normal, on est en décembre, elles ne sont pas en fleurs à cette saison… Mais y avait de très jolies tortues qui jouaient à cache-cache sous les nénuphars et avec qui j’ai eu une longue conversation…
  • la nouvelle ville de Zhujiang avec des tours toutes plus hautes et plus extraordinaires les unes que les autres (ils ont même un Guangzhou Empire State dites donc !).
  •  le nouveau musée de Guangzhou (dans la nouvelle ville bien sûr) avec une expo hyper rigolote sur l’histoire, les ressources et la culture du Guangdong (avec des squelettes de dinosaures et des personnages en cire).
  •  l’Institut du Mouvement Paysan… Alors là, perplexité. C’est censé être une école dans les locaux d’un temple confucéen qui n’a fonctionné que 2 ans (entre 1924 et 1926). Et… who cares ??? me direz-vous. Bah, c’est un endroit important parce que Mao y a enseigné et qu’on peut y voir son bureau et son lit (enfin, en temps normal parce que, évidemment, quand je suis passée, il était fermé…). Je maintiens : perplexité.
  •  le marché au thé de Fangcun où se regroupent des grossistes en thé sous toutes les formes possibles (en feuilles, en poudre, en fleurs, …) et où on peut trouver tout le nécessaire et le superflu pour conserver, préparer, servir et boire du thé.
  • le parc Liwan, un peu Disneyland mais rigolo avec plein de Chinois qui jouent à s’envoyer un volant de badminton au pied… du « footminton » ?
  •  un Chinois qui menaçait de sauter d’un pont. Il brandissait une feuille de papier qu’il montrait aux badauds qui le prenaient en photo (non, ils n’essayaient pas de le faire repasser de l’autre côté de la barrière, ils faisaient plutôt des paris sur est-ce que le gars va vraiment sauter ou pas…). Et je ne sais pas comment s’est fini l’histoire (il a mis trop de temps à se décider) mais même s’il a sauté, y avait que 5 mètres, il a pas dû se faire très mal.

Et puis je me suis encore fait des copines chinoises dont une (Fanny, oui, elle a un prénom chinois, un prénom anglais et un prénom français, ça permet de s’adapter à son environnement) qui parlait un français plus qu’honorable et qui me dit « Oui, j’apprends le français à l’université depuis 2 ans, c’est ma spécialité ! » WHAT ??? 2 ans ??? Et elle est bilingue ??? Hum hum. Môsieur le Ministre de l’Education Nationale (je ne sais pas comment tu t’appelles, tu changes tout le temps), viens donc faire un tour en Chine, ils ont l’air efficaces dans l’enseignement des langues étrangères… Et devinez quoi ? Elle adooooooore Paris. Bon, elle y a jamais mis les pieds. Mais elle était rigolote et bien meilleure au billard que moi (mon dernier entraînement devait remonter à un certain bar corse… c’est pas tout récent).

Oh ! Et je vous ai pas parlé de ma youth hostel, située en plein milieu de la « rue des bars » (c’est pas moi qui le dis, c’est un énorme néon à l’entrée de la rue) et face à la Rivière des Perles, où j’ai trouvé une famille entière de chats, c’est donc devenu officiellement ma youth hostel préférée (et en plus, y a pas de cheveux dans la douche !).

Non, mais pour en revenir à Guangzhou-Canton… c’est moche. Je vais pas vous raconter ô combien les berges sont magnifiques : les immeubles sont tout gris, tout pourris, tout moches. La rivière est marron foncé et un tas de trucs flotte dedans (j’ai même vu un Chinois y barboter). Il a beau faire beau, la ville n’a vraiment aucun charme si ce n’est peut-être du côté « moderne » mais encore faut-il aimer les tours de verre.

Pour finir, la pollution maintient la ville sous un ciel bien blanc toute la journée. Alors du coup, sans regret, je quitte Guangzhou-Canton et je file (enfin je file… aussi vite qu’un train de nuit) à Guilin, dans le Guangxi.

PS : Je dois vraiment avoir une tête à acheter une montre. Non parce que, que ce soit en Inde ou ici, y a des types à l’air de conspirateur qui s’approchent de moi dans la rue et qui me susurrent à l’oreille « Watch ? watch ? ». Du coup, je me pose des questions…

Photos ici.

« BREAKING NEWS » : En fait, Guangzhou, c’est Chicago. Avant de prendre le train, je suis allée faire un dernier tour dans un quartier particulièrement animé (comprendre, une enfilade de magasins sur 500 mètres et 40 personnes au m²) en ce samedi après-midi. La foule est relativement compacte mais tout le monde déambule dans la bonne humeur et les odeurs de pattes de poulet grillées. Tout à coup, je remarque 2 filles larmoyantes pendues aux bras d’un type qui fend la foule rageusement, le visage couvert de sang. Et là, sorti de nulle part, un deuxième type se retrouve devant eux, hurlant et brandissant une barre de fer. Panique générale. Les poussettes volent, les gens se mettent à courir et se réfugient dans les magasins et les 2 types commencent à se taper dessus (enfin, recommencent parce qu’apparemment, ils s’étaient déjà rencontrés plus tôt). La police est là mais n’intervient pas. Très rapidement, c’est 1 puis 2 puis 20 autres types qui se mèlent à la bagarre pendant que des filles essayent de les retenir. Les coups pleuvent, les barres de fer se multiplient (j’arrive même pas à comprendre d’où elles sortent), des types tombent par terre, se font lyncher par d’autres, des enfants se mettent à pleurer, ça saigne. Tout ce petit monde se déplaçant dans la rue, c’est un beau bordel. La police finit par intervenir mais ils ne sont visiblement pas assez nombreux pour contenir durablement tous ces gentlemen très énervés. Moi, j’ai profité de l’accalmie pour m’éclipser… Ils sont fous ces Chinois !!

… sous la pluie…

Après avoir trainassé 3 jours à Gulang Yu et vu que la météo n’est plus de mon côté (la poisse !), je vais reprendre le train direction Guangzhou, dans le Guangdong (le Guang de l’est puisqu’il existe également le Guangxi, le Guang de l’ouest, mais ça, on verra ça plus tard).

Honnêtement, j’ai pas fait grand-chose à Gulang Yu MAIS… j’ai enfin pu me faire des potes chinois !! Hier soir, alors que je venais de me brosser les dents et que je m’apprêtais à me ranger pour la nuit, mes colocs de dortoir (qui ne sont plus les mêmes que ceux du premier jour) me proposent d’aller « boire un café ». Des Chinois capables d’aligner plus de 3 mots en anglais ? Je ne peux pas laisser passer l’occasion !!

Et nous voici à la recherche d’un petit bar sympa pour prendre un verre. Enfin, moi, c’est ce que j’avais compris. On s’assoit autour d’une table, on commence à discuter (enfin, je pose une question, ils se concertent en chinois, ils rigolent, ils désignent un volontaire pour me faire la traduction et le malheureux essaye de me répondre) et la serveuse vient prendre la commande. Je me dis que dans un bar avec des Chinois, je me dois de boire une bière chinoise et je commande donc une Tsingtao. Quand la serveuse revient avec son plateau, je constate que quand ils disaient « boire un café », c’était vraiment « un café »… J’ai un petit moment de solitude avec ma bière mais je me dis que c’est pas grave, ça va juste confirmer la réputation de dépravés qu’ont les Occidentaux dans le coin…

A part ça, c’était très sympa. En fait, tous ces petits Chinois sont des étudiants en vadrouille (y en a même qui sèchent les cours… bouh, c’est pas bien…) qui font des études de trucs plutôt sérieux (genre économie internationale, relations diplomatiques, trucs qui en jettent) et qui sont venus à Gulang Yu juste pour la journée parce que ici… c’est joli. Bien sûr, j’ai droit au « Paris ??? Oooooooh… soooo romantic city… (soupir rêveur) ». Y en a même un qui me dit que le français, c’est la plus belle langue du monde parce que même quand les gens s’engueulent, c’est sexy. Celle-là, on me l’avait pas encore faite ! Bref, on compare évidemment la Chine et la France sur le plan de l’architecture, de la bouffe (ça, c’est un sujet qui intéresse particulièrement mes nouveaux amis), du shopping, des politiques de la famille et de l’éducation. Oui, oui, oui… Saviez-vous que si vous avez un deuxième enfant, vous devez payer une amende de 40 000 yuans ? Saviez-vous que quand vous êtes nés dans une province, vous ne pouvez passer vos examens que dans cette province, même si vous avez fait vos études à l’autre bout du pays ? Et que, vous n’avez pas accès à toutes les universités du pays mais seulement une liste restreinte en fonction de votre province de naissance ? Sauf ceux qui sont nés à Hong Kong ou à Taiwan. Eux, ils ont droit d’aller partout et en plus, ils ont des frais de scolarité réduits. Du coup, des tas de femmes enceintes essayent d’aller accoucher à Hong Kong. Sauf que. Le gouvernement de Hong Kong et probablement le gouvernement central ont décidé de limiter ce phénomène. Et que du coup, maintenant, si une femme accouche à Hong Kong mais qu’elle n’est pas elle-même de Hong Kong, son bébé ne sera pas déclaré comme originaire de Hong Kong mais de la province d’origine de sa mère. Hong Kong aux Hongkongais, quoi. Mais ce que mes potes chinois pensent, c’est que c’est quand même pas très juste ce système et que t’as beaucoup plus de chance de réussir dans la vie si t’es né à Hong Kong ou à Taiwan voire à Beijing ou Shanghai (qui, eux aussi, ont des statuts spéciaux). Du coup, comme ils se mettaient à critiquer le système, j’ai un peu poussé pour savoir ce qu’ils pensaient d’autres sujets sensibles ici comme… le Tibet par exemple.

Bah en fait, ils savent pas grand-chose. Ils sont archi convaincus que le Tibet, c’est chinois. Quant au sort des moines et du Dalai Lama, ils ne comprennent pas pourquoi le Dalai Lama ne revient pas en Chine et ne trouve pas un accord avec le gouvernement. Je leur ai dit que quand je cherchais des infos sur le Tibet sur Google.hk (qui passe mais qui est filtré par le gouvernement), je n’ai aucune réponse « non gouvernementale ». Alors là, ils ouvraient des grands yeux. Je leur ai dit « Bah, c’est comme Facebook ! ». Et là, ils m’ont tout bien expliqué comment contourner le système et avoir accès à Facebook. Donc en fait, ils savent comment contourner le système mais ils ne s’en servent que pour télécharger des films étrangers et mettre à jour leurs statuts Facebook…  C’en est suivi une conversation fort animée sur les chansons françaises connues en Chine et ils se sont mis à chanter tous en cœur… « Hélène… je m’appelle Hélène… ». J’ai pas voulu les décevoir, je leur ai dit que c’était super… Un des gars m’a dit que c’était grâce à Thierry Henry, lui-même une star en Chine, qui aurait dit dans un talk-show hyper suivi que c’était sa chanson préférée. Quelqu’un aurait perdu un pari ?

Non mais dans l’ensemble, on a bien rigolé. Et ils m’ont assuré que les jeunes Chinois se mettaient à l’anglais mais qu’il y avait encore du boulot ! Ils hallucinaient un peu de penser que je voyageais en Chine sans parler ni lire le chinois. Ils se demandaient comment je faisais au resto. Ben, au p’tit bonheur la chance, m’sieurs-dames ! Du coup, ils ont bien essayé de m’apprendre 2 ou 3 noms de plats classiques mais à l’heure qu’il est, j’ai déjà tout oublié ! Et puis de toute façon, c’est pas grave, à Guangzhou, que vous connaissez sous le nom de Canton, ils parlent le cantonais (comme le riz) donc pas la peine de se remplir le cerveau d’informations inutiles…

Photos ici.