Au soleil…

Na na na na na na au soleil… (air connu)

Je continue mon petit bonhomme de chemin à travers la Chine. Toujours sur la côte pacifique. Non pas qu’il n’y ait rien à voir au centre mais les trucs intéressants sont tellement compliqués à atteindre (genre 1 nuit de train puis une demi-journée de bus pour voir un petit village historique bucolique dont tu fais le tour en 2 heures) que j’ai opté pour la facilité et je longe la mer et puis j’ai pas que ça à faire de passer ma vie dans des trucs qui roulent.

J’ai donc décidé de laisser les températures inférieures à 15°C et les voyages sauts de puce derrière moi et je file à presque 200km/h (OK, c’est nul, mais c’est pas si mal pour un train chinois) plein sud vers Xiamen. Je vous passe les détails logistiques sordides (du genre, c’est dimanche, les bus qui vont à la gare ne passent pas au même endroit que d’habitude mais ce n’est écrit nulle part ou tiens, tiens, as-tu pensé à demander au chauffeur si tu as bien pris le bus dans le bon sens ? ah non ? bah, paye ton taxi pour te retaper tout le chemin dans l’autre sens alors ! …) et il me faudra presque 12 heures pour faire les 650kms qui séparent Hangzhou de Xiamen, autant dire que les 200kms/h, c’est pas tout le temps. Mais en fait, Xiamen n’est pas ma destination finale. Je vais à Gulang Yu, une petite île en face de Xiamen (qui est déjà une île mais plus grosse) où les gens sont fort sympathiques puisqu’à 21h, un petit papi m’a pris par la main pour m’amener jusqu’à la youth hostel puisque la biiiiiiiip !! de carte du Lonely était complètement fausse…

Et qu’allait-elle faire dans cette galère à Gulang Yu ? Et bah, figurez-vous que sur cette île, il y a plus de 1000 villas coloniales, des vestiges délabrés, de vieux banians dont les franges tombent jusqu’au sol et les voitures n’y sont pas autorisées d’où un charme certain. La communauté étrangère était bien établie sur l’île dans les années 1880. Elle y possédait un journal, des églises, des hôpitaux, des bureaux de poste, des bibliothèques, des hôtels et des consulats. En 1903, Gulang Yu devint officiellement une concession internationale, dotée d’un conseil municipal et d’une police composée de sikhs (comme on se retrouve !). Et l’île a été le berceau de plusieurs grands pianistes chinois, à tel point que les Chinois la surnomment « l’île du piano ».

Bref, je suis donc arrivée un peu fatiguée et légèrement très énervée mais je suis arrivée. Et les 4 petits Chinois avec qui je partage le dortoir en sont restés sans voix ! Comme je suis polie (si, si, même quand je suis énervée…), j’ai dit « Hi ! » et j’ai commencé à faire mon lit en poussant un long soupir de désespoir en constatant que le « matelas » était en réalité une planche en bois… Du coup, ils ont dû se dire qu’il fallait faire bonne impression et ils ont arrêtés de cracher leurs coques de graines de tournesol sur le sol et ils ont fait pareil. Ça m’a fait rigoler. Mais à l’intérieur parce que je ne suis pas folle, je ne vais pas me foutre de la tronche des Chinois à 4 contre 1. Bref, malgré l’heure tardive, j’avais repéré tandis que Papi me trainait à travers les ruelles, que pas mal de stands de street food étaient encore ouverts. J’ai donc filé me mettre quelque chose sous la dent et là, ô surprise, la street food d’ici n’a rien à voir avec ce que j’ai déjà expérimenté. Ici, on est au bord de la mer et ça se voit dans ton assiette. Les rues sont pleines (au sens propre puisque tout ça est posé dans des seaux au milieu de la rue) de crustacés, poissons, calamars, sea cucumber et tutti quanti. J’ai donc testé la conque farcie, avec sa dose de piment et d’ail, cuite sur le grill et servie dans un petite barquette en polystyrène… dé-li-cieux !

Réveillée de bon matin par mes esquarres sur les hanches (bah oui, à force !), j’ai constaté avec plaisir qu’à Gulang Yu, il fait non seulement grand beau mais aussi grand chaud. J’ai donc claqué allègrement 10 yuans dans une machine à laver et j’ai étendu avec soin mon linge au soleil sur la terrasse… (des fois, dans la vie, y a la première gorgée de bière et des plaisirs minuscules) Et puis je suis sortie faire le tour de mon îlot. Oui parce qu’en fait Gulang Yu, c’est plutôt un îlot. En 3 heures, t’as fait le tour. Et en 2 heures de plus, t’as arpenté les ruelles du centre, alignement bien net de boutiques de souvenirs, de restaurants et de cafés, bondés de Chinois en goguette. Du coup, je me suis trouvé un banc sur la promenade en bord de mer, et j’ai fait la sieste. Au soleil. Un lundi. Sous les palmiers.

Oh ! Désolée pour vous. C’est lundi. J’avais oublié… (Mouahahahaha ! – rire démoniaque de l’intérieur parce que je suis pas folle, je vais pas ouvertement vous provoquer de la sorte, ça serait pas fair play…)

PS : Je vous ai déjà dit que j’adorais ma nouvelle vie ? Ah oui ! Tiens… Mais je vous ai montré les photos au moins ?

Tu sais que ça fait 3 mois que tu es en voyage quand…

Le premier truc que tu checkes dans les chambres d’hôtel est « y a-t-il du papier toilette ? » (et si oui, tu le piques en partant).

Tu ne te demandes pas « que vais-je mettre ce matin ? » mais « que me reste t’il qui ne pue pas trop ? ».

Tu ne fais plus l’erreur de rincer ta brosse à dents sous le robinet (même par réflexe).

Tu prends ta douche avec ta lampe frontale (bah quoi ? faut anticiper les pannes d’électricité !).

Tu manges des masala dosa  ou des xiaolong bao au petit déj et ça ne te fait plus rien.

Tu es hyper content de rencontrer des Français et d’échanger quelques mots (même s’ils ont des chaussettes dans leurs sandales, un sac à dos Quechua et le guide du Routard sous le bras… oui, oui, oui, tu es open-minded, tu aimes tes semblables… le voyage, ça vous change quand même, hein !).

Tu as compris que plus l’hôtel est cheap, plus les matelas sont durs et là, tu as des bleus sur les hanches parce que tu dors en position fœtale.

Tu sais défaire et refaire ton sac les yeux fermés.

Tu connais ton numéro de passeport par cœur (facile !) mais aussi sa date d’émission, d’expiration et les numéros de tes visas.

Tu comprends du premier coup ce que le rickshaw driver te dit (peu importe la langue, il essaye de t’arnaquer…).

Tu n’oublies plus de prendre ton Doxypalu au dîner.

En dessous de 5 cafards dans la salle de bain tu dis « OK, I take it ! ».

Tes rêves sont peuplés de camemberts, saucissons, tomates mozza, chocolat…

Tu connais par cœur les numéros de pages du Lonely Planet des villes où tu vas.

Ton dentifrice est indien, ton shampoing chinois et ta crème de beauté française (ouais, courageuse mais pas téméraire…)

Tu t’en fous de suspendre tes petites culottes qui sèchent le long de ton lit même quand tu partages ta chambre avec 7 Chinois.

Quand on te parle boulot, tu te souviens vaguement de ce que c’est mais tu ne te sens vraiment pas du tout concernée…

Allez, encore 1 an !

« Ces grandes terres, ces odeurs remuantes, le sentiment d’avoir encore devant soi ses meilleures années multiplient le plaisir de vivre comme le fait l’amour. » L’Usage du Monde, Nicolas Bouvier & Thierry Vernet.

A l’ouest, il y a le lac d’Hangzhou

Que ça se dit Rhangjo (bien raclé au fond du nez le « r »). Tu conviendras qu’ils auraient pu l’écrire comme ça au lieu de nous embrouiller… Et qu’y a-t-il donc à voir à Hangzhou ? Le lac de l’ouest. Non pas qu’on soit vraiment à l’ouest (Hangzhou a un port sur le Pacifique) mais le lac se situe à l’ouest de la ville. CQFD. Et il paraît qu’il est vraiment très joli, à tel point que les poètes pouet-pouet en parlent depuis des siècles. Ça tombe bien, j’ai un truc moi avec les poètes…

Enfin voilà quoi. Je suis remontée dans le train, ai fait 100kms vers le sud et suis donc arrivée à Hangzhou. Pas compliqué, c’était le terminus. Là où c’est devenu compliqué, c’est quand j’ai voulu aller de la gare (point A) à la youth hostel (point B). Pourtant, j’avais toute les cartes en main : les indications pour y aller (prendre le bus Y2 et descendre à l’arrêt Changqiao… non, je vous dirai pas comment ça se prononce, je suis fachée), la carte du Lonely Planet (sur laquelle il y avait la gare ET la youth hostel) et je savais même à l’avance combien fallait payer dans le bus (3RMB). Ça aurait dû être une affaire classée en 2 coups de cuillères à pot.

Oui mais voilà. Déjà en sortant de la gare, il y avait 2 grands panneaux avec des numéros de bus. Et si les chiffres étaient bien lisibles (enfin, arabes quoi !), les lettres… c’était une autre histoire. J’ai donc suivi les petites flèches qui m’ont sortie de la gare et m’ont amenée devant un carrefour où… y avait rien, c’était un carrefour. Demi-tour, je repars dans l’autre sens, j’écris sur mon téléphone « Y2 », je montre ça à 2 ou 3 personnes (oui, va dire « Y2 » en chinois…) et je finis par atterrir à l’arrêt du bus. Là, je me dis c’est bon, easy !

Oui mais non. Un premier bus s’arrête, je demande au gars qui est devant moi si il va à Changqiao, le gars me fait non de la tête et me montre un autre bus juste derrière. Je m’apprête donc à monter dans le deuxième bus quand quelqu’un me tape sur l’épaule. Je me retourne, c’est mon petit gars qui maintenant me fait signe que non, faut pas monter dans celui-là non plus (d’ailleurs, j’aurais dû m’en douter, dessus c’est marqué K270 et pas du tout Y2). Là, il me fait comprendre que lui aussi, il va à Changqiao et qu’il va m’indiquer le chemin. 10 minutes passent (ça fait déjà 40 minutes que je suis descendue du train), les bus stagnent devant le trottoir, rien ne bouge. Là, j’en ai marre, la station de métro est juste derrière, je descends donc dans le métro voir si, entre temps, ils auraient pas construit une nouvelle ligne qui irait à Changqiao. Ca travaille vite les Chinois, c’est capable de te percer des lignes de métro en 6 mois, faut pas les sous-estimer ! Evidemment, c’est l’heure de pointe, je fais la queue pour arriver au guichet (automatique le guichet hein, je vais pas expliquer mon problème à la fille en uniforme qui ne parle pas un mot d’anglais…) et bien sûr, je découvre que la ligne de métro va partout sauf dans le quartier qui m’intéresse. Je ressors du métro et je découvre que tous les bus sont partis. Là, je retombe sur un type qui doit bosser pour la RATP (il a un uniforme et une casquette et il traîne à l’arrêt de bus depuis encore plus longtemps que moi) qui se met à me crier dessus en me disant que j’aurais dû monter dans le bus parce que là, il est 17h45 et que le bus Y2 s’arrête à 18h. Je vous rassure, il me criait dessus en chinois et j’ai pas compris un traître mot de ce qu’il me disait mais il gesticulait de façon assez expressive et surtout, j’ai fini par remarquer le petit écriteau qui indiquait « Y2 : 8:00 – 18:00 »…

Bon, heureusement, un dernier bus Y2 est arrivé. Je grimpe dedans et je demande au chauffeur de me prévenir quand on arrive à Chongqiao : « Daolé Changqiao qing jiao wo ma ? » (je progresse vite en chinois… merci Lonely !) Il me regarde et me fait un signe de la main et je comprends « 6 ». 6 ? OK, j’avais compté 7 arrêts mais y en avait un entre parenthèses donc 6, ça semble logique. Ah oui, j’ai oublié de vous dire, les Chinois ne comptent pas sur leurs doigts comme tout le monde… Jusqu’à 5, on arrive à se comprendre et après, c’est du chinois si je puis me permettre… Mais sur ce coup-là, j’étais plutôt sûre de mon interprétation de 6 avec le pouce et le petit doigt en l’air. Bref, le bus démarre, je me mets à compter, après le 5ème arrêt j’appuie sur le bouton, je remets mon sac de pierres sur mes épaules et sans hésiter, et surtout sans un regard du chauffeur, je descends du bus.

Pas la peine de vous dire qu’évidemment, ça n’est pas le bon arrêt, je suis descendue un arrêt trop tôt. Tu crois que ce biiiiiip de chauffeur me voyant descendre (on était 4 dans le bus) m’aurait dit « Euh non mademoiselle, c’est pas là, c’est la prochaine ! » (dans n’importe quelle langue j’aurais compris…) Ben non ! Il a refermé les portes et il a redémarré aussi sec. Et puis entre 2 arrêts de bus, c’est pas comme entre 2 stations de Vélib, c’est plutôt comme entre 2 stations de RER… Mais vu qu’il n’y a plus de bus, j’ai pas bien le choix, me voilà à pieds.

Bon, je vous épargne la fin de cette rocambolesque aventure, je suis bien arrivée (puisque j’ai une connexion internet pour me plaindre) et j’ai même repris le bus (une autre ligne) un peu plus tard pour aller manger. Je ne suis donc pas si fâchée que ça. Et en plus, pour ce que j’en ai vu de nuit, Hangzhou, ça a l’air vraiment très très sympa. D’abord y a des concessions BMW, Porsche, Aston Martin, Ferrari, Maserati et Lamborghini (oui, oui, alignées et dans cet ordre… ouais, tu comprends, la Chine, ils sortent juste de 100 ans de communisme, ils commencent à s’ouvrir au commerce extérieur, la classe moyenne émerge… bah la classe supérieure, je sais pas où elle était cachée mais elle se porte plutôt bien !). Ensuite, c’est Vegas. Y a un son et lumière sur le lac 3 fois plus grand que les fontaines du Bellagio. Et pour finir, j’ai slurpé (du verbe manger en faisant « slurp ») de délicieuses nouilles. Et voilà, je suis plus fâchée du tout.

Le lendemain, sous un beau soleil d’hiver, je pars faire le tour du lac de l’ouest. Et de jour aussi, c’est très joli. C’est même tellement joli que c’est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et qu’on le retrouve sur le dos des billets de 1 yuan. Bon, il fait 15kms le tour du lac (et pour une fois, je ne suis pas marseillaise) mais pour tenir le coup, ils sont futés ces Chinois, ils ont disséminé des stands de brochettes de kumquats et de barbes à papa à intervalles réguliers. Et comme on est samedi, c’est archi blindé de monde qui fait du vélo, qui fait du roller, qui promène le bébé, qui chante à tue-tête dans des micros hyper saturés, qui donne à manger aux carpes, qui joue du flutiau, qui se prend en photos devant la moindre feuille morte, qui grignote des pattes de poulet au soleil. Après avoir assisté au coucher du soleil (c’est pas mal en hiver non plus), j’étais claquée j’ai fait un petit tour dans la Rue de la Culture Historique (c’est son vrai nom), histoire de compléter mon étude sociologique de la street food chinoise. Mais je crois que je commence à avoir un bon dossier.

Et sinon, le groupe Le Duff n’a qu’à bien se tenir… On m’en avait parlé mais je ne l’avais pas encore vu de mes propres yeux. En avant-première et rien que pour vous, voici la BrIIoche Dorée !!

IMG_3049

(désolée pour la qualité de la photo mais cette séquence a été tournée en caméra cachée…)

Allez, zou ! Fini le Zhejiang ! On n’est pas là pour cueillir des marguerites ! En route pour Xiamen, 600kms plus au sud en ligne droite, dans le Fujian. Non parce que là, fini de rigoler, il est grand temps de ranger l’écharpe et de terminer l’hiver.

Photos ici.

La tranquille Suzhou

J’ai donc repris mon train-train quotidien. Enfin juste le train. 30 minutes. Et me voici à Suzhou (prononcer Soudjo avec le « d » très léger), dans le Jiangsu.

Fondée il y a quelques 2500 ans, Suzhou, peuplée de marchands et d’artisans, prospéra comme centre de transport fluvial et de stockage des céréales après l’achèvement de la construction du Grand Canal dans les années 600 (qui était vraiment le plus long du monde puisqu’il serpentait sur près de 1800kms entre Beijing et Hangzhou et reliait le Fleuve Jaune et le Yangzi. Maintenant, il est pour partie ensablé et n’est quasiment plus navigable). Au XIVème siècle, Suzhou était devenue la première ville productrice de soie du pays. Riches marchands, aristocrates, hédonistes, érudits, acteurs et peintres célèbres vinrent s’y installer, faisant construire villas et jardins. D’ailleurs, ces jardins constituent aujourd’hui le principal attrait de Suzhou. Sur la centaine qu’elle comptait autrefois, il n’en reste qu’une poignée, dont certains remontent à plus d’un millénaire. Ils sont disséminés dans la vieille ville, entre les canaux qui ont donné à Suzhou sa réputation de « Venise de l’Orient ».

Et puis après les 19 millions de Shanghaiotes, ici, on frôle à peine les 10 millions d’habitants, c’est donc une certaine douceur de vivre que je suis venue respirer. Et puis c’est l’étape luxe de la Chine. Ici, j’ai droit à un vrai hôtel, avec ma chambre et ma salle de bain rien qu’à moi et avec une baignoire en prime. Bon, faut bien que je râle un peu, mon histoire d’amour avec mon 5 étoiles a mal démarré : ils m’ont arnaqué sur le prix de la chambre (c’est nouveau, les taxes de séjour c’est 33% du prix de la chambre maintenant… à rajouter en supplément bien sûr…), la chasse d’eau fuyait, la connexion internet ne fonctionnait pas, y avait pas de chauffage la première nuit et c’est le palais des courants d’air (puis il fait que 0°C dehors, de quoi je me plains ?) mais sinon, au bout de 24 heures, on a réussi à s’entendre (sauf sur le prix de la chambre) et maintenant, le personnel est aux petits soins… (je te raconte pas ce qu’ils doivent se raconter en chinois derrière mon dos…)

Et puis tout le chemin est balisé puisque ma mère et mon frère sont venus ici il y a 2 ans et que la liste des choses que je dois ab-so-lu-ment faire est 3 fois longue comme mon bras. Mais en Chine, 2 ans c’est 2 décennies à Paris. Pendant ce temps, ils ont construit le métro, détruit puis reconstruit le quart de la ville et c’est même pas la peine espérer retrouver un petit resto sympa au fond d’une ruelle, il a déjà été remplacé 3 fois par une boutique de fringues, une boutique de mobilier et à nouveau un resto. En Chine, on n’est pas là pour enfiler des perles…

Le truc à visiter donc à Suzhou, ce sont donc les jardins. Et flâner le long des canaux. Et ça, je commence à savoir faire. Et puis comme il fait beau à nouveau, c’est plutôt agréable de se chauffer au soleil d’hiver en regardant passer les bateaux et en comptant les carpes. Il y a donc : le jardin de l’Humble Administrateur (vu la taille du jardin, on me dira ce qu’il avait de « humble » cet administrateur… ça avait plutôt l’air d’être le « corrompu » administrateur…), le jardin du Bocage du Lion (je n’invente rien, la Vendée n’a qu’à bien se tenir !), le jardin où s’attarder (une ancienne maison de repos pour personnes convalescentes), le jardin du Couple (où t’es pas obligé de venir en couple), le jardin du Maître des Filets (parce que le fonctionnaire qui avait créé le jardin est devenu pêcheur après avoir pris sa retraite… sacré fonctionnaire !), bref, tout ça, c’est très joli mais on finit un peu par tous les confondre !

Alors pour changer un peu, j’ai pris le bus (un jeu d’enfant pour moi maintenant !) et je suis allée à Tongli. Tongli, une petite ville de canaux avec des jardins… MAIS… à Tongli, il y a aussi le Musée de la Culture Sexuelle Chinoise… (je sais, ça fait rêver…) Bah quoi ! Un peu de culture, diantre ! Bon. On s’emballe pas, c’est rigolo mais c’est pas non plus si osé que ça. Et puis, depuis quand une pagode est-elle devenue un symbole phallique ?

Puis sinon, à Suzhou j’ai vu un rocher en forme d’hippopotame qui fait une arabesque (bah oui, pourquoi ?), Chang Di Caprio qui vend des pattes de poulet (le vendeur chantait la chanson de Titanic à plein poumons par-dessus Céline Dion… je m’étonne qu’une catastrophe naturelle ne nous soit pas tombée dessus), et j’ai eu envie de hurler au moins 50 fois « C’est pas la tête qui plonge dans l’assiette, c’est la fourchette qui monte !! ». Mais ça… c’est peine perdue…

Le seul bémol dans le coin, justement, c’est la bouffe (bah quoi ? j’en avais pas parlé jusque là !). Beaucoup moins sympa, obligée parfois de faire plusieurs restaurants pour manger un truc comestible. Pas beaucoup de street food et si tu veux dîner après 19h, c’est la mission. Mais j’ai quand même réussi à manger dans un resto où y avait pas de carte en anglais et pas de photos pour m’aider… (je ne savais pas ce que j’allais manger jusqu’à ce que le serveur pose mon bol sur la table… tiens ! du poisson dans mes nouilles !) et je me suis fait une copine dans un resto où tu dois choisir tous les ingrédients que tu mets dans ton wok (évidemment, la liste est en chinois, c’est bien plus marrant).

Et puis, je vais vous écourter mes tergiversations mais finalement, je ne vais pas aller à Hong-Kong et j’ai donc passé un peu de temps à réorganiser les 2 prochaines semaines. Bah quoi ? Faut bien que j’en laisse un peu pour la prochaine fois !

Enfin voilà, le Jiangsu, c’est fini ! Demain, direction Hangzhou, un poil plus au sud dans le Zhejiang. Et le retour à la vraie vie, avec les chaussettes de ton voisin de dortoir qui traînent au pied de ton lit…

PS : Pour ceux qui ont l’œil qui frise depuis que j’ai évoqué le Musée de Tongli… je vous ai mis 1 ou 2 photos ici… Petits galopins, va !

Va falloir « deluxer » un peu tout ça…

Oui parce que la vie de backpacker c’est bien joli, mais ne pas être obligée de ranger sa brosse à dents tous les matins et de garder ses tongs sous la douche de peur d’attraper une mycose, c’est mieux.

Et pour ça, rien de mieux que squatter chez HC, l’homme qui vous deluxe le voyage en moins de 2.

« Bah… c’est qui HC ? » me direz-vous. HC et moi, on bossait ensemble jusqu’à ce qu’il se débrouille bien mieux que moi et qu’il se fasse muter à Shanghai. C’est l’homme qui porte des chaussettes cardinales (allez donc consulter Google Image), qui n’aurait jamais mis les pieds à Center Park de sa vie si on n’y avait pas été en séminaire et qui sait exiger de son patron qu’on deluxe les fins de réunions à grands coups de Laurent Perrier (l’expression est de lui bien sûr…). Bref, il fait bon squatter chez HC.

D’abord, je le reconnais, ça fait bien plaisir de voir une tête connue dépasser de 40cm émerger de la foule chinoise après presque 3 mois à voyager en terres inconnues, elles.

Et puis comme ça fait presqu’un an qu’il habite à Shanghai, ça va être un guide de premier ordre pour découvrir la nuit shanghaienne (bah oui parce que le jour, apparemment, y en a qui bossent…)

Un peu d’histoire sur Shanghai quand même. Située à l’embouchure du Yangzi, à cheval sur le Hangpu, Shanghai (dont le nom signifie « au bord de la mer ») est de longue date un port de commerce idéal et fourmillait déjà de 50 000 habitants à la fin du XVIIème siècle. En 1842, les Anglais s’installent à Shanghai créant la concession britannique, bientôt suivis par les Français et les Américains et 10 ans plus tard, la ville devient le premier port chinois. Prospérant grâce au commerce de l’opium, de la soie et du thé, la ville attire alors les grandes firmes internationales qui y firent construire d’immenses bâtiments, tous plus somptueux les uns que les autres, le long du Bund, un ancien chemin de halage servant à remorquer les barges qui transportaient du riz et devenu la promenade de Puxi, la rive ouest de la ville. Mais elle devint aussi synonyme d’exploitation et de vice : ses innombrables fumeries d’opium, salles de jeux clandestines et maisons closes, contrôlées par des gangs formaient le centre de la vie locale. Après 1927, le gouvernement chinois coopéra avec tous les puissants du coin pour éradiquer toute agitation ouvrière et les « pauvres » de Shanghai se retrouvèrent exclus de leur propre ville (les parcs étaient interdits aux chiens et aux Chinois). Ils devinrent donc particulièrement sensibles aux idéaux communistes et révolutionnaires et c’est d’ailleurs ici que le Parti Communiste Chinois vit le jour en 1921. En 1949, les communistes « libérèrent » la ville et entreprirent de détruire les taudis, désintoxiquer des centaines de milliers d’opiomanes et supprimer le travail des enfants et l’esclavage. Bien que ce fut une éclatante réussite, Shanghai perdit sa splendeur d’antan et devint une ville industrielle, siège du pouvoir de la Bande des Quatre pendant la Révolution Culturelle. En 1990, l’annonce des projets de développement de Pudong, la rive est, permit à la ville de rebondir. Aujourd’hui, les gratte-ciels modernes de Pudong  font face aux édifices austères du Bund, témoins d’un autre temps.

Une économie en plein essor et des dirigeants influents ont permis à Shanghai de prendre une large avance sur les autres villes chinoises. Cependant, cette suprématie économique inquiète Beijing qui tente de contenir l’influence de Shanghai. Reflet de l’ambivalence de la Chine à l’égard du monde, l’ouverture de Shanghai sur le monde est couramment perçue comme encombrante et surfaite.

Bon.

Cela étant dit, Shanghai, c’est la première ville où je me prends la pluie depuis la mousson à Kochi, soit depuis 2 mois et demi… Et puis du coup, de jour et sous le ciel gris, ça perd un peu de son charme. Mais comme tout bon glandeur touriste professionnel, je suis allée faire un petit tour sur le Bund pour admirer la skyline de Pudong après avoir fait du lèche-vitrine dans Nanjing Road, à ma connaissance (pour l’instant), la rue au monde qui aligne le plus grand nombre de malls… D’ailleurs, c’est assez déconcertant. A Shanghai, y a plein de monde mais on dirait qu’ils passent leur temps soit à faire du shopping, soit à manger (ah ! on se disait bien aussi…). Du coup, j’ai fait pareil…

La ville est immense et il reste assez peu de quartiers historiques (ou même ayant plus de 30 ans) à part le Bund parce que les Chinois détruisent tout à grands coups de bulldozer pour construire d’immenses tours de verre. Mais y a des coins sympas : la Concession Française, avec ses platanes (qui eux, ont une bonne centaine d’années au compteur), ses vieilles maisons en brique, ses petites allées, le Yu Garden, un immense jardin entouré de reconstitution de vieilles maisons de thé façon Disneyland, Zhongshan Yu, un joli parc coincé entre d’immenses tours de béton très jolies la nuit avec tous leurs néons qui clignotent, la terrasse panoramique du Bottle Opener et la vue plongeante (c’est le cas de le dire !) sur Puxi.

Parce que finalement, c’est bien quand le soleil est couché que Shanghai devient belle. Ca clignote dans tous les sens, c’est de toutes les couleurs, bref, c’est beau une ville la nuit.

Et puis, je ne vous cache pas que j’en ai bien profité de la nuit, à Shanghai. Un concert des Lions of Puxi dans un bar après un dîner dans un resto salsa (c’est fou, ils dansent tout le temps ces Chinois), une très longue soirée très arrosée (et pas qu’à l’eau de pluie) pour l’anniversaire d’un ami d’HC, bref, le temps d’un week-end, j’ai retrouvé une vraie vie d’alcoolique sociale, et ça, c’était vraiment sympa.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et je vais aller soigner ma gueule de bois retrouver le calme des petites villes de province, direction Suzhou, la Venise de l’Orient, avec ses innombrables jardins et canaux qui ont inspiré le proverbe suivant : « Au ciel, il y a le paradis. Sur terre, il y a Suzhou. » Ça promet…


Le tube des Lions of Puxi. Je sais pas pourquoi, j’ai l’impression qu’elle va avoir du succès cette chanson…

Photos ici.

Nanjing

Me voici à Nanjing, dans la province du Jiangsu. Mais pourquoi donc Nanjing ? Bordant la côte orientale de la mer de Chine et surnommé depuis l’Antiquité « le pays du poisson et du riz », le Jiangsu s’est d’abord développé grâce aux voies navigables du Yangzi et du Grand Canal. La soie et le sel, extrait du littoral marécageux, participèrent également à sa prospérité. Nanjing, la capitale de la province qui borde le cours inférieur du Yangzi, est presqu’entièrement entourée d’un rempart datant de la dynastie Ming. Riche d’une longue histoire, Nanjing fut à 3 reprises la capitale du pays, au début de la dynastie Ming, de 1368 à 1420, avant que la capitale ne soit une première fois transférée à Beijing, puis dans les premières années du XXème siècle, de  1928 à 1937, sous la République de Chine, où elle fut le théâtre des pires atrocités commises pendant la guerre sino-japonaise, et enfin de 1945 à 1949 avant que les communistes ne s’emparent du pouvoir.

Moi, je croyais que Beijing était la capitale depuis super longtemps mais non, les Chinois, ils arrêtent pas de changer d’avis, ils transfèrent leur capitale n’importe où n’importe quand.

Bref, je suis donc allée voir à quoi ça ressemble une ancienne capitale. Et bien, y a de jolis temples, on peut faire des balades en bateau-mouche sur les canaux, y a des ruines de vieux palais Ming, un très joli parc avec un lac au milieu et bien sûr, le « poignant » mémorial du massacre de Nanjing.

Moi qui portais très haut dans mon cœur les Japonais pour leurs excellentes manières et leur art de vivre délicat… j’ai déchanté ! En 1937, c’était la guerre entre la Chine et le Japon. L’armée chinoise n’était pas au meilleur de sa forme et l’invasion de Nanjing semblait imminente alors l’armée a dit au peuple : « Tous ceux qui ont du sang dans les veines et assez de souffle pour respirer doivent savoir que mieux vaut être brisé comme du jade que rester entier comme une tuile. » (Je me suis toujours demandée pourquoi les chinois et les japonais, fallait toujours qu’ils parlent comme Yoda… Comme pour donner un sens profond à la moindre petite phrase ridicule.) Et pour être sûre que personne n’allait fuir, l’armée a fermé les portes de la ville, piégeant plus d’un demi-million d’habitants. Bien sûr, ça n’a pas tardé, les Japonais ont déboulé et pendant 6 semaines, ils ont massacré 200 à 300 000 personnes avec tous les cruels raffinements qu’ils connaissaient. On estime que pendant les 4 premières semaines, 20 000 femmes entre 11 et 76 ans ont été violées… Pas chouette, les Japonais, pas chouette… Oh ! les Chinois sont pas faciles à abattre, ceux qui ne sont pas morts se sont battus et ont réussi à résister aux Japonais.

Du coup, l’Histoire a baptisé cet épisode le « Massacre de Nanjing » ou plus prosaïquement, le « Viol de Nanjing ». Y a même une Chinoise qui a assisté à ces horreurs qui a écrit un bouquin (Le Viol de Nankin d’Iris Chang) et qui s’est suicidée après… Bref, ce douloureux passé a marqué les Chinois pour un moment.

Alors, j’avais trouvé le musée d’Hiroshima lourd (j’avais versé une larme… mais c’était à cause de la poussière…), mais là… on peut vite se mettre à détester les Japonais ! Des squelettes tout entassés, des photos (mais… quand est-ce que les soldats comprendront que prendre des photos souvenirs des types qu’ils ont flingués, c’est d’un goût franchement douteux ?), des témoignages vidéos larmoyants, bref… la panoplie complète du tire-larmes. Mais, du coup, je comprends un peu mieux pourquoi faut surtout pas confondre un Chinois et un Japonais… (enfin au premier coup d’œil, c’est quand même pas évident…) Cela étant dit, le musée est plein de panneaux du genre « N’oublions pas que notre pays a été envahi et qu’on n’a pas aimé ça, dont acte » et ils ont construit une immeeeeeeense statue représentant la Paix… Mouais, les Chinois, grands défenseurs de la Paix dans le monde… faudrait voir à pas oublier ce qui se passe au Tibet et qu’ils sont en train d’envahir une île qui appartient au Vietnam, mais à part ça, tout va bien !

Et puis sinon, à Nanjing, y a de très jolis arbres qui bordent les avenues, des quartiers piétons bien kitschouilles, de la street food partout, de délicieux restaurants… Bref, c’est vraiment une petite ville sympa.

Et j’adore ma youth hostel parce que les toilettes sont bouchés, y a des cheveux plein la douche, y a pas de fenêtre dans le dortoir, je me suis engueulée avec un type qui fumait dans la chambre y a 2 chats qui ronronnent dans les canapés et qui se laissent gratouiller le menton. Bah oui, c’est comme ça.

Photos ici.

PS : Vous devez vous dire que je passe mon temps à m’empiffrer ici mais faut vraiment que je vous fasse un post complet sur la bouffe… c’est crazy dingo !

Correction : on me dit qu’Iris Chang n’a pas assisté au Massacre de Nanjing (elle est née bien après) et qu’en plus, elle était américaine… J’ai donc rien compris au blabla qui était sous son portrait dans le musée… va falloir réviser mes bases de mandarin…

L’homme qui n’avait pas la conscience tranquille…

Non parce que pour penser avoir besoin de poster devant sa tombe pas loin de 8000 guerriers en terre cuite, autant de chars, de chevaux et de systèmes de défense machiavéliques contre d’éventuels visiteurs, faut quand même avoir quelque chose à se reprocher… Et être particulièrement mégalo.

Mais reprenons. Je suis donc allée à Xi’an (prononcer Chiiiane), dans la province du Shaanxi. Mais pourquoi donc aller là-bas ? Patrie de la dynastie Qin, dont l’empereur guerrier Qin Shi Huang entreprit d’unifier le pays pour la première fois (oui, avant c’était le grand n’importe quoi, tout le monde faisait ce qu’il voulait dans sa province, ce qui n’est pas du tout chinese style), le Shaanxi fut le berceau de la civilisation chinoise. Plus tard, Xi’an devint le point de départ de la route de la Soie et une capitale cosmopolite et affairée bien avant que quiconque n’ait entendu parler de Beijing. La ville et ses environs possèdent donc un fabuleux héritage historique qui a survécu à la Révolution Culturelle. Et l’un des sites, si ce n’est LE site le plus célèbre se situe à quelques kilomètres à l’est de la ville : l’Armée des Soldats de Terre Cuite. Ce qui m’a amenée jusqu’ici.

J’ai donc pu tester le train de nuit chinois. Pas mal. Mieux vaut être sur la couchette du bas où tu peux te tenir assis quand c’est pas l’heure de dormir parce que sur les 2 autres couchettes, ça ne passe pas (sauf si tu es vraiment un très petit Chinois).  Mais c’est plutôt bien organisé et c’est même rigolo. Ils diffusent des tubes de pop songs chinois à donf et de façon interrompue jusqu’à ce qu’ils jugent que c’est l’heure de dormir (soit jusqu’à 22h) et ils te réveillent en fanfare le lendemain matin (à 7h). Comme en Inde, y a une tripotée de vendeurs ambulants qui passent les uns à la suite des autres. Mais là, ça ressemble un peu plus à la Compagnie des Wagons Lits (amis de la SNCF, venez donc faire un stage en Chine, on va vous apprendre à être efficace…), petits uniformes, tabliers blancs et casquettes compris. Comme en Inde, je suis la seule Occidentale du train, et je suis une attraction. Mais c’est plus discret, les gens passent la tête au-dessus de ma couchette pour vérifier si la rumeur est vraie mais ils ne me prennent pas en photo. Et puis, comme ils ne parlent pas anglais, la conversation tourne court. Et ô consternation ! Pas comme en Inde, les trains chinois partent à l’heure mais n’arrivent pas à l’heure… Evidemment, ils font des annonces mais… comment dire… c’est en chinois. Je ne comprends donc rien et je passe de longues minutes à scruter anxieusement les rares panneaux en espérant que je vais pouvoir déchiffrer le nom de la gare. Heureusement, chaque wagon a son hôtesse qui te fait signe quand c’est ton tour de descendre (elle a récupéré ton ticket quand t’es monté dans le train et elle te le rend quand tu descends).

Bref, après 15 heures en sandwich entre un type qui ronfle et une mamie qui tousse, j’ai débarqué à Xi’an. J’ai pris le bus, bondé, avec mes 2 gros sacs sur les épaules ce qui faisait franchement rigoler une petite mamie qui m’a aidée à descendre au bon arrêt parce que là, dans le genre tu peux rien lire et encore moins comprendre les annonces que braille le conducteur, c’était le pompon !! Et je me suis retrouvée dans ma youth hostel, en plein cœur de la ville.

Du coup, j’ai passé la fin de l’après-midi à explorer le quartier musulman, un dédale de petites ruelles archi blindées d’échoppes en tout genre mais surtout plein de street food. Le pa-ra-dis… On croise plein d’hommes portant une calotte blanche et de femmes avec des voiles colorés et quelques mosquées habilement maquillées en temple chinois si ce n’est le croissant de lune sur le toit. Bon, j’ai pas pu tout tester mais autant vous dire qu’à 20h, c’était pas la peine d’aller dîner…

Le lendemain matin, j’ai déposé mon sac à la consigne de la gare et je suis partie me mesurer à la fameuse armée. Alors déjà, faut prendre un bus. Vert. Ça devrait pas être compliqué à repérer. En plus, la fille devant le bus te demande 3 fois si tu vas bien voir la Terracotta Army. Donc t’es plutôt confiant. Jusqu’à ce que le bus s’arrête au milieu de l’autoroute, que la fille se mette à crier des trucs en chinois, que tout le monde descende et que qu’au bout de la vingtième fois où tu lui poses la question, la fille te fasse signe d’attendre au bord de la route… Mouais, mouais, mouais… De toute façon, t’as pas le choix, t’attends. La confiance est descendue à 30%. Là, un autre bus vert arrive, la fille crie un truc au chauffeur et te pousse dans le bus. Le bus repart. Il s’arrête un quart d’heure plus tard, toujours au bord de l’autoroute. Quelques personnes descendent. Là, une fille qui était avec toi dans l’autre bus se retourne subitement et te dit un truc que tu ne comprends pas mais te fait signe de descendre. Au point où t’en es… tu descends. Et tu suis les quelques personnes qui traversent l’autoroute et rentrent dans un truc qui ressemblent à Disneyland mais désert. La confiance est quasi à zéro quand soudain… OUI !! un panneau en anglais qui dit « Terracotta Army –Ticket Office » !! Bon, faut encore marcher presque 10 minutes, acheter ton ticket, remarcher 10 minutes à travers des dizaines de stands de souvenirs pour atteindre l’entrée du site, faire valider ton ticket 2 fois ( ???) et remarcher 5 minutes mais CA Y EST !

Tu commences donc par visionner un petit film qui explique comment le site a été découvert (en 1974, des fermiers du coin creusaient un puits quand ils ont trouvé une tête en terre cuite, puis une autre, puis un bras, …), dans quel état (tout cassé), et comment les soldats ont été fabriqués et mis là (en terre cuite à taille réelle puis peints et disposés devant le tombeau du fameux Qin Shi Huang prêts à attaquer). Et enfin, dans un immense hangar pas du tout chauffé, tu te retrouves face aux 2000 premiers soldats. Ca fait déjà pas mal. Ils sont rangés dans des couloirs, par rangée de 4 à peu près, avec quelques chevaux à droite à gauche (y avaient des chariots mais ils étaient en bois et ils n’ont pas résisté au temps). Le truc le plus surprenant, c’est qu’ils sont tous différents. Chaque visage, chaque moustache, chaque tenue, chaque lacet de chaussures est différent. Ce qui veut dire qu’ils n’étaient pas fabriqués à la chaine mais un par un. Ca a dû leur prendre un temps de dingue…

Et puis derrière les 2000 premiers soldats, tu vois un gigantesque tas de soldats en morceaux. Un puzzle géant. Et des endroits où les fouilles n’ont même pas encore commencé. Et au milieu de tout ça, y a des gens qui essayent de retrouver et de recoller les morceaux. Ces gens supposent donc qu’il y a à peu près 6000 soldats dans ce hangar. Et pas un seul qui soit entier. Bref, si vous cherchez du boulot, ici, y a de quoi faire…

Il y a 2 autres hangars qui abritent 2 autres fosses d’excavation mais plus petites. L’une d’entre elles ne contient que 68 soldats qui seraient des généraux et autres colonels et qui constitueraient l’état-major de l’armée car ils ne sont pas en position de combat et ils sont face à face comme si ils étaient en train de discuter de la meilleure tactique à mettre en place. Dans ces 2 fosses aussi, il y a plein de morceaux cassés.

Quand tu t’es rassasié de terre cuite, tu refais le chemin dans l’autre sens (shopping souvenirs inclus), et tu te postes sur le bord de l’autoroute en espérant qu’un bus vert passe dans le coin. Et effectivement, un bus s’arrête. Bon, il est pas vert. Mais la fille t’assure qu’il va à la train station (niveau de confiance 60%). Il met 2 fois plus de temps que le bus vert et il s’arrête n’importe où (en fait, dès que quelqu’un lève le bras le long de la route) mais finalement, il arrive bien à destination.

Ce qui m’a laissé juste assez de temps pour filer dans le quartier musulman manger une Biang Biang Mian (une grosse nouille fraîche de 3 mètres de long dans un bouillon épicé… dé-li-cieux), faire des courses pour mon dîner et me réinstaller dans le train pour une autre nuit, direction Nanjing et la province du Jiangsu.

Moralité… Eh oh les Chinois ! Ça vous tuerait de baragouiner 3 mots d’anglais ? Non mais sans blague… Vous comptez survivre comment au XXIIème siècle ? Parce que, certes, vous allez être 2 milliards à parler le chinois, mais vous ne pourrez pas communiquer avec le reste du monde ! Mais bon, au moins, vous savez vraiment faire la cuisine, c’est déjà ça et ça met tout le monde d’accord…

Photos ici.

Inde – le bilan

12 071kms parcourus et 13 heures d’avion, 58 heures de train, 71 heures de bus, 14 heures à dos de chameau et 6 heures à cheval… Non, je n’ai pas fait le compte des tuk-tuks, faut pas charrier !
Prix d’une chambre correcte (avec salle de bain) : 450 roupies (soit un peu moins de 7 euros)

Prix d’un repas : 150 roupies pour du veg, 250 roupies pour du non veg (soit en moyenne 3 euros)

Prix d’un McDo : 149 roupies (soit 2,25 euros)

Prix d’une bouteille d’eau : 15 à 20 roupies (soit à peu près 0,25 euros)

Ce qui va me manquer : le petit dodelinement de la tête qui ne veut rien ou tout dire (bien plus pratiqué dans le Sud que dans le Nord de l’Inde), le chicken tikka, les sourires des Indiennes dans les bus, la plage à Goa, les vaches dans les gares, le type qui passe 50 fois dans le train en disant « Coffee, coffee, chai, chai, chai, coffee, coffee, chai ! », les soirées à fabriquer des mo-mos à la bougie, le rickshaw driver qui rigole quand je lui dis que c’est crazy qu’il utilise son compteur, les banana lassis, le chai, les petites échoppes où tu trouves tout à toute heure du jour ou de la nuit, les couleurs des sarees, les marchands de fleurs, le Taj Mahal, les singes qui dégringolent des lampadaires.

Ce que je ne vais pas regretter : les cafards (je les retrouverai plus tard, va !), certains regards un peu trop… carnivores, les odeurs d’urine impromptues, les matelas tellement durs que tu te réveilles avec les hanches bleues, les délicats raclements de gorge et les jets de salive rouges de bétel qui passent à 2cms de tes orteils (enfin ça, c’est pas fini), les types qui essayent de me gruger dans les files d’attente, le dhal (ah non, trop c’est trop), les klaxons trompettes, les bouses sacrées qui se débrouillent toujours pour finir sous ma tong.

La phrase qu’il fallait retenir : तुम नहीं जानती कि मेरी गाय को क्या हुआ? मैं मेरे tuk-tuk आज सुबह बगल में खड़ी थी. (Tu sais pas où est passée ma vache ? Je l’avais garée à côté de mon tuk-tuk ce matin.)

Alors oui, c’est vrai, l’Inde c’est sale, ça pue, c’est bruyant, les routes sont défoncées et les vaches se baladent tranquillement sur les autoroutes mais c’est aussi tellement plein d’autres choses qu’on ne peut pas la résumer aux bidonvilles de Mumbai ou aux plages de Goa.

Oui, on peut ne pas supporter le harcèlement dont sont victimes les touristes, les regards très trop appuyés, la totale incapacité à faire la queue « en file indienne » (mais d’où vient cette expression bon sang ?), être choqué par leur façon de jeter leurs déchets partout dans la rue, par les fenêtres des trains et de tout cramer n’importe comment, être choqué par les conditions de vie des millions de gens qu’on voit le long des routes et qui n’ont pour maison qu’une bâche en plastique bleue, par ces enfants de 2 ou 3 ans les cheveux en bataille qui viennent vous tirer la manche pour 2 roupies, par ces femmes de tous âges toutes maigrichonnes qui portent des sacs énormes sur leurs têtes pendant que leurs maris ont les mains dans les poches et par encore tant d’autres choses.

Mais on peut aussi admirer la capacité des Indiens à faire fonctionner une démocratie (un peu corrompue, certes, mais quand même) de plus d’1 milliard de personnes, à faire cohabiter de façon globalement pacifique plus de 12 religions et quelques milliers de dieux. On peut être impressionné par leur fierté d’ « être Indien » du Nord au Sud et avec des cultures et des traditions tellement différentes, par le fait qu’ils arrivent à faire de leur pays une puissance émergente alors qu’ils ne vont travailler que lorsqu’ils ont faim et que le mot capharnaüm a été inventé pour décrire leur quotidien.

Des fois, il ne faut pas essayer de comprendre l’Inde, faut juste être là et regarder. L’Inde change. Vite. Les jeunes générations veulent ressembler aux Occidentaux, porter les mêmes vêtements, écouter la même musique, se balader en amoureux et s’embrasser sur les bancs publics. La différence entre les mégalopoles comme Delhi et Mumbai et les régions plus rurales est encore énorme. Des millions d’Indiens vivent encore de l’agriculture qu’ils pratiquent comme il y a 100 ans et dans certains quartiers de Delhi, on ne sait plus où garer les Porsches. On construit des gratte-ciels à Mumbai et on transporte des chargements à dos de chameaux à Jaisalmer. Les rickshaws vont progressivement tous passer au GPL et dans certaines régions on a fermé les usines de sacs plastique mais il n’y a quasiment aucune poubelle dans les lieux publics. Il est extrêmement mal vu d’être homosexuel mais les hijras (travestis) animent traditionnellement les mariages.

Finalement, l’Inde c’est pas « on adore ou on déteste ». Mais on t’en parle tellement avant de partir que tu ne sais pas à quoi t’attendre en arrivant. Tout le monde a un avis (surtout ceux qui n’y sont jamais allés).

L’Inde, c’est fascinant. C’est comme une grosse vague contre laquelle faut pas lutter sous peine d’en être dégouté. C’est parfois de surprenantes et chouettes rencontres comme Guonzan, ma guide au Ladakh, Amar, mon tuk-tuk driver de Jaipur, ou Keshan, à qui j’ai appris à nager à Goa. C’est pas toujours agréable, c’est pas reposant mais pour savoir quoi penser de l’Inde, faut venir et faut plonger dedans. Moi, en tout cas, ça se pourrait que je revienne.

Alors, juste pour 4 petites minutes de plaisir, la mini-synthèse de ce foutu bazar qu’est l’Inde (et encore, c’est dommage qu’on puisse pas enregistrer les odeurs…) :

 
 

Incredible India !!

Pékin Express

Non, je ne fais pas de pub… mais mon inscription devient de plus en plus légitime et que je rappelle à certains d’entre vous que vous m’aviez promis qu’on s’inscrirait ensemble… J’attends… Mais bref ! En attendant, puisque je ne peux compter que sur moi-même, j’ai exploré Pékin en 4 jours.

J’ai donc couru aux 4 coins de la ville pour voir, dans l’ordre, la place Tien An Men, la Cité Interdite, le Lama Temple, la Tour des Tambours, le Palais d’Eté et le Temple du Ciel. Et traîner dans tout un tas de quartiers sympathiques.

Bon, le truc avec les sites touristiques à Pékin, c’est qu’ils n’ont visiblement pas besoin des touristes étrangers pour rentabiliser leurs affaires. Alors pour les explications en anglais, tu repasseras… Et même pour les audioguides, les Indiens étaient nettement meilleurs. Ici, ils font fonctionner ça au wifi. L’idée est bonne. Genre,  tu passes devant un bâtiment, le commentaire se déclenche. Le problème c’est que si tu te déplaces et que tu rentres dans la zone wifi du commentaire suivant, le premier s’arrête, le deuxième démarre et des fois, au bout de quelques secondes, le premier redémarre mais tu ne peux rien contrôler donc tu te tapes 3 ou 4 fois le même commentaire qui te donne monstre d’infos sur les dimensions de tout ce qui existe aux alentours mais pour les anecdotes historiques, niet ! Bref, ça m’a vite agacé…

Et puis, ici, je ne peux pas traîner discrètement derrière une visite guidée en glanant des infos à droite à gauche : ils sont tous chinois les guides… Parce que vous n’imaginez pas le nombre de Chinois qui sont en vacances au beau milieu de la semaine ! Impressionnant !

Mais bon, j’ai quand même compris que plus y a d’animaux sur le toit de la bicoque, plus le type qui habite dedans est important et qu’ils donnaient des noms à leurs palais tous plus alambiqués les uns que les autres (la Salle de la Paix Céleste, la Salle de l’Harmonie Terrestre, la Salle de la Nourriture de l’Esprit, la Salle de la Longévité et de la Bienveillance, etc…) mais que quand l’empereur changeait, il avait le droit de changer tous les noms (mais… pourquoi ???). Et que chaque empereur faisait construire 1 ou 2  ou 10 bâtiments supplémentaires dans l’enceinte du palais et que ça a fini par faire tout plein de bâtiments collés les uns ou autres avec un labyrinthe de couloirs de plus en plus étroits dans lesquels les intrigues de cour et les trucs pas très jolis devaient aller bon train.

Cela étant dit, c’étaient pas des enfants de cœur les empereurs chinois. Ils s’entretuaient avec leurs frères et sœurs pour arriver au pouvoir et se faisaient généralement assassiner par leurs ministres qui prenaient alors le pouvoir et créaient une nouvelle dynastie. Bref, c’est assez compliqué à suivre…

Oh, j’allais oublier. Je ne suis pas allée voir le petit Mao, congelé-momifié dans son cercueil de verre dans son mausolée. C’est pas que je ne voulais pas. C’est qu’il y avait près de 2 heures de queue tout ça pour l’apercevoir 30 secondes et en plus, t’as même pas le droit de faire de photos. Alors hein, bon. Faut pas pousser.

Comme avec tout ça, j’étais affamée, j’ai testé tous les stands de rue que j’ai trouvés : des brochettes de viande, des brochettes de fruits, des brochettes de scorpions (noooon… je rigole, j’en ai pas mangé ! Mais y en avait plein ! Empalés encore vivants sur les brochettes… Et des araignées ! Et des cigales ! Et des gros mille pattes juteux ! Mmmh…), des nouilles, des soupes, des beignets, des trucs aux couleurs improbables… Des gens qui passent autant de temps à manger et ont inventé des trucs aussi variés sont forcément fondamentalement mes amis. J’ai aussi été à un cours de cuisine de Imperial Dishes (je vous promets un buffet gargantuesque au prochain AL’s barbeuk, vous serez pas déçus !). L’indian food, c’était cool. Mais la chinese food, c’est carrément dément. C’est trooooop bon. Bon, il est possible que dans 15 jours, je me mette à rêver de tandoor chicken mais en attendant, je m’en mets plein les yeux et le ventre. Et oui, bien sûr, j’ai mangé du vrai canard laqué pékinois. Celui qui cuit pendant 8 jours et dont on sépare la peau de la chair et qu’on arrose régulièrement avec le jus de cuisson jusqu’à ce qu’elle devienne très croustillante. Et pour ceux qui ne sauraient pas, le canard est découpé en très fines lamelles qu’on roule dans une petite crêpe accompagné de condiments genre ananas, concombre, melon, salade verte, radis, … (t’inquiète, la serveuse te montre comment faut faire quand elle voit que tu ne sais pas à quoi sert tout ce qu’il y a sur la table et que tu restes à contempler tes assiettes avec tes baguettes en l’air…) Et sinon, t’as déjà essayé de rouler une crêpe avec des baguettes ? Mouais… c’est bien ce que je pensais…

Mais bien sûr, la question que tout le monde se pose (n’est-ce pas ?) c’est « Bah… et la Grande Muraille ? »

Bah évidemment que je suis allée sur la Grande Muraille !! Je me suis levée de bon matin, j’ai enfilé toute ma valise et en avant ! Je me suis tapée 3 heures de route pour aller jusqu’à Jinshanling (ne me demandez pas où c’est…) puis j’ai gambadé sur la muraille pendant 3 bonnes heures et je me suis refait 3 heures de route pour rentrer à Pékin

Alors oui, c’est merveilleux, c’est très impressionnant ce long serpent de pierre qui serpente (sans dec) dans les collines et même si certaines parties ont été restaurées façon Disneyland pour que ce soit plus facile pour les touristes de se prendre pour des guerriers Ming (aucun effort pour intégrer les parties restaurées au reste, tu vois bien que tout est neuf et ça brille à peine moins que le château de Cendrillon), ça vaut vraiment le coup. Et puis c’était vraiment trop joli avec la neige qui brillait au soleil (quand je vous dis qu’il fait froid…) et les petits piafs qui couraient dessus…

Et donc je suis fière de vous annoncer que je suis désormais un vrai homme… Parce que c’est Mao qui l’a dit : « Qui n’a pas gravi la Grande Muraille n’est pas un vrai homme… » Et sans blague, c’est pas pour les feignasses la grimpette de la Grande Muraille. Parce qu’une fois passée la partie restaurée, ce qu’on ne dit pas sur la Grande Muraille, c’est qu’elle est parfois en sale état. Et que des fois, il manque 1, 2 ou 3 marches, que les pentes sont parfois à près de 30° et que je vois pas comment ils imaginaient défendre la Chine dans des escaliers larges de 50 cm… Mais bon, peut-être qu’il y a 600 ans, les Chinois, ils étaient vraiment tout petits et ils passaient dans des couloirs de 50 cm… Cela étant dit, ça n’a pas été efficace, tout le monde a franchi cette satanée muraille : les Mongols, les Mandchous et bien d’autres. Même moi !

Alors ça y est, Pékin, c’est déjà fini. Maintenant, en route pour Xi’an (oui, bon, bah vous regardez sur Google Map si vous savez pas où c’est). Je vais découvrir les trains de nuit chinois et j’espère juste qu’ils tiennent la route parce que pour aller à Xi’an, il faut 15 heures… Finalement, l’Inde, c’était vraiment de la tarte !

Photos ici.

Premières impressions à Pékin…

D’abord, c’est complètement dingue, à Pékin, tu peux marcher sans regarder où tu mets les pieds, tu ne risques pas de tomber dans une bouse ou un tas de cendres encore fumantes.

A Pékin, quand tu traverses la rue, faut vraiment regarder des 2 côtés. Parce que personne ne va klaxonner et en plus, beaucoup de 2 roues sont électriques et ne font pas de bruit. Du coup, c’est fou, on entend les gens se parler dans la rue.

A Pékin, tu es obligé de mettre une écharpe, un bonnet et des gants : il fait 7°C au meilleur de la journée (mais je pense à une conspiration parce qu’honnêtement, j’ai l’impression qu’il fait -20°C).

A Pékin, les filles ont des vraies chaussures. Je veux dire, des trucs avec des talons, des bouts pointus et souvent parfois des trucs qui brillent dessus. Pas des tongs en plastique sans âge. Des trucs comme j’ai dû abandonner dans mon placard… (soupir…)

A Pékin, les mecs ont des sacs à main. Pas tous, mais beaucoup. Et souvent, une coupe de cheveux improbable (cela étant dit, les filles aussi). Et pas de petit pull en mohair sans manche qui pique les yeux à l’horizon. Nope.

A Pékin, les gens chantent de l’opéra dans les parcs. Comme ça. Pour se faire plaisir. Et c’est très beau.

A Pékin, les amoureux s’embrassent dans la rue. Comme ça. Même sur la place Tien An Men. Et personne ne les regarde comme si c’était bizarre. A part moi peut-être. Je suis déshabituée.

A Pékin, les dames mettent des petits chaussons à leurs caniches pour qu’ils aient pas froid aux pattes en sortant du métro. Elles leur filent pas des coups de pieds pour qu’ils aillent quémander à manger plus loin.

A Pékin, les squares sont plein de gens qui font du tai-chi. Ça leur donne un petit air gracieux, on dirait qu’ils vont s’envoler.

A Pékin, les gens ne te dévisagent pas, ne te demandent pas de photo, ne te demandent pas si tu veux un tuk-tuk, un guide, un mini Taj Mahal en plastique. A Pékin, les gens, ils s’en foutent que tu sois un touriste dans leur ville.

A Pékin, le soir dans les squares, les gens dansent la valse au son d’un vieux poste qui grésille. J’en suis restée comme 2 ronds de flan. Ca a failli me tirer une larme (mais je suis une princesse, je ne pleure jamais).

A Pékin, les Chinois mangent des barbes à papa. Et rien que ça, ça me les a déjà rendu extraordinairement sympathiques.

A Pékin, les Chinois mangent de la pizza en cornet, des boulettes multicolores fourrées à n’importe quoi et des brochettes de nèfles et de fraises enrobées dans du sucre. Et c’est trop bon.

Bref, à Pékin, y a comme une certaine douceur de vivre et moi, j’aime bien.

Photos ici.