Où il faut remettre son pull

Après avoir traînassé presqu’une semaine sur le sable et bondi (oui, désormais, je bondis) entre les rouleaux, je commençais à me lasser. Il était donc temps de remettre le cap à l’ouest, d’autant plus que la fin de mon séjour costaricain approchait. J’ai donc décidé de finir en beauté par un passage par les 2 villes les plus touristiques du pays : Monteverde et La Fortuna.

Mais reprenons l’épopée du début. Il a d’abord fallu quitter la délicieuse et bouillasseuse côte de la péninsule de Nicoya. Comme d’hab dans ce fichu pays, j’ai bien galéré côté itinéraire et il m’a fallu une bonne journée et 4 bus différents pour retrouver la civilisation : GuionesNicoya, NicoyaLiberia, LiberiaLas Juntas et enfin… Las JuntasMonteverde ! Tout ça pour m’apercevoir qu’en fait j’aurais pu faire directement NicoyaLas Juntas si mon niveau d’espagnol dépassait le minimum de survie… Enfin bref, 12 heures de transport plus tard, je débarque à Monteverde, le soleil est en train de se coucher et oh ! … mais va falloir ressortir son pull, là ! C’est qu’en plus d’avoir quitté la plage, j’ai aussi repris un peu d’altitude. Pas de quoi y laisser ses poumons mais j’ai la chair de poulette…

A Monteverde, y a des hordes de touristes. Ça pourrait vite être pénible mais après ma semaine au bout du monde, c’est presque sympa. Et en plus, c’est plein de Québécois. Et le Québécois est définitivement sympa. Et même s’il n’est pas vraiment sympa, tu ne peux pas t’empêcher de rigoler quand il parle. Du coup, je décide d’aller visiter la réserve Curi-Cancha le lendemain avec 2 de mes nouveaux amis. La réserve Curi-Cancha fait partie du ultra famous (si, si) Parque Nacional de Monteverde où tout le monde se précipite et où les jolis oiseaux deviennent du coup un peu difficiles à observer. Mais à Curi-Cancha, y a personne et en plus, il semblerait que ce soit notre jour de chance : on a LE guide qui tue (le gars qui te débusque un colibri à 600 mètres dans la forêt la plus touffue du monde), le temps qui tue (pas un nuage, le soleil qui passe à travers les arbres et qui nous permet de scruter la canopée) et les oiseaux qui tuent (non pas un, mais deux quetzals qui se prélassent dans les branchages, ma bonne dame !!). Bref, on s’amuse comme des p’tits fous !

Et comme je sens que je suis en veine, je ne m’arrête pas là. J’enchaîne avec une balade à cheval avec un guide qui ne parle pas 3 mots d’anglais et qui me raconte tout plein de trucs sur sa grande passion, le rodéo, et qui nous emmène galoper sans les mains (youhou ! je suis prête pour les grandes plaines du Montana !) dans la campagne environnante. Bon, évidemment, il faudra 2 jours à mon fessier pour s’en remettre…

Le lendemain, je quitte Monteverde et ses centaines de touristes pour La Fortuna et ses milliers de vacanciers… Pour rejoindre La Fortuna, il faut prendre un minibus où on entasse les sacs et les passagers au mieux, un bateau où on a 30 bonnes minutes pour se prendre en photo avec le fameux volcan Arenal en arrière-plan puis un autre minibus où on refait une partie de Tetris en essayant d’empiler intelligemment tout le chargement. C’est pourtant pas donné de faire le trajet de cette façon mais c’est beaucoup moins long que de prendre juste le bus. Alors tous les Québécois le font. Et les Français aussi… Ah, les Français… Pour mon plus grand plaisir, les revoilà en vacances. Du coup, y en a plein partout… Et devinez quoi ? … Ils trouvent qu’il y a trop de pluie, leurs ados tirent la tronche et tout ce petit monde râle en cœur… En grande forme, ces Français quoi ! Cela étant dit, à peine arrivée à La Fortuna, la météo leur donne raison : une pluie torrentielle transforme rapidement la moindre ornière en baignoire et ça va durer près de 20 heures d’affilée… Autant dire que ça ne va pas me laisser le temps d’y faire grand-chose et qu’en plus, je suis à 2 doigts de m’y mettre aussi à pester contre les nuages, les moustiques et tout le reste !!

Avec tout ça, le temps file et il est déjà temps de se remettre en route pour San José. Bah oui, demain, je prends mon avant avant dernier vol de ce looooong voyage et je rejoins Miami. Après avoir attendu une accalmie entre 2 déluges, je me dirige donc vers la estacion de bus. Et là… c’est le drame… un trottoir défoncé, une cheville vacillante, 30kgs de bagages sur le dos… je m’étale de tout mon long dans une immense flaque… Impossible de me relever, les sacs sont trop lourds, je gigote comme une tortue sur le dos quand un bon samaritain décide d’arrêter sa voiture pour venir m’aider. Outre la vague humiliation de m’être vautrée comme une crêpe a beau milieu de la rue et d’être trempée sur toute ma moitié gauche, j’ai surtout mal. Très mal. Ma cheville droite a sévèrement morflé. Oui, la droite. Celle-là même qui m’a valu le survol en hélico du parc des Ecrins il y a 2 ans… Et en plus, je me suis écorchée la main et je saigne… Bouhouhou, rien ne va plus.

Heureusement, le bon samaritain m’aide à porter mes affaires jusqu’au bus (20 mètres, j’étais à 20 mètres !) et là, j’essaye de constater plus précisément l’ampleur des dégâts. Ma cheville a déjà commencée à enfler et la paume de ma main est incrustée de petits graviers. Je règle le problème des petits graviers, je désinfecte avec un bon coup de salive (oui, maintenant j’ai un système immunitaire qui dézingue même la kryptonite) et je me mets à fixer ma cheville avec angoisse. Une belle entorse, voilà ce que je me suis fait ! Et évidemment, soigner une entorse quand on passe son temps à se balader à droite à gauche, qui plus est avec moults sacs à dos, … c’était parfaitement inclus dans mon programme !!

Du coup, mon retour à San José est assez lent… et claudiquant. Tout juste le temps d’envoyer un message à ma maman pour lui demander de m’apporter mon atèle de cheville. Parce que oui ! Demain, à Miami, je retrouve ma mère et mon frère qui viennent passer leurs dernières semaines de vacances sur les côtes de Floride… Mais ça, c’est l’histoire de demain !

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Comment choper un coup de soleil en pleine saison des pluies…

Ah les transports au Costa Rica… on n’en parle pas assez ! On parle des bus boliviens pourris, des trains indiens pleins de cafards, des ferrys thaïlandais over chargés, des bus péruviens ultra conforts… mais honnêtement, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu de souci à me déplacer d’un point A à un point B. Les trajets des compagnies de bus suivent une logique relativement simple (ils suivent les grand axes et s’arrêtent dans les villes touristiques) et au besoin, j’ai toujours trouvé quelqu’un disposé à jouer les taxis moyennant finance. Il était temps de tomber sur un os.

En cette belle matinée du 30ème jour du mois de juillet, j’ai l’intention de rallier Santa Teresa dans la péninsule de Nicoya. Sur la carte, à vol d’oiseau, je table sur un bon 100kms. C’est simple, y a 5 étapes : un premier bus de Manuel Antonio à Quepos, un deuxième bus de Quepos à Jaco, un speed boat de Jaco à Montezuma, un troisième bus de Montezuma à Cobano et un quatrième bus de Cobano à Santa Teresa. Easy…

Je démarre plutôt bien : je me hisse dans le bus pour Quepos après avoir attendu à peine 10 minutes et arrivée là, j’apprends que le bus suivant part à 9h30 pour Jaco, soit dans moins de 30 minutes. Impec. Sauf que. Ce petit bout de trajet qui ne devait durer « que » 1h30 va durer 3 heures… bah oui, quand on s’arrête tous les 300m pour faire monter ou descendre 2 sacs d’orange et 3 mamies, on n’avance pas. Moralité, en arrivant à Jaco, j’apprends que je viens de louper le SEUL bateau de la journée pour Montezuma… je suis donc condamnée à passer 24 heures ici. Alors certes, j’aurais pu prendre encore 8 bus différents, faire un détour de 450kms et espérer arriver à destination avant la nuit mais, que voulez-vous, il semblerait que je me ramollisse, je choisis donc de traîner 24 heures sur place. Officiellement, Jaco est LA grande ville de la région. Hum, hum… je boucle l’exploration du centre-bourg en 20 minutes, fais une découverte intéressante en la présence d’une libraire qui vend des bouquins en français (je suis un peu à court…) et vais m’échouer sur la plage qui, franchement, mérite à peine d’être mentionnée ici. Une demi-heure plus tard, des trombes d’eau s’abattent sur la ville et pof ! c’en est fini de ma séance bronzette. Après la pluie, le beau temps les moustiques finissent d’achever mon moral et je file me réfugier derrière une bonne moustiquaire et quelques épisodes de The Office.

Le lendemain matin, j’ai rendez-vous à 10h avec Tito qui doit m’emmener à la plage d’où part le fameux bateau. A 10h, pas de nouvelles de Tito. A 10h15 non plus. A 10h20, je commence à m’énerver (et pourtant, Dieu sait que c’est pas mon genre…) et j’appelle l’agence qui m’a vendu le billet. Ah ? Oui ? Non, pas de problème, Tito va venir. Mais si jamais il est pas là dans 10 minutes, faudrait mieux que je les rappelle, hein ? Grrr… Heureusement Tito déboule 2 minutes plus tard dans une grosse jeep au pare-brise tellement fendillé qu’il est obligé de regarder parfois par la fenêtre pour vérifier qui vient en face… Bon, Tito, il croit qu’il a 2 personnes à embarquer alors il passe un coup de fil à l’agence qui lui raconte je sais pas quoi et finalement, on repart direction la plage. C’est que j’ai pas l’intention de le laisser passer 2 fois, moi, ce bateau ! Là, un autre type vient m’annoncer que le bateau va avoir un peu de retard parce que la mer est assez mauvaise et qu’on est donc obligés de longer la côte pour ne pas se prendre d’énormes vagues en pleine face. Et puis aussi, du coup, on ne va pas nous déposer à Montezuma (entre temps, j’ai trouvé d’autres compagnons de transport) mais ailleurs. Où ? J’en sais rien… Bref, on ne s’affole pas, on emballe nos sacs à dos dans de grands sacs poubelles sur les ordres de l’équipage (moyenne d’âge 14 ans et demi…), on grimpe dans le speed boat et en route pour l’autre rive ! En chemin, on croise quelques dauphins qui jouent et sautent dans le sillage du bateau : des fois, je sais pas pourquoi je m’obstine à aller dans des endroits où je suis censée voir des bestioles alors qu’il est bien plus facile d’en voir là où ça n’est pas prévu… Et une bonne heure plus tard, le bateau s’échoue sur une plage. Là, tout le monde descend et on charge les sacs dans un minibus supposé nous conduire à Montezuma. Mais après avoir parlementé quelques minutes avec le chauffeur, il accepte de conduire certains d’entre nous jusqu’à Santa Teresa. Et bah voilà ! C’est pas si mal après tout !

J’arrive donc en début d’après-midi à Santa Teresa. Officiellement, le bout du monde. Dans la vraie vie… ça pourrait bien être le bout du monde. La seule et unique route qui s’étend derrière la plage n’est qu’une piste de terre creusée d’ornières et parsemée d’hôtels et de cabanes pour touristes plus ou moins dissimulés derrière des rangées de palmiers. Quelques vagues restos, 2-3 surf shops… de toute façon, on ne vient pas à Santa Teresa pour l’animation et la vie culturelle… on vient pour la plaaaaage. Oui. La plaaaaage. Parce qu’elle est longue. Très longue. Et que pour les surfeurs émérites (comme moi), on y trouve bon nombre des plus beaux rouleaux du Pacifique. Bon. J’ai pas voulu foutre la honte à tous les Kelly Slater en herbe qui se la jouaient en scrutant l’horizon alors je suis restée tranquille sur ma serviette à me contorsionner et à m’enduire de crème solaire. Parce que l’air de rien, entre 2 pluies diluviennes, le soleil tape. Fort. Même derrière les nuages. La preuve, j’ai pris une jolie teinte écrevisse en à peine 20 minutes. En pleine saison des pluies.

J’ai donc passé le reste de ma semaine à errer de plage en plage le long de la côte. Santa Teresa, Samara, Guiones… le plus compliqué n’étant pas de choisir un point de chute mais plutôt de rallier ces spots soi-disant ultra touristiques puisque les plages de la côte Pacifique du Costa Rica sont censées être parmi les plus belles plages du monde… Et bah je sais pas, je suis peut-être devenue un peu snobinarde (non pas que je ne l’étais pas déjà un petit peu avant mais pas tellement sur le rayon plage) mais moi, ces plages, je les ai pas trouvées si extraordinaires que ça. Je veux dire, Goa, la Thaïlande, l’Australie… c’est très nettement le niveau d’au-dessus !

Alors après avoir fait le plein de sable entre les orteils et avoir laissé 4 de mes 5 culottes à la laverie (oui, une petite erreur à la redistribution du linge… pas vraiment dramatique pour le gars qui était censé s’occuper de mes petites affaires mais clairement catastrophique pour moi !), j’ai décidé qu’il était grand temps de retourner là-haut… dans la montagn-euh ! Direction donc Monteverde.

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Cuenca

La nuit a été effroyable. Bon. OK. Peut-être que « effroyable » c’est un peu exagéré. Mais franchement, c’est une des pires que j’ai passées depuis longtemps. Le bus est bien parti à l’heure avec mon sac et moi dedans. Moi, je me suis dit alors : « Chouette, chouette, il est 22h, je vais dormir comme ça, je verrai rien passer du trajet ! ». C’est que y en a pour 9 heures quand même. Sauf que. D’abord, le chauffeur, il avait pas envie de dormir, lui. Alors il nous a mis de la musique. Genre à fond. Et puis au bout d’une heure il s’est dit : « Oh… mais ils doivent s’ennuyer les petits derrière ! Tiens, et si on leur mettait un film ? » De préférence avec le son à fond. Et avec plein d’explosions et de coups de feu dedans (normal, c’était Taken2). Et là, cerise sur le cupcake, le bouton de la clim s’est retrouvé coincé sur « Superfrost ». A fond lui aussi.

Et moi, comme j’avais fini par prendre l’habitude des bus luxe péruviens, j’étais pas du tout préparée. C’était à peine si j’avais pensé à prendre ma polaire… Je me suis donc congelée toute la nuit. Au point que j’ai discrètement piqué un petit bout de couverture à ma voisine qui, elle, avait eu la bonne idée d’en emporter une. Et j’ai même fini par me mettre mon sac dessus histoire d’avoir une épaisseur supplémentaire. Et puis j’ai attendu… attendu… attendu que le soleil se lève. Ce qu’il a fini par faire mais ça faisait déjà 2 heures que je ne sentais plus mes pieds… Bref. C’était mon dernier bus de nuit dans un pays où il fait moins de 30°C, j’ai survécu mais je m’en souviendrai !

De bon matin, je me retrouve donc sur le bord du trottoir à Cuenca. Qu’allait-elle donc faire à Cuenca la p’tite dame ? Et bien Cuenca est la deuxième ville coloniale du pays après Quito, il paraît même que c’est bien plus beau et c’est mas o menos sur la route de Guayaquil où je dois être ce week-end. Et comme j’avais clairement pas le temps d’aller visiter un parc national ou aller me perdre dans la jungle quelques jours, je me suis dit que l’argument « classé au patrimoine mondial de l’Unesco » était une raison suffisante pour s’y arrêter. Bien m’en a pris.

D’abord, la ville est effectivement très jolie. Des petites rues pavées, des églises de partout, des couvents, des chapelles et une jolie rivière qui coule dans le fond. Le tout entouré par les montagnes (ah oui, on est toujours dans la Sierra à 2500m) verdoyantes… enfin ça, c’est ce que j’aurais pu voir si les nuages avaient daigné s’écarter plus de 3 minutes d’affilée. A la place, je me suis prise l’averse du mois. Qui a duré près de 4 heures… Bon. Ça m’a donné une bonne raison pour me réfugier au café autrichien du coin où ils servaient une dééééliiicieuse mousse au chocolat… No comment. Et puis, soleil ou pas soleil, Cuenca est la capitale du panama. Non. Pas du pays, le Panama. Le chapeau. Qui d’ailleurs, ne devrait pas s’appeler un panama puisqu’il ne vient pas de là (il était juste exporté en Europe à partir du Panama… dont acte), mais un montecristi. Alors qu’à cela ne tienne, je suis allée chez le plus vieux chapelier de la ville et je me offert un nouveau couvre-chef. Certes, c’est très pratique à transporter mais quoi ? C’est pas tous les jours qu’on a la chance de se trouver un chapeau qui tue à un prix défiant toute concurrence (et puis zut ! c’est les soldes non ??!!).

Bref, Cuenca, c’est petit (enfin… la vieille ville), c’est tout mimi et ça vaut bien que l’Unesco l’ait classée sur sa liste. Et non, le fait que j’ai trouvé un café qui faisait de fabuleux petits déj avec toasts au pain complet et pancakes n’influence pas du tout mon avis… ou peut-être un tout petit peu.

Alors bien sûr, j’ai pas eu le temps d’aller me balader dans les environs et pourtant, il parait que c’est magnifique. Mais là, je suis un peu pressée. Je dois filer à Guayaquil. Alors hop ! je ressaute dans un bus et 4 heures plus loin… tadaaaaa ! me voilà dans la deuxième ville du pays. Et devinez quoi ? C’est déjà ma dernière étape équatorienne. Déjà ? Bah oui ! Mais je vous expliquerai ça la prochaine fois…

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La ville qui puait l’huile de poisson

A la nuit tombée, le bus s’arrête soudain le long de la Panaméricaine. « Paracas ! Paracas ! » crie le chauffeur. OK, c’est pour nous. Agglutinés à la porte du bus, les chauffeurs de taxi nous attendent de pied ferme. « Taxi señorita ? ». Bah voui hein, il nous reste près de 20kms à parcourir avant d’atteindre Paracas, on va pas se les faire à pieds… On négocie donc le tarif de la course et on suit notre nouvel ami Vladimir (oui, je sais, ça fait pas bien péruvien) jusqu’à sa voiture. Enfin sa voiture… son tas de boue plutôt. Au moment de claquer la portière, j’ai l’impression que la poignée me reste dans la main. Le compteur n’a plus d’aiguille, les ressorts de la banquette arrière rendent leur dernier soupir et les fenêtres ne s’ouvrent plus. Mais ça n’a pas l’air de perturber le moins du monde Vladimir qui roule déjà à tombeau ouvert en slalomant entre les chiens errants.

On devine l’océan sur notre droite mais l’éclairage public est relativement inexistant et on se demande si il y a vraiment Paracas, cette fameuse ville touristique, au bout de la route. En tout cas, Vladimir nous dit qu’on a vraiment bien fait de venir visiter les îles Ballestas (c’est effectivement pour ça qu’on est là) parce que c’est vraiment très beau et que c’est ce qui fait vivre toute la ville. Enfin pas exactement toute la ville. Une bonne moitié. L’autre moitié travaille dans l’huile de poisson. Et en effet, depuis quelques mètres, on longe un haut mur couvert de barbelés et régulièrement ponctué de miradors. C’est l’usine d’huile de poisson. Et pour nous le confirmer, un délicat fumet s’introduit jusqu’à nos narines… POUAH ! Mais ça daube la mort ici !

A Paracas, on a choisi de s’installer au Refuge du Pirate (qui n’a de pirate que le nom, c’est plutôt chicos en fait). Alors après avoir négocié la chambre et le petit déj, on part faire un tour en ville histoire de trouver une agence qui nous vende des billets de bateau pour aller voir les îles Ballestas le lendemain. Plus facile à dire qu’à faire… Il semblerait qu’on ne soit pas vraiment encore en haute saison et à 20h, difficile de trouver quoi que ce soit d’ouvert ! On finit quand même par trouver de la lumière quelque part et un gentil monsieur tout disposé à nous vendre tout ce qu’on veut. Mission accomplie. Reste ensuite à se trouver à dîner. Mais là, même combat. On arrive quand même à boire un pisco sour dans un resto désert et on finit par manger nos restes de saucisson assis sur nos lits chez le Pirate. Pour le petit village de pêcheurs touristique, on repassera.

Le lendemain matin, à l’heure dite, on est au port, prêts à embarquer pour les îles. Et on n’est pas tout seuls ! De petits groupes de touristes arrivent de partout jusqu’à former un immense attroupement devant la jetée. Oui mais. Une épaisse nappe de brouillard couvre l’océan. On ne voit pas à 5 mètres. Du coup, les autorités ferment le port et interdisent toute sortie en mer. Mais pas de panique, notre capitaine nous assure que ça arrive tous les matins, il suffit d’attendre 30 minutes et tout ça va se lever, aucun problème. En attendant, les cafés ouvrent à toute vitesse, faudrait pas louper les 200 touristes qui sont coincés là et qui n’ont rien d’autre à faire que s’assoir en terrasse ! Y a même un type qui vient vendre des petits poissons pour filer à manger aux pélicans qui se dandinent sur la plage.

Finalement, c’est avec près d’une heure et demie de retard qu’on sera autorisés à monter dans les petits hors-bords qui filent aussitôt vers le large. En chemin, on passe devant un immense candélabre gravé dans la falaise. Même genre que les lignes de Nazca, on ne sait pas qui, comment ni pourquoi ce truc se retrouve là mais c’est vrai que c’est intriguant. Un peu plus loin, ce sont des centaines de cormorans qui volent en rangs serrés à 10cms de la surface de l’eau. Ils partent pêcher. Et puis, enfin, elles apparaissent. Les îles Ballestas. Un chapelet de cailloux qui affleurent et qui servent de perchoir à des milliers d’oiseaux. Des pingouins, des cormorans, des pélicans, tout un tas de trucs qui volent et qui paillent à qui mieux mieux. Au milieu de tout ça quelques loutres et otaries se prélassent au soleil. On vous prévient alors : vaut mieux fermer la bouche quand on regarde le ciel. Oui, parce que les îles Ballestas ne sont pas qu’une réserve ornithologique de tout premier plan. C’est aussi une des plus grandes mines à guano du Pérou. Et il n’est pas rare que les touristes repartent avec un petit souvenir gluant dans les cheveux… D’ailleurs, on passe juste à côté des installations d’exploitation et on devine que quelques personnes travaillent bien là. Les mineurs restent 3 ou 4 mois sur les îles avant de pouvoir rentrer à terre. Et dans la puanteur ambiante (si, il faut le dire, ça pue), ça force le respect. Nous, après 2 heures à caboter entre les rochers, on a déjà les poils du nez tout frisés.

En rentrant au port, on ne sait pas trop ce qu’on fait du reste de notre après-midi. On voudrait aller visiter la réserve nationale tout près mais on veut aussi se trouver un bus pour rejoindre Arequipa le lendemain. Comme par hasard, y a pas de bus direct pour Arequipa et de toute façon, on n’a pas assez d’argent pour acheter les tickets et puis le prochain distributeur est à plus de 3kms… Bref, on finit par abandonner l’idée de la réserve et jouer la sécurité en grimpant dans un minibus pour Ica. Rien de bien fantastique à voir à Ica mais on s’offre enfin un vrai déjeuner dans le plus vieux resto de la ville où le patron, bien bavard, est ravi de pouvoir nous raconter des tas d’histoires même si ses nombreux bâillements nous font vite comprendre qu’il est plus l’heure de la sieste que de papoter.

Avec le patron du resto - Ica

Avec le patron du resto – Ica

On finit par le laisser et aller se balader dans la ville qui a visiblement souffert des tremblements de terre. La plupart des églises sont en ruines, le clocher de travers et condamnées. On finira par échouer sur un banc en fin d’après-midi sur la Plaza de Armas à observer les va-et-vient des écoliers qui rentrent à la maison, des vendeurs ambulants et des chiens qui se courent après. Juste avant de reprendre le chemin de Cruz del Sur, notre compagnie de bus préférée, on achète un sachet de chocotejas, la spécialité de la ville, des bonbons de fruits confits ou secs enrobés de chocolat et de caramel… mmmh !

Chez Cruz del Sur, on ne plaisante pas avec la sécurité. Alors après avoir passé 3 contrôles, on grimpe enfin dans le bus où on essaye de s’installer confortablement pour la nuit. Demain matin, on sera à Arequipa et c’est là que les choses sérieuses commencent…

Photos ici.

Où l’on fait de vieilles blagues sur le lac Titicaca…

Allez, on se la fait une fois, on rigole un bon coup et après on redevient sérieux, OK ?

« Qui c’est qui va faire un titi caca sur les rives du lac Titicaca ? » … Mouahahahaha ! Pfff… qu’est-ce qu’on s’marre, non mais j’vous jure…

Bon, allons, reprenons. On a donc pris le bus depuis La Paz direction Copacabana. Non, pas le Copacabana où les filles se baladent en string sur le sable et où les gars ne peuvent pas marcher avec les bras le long du corps à cause de leurs triceps hypertrophiés. Le Copacabana où tu ne sors pas sans ton bonnet et où seuls les canards barbotent dans l’eau. Le Copacabana bolivien, au bord du lac Titicaca, un village de 6 000 habitants à 5kms de la frontière péruvienne. C’est notre dernière étape bolivienne.

Pour se rendre à Copacabana, il faut donc prendre le bus pendant 3h30. A un moment, la route passe sur le lac. Et non, y a pas de pont. Il faut prendre un bac. Tout le monde descend donc du bus et grimpe sur un bateau. Et le bus fait pareil. Mais sur un autre bateau. Tout le monde a donc les yeux rivés sur le bus, un peu anxieux de voir le bus (et surtout son sac à dos) arriver à bon port. Puis tout le monde remonte dans le bus et colle son nez à la fenêtre pour admirer le lac. Rien que la route, c’est déjà très très joli.

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Mais c’est pas le tout de faire sa maligne, en fin de journée, je me fais rattraper par un bon petit mal des montagnes. Bah oui, crapahuter dans la capitale la plus haute du monde et venir poser son paquetage sur les rives du lac le plus haut du monde, fallait bien que je finisse par payer toute cette hauteur. Du coup, ma tête pèse plus d’une tonne et la soirée se déroule un peu au ralenti à ingurgiter du maté de coca jusqu’à plus soif.

Le lendemain matin, ma tête a retrouvé son poids normal et on a décidé d’aller visiter l’Isla del Sol. On prend donc un bateau à 8h du matin au bout d’un petit ponton branlant et dans les vapeurs d’essence, on prend le large. Le soleil brille, l’eau s’étend à perte de vue et ondule à peine, la traversée dure près de 2 heures, seuls le vent et la température nous rappellent qu’on n’est pas sur la mer mais bien sur le fameux lac.

En arrivant à l’Isla del Sol, on se fait conduire jusqu’au petit musée qui expose quelques découvertes faites par l’équipe du commandant Cousteau au fond du lac. Là, on doit payer un droit d’entrée pour pouvoir aller se promener sur le sentier qui traverse l’île : 10 bolivianos par tête. Bien, c’était pas prévu mais on peut considérer que ces 10 bolivianos sont un droit d’entrée sur l’île, soit. On part donc à l’assaut des 13kms de crêtes qui traversent l’île d’un bout à l’autre. Les criques sont fabuleuses, les paysages incroyables, c’est magnifique. Chaque côte est une petite épreuve à 3850m d’altitude mais ça vaut la peine. Arrivés au milieu de l’île, on tombe sur 2 gars qui nous barrent la route et nous demandent de payer 15 bolivianos par tête (une fortune, clairement) pour pouvoir continuer notre chemin. Soit disant, le ticket du début ne concerne que la partie nord de l’île, ici, il faut payer pour la moitié sud. Je m’énerve, les traite à moitié de voleurs ce qui ne les fait pas sourciller et puisque tout le monde s’exécute, je finis par faire pareil en râlant. De toute façon, y a pas le choix, on doit atteindre le port au sud de l’île pour reprendre le bateau.

Ce qui devait arriver arriva. A la pointe sud de l’île, un troisième péage nous attend. Là, c’est 5 bolivianos par personne. Trop c’est trop, marre d’être prise pour une pigeonne ! Là, question de principe, je ne paye pas. No mas bolivianos ! Finalement, la petite dame nous laisse passer, en râlant elle aussi. Non pas que j’ai des épines au fond des poches, la question n’est pas là. Mais payer juste pour marcher sur un sentier et se faire racketter 3 fois sous prétexte que l’argent ne va pas dans la poche de la même communauté, faut pas pousser le bouchon Maurice !! D’autant plus qu’aucune agence ni compagnie de bateau qui vous amènent sur l’île ne vous préviennent qu’il faut payer un droit d’accès pour le sentier des crêtes. Pour un peu, ça gâcherait la balade qui pourtant vaut vraiment le coup.

Le lendemain, on traîne dans le village qui est plutôt calme, et on fait un petit tour à la basilique, démesurée, avant de prendre le bus après le déjeuner pour Puno, côté péruvien. En arrivant au poste frontière bolivien, on s’aperçoit qu’il nous manque un petit papier vert qu’on aurait dû avoir en entrant dans le pays. Qu’à cela ne tienne, le douanier nous en fait un antidaté, change de tampon, signe des 2 côtés de la carte et voilà ! on est sortis de Bolivie ! Quelques minutes plus tard, rebelote côté péruvien et hop ! nous voilà entrés au Pérou !

En fin d’après-midi, on arrive donc à Puno, 100 000 habitants, 2 gares routières et des tas de rabatteurs qui vous tombent dessus à peine descendus du bus. Là, on se laisse convaincre par une petite dame qui nous propose un hôtel en plein centre à 40 soles la chambre avec eau chaude (oui, on a encore changé de monnaie, à peine eu le temps de s’habituer aux pièces boliviennes). Eau chaude mais pas chauffage, bien sûr. De toute façon, le chauffage, depuis bientôt un mois que je traîne de ce côté du monde, ça semble être un truc complètement délirant. Y en a nulle part. Pourtant, il fait froid voire très froid. Il neige même parfois. Mais à part moi, visiblement, tout le monde s’en fout. Bref, on s’installe et on passe de longues minutes à s’ébouillanter sous la douche. On va ensuite faire un petit tour dans le centre-ville très animé en ce vendredi soir. Les gens se promènent, mangent des glaces, font des courses, y a plein de vendeurs de rues, ça fourmille. On finit par aller dévorer un steak d’alpaga (pas mauvais du tout) avant de rentrer se glisser sous nos piles de couvertures.

Le lendemain matin on doit se rendre à l’aéroport de Juliaca, à 45kms de là, on a un vol pour Lima. Sur le papier, c’est simple, on doit prendre un colectivo (un taxi minibus) jusqu’à Juliaca et là-bas, prendre un autre colectivo jusqu’à l’aéroport. Pour prendre le colectivo pour Juliaca, faut aller au terminal terrestre (la gare routière). Oui, mais pas celui où on est arrivés hier. Non, le terminal zonal. Heureusement qu’on avait prévu un peu de marge… On finit par trouver le colectivo, on hisse nos sacs sur le toit et là, il faut encore attendre que le minibus soit plein avant de partir. Pas question de rouler à moitié vide !!

Au moment de décoller, on aperçoit une dernière fois le lac Titicaca par le hublot avant de disparaître dans les nuages…

Et 2 heures plus tard, nous voilà à Lima. En bus, le même trajet nous aurait pris plus de 24 heures… On grimpe dans un taxi qui nous amène jusqu’à Miraflores, le quartier riche de Lima, dans lequel on a réservé une auberge de jeunesse. En chemin, on observe la ville à travers les fenêtres. Une autre grande ville d’Amérique latine, grise, bétonnée, bordélique, aux installations électriques brouillonnes et à la circulation dantesque. Et soudain, la mer. L’océan plutôt. Qui déroule des vagues longues de plusieurs dizaines de mètres le long des plages de Miraflores. Et quelques grappes de surfeurs qui regardent l’horizon mais en combinaisons intégrales quand même…

On fait un petit tour dans le quartier et on tombe sur un petit resto de fruits de mer, le Punto Azul, qui nous semble bien sympathique. Il est 16h, pas vraiment l’heure de déjeuner mais le snack de l’avion est déjà loin alors… on se laisse tenter. Et bah, on regrette pas. De loin, le meilleur resto qu’on ait fait. Les portions sont gargantuesques mais surtout, c’est délicieux. On se partage un risotto à l’encre de seiche, aux crevettes et aux coquilles Saint-Jacques… mmmh ! L’assiette est tellement énorme qu’on arrive pas à finir et on aura même le droit d’emporter un petit doggy bag avec nos restes. On finit l’après-midi à se balader et à faire du lèche-vitrine dans le centre commercial qui domine la falaise de Miraflores et d’où on regarde le soleil tomber dans l’océan.

Dimanche matin, il fait gris. On a décidé d’aller visiter le centre du vieux Lima. On a pris le Metropolitana, un bus qui circule sur les grandes artères de la ville dans un couloir réservé et dont on n’a rien compris au plan mais qui nous a amenés à bon port. Pas grand-monde dans les rues, les magasins sont encore fermés, les cafés n’ont pas encore ouverts, on se demande un peu où sont les gens… Et après un grand tour à la Plaza de Armas, on a fini par les retrouver… à la messe ! Nous, on voulait simplement visiter l’église. On pouvait pas rentrer, c’était blindé. Du jamais vu. A la sortie, y avait même des camions de pompiers qui barraient la rue, des danseurs et une troupe de mariachis. Du coup, on s’est dit qu’il allait se passer quelque chose alors on a attendu. On était pas les seuls. La rue a commencé à se remplir jusqu’à ce qu’on se retrouve complètement coincés entre un immeuble et une voiture. Et quand enfin, la messe a été dite, la fanfare a éclaté et on a vu sortir Saint Dominique sur un char. Là, c’est devenu du délire. Les gens applaudissaient, lançaient des confettis, chantaient… et comme par magie, le soleil a fait son apparition. Divine, sûrement.

Comme toutes ces bondieuseries avaient fini par nous creuser, on est retournés manger dans le resto de la veille où cette fois, on a du faire la queue près d’une heure pour avoir une table. Mais encore une fois, on n’a pas regretté.

Et puis, il a fallu que je dise au-revoir à mon papa qui est reparti à Paris et comme tout bon backpacker qui se respecte, je suis allée à la laverie où j’ai passé le reste de l’après-midi à regarder mon linge tourner en observant les Limeños vaquer à leurs occupations.

Le Pérou s’annonce sous les meilleurs auspices, il fait même pas froid.

Photos ici et .

La Paz Express

Clairement, la Bolivie n’était pas au programme au début de ce voyage. Et puis, à force d’entendre tous les gens que je croisais me dire : « Quoi ? Tu vas pas en Bolivie ? Mais le salar d’Uyuni c’est trooooop génial ! Faut absolument que tu passes par là ! », j’ai fini par me laisser convaincre. Du coup, voilà, après 3 jours à traverser le Sud Lipez, on se retrouve dans un bus de nuit sur une piste plus que défoncée en direction de la capitale la plus haute du monde, La Paz, à 4000 mètres d’altitude.

Au petit matin, le bus s’arrête sur le bord de la route. On n’est pas du tout à La Paz, on est juste en panne. Pendant près de 45 minutes, les chauffeurs vont faire tousser et cracher le moteur et finalement, alors qu’on n’y croyait plus, on reprend la route. Au bruit que fait le moteur, vaut mieux juste pas qu’on s’arrête… Et puis soudain, on y est. On arrive au bord de la falaise et sous nos yeux s’étale La Paz. C’est grand, c’est dense, c’est très en pente et tout semble de la même couleur, cette couleur ocre qui camoufle presque les immeubles dans la falaise. Très impressionnant.

La circulation aussi est impressionnante. Après avoir eu des plaines immenses et des étendues salées à perte de vue, se retrouver dans les bouchons du matin, ça fait tout bizarre. La gare routière est au-dessus du centre-ville et pleine à craquer de Boliviennes en chapeau et de Boliviens qui se font cirer les chaussures. Nous, on n’a pas beaucoup de temps. On n’est que de passage ici. Cet après-midi, on reprend déjà un autre bus. Alors, on laisse nos sacs à la gare et on part explorer la ville. Il fait beau, il fait même très chaud et toutes les rues sont en pente. Rapidement, on se rend compte qu’on est à 4000m : on ne peut pas marcher et parler en même temps. D’ailleurs, curieusement, on ne croise personne qui fasse un petit jogging ce matin… On prend quand même le temps de s’offrir un petit point de vue depuis le La Paz moderne, celui qui est en bas, avant de remonter dans le vieux quartier, tout en haut en s’arrêtant au passage à quelques stands de salteñas et de jus de fruits frais. On déambule dans les petites ruelles autour de la cathédrale où il y a tellement de vendeurs de pulls et de bonnets qu’on se demande comment toute cette marchandise peut bien s’écouler, on se retrouve nez à nez avec quelques fœtus de lamas tout desséchés et puis on retourne à la gare routière.

Difficile de se faire une idée de la capitale bolivienne en aussi peu de temps mais clairement, nous, on n’a pas vraiment accroché. Alors sans regret, on reprend le bus et la route. On préfère les jolis paysages aux grandes villes méga polluées. Ce soir, on sera à la frontière péruvienne, sur les rives du plus haut lac du monde, celui dont on n’a eu aucun mal à retenir le nom quand on était en CE2 parce que ça nous faisait bien trop marrer… j’ai nommé, le lac Titicaca.

Photos ici.

Un dimanche à La Sereña

Erreur de débutant. En prenant le bus à 10h du matin ce samedi, on pensait arriver à La Sereña vers 16h, enchaîner aussitôt avec un autre petit bus pour Vicuña, 60 kms plus loin dans la vallée de l’Elqui et arriver juste à temps pour se dégoter un hôtel et booker une visite dans un observatoire le soir même pour aller admirer la voie lactée.

Vicuña (et la vallée de l’Elqui) est réputée pour sa cuisine solaire (on cuit son steak en amplifiant les rayons du soleil comme à travers une grosse loupe), son pisco (c’est là qu’est distillé le précieux liquide), ses observatoires (avec plus de 300 nuits de ciel pur par an, c’est un des meilleurs endroits au monde pour scruter les étoiles) et sa douceur de vivre. Tout ça nous tentait donc bien. Par contre, fallait que tout se goupille bien parce que la suite du programme était chargée et on ne pouvait pas vraiment se permettre de prendre du retard dès le 2ème jour.

Sauf que voilà. Tout ne se déroule pas toujours exactement comme prévu. Et notre bus, tout aussi fantastique qu’il soit, est arrivé à La Sereña à 18h30, foutant en l’air toute notre petite organisation. Bon. Là, la question qui se pose est : nous ont-il dit que le trajet en bus durait 6 à 7 heures ou que le bus arrivait entre 6 et 7h ? Oui, parce qu’il semblerait que notre espagnolo ne soit pas tout à fait au niveau. Du coup, il se pourrait qu’il y ait eu mauvaise interprétation… Bref, on décide donc de zapper les étoiles (on en verra plus tard) et de passer la nuit à La Sereña, petite bourgade de 160 000 habitants. On atterrit donc à l’Hostal El Punto (très bien, si vous passez dans le coin, n’hésitez pas) et comme on a quasiment rien avalé de la journée, on ressort aussitôt à la recherche d’un endroit où remplir nos estomacs qui crient famine. Et là… on atterrit au paradis. Le paradis s’appelle en fait la Casona del 900. Alors OK, c’est un fait maintenant établi, les Chiliens ne savent pas faire la cuisine. Mais par contre, pour faire griller des kilos de viande, là, rien à dire, respect. On se retrouve attablés devant un bon gros poêlon avec un bon gros steak de bœuf, une côte de porc, une cuisse de poulet, un joli boudin et un chorizo… par personne ! Une parillada, ça s’appelle. Le tout arrosé d’une petite bouteille de vin rouge pour la modique somme de 18 600 pesos (soit 30 euros) autant dire qu’on était heu-reux ! Du coup, c’est la peau du ventre bien tendue qu’on est rentrés se glisser bien au chaud sous une pile de couvertures…

Le lendemain, c’est dimanche. Après un bon petit déjeuner (oui, la parillada est déjà loin), on part visiter la ville. Après le fouillis de Valparaiso, ça nous semble propret et bien rangé. Certaines rues sont dignes d’un décor de Zorro. Mais La Sereña a beau posséder 29 églises, on ne peut pas dire qu’il y ait foule sur la Plaza de Armas ce matin… On se dit alors que puisque les gens ne sont pas à la messe, c’est qu’ils sont au marché. Alors on y va aussi. Effectivement, c’est un peu plus vivant. Tous les marchands vendent à peu près la même chose. Des carottes nucléaires (quoi ? une carotte de 8cms de diamètre, vous trouvez ça normal, vous ?), des patates, des choux-fleurs, des tomates, des kiwis atomiques (oui, un kiwi qui est tout déformé et gros comme un pamplemousse, c’est un kiwi atomique), des bananes, des avocats (de toutes les tailles, avec la peau rugueuse, avec la peau lisse, noirs, verts, un peu violets, bref, si tu trouves pas ton bonheur, c’est que tu fais exprès), des oranges, des mini citrons verts (que quand tu les presses, ça fait plein de jus et c’est trop bon) et des fraises. Nous, on se contente d’un kilo de fraises qu’on mange en déambulant entre les étals. Et puis, on se dit que puisqu’on a une journée à tuer (oui, on a définitivement abandonné l’idée d’aller dans la vallée de l’Elqui, on préfère se garder un peu de marge pour plus tard), on va aller voir la mer. Parce que La Sereña, c’est au bord de la mer. De l’océan plutôt. Alors on prend la direction de la plage, assez facile à repérer grâce au phare planté au bout de l’avenue principale. Mais il ne fait pas assez chaud pour se baigner et les vagues sont plutôt impressionnantes. Alors, on chasse les mouettes, on regarde les vagues et puis, l’air marin, ça creuse, alors on va manger des empañadas un peu plus loin. On finit par rentrer en ville, faire un petit tour dans un jardin soi-disant japonais (si un Japonais est déjà passé par là, il a dû se faire harakiri à peine ressorti) et dans le zoo. Un zoo avec des poules, des chèvres, des moutons, 3 énooooormes vautours qui font très peur, une autruche, un émeu et 2 lamas. Comme on n’est jamais trop prudent, on ne s’approche pas trop. Ces bêtes-là, ça crache.

Et puis, tranquillement, on est retournés à l’hostal où on a squatté les canapés de la salle à manger en attendant l’heure de prendre le bus. Parce qu’on a décidé de monter un peu plus au nord mais cette fois, en bus de nuit pour en pas perdre trop de temps. Prochaine étape, Chañaral.

Photos ici.

Ce n’est qu’un au-revoir…

Après les longues heures bercée par l’océan, j’ai continué avec les longues heures bercée par le bus. Très longues les heures. C’est pas compliqué, j’ai passé mon samedi dans le bus. 600kms, 10 heures. Je vous laisse faire le calcul, en Australie, on roule pas vite.

Alors certes, le paysage change un peu mais pas de quoi rester le nez collé à la fenêtre tout le trajet. Alors on s’occupe comme on peut, 1 film, 2 films, 3… ah non, plus de batteries. On n’est pas très nombreux alors chacun s’installe le plus confortablement possible et essaye de tromper l’ennui.

Du coup, c’est à la nuit tombée que je suis arrivée à Cairns dont je ne verrai que la zone commerciale où se situe le terminal des bus. Un minibus m’emmène directement à l’hostel où j’ai juste le temps de faire un saut dans la piscine (oui, moi, je ne vais que dans les hostels avec piscine…) puis dans la douche avant de constater qu’il est 22h et que c’est l’heure de faire son sac parce que le shuttle pour l’aéroport passe le lendemain à 8h.

Parce que ça y est, l’Australie, c’est fini ! Alors déjà que 3 semaines c’était bien trop court mais quand en plus, j’en gâche une entière à trainasser dans des bus, ça a un goût assez prononcé de frustration. Clairement, l’Australie, j’ai pas très bien géré. Alors je me dis que c’est pas grave, ça m’a donné un aperçu du pays, des autochtones, de la culture et ça m’a bien donné envie de revenir. Mais la prochaine fois, je ferai les choses bien. Je prendrai le temps et j’aurai un chauffeur…

En attendant, en route, direction Auckland !

Dernières photos de l’Australie, ici.

Bordez la grand-voile et la barre à tribord, moussaillon !

Après avoir passé 2 jours entiers vautrée dans un canapé (ô que oui, ça c’est un truc que je maîtrise sur le bout des coussins) à attendre la réponse fatidique de l’assurance (« non mademoiselle, on ne va pas vous donner un autre van, on ne peut pas se permettre de bousiller toute la flotte… »), j’ai donc quitté Agnes Water. En bus. Remarquez, après tout, j’ai traversé la moitié de l’Asie en bus, je vois pourquoi je me serais épargnée ce petit plaisir sous prétexte qu’on est sur un autre continent !

En fait, si. Je vois. Quand tu prends le bus en Asie et que t’es compactée entre 3 cages à poules, 2 sacs de riz et une mamie qui vomit, tu trouves que ça fait couleur locale. C’est un peu pour ça que tu prends le bus d’ailleurs (sauf pour la mamie, t’aurais préféré éviter mais bon). Et puis surtout, tu parcours tous ces kilomètres pour un prix dérisoire alors même si ça te prend des heures, tu te débrouilles pour avoir une place côté fenêtre et tu regardes défiler le paysage en chantonnant.

Mais ici. Les distances sont fantasmagoriques. Dans mon cas, 1300kms à faire en 5 jours. Et les tarifs vont avec. Rien en dessous de 75$ et encore, c’est plutôt une bonne affaire. Alors, pour ne pas mourir d’ennui, j’ai d’abord pris un bus de nuit. Le départ est à minuit sur un terrain vague à 30kms de la ville. Y a qu’ici que ça existe, ça. Heureusement, la guest house emmène les quelques galériens désargentés qui vont se faire les 9 heures de bus jusqu’à Airlie Beach. Parce que j’ai décidé de faire un stop à Airlie Beach, le camp de base des croisières dans les îles Whitsunday. Il me reste peu de jours avant de quitter l’Australie alors autant se faire plaisir ! En montant dans le bus, je suis à 2 doigts de regretter les bus vietnamiens avec leurs couchettes XXS… Bus de nuit, la bonne blague !  C’est juste un bus normal avec des amortisseurs bien fatigués et dont les sièges ne s’inclinent pas plus que ceux de la classe « économie » d’Air France. Alors je soupire… et je me débrouille pour dormir 4 heures avant d’apercevoir le soleil qui se lève et qui me fait oublier pour un moment que la nuit a achevé de ruiner mes cervicales déjà bien secouées par mes mésaventures avec feu Ben.

Par contre, rien à dire, les bus australiens sont réglés comme des coucous suisses. A 9h30, j’arrive à Airlie Beach. Encore une petite ville étendue le long de la plage. Sauf que celle-là à une marina qui n’a rien à envier à Saint Tropez. Et que comme ici, on ne peut pas se baigner dans l’océan (bien trop dangereux malheureux ! y a des méduses tueuses, des requins et des crocodiles qui attendent impatiemment que tu viennes tremper ton orteil pour s’offrir un bon déjeuner), tu trouves en plein milieu du centre-ville, un lagon d’eau de mer. Comme une immense piscine publique en plein air et gratuite avec maître-nageur et toboggans où tu peux barboter tranquillement et peaufiner ton bronzage. Très sympa. Tout autour, tout un tas de boutiques de souvenirs, de bars à jus et d’organic food. Very trendy. Et touristique. Parce que juste en face d’Airlie Beach, il y a les îles Whitsunday. Un archipel de plages de sable lavé avec Mir Laine le tout flottant dans une eau turquoise au-dessus de rien de moins que la Grande Barrière de Corail…

Au choix, on peut naviguer, plonger, faire du kayak, sauter en parachute, bref, si tu ne trouves rien à faire à Airlie Beach, c’est que t’as un baobab dans chaque main. Moi, j’ai décidé de m’offrir un tour sur le Derwent Hunter (sur les bons conseils des Nowmadz) et d’aller barboter au milieu des copains de Nemo (Nemo, lui, il était parti en vacances).

Derwent Hunter

Et c’était chouette. Quand on t’accueille à bord en te disant « Hello sunshine ! », tu trouves forcément que l’équipage est au top… Après réflexion, je me suis demandée si ça avait un rapport avec les hématomes multicolores qui parsèment mes bras et mes jambes… Mais passons, le bateau très chouette, y avait plein de vent, alors hisse-et-haut moussaillon et en avant ! Après un petit briefing sécurité et quelques mots sur l’histoire du bateau (parce qu’il est pas tout neuf le Derwent Hunter, depuis sa construction en 1945 il a été chalutier, il a fait des campagnes océanographiques, bref, le bois craque et on aime ça), on te dit de faire attention à tes affaires parce que y a beaucoup de vent aujourd’hui, les chapeaux risquent de s’envoler et le cri de « Un chapeau à la mer ! » n’a jamais été suffisant pour faire demi-tour. Je vous laisse donc deviner qui est la première idiote dont la casquette a pris le large à la première bourrasque…

Mais peu importe. Je profite. Le soleil brille, la mer clapote, les voiles claquent, les embruns te fouettent le visage et devant toi, un chapelet d’îles où tu pourrais jouer à Robinson Crusoé avec de longs bancs de sable… pas mal du tout.

Le clou du pestacle, évidemment, ce sont les 2 arrêts snorkelling. Après avoir enfilé une combinaison intégrale ultra sexy (je sais, c’est le genre de trucs qui ne va pas à tout le monde, mais moi, ça me va comme un gant, je le sais parce que c’est le capitaine qui me l’a dit…), tout le monde saute à l’eau avec masque, palmes et tuba. Et là, c’est comme si tu te retrouvais dans un aquarium géant. Sauf qu’en plus des centaines de poissons multicolores et de toutes les tailles qui semblent à peine remarquer les baleines qui flottent au-dessus d’eux, y a les coraux. Des forêts de coraux. Alors c’est ultra cliché mais c’est complètement dingue les couleurs qui s’épanouissent au fond de l’eau. Des trucs bleus, roses, jaunes, fluos, violets, avec des petits filaments, des grosses éponges, des tentacules… pfiou ! y en a tellement que tu sais pas où donner de la tête. C’est magnifique.

Ce qui l’est un peu moins, c’est que tu vois bien que par endroits, les coraux sont cassés parce que les gens ont marché dessus. Et comme tu sais à quel point cet écosystème est fragile, tu te demandes si c’est vraiment bien que tous ces gens viennent barboter ici. Et si les petits poissons ont vraiment besoin de toute cette crème solaire qu’on leur déverse sur la tête. Mais c’est tellement beau…

Après tous ces efforts (quoi ? t’as déjà barboté 2 heures en respirant dans un tuba tordu qui prend l’eau ? ça crève…), on a droit à un super déjeuner et… une bonne grosse averse ! Le ciel est devenu tout noir et tout le monde essaye de se trouver un endroit à l’abri mais sur un voilier… Heureusement, l’équipage a tout prévu et c’est distribution de cirés pour tout le monde. Et puis on remet le cap sur Airlie Beach et en route, le soleil revient pour sécher les voiles et réchauffer les apprentis moussaillons qui commençaient à trouver que la voile sous la pluie, ça avait un petit côté moins fun.

Alors voilà, il reste encore 600kms et je vais donc passer la journée de demain dans le bus pour rejoindre Cairns. J’ai pas trouvé de solution pour avoir le temps de visiter la ville. Ce sera pour la prochaine fois. Parce qu’il y aura une prochaine fois ! Ce petit séjour était déjà bien court mais cette dernière semaine a un petit goût trop prononcé de frustration. Alors je sais pas quand ni comment, mais l’Australie et moi, on en a pas fini !

Photos ici (déconseillé aux gens qui dépriment parce qu’il a neigé à Paris le 4 avril…)

Vientiane

Je sais pas c’est quoi leur problème aux chauffeurs de bus dans cette partie du monde mais pourquoi faut-il qu’ils roulent comme des dingues alors qu’on a toute la nuit devant nous au point que tu passes ton temps à rouler d’un bord à l’autre de ta couchette et qu’ils te déposent avec près de 2 heures d’avance sur l’horaire prévu à destination ce qui fait que tu te retrouves à débarquer dans des villes inconnues à 5 heures du matin, heure à laquelle, c’est bien connu, les réceptionnistes des hôtels t’accueillent les bras ouverts… Un jour, faudra qu’on m’explique.

Bon, donc voilà, il est 5 heures du matin, je découvre la gare routière de Vientiane (2 fois plus grande que l’aéroport de Luang Prabang, là, je sais que vous voyez tout de suite mieux de quoi je parle) et je grimpe dans un jumbo (un tuk-tuk collectif) qui me dépose en centre-ville, à 2 pas de la guest house où j’ai prévu d’établir mon campement. Sauf que. Il est toujours 5 heures (et demie maintenant). Heureusement, y a des gens qui dorment sur des banquettes dans le hall (visiblement, y en a qui avaient quelque chose à fêter hier soir) et qui me laissent poser mon barda dans un coin et somnoler gentiment jusqu’à ce que le jour se lève.  Le ballet du check-out / check-in n’étant pas prévu avant midi, j’ai le temps de prendre un petit déj dans une des innombrables boulangeries françaises qui bordent la rue et de faire un premier tour dans la capitale laotienne.

La capitale… 265 000 habitants, pas plus de 10 buildings dignes de ce nom et la circulation la moins dense de l’Asie du sud-est. Ça a plutôt l’air d’une sympathique petite ville de province, où les rues s’appellent « Rue Machin-Chose », où les noms des ministères sont écrits « Ministère du Truc-Bidule » et où le Mékong est longé par une Promenade des Anglais en pleine construction. Probablement la ville où flotte le plus perceptiblement un petit parfum suranné de colonialisme français et où on peut faire du lèche-vitrine en se disant « Ouh… c’est joli ça ! Ouh là là, mais comme c’est cher, on se croirait à la maison ! ». D’ailleurs, je suis à 2 doigts de m’y croire (à la maison… sauf qu’il fait 40°C… toujours) parce que la ville fourmille d’expats français (tu comprends toutes les conversations, une première depuis… longtemps !), que la carte du resto propose une salade périgourdine et que tu peux boire ton thé glacé en terrasse en lisant le Nouvel Obs (j’ai pas trouvé Télérama… oui, je suis une bobo, maintenant, c’est officiel, je l’assume et je vais bien, merci).

Bref, il fait bon passer 3 jours (ou plus ? pourquoi pas…) à Vientiane même s’il n’y a pas grand-chose à voir à part l’habituelle collection de temples et de Bouddhas en tous genres mais le ciel est bleu fluo, les massages pas chers, tu trouves des Magnums Moka-Belgium Chocolate (une tuerie…) et puis c’est la dernière fois que je flâne le long du Mékong.

Et oui ! Le Mékong, c’est fini. D’ailleurs, ça commence à sentir la fin de l’Asie. Dans un mois tout pile, ce sera passage dans l’hémisphère sud (une grande première !) et l’Australie ! En attendant, ce soir, je reprends l’avion (oui, je sais, c’est mal mais je vous expliquerai la prochaine fois pourquoi parfois, l’avion, c’est mieux), direction Bangkok, où je retrouve Stéphanie, ma fidèle compagnonne de camping américain par -4°C, avec qui on a décidé de troquer cette année nos sous-vêtements polaires et notre tente Quechua contre des tongs, de la crème solaire et des rondelles de citron sur le bord de nos verres à cocktails. Tout un programme !

Pour les dernières photos du Laos, c’est ici.