Un dimanche à La Sereña

Erreur de débutant. En prenant le bus à 10h du matin ce samedi, on pensait arriver à La Sereña vers 16h, enchaîner aussitôt avec un autre petit bus pour Vicuña, 60 kms plus loin dans la vallée de l’Elqui et arriver juste à temps pour se dégoter un hôtel et booker une visite dans un observatoire le soir même pour aller admirer la voie lactée.

Vicuña (et la vallée de l’Elqui) est réputée pour sa cuisine solaire (on cuit son steak en amplifiant les rayons du soleil comme à travers une grosse loupe), son pisco (c’est là qu’est distillé le précieux liquide), ses observatoires (avec plus de 300 nuits de ciel pur par an, c’est un des meilleurs endroits au monde pour scruter les étoiles) et sa douceur de vivre. Tout ça nous tentait donc bien. Par contre, fallait que tout se goupille bien parce que la suite du programme était chargée et on ne pouvait pas vraiment se permettre de prendre du retard dès le 2ème jour.

Sauf que voilà. Tout ne se déroule pas toujours exactement comme prévu. Et notre bus, tout aussi fantastique qu’il soit, est arrivé à La Sereña à 18h30, foutant en l’air toute notre petite organisation. Bon. Là, la question qui se pose est : nous ont-il dit que le trajet en bus durait 6 à 7 heures ou que le bus arrivait entre 6 et 7h ? Oui, parce qu’il semblerait que notre espagnolo ne soit pas tout à fait au niveau. Du coup, il se pourrait qu’il y ait eu mauvaise interprétation… Bref, on décide donc de zapper les étoiles (on en verra plus tard) et de passer la nuit à La Sereña, petite bourgade de 160 000 habitants. On atterrit donc à l’Hostal El Punto (très bien, si vous passez dans le coin, n’hésitez pas) et comme on a quasiment rien avalé de la journée, on ressort aussitôt à la recherche d’un endroit où remplir nos estomacs qui crient famine. Et là… on atterrit au paradis. Le paradis s’appelle en fait la Casona del 900. Alors OK, c’est un fait maintenant établi, les Chiliens ne savent pas faire la cuisine. Mais par contre, pour faire griller des kilos de viande, là, rien à dire, respect. On se retrouve attablés devant un bon gros poêlon avec un bon gros steak de bœuf, une côte de porc, une cuisse de poulet, un joli boudin et un chorizo… par personne ! Une parillada, ça s’appelle. Le tout arrosé d’une petite bouteille de vin rouge pour la modique somme de 18 600 pesos (soit 30 euros) autant dire qu’on était heu-reux ! Du coup, c’est la peau du ventre bien tendue qu’on est rentrés se glisser bien au chaud sous une pile de couvertures…

Le lendemain, c’est dimanche. Après un bon petit déjeuner (oui, la parillada est déjà loin), on part visiter la ville. Après le fouillis de Valparaiso, ça nous semble propret et bien rangé. Certaines rues sont dignes d’un décor de Zorro. Mais La Sereña a beau posséder 29 églises, on ne peut pas dire qu’il y ait foule sur la Plaza de Armas ce matin… On se dit alors que puisque les gens ne sont pas à la messe, c’est qu’ils sont au marché. Alors on y va aussi. Effectivement, c’est un peu plus vivant. Tous les marchands vendent à peu près la même chose. Des carottes nucléaires (quoi ? une carotte de 8cms de diamètre, vous trouvez ça normal, vous ?), des patates, des choux-fleurs, des tomates, des kiwis atomiques (oui, un kiwi qui est tout déformé et gros comme un pamplemousse, c’est un kiwi atomique), des bananes, des avocats (de toutes les tailles, avec la peau rugueuse, avec la peau lisse, noirs, verts, un peu violets, bref, si tu trouves pas ton bonheur, c’est que tu fais exprès), des oranges, des mini citrons verts (que quand tu les presses, ça fait plein de jus et c’est trop bon) et des fraises. Nous, on se contente d’un kilo de fraises qu’on mange en déambulant entre les étals. Et puis, on se dit que puisqu’on a une journée à tuer (oui, on a définitivement abandonné l’idée d’aller dans la vallée de l’Elqui, on préfère se garder un peu de marge pour plus tard), on va aller voir la mer. Parce que La Sereña, c’est au bord de la mer. De l’océan plutôt. Alors on prend la direction de la plage, assez facile à repérer grâce au phare planté au bout de l’avenue principale. Mais il ne fait pas assez chaud pour se baigner et les vagues sont plutôt impressionnantes. Alors, on chasse les mouettes, on regarde les vagues et puis, l’air marin, ça creuse, alors on va manger des empañadas un peu plus loin. On finit par rentrer en ville, faire un petit tour dans un jardin soi-disant japonais (si un Japonais est déjà passé par là, il a dû se faire harakiri à peine ressorti) et dans le zoo. Un zoo avec des poules, des chèvres, des moutons, 3 énooooormes vautours qui font très peur, une autruche, un émeu et 2 lamas. Comme on n’est jamais trop prudent, on ne s’approche pas trop. Ces bêtes-là, ça crache.

Et puis, tranquillement, on est retournés à l’hostal où on a squatté les canapés de la salle à manger en attendant l’heure de prendre le bus. Parce qu’on a décidé de monter un peu plus au nord mais cette fois, en bus de nuit pour en pas perdre trop de temps. Prochaine étape, Chañaral.

Photos ici.

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