Regarder passer les trains

Bon, allez, j’arrête de vous faire plaisir, c’est fini, il ne pleut plus à Bangkok (niark, niark, niark, niark !!).

C’est pas encore le soleil qui pique les yeux non plus mais ça tombe bien parce que de toute façon, hier, j’avais un programme qui n’en avait rien à faire qu’il pleuve, qu’il neige (ah non, ça par contre, ça n’est pas près d’arriver) ou qu’il vente. Hier, j’avais décidé d’avoir une vie normale. De faire des trucs que les gens qui sont en vacances (et qui sont pressés puisqu’ils n’ont que 15 jours de vacances) ne font pas.

Hier, après avoir fait une vraie bonne grasse mat’ (ouh que oui j’en avais bien besoin !), j’ai un peu organisé la suite de mon périple (kouaaaAAAAA ??? je change de continent dans 10 jours ? mais… j’ai même pas ouvert mon ami le Lonely !!) et puis je suis allée prendre un Afternoon Tea à la Tea Room du Grand Hyatt de Bangkok. Oui. Ch’suis comme ça, moi. Quand je peux pas aller manger chez Constant ou au Mandarin Oriental, je finis par atterrir au Grand Hyatt. Alors, j’ai embarqué toute ma bibliothèque et je me suis installée dans un grand fauteuil moelleux où une adorable serveuse (j’imagine qu’on dit maître d’hôtel dans ce cas précis) est venue déployer une serviette en lin sur mes genoux et m’a servi un thé à la rose qu’elle a remué avec une cuillère en argent et un Afternoon Tea Set.

Et alors ? C’est quoi un Afternoon Tea Set ? Et bah c’est bien. C’est très bien, même. C’est un assortiment de plein de petites choses, sucrées et salées, toutes bien présentées et parfaitement délicieuses. Tu grignotes le tout avec le petit doigt en l’air et pour un peu, tu leur dirais de mettre tout ça sur la note de ta chambre mais faut pas abuser, t’as pas de chambre ici, t’as pas gagné au Thaïmillion… Mais ça fait bien plaisir quand même !

Après ça, j’ai traversé une passerelle (tu peux tout faire sans mettre un pied au sol à Bangkok) et je suis allée au cinéma. Oui madame. Bon, malheureusement, pas de film thaï à l’affiche de ce multiplexe de ouf-malade de 22 salles (dont 2 spéciales pour les films en 3D et une avec que des poufs ultra-moelleux pour se coucher dedans). Du coup, j’ai choisi Flight. J’ai pu choisir ma place sur l’écran du type à la caisse qui m’a demandé si je voulais un supplément pop-corn (euh… no, thank you !) et un ouvreur m’a emmenée jusqu’à mon fauteuil avec dossier inclinable et immenses accoudoirs que tu ne peux pas frôler ton voisin… Bon, de toute façon, la salle était quasi-vide (mais y a quand même un type qui a choisi le siège juste derrière moi et qui a rigolé comme une baleine tout le long du film…). Avant le début du film, tout le monde se lève, l’hymne national retentit et sur l’écran passe un diaporama de photos du roi. Je crois que maintenant, si je croise le roi dans le métro, je ne pourrais pas ne pas le reconnaître.

Bon, je ne suis pas sûre qu’aller voir un film sur un crash d’avion moins de 48 heures avant d’aller à l’aéroport soit la meilleure idée que j’ai jamais eue mais c’était sympa de voir un film sur un écran de plus de 25cms pour changer…

Et pour finir cette belle journée, je suis passée dire bonjour à ma copine la vendeuse de chez Krispy Kreme (oui, c’est comme ça, il fait 35°C et je mange des donuts) après avoir englouti un demi-saumon cru (je vois pas pourquoi je serais toujours obligée de manger thaï !).

Et du coup, le lendemain, pour ma dernière journée thaïe, j’ai décidé d’aller regarder passer les trains.

Non, je ne prépare pas ma réincarnation en vache ! Je suis allée voir passer les trains sur le pont de la rivière Kwae. Ha ha ! Ça vous parle mieux là tout de suite ! Pour que vous ayez l’air futé dans les dîners, sachez qu’on ne dit pas la rivière « Kwaïïïï » (ça veut dire « buffle » en thaï, autant dire que les Thaïs, ça les fait bien rigoler) mais la rivière « Kwèèèè ». Je me suis donc levée à l’aube (j’ai même loupé le réveil, ça a failli être la catastrophe), je me suis écroulée dans un minibus et 2 heures de route plus tard, j’étais à Kanchanaburi. Oui, c’est là que se trouve le fameux pont. Quand on est à Kanchanaburi, on est à à peine 15kms de la frontière birmane. Mais évidemment, pas question d’y mettre les pieds. C’est fermé. A clés. Et on ne plaisante pas avec ces clés-là.

Donc voilà, y a une rivière, y a un pont, y a des trains qui passent en sifflant pour que les touristes dégagent du pont et y a un type qui joue du violon et qui joue quoi ? … Le pont de la rivière Kwae, évidemment ! Bon, comme c’est un peu un attrape-couillon, tu ne peux pas juste aller voir le pont. Tu dois aussi faire un tour sur un radeau en bambou et sur le dos d’un éléphant (pfff… déjà vu !). Et puis, après, tu fais le chemin dans l’autre sens et tu rentres à la maison à 19h parce que les bouchons du périph’, c’est de la blague à côté de la circulation à Bangkok.

Alors voilà, Bangkok, la Thaïlande, les petites plages qui tuent c’est fini. Là, c’est l’heure de faire son sac, de vérifier qu’on a bien son passeport et de dire au-revoir à Sa Majesté. Parce que, aujourd’hui, je monte dans l’avion (hé ho ! tu sais qu’il existe d’autres moyens de transport ? oui… je sais…) direction Penang (en Malaisie pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Penang… moi la première jusqu’au mois dernier). Enfin, moi, je monte dans l’avion. Mon sac, c’est moins sûr. Il semblerait que j’ai oublié de vérifier que mon billet incluait bien un bagage en soute… Je suis donc bonne pour payer une fortune pour pouvoir emporter toutes mes affaires, la poisse ! Alors pour mon dernier déjeuner thaï et parce que j’ai plus un rond, j’ai fêté ça avec ça…

Et je confirme, aller voir un film sur un crash d’avion y a 2 jours, c’était débile…

Photos ici.

Impériale Hué

Finalement, les trains de nuit vietnamiens… ça craint. Les conducteurs de train ont dû aller passer leur permis en Inde parce que j’ai failli dégringoler de ma couchette plus d’un million de fois… (NDLR : si vous prenez le train de nuit le 31 décembre, à minuit, le train s’arrête et les hauts parleurs se mettent à grésiller des chants de bonne année du meilleur goût, genre remixés à la sauce 70’s. Du coup, les gens se souhaitent une « bonne année » puis chacun se retourne sur sa couchette et reprend là où il s’était arrêté.)

Enfin peu importe, nous voilà arrivées à Hué. Qu’allions-nous faire à Hué ? Et bien, se culturer un peu les zenfants, ça fait pas de mal !

Hué, capitale des empereurs Nguyen (la dernière dynastie, ceux qui nous ont vendu le pays), a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1993. La citadelle impériale, symbole de la ville, fût bâtie en 1804 par Gia Lang, le 1er empereur de la dynastie, sur un site choisi par ses charlatans géomanciens. Ses successeurs procédèrent à quelques aménagements pour loger comme il se doit leurs mères et leurs grand-mères mais sous le protectorat français, ils étaient écartés de toute décision nationale. Seul l’empereur Ham Nghi, âgé de 13 ans (… autant dire qu’il avait des conseilleurs de valeur…), osa contester la domination française. L’armée coloniale répondit en assiégeant la ville puis en brûlant la bibliothèque impériale et en dépouillant la cité de tous ses objets de valeur (ah ! la France… pays des Lumières…). Le petit Ham Nghi mourut subitement (comme c’est mystérieux…), fut remplacé sur le trône par Dong Khanh, bien plus conciliant et on n’entendit plus parler de Hué. Jusqu’au 31 janvier 1968. On est alors en plein conflit sud/nord. Hué est alors sous la domination de l’armée du sud et des Américains. Comme c’est le Têt (le nouvel an chinois), il y a un cessez-le-feu tacite. Mais comme c’est tacite et que rien n’a été dit officiellement, les Viêt-Congs (du nord) attaquent simultanément plus d’une centaine de villes, dont Hué, pour les « libérer ». Sauf que la population n’avait apparemment pas tant envie que ça d’être libérée (en tout cas à Hué). Et que les Viêt-Congs, vexés, vont tenir la ville pendant 3 semaines pendant lesquelles des milliers de citoyens, figurant sur des listes méticuleusement établies à l’avance, se retrouvèrent alors victimes de gigantesques rafles. Près de 2500 personnes (marchands, fonctionnaires, bonzes, prêtres, intellectuels) furent sommairement fusillés, tués à coups de gourdin ou enterrés vivants (oui, c’est la guerre, c’est pas joli-joli…). Comme l’armée du sud n’arrivait pas à déloger les Viêt-Congs de la ville et que le massacre commençait à bien faire, les Américains, comme d’habitude sauvèrent le monde bombardèrent la cité (et rajoutèrent par-dessus une bonne dose de napalm et d’agent orange) et reconnurent, quelques bonnes centaines de morts plus tard, qu’ils avaient dû « détruire la ville afin de la sauver ». Bien. Sauf que 7 ans plus tard, en 1975, les Viêt-Congs revinrent et reprirent la ville en 3 jours. Tout ça pour ça.

Beaucoup d’édifices portent encore les stigmates de la guerre ou d’un abandon délibéré car les communistes réprouvaient ces emblèmes du pouvoir impérial. La ville doit donc son charme en grande partie à sa situation sur la rivière des Parfums et a sa capacité à faire cohabiter le neuf et l’ancien sans problème. Tous les 2 ans, elle accueille le désormais célèbre « festival de Hué » (bien connu de tous…), durant lequel des artistes locaux et internationaux viennent se produire ou exposer leurs œuvres dans tous les sites historiques et les centres d’art de la ville.

Bien. On est donc venues contempler des ruines. Les weather forecasts n’étaient à priori pas de notre côté mais c’était sans compter sur ma notre chance légendaire. Après un premier après-midi bien gris foncé à explorer les ruines croulantes de la citadelle impériale (d’ailleurs, on a bien failli finir enfermées dedans), et malgré le froid de canard, on s’est offert un tour de cyclopousse (bien colonial, isn’t it ?) pour aller dîner dans un resto de fruits de mer (où, là aussi, on a fait la fermeture…) On espérait bien se réchauffer avec un bon hot pot mais c’était sans compter que le resto était… en terrasse (et que, quand même, on était le 2 janvier) ! Alors pour pas se ramollir (et surtout parce qu’on a trouvé personne pour nous ramener), on est rentrées à pieds jusqu’à l’hôtel (BinhMinh Sunrise 1, très bien), où on a réclamé des extra blankets parce que là, fallait pas pousser le bouchon Maurice.

Le lendemain matin, le soleil commence à pointer le bout de son nez. Alors on saute dans notre bateau dragon privé réservé la veille, direction les tombeaux impériaux qui sont disséminés le long de la rivière des Parfums. Il paraît qu’il y a fort fort longtemps, les berges étaient couvertes d’herbes et de plantes médicinales qui exhalaient moultes senteurs d’où la rivière des « Parfums ». Aujourd’hui, plus l’ombre d’une tige d’un truc qui sent bon mais quelques champs et surtout l’occasion de regarder vivre les Vietnamiens le long de la rivière.

Les circuits « classiques » font visiter 5 tombeaux, 2 villages de fabrication de bâtonnets d’encens et te ramènent à ton hôtel à 15h. Nous, on privatise, on joue les snobinardes (ça, on sait faire !), donc on en a visité 3, 1 pagode et on est revenues à Hué à 18h… Autant dire qu’on les a bien étudiés les tombeaux ! D’ailleurs, ça a passablement agacé notre captain et son skipper qui pensaient bien faire autre chose de leur journée et essayaient de nous faire changer d’itinéraire pour pas rentrer trop tard. Mais c’est qu’il y en a des trucs à regarder ! Des statues de soldats en pierre de taille variable (en fonction du complexe mal placé de l’empereur concerné), des stèles immenses, des pavillons de poésie, des obélisques monumentales supposées symbolisées le pouvoir et la puissance (hum, hum… de nos jours, on mettrait des grosses bagnoles j’imagine…), bref, de quoi épuiser les batteries de nos appareils photos. Et puis, comme il faisait 25°C et un grand soleil, on ne pressait pas trop.

Pour notre dernière journée à Hué, on est retournées à la citadelle (où j’ai réussi à ne pas repayer l’entrée en agitant mes billets de la veille sous le nez du portier qui ne comprenait pas pourquoi on était ressorties pour rerentrer…) pour voir un spectacle de danse et de musique traditionnelles (dont on a loupé la moitié mais ils offraient une bouteille d’eau alors que dire…). Et puis du coup, on a croisé 2 éléphants, on a fini d’examiner l’intégralité des ruines (bah oui, on traîne tellement qu’on n’avait pas eu le temps la première fois), et j’ai perdu mon pull (il faisait trop chaud, je l’avais enlevé et puis après tout, c’est normal, je perds un truc dans chaque pays).

Et puis, on a repris le chemin de la gare, où on est montées dans le train à 15h pour arriver à Hanoi à 4h du matin après s’être successivement cogné la tête contre le mur et la rambarde métallique un bon millier de fois…

Photos ici.

Sa Pa ou bien ?

Mouais… Sa Pa pas mal, merci ! (… ouais, je sais, c’est l’oxygène, en altitude, ça rend euphorique…)

Reprenons.

Le lendemain matin, je fais la connaissance de mon guide pour les 3 jours, Chong, Vietnamien (je veux dire par là, pas d’une ethnie du coin). Il était prof d’anglais mais finalement guide, ça paye bien mieux et puis il préfère vivre à la campagne, dont acte. Il est assez rigolo, très bavard et n’est pas avare d’informations sur la région et ses coutumes. Après avoir traversé le marché de Sa Pa (qui effectivement, est ridicule par rapport à celui de la veille), la balade commence à travers les chemins caillouteux et surtout bien bouillasseux grâce à la pluie des derniers jours… Il faut d’abord réussir à semer les vendeuses ambulantes qui sont prêtes à se farcir 4 heures de marche pour te vendre une housse de coussin faite main mais quelques glissades et pas de danse incontrôlés plus tard, on arrive au sommet d’une colline et la vallée de Muong Hoa se déroule sous nos yeux : des rizières en terrasse à perte de vue, quelques petits villages avec des maisons en bambou et en bois où de grands morceaux de tissus teintés d’indigo sèchent au soleil et des tripotées de canards qui se dandinent et pataugent dans les rizières. A cette saison, la récolte est finie, on attend le nouvel an pour planter le riz. Les quelques pousses qui émergent ne servent qu’à nourrir les animaux. En fin de matinée, on retrouve 2 autres guides et 4 autres touristes français (dont ceux que j’avais croisés à la gare d’Hanoi). Comme nous sommes tous passés par la même agence, nous allons tous dormir au même endroit et du coup, nous décidons de repartir ensemble pour l’après-midi. La balade est plutôt agréable, avec même parfois un rayon de soleil. De temps en temps, les hurlements d’un petit cochon qu’on égorge nous parviennent tandis qu’on essaye d’éviter les bouses de buffle, les innombrables poussins et les mamans cochons traînant derrière elles leurs portées. Oui, nous sommes à la campagne… En passant, on visitera une grotte où seuls les plus courageux s’aventureront (votre serviteuse en tête, évidemment): on a une seule lampe frontale. Au moment où on se disait qu’on allait faire demi-tour, la lumière s’allume et un groupe de Russes nous doublent (il suffisait de payer pour que la lumière fût). Du coup, on les suivra encore en peu plus loin avant de se dire que finalement, passer Noël coincer à 10 mètres sous terre à escalader des rochers suintants d’humidité, c’est pas si rigolo.

En milieu d’après-midi, on arrive dans notre « palais » pour la nuit (4 murs et un toit faits en bambou et en planches mal jointives mais quel charme !), la maison d’une famille Dao. Après avoir machouillé un peu de canne à sucre, on va prendre un bain aux herbes médicinales (une spécialité locale) dans le « spa » du village. On se retrouve donc chacun dans un tonneau, accroupi pour avoir de l’eau au-dessus des épaules, à barboter comme dans une tasse de thé géante. Je ne sais pas si l’effet médical de ces plantes est prouvé mais ça aura au moins eu le mérite de nous réchauffer parce qu’en attendant, nos guides n’ont pas installé le chauffage central. On se met ensuite tous à la cuisine (enfin, autour du feu) pour préparer un vrai festin qu’on arrose à grands coups d’alcool de riz. Sauf que les Vietnamiens, c’est pas rigolo, après 3 verres, ils sont couchés et à 22h, la maîtresse de maison nous fait comprendre qu’on est gentils mais qu’on consomme beaucoup de bois là maintenant, et que ça serait bien qu’on aille se coucher. Bon, de toute façon, y avait plus d’alcool de riz. Merry Christmas !

Le lendemain, après un petit déjeuner de champions (banana pancakes au miel), on nous a promis LE passage difficile de la balade : une grimpette avec 500 mètres de dénivelé. On se met en route doucement, la motivation en sourdine à cause de la bruine et du brouillard qui nous promettent une belle journée. Personne n’avait d’altimètre mais si ça, c’était 500 mètres, je veux bien le refaire à cloche-pied ! On finit par passer enfin au-dessus des nuages et on aperçoit les sommets environnants dont le Fansipan, le plus haut sommet d’Asie du sud-est à un peu plus de 3100 mètres. Enfin, on croit que c’était le Fansipan parce que nos 3 guides n’étaient pas d’accord sur le sommet à admirer…

Ils nous assurent ensuite une pause déjeuner avec une amazing view… On ne demande pas mieux ! On se retrouve assis sur une colline, les nappes de brouillard nous recouvrant les unes après les autres… Pour la vue, on repassera… Mais pour le sandwich ! McDo n’a qu’à bien se tenir ! De l’œuf, de la viande, de la Vache Qui Rit (oui, c’est tout ce qu’on trouve comme fromage ici), des tomates, du concombre et même une poudre de perlimpimpin qui assaisonne le tout : de la haute gastronomie !

Bref, l’estomac plein on entame la descente et là, c’est un festival de glissades et de rattrapages sur les mains dans la boue (il paraît que c’est très bon pour la peau…). On finit par arriver dans un petit village où un bus attend mes co-trekkeurs pour les ramener à la civilisation tandis que je prolonge mon immersion au milieu de nulle part. Mes hôtes pour la nuit sont une famille Dzai verte (la dame porte un foulard multicolore mais avec beaucoup de vert). On prend le thé, Chong me flanque une raclée aux échecs et on se met à la popotte (toujours autour du feu, hein !). Je suis donc officiellement la rouleuse de nems la moins rapide de tout l’Ouest le Vietnam… Après le dîner, on s’assoit tous devant la télé (y a pas le chauffage mais y a une antenne parabolique) et on regarde un film chinois traduit en vietnamien. C’est-à-dire que c’est pas doublé. C’est juste une dame qui parle par-dessus les acteurs chinois et qui décrit ce qui se passe en vietnamien. Le film a déjà l’air particulièrement mauvais mais alors avec la petite dame qui commente, ça doit vraiment pas être triste. La cerise sur le cupcake ce sont les coupures pub tous les quarts d’heure… Mais tout le monde est scotché et rigole, c’est donc que ça doit être bien ! Ou alors, c’est l’alcool de riz qu’on s’est encore envoyé à grandes lampées pour pas avoir froid…

Le lendemain matin (oui, ça fait 2 jours que je dors en manteau et que j’ai pas vu la couleur d’une douche, je sais…), on fait réchauffer les restes de la veille pour le petit déj et pendant que je suis chargée de surveiller le feu (c’est la meilleure place !), je vois soudain un gros cafard bien gras qui, devant trouver que ça commence à sentir le sapin, s’échappe d’une bûche et tente de fuir sous mon pied. Malheureux ! Il finira plat comme une galette et son cadavre ira se tordre au milieu des braises… Comme je commence à trouver que le pays est bien pourvu en bestioles de ce genre, je demande à Chong si les cafards c’est pas plutôt censés vivre dans les zones chaudes et humides (et là, certes, c’est humide, mais je vous jure que c’est pas chaud). Et avec un grand sourire, Chong répond : « Noooon. Au Vietnam, les cafards, y en a partout ! » Gé-nial…

Une fois le petit déj avalé, on se remet en route. Le soleil n’est toujours pas au rendez-vous mais Chong s’amuse à nous faire passer sur le bord des rizières et mon sens de l’équilibre étant ce qu’il est, je me concentre pour ne pas me remplir les chaussures de bouillasse… On traverse encore quelques villages où des enfants jouent à saute-buffle (y a pas de mouton), pieds nus, et nous courent après en chantant « Hello, hello ! », et on finit par retrouver la civilisation pour le déjeuner où on s’offre un grand bol de nouilles fumantes.

Le temps de rentrer à Sa Pa, dire au revoir à Chong (qui promet de m’inviter à son mariage), prendre une douche (oui, parce que là, comme qui dirait, y avait nécessité), refaire le sac et hop ! encore un minibus, direction la gare de Lao Cai. Comme je suis une petite chanceuse, dans le minibus, je me retrouve coincée entre la vitre et une très grosse dame, française, qui voyage avec son mari et son fils et tous les 3 passent l’heure suivante à se plaindre du temps, du froid, du guide qui ne parlait pas assez bien français, des motos qui n’avaient pas assez d’amortisseurs (en même temps, excusez-moi madame mais…), des montagnards qui essayaient de leur vendre 2 ou 3 babioles, de la route qui est pleine de trous (y a pas de route…), bref, c’est le genre de moment où je fais semblant que je ne comprends pas le français et je camoufle tant bien que mal tous les sigles Quechua qui apparaissent sur mes affaires…

Bref, retour dans le train (ce coup-ci, un peu moins luxueux qu’à l’aller) en compagnie de 3 autres Vietnamiens dont une dame charmante mais qui parle très très fort et surtout tout le temps (au point que les gens de la cabine d’à côté viendront lui demander de la mettre en sourdine !). Le train a de très mauvais amortisseurs (lui) et je manque plusieurs fois de tomber de ma couchette. Bien sûr, au milieu de la nuit, j’écrase encore un cafard qui pensait que se balader à moins de 30cms de ma tête ne me posait pas de problème (mais pourquoi c’est toujours sur moi que ça tombe ???) et au petit matin, me revoilà à Hanoi, à me battre avec un chauffeur de taxi qui a trafiqué son compteur qui tourne plus vite qu’une pompe à essence…

De retour dans la jungle !

Photos ici.

Le marché de Bac Ha

Alors…

J’ai donc pris le train de nuit samedi dernier depuis Hanoi pour rejoindre la région de Sa Pa dans les montagnes du nord-ouest. Et peut-on savoir ce qu’il y a de si intéressant à voir là-bas ?

« Sa Pa est une charmante station climatique fondée par les Français en 1922 et la ville est orientée de façon à profiter du cadre splendide par temps clair (… nous y reviendrons). Juchée sur un versant escarpé et entourée de hauts sommets, elle surplombe une vallée jalonnée de rizières en terrasses (… ah… des rizières en terrasses, ça me rappelle quelque chose…). Souvent noyée dans le brouillard (… ah non ! ça va pas recommencer !), Sa Pa offre plus fréquemment des aperçus de ce paysage magnifique qu’une vue panoramique. Cependant, même par temps couvert et humide (… hum, hum !), la cité conserve beaucoup d’atouts, notamment son grand marché, fréquenté par les ethnies montagnardes de la région. »

Bon… bah, on peut pas dire qu’on n’a pas été prévenus…

« L’Histoire n’a pas épargné Sa Pa qui a souffert des guerres successives contre la France, les Etats-Unis et la Chine au cours du siècle dernier (NDLR : vous faire un petit rappel sur l’histoire du Vietnam un peu plus tard…). Mais l’essor du tourisme a marqué la renaissance de la ville et hôtels, boutiques et restaurants ont surgi comme des champignons. Autre conséquence de cet essor, la culture des ethnies montagnardes, dont les revenus dépendent désormais du tourisme, a fondamentalement changé. Les Hmongs et les Dzao rouges sont présents à Sa Pa. Les Hmongs, auparavant la minorité la plus pauvre de la région, sont désormais vendeurs d’artisanat ou guides de randonnée. »

Merci Lonely !

Donc en fait, je viens dans le coin pour aller au marché de Bac Ha (un peu plus loin, parce que celui de Sa Pa est devenu un marché de souvenirs pour touristes) et pour faire un trek de 3 jours dans les rizières et les villages de la région. Pour organiser tout ça, je suis passée par l’agence VietnamNomadtrails, chère mais comme j’aime, c’est-à-dire sympa et surtout hyper flexible.

L’aventure commence dès la gare d’Hanoi ou je dois faire appeler un certain Mr Tan qui doit venir me donner mon billet de train. Je trouve un guichet où un petit monsieur qui ne parle pas anglais me prête son téléphone gentiment. Je découvre par la même occasion que je ne suis pas seule à chercher Mr Tan : un couple de Français, M. et F., qui sont allés passer un an en Australie, attendent également. Bon, eux, ils ont pas réussi à convaincre le type de téléphoner à Tan mais bon…

Bref, Tan me répond «  OK, pas de problème, je suis là dans 15 minutes ! ». Une heure plus tard, (d’où l’intérêt de se pointer avec 2h d’avance…), toujours pas de Tan en vue… On se débrouille pour le faire rappeler, on nous dit d’attendre, on le fait rappeler encore une fois et finalement, c’est une agence de voyage qui finira par nous donner nos billets. Je soupçonne Tan d’avoir été pris d’une flemmite mythomaniaque aigüe…

Bref, je monte dans le train et là… WOW !! l’Orient Express !! (tout du moins comme je l’imagine) Déjà, à l’entrée du wagon, y a un gars en uniforme qui déroule un petit tapis et qui t’aide à porter ton sac jusqu’à ta cabine… Ah c’est sûr, ça change des conditions dans lesquelles je voyage d’habitude !! La méga classe… Des vrais matelas avec des petits chaussons, un kit de toilette, des petites lampes de chevet, des petites bouteilles d’eau, un gros cafard…. aaaAAAAH !! Comment ça un gros cafard ? Bah ouais, faut croire que les cafards aussi, ça aime le luxe. Un bon frisson et un gros coup de bouteille d’eau sur la tête dudit cafard plus tard, je me glisse dans mon « lit » et le train se met à cahoter doucement.

C’est à peine si je vois passer la nuit. Y a rien à dire, les trains vietnamiens, ça déchire. Je sais pas comment seront les suivants mais celui-là, il claque. A l’arrivée à Lao Cai, un petit gars m’attend avec une pancarte à mon nom, m’emmène dans un resto pour un petit déj « baguette-beurre-confiture » (héritage colonial oblige) et me dit que quelqu’un viendra me chercher un peu plus tard pour m’emmener à Bac Ha. Im-pec (deux-pec, trois-pec, …) ! De temps en temps, se laisser conduire, c’est bien aussi…

Je grimpe donc à bord d’un minibus cosmopolite (Canadiens, Chinois, Allemands, Français, Singapourienne) direction Bac Ha, 2 heures de route plus loin.

J’ai choisi une place près de la fenêtre pour admirer le paysage… Je passerai donc les 2 heures suivantes à papoter avec mes voisins français parce que le paysage… bah… il est sûrement très beau mais là, il est très très très timide… Tellement timide que même la route a tendance à se cacher. Jamais vu une purée de pois pareille.

Heureusement en arrivant sur Bac Ha, le brouillard se lève un peu et après un premier tour du fameux marché mené au pas de course par Cha, notre guide Black Hmong en tenue traditionnelle s’il vous plaît, le feu vert est donné et on se disperse parmi les allées colorées. Le marché de Bac Ha est en fait un des plus importants marchés de la région et de nombreux montagnards descendent à cette occasion faire leurs emplettes mais aussi acheter un buffle, des oiseaux, un poney, mais surtout discuter et boire des coups. Malgré le ciel gris, les tenues des femmes de toutes les ethnies différentes réchauffent sacrément l’ambiance et je profite de l’occasion pour goûter quelques spécialités locales (beignets au gingembre, à la patate douce, riz gluant frit dans une feuille de bananier, …) et pour m’asseoir à 20cms du sol entre 2 Vietnamiens pour déguster un bon petit pho bien cuit et recuit (soupe de nouilles avec un peu de bœuf et surtout un chouette bouquet d’herbes qui parfume le tout). J’irai ensuite m’apitoyer sur le sort des chatons qui grelottent sur des bâches plastiques et attendent de finir en ragout (oui, cette fois, c’est confirmé, les Vietnamiens mangent les chats, les chiens, les oiseaux et parfois des chenilles).

A 14h, le marché remballe et les touristes aussi. La suite du programme c’est « découverte d’un village Hmong fleurs »… Bon, on voit 3 bicoques en bois, 3 Hmongs fleurs et surtout 200 touristes à la queue leu leu qui mitraillent le moindre épi de maïs… tout ce que j’aime… Quinze minutes plus tard, on remonte dans le minibus, direction Sa Pa et c’est reparti pour 3 heures… Sauf que. Certains (ou plutôt certaine) n’ont pas été raisonnables. Ils se sont empiffrés de tout un tas de trucs différents et 3 heures de route de montagne dans la purée de pois, ça finit par mettre leur estomac à rude épreuve. Ce qui devait arriver arriva : ma voisine singapourienne finira par se dégobiller sur les genoux à 10 minutes de l’arrivée. J’ai été héroïque : j’ai pas bronché, je lui ai tendu un paquet de mouchoirs, j’ai dressé une barrière de lingettes entre nous (Dieu soit loué l’inventeur de la lingette !) et je me demande encore comment j’ai évité le cataclysme.

Le temps de passer à l’agence faire le point pour le trek des 3 prochains jours, il fait nuit, et je m’installe dans un petit hôtel où je m’offre le « luxe » d’un petit chauffage d’appoint (parce qu’il fait 5°C dehors et que je suis une chochotte…). Evidemment, on est en toute fin de saison et Sa Pa qui est entièrement tournée vers le tourisme ressemble un peu à une ville fantôme en ce dimanche soir. Une ville fantôme mais avec le wifi partout, des salons de massage et des magasins qui vendent des vêtements de montagne à tous les coins de rue. On se croirait à Chamonix !

Photos ici.

Xin chao Vietnam !

 (qu’on prononce Sin Tchao parce que sinon, ça serait trop simple… Mais… pourquoi –euh ???)

Ca y est ! J’attaque la longue traversée de l’Asie du sud-est jusqu’à Singapour !

Oui alors, effectivement Nanning, y avait rien à y voir et de toute façon, c’était couvert de brouillard et j’en ai donc profité pour organiser un peu la suite. Vous ne verrez donc pas de photo de Nanning.

J’ai donc pris le bus, écrabouillé 10 personnes, récupéré mon visa au consulat, couru (enfin clopiné avec tous mes sacs) pour reprendre le bus, ré-écraser 10 personnes, sauté (enfin…) dans le train pour Hanoi et attendu impatiemment que le train démarre. Adieu les canards laqués !

A minuit, le train s’arrête à la frontière côté chinois. Tout le monde descend avec l’intégralité de son paquetage et fait la queue à la douane. Enfin la douane… Un petit fonctionnaire chinois tout seul qui ouvre consciencieusement toutes les valises, les vide sur une table et te voilà à devoir refaire ton sac au milieu de la gare. Oh non, faites que je n’ai pas à vider TOUT mon sac et à TOUT réemballer… Enfin bon, au bout du 30ème sac, il se détend un peu et jette juste un œil inquisiteur sur le contenu et son propriétaire. Je recommence à respirer et j’affiche mon air le plus aimable quand arrive mon tour. Sauf que. Finalement, je dois avoir l’air suspecte ou peut-être était-ce parce que j’étais la seule Occidentale du train, mais j’ai droit à un traitement spécial et il va jusqu’à ouvrir mon portefeuille et étaler mes petites culottes sur le comptoir… on sait jamais !

Bref, on fait tamponner nos passeports et hop ! nous voilà hors de Chine.

Une heure plus tard, on recommence le même cirque côté vietnamien sauf que là, il doit être trop tard et les gars doivent être fatigués, personne ne checke les sacs. Un nouveau tampon plus tard, on remonte dans le train et CA Y EST !! JE SUIS AU VIETNAM !!

A 5h, le train arrive à Hanoi, dans une petite gare de banlieue au milieu de nulle part… Grumpfff… Le plan, c’était d’aller à l’autre gare (celle dont part le soir même mon train pour les montagnes du Nord-Ouest), de mettre mes sacs à la consigne et de passer la journée à traînasser dans la ville. Sauf que là, il fait encore nuit, rien est ouvert et il pleut… Re-grumpfff… Bon bah finalement, ça sera taxi (le chauffeur, très rigolo, me fera la conversation en vietnamien pendant tout le trajet et me délestera de 10$…), hostel et après avoir dormi, on verra !

Mais en attendant… Chào mừng bạn đến với Việt Nam !!

L’homme qui n’avait pas la conscience tranquille…

Non parce que pour penser avoir besoin de poster devant sa tombe pas loin de 8000 guerriers en terre cuite, autant de chars, de chevaux et de systèmes de défense machiavéliques contre d’éventuels visiteurs, faut quand même avoir quelque chose à se reprocher… Et être particulièrement mégalo.

Mais reprenons. Je suis donc allée à Xi’an (prononcer Chiiiane), dans la province du Shaanxi. Mais pourquoi donc aller là-bas ? Patrie de la dynastie Qin, dont l’empereur guerrier Qin Shi Huang entreprit d’unifier le pays pour la première fois (oui, avant c’était le grand n’importe quoi, tout le monde faisait ce qu’il voulait dans sa province, ce qui n’est pas du tout chinese style), le Shaanxi fut le berceau de la civilisation chinoise. Plus tard, Xi’an devint le point de départ de la route de la Soie et une capitale cosmopolite et affairée bien avant que quiconque n’ait entendu parler de Beijing. La ville et ses environs possèdent donc un fabuleux héritage historique qui a survécu à la Révolution Culturelle. Et l’un des sites, si ce n’est LE site le plus célèbre se situe à quelques kilomètres à l’est de la ville : l’Armée des Soldats de Terre Cuite. Ce qui m’a amenée jusqu’ici.

J’ai donc pu tester le train de nuit chinois. Pas mal. Mieux vaut être sur la couchette du bas où tu peux te tenir assis quand c’est pas l’heure de dormir parce que sur les 2 autres couchettes, ça ne passe pas (sauf si tu es vraiment un très petit Chinois).  Mais c’est plutôt bien organisé et c’est même rigolo. Ils diffusent des tubes de pop songs chinois à donf et de façon interrompue jusqu’à ce qu’ils jugent que c’est l’heure de dormir (soit jusqu’à 22h) et ils te réveillent en fanfare le lendemain matin (à 7h). Comme en Inde, y a une tripotée de vendeurs ambulants qui passent les uns à la suite des autres. Mais là, ça ressemble un peu plus à la Compagnie des Wagons Lits (amis de la SNCF, venez donc faire un stage en Chine, on va vous apprendre à être efficace…), petits uniformes, tabliers blancs et casquettes compris. Comme en Inde, je suis la seule Occidentale du train, et je suis une attraction. Mais c’est plus discret, les gens passent la tête au-dessus de ma couchette pour vérifier si la rumeur est vraie mais ils ne me prennent pas en photo. Et puis, comme ils ne parlent pas anglais, la conversation tourne court. Et ô consternation ! Pas comme en Inde, les trains chinois partent à l’heure mais n’arrivent pas à l’heure… Evidemment, ils font des annonces mais… comment dire… c’est en chinois. Je ne comprends donc rien et je passe de longues minutes à scruter anxieusement les rares panneaux en espérant que je vais pouvoir déchiffrer le nom de la gare. Heureusement, chaque wagon a son hôtesse qui te fait signe quand c’est ton tour de descendre (elle a récupéré ton ticket quand t’es monté dans le train et elle te le rend quand tu descends).

Bref, après 15 heures en sandwich entre un type qui ronfle et une mamie qui tousse, j’ai débarqué à Xi’an. J’ai pris le bus, bondé, avec mes 2 gros sacs sur les épaules ce qui faisait franchement rigoler une petite mamie qui m’a aidée à descendre au bon arrêt parce que là, dans le genre tu peux rien lire et encore moins comprendre les annonces que braille le conducteur, c’était le pompon !! Et je me suis retrouvée dans ma youth hostel, en plein cœur de la ville.

Du coup, j’ai passé la fin de l’après-midi à explorer le quartier musulman, un dédale de petites ruelles archi blindées d’échoppes en tout genre mais surtout plein de street food. Le pa-ra-dis… On croise plein d’hommes portant une calotte blanche et de femmes avec des voiles colorés et quelques mosquées habilement maquillées en temple chinois si ce n’est le croissant de lune sur le toit. Bon, j’ai pas pu tout tester mais autant vous dire qu’à 20h, c’était pas la peine d’aller dîner…

Le lendemain matin, j’ai déposé mon sac à la consigne de la gare et je suis partie me mesurer à la fameuse armée. Alors déjà, faut prendre un bus. Vert. Ça devrait pas être compliqué à repérer. En plus, la fille devant le bus te demande 3 fois si tu vas bien voir la Terracotta Army. Donc t’es plutôt confiant. Jusqu’à ce que le bus s’arrête au milieu de l’autoroute, que la fille se mette à crier des trucs en chinois, que tout le monde descende et que qu’au bout de la vingtième fois où tu lui poses la question, la fille te fasse signe d’attendre au bord de la route… Mouais, mouais, mouais… De toute façon, t’as pas le choix, t’attends. La confiance est descendue à 30%. Là, un autre bus vert arrive, la fille crie un truc au chauffeur et te pousse dans le bus. Le bus repart. Il s’arrête un quart d’heure plus tard, toujours au bord de l’autoroute. Quelques personnes descendent. Là, une fille qui était avec toi dans l’autre bus se retourne subitement et te dit un truc que tu ne comprends pas mais te fait signe de descendre. Au point où t’en es… tu descends. Et tu suis les quelques personnes qui traversent l’autoroute et rentrent dans un truc qui ressemblent à Disneyland mais désert. La confiance est quasi à zéro quand soudain… OUI !! un panneau en anglais qui dit « Terracotta Army –Ticket Office » !! Bon, faut encore marcher presque 10 minutes, acheter ton ticket, remarcher 10 minutes à travers des dizaines de stands de souvenirs pour atteindre l’entrée du site, faire valider ton ticket 2 fois ( ???) et remarcher 5 minutes mais CA Y EST !

Tu commences donc par visionner un petit film qui explique comment le site a été découvert (en 1974, des fermiers du coin creusaient un puits quand ils ont trouvé une tête en terre cuite, puis une autre, puis un bras, …), dans quel état (tout cassé), et comment les soldats ont été fabriqués et mis là (en terre cuite à taille réelle puis peints et disposés devant le tombeau du fameux Qin Shi Huang prêts à attaquer). Et enfin, dans un immense hangar pas du tout chauffé, tu te retrouves face aux 2000 premiers soldats. Ca fait déjà pas mal. Ils sont rangés dans des couloirs, par rangée de 4 à peu près, avec quelques chevaux à droite à gauche (y avaient des chariots mais ils étaient en bois et ils n’ont pas résisté au temps). Le truc le plus surprenant, c’est qu’ils sont tous différents. Chaque visage, chaque moustache, chaque tenue, chaque lacet de chaussures est différent. Ce qui veut dire qu’ils n’étaient pas fabriqués à la chaine mais un par un. Ca a dû leur prendre un temps de dingue…

Et puis derrière les 2000 premiers soldats, tu vois un gigantesque tas de soldats en morceaux. Un puzzle géant. Et des endroits où les fouilles n’ont même pas encore commencé. Et au milieu de tout ça, y a des gens qui essayent de retrouver et de recoller les morceaux. Ces gens supposent donc qu’il y a à peu près 6000 soldats dans ce hangar. Et pas un seul qui soit entier. Bref, si vous cherchez du boulot, ici, y a de quoi faire…

Il y a 2 autres hangars qui abritent 2 autres fosses d’excavation mais plus petites. L’une d’entre elles ne contient que 68 soldats qui seraient des généraux et autres colonels et qui constitueraient l’état-major de l’armée car ils ne sont pas en position de combat et ils sont face à face comme si ils étaient en train de discuter de la meilleure tactique à mettre en place. Dans ces 2 fosses aussi, il y a plein de morceaux cassés.

Quand tu t’es rassasié de terre cuite, tu refais le chemin dans l’autre sens (shopping souvenirs inclus), et tu te postes sur le bord de l’autoroute en espérant qu’un bus vert passe dans le coin. Et effectivement, un bus s’arrête. Bon, il est pas vert. Mais la fille t’assure qu’il va à la train station (niveau de confiance 60%). Il met 2 fois plus de temps que le bus vert et il s’arrête n’importe où (en fait, dès que quelqu’un lève le bras le long de la route) mais finalement, il arrive bien à destination.

Ce qui m’a laissé juste assez de temps pour filer dans le quartier musulman manger une Biang Biang Mian (une grosse nouille fraîche de 3 mètres de long dans un bouillon épicé… dé-li-cieux), faire des courses pour mon dîner et me réinstaller dans le train pour une autre nuit, direction Nanjing et la province du Jiangsu.

Moralité… Eh oh les Chinois ! Ça vous tuerait de baragouiner 3 mots d’anglais ? Non mais sans blague… Vous comptez survivre comment au XXIIème siècle ? Parce que, certes, vous allez être 2 milliards à parler le chinois, mais vous ne pourrez pas communiquer avec le reste du monde ! Mais bon, au moins, vous savez vraiment faire la cuisine, c’est déjà ça et ça met tout le monde d’accord…

Photos ici.

La traversée du Gujarat – part 2

Oui, bon alors finalement, je ne suis pas allée voir Champaner et Pavagadh : des heures et des heures de bus pour voir un caillou, certes un gros caillou mais un caillou quand même… posé au milieu de nulle part qui plus est. Par contre, j’ai profité de mon séjour à Vadodara pour assister 2 soirs de suite aux festivités de Navratri.

C’est quoi Navratri ? C’est la fête des Neuf Nuits. On rend hommage aux divinités féminines en général et à Durga, Lakshmi et Saraswati en particulier. Les célébrations se déroulent sur les places, dans la rue où des sanctuaires spéciaux sont installés. Les habitants, vêtus de leurs plus beaux atours, se lancent dans des danses endiablées jusqu’au petit matin. Au dixième jour de Navratri, on célébre Dussehra, la victoire du Bien sur le Mal, et ça, partout en Inde.

En arrivant à Vadodara, j’ai un peu galéré à trouver un hôtel : tout était plein. Autant dire qu’au bout d’un moment, la notion de « pas cher » est sortie de l’équation ! J’ai donc une belle grande chambre climatisée, un room-service de folie et ma fenêtre donne sur la rue juste au-dessus d’une petite scène dressée devant un temple kromeugnon avec plein de néons dessus. Je savais que Navratri avait commencé depuis 2 ou 3 jours mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’assister aux célébrations.

Vers 19h, la musique démarre (pas du live, hein, juste une sono qui beugle à fond). Fort. De jolies chansons indiennes qui font saigner des oreilles au bout de 20 minutes. Sauf que là, ça dure, ça dure, ça ne s’arrête jamais… Et il n’a pas l’air de se passer grand-chose.

En fait, la fête commence vraiment vers 22h. Les gens se sont amassés dans la rue, les femmes au milieu et les hommes assis sur les côtés ou aux balcons. Et la farandole démarre. En fait, seules les femmes dansent, formant une sorte de ronde tout le long de la rue. Apparemment, tout le monde connaît la choré : une sorte de madison revisitée à la sauce hindi. Le rythme est toujours le même, les mélodies varient à peine mais entretemps, la musique est devenue live (bien meilleur…). C’est assez bon enfant, tout le monde rigole, l’ambiance est plutôt détendue et ça dure effectivement jusqu’au petit matin… Genre à 4h, tout le monde est toujours là, à tournoyer (d’ailleurs, elles doivent être dans une sorte de transe), des petites filles jusqu’aux arrières grand-mères.

Et ça, tous les soirs pendant 9 jours.Quand t’habites à côté, t’es content…

Bref, Vadodara c’est gros comme un confetti donc on va pas y passer 100 ans ! Me revoici dans un train, direction Mumbai. Oui, je retente le train de jour. Mais en 3rdAC, s’il vous plaît ! Autant dire que c’est la même chose qu’en sleeper class sauf qu’il y a la clim ce qui diminue nettement la présence de mes amis les cafards… Bon, du coup, ça m’a permis de découvrir que les trains indiens hébergent aussi des souris. On n’est vraiment pas sectaire ici…

Petite réflexion en aparté parce qu’il est temps qu’on en parle : c’est franchement pas étonnant le nombre de bestioles qui trainassent dans les trains vu l’état du wagon après 12 heures de trajet. Ceci pourrait faire l’objet d’un post à part entière d’ailleurs. Le concept de poubelles est totalement inexistant. Partout. Je veux dire, à part dans mes chambres d’hôtel (et encore), je n’ai jamais vu de poubelles. Nulle part. Tout simplement parce que les Indiens n’en n’ont pas besoin : ils jettent tout littéralement par les fenêtres. Ou par terre. Faut dire qu’il y a des gens qui vivent du ramassage et du « recyclage » de ces déchets (enfin, ils revendent ce qui est récupérable). Du coup, les rues, les gares, enfin partout, il y a des détritus qui jonchent le sol (et ne pas oublier les bouses sacrées au milieu de tout ça, hein !). Et donc, bien sûr, dans le wagon du train. Ce qui n’empêche personne de mettre toutes les valises sous les banquettes (moi y compris) puisque de toute façon, y a pas de place ailleurs, et de jeter par terre les gobelets en carton avec un fond de chaï (ça colle mieux au sol), les épluchures d’oignon (oui, certains font la cuisine dans le train), les bouteilles en plastique (alors là, c’est carrément du délire le nombre de bouteilles qui restent dans le train à la fin du trajet) et tout le reste ! Je dois avouer que les premières fois, ça choque un peu de voir les gens balancer leurs trucs par la fenêtre (ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il n’y a pas de carreaux aux fenêtres en sleeper class) comme si c’était normal, mais c’est parce qu’en fait, c’est normal. Et puis même si je prends bien soin de garder tous mes déchets jusqu’à ce que je trouve un vrai endroit pour m’en séparer (parce que c’est pas parce qu’on est en Inde qu’on doit tout faire comme les Indiens), je ne sursaute plus quand ma voisine balance la couche du bébé ou crache par la fenêtre sous mon nez. Oui, ils font ça aussi… Quand je vous disais qu’on n’est pas obligé de « comprendre » les autres cultures…

Photos ici.

La poisse : épisode n°2

Et oui mesdames et messieurs !! Voici venu le grand retour de La Poisse !! (ça faisait bien 15 jours remarquez, c’est déjà pas si mal…)

Bon alors, aujourd’hui le plan c’était d’aller au Ranthambore National Park, à 2 heures de train de Jaipur, pour faire un safari photo à la recherche des tigres du parc. J’avais réussi à réserver mon billet aller hier et j’étais number 1 sur la waiting list pour le billet retour.

Bon d’abord, on commence par le train. Je DETESTE les trains indiens, ils sont pleins de cafards… Mais genre PLEIN. Genre ils sortent de partout : sous la banquette, sur le mur derrière ta tête, les fenêtres, la banquette du dessus (qui est en fait la couchette du dessus)… bref c’est un cauchemar.  Dieu sait que je suis habituée à en voir, je veux dire, c’est pas comme si c’était la première fois de ma vie que je voyais plusieurs cafards en même temps mais là… Sur la banquette en face de moi, un monsieur dormait comme un bébé. Et ben, un cafard bien dodu a grimpé sur la banquette et s’est arrêté à 2 cm de sa joue ! Et pendant que j’étais scotchée par le spectacle, un de ses copains, bien dodu aussi, a grimpé sur mon sac. Sur MON sac !!! J’ai cru que j’allais m’évanouir… et j’aurais dû comprendre que La Poisse était en train de pointer le bout de son nez…

Bref, à peine remise de mes émotions, je débarque à la gare de Sawai Madhopur, petit village qui ne vit que par et pour le tourisme des tigres et du parc. Etant donné qu’il n’y aurait que 32 tigres dans le parc et qu’il n’est donc pas garanti d’en voir à tous les coups, je me dis que je vais décaler mon train du retour pour rester une matinée de plus sur place et donc avoir la possibilité de faire 2 safaris (au cas où La Poisse aurait été avec moi). Le gars du guichet annule donc mon premier billet et m’en sort un pour le train suivant et je passe gaiement de number 1 à number 42 sur la waiting list… Merci La Poisse ! Je me dis que c’est pas grave, que je vais quand même monter dans le train et que je viens de doubler mes chances de voir des tigres.

Mais bien sûr, ça ne s’arrête pas là ! J’arrive à l’hôtel (le Tiger Safari Hotel, j’ai mis toutes les chances de mon côté) et là… tadaaaaaaaaaaaa !!! le gérant me dit qu’il n’y a pas de safari parce que les gardes du parc n’ont pas donné l’autorisation de commencer la saison et qu’il n’y aura donc AUCUN safari avant le 10 octobre… Ouh là là… ça ressemble franchement à La Poisse, ça !!

Je me retrouve donc coincée pour 48 heures dans un trou paumé où il n’y a strictement rien à faire… Rien de chez rien. Et cerise sur le cupcake, l’hôtel n’a pas le wifi « It’s broken, Mam, but we call for repair and we will say to you if it’s ok ! ». Et pas question de revenir ici après le 10 octobre, je serai déjà loin et y a bien trop de cafards dans le train !!

Bon, pour me consoler, il y avait plein de gens qui trimbalaient des tas de trucs dans des carrioles attelées à des dromadaires et une piscine… un peu d’exotisme quoi !

La Poisse : épisode n°1

Chers lecteurs,

Vous qui me connaissez depuis maintenant des années (ou 10 jours pour les plus récents), vous savez que La Poisse est une de mes amies les plus fidèles et m’épargne rarement plus de quelques mois d’affilée. Laissez-moi donc vous raconter quelles ont été ses récentes incursions dans mon voyage depuis 10 jours…

Tout a commencé à l’aéroport de Londres, lundi 10 septembre… oui, oui, celui-là même, le lundi du grand départ…

Lors du contrôle des bagages à mains aux rayons X, j’ai sorti de mon sac mon ordinateur (celui-là même qui me permet de communiquer avec vous) et là… CRAC ! je laisse mon ongle de pouce gauche au fond de mon sac tandis que ma main, elle ressort victorieuse avec l’ordinateur… J’en conviens, c’est un détail, rien de bien grave, d’autant plus que La Poisse m’a appris qu’il faut toujours avoir une lime à ongles sur soi.

Quelques minutes plus tard, je constate avec désarroi que j’ai perdu mon seul et unique élastique à cheveux (évidemment, que j’en ai d’autres dans mon sac à dos, mais il est en soute, pas sous ma main !). Je me retrouve donc à acheter des élastiques à cheveux (article qui se vend rarement par moins de 20 exemplaires…) au duty free d’Heathrow. D’ailleurs, puisqu’on en parle, j’ai une réclamation à faire, ces élastiques sont tous pourris, ils cassent tous seuls.

Arrivée à Trivandrum après 28 heures de trajet, j’étais un peu pressée de sortir de l’avion, de mettre mon sac sur mes épaules et de partir conquérir le monde arpenter les sentiers. Dès l’atterrissage, j’avais donc à la main la clé du cadenas de mon sac à dos. Mais, regardant par le hublot, j’ai été subjuguée par les paysages du Kerala et hop ! je décide de ressortir mon appareil photo pour immortaliser l’instant. Arrivée devant le tapis à bagages, je réalise que j’ai délicatement posé la clé du cadenas sur le siège à côté du mien et que, bien sûr, je l’ai laissée là-bas…

La Poisse n’étant pas si méchante, j’arrive à récupérer ma minuscule clé alors que l’embarquement du vol suivant avait déjà commencé. J’ai entendu dire que « quand on n’a pas de tête, on a des jambes »…

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : la journée d’aujourd’hui ! Levés à 4 heures pour prendre le train pour Ooty, on débarque un peu dans le brouillard à la gare de Coimbatore pour acheter nos billets. Malheureusement, on ne peut acheter les billets que pour la première partie du trajet, jusqu’à Mettapulayam, mais pas pour Ooty, on ne sait pas bien pourquoi. Qu’à cela ne tienne, on grimpe dans le train pour Mettapulayam (dans le wagon réservé aux handicapés… no comment), et le train part pile à l’heure. 45 minutes plus tard, je réalise que j’ai oublié ma bague sur le rebord du lavabo de l’hôtel à Coimbatore… Evidemment, pas moyen de faire demi-tour ni même d’envisager un quelconque moyen de la récupérer. J’aurais tenu 8 jours avant de perdre l’objet le plus précieux que j’avais sur moi : merci La Poisse !

Et ce n’est que le début de la journée : arrivés à Mettapulayam, on apprend que le fameux train miniature qu’il-est-trop-bien-qu’il-faut-absolument-qu’on-le-prenne est déjà complet et le chef de gare nous dit « Try tomorrow ! ». Ah ça non, mon bon monsieur ! On n’a pas que ça à faire nous ! On a un programme de ministre et on compte bien s’y tenir ! On se met donc dans la queue des Unreserved seats et on attend que le contrôleur nous dise si il y a eu des désistements dans les places réservées pour pouvoir grimper dans le train. En observant ce qui se passe sur le quai, on constate qu’un des wagons du train est bien dédié aux Unreserved seats mais qu’il est déjà plein. On manque perdre tout espoir quand, à 5 minutes du départ du train, une dizaine de personnes se mettent dans la file d’attente mais devant tout le monde. Les Indiens s’engueulent entre eux mais personne ne bouge.

C’est là que La Poisse décide d’aller voir ailleurs si j’y suis. Au moment où le train se met à siffler pour le départ, un groupe de gens descend en courant du unreserved wagon et courent à l’autre bout du train. Ni une, ni deux, on enjambe la barrière de notre file d’attente et on saute dans le wagon à leur place, aussitôt rejoints par une tripotée d’Indiens qui s’entassent sur les banquettes (j’en ai même un quasiment sur les genoux). Et en avant Guingamp !

Bon La Poisse n’étant jamais très loin, le train s’arrête 5 minutes plus tard et le contrôleur monte dans notre compartiment en nous hurlant dessus en tamoul (la langue officielle du coin) et on finit par comprendre qu’on va devoir payer une amende pour être montés dans le train sans ticket. L’amende s’élève tout de même à 32 fois le prix du billet (iiiiirk !!) mais même comme ça, on atteint jamais que les 250 roupies (soit à peine 4 euros) donc on reste fermement accrochés à notre banquette et on paye sans rechigner. Et puis ça vaut vraiment la peine : l’ambiance dans le train est géniale, les gens chantent, crient et sifflent quand on passe dans un tunnel, nous demandent de chanter (on aura un succès fou avecIl était un petit navire et Santiago), on s’arrête toutes les 30 minutes pour remplir d’eau la chaudière de la locomotive à vapeur et on avance à 10 km/h. Mais les paysages sont magnifiques et 5 heures plus tard on arrive enfin à Ooty.

Réflexion personnelle : vous imaginez ça, vous, si quand on monte sans billet dans le TGV, on devait payer une amende de 32 fois le prix initial ? Ça en découragerait certainement plus d’un…

Photos ici.